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Ép. 2 - Quand la sexualité se transforme et se sublime au fil des années : ce qu'on a appris

Conversations Intimes
Conversations Intimes

246 plays · Feb 28, 2025

Aujourd’hui, on plonge dans un sujet qui touche beaucoup de couples : la sexualité qui évolue (ou qui s’éteint ?) au fil des années. Parce qu’on l’a tous entendu : « Après 5 ans, 10 ans, c’est plus pareil… » comme si c’était une fatalité. Mais est-ce vraiment inévitable ? Peut-on encore s’éclater sous la couette après 20 ans ensemble ? Spoiler : oui, et même mieux qu’avant ! Dans cet épisode, on partage : * Nos débuts maladroits (ou comment Vincent a découvert que le clitoris existait… et qu’il fallait le trouver !) * Le rôle de l’initiation dans le couple, et pourquoi c’est puissant d’oser guider et apprendre ensemble. * Les fausses croyances sur le désir masculin et pourquoi ce n’est pas toujours l’homme qui a « plus envie ». * Nos plus gros creux sexuels (coucou la parentalité et les 2 ans de désert post-accouchement). * Comment on a traversé ces phases sans exploser en vol et ce qui nous a permis de nous retrouver encore et encore. On parle aussi de la pression de performance, des tabous autour du désir féminin et de l’importance de la communication pour nourrir une sexualité épanouie sur le long terme. Bref, c’est intime, cash et (très) sincère. Prends-toi un thé, un verre de vin, et viens plonger avec nous dans cette conversation sans filtre. Vous avez des questions, des retours, ou envie de discuter des sujets abordés dans le podcast ? Envoyez-nous un message, on adore échanger !

Transcript

Speaker: Salut, bienvenue dans Conversations Intimes, le podcast où l'on explore l'amour, la sexualité et la relation en profondeur.

Speaker: Moi c'est Vincent.

Speaker: Et moi c'est Laura.

Speaker: Non, on déconne, en vrai c'est l'inverse.

Speaker: Ici on te partage nos expériences, nos prises de conscience, mais aussi des outils concrets et des clés pour nourrir l'amour, l'intimité et le plaisir.

Speaker: Parce qu'aimer, c'est une aventure.

Speaker: et qu'on apprend tous les jours.

Speaker: Sans filtre, sans tabou, on plonge dans ces sujets en toute honnêteté et vulnérabilité.

Speaker: Alors installe-toi et bienvenue dans Conversations Intimes.

Speaker: Bienvenue dans ce nouvel épisode de Conversations Intimes.

Speaker: Alors aujourd'hui, avec Vincent, bonjour mon amour.

Speaker: Bonjour, bonjour mon amour.

Speaker: Bonjour à toi qui nous écoutes.

Speaker: On a décidé d'explorer le sujet de la sexualité au fil des années.

Speaker: Pourquoi explorer ce sujet?

Speaker: C'est parce que j'entends beaucoup de personnes qui peuvent dire, quand ils parlent de leur sexualité, « Oh, tu sais, ça fait cinq ans qu'on est ensemble, ça fait dix ans qu'on est ensemble, la sexualité, ce n'est pas ce que c'était. »

Speaker: qu'au bout de tant d'années ensemble, la sexualité finalement, elle ne peut pas être épanouie.

Speaker: Et ce que j'ai appris à ton contact, et ce qu'on a appris ensemble, c'est que finalement, même si ça fait dix ans, vingt ans qu'on est ensemble, en fait la sexualité, ça peut être quelque chose qui se transforme, qui se change, qui s'épanouit, et...

Speaker: Le fait de rester ensemble, pour moi, de ce que j'en apprends, c'est que ça amène beaucoup plus de profondeur, de sécurité, de confiance, et que finalement, ce contenant de sécurité, de confiance et de profondeur peut permettre...

Speaker: à sa sexualité de s'épanouir justement au fil des années et de vivre plein de magnifiques expériences et d'avoir une sexualité super méga épanouie au bout de 20 ans.

Speaker: D'ailleurs, en parlant de ce sujet, j'ai toujours eu l'impression d'avoir une sexualité épanouie à différents moments de notre relation.

Speaker: Mais pour moi, ces dernières années, ça a vraiment été un moment où,

Speaker: pour moi, j'ai pu vraiment me lâcher, me laisser complètement aller, m'autoriser pleinement à vivre mon expression sensuelle et érotique avec toi et à libérer pleinement mon expression féminine.

Speaker: Et donc, on pourrait penser que ça, ça arrive au début.

Speaker: Et bien, finalement, non.

Speaker: Même au bout de tout ce temps, il y a plein de choses qui changent et qui se développent.

Speaker: Ça te dit qu'on commence peut-être par le début?

Speaker: Oui.

Speaker: Du fait, quand on se rencontre et qu'on commence à rentrer dans une sexualité, souvent on a eu des expériences chacun, chacune de son côté.

Speaker: On a eu ou pas une éducation sexuelle, il faut savoir que la majorité des gens n'ont pas eu une éducation sexuelle digne de ce nom.

Speaker: Souvent, enfin, je ne sais pas comment ça s'est passé pour toi, mais moi, l'éducation sexuelle, elle tournait autour de comment mettre un préservatif, comment ne pas tomber malade, comment attraper des maladies sexuellement transmissibles et ne pas tomber enceinte.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Pour l'homme, c'est pareil.

Speaker: C'est la même chose, très basique.

Speaker: Et il n'y a jamais vraiment eu d'explication sur comment prendre plus de plaisir, sur l'anatomie du plaisir, que ce soit chez l'homme ou chez la femme.

Speaker: Et donc, on est très peu éduqués.

Speaker: à ça, et on se retrouve souvent dans la sexualité, on improvise, on apprend sur le tas.

Speaker: Et j'ai découvert au fur et à mesure des années que la sexualité, c'est un domaine qui s'apprend, qui se cultive.

Speaker: Et c'est un domaine, si on souhaite avoir une sexualité épanouie, qui demande d'apprendre, qui demande d'y investir du temps, qui demande d'y investir de l'énergie,

Speaker: et que c'est un domaine à part entière, c'est-à-dire que quand...

Speaker: on va vouloir changer de métier ou apprendre une compétence dans un domaine professionnel par exemple, mais on va trouver ça normal de se former, on va trouver ça normal que ça prend du temps et qu'on y investisse aussi de l'argent, alors que dans ce domaine de la sexualité, il y a souvent cette croyance que ça doit tomber du ciel, que ça doit se faire spontanément, que ça doit se faire tout seul.

Speaker: Et donc, à travers notre relation, et même avant,

Speaker: j'ai appris que non, c'est une compétence.

Speaker: Et pour illustrer un petit peu ce propos, j'ai envie de parler un petit peu de nos débuts.

Speaker: On va lâcher du dossier alors.

Speaker: C'est ça?

Speaker: Comment tu te sens par rapport à ça, de parler de notre intimité et de la rendre publique?

Speaker: Très bien, et j'assume pleinement les vieux dossiers.

Speaker: Et j'assume pleinement comment j'ai pu être, donc on peut y aller.

Speaker: J'ai pas honte de ce que... de mes départs, de mes débuts, donc aucun problème, on peut tout dire.

Speaker: Tu peux tout dire toi, vas-y balance.

Speaker: Ouais, après pour moi c'est vrai que c'est mon métier, donc j'ai l'habitude de parler de sexualité, j'ai l'habitude de parler d'intimité.

Speaker: Par contre, là, je parle vraiment de mon intimité à moi et j'ai quand même envie de mettre en avant le fait que je suis une femme et qu'en tant que femme…

Speaker: Quand on parle de sa sexualité, quand on est ouverte sur le fait qu'on aime la sexualité, qu'on aime partager ça, en fait, on peut passer pour une salope, on peut passer pour une chaudasse et que j'ai envie de sortir de ça, que j'ai envie d'assumer parce que pour moi, la sexualité, c'est un domaine où je n'ai plus honte.

Speaker: J'ai vécu tellement de choses magnifiques seule avec toi.

Speaker: Mon corps m'apprend tellement de choses, j'apprends tellement de choses à travers cet espace qu'aujourd'hui, je n'ai plus honte d'en parler.

Speaker: Et donc, je n'ai pas honte de parler de ma propre intimité et d'en parler de manière publique.

Speaker: Donc voilà, c'est important pour moi de poser ça.

Speaker: Hum.

Speaker: allons-y allons-y alors nos débuts nos débuts donc on s'est rencontré comme on l'a dit dans l'épisode précédent moi j'avais 20 ans toi t'en avais 21 ouais on avait un parcours au niveau de la sexualité qui était complètement différent l'un de l'autre

Speaker: Je vais parler pour moi.

Speaker: Moi, je suis une personne qui a toujours été passionnée par le sujet de la sexualité depuis un très jeune âge.

Speaker: Déjà adolescente, je commençais à lire sur le sujet.

Speaker: Quand on s'est rencontrés, j'avais déjà des lectures.

Speaker: qui m'intéressait à l'époque, qui n'avaient pas accès à YouTube comme il y a accès aujourd'hui.

Speaker: Et donc, je commençais à explorer ces sujets à travers des livres.

Speaker: Donc, c'était vraiment déjà un sujet d'études pour moi.

Speaker: J'avais eu des expériences avec des hommes avant, des expériences avec des hommes avec qui j'avais pu passer un petit moment déjà.

Speaker: dans des relations, c'est pas très long, mais quand on est jeune et adolescente, passer un an et demi, deux ans avec quelqu'un, c'est déjà bien, et ça m'a permis d'explorer ce sujet.

Speaker: Tu veux parler de toi?

Speaker: Moi, j'ai eu pas... Bah oui, oui, pas de soucis.

Speaker: J'ai eu, bah avant toi, du coup, j'ai eu pas mal de relations aussi.

Speaker: Sexuellement parlant, bah j'étais pas très...

Speaker: pas très actif, on va dire, sur l'acte en soi.

Speaker: Et pour moi, le sexe, je connaissais à travers ce que, tu sais, on peut se dire entre garçons ou ce que certains autres hommes ont vu dans des films, dans des revues, tout ça.

Speaker: Donc, tu vois, j'avais toute une image du sexe qui, pour moi, aujourd'hui, n'est pas ça, tu vois, qui est fausse.

Speaker: Donc, du coup, moi...

Speaker: ça mettait beaucoup de pression, tu vois, d'une certaine manière, la relation, parce qu'il y avait vraiment ce côté performance qu'il fallait que l'homme assure, que l'homme doit faire ça, que l'homme doit tenir super longtemps, que l'homme doit être une bête de sexe, tu sais.

Speaker: Donc, du coup, j'étais très curieux, j'avais envie vraiment de découvrir, mais avec toujours cette peur qui m'accompagne, tu vois, cette crainte de ne pas assurer, tu sais.

Speaker: Donc,

Speaker: Donc, du coup, je pense que dans les relations que j'ai eues avant toi, cette peur a fait en sorte que je n'explore pas autant que ce que j'avais envie.

Speaker: J'avais envie d'explorer beaucoup dans ma tête, mais physiquement, je bottais en touche, quoi.

Speaker: Hum...

Speaker: Donc, du coup, on était vraiment différents parce qu'on connaissait des choses différentes.

Speaker: Je ne connaissais rien.

Speaker: Enfin, je ne connaissais rien.

Speaker: On ne peut pas dire que je connaissais.

Speaker: Maintenant, quand je vois aujourd'hui, on ne peut pas dire que je connaissais quelque chose.

Speaker: Je savais l'anatomie vite fait.

Speaker: Le clitoris, je ne savais pas ce que c'était.

Speaker: Mais bon, je savais qu'il y avait un vagin.

Speaker: Je savais qu'il y avait un sexe.

Speaker: Bon, bien, rien dans l'autre.

Speaker: Ça peut faire un truc sympa, mais c'est tout, tu vois.

Speaker: Donc,

Speaker: Donc du coup, je ne connaissais pas grand-chose.

Speaker: Donc voilà, j'ai passé exploré, pardon.

Speaker: Il y a quelques temps, c'était il y a quelques mois, on a passé une soirée où tu m'as raconté un petit peu de tes expériences d'adolescent et de comment tu te retrouvais dans des situations avec des femmes.

Speaker: Et j'ai trouvé ça très intéressant, ce que tu me partageais, sur le fait de...

Speaker: les filles avec qui tu te retrouvais, elles attendaient que ça se passe.

Speaker: Donc, elles attendaient que tu fasses quelque chose et que tu agisses, qui étaient... Elles étaient plutôt... Pas actrices, justement.

Speaker: Et que toi, tu t'es retrouvée à te dire « Ok, je dois faire, je dois prendre en main les choses.

Speaker: Je vois bien qu'on attend quelque chose de moi, mais finalement, je fais quoi?

Speaker: » « Je ne sais pas quoi faire.

Speaker: Du coup, j'essaye.

Speaker: On verra ce qui se passe. »

Speaker: Mais j'ai trouvé ça intéressant, le parcours d'un adolescent qui se retrouve dans la sexualité, qui n'a pas eu d'éducation sexuelle, qui a juste le repère des films ou peut-être un petit peu de porno.

Speaker: Je sais que toi, le porno, ça n'a jamais vraiment été ton truc.

Speaker: Non, mais j'avais vu, il y avait les revues.

Speaker: Oui.

Speaker: Et donc, d'être un petit peu perdu, en fait, de comment ça marche, qu'est-ce que je fais, et de faire des choses un peu mécaniquement, quoi.

Speaker: Ouais, comme ça vient.

Speaker: Tu sais qu'il faut toucher à des endroits et qu'apparemment, la fille, elle adore.

Speaker: Tu touches et apparemment, elle n'adore pas tant que ça, finalement.

Speaker: Bon, ben voilà.

Speaker: Qu'est-ce que je peux faire?

Speaker: Je vais continuer à faire ça, même si c'est pas ouf, et on verra, quoi.

Speaker: Et donc, le fait qu'elle n'adore pas tant que ça, parce que tu as parlé de cette injonction à la performance, qu'en tant qu'homme, tu te dois donner du plaisir à la femme.

Speaker: Qu'est-ce que ça venait réveiller chez toi en tant qu'adop?

Speaker: Encore plus de crainte.

Speaker: Ça venait juste enfoncer les trucs de...

Speaker: Il faut que j'assure, mais je vois clairement que je n'assure pas.

Speaker: Les relations sexuelles, pour moi, avant toi, même au début où on était ensemble, c'était vraiment un sujet de crainte.

Speaker: Le fait de ressentir aussi les partenaires avec qui j'étais, je sentais clairement que des fois, ce n'était pas...

Speaker: C'était faux quoi, tu vois, c'était peut-être pour faire plaisir, mais après on était jeunes, donc tout le monde se découvrait aussi d'une certaine manière, enfin dans mon entourage, tu vois, avec les personnes que j'ai fréquentées, j'ai l'impression qu'elles se découvraient autant que ce que je pouvais me découvrir et on se découvrait comme ça, tu vois.

Speaker: Mais ça venait vraiment enfoncer cette croyance que je n'étais pas dingue.

Speaker: Et qu'il fallait que je le sois, surtout quand j'entendais les filles parler sur leur gars, qu'elles faisaient semblant ou pour lui faire plaisir, et qu'elles rigolaient entre elles.

Speaker: Du coup, c'était compliqué, parce que je savais très bien comment elles allaient parler de moi derrière.

Speaker: Du coup, mon égo, il était défoncé total.

Speaker: C'est quoi le genre de phrase que tu entendais dans ces discussions entre filles?

Speaker: Ce genre de phrase qui ne l'assure pas, que c'est une quiche, qu'il est rapide.

Speaker: Ça, c'était trop rapide, tu vois?

Speaker: Et que du coup, elle simulait.

Speaker: Tu vois, ce mot, il mettait la pression.

Speaker: Il ne fallait surtout pas qu'une fille avec qui je sois, elle simule.

Speaker: Mais bon, c'est sûrement arrivé.

Speaker: Oui.

Speaker: Mais ce que j'aime bien dans cette histoire que tu racontais, c'était de...

Speaker: de voir toutes les injonctions qu'il peut y avoir.

Speaker: Donc, autant pour l'homme, l'injonction de la performance, l'injonction de bander, l'injonction de ne pas venir trop vite, ça met beaucoup de pression, tout ça.

Speaker: Et pour une femme, finalement, l'injonction d'avoir du plaisir.

Speaker: Et donc, si elle n'en ressent pas, elle va simuler, c'est faux.

Speaker: L'homme va croire, s'il ne ressent pas trop les choses, que c'est OK, que tout va bien.

Speaker: Et que finalement, il n'y a pas vraiment de discussion, le sujet n'est pas abordé, et tout le monde croit que ça se passe bien, et finalement, personne n'est satisfait ou satisfaite.

Speaker: Et c'est dur de se dire, comme moi je l'ai vécu en tout cas, de dire « il faut que mon sexe soit tout le temps dur, il faut que je fasse plein de vie à et vient ».

Speaker: et que je n'éjacule pas.

Speaker: Tu vois, c'est comment on fait, en fait.

Speaker: Donc, je me rappelle m'occuper de moi-même avant, tu vois, et d'arriver après en étant à moitié dur, à moitié mou, tu vois, et que ça ne marchait pas quand même le truc, tu vois, parce que les va-et-vient, j'étais jeune, plein de...

Speaker: Plein d'énergie, plein de fougue, et ça ne marchait pas, en fait.

Speaker: Donc, je me disais, mais comment faire?

Speaker: Comment est-ce que ça peut marcher?

Speaker: Comment je peux satisfaire ma partenaire en faisant du va-et-vient, en restant dur et en tenant deux heures?

Speaker: Deux heures, c'est une façon de parler, mais c'est un concept qui me paraissait totalement infaisable physiologiquement parlant, à cette époque.

Speaker: Donc, ça venait vraiment augmenter ma pression, en disant, mais je suis incapable.

Speaker: Je crains, je ne suis pas un homme.

Speaker: Ça bougeait pas mal, pas mal de choses.

Speaker: Et donc, quand on ne se sent pas un homme, c'est difficile de vendre derrière.

Speaker: Ça met beaucoup de pression.

Speaker: Après, il y a la jeunesse qui faisait que ça marchait quand même un peu.

Speaker: Mais oui, ça arrivait que ça ne marchait pas.

Speaker: Et la phrase, mais ce n'est pas grave.

Speaker: Oh, t'es tué!

Speaker: Mais oui, c'est grave, je suis un mec!

Speaker: Tu vois?

Speaker: Bien sûr que c'est grave s'il ne marche pas.

Speaker: Oui, ça n'est pas pour toi, mais c'est pour me faire plaisir.

Speaker: Je ne pouvais pas l'entendre, ça.

Speaker: Oui, c'est vrai que la virilité d'un homme est souvent très définie par son sexe.

Speaker: Donc, finalement, s'il n'y arrive pas, c'est pas trop vite.

Speaker: Notre zi, c'est notre bite.

Speaker: Il faut le dire.

Speaker: C'est vrai que quand tu dis ça, ce que je trouve intéressant, c'est qu'il y a souvent cette phrase de « les hommes pensent avec leur bite », mais il y a quand même une pépite de sagesse d'en penser avec sa bite, c'est-à-dire que les hommes ont plus appris à être connectés à cette partie de leur corps, et donc finalement sont plus connectés à leur désir.

Speaker: Leur désir sexuel, mais leur désir dans tous les domaines de la vie.

Speaker: Alors que beaucoup de femmes sont séparées de leur sexe féminin.

Speaker: Et donc du coup, beaucoup moins connectées à leur sexe, à leur désir pour la sexualité, mais aussi dans tous les domaines de sa vie.

Speaker: Et que finalement, si les femmes, on apprenait plus à se connecter à notre partie de nous qui est en lien avec nos besoins, nos désirs et nos envies, qu'on fait la paix avec cette partie de notre corps et que justement, on pense un peu plus avec cette partie de notre corps, eh bien, on est plus connecté à ce qu'on a envie profondément, en fait.

Speaker: Donc, oui, j'avais juste envie de rebondir là-dessus.

Speaker: Tu as très bien rebondi.

Speaker: En tout cas, c'est ce que j'ai appris avec le temps.

Speaker: Pour revenir à ces débuts, moi pour ma part, j'ai eu la chance dans ma vie de tomber sur des personnes, des rencontres, que ce soit féminines ou masculines, qui m'ont permis de vouloir en apprendre plus, de me connaître.

Speaker: J'ai appris que j'avais un clitoris jeune, j'ai appris que je pouvais m'en servir, que je pouvais me donner du plaisir.

Speaker: Donc, jeune, je me suis autorisée à avoir une sexualité de moi à moi.

Speaker: J'ai eu la chance de grandir dans une famille où le sexe n'était pas un sujet tabou.

Speaker: Et maintenant, avec le temps et toutes les femmes que j'ai accompagnées dans ce domaine, je me rends compte que c'est très, très rare d'évoluer dans une famille où on en parle,

Speaker: où on a un modèle de femme qui nous montre qu'on peut être sexuel, qu'on peut s'épanouir dans la sexualité.

Speaker: Et surtout, moi, ce qui m'a beaucoup aidée, c'est que j'avais une personne à qui je pouvais poser mes questions.

Speaker: C'est-à-dire que ma mère a toujours été très ouverte avec ça.

Speaker: Elle préférait que les réponses viennent d'elle, de quelqu'un qui avait de l'expérience, que plutôt de mes copines qui n'avaient pas d'expérience comme moi.

Speaker: Et donc, au fur et à mesure de ma sexualité,

Speaker: j'ai pu poser des questions, j'ai pu avoir des réponses de quelqu'un d'éclairé, de plus expérimenté.

Speaker: Et donc ça, ça a été précieux.

Speaker: Donc je remercie vraiment ma maman pour ça.

Speaker: Et au-delà de ma maman, j'ai grandi dans une famille où ce n'était pas tabou, quoi.

Speaker: Même au niveau de mon père, même si j'en parlais moins avec lui...

Speaker: Enfin, ce n'était pas un sujet qui était un sujet à part.

Speaker: C'est la sexualité dans le milieu dans lequel j'ai grandi faisait partie de la vie, était quelque chose de totalement naturel.

Speaker: Et je suis très consciente que le fait d'avoir grandi dans cet environnement m'a aidée à m'ouvrir, à m'intéresser et à pouvoir parler de ça aujourd'hui ouvertement.

Speaker: Et d'ailleurs, c'est aussi mon métier aujourd'hui, donc c'est intéressant.

Speaker: Et donc du coup, dans mes expériences sexuelles de jeunesse, adolescente, j'ai eu une ouverture sur ça.

Speaker: Il y avait une recherche de plaisir.

Speaker: j'étais pas ok sur le fait de juste attendre que ça vienne de l'autre j'avais envie d'investir ce domaine de ma vie et d'être actrice de ma sexualité et donc d'apprendre que ça soit à travers des livres mais que ça soit aussi en parler et explorer avec les personnes avec qui j'ai pu avoir des relations intimes et donc quand on s'est rencontré on était vraiment pas du tout sur le même...

Speaker: dans le même paradigme, si je puis dire.

Speaker: Et j'ai envie de raconter cette petite histoire de ce qui s'est passé dans nos débuts et de comment les rôles se sont un petit peu installés pour nous.

Speaker: Ouais.

Speaker: Donc, on a eu nos premières explorations, on a commencé à se découvrir.

Speaker: Et je me rappelle la première fois que tu m'as fait un cunnilingus.

Speaker: Ça y est.

Speaker: Ça y est, ça arrive.

Speaker: Les dossiers.

Speaker: Et que tu me faisais un cunnilingus et je me disais, mais c'est quand qu'il va toucher mon clitoris?

Speaker: Et j'essayais de me déplacer pour te faire comprendre que tu avais un clitoris et qu'il fallait aller là ou là, mais...

Speaker: Je n'avais pas l'impression que tu comprenais vraiment ce qu'il fallait faire.

Speaker: Non, non.

Speaker: Mais surtout qu'un clitoris, pour moi, c'était un mythe, tu vois.

Speaker: C'était la légende.

Speaker: Je ne savais pas, on ne m'a jamais dit.

Speaker: Enfin, je l'ai entendu, mais on ne m'a jamais dit où c'était.

Speaker: On ne m'a jamais dit... Pour moi, c'était quelque chose qui existait, qui procurait du plaisir aux femmes, mais on ne savait pas où c'était.

Speaker: C'était un mystère, quoi.

Speaker: Oui, c'était il y a 20 ans en arrière.

Speaker: Maintenant, on en entend beaucoup plus parler.

Speaker: Oui, bien sûr.

Speaker: Mais il y a longtemps, je ne savais pas.

Speaker: Dans mon cercle, en tout cas.

Speaker: On ne m'a jamais dit.

Speaker: Moi, il n'y avait pas de tabou.

Speaker: Tu parlais des tabous dans la famille.

Speaker: Il n'y avait pas de tabou non plus.

Speaker: Mais on pouvait parler de tout.

Speaker: Mais ce n'est pas un sujet qui revenait, qui était posé sur le tapis.

Speaker: Parce qu'il n'y avait pas...

Speaker: Dans mon cercle familial, il n'y avait pas de relation, tu vois, intime entre mes parents.

Speaker: Ils n'étaient pas vraiment ensemble.

Speaker: Donc, du coup, je ne pouvais pas avoir de conseils venant de ma mère parce que même eux, pas connectés à leur propre désir et à explorer ensemble.

Speaker: Donc, du coup, avoir des choses à partager avec moi.

Speaker: J'étais très curieux, mais je n'étais pas nourri sur ce côté-là.

Speaker: Oui, donc tu pouvais parler de cul, mais tu n'avais pas d'explication.

Speaker: Non, je pouvais être entendu, accueilli, écouté, tout ce que tu veux, mais je n'avais pas de retour.

Speaker: Oui.

Speaker: Donc, non, j'étais livré à moi-même.

Speaker: Avec tes potes qui en savaient autant que toi.

Speaker: Avec mes potes qui savaient que dalle, mais qui disaient qu'ils savaient trop de trucs, tu vois.

Speaker: Donc, ouais.

Speaker: Comme t'as dit, on évoluait dans deux mondes différents.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et donc, pour revenir à ce... Ouais, pardon.

Speaker: Ce cunnilingus...

Speaker: T'as vu, j'essaye qu'on n'en parle pas.

Speaker: J'assume, j'ai dit que j'assumais, j'assume.

Speaker: En fait, ce qui s'est passé pour moi, c'est que suite à ce cunnilingus où je me suis dit, bon, clairement, il y va, il est volontaire, il n'y a pas de souci, mais il ne s'est pas trouvé où il va, quoi.

Speaker: Et donc, moi, je me rappelle qu'on s'entendait super bien.

Speaker: Je te kiffais, grave, quoi.

Speaker: On passait des super moments.

Speaker: On avait de l'entente sur tellement, tellement de domaines.

Speaker: Et je me voyais faire une histoire vraiment avec toi.

Speaker: Et je sentais qu'on était profondément compatibles et que ça pouvait le faire.

Speaker: Mais pour moi, la sexualité, c'était super important.

Speaker: Et je me suis dit, mais si ça ne le fait pas dans la sexualité, ça ne va pas le faire, quoi.

Speaker: Il va manquer quelque chose.

Speaker: Et donc du coup, j'ai décidé de prendre les choses en main et de jouer un petit peu ce rôle d'initiatrice.

Speaker: Moi, c'est quelque chose dont je parle souvent dans mes accompagnements, c'est en tant que femme, oser rentrer dans cet archétype, dans ce rôle de l'initiatrice et devenir proposée, devenir invitée, de proposer de parler du sujet, de proposer d'explorer des choses ensemble et de ne pas avoir peur de le faire, en fait, parce que

Speaker: Si on a quelqu'un en face de nous qui est ouvert à ça, qui est ouvert à apprendre, qui est ouvert à explorer, en fait, ça vient ouvrir tout un monde et c'est ce qui s'est passé pour nous.

Speaker: Donc, ma petite technique à moi que j'ai trouvée à cette époque, je lisais un livre de Tracy Cox qui s'appelle Hot Sex.

Speaker: Et donc, il parle de plein de techniques, il parle de sexualité et comment faire pour avoir du hot sex, quoi, d'une sexualité chaude.

Speaker: Et je me suis dit, tiens, si je partageais ça, l'air de rien.

Speaker: Et donc, on est parti en Corse.

Speaker: Et quand on est parti en Corse, je t'ai proposé

Speaker: de lire ensemble des passages de ce livre.

Speaker: Qu'est-ce qui s'est passé pour toi?

Speaker: J'ai découvert la Bible.

Speaker: Le 5 Graal, tu vois.

Speaker: Non, il s'est passé.

Speaker: Comme je l'ai dit avant, j'étais très curieux.

Speaker: Donc du coup, très content de voir que toi, tu étais déjà ouverte dans ce sujet-là.

Speaker: Comme moi, je pouvais l'être, mais que dans ma tête, sans avoir jamais eu le...

Speaker: la possibilité, on va dire, d'explorer pleinement.

Speaker: Donc, le fait que tu me mettes ce livre dans l'image, je me suis dit, « Bello, je vais pouvoir apprendre plein de trucs et on va pouvoir jouer.

Speaker: » Mais, c'est quand même venu taper dans mon égo.

Speaker: Parce que, du coup, c'est venu mettre quand même en lumière le fait que j'étais pas ouf.

Speaker: Mais, j'ai envie de te dire, vu que je le savais déjà,

Speaker: et que mon ego était déjà à plat sur ça, je me suis dit que ça ne pouvait que le booster, que le faire monter.

Speaker: Du coup, je remercie la vie de t'avoir mis sur mon chemin, sur plein d'aspects, mais là on parle de l'aspect sexuel, donc sur le côté sexuel, et de m'avoir mis ce bouquin entre les mains.

Speaker: Je te remercie de m'avoir mis ce bouquin entre les mains, parce que finalement, ça y est, je pouvais enfin conceptualiser le clitoris.

Speaker: Entre autres.

Speaker: Entre autres, mais attends, pour moi, comme je t'ai dit, c'était un mythe.

Speaker: Donc du coup, waouh, on en parle dans un livre.

Speaker: Fais voir un peu, ça ressemble à quoi, c'est où?

Speaker: Bon, bah vas-y, on va aller le trouver.

Speaker: En tant que bon explorateur que je suis,

Speaker: Il faut quand même rappeler que le clitoris, c'est le seul organe qui n'est dédié qu'au plaisir.

Speaker: C'est plus de 10 000 terminaisons nerveuses qui ne servent qu'à prendre du plaisir.

Speaker: Et la femme est dotée de cet organe-là.

Speaker: Si ça, ce n'est pas un signe de mère nature qu'on est câblé pour le plaisir et que c'est notre droit de naissance?

Speaker: Voilà.

Speaker: Petit aparté.

Speaker: Virgule.

Speaker: Oui, il a fallu quand même que je tape bien dans mon ego pour accueillir ça, mais c'est avec plaisir, parce que j'avais vraiment envie d'explorer et d'apprendre.

Speaker: Et ça demande beaucoup, finalement, ça.

Speaker: La capacité de se remettre en question?

Speaker: d'avoir envie de se remettre en question, d'avoir envie de satisfaire aussi sa partenaire ou son partenaire.

Speaker: Moi, il y a eu l'envie qui était très égotique, très égocentrée, de vouloir te satisfaire.

Speaker: Donc, au départ, c'est parti vraiment pour toi, tu sais?

Speaker: Pour moi un peu, mais c'était vraiment dédié à toi.

Speaker: Ok.

Speaker: J'ai envie d'assurer pour ma femme.

Speaker: J'ai découvert par la suite que d'assurer pour ma femme, ça me faisait kiffer de ouf.

Speaker: Donc du coup, c'était cool, quoi.

Speaker: J'avais tout gagné.

Speaker: Gagnant, gagnant.

Speaker: Gagnant, gagnant.

Speaker: Donc voilà.

Speaker: Ce que ça a pu m'apporter, le fait que tu me mettes ce livre entre les mains.

Speaker: Il y a un truc que je voudrais relever, tu as utilisé le terme de jouer, de jeu.

Speaker: Et en fait, je pense que ce qui a beaucoup aidé, c'est de sortir du sérieux.

Speaker: Souvent, on pense que la sexualité, ça doit être quelque chose de sérieux, ou si on se loupe, c'est un échec.

Speaker: Du coup, ça crée des frustrations, ça crée des malentendus, on ne va peut-être pas en parler parce qu'on a honte, etc.

Speaker: Et finalement, de voir la sexualité comme un espace de découverte, comme un espace d'exploration, comme un espace de jeu où finalement on ne fait pas d'erreur, on ne fait qu'apprendre, ça vient vraiment d'étendre la chose.

Speaker: Et d'amener un peu le côté ludique, le côté fun, et pourquoi pas de rigoler ensemble quand on peut croire qu'il y a un « loupé » entre guillemets, et d'en parler, et de se dire peut-être comment on aurait fait différemment.

Speaker: Et je pense que c'est ce qui nous aide depuis 20 ans.

Speaker: Même s'il y a eu des moments où on a oublié ce principe-là et il y a pu y avoir des malentendus et des problèmes dans la communication, mais...

Speaker: Ce qui nous a beaucoup aidé à avoir une sexualité comme on l'a aujourd'hui, c'est le désir d'explorer, le plaisir de jouer, de découvrir ensemble et d'apprendre à se connaître.

Speaker: Ok, à partir des livres et des techniques, il y a plein de choses qu'on peut trouver là-dedans, mais d'apprendre à se connaître à partir de nos corps.

Speaker: parce que chaque être humain est unique.

Speaker: Ce qui va marcher pour toi, ce n'est pas ce qui va marcher pour un autre homme.

Speaker: Ce qui va marcher pour moi, ce n'est pas ce qui va marcher pour une autre femme.

Speaker: Donc, même si on a eu de l'expérience avant,

Speaker: Et on va se dire, c'est bon, j'ai compris, il faut que j'appuie là, il faut que je fasse comme ça.

Speaker: Oui, mais là, on est face à une personne différente.

Speaker: Et donc, d'aller explorer qu'est-ce qui est bon, qu'est-ce qui fait du bien, et finalement, d'être super à l'écoute du corps de l'autre.

Speaker: Et ça, c'est une compétence chez toi qui est très forte.

Speaker: Ta capacité d'être complètement présent, d'être complètement connecté, d'être à l'écoute...

Speaker: Oui.

Speaker: Enfin, pour moi, c'est... Oui, vas-y.

Speaker: J'ai envie de rajouter quelque chose sur ce que tu as dit.

Speaker: Il y a aussi... Pour moi, c'est hyper important de... On a toujours débriefé.

Speaker: Et pour moi, la communication dans... De mettre des mots sur l'acte,

Speaker: Et d'en parler ouvertement, d'en rigoler, de dire « ça, j'ai aimé, ça, j'ai pas aimé, ça, ça a été ok.

Speaker: Tiens, viens, on essaye ça.

Speaker: Pourquoi pas?

Speaker: Oh non, je suis pas chaud.

Speaker: » De débriefer, et c'est ce qu'on a fait dès le départ, pour moi, ça a été aussi… C'est l'élément principal, on va dire, de notre évolution.

Speaker: Oui.

Speaker: Parce qu'on a toujours mis des mots sur ce qu'on pratiquait et sur le bien que ça nous faisait.

Speaker: Quand j'ai fait ça, est-ce que ça t'a plu?

Speaker: Est-ce que j'ai vu que ça t'a fait ça?

Speaker: Là, c'était rigolo.

Speaker: Pas trop, j'ai pas trop senti.

Speaker: Pour moi, c'est vraiment important de parler de...

Speaker: de chaque chose, d'oser parler de tout dans la vie en couple, mais sur cet aspect-là, parce qu'on parle de la sexualité, de venir en parler.

Speaker: Et du coup, ça vient vachement apaiser le côté performance ou le...

Speaker: Moi, en tout cas, c'est venu me rassurer sur pas mal de choses.

Speaker: Mais surtout sur ce côté performance et le fait d'en parler, de débriefer comment on le faisait, ça m'a amené une forme de sécurité.

Speaker: qui faisait que si je faisais quelque chose qui n'était pas ce que tu attendais ou ce qui te faisait du bien, ce n'était pas grave.

Speaker: Tu me le disais, ok, on va faire différemment.

Speaker: Du coup, je me sentais en sécurité de faire ce qui me traversait et d'être ok avec le fait que peut-être ce que je fais, ça ne marche pas.

Speaker: Ce n'est pas grave, on va essayer autre chose.

Speaker: Oui, et tu parles de sécurité, et ça amène beaucoup de confiance aussi, de savoir qu'on peut en discuter ensemble, qu'on peut s'ajuster derrière, et ça amène de la profondeur, parce que souvent, dans beaucoup de couples, les gens font l'amour en des relations sexuelles, mais ce n'est pas un sujet dont on discute.

Speaker: On le fait, mais on n'en parle pas.

Speaker: Et c'est ce qui, souvent, peut créer des malentendus, peut créer des non-dits.

Speaker: Et c'est là, finalement, où les problèmes peuvent surgir.

Speaker: Hum.

Speaker: mais d'en parler, de poser des mots, et d'être dans l'accueil de ce que l'autre a à dire, de ne pas se dire, de le prendre personnellement, de vraiment être dans, ok, ça c'est comment il ou elle, elle voit les choses, ok, donc tu vois les choses comme ça, qu'est-ce que tu aimerais finalement, comment tu verrais les choses, qu'est-ce qu'on peut essayer, parce que,

Speaker: des fois on ne sait même pas ce qu'on aime et ce qu'on veut, parce qu'on ne l'a pas appris, et donc du coup ça peut être, tiens on pourrait peut-être essayer d'aller vers ça, on va voir, et oser dire, tiens on essaye, ça marche, ah bah cool, peut-être on peut explorer plus en profondeur, ou non ça ne marche pas, peut-être on peut aller explorer autre chose, et c'est vrai que ce terme que tu utilises de débrief, c'est tellement ça quoi.

Speaker: On faisait l'amour et après, on parlait de ça.

Speaker: Un powerpoint.

Speaker: Alors, du coup, cette position, ok, alors nous allons la placer en troisième.

Speaker: Ouais, c'est exactement ça.

Speaker: Ouais, et de parler de ce qu'on avait vécu, ce qu'on avait ressenti.

Speaker: Et on le fait toujours, en fait, ça fait 20 ans qu'on le fait.

Speaker: Tout le temps.

Speaker: Pour tout, on débrie sur tout.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et donc, bon bref, on a commencé avec ce livre de sexe, et en fait, ça a été, dans les dix premières années de notre vie, ça a été ça, ça a été de l'exploration, on a exploré des jeux de rôle, on a exploré les sextoys, on a exploré différentes positions, parce qu'à l'époque, moi, je pensais que les positions, c'était clé dans la sexualité, maintenant, je découvre que c'est moins important que ce que je pensais.

Speaker: enfin voilà on était très ouverts à explorer plein de choses ensemble mais ceci étant dit il y a eu plein de moments où enfin la sexualité c'est pas linéaire quoi non

Speaker: Il y a eu plein de moments où on a une sexualité très intense et d'autres où il y a eu des creux, il y a eu des... Comment dire?

Speaker: J'écoute beaucoup de choses en anglais en ce moment, donc j'ai les mots qui me viennent en anglais.

Speaker: Des écarts dans le désir?

Speaker: Et d'ailleurs, j'ai bien envie de parler de ce sujet-là.

Speaker: J'allais rebondir sur ça.

Speaker: Vas-y.

Speaker: Sur le fait qu'on a le désir, du coup, et qu'on a un désir différent.

Speaker: Oui.

Speaker: Toi et moi, on a un désir différent.

Speaker: Donc, je n'aurais pas à dire...

Speaker: On a tous les deux beaucoup de désirs, mais on l'exprime différemment et on a peut-être besoin, un besoin différent de l'entretenir.

Speaker: Je ne sais pas si c'est le bon mot et de l'exprimer.

Speaker: Ou si c'est OK pour toi, que tu as beaucoup plus d'appétit, d'envie régulière peut-être sexuelle, où tu peux avoir plus de...

Speaker: d'envie sexuelle que ce que je peux avoir sans pour autant dire que j'ai moins de désir pour toi et que t'en as plus pour moi et tout ça mais on l'exprime de manière différente

Speaker: Moi, ce qui m'a aidée à beaucoup comprendre ça, c'est Émilie Nagoski qui est une sexothérapeute américaine qui a écrit des livres super sur le sujet, dont son livre « Je jouis comme je suis » où elle parle justement des particularités du désir.

Speaker: Et pour elle, il y a deux formes de désir.

Speaker: Il y a le désir spontané et le désir réactif.

Speaker: Le désir spontané, c'est du désir qui arrive en anticipation du plaisir.

Speaker: Donc, c'est « je suis là en train de faire à bouffer et j'ai un truc qui se réveille dans moi et j'ai envie de faire l'amour ».

Speaker: Et il y a le désir réactif qui est celui qui arrive en résultant du plaisir, c'est-à-dire…

Speaker: « Tu es là dans le canapé, je vais venir te caresser le cou et je vais commencer à te caresser.

Speaker: » Et là, il y a quelque chose qui va se réveiller chez toi.

Speaker: Et donc, chez moi, le désir spontané prend plus de place.

Speaker: Et le désir réactif, j'ai celui-là aussi.

Speaker: Mais j'ai plus un désir spontané.

Speaker: Et en fait, ce que j'ai compris, c'est que toi, tu as plus un désir réactif.

Speaker: Ton désir va monter quand on est au contact l'un de l'autre, quand tu sens mon corps, quand tu sens ma peau, quand il commence à y avoir un lien, une connexion, une interaction.

Speaker: Alors que moi, c'est plus en anticipation du plaisir.

Speaker: Et ça a été un sujet qui est problématique pour moi, ça, pendant longtemps, je me suis beaucoup posé de questions et où je me suis beaucoup dit « mais j'ai un problème en fait ».

Speaker: Et tu vois, on en revient sur encore le truc de « mais je ne suis pas un homme ».

Speaker: Parce que, dans mes croyances, un homme, ça pense au cul tout le temps, il a envie de faire du cul tout le temps.

Speaker: très souvent, du moins.

Speaker: Et moi, c'est pas le cas.

Speaker: Moi, j'ai besoin d'être bien dans mon corps, d'être bien dans ma tête, que tu sois bien dans ton corps, bien dans ta tête, qu'on ait passé un bon moment ensemble, qu'il y ait tout un tas de critères qui soient cochés, remplis, pour que j'ai envie d'ouvrir cet espace pour venir... C'est la cerise sur le gâteau.

Speaker: Donc, du coup, le fait que...

Speaker: que je n'ai pas tout le temps envie, finalement, pour moi, c'était très problématique parce qu'on n'avait pas cette même expression.

Speaker: Et c'est par la suite, c'est maintenant que j'arrive à l'accueillir parce que j'ai travaillé sur ça, parce que j'ai beaucoup réfléchi.

Speaker: Et finalement, on est juste différents, en fait, et c'est OK.

Speaker: Et ça, on n'empêche pas que je sois un homme complet.

Speaker: Je suis pleinement un homme, c'est juste que j'ai des besoins d'expressions différentes.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et souvent, on a l'habitude d'entendre l'inverse, que l'homme a plus de désirs ou désirs spontanés que la femme.

Speaker: Et je veux dire qu'on a un désir réactif ou un désir spontané, tout va bien, tout est normal.

Speaker: Enfin, il n'y a pas de problème.

Speaker: Mais on entend rarement que la femme a plus de désirs que l'homme.

Speaker: Mais finalement, quand...

Speaker: En tant que femme, c'est un domaine qu'on investit, qu'on est en connexion avec son énergie sexuelle, qu'on la cultive.

Speaker: Ce n'est pas une norme que l'homme a plus de désir que la femme.

Speaker: Non, non.

Speaker: Mais c'est vrai que ça nous a beaucoup confrontés parce que, vu qu'il y a cette croyance,

Speaker: Moi, en tant que femme, vu que j'avais ce désir spontané « et toi, moi », je me suis beaucoup posé la question de « mais finalement, est-ce qu'il ne me désire pas?

Speaker: Je ne suis pas désirable, il n'a pas envie de moi, du coup, il ne m'aime pas assez.

Speaker: » Et donc, du coup, je me suis beaucoup, beaucoup pris la tête sur ça.

Speaker: Et vu que je me sentais rejetée par rapport à ce que moi, je croyais, vu que je ne me sentais pas accueillie dans tout ce que j'étais, je me sentais

Speaker: dans nos discussions, quand on en a parlé, je n'avais pas la forme pour le dire et des fois, j'ai pu être blessante, en fait.

Speaker: Et donc, tu parlais de cette masculinité, de cette virilité.

Speaker: Je t'ai beaucoup attaquée dans ça, sans trop savoir ce que je faisais à l'époque.

Speaker: Mais finalement, plus je te parlais de ça, moi, tu avais envie, quoi.

Speaker: Ça me mettait la pression encore plus.

Speaker: Et ça venait enfoncer le clou sur le fait que j'ai un problème.

Speaker: Je ne suis pas normal.

Speaker: Donc oui, ça a été un long travail d'arriver à se comprendre, et c'est à travers des centaines de discussions, je crois, sur des années.

Speaker: Parce qu'on en a parlé peut-être tôt même déjà, mais il a fallu continuer à réexpliquer, à réexpliquer, à remettre les choses au clair pendant un bon moment.

Speaker: Ça fait pas tant de temps, finalement, que...

Speaker: qu'on s'accueille pleinement comme on est et qu'on est OK avec nos parts de nous et avec l'autre?

Speaker: Et nos différences, dans ce domaine-là en tout cas.

Speaker: Moi, j'ai appris... Pardon, vas-y.

Speaker: Non, non, je voulais dire où toi, t'es aussi très initiatrice dans ce domaine-là.

Speaker: Donc, ça a pu soulever pas mal de problématiques dans le sens où c'est toi qui as amené aussi l'échange.

Speaker: Et moi, pris dans ma vie, j'y pensais même pas.

Speaker: Mais toujours OK.

Speaker: Toujours OK pour...

Speaker: pour partir en balade.

Speaker: Mais du coup, c'est vrai que ça a soulevé pas mal de discussions.

Speaker: Et puis, ce que je peux comprendre aussi, un ralbog de ton côté, c'est toujours moi qui initie la chose, bouge ton cul.

Speaker: Et je le comprends.

Speaker: Mais il n'y a que maintenant où j'ai l'impression qu'on est vraiment apaisé sur nos différences.

Speaker: Oui, ce qui nous a beaucoup aidé, c'est justement, pour moi, ça a été de lire ses livres comme celui d'Emilie Nagoski, de comprendre en fait ce qui se jouait derrière et de comprendre qu'on n'avait pas de problème, ni toi ni moi.

Speaker: Parce que même moi, de me dire « mais attends, j'ai trop de désirs, mais je suis une info, mais je suis une chaudasse ».

Speaker: Il fallait donc du coup de me dire tout ça, de me dire que j'avais un problème, que je ne devais pas être comme ça.

Speaker: Et en fait non, j'ai appris que la sexualité et le désir ça partaient de l'énergie sexuelle et que cette énergie sexuelle c'est aussi une énergie de création, c'est ce qui nous permet de créer des êtres humains en fait, on crée des êtres humains à partir de cette énergie sexuelle donc si on peut créer des êtres humains, on peut tout créer.

Speaker: Et donc, j'ai compris que cette énergie sexuelle, moi, j'ai beaucoup de feu.

Speaker: Et donc, du coup, elle se traduisait dans ce domaine-là, mais que finalement, je pouvais aussi mettre cette énergie dans d'autres domaines, dans ma création, dans mon travail, dans mes projets, et que je pouvais aussi cultiver une sexualité de moi à moi.

Speaker: que je n'étais pas obligée de donner toute cette charge à la personne avec qui je vis, mais que je pouvais avoir ces moments de sensualité avec moi, même sans sexualité.

Speaker: Moi, je danse beaucoup, je fais beaucoup de flots sensuels.

Speaker: Et donc, de faire circuler cette énergie dans mon corps, de me nourrir de cette énergie, d'en profiter, de prendre du plaisir à la sentir circuler dans mon corps, d'avoir des rituels d'autoplaisir, de...

Speaker: Et que finalement, quand je fais ça, je cultive l'amour de moi à moi, je me donne de l'amour, je m'honore, j'apprends à me connaître davantage.

Speaker: Et donc du coup, c'est venu aussi beaucoup enrichir nos discussions.

Speaker: J'ai envie de quoi?

Speaker: De tout ça.

Speaker: Et de surtout comprendre qu'on est juste différents.

Speaker: Moi, je disais, j'ai beaucoup de feu, mais toi, t'es beaucoup plus terre.

Speaker: Et donc toi, t'as besoin de...

Speaker: de lien, de connexion, de contact, de toucher, et c'est ça qui va éveiller ton désir.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et le fait d'être tout le temps dans le présent, pour ma part en tout cas, c'est vrai que c'est bien, mais ça peut être problématique.

Speaker: Ça a pu être problématique aussi sur cet aspect-là.

Speaker: Le fait de ne pas y penser.

Speaker: Parce que je vois une mouche passer, je vais regarder la mouche.

Speaker: Et deux secondes après, tiens, j'ai faim, je vais manger.

Speaker: Ou tous ces genres de choses.

Speaker: Mais...

Speaker: Alors que ce n'est pas un problème, c'est juste des différences, en fait.

Speaker: C'est ça.

Speaker: C'est des états de fonctionnement différents.

Speaker: Et finalement, d'être dans le moment présent, c'est quelque chose de magnifique dans la sexualité.

Speaker: Aussi.

Speaker: On en parlera dans d'autres épisodes, mais la présence, c'est quelque chose que tu m'as beaucoup enseigné et que j'ai appris à travers mes formations, mes stages, mes retraites.

Speaker: Mais que pour moi, la présence dans la sexualité comme dans la vie, c'est une clé essentielle, c'est un super pouvoir.

Speaker: Donc, ouais.

Speaker: Donc, ce n'était pas prévu qu'on parte là-dessus, mais c'est très intéressant de parler de ça.

Speaker: Et que finalement, une sexualité épanouie, c'est fait de compromis, c'est fait de conciliation, c'est fait de discussion, c'est fait de s'ouvrir au monde de l'autre, de comprendre d'où il vient...

Speaker: Peu importe d'où ça vient, il y a des hommes qui ont plus de désir que la femme et vice-versa.

Speaker: Et peu importe, c'est d'en discuter, de comprendre, de voir ce qui joue, de voir ce que ça vient réveiller chez l'autre, de voir ce que ça vient peut-être réveiller comme blessure.

Speaker: Tu parlais de performance, de ne pas faire assez, moi, de ne pas me sentir désirée, de ne pas me sentir femme.

Speaker: Enfin, voilà, toutes ces choses-là.

Speaker: Et...

Speaker: Et on a eu des périodes où on a été très actifs, des périodes où on en a été beaucoup moins, parce que dans la vie, on traverse plein de choses.

Speaker: Il peut y avoir des deuils, il peut y avoir des épreuves, et on a moins la tête à ça.

Speaker: Le désir, il est influencé par plein de facteurs externes, plein de facteurs internes, qui vont agir comme des freins et comme des accélérateurs.

Speaker: Elle en parle bien dans son livre, encore une fois, « Je jouis comme je suis » Émilie Nagoski, si ça vous intéresse de plonger dedans.

Speaker: Et donc du coup, le désir, ce n'est pas quelque chose qui est tout le temps là, qui est tout le temps au taquet, non.

Speaker: Il est influencé par la vie, par le vivant, par ce qui se passe autour de nous, par ce qu'on vit.

Speaker: Et donc, c'est aussi accepter que ce n'est pas parce qu'à un moment donné, on a une sexualité beaucoup moins active que finalement le couple, il va mal, qu'on ne peut pas développer aussi d'autres aspects de la relation.

Speaker: qu'on ne peut pas plus avoir des discussions sur d'autres sujets parce qu'on vit des périodes émotionnelles intenses et que c'est plutôt dans ce domaine-là qu'on va avoir besoin du soutien.

Speaker: Enfin, voilà, il y a eu beaucoup de hauts, de bas, de changements.

Speaker: Des périodes où il n'y avait rien même.

Speaker: Oui.

Speaker: Pris par tout un tas de choses de la vie.

Speaker: qui faisait que... Non, c'était pas le moment.

Speaker: Et ça veut pas dire que notre couple, il allait mal, ça veut pas dire qu'on était pas heureux l'un avec l'autre, c'est juste qu'il y avait pas de place pour ça.

Speaker: Cette place-là a été prise par des soucis, par des émotions, par tout un tas de choses, même sans que ce soit souci, mais ou par juste la vie extérieure au couple.

Speaker: Et... Moi, sur ce sujet-là, ça a été...

Speaker: Ça a été compliqué parce que si je ne suis pas bien, comme je l'ai dit tout à l'heure, je ne peux pas faire.

Speaker: Donc si je suis traversé par quelque chose, que j'ai une émotion forte, ce n'est pas possible en fait.

Speaker: Si je suis énervé, si je suis triste, s'il y a quoi que ce soit dans ma vie qui fait que je ne suis pas bien...

Speaker: Je ne peux pas faire l'amour.

Speaker: Et pour moi, c'était compliqué parce que, comme on l'a souligné tout à l'heure, un homme, c'est censé être une bite sur pattes.

Speaker: Dans l'inconscient collectif.

Speaker: Dans l'inconscient collectif ou dans ce que j'ai pu entendre en parlant avec des hommes.

Speaker: Ou « Ouais, ouais, moi, quand je suis énervé, je vais faire l'amour et ça me fait du bien.

Speaker: » Ou « Ah, si je suis triste, un bon petit moment avec ma femme, ça me fait oublier.

Speaker: » Moi, pas du tout.

Speaker: Je me reconnaissais dans absolument rien dans tout ça.

Speaker: Si moi, je suis triste, je fais ma vie de mon côté.

Speaker: Je ne peux pas, en fait.

Speaker: Donc, ça a été ces moments-là.

Speaker: Je sais que je me suis beaucoup, beaucoup posé de questions, encore une fois, sur...

Speaker: sur mon rôle d'homme, en fait, et de voir que j'étais peut-être pas vraiment un homme.

Speaker: Parce que je pouvais pas faire l'amour quand j'avais des émotions fortes qui me traversaient.

Speaker: Tu voulais pas te décharger, tu parlais de colère, et pour toi, décharger ta colère dans moi, c'était pas ta tête, quoi.

Speaker: C'est horrible, pas du tout.

Speaker: Pas du tout.

Speaker: Beaucoup trop de respect pour... pour toi, pour notre amour, pour notre relation, t'es pas ma poubelle, quoi.

Speaker: c'est pas ma poubelle émotionnelle pour moi c'est horrible de faire ça c'est quelque chose que j'arrive pas à conceptualiser surtout quand on est conscient des phénomènes énergétiques qui se passent quand on fait l'amour quand on fait l'amour on échange nos énergies

Speaker: Et donc toi, t'es très conscient de ça depuis toujours.

Speaker: Tu joues avec ton énergie depuis que t'es un tout petit garçon.

Speaker: T'as toujours cultivé cette relation avec ton énergie.

Speaker: Donc t'es très conscient de ce qui se passe.

Speaker: Ouais.

Speaker: Donc oui, pour moi, c'est juste pas faisable, en fait.

Speaker: Mais encore une fois, ça a été beaucoup de travail.

Speaker: D'accueillir, d'accepter ça, et de me dire que malgré tout ça, je reste quand même un homme.

Speaker: Hum...

Speaker: Et le plus gros creux qu'on a eu, qui a duré deux ans et demi, peut-être un peu plus même, ça a été quand je suis tombée enceinte de notre fille.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: C'est vrai que juste avant que je tombe enceinte, on avait une sexualité très active.

Speaker: On était beaucoup dans des jeux de soumission, de domination.

Speaker: On en parlera dans notre épisode parce que pour moi, c'est un sujet qui est très important.

Speaker: Qu'est-ce que la sexualité peut révéler sur soi?

Speaker: Comment ça peut être un espace très thérapeutique?

Speaker: et notamment dans cette polarité de on peut dire masculin-féminin mais on peut aussi dire soumission-domination on peut aussi dire actif-passif et on peut aussi dire accueil abandon et de prendre la place pour l'autre et donc du jour au lendemain chez moi il y a tout qui s'est arrêté

Speaker: le désir, plus du tout de désir.

Speaker: Et il y a un truc qui m'a fait un peu halluciner aussi, c'est que j'avais beau essayer toute seule, on avait beau essayer ensemble, mais l'orgasme qui pour moi, donc le pic orgasmique qui pour moi avant était le graal et j'étais même multi-orgasmique et tout ça, c'était fini quoi.

Speaker: Il y avait beau essayer l'orgasme,

Speaker: Et toutes les techniques qu'on connaissait et tout ce qu'on avait appliqué avant, ça ne marchait plus du tout.

Speaker: Fini.

Speaker: Et donc, j'ai été enceinte.

Speaker: Pendant que j'ai été enceinte, on a très très peu fait l'amour.

Speaker: Moi qui croyais que j'allais devenir une baraque d'affaires.

Speaker: Mais grave!

Speaker: Au travail, ils me disaient tous, tu vas voir, tu vas faire que du sexe et tout, elle va être chaude, bouillante et tout.

Speaker: Des mots de merde, mais c'était ce qui était dit.

Speaker: Et du coup, j'étais à « waouh, béo!

Speaker: » Eh ben non.

Speaker: Que dalle.

Speaker: Je me suis éteinte complètement.

Speaker: J'étais occupée à créer un être humain et ça a pris toute mon énergie sexuelle.

Speaker: Il y a des femmes pour qui ce n'est pas du tout comme ça.

Speaker: Il y a des femmes pour qui ça vient justement réveiller, mais pour moi, c'était l'inverse.

Speaker: Et puis, j'ai accouché.

Speaker: J'ai eu un accouchement traumatique, épisiotomie.

Speaker: Donc épisiotomie, on vient quand même mettre une lame et venir trancher au niveau du périnée, sachant que notre périnée c'est le socle de notre énergie sexuelle.

Speaker: Donc, j'avais des points de souture, ça me faisait mal, je sentais des tensions.

Speaker: À chaque fois que je touchais cette zone-là de mon corps, j'avais envie de pleurer.

Speaker: Je n'avais pas de désir, j'allaitais, je dormais avec le petit, je n'avais pas un pet d'énergie pour ça.

Speaker: Et je ne me sentais absolument pas femme, en fait.

Speaker: Je me sentais maman.

Speaker: J'avais l'impression que mes seins, ils étaient à mon fils.

Speaker: Après, j'ai découvert que ça pouvait…

Speaker: Mais il y a eu ça, et vraiment cet accès à l'orgasme que je connaissais, ce pic orgasmique, ce climax qui n'était plus possible.

Speaker: Et donc pour moi, dans ma tête, pendant ces dix années, la sexualité, elle était orientée, objectif, tournée vers l'orgasme, et quand même de la performance, quoi.

Speaker: Clairement.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et donc, on a appris plein de techniques, on a fait plein de trucs, mais là, ça ne marchait plus, quoi.

Speaker: Et donc, il y a eu un...

Speaker: Un gros vide.

Speaker: Comment tu l'as vécu, toi?

Speaker: Je l'ai vécu hyper mal.

Speaker: On parlait tout à l'heure.

Speaker: Je me rends compte que dans cette conversation, il y a beaucoup d'ego.

Speaker: En tout cas, moi, il y a beaucoup l'ego qui a dicté nos relations sexuelles, finalement.

Speaker: Parce qu'en t'écoutant et en me rappelant, je me souviens que, pour moi, avant que tu sois enceinte et tout, on avait atteint...

Speaker: j'avais atteint, je vais parler à la première personne j'avais atteint j'étais au top de ma performance tout ce que je faisais pour moi c'est moi qui faisais je savais que c'était un échange mais c'était moi le king t'avais le pouvoir grave j'étais chaud le petit Vincent de quelques années en arrière il était mort et là il y avait le grand Vincent tu vois

Speaker: Donc du coup, je me souviens que pendant cette période où du coup, il n'y a plus rien qui a fonctionné, de tout le savoir et l'expérience que j'avais acquis jusque-là, c'était mort, c'était fini.

Speaker: Donc du coup, je me suis retrouvé face à un vide, en fait, de merde, je suis heureux comme avant.

Speaker: Il n'y a plus rien qui marche, c'est de ma faute.

Speaker: Je ne sais plus faire.

Speaker: Tout en étant conscient que...

Speaker: C'était nous, il y avait ce truc-là, il n'y était plus en fait, pour toutes les raisons que tu as citées.

Speaker: Donc du coup, je l'ai ultra mal vécu.

Speaker: Et je me disais, mais attends, comment on va pouvoir continuer en fait?

Speaker: Si maintenant, on ne s'entend plus sexuellement, ça va être trop compliqué.

Speaker: Je ne sais pas si on va y arriver.

Speaker: Mais surtout que c'est à cette époque, au-delà du sexuel, le fait d'avoir un bébé qui arrive... C'est venu péter tout.

Speaker: Il y avait plein de sujets qui n'étaient pas évidents.

Speaker: Pour la majorité des couples, c'est ce qui se passe.

Speaker: S'il y a un enfant qui arrive, c'est une bombe.

Speaker: Et donc, en plus de ça... En plus de ça, sexuellement, on ne s'entendait plus.

Speaker: Enfin, on ne s'entendait plus.

Speaker: C'était pas ouf.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: Je ne voulais pas le dire.

Speaker: Mais ça ne me plaît pas.

Speaker: Tu peux le dire, t'inquiète.

Speaker: On ne s'entendait plus.

Speaker: Donc ça a été très très très compliqué à vivre.

Speaker: Et mon ego, encore une fois, il s'est fait défoncer en fait.

Speaker: Et j'avais plus de désir.

Speaker: Donc ce truc qui inconsciemment, je pense, venait nourrir aussi ton ego parce que tu te sentais désiré.

Speaker: Bien sûr.

Speaker: D'un coup, il n'y avait plus ça.

Speaker: Il n'y avait plus rien.

Speaker: Et je me retrouvais démuni, sans pouvoir.

Speaker: Je ne pouvais plus rien contrôler, je ne savais pas quoi faire en fait.

Speaker: J'étais face à un vide.

Speaker: Donc ça a été une période très très compliquée.

Speaker: Après de remettre les pendules à zéro, c'est souvent compliqué, j'ai l'impression quand même.

Speaker: Hyper bénéfique.

Speaker: Parce que des fois, il y a besoin de reset un peu le programme de manière à... Quand il est plus juste et de manière à reconstruire quelque chose de beau.

Speaker: On n'en a pas conscience sur le coup.

Speaker: Parce qu'on vit les émotions, qu'on vit tout un tas de choses qui sont dures et qui sont ultra inconfortables.

Speaker: C'est qu'après, on peut dire, putain, finalement, quand même, c'était une bonne période.

Speaker: Ça a été hyper bénéfique parce que regarde tout ce qu'on a pété et regarde tout ce qu'on a construit, en fait, aujourd'hui.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais sur le coup, tu le vis trop mal, je l'ai vécu trop mal.

Speaker: Il n'y a que maintenant que je dis merci.

Speaker: Franchement, c'était trop bien.

Speaker: Parce que notre sexualité d'aujourd'hui, c'est le jour et la nuit qu'on part à avant.

Speaker: Même si on a des petits moments où on repart sur nos petits délires d'avant, mais qui sont agrémentés de ce qu'on a vécu de la naissance de Lino jusqu'à aujourd'hui.

Speaker: Oui, et même ces dix dernières, enfin, peut-être, allez, vas-y, huit dernières années, même si notre sexualité a sexpensé, qu'on a une sexualité de malade, il y a aussi des creux!

Speaker: Il se passe des choses dans la vie qui font que, bah, des moments, non, et c'est pas le sujet, c'est pas ça, et...

Speaker: Et moi, j'ai vécu des choses aussi ces derniers temps, des remontées, plein de choses qui ont fait que, encore une fois, je ne me sentais plus femme, je ne me sentais plus à l'aise dans mon corps.

Speaker: Et donc, il a fallu que j'habite mon corps, que je l'investisse, que je fasse un travail de moi en moi, que je me ressente en sécurité dans mon corps déjà avec moi pour pouvoir me sentir en sécurité avec toi, même si tu joues un énorme rôle dans cette sécurité.

Speaker: Mais...

Speaker: La sexualité, ce n'est pas que comment je me sens de moi à l'autre, c'est aussi comment je me sens de moi à moi, comment je suis à l'aise dans ça, comment je peux m'autoriser, comment je me sens en sécurité, comment je me sens en confiance, comment je me sens proche de mon corps et comment je le sens en fait.

Speaker: Et...

Speaker: Et j'ai vraiment appris ça, que le sexe, ce n'est pas qu'un truc à deux, c'est quelque chose aussi, en tout cas pour moi, qui doit se cultiver de moi à moi, et pas que sexuel.

Speaker: Déjà, de m'autoriser à respirer dans mon corps, à sentir mon corps, à prendre du plaisir à manger une super glace, à sentir l'énergie bouger dans mon corps quand je danse, enfin, toutes ces choses-là, déjà de me sentir vivante de moi à moi, en fait.

Speaker: Et en fait, ce qui s'est passé au bout de ces deux ans et demi, c'est que j'avais plus de désir pour toi, j'avais plus de possibilité d'orgasme, mais ce qui m'a frappée, et c'est là où j'ai commencé à me rendre compte de...

Speaker: que la sexualité ce n'est pas quelque chose qui est à part de nous, c'est quelque chose qui est partie intégrante de notre être et qui est même la graine, qui est l'espace en dessous de tout, c'est-à-dire que notre sexualité est le reflet de comment on vit notre vie, et quand on transforme ce domaine de notre vie, ça vient transformer tous les autres domaines de notre vie.

Speaker: Et donc, je n'avais pas de désir, je n'avais pas d'orgasme, je n'éprouvais pas de plaisir.

Speaker: Et donc, c'était un reflet de ce qui se passait dans ma vie aussi.

Speaker: C'est-à-dire que je n'avais plus de désir pour les choses.

Speaker: J'étais dans un travail où je ne m'épanouissais plus du tout, où ça ne m'allait plus du tout.

Speaker: D'avoir ce style de maternage proximal avec notre fils m'a pris toute mon énergie.

Speaker: Je me suis...

Speaker: je me suis sacrifiée dans le rôle de maman et je m'y suis complètement perdue.

Speaker: Donc, c'est presque comme si la vie, elle n'avait plus de saveur, plus rien n'avait de sens, en fait.

Speaker: Et donc, j'ai décidé que j'allais investir ce domaine dans ma sexualité, que je n'allais pas laisser ce truc de côté, de me dire, ce n'est pas grave, je n'ai plus envie de sexe et donc je vais abandonner.

Speaker: Tu regardes, tout va bien, je n'ai pas de sexe, je ne suis pas morte.

Speaker: Mais que

Speaker: Oui, je n'avais plus d'orgasme et je n'avais plus de désir, mais c'est comme si dans ma vie, je me sentais moins vivante, moins vibrante, moins désirante pour tout en fait.

Speaker: Et donc, quand j'ai décidé de réinvestir ce domaine de la sexualité,

Speaker: c'était aussi pour me sentir vibrée, quoi.

Speaker: Pour sentir que les choses, elles avaient de la saveur, qu'il y avait du sens à la vie et que j'avais envie de croquer la vie à pleines dents.

Speaker: Alors que là, j'étais en train de me recroqueviller complètement sur moi-même et de me rendre compte que finalement,

Speaker: ma sexualité ne me convenait pas.

Speaker: Mais comme je disais, c'est aussi un reflet de notre vie parce que je vivais dans ma vie, ne me convenait pas en fait.

Speaker: Et qu'il y avait besoin de changement.

Speaker: Et donc c'est très intéressant comment le changement dans ma vie sexuelle et ce que j'ai investi a fait que j'ai aussi changé tellement de choses dans ma vie de tous les jours.

Speaker: Et c'est pour ça que dans mon accompagnement, l'intime, la sexualité me tient tellement à cœur.

Speaker: Parce que comme je dis tout le temps, ce n'est pas que du cul.

Speaker: C'est vraiment quelque chose, quand on l'investit, quand on le transforme, quand on se reconnecte à cette part de nous qui peut avoir un impact sur tout ce qu'on a fait, tout ce qu'on fait.

Speaker: Moi, j'ai changé de métier, je me suis formée.

Speaker: J'ai changé tellement de choses.

Speaker: Ma manière d'être mère, ma manière d'être dans mon couple, ma manière d'être avec mes amis.

Speaker: Bref, ça peut être un autre sujet où je peux vraiment rentrer en profondeur là-dedans et je pense que c'est très intéressant.

Speaker: Mais tout ça pour dire que tout ce qu'on avait fait jusqu'à présent, je me rendais bien compte que ce n'était plus possible.

Speaker: Il y a même des fois où on faisait la mouche, je pleurais quand on faisait des choses comme avant, mais je sentais que mon corps ne pouvait plus accueillir ces choses-là, que ce n'était plus juste.

Speaker: Toi, tu étais démunie.

Speaker: Complut.

Speaker: T'étais perdue, quoi.

Speaker: Tu savais plus t'oser.

Speaker: Il y a même des fois où je crois que tu n'osais même plus me toucher, en fait.

Speaker: Ouais, c'était ça.

Speaker: C'était ça.

Speaker: Je ne savais pas trop quoi faire.

Speaker: J'attendais que ça vienne de toi et que tu me guides.

Speaker: Mais même toi, tu ne savais pas ce que tu voulais.

Speaker: Donc, du coup, c'était le noir total.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et du coup, en t'écoutant, c'est vrai que ça me fait encore plus réaliser, même si je le savais, mais...

Speaker: C'est vrai qu'en changeant notre sexualité, en amenant quelque chose de nouveau, t'as changé un milliard de choses, en fait.

Speaker: T'as tout changé.

Speaker: Et je crois que la base, c'était à travers la sexualité, finalement.

Speaker: Ah ouais.

Speaker: Parce que je me souviens, vu que ça te faisait mal, que c'était compliqué, parce qu'on était vraiment... Avant ça...

Speaker: On était dans le show, quoi.

Speaker: Et le show, avec l'épisiotomie, avec tout un tas de trucs qu'il y a eu, le show qu'on faisait avant, le va-et-vient rapide, ça faisait mal, c'était un fait.

Speaker: Et même la pénétration.

Speaker: La pénétration, tout, toucher le tout, tout était sensible et du coup, ça ne marchait plus.

Speaker: Et je me souviens que tu étudiais, enfin, tu étudiais, tu lisais, tu étais ouverte, en fait, à d'autres manières de faire, finalement.

Speaker: J'ai étudié.

Speaker: Oui, j'ai étudié parce qu'en fait, pour moi, vu que tu lis tout le temps et que tu as tout le temps un bouquin dans les mains, pour moi, tu étudies du matin au soir, tous les jours de l'année.

Speaker: Parce que c'est même pas « tu lis », pour moi, c'est « t'étudie ».

Speaker: C'est pour ça que c'est « étudier » qui est sorti en premier.

Speaker: Mais c'est vraiment, voilà, en étudiant cette nouvelle manière de faire, que tu m'as amené, que tu m'as partagé, que j'ai eu du mal à accueillir, on verra si on en parle ou pas, mais c'était pas ça que je voulais dire de suite.

Speaker: Mais c'est en changeant, du coup, ta manière de vouloir aborder ta sexualité que j'ai l'impression que tout a commencé à changer dans ta vie.

Speaker: Oui, en fait, j'ai commencé à faire des recherches, j'ai découvert des trucs sur l'œuf de Yoni, parce que j'avais aussi des incontinences urinaires suite à cet accouchement traumatique.

Speaker: J'avais l'épisiotomie, donc je cherchais des solutions pour ça.

Speaker: Je suis tombée sur des domaines du slow sex, le tantra, le tao de la sexualité.

Speaker: Et j'ai commencé à m'intéresser à tous ces domaines-là et en fait à me dire « putain, là, il y a quelque chose ».

Speaker: Je sentais que quand je lisais ces trucs-là, il y avait un truc qui s'allumait à l'intérieur de moi.

Speaker: Et ce qui a été intéressant, c'est que quand j'ai commencé à t'en parler, tu t'es refermée comme une huître, quoi.

Speaker: Ok, je m'en souviens.

Speaker: Qu'est-ce qui s'est passé?

Speaker: Parce qu'on avait des visions différentes.

Speaker: Je ne sais pas si tu te rappelles.

Speaker: Bien sûr.

Speaker: On avait des visions différentes de ce que tu voulais amener.

Speaker: à cette époque, avec les mots, hein, enfin, c'était peut-être pas les mots exacts, mais c'était de ramener de la conscience, de la douceur, de prendre le temps, de...

Speaker: Mais il y avait vraiment cet espace de... de la conscience.

Speaker: La présence, oui.

Speaker: La présence et de la conscience.

Speaker: Et moi, je me suis vexé de ouf.

Speaker: Parce que... Parce que pour moi, on a déjà parlé.

Speaker: Ouais.

Speaker: On va sortir des dossiers aussi.

Speaker: Quand pour moi, une fessée, si je te mettais une fessée, je te mettais une fessée sacrée, en conscience, et avec plein de bienveillance et d'amour.

Speaker: Tu vois?

Speaker: Donc, du coup...

Speaker: Ce que tu me proposais, j'ai eu du mal à l'entendre et à l'accueillir pleinement parce que j'avais l'impression que c'était déjà ce que je faisais.

Speaker: Mais, donc du coup, moi je me suis concentré sur le fond et où je me suis braqué sur le fond.

Speaker: Alors que c'était juste la forme en fait que tu me parlais.

Speaker: C'était juste ça.

Speaker: Mais il n'y avait pas besoin, je n'étais pas devenu hyper nul ou quoi, c'était juste, il fallait juste changer de forme, mais je n'arrivais pas à le comprendre.

Speaker: ce truc-là.

Speaker: Moi, je l'ai pris comme un problème personnel de fond.

Speaker: Et du coup, je l'ai pris comme une attaque dans le sens où quand on fait l'amour, t'es pas présent, t'es pas conscient.

Speaker: Tu vois, tout ce genre de choses.

Speaker: Encore une fois, mon ego m'a fait me braquer.

Speaker: Et elle a dit, ah ouais, c'est bon, on fera plus rien en fait.

Speaker: C'est venu toucher la blessure du petit garçon qui n'en fait jamais assez.

Speaker: C'est ça.

Speaker: C'est ça que je porte.

Speaker: Qui n'est pas assez bien.

Speaker: Qui m'appartient bien.

Speaker: Donc...

Speaker: Donc, ouais, j'étais pleinement vexé à cette époque, braqué.

Speaker: Et en fait, ce que je me suis rendu compte après le temps, après moult discussions, c'est que c'est moi qui avais besoin de ça.

Speaker: Parce que toi, la présence, être là, être dans le moment présent, c'est ta vie.

Speaker: Tu fais ça depuis toujours.

Speaker: Tu es quelqu'un qui est très taureau en signe astrologique.

Speaker: Le taureau, il est très connecté au moment présent, à ses sensations.

Speaker: Tu es un petit garçon qui a toujours exploré son énergie, qui a joué avec son corps.

Speaker: Donc, tu as...

Speaker: toujours était là-dedans.

Speaker: C'est moi qui n'étais pas là-dedans.

Speaker: Je me suis rendu compte que finalement, pendant des années, j'ai été beaucoup dans le paraître, dans la performance.

Speaker: Et que finalement, oui, j'avais des orgasmes, mais je n'étais pas tant dans mon corps que ça.

Speaker: J'étais plutôt dans le...

Speaker: La recherche de l'orgasme, la recherche de la performance.

Speaker: Et donc, j'étais dans le futur en permanence.

Speaker: Dans quelle technique je vais pouvoir utiliser pour pouvoir le faire kiffer, pour qu'il ait un orgasme, pour que tout ça.

Speaker: Et j'étais concentrée sur l'objectif.

Speaker: Je n'étais pas concentrée sur ce qui se passait là, maintenant, tout de suite, à mener toute ma présence dans ces espaces du corps,

Speaker: que tu me caresses l'épaule, d'être dans mon épaule, de sentir ce qui est là, de ne pas penser à l'orgasme, de ne pas penser à tout ça, et de juste être là.

Speaker: Et donc, quand je te parlais de ça et que j'ai découvert ça, c'est ce que j'avais besoin, moi, en fait.

Speaker: Ouais.

Speaker: M'enfin, tu me parlais de tantra.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et pour moi, c'est... Parce que j'avais plein d'a priori sur le tantra, et du coup, je le voyais comme quelque chose de moche, tu vois, de sale par rapport à toutes mes croyances, et tout ce que...

Speaker: C'est-à-dire?

Speaker: Tout ce que j'avais pu entendre.

Speaker: Pour moi, le tantra, à l'époque, c'était un truc ou un prétexte pour que tout le monde couche avec tout le monde et que ce soit ok, spirituel.

Speaker: C'était un truc plein d'excuses pour faire tout un tas de choses que normalement, tu ne ferais pas, mais sous couverture de tantra et de spiritualité, tu t'autorisais à faire et c'était ok, c'était plein de bienveillants.

Speaker: Je le voyais comme ça.

Speaker: Tu parles des dérives.

Speaker: Des dérives, mais pour moi, c'était ça.

Speaker: J'associais le tantra aux dérives du tantra.

Speaker: Et c'est en faisant... Donc, du coup, tu me parlais de ça et pour moi, c'était mort.

Speaker: Je ne pouvais pas faire ça.

Speaker: Quand tu avais abordé ce mot tantra, pour moi, c'était mort parce que je l'associais trop à ça.

Speaker: Et c'est... Tu t'en rappelles après.

Speaker: C'est en faisant mon stage entre hommes, corps sacré, corps sauvage.

Speaker: organisée par trois merveilleux hommes.

Speaker: Je ne me souviens plus des noms de deux, mais Raphaël, donc du coup, je ne sais pas si je peux le dire, Raphaël Collignon, qui est un homme que j'aime d'amour, qui est sublime,

Speaker: et avec du coup dans ce stage où j'ai appris à me connecter à tout un tas de parts de moi mais il y a le tantra qui a été abordé et avec comme j'ai dit je ne me souviens plus de son prénom mais qui lui était spécialisé dans le tantra et du coup qui m'a expliqué ce que c'était le tantra et que c'était une philosophie et c'est rigolo parce que c'était vraiment à la fin du stage on n'en avait pas abordé et c'est parce qu'on s'est retrouvé tous les deux dans la voiture

Speaker: et qu'on a abordé ce sujet, je devais l'amener je ne sais plus où, il était en galère, bref.

Speaker: Je crois que tu as passé six heures dans la page.

Speaker: On a fait un détour de malade pour l'amener, ce n'était pas prévu du tout, mais la vie, elle avait prévu pour que je m'ouvre en fait au tantra.

Speaker: Et le fait de m'ouvrir à ça et de voir qu'en fait, c'est une philosophie de vie, le tantra qui est juste mettre de la conscience et de la présence dans tout ce que tu fais.

Speaker: de faire ta vaisselle, c'est hyper tantrique.

Speaker: Si tu sens l'eau, la mousse sur tes mains, que tu regardes la petite bulle qui va se faire, le petit arc-en-ciel, tu sais, la petite tâche de pétrole qui se dessine sur la bulle du Pec-Citron, pour pas citer de marque.

Speaker: Sponsorisé par Pec-Citron, big up.

Speaker: Non, c'est pas vrai, c'est pas vrai.

Speaker: On l'enlèvera, ou pas.

Speaker: Et...

Speaker: Et du coup, c'est voilà, en discutant de tout ce qui était vraiment le tantra dans l'histoire et tout ça, que je me suis ouvert, en fait, à ce mot qui m'a permis de m'ouvrir à toi et de capter, en fait, d'où tu venais, en fait, quel était ton désir profond et quelle était ton envie profonde.

Speaker: Et ça a tout changé, en fait.

Speaker: Cette discussion-là, elle a tout changé parce que le fait, pour moi, d'avoir compris

Speaker: Ce que c'était.

Speaker: Et du coup, je me souviens, je me disais, attends, mais c'est trop wham, quoi.

Speaker: C'est trop ce que je fais tout le temps.

Speaker: Enfin, je suis comme ça tout le temps, mais c'est ma vie, le tantra.

Speaker: Tantrique de base, t'as pas besoin de formation de tantra, toi, tu es de base.

Speaker: C'était exact.

Speaker: Donc, en fait, je me suis apaisé.

Speaker: Et ça a mis tranquille mon égo, dans le sens où je me suis dit, ah, mais tout va bien, en fait.

Speaker: Je suis pas pourri, je suis pas...

Speaker: C'est ça le contrat?

Speaker: Mais c'est trop facile.

Speaker: Ok, on va continuer à être moi.

Speaker: Mais ça m'a permis de m'ouvrir vraiment à toi.

Speaker: Et on a eu une magnifique discussion en retour.

Speaker: C'était plein d'émotions, avec des larmes, et c'était vraiment beau pour dire ça y est, je te vois en fait.

Speaker: je suis plus derrière les filtres de mon ego et de toutes les injonctions de l'homme que j'ai pu me créer enfin que j'ai entendu et qui ont créé toutes ces parts de moi maintenant je peux enfin te voir librement et me voir par la même occasion donc c'était juste gigantesque en fait et ça a tout changé

Speaker: Je me rappelle quand tu es revenue et que tu m'as parlé de tout ce que tu avais compris et que tu avais capté ce qu'il y avait derrière mes mots.

Speaker: Qu'est-ce que ça m'a touchée?

Speaker: Je me suis sentie accueillie, je me suis sentie normale parce que jusqu'à présent, je me disais que j'avais un problème, je n'étais pas normale parce que suite à ces discussions, tu ne voulais même plus me toucher.

Speaker: Donc, il n'y avait plus de rapport entre nous, il y avait un espèce de froid.

Speaker: Ça a duré quelques mois quand même.

Speaker: Et...

Speaker: Et de comprendre moi aussi que finalement, toi tu as toujours été présent, tu as toujours été là, tu as toujours mis de l'amour dans chacun de tes gestes, tu as toujours amené de la conscience dans tout, tu as toujours été profondément connectée dans l'amour et que finalement, c'était moi qui étais déconnectée de ça, même s'il y avait beaucoup d'amour dans nos rapports.

Speaker: mais que j'étais beaucoup, comme je disais avant, dans le paraître, dans « qu'est-ce qui va attendre de moi?

Speaker: » « J'ai vu dans tel film ou dans tel machin qu'il faut faire comme ça, donc je vais faire comme ça, à faire attention à ma posture, que je n'ai pas des bourrelets qui dépassent, à vraiment croire que

Speaker: la sensualité et l'érotisme, c'était quelque chose qui venait de l'extérieur et que moi, je devais l'attiser et que c'est comme ça que toi, tu serais content.

Speaker: Et j'ai découvert en fait que non, moi, j'étais ma propre source de sensualité et d'érotisme, que tout ça, ça venait à l'intérieur de moi quand je pouvais m'y connecter, quand je pouvais être présente dans mon corps plutôt que de penser à l'objectif ou de vouloir comment dire?

Speaker: Réveiller quelque chose chez toi.

Speaker: Enfin, bref.

Speaker: En fait, moi, j'avais vécu cet accouchement traumatique.

Speaker: Il y a eu plein de trucs.

Speaker: Et j'avais besoin de douceur.

Speaker: J'avais besoin de lenteur.

Speaker: J'avais besoin d'amour.

Speaker: J'avais besoin de connexion.

Speaker: J'avais besoin de me réapproprier mon corps.

Speaker: Et donc, je pense que c'est pour ça que ça m'a parlé comme ça, cet univers du slow sex, du tantra, du Tao.

Speaker: C'est que ça parlait de choses que j'avais profondément besoin à ce moment-là.

Speaker: Et donc, on a commencé à explorer différemment.

Speaker: Et en fait, ce qui a été très intéressant, c'est que, je ne sais pas si on se les dit vraiment...

Speaker: Mais il y a eu un truc de, bon allez, on jette tout à la poubelle, on repart de zéro, on part d'une page blanche, même si ça fait plus de dix ans qu'on est ensemble.

Speaker: On oublie, on oublie nos acquis et on va repartir dans cette mentalité qui nous a beaucoup accompagnés, qui est « on va explorer ».

Speaker: on va aller à l'écoute des corps, on va voir ce qui se réveille, on va voir ce qui est bon, ce qui n'est pas bon, on va recontinuer à débriefer, on va continuer à en parler.

Speaker: Et aussi, moi, je me suis beaucoup formée dans ces moments-là, donc j'ai appris plein de choses, j'ai appris à inclure la respiration, à inclure le mouvement, à réveiller le son, à faire circuler mon énergie, à la faire circuler ensemble l'un avec l'autre, et à découvrir des horizons orgasmiques de plaisir, de connexion et de profondeur

Speaker: que j'aurais même pas pu imaginer qui existent, même dans mes rêves les plus profonds.

Speaker: J'ai envie de soulever tout ça, tout ce que tu viens de partager, tout ce qu'on partage.

Speaker: C'est possible parce que tu t'es sentie accueillie.

Speaker: Tu vois?

Speaker: Et en fait, j'ai envie vraiment de mettre le doigt et l'importance du mot « accueillir l'autre », en fait.

Speaker: Enfin, du mot « accueillir », mais d'accueillir l'autre et de s'accueillir soit tel qu'on est, avec nos besoins changeants, avec nos envies changeantes, avec nos corps changeants, avec notre mentalité changeante, avec nos émotions changeantes, avec tout ce qui peut changer constamment dans notre vie, en fait, à chaque instant.

Speaker: Et pour moi, tout ça, c'est possible parce qu'on s'accueille.

Speaker: et d'accueillir la personne telle qu'elle est avec tout ce que je viens de citer, en fait, ça permet de lâcher tellement de choses, en fait, et d'ouvrir tout un tas de portes.

Speaker: Le fait que tu te sentes accueilli a permis que tu ouvres tout ça.

Speaker: Et notre sexualité derrière s'en est retrouvée plus grande.

Speaker: Comment tu définirais ou expliquerais le fait d'accueillir quelqu'un?

Speaker: Comment on accueille pleinement quelqu'un?

Speaker: personnellement, et je crois que je l'ai dit 300 fois ce mot dans ce podcast, c'est bon, on met de côté l'ego deux secondes en fait.

Speaker: Oui, l'ego, il est très bien, il va te protéger, il va te faire tout un tas de trucs qui sont vraiment top, mais juste, merci ego, mets-toi assis à côté, viens en écoute deux secondes, on donne le bâton de parole à la personne en face de moi, on l'écoute,

Speaker: Et on discute après tous les deux.

Speaker: Mais bien, on ne réagit pas de suite, en fait.

Speaker: Donc, pour moi, accueillir une personne, c'est mettre de côté son ego deux minutes, de mettre de côté toutes ses blessures et juste d'écouter la personne.

Speaker: Après,

Speaker: Il y a la notion d'empathie aussi dedans.

Speaker: C'est juste de, pendant deux minutes, force-toi, si ce n'est pas quelque chose que tu as l'habitude, à te mettre dans les chaussures de l'autre, à porter ses lunettes.

Speaker: Force-toi, essaye, oublie-toi deux secondes

Speaker: tout va bien, tu ne vas pas mourir.

Speaker: Oublie-toi deux secondes, écoute ce que la personne dit et essaye de voir sa vision des choses.

Speaker: C'est un exercice de ouf, ce n'est pas facile tout le temps.

Speaker: Parce que si on est mal luné, moi, si je suis mal luné, des fois, je n'ai pas envie.

Speaker: Je suis fatigué, je n'ai pas envie.

Speaker: Je m'en fous de toi, c'est moi.

Speaker: Et c'est OK d'être OK aussi avec ça.

Speaker: Donc pour moi, d'accueillir quelqu'un, c'est vraiment tout ça, en fait.

Speaker: Et de « mets-toi de côté deux minutes, mets-toi dans ces pompes et vois ce qui se passe, en fait.

Speaker: » Essaye de ressentir ce qu'il ressent.

Speaker: Et quand tu ressens ce que la personne ressent ou que tu essayes de ressentir ou que tu essayes de comprendre, de mentaliser ce que la personne ressent, il n'y a rien de personnel, en fait.

Speaker: C'est juste que la personne, c'est elle est comme toi, c'est un enfant blessé, c'est quelqu'un qui est changeant, qui est tout ça et qui l'exprime, tout simplement.

Speaker: Et c'est d'écouter pas pour répondre.

Speaker: Non.

Speaker: C'est d'écouter pour vraiment être intéressé de « ok, mais d'où tu viens?

Speaker: » Exactement.

Speaker: « Comment tu vois les choses?

Speaker: Qu'est-ce qui se passe pour toi?

Speaker: » Et de juste écouter ça.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Eh bien, mon amour, ça fait 1h20 que nous discutons.

Speaker: Sérieux?

Speaker: Ah ouais!

Speaker: C'est génial.

Speaker: Au début, je disais, je suis fatigué, je ne suis pas chaud.

Speaker: En fait, là, on peut continuer pendant une heure 20, si tu veux.

Speaker: On ne le fera pas.

Speaker: Pendant très longtemps, mais on va s'arrêter là.

Speaker: Et je pense que c'est une bonne introduction à l'évolution au fil des années.

Speaker: Et de ce qui peut se passer, des hauts, des bas, des creux, des...

Speaker: des révélations, des expansions, des extases.

Speaker: Bref, on pourra plonger dans ces sujets beaucoup plus en détail dans les prochains épisodes.

Speaker: Là, mon envie, c'était pour ces deux premiers épisodes d'avoir une vision un peu généraliste sur le couple et sur la sexualité au fil des années et après, dans les épisodes prochains, de plonger beaucoup plus en profondeur dans certains sujets.

Speaker: Donc, j'espère que ça vous a plu, tout ça.

Speaker: Je veux juste rajouter des trucs, vite fait.

Speaker: Vas-y.

Speaker: C'est des messages persos.

Speaker: Je te parle.

Speaker: Non, ce n'est pas un message personnel pour moi.

Speaker: Je voulais dire à Carlito, mon beau-frère d'amour, quand tu vas écouter, tu as vu, j'ai essayé de faire un effort à ne pas trop dire « tu vois ».

Speaker: Je ne sais pas si j'y suis arrivé.

Speaker: Donc, j'espère que tu vas le souligner, le soulever si tu l'as remarqué, que tu me feras part de ton retour.

Speaker: Et je voulais faire un big up avec Citron aussi.

Speaker: Je vais remercier profondément.

Speaker: Pour les bulles et les arcs-en-ciel.

Speaker: C'est tous ces moments tant qu'il faut faire la vaisselle.

Speaker: Ouais, voilà.

Speaker: C'était juste pour rien dire en fait.

Speaker: C'est important de rien dire.

Speaker: C'est très important de rien dire des fois.

Speaker: Donc, si ça vous a plu, n'hésitez pas à commenter.

Speaker: Si vous avez envie de nous poser vos questions, de vraiment nous dire sur quoi vous aimeriez, de quoi vous aimeriez qu'on parle, quel sujet vous aimeriez qu'on aborde, de partager avec vos amis si vous avez l'impression que ça peut être utile à d'autres personnes ou que... de partager à votre chérie, à votre... Enfin, chérie, I, I, E, tous les... Voilà, enfin, voilà.

Speaker: I, E, S, I, S. Vos, chérie.

Speaker: toutes les variantes de chéries possibles.

Speaker: Et on vous remercie pour votre écoute.

Speaker: Merci beaucoup, beaucoup d'être là, d'être encore là au bout d'une heure vingt-deux.

Speaker: Et merci, mon amour, pour ce beau moment.

Speaker: Merci à toi, c'était trop cool.

Speaker: Comme d'hab.

Speaker: Eh bien, on vous fait des gros bisous.

Speaker: Et à tout bientôt.

Speaker

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