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Leslie Chats with Marc Antoine Eyl-Mazzega on US Energy Dominance and What it Means for Europe

Energy Vista
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124 plays · Oct 1, 2025

In this new episode of Energy Vista, Leslie Palti-Guzman speaks with Marc-Antoine Eyl-Mazzega, Director at IFRI, who brings a European lens on U.S. energy policies. Together, they unpack Trump’s “energy dominance” agenda and its ripple effects across the Atlantic. Key themes include: * The U.S. as an unapologetic energy superpower betting on gas, coal, nuclear, and next-gen tech to fuel its AI-driven future. * The transatlantic trade discussions over methane regulations, tariffs, and climate ambitions. * Europe’s scramble to replace Russian gas and the enduring role of U.S. supplies. * China’s rapid pivot to renewables, nuclear, and transmission at staggering speed while doubling down on coal and other fossil fuels. * What all this means for energy security, climate policy, and industrial strategy. 🎙️ Recorded in New York just after UNGA & Climate Week. 📲 Available now on Spotify, Apple Podcasts, and YouTube. #EnergyVista #LNG #EnergyTransition #ClimatePolicy #Trade #Geopolitics #Europe #USA #China #energypolicy #gas #LNG #datacenters #electricity #nuclear #Transatlantic #Russia #Ukraine #renewable 

Transcript

lpaltiguzman: Bienvenue à Energy Vista.

lpaltiguzman: Je suis votre host, Leslie Peltier-Guzman.

lpaltiguzman: C'est September 30, 2025, et c'est le temps pour un nouveau Énergy Vista épisode.

lpaltiguzman: Aujourd'hui, je vais vous présenter avec Marc-Antoine L. Mazéga, directeur à IFRI, le French Institut de Réalisation, qui est un grand think tank sur géopolitique.

lpaltiguzman: Il analyse l'énergie, le climat et la matière de matériel.

lpaltiguzman: Marc-Antoine est de New York et Washington DC.

lpaltiguzman: Il y a aussi à l'époque où il y a eu l'Union General Assembly et la climat week.

lpaltiguzman: Je pense que c'est intéressant de entendre ses européens sur la politique de la politique de la politique de la politique de la politique et de l'Europe.

lpaltiguzman: Mais first, ma tech.

lpaltiguzman: Listening à la présidente Trump's rhetoric, including à la speech de la speech de la semaine dernière,

lpaltiguzman: et ses dimensions de énergie et des tensions transatlantiques avec les USA, avec les réglementations de méthane et les tarifs.

M-A EYL-MAZZEGA: Bonjour, hello Leslie, good to be back in the podcast.

lpaltiguzman: Bonjour Marc-Antoine!

lpaltiguzman: Oui, tu étais là il y a quelques années, donc je suis ravie de t'avoir de nouveau.

lpaltiguzman: Alors, tout d'abord, quelles sont tes impressions de ton voyage aux États-Unis?

lpaltiguzman: Est-ce que tu es revenu anxieux, surpris, admiratif, critique ou tout en même temps?

lpaltiguzman: Dis-nous un peu ton ressenti.

lpaltiguzman: Merci.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, je crois que d'abord, c'est toujours hyper impressionnant venant d'Europe, d'arriver aux États-Unis où il y a un strong will et vraiment une détermination très forte.

M-A EYL-MAZZEGA: On sait où on veut aller aux États-Unis.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est très impressionnant, c'est très important.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors qu'en Europe, très franchement, on ne sait pas où on veut aller.

M-A EYL-MAZZEGA: On sait surtout toutes les brèches qu'il faut colmater,

M-A EYL-MAZZEGA: toutes les crises qu'il faut essayer de juguler et c'est vrai que l'ambiance est complètement différente.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a évidemment des situations énergétiques qui ne sont pas comparables, mais ce qui m'a très frappé, c'est cette priorité absolue conférée à l'intelligence artificielle, les infrastructures de digital, data center, etc., les CD calculateurs, donc

M-A EYL-MAZZEGA: tout cela est absolument prioritaire, il faut l'alimenter en énergie coûte que coûte.

M-A EYL-MAZZEGA: Et au fond, je crois que ça c'est sans doute le premier message, donc coûte que coûte, ça passe aussi par éventuellement la cage charbon, parce qu'il en va du leadership américain sur ces technologies dans la compétition aussi avec la Chine.

M-A EYL-MAZZEGA: Et la deuxième chose qui m'a frappé, c'est évidemment l'immense potentiel lié au gaz naturel,

M-A EYL-MAZZEGA: dont la croissance de la production va se poursuivre et qui va jouer un rôle évidemment grandissant dans le secteur de l'électricité et

M-A EYL-MAZZEGA: Et en même temps, évidemment, et pendant qu'on y était, on a encore eu, évidemment, des discussions sur les exportations de GNL, de gaz naturel liquéfié, les États-Unis.

M-A EYL-MAZZEGA: Et les États-Unis vont là encore prendre une avance absolument phénoménale avec tous les nouveaux projets qui sont en cours d'être livrés, plus ceux qui vont être construits.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, au fond, une fois qu'on a dit ça, des questions quand même qui arrivent, des questions sur...

M-A EYL-MAZZEGA: Est-ce qu'on peut à la fois avoir une production de gaz américaine qui augmente très vite, très fort pour servir le marché intérieur, où la demande, elle, va très fortement croître?

M-A EYL-MAZZEGA: Est-ce qu'on va pouvoir servir les marchés extérieurs?

M-A EYL-MAZZEGA: Est-ce que le pays va être en mesure d'assurer sa sécurité d'approvisionnement électrique, sachant qu'il y a eu des décisions déplorables d'un point de vue européen sur l'abandon de l'éolien en mer?

M-A EYL-MAZZEGA: qui est une vraie industrie performante avec des emplois locaux.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y avait des investissements, bien sûr, aussi européens, mais pas que, parce qu'il y avait des banques américaines, des fonds américains qui étaient impliqués dans le financement de ces infrastructures.

M-A EYL-MAZZEGA: Et puis, évidemment, la question plus large du climat.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais là, les échos quand même de New York qui vont être confirmés à Bellem, c'est que

M-A EYL-MAZZEGA: Le monde ne va pas arrêter sa tentative de transformation énergétique juste à cause des États-Unis, au contraire.

lpaltiguzman: Très intéressant.

lpaltiguzman: Alors, tu as mentionné une direction très claire.

lpaltiguzman: Je pense qu'aux États-Unis, il y a eu quand même des flip-flops entre les différentes administrations.

lpaltiguzman: Donc là, il y a une visibilité, enfin, une incertitude peut-être pour le prochain président, selon le parti et selon sa vision.

lpaltiguzman: Si on fera un retour sur une politique plus climatique, moins de charbon, plus de régulation pour contrôler les émissions, etc.

lpaltiguzman: Là, absolument, on est dans une optique très axée sur la technologie.

lpaltiguzman: Donc, c'est une administration qui...

lpaltiguzman: qui non seulement va utiliser des nouvelles technologies pour les énergies du futur, pour développer les énergies du futur et mettre de l'argent dedans et de la recherche, comme la fusion nucléaire, petits réacteurs, etc.

lpaltiguzman: Oui, le vent, surtout le vent en mer n'a pas du tout gagné...

lpaltiguzman: l'attention et l'affection de l'administration actuelle, mais le géothermal, oui.

lpaltiguzman: On parle très peu, je pense, actuellement de l'hydrogène, comparé à l'Europe actuellement.

lpaltiguzman: Ça, on pourra peut-être en parler après.

lpaltiguzman: Donc, je pense qu'il y a une politique de revenir sur ce qu'on appelle le « all of the above energy »,

lpaltiguzman: et une certaine nouvelle version de ça, avec donc, oui, le charbon, le gaz, le nucléaire, nouvelles énergies, nouvelles technologies, donc tout ça dans un mix diversifié, parce que, comme tu l'as mentionné, la course avec la Chine sur l'intelligence artificielle, et aussi sécuriser les supply chain,

lpaltiguzman: Donc ça, c'est aussi un élément très important, je pense, pour l'administration actuelle.

lpaltiguzman: Et aussi, voir où l'administration actuelle a un avantage, en fait.

lpaltiguzman: Parce que, est-ce que l'Amérique a vraiment un avantage sur les renouvelables?

M-A EYL-MAZZEGA: Oui, absolument.

lpaltiguzman: Pas vraiment.

lpaltiguzman: Est-ce qu'ils ont un avantage comparatif sur le gaz?

lpaltiguzman: Oui.

lpaltiguzman: Donc, je pense que c'est aller développer et mettre toute l'énergie et l'argent là où il y a vraiment un avantage américain.

M-A EYL-MAZZEGA: Parce que, en fait, vu d'Europe, parfois, ça paraît un peu fou et irréaliste.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais au fond, je crois qu'il faut bien comprendre la logique.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a une logique

M-A EYL-MAZZEGA: La première logique, c'est effectivement, il y a des ressources colossales de gaz naturel aux États-Unis.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est un atout compétitif immense dans la compétition internationale.

M-A EYL-MAZZEGA: Ce gaz est relativement pas cher à extraire, donc il faut l'utiliser.

M-A EYL-MAZZEGA: Et ça, c'est quelque chose souvent qu'on ne comprend pas bien ici, parce que quand on voit cette administration qui s'oppose comme ça aux renouvelables, en fait, derrière, il y a quand même des calculs

M-A EYL-MAZZEGA: dont on peut discuter la pertinence, etc., mais qui montre que pour un pays qui est assis sur de telles ressources de gaz, en fait, si on veut réduire l'accroissement des coûts du système et donc les factures pour les consommateurs, etc., miser sur le gaz, ça permet de réduire les coûts de développement du réseau, ça permet de réduire les coûts de flexibilité, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, d'un point de vue d'Européens et d'un point de vue de personnes qui se préoccupent de notre bien public global, qui est le climat,

M-A EYL-MAZZEGA: Évidemment, dans le gaz, on ne résout pas toutes les externalités, notamment les coûts liés au changement climatique.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais là, oui.

lpaltiguzman: Si je peux t'interrompre là un moment, je pense que ce que tu as mentionné sur le coût de l'électricité, c'est super important parce qu'en fait, la demande d'électricité aux États-Unis augmente et il y a une peur que les coûts vont augmenter encore plus.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

lpaltiguzman: Et aussi, il y a une peur des pannes électriques.

lpaltiguzman: Donc, s'il y a de plus en plus de demandes de différents pôles qui sont peut-être en compétition, d'ailleurs, que ce soit les data centers ou pour les maisons et les individuels ou pour les voitures électriques, etc.,

lpaltiguzman: Je pense que l'administration actuelle aussi prend en compte des tensions possibles futures sur les réseaux électriques et donc se dit peut-être que le charbon finalement il ne faut pas non plus complètement l'abandonner, au contraire essayer de moderniser quelques centrales et donc garantir cette sécurité énergétique aussi pour l'électricité.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui, parce qu'en fait, il y a un truc qui est fondamental, c'est qu'aux États-Unis, il y a vraiment de la croissance de la consommation d'électricité, alors qu'en Europe, il n'y en a pas.

M-A EYL-MAZZEGA: Et nous, on a un immense problème en Europe à cause de ça, parce qu'en fait, on est en situation de surproduction électrique, les prix de l'électricité de gros s'effondrent, au point qu'on va avoir une crise d'investissement, parce qu'on ne peut pas investir dans des actifs de production avec de tels niveaux de prix, ce n'est pas possible.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors qu'aux États-Unis, il y a la tension inverse, c'est que la demande est très forte, va augmenter encore plus rapidement parce que là, les investissements dans toutes les infrastructures digitales vont faire fois 5, fois 10 en l'espace de 3, 4 ans.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est absolument colossal ce qui est en train de se passer.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais là, le sujet, Leslie, en effet, c'est si je suis aujourd'hui un Google, un Microsoft ou un Meta, mon problème, c'est bien sûr d'avoir accès très vite, très fort à du foncier pour construire mon infrastructure aux connexions électriques et électricité.

M-A EYL-MAZZEGA: si je fais sauter le système électrique américain, les consommateurs américains, les citoyens américains et infidées de l'administration Trump vont se retourner contre moi en disant finalement votre EA, d'abord on ne voit pas exactement où sont nos atouts, ça risque de détruire les emplois et en plus ça crée de l'insécurité électrique.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc là, il y a un chemin de crête très étroit, très compliqué et effectivement, du coup à court terme,

M-A EYL-MAZZEGA: il n'y a pas d'autre solution que de maintenir des actifs qui étaient en phase peut-être de fin de vie technique, par exemple des centraux à charbon, et de les laisser tourner encore davantage.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, c'est dommage évidemment pour le climat, mais pour la sécurité de l'approvisionnement électrique, c'est essentiel.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, ce qu'on regrette évidemment et ce qui interpelle, c'est, mais pourquoi dans ce cas, débrancher des parcs éoliens en mer qui allaient être lancés, qui allaient produire de façon relativement fiable de l'électricité, parce qu'on sait quand même très bien prévoir

M-A EYL-MAZZEGA: cette production électrique, et quand on est sur des parcs en mer, quand bien même les coûts d'installation de ces parcs ont augmenté, on a quand même un vrai avantage de sécurité d'approvisionnement.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, ça, ça interpelle, mais là, on a sans doute un penchant idéologique qu'on a vu lors du discours du président Trump aux Nations Unies, et voilà, là, on est dans le domaine des convictions profondes et on peut difficilement raisonner, entre guillemets.

lpaltiguzman: Oui, justement, la question idéologique est intéressante parce que d'un côté, il y avait un certain dogma autour des renouvelables qui existe aussi peut-être en Europe, mais choisir une énergie renouvelable au détriment de toutes les autres, c'est peut-être pas aussi dans l'intérêt stratégique de certains pays.

lpaltiguzman: Donc oui, une espèce d'idéologie pour l'instant qui favorise les industries fossiles et qui ne veut pas surreprésenter les industries renouvelables.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui, alors que franchement, ce qui m'a frappé moins en tant qu'Européen, c'est que j'ai vécu les quatre dernières années avec le constat que l'Inflation Reduction Act était en train d'aspirer les investissements de l'OCDE

lpaltiguzman: Merci.

M-A EYL-MAZZEGA: dans les clean tech, vers les États-Unis et aux États-Unis.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est-à-dire que les États-Unis rattrapaient leur retard qui s'accumulait, étaient en train de siphonner tout un tas de projets en Europe qui allaient désormais là-bas.

M-A EYL-MAZZEGA: Le capital européen bougeait aux US, c'était un nouvel Eldorado et tout d'un coup, tout s'arrête.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors ça ne s'est pas arrêté juste avec Trump, ça s'est arrêté en fait début 2024 avec les incertitudes liées à ça.

M-A EYL-MAZZEGA: En fait, les États-Unis étaient en train de se développer, de se doter d'une clean manufacturing supply chain.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, tout allait être produit, made in US.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, je crois que cette administration, Trump, effectivement pointe du doigt quand même une vulnérabilité majeure sur les énergies renouvelables.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est le fait qu'il y a effectivement une dépendance de plus en plus forte à certains maillons

M-A EYL-MAZZEGA: chinois dans ces chaînes de valeur.

M-A EYL-MAZZEGA: Et c'est vrai que vu ce qu'est en train de faire la Chine dans les métaux, et clairement elle « weaponize », elle arsenalise les dépendances aux métaux, c'est très préoccupant.

M-A EYL-MAZZEGA: Et elle a raison de pointer ça du doigt et elle a raison de dire mais si on passe une dépendance au gaz russe pour les Européens à une dépendance aux métaux et aux équipements chinois dans les énergies renouvelables, je pense qu'effectivement elle a raison de dire qu'il y a un problème.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, cela dit, ça c'est la caricature, dans la réalité, les choses sont bien plus compliquées.

M-A EYL-MAZZEGA: Une chose est sûre, c'est que quand même, à l'échelle mondiale, on ne peut pas faire la transition énergétique sans des équipements chinois.

M-A EYL-MAZZEGA: La Chine a pris un tel avantage, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Maintenant, tout l'enjeu, c'est d'être suffisamment agile, diversifié, résilient, pour utiliser au mieux possible les équipements chinois qui ont été subventionnés par l'État chinois, donc pourquoi pas en profiter?

M-A EYL-MAZZEGA: tout en garantissant qu'on ne soit pas vulnérable et soumis à des aléas ou à des décisions politiques du Parti communiste chinois.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais malheureusement, je pense que là, la position transatlantique diffère très fortement.

M-A EYL-MAZZEGA: Aux États-Unis, on veut un découplage total dans ces chaînes de valeur-là, alors qu'en Europe, on essaie de chercher un juste milieu...

M-A EYL-MAZZEGA: mais on le cherche dans une situation en fait très difficile parce qu'on est sous pression sur les tarifs, on est sous pression des États-Unis, on est sous pression pour avancer dans notre transition parce qu'on voit la menace climatique.

M-A EYL-MAZZEGA: Et celle-là, par contre, c'est ça qui m'a frappé Leslie, c'est qu'aux États-Unis, on ne la voit pas.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est-à-dire que le discours là-bas, c'est de dire, on nous avait promis ou on nous avait dépeint un paysage où il y aurait des centaines de millions de morts, des destructions épouvantables liées au changement climatique, etc.,

M-A EYL-MAZZEGA: Il a déjà lieu, ce changement climatique, mais on ne voit pas tout ça.

M-A EYL-MAZZEGA: Au contraire, on voit qu'il y a énormément de morts du fait de la malnutrition, de la pauvreté, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, au fond, est-ce qu'on n'a pas... C'est ça le questionnement américain, en tout cas de cette administration, c'est de dire est-ce qu'on n'a pas surexagéré les dégâts du changement climatique et la menace et donc mis trop d'argent là-dessus et pas assez sur les autres défis...

M-A EYL-MAZZEGA: notamment le sous-développement, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Et là, la réponse de l'administration, c'est de dire, eh bien, nous, on met des tarifs, mais cela dit, il faut faire des deals et investir autant que possible un peu partout.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, voilà, là, je dirais que la réponse, évidemment, n'est pas satisfaisante d'un point de vue européen, mais on voit quand même une certaine cohérence de l'argumentaire américain.

M-A EYL-MAZZEGA: Nous, ce qui nous choque, c'est que quand on voit des destructions climatiques aux États-Unis,

M-A EYL-MAZZEGA: Eh bien, les assureurs se dégagent, n'assurent plus.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a des gens qui sont évidemment placés dans la pauvreté, dans l'incertitude, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais vu les États-Unis, c'est une opportunité pour reconstruire, pour créer de l'emploi, pour créer de la croissance économique.

M-A EYL-MAZZEGA: Et au fond, ces accidents climatiques ne sont pas dramatiques.

M-A EYL-MAZZEGA: Voilà un peu les divergences que j'ai pu observer et qui interpellent quand même beaucoup.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors bien sûr, ce n'est pas tous les États-Unis, parce que ce qui est quand même très important, on l'a vu avec la Mattwick, Leslie, c'est qu'il y avait quand même les municipalités américaines qui étaient là, il y avait les États fédérés, il y avait des grandes entreprises qui, elles, continuent, quelles que soient les orientations politiques à Washington.

lpaltiguzman: bon

lpaltiguzman: Je pense que ce que l'administration actuelle veut montrer au monde, c'est qu'il y a pas mal d'hypocrisie.

lpaltiguzman: Et d'ailleurs, dans le speech de Trump, son discours à l'ONU, il montrait du doigt à la Chine en disant que si vous croyez que la Chine arrête d'utiliser le charbon, vous vous trompez.

lpaltiguzman: Ils utilisent encore beaucoup de charbon.

lpaltiguzman: Donc pourquoi nous, on arrêterait ou que d'autres pays arrêteraient alors que ça leur serait à leur dépens

M-A EYL-MAZZEGA: Oui, oui.

lpaltiguzman: pour leur croissance économique?

lpaltiguzman: Donc c'est un peu cet équilibre où l'administration actuelle pense à la croissance économique en premier, création d'emplois, remettre aux États-Unis les usines, manufactures, industrialisation, sécuriser toutes les chaînes de valeur, y compris les minerais,

lpaltiguzman: mais aussi les bateaux, les navires et gagner la course.

M-A EYL-MAZZEGA: Merci.

lpaltiguzman: C'est une course sur l'intelligence artificielle.

lpaltiguzman: Beaucoup d'objectifs qui skient.

lpaltiguzman: En priorité, il n'y a pas le climat.

lpaltiguzman: Mais qui peut... En fait, Chris Wright, il en parlait récemment en interview.

lpaltiguzman: Les États-Unis ont diminué leurs émissions de CO2 ces dix dernières années en passant du charbon au gaz, par exemple.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui, c'est bon.

lpaltiguzman: Donc, il va y avoir peut-être d'autres initiatives qui vont faire que, indirectement, des émissions pourront éventuellement baisser, peut-être à dix ans, vingt ans de maintenant, s'il y a vraiment une relance du nucléaire, par exemple.

M-A EYL-MAZZEGA: En fait, c'est une administration qui croit en force du marché, qui prend effectivement ce bon exemple du gaz naturel qui a sorti une grande partie du charbon, qui dit, au fond, Chris Wright n'est pas tout à fait sur la même ligne que le président Trump,

M-A EYL-MAZZEGA: Il dit « des renouvelables ne me posent pas de problème tant qu'il n'y a pas de subvention publique, parce que je ne vois pas pourquoi est-ce que le taxpayer devrait subventionner des technologies plutôt qu'une autre, on veut être plutôt agnostique.

M-A EYL-MAZZEGA: » Il dit en même temps, sur le nucléaire, nous, notre rôle principal, c'est de faciliter le permitting.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, il y a un débat après sur est-ce qu'en fait l'administration n'est pas quand même en train de choisir des technologies, des grands réacteurs plutôt que des petits, plutôt de favoriser l'un ou l'autre, parce qu'il y a quand même des...

M-A EYL-MAZZEGA: des gens de poids qui trouvent qu'en fait, il y a quand même un peu de cherry picking là-dedans et qu'elle devrait être beaucoup plus neutre et se contenter en fait de lean back et de faciliter les affaires autant que possible.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais au fond, je pense qu'il y a quand même une erreur fondamentale d'analyse sur la Chine et j'aimerais qu'on en discute deux minutes parce que tu l'as mentionné.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais il y a cette vision d'une Chine qui va continuer à double down sur le charbon et

M-A EYL-MAZZEGA: et qui n'est pas du tout engagée dans la transition énergétique et qui produit des technologies bas carbone qu'elle exporte alors qu'elle-même finalement ne décarbone pas et continue d'avoir des émissions.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais en fait, je pense qu'on sous-estime l'ampleur des transformations en Chine et surtout à quel point elle va pouvoir effectuer un pivot à une rapidité fulgurante.

lpaltiguzman: Si on le voit avec leur voiture électrique, par exemple.

M-A EYL-MAZZEGA: Et on le voit avec leur voiture électrique.

M-A EYL-MAZZEGA: Et alors, en fait, par exemple, sur le charbon, c'est vrai qu'on retient toujours le chiffre qu'ils installent une nouvelle ou deux nouvelles centrales à charbon toutes les semaines.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais on oublie que, OK, ils font ça d'un côté, mais d'un autre, ils sont en train de fermer des très vieilles centrales.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, en fait, ils remplacent des centrales ultra neuves.

M-A EYL-MAZZEGA: Dans le jargon, c'est ultra hypercritique, donc très performante.

M-A EYL-MAZZEGA: Ça pollue quand même, bien sûr, mais beaucoup moins que les anciennes.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est la première chose.

M-A EYL-MAZZEGA: La deuxième chose, c'est qu'ils déploient quand même plus de 250 gigawatts, voire plus, d'énergie renouvelable par an.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est absolument invraisemblable.

M-A EYL-MAZZEGA: Et la troisième chose, et ça c'est très important, c'est qu'en fait ils investissent massivement dans le nucléaire et la fusion.

M-A EYL-MAZZEGA: On ne le voit pas du tout, mais c'est énorme ce qui se passe là-bas.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est gigantesque.

lpaltiguzman: Mais si je peux me permettre, le renouvelable, ce qui permet qu'elle se développe, c'est aussi parce qu'ils ont des lignes de transmission à haut voltage qu'ils ont réussi à développer, alors qu'aux États-Unis, c'est plus compliqué et plus lent.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui, absolument.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

lpaltiguzman: Et ça nous amène à parler aussi de tout le problème d'infrastructures, nouvelles infrastructures nécessaires, justement, pour...

lpaltiguzman: pour les data centers, toute la révolution digitale, c'est qu'on a besoin de ces nouvelles infrastructures de transmission qui ont eu du mal à être construites jusqu'à maintenant à cause de permis, à cause de pas dans mon backyard, etc.,

M-A EYL-MAZZEGA: pour finir juste sur la Chine, c'est-à-dire que là où, à mon avis, on sous-estime un dernier élément fondamental, c'est que, alors ils vont construire ces réseaux, ils ont aussi leurs difficultés, etc., mais ils le font, et ça va beaucoup les aider, parce qu'en fait, la production d'énergie renouvelable, elle est très loin des centres de demande, donc il faut tirer des lignes sur 2 000, 3 000 kilomètres, mais ils vont le faire.

M-A EYL-MAZZEGA: Quand on est chinois, qu'on va connecter sa ville à des pôles de production d'énergie renouvelable, on pense...

M-A EYL-MAZZEGA: sur des milliers de kilomètres.

M-A EYL-MAZZEGA: En Europe, on pense sur des dizaines de kilomètres.

M-A EYL-MAZZEGA: Là-bas, c'est des milliers de kilomètres.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, les échelles sont assourdissantes.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais ce qui est décisif, c'est qu'ils sont en train d'électrifier l'industrie.

M-A EYL-MAZZEGA: Et une fois qu'ils auront le nucléaire, la fusion, les renouvelables et les réseaux, ils vont pouvoir décarboner l'industrie très vite, très fort.

M-A EYL-MAZZEGA: Et au fait, au fond, rentrer dans les clous du Cibam et rentrer dans les clous du Cibam européen, britannique, japonais, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, ça va être très, très, très impressionnant.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais sur les États-Unis, là, je crois que ça, c'est clé et c'est une grande leçon pour nous en Europe, c'est qu'ils font deux choses, et je te remercie d'en avoir parlé, c'est que quand même, cet immense effort de facilitation du permitting, qui est coordonné par ce National Energy Dominant Council, donc NEDC, c'est un truc qui paraît un peu impérialiste et curieux vu d'Europe, mais qui est quand même très efficace aux États-Unis.

M-A EYL-MAZZEGA: Bon, ben voilà, ils font ce job-là.

M-A EYL-MAZZEGA: Et ils ont les mêmes problèmes que nous, entre la France et l'Allemagne, que nous, entre la France et l'Espagne.

M-A EYL-MAZZEGA: Eux, ils l'ont entre les États, les différents États.

lpaltiguzman: Et donc,

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, ils essaient de régler ça.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est très important.

M-A EYL-MAZZEGA: Et ça va permettre d'économiser de l'argent.

M-A EYL-MAZZEGA: Ça va faciliter les choses.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, s'ils le faisaient aussi pour les lignes électriques, ça serait très bien.

M-A EYL-MAZZEGA: Là, j'ai l'impression que pour l'instant, la priorité, c'était l'oil and gas.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais la deuxième chose, c'est l'investissement dans les métaux.

M-A EYL-MAZZEGA: Et là, il déploie des moyens financiers, une énergie des ressources de l'État, c'est-à-dire la puissance publique, le Department of Defense, les services, les banques de développement, les banques d'investissement, des structures d'investissement dans ces méthodes.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, c'est toute la panoplie possible et mobilisée, y compris aller prendre des participations dans les projets, signer des contrats d'off-take de long terme avec des prix planchers.

lpaltiguzman: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, tout un tas de choses...

M-A EYL-MAZZEGA: dont on a toujours dit en Europe qu'il faut faire exactement la même chose si on veut vraiment obtenir des résultats.

M-A EYL-MAZZEGA: Le fait est qu'aux États-Unis, ils le font.

M-A EYL-MAZZEGA: Il va y avoir des problèmes, il va y avoir des choses qui ne marchent pas, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais dans l'ensemble, ça va donner des résultats.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors qu'en Europe, on fait des conférences, on fait des textes réglementaires, on se rencontre, on discute de il faut, il faut, il faut.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais en fait, on avance très peu rapidement.

M-A EYL-MAZZEGA: Et on est en train de perdre l'industrie du recyclage qu'on voulait développer.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais en fait, le développement est très lent et très inégal et très problématique.

M-A EYL-MAZZEGA: On ne fait pas les investissements miniers qu'il faut.

M-A EYL-MAZZEGA: On arrive ici et là à investir dans des éléments liés aux terres rares, au recyclage de monts permanents, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais en fait, on n'est pas du tout aux bonnes échelles.

M-A EYL-MAZZEGA: Et aux États-Unis, au moins, ce virage-là, ils l'ont pris.

M-A EYL-MAZZEGA: Et ça, je crois que ça doit être un wake-up call, comme on dit, pour l'Europe.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais le problème, c'est qu'on a eu déjà plusieurs wake-up calls et pour l'instant, on ne voit toujours pas le démarrage en or.

lpaltiguzman: Alors justement, parlons d'Europe.

lpaltiguzman: Depuis la guerre en Ukraine, il y a eu beaucoup de transformation aussi dans le système énergétique européen.

lpaltiguzman: Et là, un petit...

lpaltiguzman: changement de direction aussi par rapport à l'Ukraine et l'administration américaine qui demande à l'Europe d'imposer plus de sanctions et de se débarrasser encore plus vite du gaz russe.

M-A EYL-MAZZEGA: Hum.

lpaltiguzman: Donc au lieu de 2027, 2026.

lpaltiguzman: Est-ce que tu penses que c'est faisable?

lpaltiguzman: A quel prix?

lpaltiguzman: Donc là, en pipeline gaz, l'Europe, elle importe encore à peu près entre cette année, je pense pour 2025, ça va être entre 13 ou 16 BCM.

lpaltiguzman: de pipeline et après il y a du GNL qui arrive toujours, à peu près 7-8 millions de tonnes par an, surtout de Yamal, LNG.

lpaltiguzman: Donc qu'est-ce que tu penses?

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, bon, d'abord, il faut quand même faire le constat qu'en trois ans, l'Europe est passée d'à peu près 160, 165 milliards de mètres cubes d'importation de gaz russe, GNL plus pipe, à, tu l'as dit, il en reste peut-être une trentaine de milliards de mètres cubes d'importation de gaz russe.

lpaltiguzman: L'Europe a sorti récemment son 19e paquet de sanctions et apparemment il y a des nouvelles discussions pour d'autres sanctions supplémentaires.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, c'est quand même un sacré effondrement.

M-A EYL-MAZZEGA: Et cela dit, ce qui demeure reste évidemment problématique parce que ce sont des revenus pour Gazprom et du coup, il y a des revenus fiscaux qui sont liés et ça maintient Gazprom plus ou moins à flot.

lpaltiguzman: Merci.

M-A EYL-MAZZEGA: Gazprom a quand même perdu la plupart de ses grands clients.

M-A EYL-MAZZEGA: Aujourd'hui, ses principaux clients, c'est la Chine, la Turquie et encore, on va voir ce que donne la renégociation de

M-A EYL-MAZZEGA: contrat avec les Turcs, et un petit peu l'Asie centrale, un petit peu l'Europe.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, c'est quand même une situation bouleversante pour cette entreprise qui était quand même le premier exportateur de gaz au monde.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, une fois qu'on a dit ça, effectivement, il reste un peu de gaz en Europe centrale et plus au GNL.

M-A EYL-MAZZEGA: Ce qui est sûr, et c'est toi l'expert du marché GNL, mais on n'a jamais vu autant de production de GNL sur les marchés et surtout à venir

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, avec des capacités d'absorption de tout ce GNL qui ne vont pas augmenter aussi vite que la production de GNL.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, en fait, si jamais on voulait le faire, c'est le bon moment.

M-A EYL-MAZZEGA: Et au fond, on pourrait du coup d'ailleurs aussi importer plus de GNL américain.

M-A EYL-MAZZEGA: Et c'est, je crois, le message de Chris Wright quand il est venu en Europe, c'est-à-dire au Hongrois, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Et au Slovaque, maintenant, il est temps d'acheter du GNL américain.

M-A EYL-MAZZEGA: Ça tombe bien.

M-A EYL-MAZZEGA: On a des terminaux d'importation en Croatie, par exemple, en Pologne, aux Pays-Bas, en France, voire pourquoi pas, ou en Grèce d'ailleurs, et vous pouvez remonter du GNL chez vous.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors le problème pour la Hongrie et la Slovaquie, enfin de leur point de vue, c'est de dire « oui, mais ça sera plus cher parce qu'il faut qu'on paye le re-gas plus le transport ».

lpaltiguzman: Mais la bonne nouvelle, c'est que s'il y a autant de janelles qui arrivent sur les marchés dans les prochaines années, les prix devraient quand même baisser et revenir sous les 10 dollars par million de bit.io.

M-A EYL-MAZZEGA: Voilà, donc les circonstances sont favorables.

M-A EYL-MAZZEGA: Les problèmes de flux logistique existent, mais peuvent être réglés parce qu'il y a quand même une infrastructure gazière, d'ailleurs qui a été en partie soutenue et financée par les États-Unis pendant la première administration Trump.

M-A EYL-MAZZEGA: Et il faut quand même dire une chose, c'est qu'il avait vu juste sur le gaz, le président Trump.

M-A EYL-MAZZEGA: parce qu'il avait dit à Angela Merkel « Vous devez construire des terminaux GNL pour diversifier, vous êtes trop dépendant du gaz russe ».

M-A EYL-MAZZEGA: Merkel avait rigolé en disant « Mais ce sont nos meilleurs fournisseurs, ils l'ont été depuis toujours, pourquoi est-ce qu'on diversifierait?

M-A EYL-MAZZEGA: » Elle a vu l'addition en 2022, Trump avait raison, et en Europe du Sud-Est, il avait raison aussi, son administration la première, en allant investir pour soutenir le développement du GNL grec, le développement du GNL en Croatie,

M-A EYL-MAZZEGA: des infrastructures en Bulgarie parce qu'au fond, ils avaient bien vu qu'il fallait finalement réduire cette mainmise russe et qu'on pouvait le faire.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, je pense que c'est le bon moment pour le faire.

M-A EYL-MAZZEGA: Maintenant, évidemment, dans cette législation européenne, il y a ces décisions qui sont prises à l'unanimité.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, on va voir si cette administration est capable d'exercer de la pression sur la Hongrie et la Slovaquie pour que cela bascule vers d'autres fournisseurs.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc ça, c'est en cours.

M-A EYL-MAZZEGA: Je pense qu'il y a eu des appels du pied européens pour suggérer à l'administration Trump d'utiliser sa puissance pour signaler à ces deux trubliens européens qu'il y a des alternatives.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc en tout cas, c'est le bon moment, mais il ne faut quand même pas oublier une chose, c'est qu'on va avoir la hurricane season aux États-Unis à l'automne, avec le début de l'hiver.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc s'il y a des ouragans dans le colpe du Mexique qui empêchent les bateaux de sortir ou d'arriver,

M-A EYL-MAZZEGA: le marché du GNL va se retendre rapidement.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, pour nous, Européens, on a quand même perdu énormément d'alternatives pour notre approvisionnement en gaz.

M-A EYL-MAZZEGA: Et on est quand même dans une situation relativement confortable avec beaucoup de outages sur des terminaux GNL un peu partout dans le monde qui n'étaient pas du tout prévus, qui se prolongent.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a toujours des incidents techniques, mais il y a des pertes de maintenance qui se prolongent, qui s'accumulent.

M-A EYL-MAZZEGA: Voilà, tout ça fait qu'en fait,

M-A EYL-MAZZEGA: on n'est quand même pas dans un vrai confort.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a quand même un certain nombre de facteurs qui peuvent nourrir et entretenir de la volatilité.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, voilà, c'est quand même des décisions lourdes, surtout quand on est dans une zone enclavée en Europe centrale, où on a encore des industries qui produisent de la pétrochimie, des engrais, etc., à partir de gaz, et où surtout, on chauffe l'hiver au gaz, mais il y a quand même, il faut le rappeler, parce que ça, c'est l'argument qui est souvent servi, mais...

lpaltiguzman: Merci.

M-A EYL-MAZZEGA: il faut quand même prendre ça avec des pincettes, il y a des stockages de gaz très conséquents en Slovaquie, en Hongrie, qui permettent de passer un hiver............................

lpaltiguzman: Très bien.

lpaltiguzman: Maintenant, pour ce qu'il en est des discussions commerciales entre l'Europe et les États-Unis, est-ce que tu peux nous donner un petit tour d'horizon sur qu'est-ce qui va se passer avec les régulations sur le méthane en Europe?

lpaltiguzman: Tu as mentionné Sibam tout à l'heure.

lpaltiguzman: À quoi il faut s'attendre pour les exportations américaines de GNL, sans doute?

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, ça là, tu prends du doigt effectivement une des épines dans le pied ou des nombreuses épines dans le pied de la relation transatlantique en ce moment parce que c'est vrai qu'en Europe, on prend le sujet des émissions fugitives de méthane très au sérieux.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, de quoi s'agit-il juste pour les auditeurs?

M-A EYL-MAZZEGA: on sait que le méthane est un gaz qui a un pouvoir de réchauffement extraordinairement plus élevé que le CO2 sur une durée relativement courte.

M-A EYL-MAZZEGA: Or, nous, ce qui nous intéresse, c'est la durée courte, puisqu'il faut sauver la planète là dans l'immédiat, et que parmi les nombreuses sources d'émissions de méthane, bien sûr, il y a l'agriculture, il y a les décharges à ciel ouvert, il y a la résiculture, il y a l'élevage,

M-A EYL-MAZZEGA: Mais il y a aussi, évidemment, le secteur de l'énergie avec les fuites tout au long des chaînes de valeur au niveau du puits, du torchage, du transport, le boil-off, donc l'évaporation sur le transport de GNL, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, en Europe, on veut connaître quelle est l'empreinte méthane des différentes sources d'approvisionnement.

M-A EYL-MAZZEGA: Ça, c'est le premier élément de la délégation qui est en place.

M-A EYL-MAZZEGA: Et la deuxième chose, c'est qu'on veut que les acteurs qui fournissent du gaz à l'Europe

M-A EYL-MAZZEGA: aille mesurer tout cela, aille le reporter, donc déclare finalement ses émissions et puis évidemment s'engage à les baisser.

M-A EYL-MAZZEGA: Et le problème qu'on a, c'est que, évidemment, comment est-ce qu'on opérationnalise cela?

M-A EYL-MAZZEGA: Parce que l'idée européenne, c'est qu'on va comparer après les fournisseurs et que progressivement, on va chercher à évincer ceux qui ont

M-A EYL-MAZZEGA: en gros, des mauvaises notes et des mauvais résultats, et on va privilégier ceux qui ont des bons résultats.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, le problème, c'est quoi?

M-A EYL-MAZZEGA: D'abord, il y a différentes façons de mesurer.

M-A EYL-MAZZEGA: Ce n'est quand même pas forcément facile de comparer.

M-A EYL-MAZZEGA: Ensuite, comment est-ce qu'on va choisir?

M-A EYL-MAZZEGA: Sur quels critères?

M-A EYL-MAZZEGA: Et comment est-ce qu'on peut forcer ou contraindre les acteurs à finalement...

M-A EYL-MAZZEGA: faire des investissements, mais lesquels?

M-A EYL-MAZZEGA: Comment est-ce qu'on va mesurer les éventuelles améliorations?

M-A EYL-MAZZEGA: Quelle doit être la bonne durée permise?

M-A EYL-MAZZEGA: Parce qu'il faut quand même laisser un bénéfice du doute et aux acteurs le temps de réagir, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, voilà.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a toute une question autour de l'opérationnalisation de tout ça.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, ça, c'est le point de vue européen, sachant que les Européens, souvent, ne savent pas exactement, ils lancent des initiatives, mais ils ne savent pas exactement comment ils vont les mettre en œuvre.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc là, je crois que dans ce cas-là, on est aussi un peu dans une situation comme ça,

M-A EYL-MAZZEGA: où c'est comme avec le Cibam, on lance un truc, mais en fait, c'est learning by doing, et au fur et à mesure, on comprend qu'il y a plein de difficultés, donc on essaie d'y faire face, mais on a tendance à créer des urtiquaires un peu partout.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, le problème de l'administration américaine, c'est qu'elle, d'emblée, elle est rentrée dans cette discussion en disant, moi, je supprime les obligations de reporting de l'Environmental Protection Agency aux États-Unis, et je dis à mes acteurs, mais de toute façon, vous produisez du clean gas,

M-A EYL-MAZZEGA: Vous êtes les meilleurs, donc il n'y a pas de sujet.

M-A EYL-MAZZEGA: On enlève toutes les contraintes et vous... Voilà, voilà.

lpaltiguzman: En fait, ils laissent les boîtes américaines de gaz de façon volontaire faire leur reporting et baisser leur émission de méthane s'ils y voient l'intérêt pour leur exportation à l'international.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, le problème de... Alors, l'avantage des choses volontaires, c'est qu'il y a quand même des choses qui se font.

M-A EYL-MAZZEGA: Pourquoi?

M-A EYL-MAZZEGA: Parce qu'un grand nombre d'acteurs américains sont quand même sérieux.

lpaltiguzman: Merci.

M-A EYL-MAZZEGA: dans le domaine de l'exportation de gaz et ont des clients qui leur demandent des engagements dans le long terme.

M-A EYL-MAZZEGA: Eux sont là pour le long terme et donc font les choses sérieusement et s'assurent que leur fournisseur ait des mécanismes de reporting et qu'effectivement les choses soient en place pour éviter des fuites.

M-A EYL-MAZZEGA: Maintenant, on sait aussi qu'avec les systèmes volontaires, s'il n'y a plus de contraintes, on peut aussi tricher parce que

M-A EYL-MAZZEGA: quand même, l'idée, ça c'est l'AIE qui le disait, mais comme quoi, en fait, c'était irrationnel de ne rien agir et de ne pas agir sur les fuites de métal parce qu'en fait, c'est de l'argent qui se perd.

M-A EYL-MAZZEGA: Ce n'est pas tout à fait exact parce qu'en fait, souvent dans cette chaîne de valeur, quand vous avez du gaz associé à la production de pétrole, etc., bon, vous ne regardez pas forcément.

M-A EYL-MAZZEGA: Parfois, c'est en fait très, très cher d'aller récupérer tout ça, de construire l'infrastructure, etc., donc

M-A EYL-MAZZEGA: Il faut quand même dire qu'un cadre volontaire, c'est sans doute donner trop de confiance à une industrie qui, parfois, n'a pas tout à fait les mêmes intérêts que ceux avec lesquels on voudrait le conformer.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, voilà, cette conversation est en cours.

M-A EYL-MAZZEGA: Il va falloir quand même trouver des solutions.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, Wright, le secrétaire à l'énergie, était à Bruxelles aussi pour discuter de ça.

M-A EYL-MAZZEGA: je pense que clairement le sujet va être sur l'opérationnalisation.

M-A EYL-MAZZEGA: Il va falloir travailler avec l'American Petroleum Institute, qui est un peu l'association des producteurs américains pour trouver des solutions de bon sens.

M-A EYL-MAZZEGA: L'enjeu, et je crois qu'en Europe, tout le monde veut, y compris les Total Energy, les ENI, les Shell, tout cela veut un sens.

M-A EYL-MAZZEGA: cadre robuste pour réduire ces empreintes de méthane, pour gagner la confiance des consommateurs, c'est très important, mais ils disent aussi, attention, il ne faut pas faire n'importe quoi parce qu'il faut quand même qu'on pense à l'opérationnalisation de tout ça, il faut que ça reste des choses faciles quand même à faire, à mesurer, à comparer et qu'on n'ouvre pas, pardonne-moi l'expression, une nouvelle usine à gaz dans ce domaine-là.

lpaltiguzman: Qu'est-ce que tu penses de l'accusation de l'administration Trump, que c'est une barrière non tarifaire et qu'en fait l'Europe utilise ce genre de régulation à son avantage?

lpaltiguzman: L'Europe ne produit pas énormément d'industries fossiles.

lpaltiguzman: Leur avantage, c'est d'être un leader dans le climat et d'imposer des règles et des standards.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, c'est vrai qu'en fait, avec ce Green Deal, l'Europe se dote un peu de mesures à impact extraterritorial.

M-A EYL-MAZZEGA: Il y a la loi sur la déforestation, il y a le Cibam, il y a cette réglementation sur le méthane.

M-A EYL-MAZZEGA: Et c'est vrai que, vu d'Amérique, c'est une première.

M-A EYL-MAZZEGA: C'est la première fois que l'Europe arrive avec des réglementations qui, en fait, ont des impacts sur les entreprises américaines, sans parler de la CSRD, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: les Américains oublient en passant qu'eux-mêmes ont sans arrêt des impacts extraterritoriaux de leur législation, mais quand c'est eux, sans doute, ça ne pose pas de problème, et quand c'est les autres, ça interpelle.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, moi, je dirais que l'approche est quand même paradoxale, parce que d'un côté, l'administration dit, nous, on a du clean gas, on a les meilleures entreprises et les meilleurs cadres, etc.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, dans ce cas, quel est le problème?

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, regardons les chiffres, et puis, tout le monde considère

M-A EYL-MAZZEGA: On aura le constat, objectif, que oui, c'est le clean gas et que l'industrie américaine est extraordinaire et que donc on peut aller double down en allant acheter du GNL américain.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, il y a un peu ces deux poids de mesure qui me perturbent.

M-A EYL-MAZZEGA: Et puis, il y a l'idée sur laquelle les Européens cherchaient à mettre des barrières.

M-A EYL-MAZZEGA: Non, en fait, je crois qu'en Europe, si la crise a bien montré une chose, la crise qu'on vit depuis 2022, c'est qu'en fait, on va avoir besoin de gaz dans la durée.

M-A EYL-MAZZEGA: que le GNL américain est un atout parce qu'en fait, on n'a pas 36 options et que donc, si on veut consolider ça et travailler en bonne confiance dans la durée, on a besoin aussi de travailler sur cette chaîne de méthane et il y a des solutions technologiques qui existent.

M-A EYL-MAZZEGA: On sait mesurer.

M-A EYL-MAZZEGA: Ça ne coûte pas très cher, il faut quand même le dire.

M-A EYL-MAZZEGA: On sait que des acteurs comme Eni travaillent avec les Algériens pour le faire, que Total Energy travaille avec l'Azerbaïdjan pour le faire ou avec d'autres

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, au fond, ce n'est pas rocket science.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, c'est probablement une tempête dans un verre d'eau.

M-A EYL-MAZZEGA: En fait, au fond, on peut trouver des solutions si on est de bonne foi et de bonne volonté.

lpaltiguzman: Très bien, sur cette note très positive, Marc-Antoine, nous allons conclure notre discussion.

lpaltiguzman: J'avais quand même une petite question bonus pour toi, parce que je pose toujours des questions un peu plus personnelles.

lpaltiguzman: Et donc, en relisant ton CV sur LinkedIn, j'ai vu que tu avais fait ta dissertation de PhD sur l'Ukraine déjà à l'époque.

M-A EYL-MAZZEGA: Oui.

M-A EYL-MAZZEGA: Alors, écoute, c'était très simple.

lpaltiguzman: Et alors, je me demandais qu'est-ce qui t'avait poussé à choisir l'Ukraine et sa politique gazière en 2006 ou je ne sais plus quelle année?

M-A EYL-MAZZEGA: Je me suis dit, si je me lance dans une thèse, il faut que je trouve un sujet qui soit vraiment sexy, qui attire l'attention et qui soit geopolitical et topical.

M-A EYL-MAZZEGA: Parce que sinon, je vais faire une thèse dans une bibliothèque

M-A EYL-MAZZEGA: personne ne s'intéressera à mes travaux et au fond, je serai diplômé et je n'aurai pas de job ensuite.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, j'avais pressenti que l'Ukraine allait être en fait un vrai sujet.

M-A EYL-MAZZEGA: C'était à l'époque un sujet pour le transport de pétrole aussi déjà parce qu'on avait déjà en fait l'Azerbaïdjan par exemple,

lpaltiguzman: Ouais.

M-A EYL-MAZZEGA: qui venait concurrencer des drogues herbeux russes en passant par l'Ukraine.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc il y avait déjà des premiers sujets.

M-A EYL-MAZZEGA: Et puis, on sentait quand même que la Russie de Poutine cherchait des alternatives avec Nord Stream, etc., que les Allemands s'engouffraient là-dedans aveuglément.

M-A EYL-MAZZEGA: Et au fond, ça me titillait.

M-A EYL-MAZZEGA: Et donc, je me suis lancé là-dedans.

M-A EYL-MAZZEGA: Et figure-toi que je n'aurais jamais cru que je ressorte mon pavé de thèse qui doit faire 500 ou 600 pages

M-A EYL-MAZZEGA: il y a trois ans, pour aller essayer de comprendre où est la station de mesure de Souchda, parce que j'avais les plans, les cartes, etc., mais on n'a plus tout ça.

M-A EYL-MAZZEGA: Mais je les avais très, très détaillés pour comprendre où c'est.

M-A EYL-MAZZEGA: Et de fait, en fait, les combats ont fini même par arriver là-bas.

M-A EYL-MAZZEGA: Donc, voilà, ça fait partie des choses, malheureusement, qui m'ont rattrapé.

lpaltiguzman: On continuera à parler de l'Ukraine cette année, donc peut-être que je te rappellerai sur le podcast.

M-A EYL-MAZZEGA: Et bon, évidemment, c'est tragique, mais d'une certaine façon, c'est assez éronique aussi.

M-A EYL-MAZZEGA: Ah ben, volontiers, volontiers.

lpaltiguzman: Merci beaucoup pour ta participation et à très bientôt.

M-A EYL-MAZZEGA: Eh ben, merci Leslie et à très bientôt également.

lpaltiguzman: This concludes our Energy Vista podcast, which was recorded on September 30, 2025.

lpaltiguzman: This is Leslie Pelti-Guzman saying good day and good luck.

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