Zencastr
00:00:00
00:00:01
Speed1x
Format▸
Share
Embed
Report

ÉVÈNEMENT | PÉCHERESSES - Léonie Dahan Lamort, Lou Seriot & Charlotte Sanson

Représentrans Le Podcast
Représentrans Le Podcast

199 plays · Mar 5, 2026

Transcript

Speaker: Bonjour et bienvenue sur Représentrance, le podcast, une émission sur les représentations transgenres dans la culture.

Speaker: Ce podcast, c'est tout un tas d'épisodes d'analyse, de témoignages et d'interviews sur la représentation trans.

Speaker: Et aujourd'hui, c'est un cas bien spécial, car on va parler de Pêcheresse, une super série qui sort le 3 mars 2026 sur CinePlus OCS.

Speaker: Je suis Tadeo Escalante, scénariste, réalisateur et président de Représentrance.

Speaker: Et aujourd'hui, je suis avec les Pêcheresses.

Speaker: Bonjour!

Speaker: Salut!

Speaker: Ça va?

Speaker: Ça va?

Speaker: Vous allez bien?

Speaker: Avant de rentrer dans le vif du péché, un petit point sur notre association Représent Trans œuvre pour une meilleure représentation trans et plus d'inclusion dans le secteur culturel.

Speaker: On propose des annuaires d'acteuristes trans, on forme les professionnels et on accompagne les projets culturels.

Speaker: Depuis 2024, il y a même une bourse pour le court-métrage, mais allez voir tout ça sur le site représententrans.fr.

Speaker: Pêcheresse donc, c'est écrit et réalisé par Charlotte Samson.

Speaker: C'est l'histoire de Cassidy, rebelle de 17 ans qui se fait virer de la caravane familiale pour avoir posté des vidéos sur un site de Camgirl alors qu'elle était encore mineure.

Speaker: Sa mère l'inscrit dans un internat catholique pour la punir.

Speaker: Pour la première fois,

Speaker: Cassidy va se faire de vrais amis mais aussi renouer avec la religion, tomber amoureuse d'une aspirante novice, faire entrer un garçon dans le foyer et surtout installer la fibre ouvrant la boîte de Pandore internet.

Speaker: Au casting, on retrouve Leonida en la mort dans le rôle de Cassidy et Lucerio dans celui de Juliette.

Speaker: Aux côtés d'une flopée d'autres personnages interprétés notamment par Rita Benmanana,

Speaker: Ninon François, Sonny Ebony et Mireille Herbstmeyer.

Speaker: Merci beaucoup d'être là.

Speaker: On va parler de queerness et de transidentité aujourd'hui.

Speaker: Donc, avant de commencer, je vais vous demander de vous situer sur le spectre de la queerness.

Speaker: C'est une manière aussi de se présenter.

Speaker: Donc, sentez-vous l'idée de dire quoi que ce soit.

Speaker: On commence par Charlotte.

Speaker: Ok, donc bonjour, je suis Charlotte Sanson, créatrice et réalisatrice de la série.

Speaker: Moi, je suis une femme cis, je suis scénariste et réalisatrice depuis une quinzaine d'années et j'ai un rapport au genre, je pense, assez contrarié depuis mon adolescence.

Speaker: Donc c'est plus quelque chose que j'ai exploré par la fiction et par mes travaux universitaires que dans la vraie vie.

Speaker: Mais je pense que c'est des questions qui m'ont toujours beaucoup agitée, donc je suis ravie d'en parler avec des personnes très concernées aujourd'hui.

Speaker: Voilà.

Speaker: Alors bonjour, je m'appelle Lou Sarriot, je suis actrice, j'interprète le rôle de Juliette dans la série Pêcheresse et je suis aussi mannequin.

Speaker: Je suis une femme trans et voilà.

Speaker: Merci et à toi Léo.

Speaker: Bonjour, moi je suis Léo Leonida en la mort, donc j'interprète Cassidy, je suis affable et je suis non-binaire et c'est la première fois que j'en parle ouvertement.

Speaker: Je suis mi-stressée, mi-trépière et je suis comédieraine.

Speaker: Merci pour ce coming out du coup chez nous, je me sens un peu privilégié là, merci beaucoup.

Speaker: Merci pour ces présentations, comme le pitch, l'équipe était très queer, je dois le dire, et c'est mon moment égotrip.

Speaker: Parce que j'ai eu la chance de réaliser quelques images pour les pécheresses et pour toi Charlotte.

Speaker: Merci d'ailleurs pour cette expérience.

Speaker: Et donc je me porte un peu témoin de la queeritude de cette équipe.

Speaker: Peut-être qu'on peut en parler un petit peu.

Speaker: Est-ce que, bon non, je ne sais pas, je ne pense pas que c'était volontaire en mode vous êtes allé recruter les queer.

Speaker: Mais comment ça se fait?

Speaker: C'est rare quand même un si gros plateau queer?

Speaker: C'était pas un hasard.

Speaker: Tous les gens que j'ai recrutés, c'est que des gens déjà de très grands talents, avant d'être queer.

Speaker: Mais par ailleurs, beaucoup de gens queer de grands talents parmi le monde du cinéma et du visuel.

Speaker: Moi, je travaille aussi beaucoup, comme c'était ma toute première réalisation, j'ai aussi voulu travailler avec des amis.

Speaker: C'est aussi des gens qui sont dans mon entourage.

Speaker: J'étais vraiment entourée de gens très politisés et très enthousiastes à l'idée de soutenir

Speaker: Une série qui porte des valeurs, qui les touche.

Speaker: Lou, il me semble que c'était ton premier rôle.

Speaker: Ouais.

Speaker: Donc je ne peux pas te poser la question de est-ce que tu as déjà vu un plateau aussi queer?

Speaker: J'ai vu un deuxième plateau, c'était pas aussi queer.

Speaker: C'est beaucoup d'hommes.

Speaker: Tu peux nous dire ce que c'est?

Speaker: C'est Couture d'Alice Winokour.

Speaker: Après La Réal, c'était une femme quand même.

Speaker: Et toi, Lou, est-ce que tu as déjà vu un plateau aussi queer?

Speaker: Non, jamais.

Speaker: Effectivement, le sentiment de sécurité qui en découle est assez incroyable et addictif.

Speaker: On aurait envie que tous les plateaux soient comme ça ensuite.

Speaker: Mais déjà, c'était très rassurant, cette volonté de vouloir créer une équipe presque en non-mixité choisie.

Speaker: Et en fait, c'est génial de voir que quand tu fais ça, ça met aussi en lumière le travail de personnes queer.

Speaker: Et...

Speaker: Et ouais, c'était trop génial, c'était trop bien.

Speaker: Trop bien.

Speaker: Donc après l'équipe, tu voulais rajouter quelque chose Charlotte?

Speaker: Je voulais juste rajouter un petit truc, c'est que comme on tournait dans un ancien monastère qui est déjà un lieu non mixte par essence, que la série parle de non mixité puisque c'est un foyer de jeunes filles qui est donc réservé aux jeunes femmes, je trouvais ça hyper logique aussi d'essayer de privilégier des techniciennes quand c'était possible.

Speaker: Parfois les emplois du temps et tout ont fait qu'on n'était pas une parfaite non mixité.

Speaker: Mais par exemple sur l'équipe son, je trouvais ça important que ce soit des femmes parce que c'est elles qui allaient se retrouver à équiper toute une équipe de jeunes comédiennes

Speaker: Et je trouvais qu'il y avait un truc, effectivement, comme vient de le dire Léo, de sécurité, en fait, aussi.

Speaker: Alors, je ne dis pas que j'étais en maîtrise de tout non plus sur... Enfin, voilà, j'ai voulu exclure personne, etc.

Speaker: Mais j'avais quand même une intention de recruter plutôt des femmes, quand même, en priorité sur ce projet, quoi.

Speaker: Tant que tu as le micro, Charlotte, est-ce que tu peux nous raconter d'où vient l'idée de pêcheresse, les débuts?

Speaker: Alors c'est un projet qui m'habite depuis très longtemps puisque c'est mon tout premier projet en tant que scénariste.

Speaker: J'ai commencé à le concevoir il y a maintenant 15 ans, ce qui est quand même énorme quand on y pense.

Speaker: Et je me suis vraiment accrochée à ce projet parce que tout simplement, des foyers de jeunes filles comme ça, c'est un lieu que j'ai très bien connu puisque j'y ai moi-même vécu quand j'étais très jeune étudiante.

Speaker: J'ai des souvenirs assez incroyables.

Speaker: Et surtout, moi, c'est la seule fois de ma vie, je crois, où j'ai été aussi longtemps en non-mixité.

Speaker: Et j'ai trouvé ça vraiment génial comme expérience.

Speaker: Et c'était, à travers ce projet, l'occasion de raconter ça et de montrer quelque chose de très trans-classe, puisque c'est aussi un lieu de grande mixité sociale, ce que j'ai essayé de retranscrire un petit peu dans la série, et transgénérationnel, puisque c'est non-mixe.

Speaker: Mais par contre, les bonnes sœurs sont souvent très âgées et elles cohabitent avec des jeunes filles qui ont plutôt entre 17 et 25 ans, quoi.

Speaker: Donc à la fois, l'arène me semblait génial, moi j'y avais des souvenirs personnels hyper forts, et ça me paraissait un lieu qui pouvait être modernisé, et ça on en parlera, mais voilà, j'ai aussi insufflé dedans des problématiques plus actuelles.

Speaker: Quel type de problématiques?

Speaker: Par exemple, le rapport à Internet, qui n'existait pas à mon époque, car je suis vieille.

Speaker: Nous, on avait une cabine téléphonique, pour vous dire le degré de technologie, voilà.

Speaker: En gros, comme je voulais que le projet se passe aujourd'hui, j'ai voulu inclure le rapport à Internet parce que ça me paraissait vraiment difficile de parler de la génération des vintenaires d'aujourd'hui sans inclure cette dimension de leur vie qui est quand même importante.

Speaker: Et aussi parce qu'entre-temps, à cause du confinement, j'étais moi-même tombée dans Twitch en tant que spectatrice.

Speaker: Et c'est un truc que j'avais envie d'inclure dans la série parce que, esthétiquement, je trouvais ça génial, ce régime d'images avec les chats qui défilent, les subs qui popent à l'écran, etc.

Speaker: J'avais hyper envie de travailler ça aussi sous l'axe esthétique.

Speaker: Et donc c'est une autre époque, certes, mais du coup, est-ce que tu dirais que Cassidy, c'est toi ou est-ce que tu te retrouves un peu dans chaque personnage?

Speaker: Alors j'ai mis de moi et de mes amis proches dans un peu les quatre personnages principaux et même dans certains rôles secondaires aussi.

Speaker: Après, c'est sûr que Cassidy, ça reste un peu mon alter ego maléfique, clairement, personnage principal.

Speaker: Léo, c'était comment de travailler avec Charlotte et d'incarner justement ce rôle qui est très spécial pour elle?

Speaker: C'était vraiment passionnant à faire.

Speaker: Moi, le scénario m'a beaucoup touchée, d'autant que j'ai pu être un peu une Cassidy aussi dans mon adolescence.

Speaker: Donc j'étais hyper heureux de pouvoir représenter à la fois cette partie de moi, ce personnage, ce bout de vie de Charlotte aussi.

Speaker: C'était vraiment très fort.

Speaker: Et je n'ai pas senti dès le début, parce qu'on pourrait ressentir un poids à l'idée de représenter quelqu'un qui existe encore et qu'on a envie de faire au mieux.

Speaker: Mais en fait, c'est plus en passant du temps avec Charlotte qu'on était en mode, on partage un cerveau.

Speaker: C'est étonnant cette histoire.

Speaker: Et donc, j'ai plus tard compris un peu plus son choix en casting.

Speaker: Mais moi, au début, c'était plus le projet incroyable.

Speaker: On me le propose, mais go quoi.

Speaker: C'était en casting plus que tu t'es... Enfin, après le casting que tu t'es posé, que tu as appréhendé ce côté-là un peu.

Speaker: Je ne sais pas si on peut dire autobiographique ou c'est trop fort pour Cassidy?

Speaker: Autobiographique, c'est un peu gros parce qu'il y a beaucoup de choses qui sont... Enfin, j'ai jamais été Camgirl, par exemple.

Speaker: Il y a quand même beaucoup de choses qui sont rajoutées pour la fiction et faire un personnage beaucoup plus flamboyant que je ne suis moi dans la vie.

Speaker: Et pareil, j'ai mis de moins un peu dans les autres personnages aussi.

Speaker: Autobiographique, c'est un bien grand mot.

Speaker: Après, pour moi, de toute façon, toutes les premières œuvres, que ce soit une première série, un premier long, etc., souvent quand même, l'auteur ou l'autrice va mettre énormément de lui ou elle dans le personnage principal.

Speaker: Donc, pour moi, ce n'est pas très différent sur Pêcheresse que sur une autre première œuvre, en fait.

Speaker: Oui, parce qu'on ne l'a pas précisé, c'est vrai, mais c'est la première que tu as écrite, mais entre-temps, tu en as fait plein, en fait.

Speaker: Et là, par contre, c'est ta première réalisation, parce que jusqu'ici, tu étais surtout scénariste.

Speaker: Oui, c'est ça.

Speaker: Et puis c'est surtout mon œuvre la plus personnelle à ce jour, puisque tous les autres projets sur lesquels j'ai travaillé, c'était toujours des adaptations, des commandes ou alors des co-écritures vraiment en room avec pas mal d'auteurs et d'autrices.

Speaker: Donc là, c'est vrai que j'ai à la fois écrit et réalisé, à part l'épisode 5 qui est co-écrit avec Frédéric Rosset, qui est un co-auteur régulier.

Speaker: Mais du coup, évidemment, j'ai mis beaucoup plus de moi et...

Speaker: Et pas que de moi d'ailleurs, mes amis proches, quand il et elle verront la série, ils vont reconnaître beaucoup de choses.

Speaker: Loup, c'était comment de jouer Juliette?

Speaker: Parce qu'on n'a pas trop présenté Juliette, d'ailleurs, si tu peux présenter un peu ce personnage et son histoire.

Speaker: Alors, Juliette, c'est une sorte de nerd, on va dire, qui, du coup, subit des violences de la part de son père et qui va fuir son domicile familial pour aller rejoindre Malika, sa meuf, dans le pensionnat.

Speaker: Et du coup, Juliette, c'est Gaspard au début...

Speaker: Du coup, elle va s'infiltrer dans le pensionnat en prenant l'identité de Juliette et puis ensuite va se découvrir au travers de cette identité.

Speaker: Avec le regard bienveillant et être entourée par des personnes enfin qui lui permettent de s'exprimer, elle va pouvoir découvrir son identité et se rendre compte qu'elle est trans.

Speaker: Tu l'as dit, il y a la découverte, donc ce qui implique que tu as dû jouer une partie du rôle en tant que garçon, te grimer en tant que garçon.

Speaker: Comment c'était de faire ça?

Speaker: Alors c'était assez difficile honnêtement parce que surtout c'était au tout début de ma transition, ça faisait quelques mois que j'avais vraiment commencé ma transition donc c'était une période où j'étais hyper dysphorique et du coup j'ai essayé un petit peu de prouver ma féminité.

Speaker: Du coup, c'était quand même un gros retour en arrière pour moi et c'était assez compliqué à jouer.

Speaker: Mais en vrai, grâce à Charlotte et à Catherine, ça a été beaucoup plus facile parce que déjà, Charlotte, t'as quand même beaucoup adapté le rôle après m'avoir choisie.

Speaker: Donc, t'as rendu la chose beaucoup plus facile à jouer pour moi.

Speaker: Et après, j'ai pu un petit peu vraiment me détacher de...

Speaker: Moi et juste trouver le personnage de Gaspard.

Speaker: Donc on a commencé par travailler sur ma voix, trouver du coup le style vestimentaire de Gaspard.

Speaker: Je me sentais pas inconfortable, c'était pas moi, mais je me sentais pas vraiment inconfortable.

Speaker: En soi, je pourrais m'habiller comme Gaspard, juste je mettrais peut-être pas un bonnet pour cacher mes cheveux.

Speaker: Et du coup, on a vraiment travaillé sur...

Speaker: comment marcher, comment parler et comment rendre ce personnage crédible.

Speaker: Et après, on a vraiment fait évoluer cette base vers mon naturel au fur et à mesure de la série.

Speaker: Donc ça, c'était aussi un petit peu compliqué d'adapter le curseur parce qu'en six épisodes, créer cette transition et la rendre crédible, il fallait quand même être juste.

Speaker: Et en vrai, je trouve qu'on s'est quand même pas mal débrouillés.

Speaker: Oui, moi, c'était une de mes plus grandes craintes avant et pendant le tournage.

Speaker: Parce que... Bon, alors, il faut savoir que des tournages OCS comme ça, c'est des tournages qui vont très vite parce qu'on a très peu de moyens.

Speaker: On est plus proche d'un budget de court-métrage pour chaque épisode que d'un budget de séries classiques.

Speaker: Donc, tout va très vite.

Speaker: Et en plus, comme c'était la fin d'OCS à l'ancienne avant le rachat par Canal+, on a su, dès le départ, qu'on aurait que 6 épisodes à la place de 10.

Speaker: Ce qui était d'habitude le format traditionnel.

Speaker: Et c'est vrai que moi j'avais écrit à la base pour 10 épisodes.

Speaker: Donc c'était un trajet qui aurait dû prendre plus de temps et se déployer sur plus d'épisodes.

Speaker: Et moi c'était vraiment une de mes craintes quand j'ai dû tout ramasser sur 6 épisodes.

Speaker: J'avais peur que sur ce personnage on soit moins juste quoi.

Speaker: Et que ça aille très vite.

Speaker: Et par ailleurs, comme en prépa, évidemment, on se retrouve des fois à couper des scènes parce qu'on sait qu'on va manquer de temps et qu'il faut aller près du plan de travail pour que ce soit faisable.

Speaker: Dès qu'il y avait une scène qui était un peu grignotée sur ce personnage, j'avais toujours peur qu'on se mette à perdre en justesse.

Speaker: Et moi, c'était vraiment une de mes grosses craintes vis-à-vis du public concerné, en fait, d'être entre guillemets mal représenté si ça allait trop vite.

Speaker: Et il y avait un autre enjeu du côté du personnage de Gaspard au tout début de la série, c'est que par ailleurs il fallait aussi qu'on croit à l'histoire d'amour avec Malika, qui est interprétée par Rita Benmanana.

Speaker: Donc il y avait un peu ce double enjeu de à la fois croire à ce couple et que ce personnage, son évolution puisse avoir l'air fluide.

Speaker: Et là, là-dessus, c'était vraiment un travail collaboratif avec Lou, puisqu'elle a énormément amené au rôle.

Speaker: Moi, je l'ai aussi un peu réécrit à partir du moment où on a su que c'était Lou qui le ferait.

Speaker: Et on a pas mal échangé aussi autour de la justesse, autour du personnage.

Speaker: Moi, j'ai essayé de me caler aussi sur ce qui semblait fonctionner aussi pour elle, quoi.

Speaker: Après, c'est vrai qu'il y a la réalité du tournage aussi, où on ne le sait pas forcément du côté du grand public, mais une série comme ça, et même toutes les séries, c'est toujours ce qu'on appelle cross-border.

Speaker: Donc ça veut dire qu'on tourne les scènes dans le désordre.

Speaker: Donc ce qui était très dur pour Lou, et merci encore d'avoir accepté ce défi, c'était qu'on passait de scène Gaspard à des scènes Juliette, des fois avec seulement le temps de se changer au milieu.

Speaker: Et c'est vrai que pour une jeune comédienne comme ça, le...

Speaker: Le défi est quand même énorme et moi c'est vrai que j'avais toujours un peu peur que ça la mette mal.

Speaker: Heureusement toute la team de comédiennes était hyper bienveillante entre elles, elles ont beaucoup répété toutes les quatre comédiennes principales et du coup je pense qu'il y avait quand même pas mal de soutien et de bienveillance.

Speaker: Oui, je pense que vraiment le fait que l'équipe soit hyper bienveillante et quand même pas mal queer et que des femmes, ça m'a mise en confiance et je ne me suis pas tellement sentie dysphorique, même en étant grimée en garçon, parce que je me sentais vue comme j'étais.

Speaker: Du coup, je ne me ressinkais pas...

Speaker: mon apparence ou ce qui se passe, c'était plutôt en prévision de la série, c'était plutôt avant le tournage que du coup j'étais un petit peu dans ma tête, je me disais « alors est-ce que je vais y arriver?

Speaker: Est-ce que ça va bien se passer?

Speaker: Est-ce que je vais réussir à faire ça?

Speaker: » Mais du coup ça s'est bien passé.

Speaker: Et on a juste abordé très légèrement le travail avec Catherine Charrier, mais je dis quand même un petit mot sur elle parce que c'était vraiment une alliée pour ce projet.

Speaker: Donc Catherine, elle est directrice de casting, mais elle est aussi coach.

Speaker: Et on a fait vraiment un travail spécifique entre Catherine et Lou, toutes les deux, pour que Lou ait aussi possibilité de s'appuyer sur Catherine quand moi j'étais occupée avec plein d'autres choses sur le tournage.

Speaker: et notamment qu'il y ait un truc un peu safe entre elles sur toutes ces questions de comment placer la voix quand on repassait du côté Gaspard du personnage.

Speaker: Parce que c'est vrai que comme on racontait quand même une espèce de moment de transition particulier, ça ajouté au crossboarding et au désordre de l'ordre des scènes, ça pouvait créer quand même des fois des difficultés.

Speaker: Merci beaucoup à Catherine parce qu'elle m'a quand même donné pas mal d'outils et juste une base solide sur laquelle m'appuyer et un soutien qui m'a permis de gérer le truc.

Speaker: Et une autre énorme alliée là-dessus, c'était Maxine.

Speaker: Donc Maxine, la script de la série, elle nous a autorisé à parler d'elle et de son travail.

Speaker: C'est donc elle-même une femme trans.

Speaker: Et du coup, c'était vraiment génial de pouvoir s'appuyer sur son regard, notamment sur la continuité du personnage.

Speaker: Et que ça puisse être des échanges parfois entre elle et Lou sur la question...

Speaker: où est la voix par rapport à la scène précédente, comment se tenir par rapport à la scène précédente, des choses comme ça.

Speaker: Pour moi, c'était vraiment génial que ça puisse être porté par Maxine, qui a du coup une légitimité énorme, tout en ayant à la fois le professionnalisme de la script et les deux regards à la fois.

Speaker: Donc là, c'était très concret qu'avoir des concernés proches de... En tout cas, l'interprète là, pour le coup, mais proche du plateau, ça aide et ça fluidifie vraiment le travail.

Speaker: Et donc, au-delà de juste la question humaine qui a l'air déjà d'être rassurée, il y a aussi la question professionnelle.

Speaker: Ça aide tout le monde d'avoir des concernés qui connaissent le sujet.

Speaker: Oui, c'est ça, parce que je sais qu'elle comprenait les enjeux du personnage et que du coup...

Speaker: La continuité, elle me permettait de respecter la continuité sans avoir, moi, à trop y penser.

Speaker: Vu qu'elle comprenait le trajet du personnage, ça s'est fait de manière assez naturelle.

Speaker: Je ne sais pas, juste je prenais ce qu'elle me disait et je n'y pensais pas trop.

Speaker: Et par ailleurs, Maxine, superscript en règle générale, recrutez-la.

Speaker: Maxine Vagne qui est dans nos annuaires représentants.

Speaker: Donc, vous pouvez aller consulter son CV en plus en accès libre et gratuit sur nos annuaires.

Speaker: Donc, ça tombe très bien.

Speaker: Est-ce que toi, Léo, parce que tu nous disais que tu es non binaire.

Speaker: Alors là, Cassidy, c'est spécifique.

Speaker: On va en parler parce que ça reste un rôle très queer, même si c'est un rôle de jeune fille.

Speaker: Mais jusqu'ici, il me semble que tu n'as pas eu trop de rôle queer ou un peu fluide.

Speaker: Du coup, c'est un peu l'inverse de l'expérience de Juliette.

Speaker: Comment tu l'appréhendes et comment tu le ressens?

Speaker: C'est des questions qui sont assez récentes pour moi.

Speaker: Parce que j'ai la chance d'avoir commencé à travailler assez tôt.

Speaker: Donc ça fait huit ans que je fais ce métier.

Speaker: C'est beaucoup.

Speaker: Et je ne m'étais jamais rendu compte que peut-être je pouvais jouer autre chose que des femmes.

Speaker: Après moi je suis vraiment très attachée à l'idée de représenter des vécus de femmes qui sont différents, rien que de pouvoir travailler avec des gens qui ont conscience de ce que c'est que d'écrire des rôles féminins, c'est-à-dire écrire des personnages finalement, ça me paraissait déjà être militant, donc c'était déjà très important pour moi.

Speaker: de pouvoir faire ça maintenant j'en ai parlé avec une copine il y a pas longtemps qui me posait la question de si tu reçois un César tu vas être dans les meilleurs esports masculins ou féminins et ouais c'était une très bonne question à laquelle je n'avais absolument pas pensé

Speaker: Et là, je vois que, en tout cas en ce moment, là où ça résonne plus, c'est par rapport à comment utiliser mon corps dans les personnages que j'interprète.

Speaker: Parce que j'ai fait beaucoup, beaucoup de nudité quand j'étais... Enfin, beaucoup, ça y est, mais j'en ai fait.

Speaker: En tout cas, c'était vraiment pas un problème pour moi quand j'étais ado.

Speaker: C'est en ça que je dis que je ressemblais beaucoup à Cassidy.

Speaker: C'était vraiment important pour moi d'utiliser mon corps comme une arme, de pouvoir dire « j'ai un torse ».

Speaker: vous n'allez rien faire, je vais vous le montrer et ça va très bien se passer en fait.

Speaker: Et ce qui aujourd'hui évidemment a beaucoup changé vu que mon rapport à mon torse est différent en tant que non-binaire.

Speaker: Et donc je pense qu'aujourd'hui, ce qui m'intéresserait plus, quitte à enlever le t-shirt, ce serait plus pour traiter ce questionnement-là de « tiens, c'est quand même bizarre parce que les seins c'est censé représenter une féminité et en même temps, moi... »

Speaker: Est-ce que je les garde?

Speaker: Est-ce que je les garde pas?

Speaker: Est-ce que j'ai envie de les montrer?

Speaker: Est-ce que du coup, c'est toujours aussi juste pour moi de les montrer en tant que femme et pas en tant que non-binaire?

Speaker: Donc ouais, ça ouvre plein de questions qui sont absolument passionnantes.

Speaker: J'ai zéro réponse pour le moment.

Speaker: Mais ouais, je serais super intéressée de pouvoir interpréter des personnages qui traversent ce que moi je traverse, c'est-à-dire ces questionnements-là de est-ce qu'être un humain, c'est pas déjà beaucoup?

Speaker: Est-ce que c'est pas déjà...

Speaker: une source de stress folle et de fatigue et en fait est-ce que ça suffit pas quoi pour se définir et j'adorerais pouvoir représenter ça mais je suis pas je me sens pas trahi à l'idée de continuer à représenter des femmes quoi c'est vraiment important pour moi aussi et rien que de pouvoir espérer me rapprocher un peu du vécu de toutes mes soeurs je suis très chaud pour ça quoi

Speaker: Est-ce que la queerness et la rébellion aussi, en tout cas la fougue de Cassidy, c'était justement libérateur ou en tout cas ça te faisait du bien quoi, peut-être une soupape?

Speaker: Complètement, j'ai envie d'être un peu elle quand même.

Speaker: C'était génial de pouvoir l'interpréter, de pouvoir grappiller à des endroits un peu de son courage, de...

Speaker: Et moi j'adore interpréter des personnages féminins qui sont relous, qui sont vraiment pas parfaites, qui sont pas des objets figés, qui sont vraiment des femmes en cours d'apprentissage, qui font des conneries, qui parfois font du mal à leurs amis en le voulant, en le voulant pas.

Speaker: C'est vraiment important pour moi de pouvoir représenter des vécus féminins.

Speaker: qui sont pas objectifiés, qui sont pas parfaits.

Speaker: Et donc en ça, Cassidy, c'était incroyable de la représenter.

Speaker: Et au-delà de ça, effectivement, son rapport à sa sexualité, cette idée de politiser des contenus sexuels qu'elle produit sur Internet, je ne peux que comprendre.

Speaker: Moi, le nombre de fois où j'ai posté des nudes sur Insta, pour faire chier, pour dire « Mais vous n'allez rien faire, et ça va très bien se passer.

Speaker: » Bon, après, il fallait voir la gueule de mes DM, mais...

Speaker: Mais c'était déjà ça avant que je passe les news.

Speaker: Donc là-dessus, les hommes sexualisent les enfants.

Speaker: Il n'y a pas de problème pour eux.

Speaker: Mais ça m'a beaucoup parlé.

Speaker: Ça m'a fait beaucoup de bien.

Speaker: Et au-delà de ça, de pouvoir évoluer avec une équipe... C'est tout bête, mais c'était la première fois.

Speaker: Maxine, elle est venue me voir et elle m'a dit « Ah, c'est trop cool qu'on soit plusieurs personnes queers sur le projet.

Speaker: » Et j'étais en mode...

Speaker: C'est vrai que moi aussi je suis trans.

Speaker: C'est vrai que moi j'avais très peur de m'approprier des mots qui n'étaient peut-être pas adaptés pour parler de mon vécu.

Speaker: Et en fait d'être un peu adoubée par des meufs trans qui sont nos reines, qui sont quand même les premières à avoir lutté pour nous et à qui on doit beaucoup, c'était hyper précieux pour moi.

Speaker: Pour revenir sur le rôle de Juliette et sur les femmes trans, Charlotte, pourquoi tu as voulu écrire un rôle trans?

Speaker: Vaste question.

Speaker: Je pense qu'il y a deux aspects à la réponse que je vais donner.

Speaker: Déjà, en termes de fiction, je n'avais pas envie de raconter une histoire d'infiltration sans aller au bout du questionnement, d'une forme de forêt de genre.

Speaker: C'est ce qu'on essaie de raconter avec ce personnage.

Speaker: C'est vrai que les récits d'infiltration dans des lieux féminins comme ça, ça a été beaucoup fait.

Speaker: C'est presque un genre en soi.

Speaker: Je voulais vraiment aller au bout du truc, que le personnage y rencontre vraiment quelque chose, que ce ne soit pas juste pour berner des bonnes soeurs vieillissantes.

Speaker: Et par ailleurs, moi, à titre personnel, comme je l'ai dit tout à l'heure, j'ai toujours eu un rapport un peu contrarié au genre.

Speaker: C'est...

Speaker: Pas hyper défini comme questionnement et je pense que c'est pour ça que j'ai toujours beaucoup tourné autour de cette question.

Speaker: C'est que j'ai l'impression que le genre pour beaucoup de gens c'est quelque chose de très simple à comprendre et à appréhender.

Speaker: Alors que pour moi, même à l'âge que j'ai aujourd'hui, ça continue à rester un truc un peu flou et pas si compréhensible.

Speaker: C'est peut-être bizarre ce que je dis mais j'ai l'impression que pour beaucoup de gens c'est très très simple de se dire fille ou garçon.

Speaker: Moi je suis d'une époque où on était assigné à quelque chose et il n'y avait pas beaucoup de possibilités d'en sortir.

Speaker: Par contre j'ai beaucoup lutté au collège, au lycée, etc.

Speaker: avec ce qu'on attendait de moi en tant que jeune fille à l'époque.

Speaker: Pour moi les vestiaires de sport c'était une violence incroyable.

Speaker: J'ai été beaucoup harcelée pour des trucs un peu de non conformité à du genre alors que je n'avais pas de notion de faire ça.

Speaker: Mais pour moi c'était des trucs de féminisme en fait.

Speaker: Par exemple, c'est tout con mais ne pas s'épiler.

Speaker: En plus dans les années 90-2000, bon bah alors là, oh mon dieu quoi!

Speaker: Pareil, moi, on m'a mise sous Androcur quasiment dès la puberté.

Speaker: Donc, c'est aussi pour ça que j'ai beaucoup écouté les contenus trans, notamment sur Twitch, parce que ça me faisait beaucoup de bien d'entendre ce rapport aux hormones et aux hormones de synthèse.

Speaker: Parce que moi, j'ai eu l'impression qu'on m'a un peu force femme à 15 ans, quoi.

Speaker: Parce que, de toute façon, c'était pas accepté, en fait, de légèrement sortir des cases, quoi.

Speaker: Et là, je parle de sortir des cases, avoir les bras légèrement velus.

Speaker: On parle pas d'un gris.

Speaker: Et pourtant, c'était déjà pas du tout accepté, quoi.

Speaker: Donc voilà, et ça, plus le fait d'avoir commencé à militer en tant que féministe très tôt, moi, ça m'a fait aussi rencontrer beaucoup de gens avec des vécus variés, et ça me paraissait impensable d'avoir l'occasion de faire enfin la série que je rêvais de faire, et puis que j'aurais rêvé de voir, surtout si j'avais l'âge des personnages, sans parler de...

Speaker: la pléthore d'identités qu'on peut essayer d'explorer aujourd'hui.

Speaker: Moi je trouve que c'est génial de pouvoir au moins se poser la question.

Speaker: Tout le monde n'ira pas forcément au bout d'un trajet de transidentité, on sait que ce sont des trajets qui sont encore très complexes même s'ils sont mieux acceptés aujourd'hui.

Speaker: Par contre je trouve ça bien d'ouvrir cette case dans son vécu à un moment, de pouvoir juste y réfléchir, se demander comment on se situe, sachant que je n'ai moi-même aucune réponse.

Speaker: Est-ce que tu as fait appel à la consultation ou est-ce que c'est quelque chose que vous avez pu réécrire en tournage?

Speaker: En tout cas, le processus ou l'évolution de ce personnage depuis ton cerveau jusqu'à ce qu'il en est aujourd'hui à l'écran?

Speaker: Alors moi je me suis beaucoup nourrie des lectures que j'ai pu avoir, des témoignages que j'ai pu entendre sur Twitch, sur YouTube, enfin voilà je me suis quand même beaucoup renseignée aussi par passion, c'était pas que pour le projet, c'est aussi des récits que je trouvais hyper intéressants et forts, enfin voilà.

Speaker: Et puis après il y a eu l'arrivée de Maxine sur le projet, l'arrivée de Lou sur le projet, ton arrivée à toi sur le projet parce que tu as aussi lu les scénarios.

Speaker: Donc à chaque fois, évidemment, le rôle, il y a eu quelques évolutions à chaque lecture et à chaque échange.

Speaker: Ce qui a le plus fait évoluer le rôle de Juliette, c'était évidemment le choix de Lou lors du casting et de l'endroit où elle était à ce moment-là, puisque quelque part, ça donne une lecture du personnage qui est presque différente de ce que j'avais écrit au départ.

Speaker: C'est-à-dire que là, vous verrez quand vous verrez la série, mais je pense que dès le départ, on se dit que c'est pour ça que...

Speaker: qu'elle est en fuite de sa famille.

Speaker: Et c'est vrai que si c'était un tout autre choix qui avait été fait au casting, peut-être que ça ne raconterait pas ça du rôle.

Speaker: Et en tout cas, pour moi, politiquement, c'était impensable de ne pas se donner ce rôle à une femme trans.

Speaker: Donc de fait, de toute façon, le rôle était voué évoluer dans ce sens.

Speaker: Et toujours par rapport à l'écriture, est-ce que tu as fait des recherches plus précises, peut-être universitaires, sur la représentation trans?

Speaker: Du coup, au-delà des lectures qui ont pu être faites par des personnes concernées, je me suis aussi beaucoup servi de votre annuaire et de votre site, qui est extrêmement bien fait, je le dis au passage.

Speaker: Comme je travaillais avec Taddeo à l'époque sur un autre projet, c'est lui qui m'avait orientée vers le site et j'ai lu notamment la thèse de l'un de vos membres, Charlie, il me semble.

Speaker: Oui, Charlie Fabre.

Speaker: Voilà, qui était vraiment super.

Speaker: Et j'ai regardé aussi tous les tests que vous proposez sur le cisgaze, etc.,

Speaker: On a plein de documentations en ligne.

Speaker: N'hésitez pas.

Speaker: Encore une fois, représententrance.fr.

Speaker: C'est le même endroit où il y a les annuaires.

Speaker: Les annuaires, tu avais regardé un peu?

Speaker: Oui, au moment du casting, j'avais regardé les annuaires, effectivement.

Speaker: Et oui, c'est très utile.

Speaker: Ça sauve des vies.

Speaker: Non, pardon.

Speaker: Je m'en bats.

Speaker: Non, mais je recommande à tous les confrères, consoeurs, réalisateuristes de s'y intéresser de près.

Speaker: Beaucoup de talents, par ailleurs, représentés sur le site.

Speaker: Je plus sois.

Speaker: Lou, dans la fiction, tu penses qui est le ou la meilleure alliée de Gaspard Juliette tout au long?

Speaker: Cassidy, évidemment.

Speaker: C'est un petit peu Cassidy qui voit Juliette pour la première fois, qui voit Juliette avant que même Juliette se voit elle-même, qui lui donne des outils pour s'affirmer dans cette identité, qui la maquille pour la première fois, qui lui dit qu'elle est belle pour la première fois, qui vraiment lui permet...

Speaker: d'expérimenter ce qu'elle a besoin d'expérimenter et elle lui donne vraiment cette place et ce regard bienveillant voilà je pense que c'est qu'elle s'idée après Malika est aussi très supportive même si elle comprend pas vraiment ce genre de questions ce genre de questionnement

Speaker: elle essaie d'être là au mieux pour Juliette même si elle comprend pas vraiment les enjeux et tout ce qui se passe dans la tête de Juliette à ce moment là il me semble que c'est le personnage de Cassidy qui fait le plus de pédagogie peut-être que je me trompe parce que j'ai pas vu tous les épisodes je dois dire j'ai vu que les trois premiers j'ai pas eu le privilège de voir la suite mais donc peut-être que ça change aussi après mais en tout cas moi de ce que j'ai vu à chaque fois c'est toujours qu'Issidi parce que c'est son personnage aussi qui est un peu grandiole quoi

Speaker: En fait, c'est ça, c'est qu'elle n'hésite pas à dire ce qu'elle projette sur les gens et ayant la sensation de voir peut-être une bribe de féminité ou de questionnement, en tout cas chez Gaspard, elle se permet de dire des trucs...

Speaker: qui presque pourrait peut-être être... Moi, je ne recommande pas à tout le monde de faire ce que fait Cassidy, c'est-à-dire de pousser les gens hors du placard.

Speaker: C'est quand même beaucoup.

Speaker: Mais en tout cas, là, pour Juliette, ça aide aussi.

Speaker: Je pense qu'elle en avait besoin.

Speaker: Je ne me permettrais pas de le dire, mais soit.

Speaker: Et donc, moi, ce duo, je le trouve vraiment très touchant.

Speaker: Une de mes séquences préférées, c'est quand Cassidy regarde Juliette marcher en robe pour la première fois.

Speaker: Il y a un truc vraiment de...

Speaker: qui est adorable, qui est hyper touchant.

Speaker: Alors évidemment, Juliette n'aurait pas besoin de porter des robes pour se sentir qui elle est.

Speaker: Bien sûr, on ne se remet pas à re-genrer des vêtements pour affirmer son genre, mais pour autant, elle lui donne l'espace de tester.

Speaker: Et c'est vrai que d'avoir pu jouer ça, c'était vraiment très beau.

Speaker: Et presque, je me suis dit, bon, je vais essayer d'être ma propre Cassidy pour moi aussi, quoi.

Speaker: Ah c'est trop beau, je me disais.

Speaker: Charlotte, est-ce que toi tu étais conscient cette écriture où c'est finalement les autres et du coup surtout Cassidy qui fait la pédagogie de la transidentité pour le spectateur ou est-ce que c'est quelque chose qui est venu comme ça?

Speaker: C'est venu comme ça à partir du personnage de Cassidy qui est, comme le dit très bien Léo, à la fois une espèce d'agent du chaos qui fout un peu la merde partout où elle passe, mais qui en même temps, au milieu de ça, fait aussi beaucoup de bien autour d'elle.

Speaker: Chaque personnage en prend et en laisse, il y a parfois des conflits qui émergent.

Speaker: Mais moi, de toute façon, le concept de la série, c'était ça, c'était vraiment ce personnage un peu accidentogène au milieu de ce lieu.

Speaker: Parce que finalement, même sur des personnages qui ont des trajets moins marqués, on va dire, que celui de Juliette, comme par exemple Marie-Céline, qui est jouée par Ninon François, Cassidy l'aide aussi à arriver à... Est-ce que c'est la meilleure version d'elle-même?

Speaker: Je ne sais pas, mais en tout cas, elle la pousse un peu à vivre sa jeunesse, en tout cas.

Speaker: C'est la question de l'émancipation, en fait, pour toutes.

Speaker: Pour toutes, c'est un peu ça, oui.

Speaker: C'est comment ce loup dans la bergerie vient aider tout le monde un peu à se libérer, à s'amuser.

Speaker: Et puis bon, parfois avec les peaux cassées qui vont avec, parce que c'est un personnage qui est effectivement une chipie, comme tu aimes à le dire.

Speaker: Oui, j'adore dire que c'est une chipie.

Speaker: Et au-delà de ça, je trouve ça important aussi de représenter le fait que...

Speaker: les personnes trans ne sont pas responsables de faire la pédagogie tout le temps et que c'est important d'avoir vraiment des gens, en l'occurrence la Cassidy qui est lesbienne, parce qu'on n'a pas encore parlé de son lesbianisme, mais c'est vrai que ce n'est pas à éluder non plus, même si elle n'est pas très à l'aise avec ce mot, alors qu'il est super, mais bref.

Speaker: Et ouais, c'était... J'étais très reconnaissante de pouvoir interpréter cet allié qui va au front, en fait, qui n'hésite pas à dire, mais parce qu'il y a tout ce sujet-là aussi de cet énorme groupe de femmes qui ont des perceptions différentes de la transidentité et qui, du coup, se sentent plus ou moins menacées, basées sur rien, évidemment.

Speaker: Et de pouvoir être ce bouclier-là pour les personnes trans, c'est hyper important parce que

Speaker: Mon dieu, l'existence est déjà fatigante, donc si en plus on doit mener toutes les luttes tout seul, c'est quand même...

Speaker: la vie va être longue.

Speaker: Donc, j'étais vraiment très reconnaissant que Cassidy puisse se bouclier et qu'elle fait avec plaisir sans même peut-être se rendre compte du bien qu'elle peut faire en le faisant.

Speaker: Mais c'est trop bien de représenter des personnages qui se soutiennent sans même avoir besoin de se le demander, sans même avoir besoin d'expliquer à cet endroit-là, j'aurais bien aimé que tu dises ça.

Speaker: OK, la prochaine fois, je le ferai comme ça.

Speaker: Là, non, en fait, elle est...

Speaker: Et comme on l'a dit, elle est tellement grande gueule qu'en fait, elle ne se rend même pas compte de l'allié qu'elle est et du bien qu'elle fait à cet endroit-là.

Speaker: Et à interpréter, c'est incroyable.

Speaker: Et ça a fait que du coup, ça a infusé en moi de sorte que peut-être j'en attends un peu plus aussi de mon entourage aujourd'hui, où en fait, on a vraiment besoin...

Speaker: que vous soyez avec nous, même en tant que cis, quoi, et que vous fassiez bouclier, parce que l'existence des personnes trans est déjà assez violente comme ça, en interne, rien que même, hormis la transphobie, qui est évidemment hyper présente, mais déjà, rien qu'en interne, c'est assez violent comme questionnement, je trouve.

Speaker: Enfin, ou en tout cas, c'est pas forcément violent, mais c'est remuant, quoi.

Speaker: Et donc, d'avoir, pouvoir représenter ça et de dire aux gens, vous avez vraiment le droit de prendre les coups.

Speaker: Enfin, même s'il vous plaît, parfois, prenez un peu les coups à notre place parce que c'est trop dur, quoi, en fait.

Speaker: Moi ce que j'adore dans Pécheresse, enfin en fait dans la manière que tu vas décrire Charlotte parce que je trouve quelque chose qui revient souvent dans ce que tu écris, c'est que tu as une manière folle de parler de plein de choses mais avec une très grande facilité et tu arrives à rendre fluide tous les sujets parce que donc on l'a dit tu parles de transidentité avec le personnage de Gaspard Juliette mais...

Speaker: Tu parles aussi de lesbianisme, comme tu le disais.

Speaker: Tu parles d'émancipation, du rapport à l'autorité, aux adultes, aux parents, mais aussi de spiritualité, qui est quand même un gros gros dos.

Speaker: Et je trouve que c'est fait avec déjà brio, un génie.

Speaker: Merci, déjà, je suis touchée.

Speaker: Mais aussi beaucoup d'émotions.

Speaker: Moi, je trouve que c'est très émouvant, cette série.

Speaker: Comment tu fais?

Speaker: C'est quoi ton secret, en fait?

Speaker: Parce que j'aimerais bien faire pareil.

Speaker: 15 ans de déversage de trip intensif dans ce projet.

Speaker: Ah ouais, je pense que c'est le temps qu'il y a... Au début, tu n'avais pas autant de sujets?

Speaker: Ça s'est un peu accumulé avec le temps parce que la frustration grandissante de ne pas réussir à faire éclore ce projet, je continuais à rajouter des choses à tel point qu'à un moment je me suis demandé si ce n'était pas trop.

Speaker: Parce que c'est vrai que quand j'ai su qu'il n'y aurait que six épisodes, je me disais « bon là, vouloir tout traiter avec ces quatre personnages qui ont chacune quand même une grosse évolution en seulement six épisodes.

Speaker: » Je me suis demandé à un moment si je n'avais pas voulu trop charger et si tous les sujets réussiraient à trouver leur place.

Speaker: Après, j'avais l'impression que c'est aussi ce que c'est pour moi la vingtaine, cette espèce d'âge un peu bouillonnant où on vit plein de choses, on rencontre plein de gens.

Speaker: Sur la question de l'apprentissage, elles se nourrissent aussi vachement les unes les autres.

Speaker: Il y a Cassidy, évidemment, qui sert, comme on l'a dit tout à l'heure, un peu de...

Speaker: à propulser les autres vers des questionnements mais il y a aussi un moment où quelqu'un emploie le mot pute et c'est Juliette qui reprend en disant t'es déesse j'ai l'impression qu'elles se nourrissent vachement les unes des autres et que le fait qu'elles aient chacune un peu son domaine de prédilection fait que tout se mélange en fait c'est un peu ça que j'ai voulu faire dans ce projet et moi je trouve que ce qui est vraiment super dans la manière dont t'as écrit le projet c'est que tu te dramatises pas

Speaker: Ce genre de parcours, j'ai l'impression que beaucoup de parcours trans dans les médias, c'est vachement dramatisé, c'est très exagéré et ça s'éloigne un petit peu de la réalité certaines fois.

Speaker: Et je trouve que là, c'est très, très juste et que t'en fais pas trop, que le personnage vraiment vit quelque chose de réel et que c'est pas du tout extrapolé et fait pour faire du drama et que c'est pas du tout un sujet de drame.

Speaker: Mais ça, je pense que c'est aussi grâce à toi, parce que du coup, comme l'a dit Charlotte, ton vécu à toi, il a infusé dans le personnage.

Speaker: Mais c'est pour ça qu'on vous martèle qu'il faut engager des concernés, en fait.

Speaker: Ça ne rendra que meilleures vos œuvres, vraiment.

Speaker: Je pense que, mais quels que soient les sujets, c'est toujours cool d'avoir des gens qui savent de quoi ils parlent et qui peuvent dire « Ah ben là, c'est ton cisgaze qui projette totalement ou pas, ou « Ah tiens, à cet endroit-là, c'est intéressant, mais on pourrait nuancer un peu.

Speaker: » Je pense que tu as vraiment grandement participé à la justesse de ce personnage, donc bravo à toi aussi!

Speaker: Et sur la question de la légèreté, pour rebondir là-dessus, moi c'est vrai que je voulais vraiment faire une comédie en fait.

Speaker: Alors c'est pas qu'une comédie, c'est ce qu'on appelle en France une dramedie au final, parce qu'il y a quand même de l'émotion et d'autres choses qui infusent.

Speaker: Mais j'avais quand même l'impression que c'est une bonne manière de parler de sujets qui sont très clivants en ce moment, d'essayer d'embarquer les gens dans quelque chose de joyeux plutôt que de trop asséner des choses.

Speaker: Et c'est marrant parce qu'en écoutant le podcast où tu as fait intervenir Lou Trotignon récemment, à un moment, Lou a dit cette phrase qui m'a vraiment fait tilt sur la question de la colère.

Speaker: Et moi, je pense que ce projet, il ne s'est pas fait pendant longtemps parce que je parlais d'un endroit de colère qui est très dur à faire entendre.

Speaker: Et Lou Trotignon a complètement raison quand il dit que...

Speaker: On devrait écouter les gens en colère, mais malheureusement, ce n'est pas un truc qui est entendu.

Speaker: Alors que passer par la comédie et essayer de embarquer les gens dans quelque chose de joyeux et de peut-être les faire rire au passage, en vrai, on arrive beaucoup mieux à ne pas agresser nos spectateurs, spectatrices, en tout cas, je l'espère.

Speaker: Parce que le but d'une œuvre comme celle-là, ce serait qu'elle arrive à toucher évidemment les concernés, c'est ce qui me ferait le plus plaisir.

Speaker: Mais au-delà, peut-être toucher un plus vaste public, parce qu'il y a un aspect mainstream aussi dans une série...

Speaker: qui est aussi présente dans celle-là.

Speaker: J'aimerais que des spectateurs qui ne se sentent pas parfaitement concernés par tout ce dont on a parlé là puissent quand même vibrer avec ces personnages, être au premier degré avec leurs aventures d'amitié, d'amour, tout ce qu'elles traversent dans la série.

Speaker: Sans forcément faire de pédagogie, mais en tout cas qu'au premier degré on puisse avoir plaisir à être avec elles, ces six épisodes avec elles.

Speaker: Et tu disais tout à l'heure que tu as attendu 15 ans pour le voir concrétiser ce projet.

Speaker: Donc, j'imagine que ça veut dire que pendant 15 ans, il y a des gens qui ne se sont pas sentis consternés, par exemple, pour reprendre ce que tu disais, par ces personnages-là.

Speaker: Est-ce que tu peux nous raconter un peu c'était quoi le processus de développement de cette œuvre?

Speaker: Alors, moi, c'était mon tout premier projet.

Speaker: Pour me resituer un petit peu, j'ai travaillé quelques années dans la distribution.

Speaker: Puis, je me suis rapprochée de l'écriture en travaillant en production comme chargée de développement.

Speaker: J'ai eu un licenciement économique.

Speaker: Et à ce moment-là, j'avais déjà cette idée de projet.

Speaker: Je me suis dit, je vais profiter d'avoir un peu de temps devant moi grâce à Pôle emploi pour développer ce projet qui me tenait vachement à cœur.

Speaker: Et avec, j'ai quand même eu la chance d'avoir une résidence en festival, animée par Frédéric Crivine, qui est donc un scénariste très reconnu, et la Bourse Lagardère, qui est donc quand même pas mal d'argent.

Speaker: Donc déjà, ça m'a donné de la légitimité, puisqu'à l'époque, moi, je n'osais pas trop écrire.

Speaker: Et ça a fait quand même que ce projet a eu déjà quelques reconnaissances, quoi.

Speaker: C'est-à-dire que je me suis sentie encouragée quand même à le poursuivre.

Speaker: Mais après, une fois sortie du réseau Bourse, Résidence, etc., c'était dur de lui donner naissance pour de vrai.

Speaker: Dans le sens où déjà, il y avait très peu de 26 minutes.

Speaker: Moi, j'étais une très jeune autrice qui débutait.

Speaker: Et il y avait beaucoup moins de séries qu'aujourd'hui.

Speaker: Donc, je n'avais pas mis toutes les chances de mon côté.

Speaker: Le format, le fait qu'il n'y avait que des jeunes femmes.

Speaker: Enfin, il y avait beaucoup de choses quand même contraires au médium très mainstream qui était la télévision à l'époque.

Speaker: Entre temps, le 26 minutes s'est quand même un petit peu développé grâce à OCS et France TV Slash.

Speaker: Moi j'ai gagné un peu quand même en légitimité en ayant fait quand même plein d'autres choses, notamment « Les 7 vies de Léa » qui était ma première création de série qui est sortie en 2022.

Speaker: Et c'est vrai que ça, à partir du moment où on a créé déjà une série, on va nous faire plus confiance pour continuer à avancer et à élaborer une carrière et une œuvre.

Speaker: Et surtout, je pense que le plus gros facteur, ça a été MeToo, dans le sens où, subitement, ce qui était vu comme un problème avant, c'est-à-dire qu'il n'y a que des femmes, c'est trop segmentant, il faut rajouter des personnages de mecs, etc.

Speaker: Là, on ne le disait plus parce que, subitement, il y a eu quand même cette idée qu'il fallait valoriser les personnages féminins.

Speaker: C'était plus vu presque comme un argument marketing.

Speaker: Et c'est vrai que les producteurs ont eu la bonne idée de ressortir ce projet après les 7 vies de Léa, après MeToo, en se disant « bon là, maintenant, il devrait pouvoir se faire ».

Speaker: Et je leur dois vraiment ça parce que moi, je commençais vraiment à faire une croix dessus, parce que c'était tellement long.

Speaker: C'est sûr que rester accroché à un projet comme ça et puis aussi en vieillissant.

Speaker: Moi, au début, je me sentais très proche de mes personnages en termes d'âge parce que quand j'ai commencé à écrire, j'avais que quelques années de plus que mes personnages.

Speaker: Bon, là, maintenant, je ne vais pas dire que je pourrais être leur mère, mais quasi.

Speaker: Donc, j'abuse un peu, mais vous voyez ce que je veux dire.

Speaker: Il y a quand même, en 15 ans, il se passe beaucoup de choses.

Speaker: D'où la nécessité aussi de beaucoup écouter les gens plus jeunes que moi avec qui j'ai travaillé parce que essayer de rester quand même connecté à la jeunesse d'aujourd'hui et de ne pas plaquer des choses qui seraient obsolètes.

Speaker: C'est très réussi par ailleurs.

Speaker: Enfin, même si je suis plus vieux, en vrai, donc je n'ai pas trop le droit de parler de ça.

Speaker: Pour les couveurs, c'est ça.

Speaker: Mais en tout cas, j'ai une petite sœur, OK, de 18 ans, donc je vois que c'est très réussi.

Speaker: Merci pour toute cette histoire de développement.

Speaker: C'est très intéressant.

Speaker: C'est important parce que nous, on est suivi aussi beaucoup par des professionnels de la culture et de l'audiovisuel, notamment parce que nos membres, c'est beaucoup des gens de l'audiovisuel.

Speaker: Donc c'est des choses qui nous intéressent toujours beaucoup et des questions que je pose toujours.

Speaker: Les questions que j'ai posées ensuite c'est la même chose, c'est des questions un peu récurrentes dans le podcast.

Speaker: C'est la question d'être out ou pas en tant que personne queer et aujourd'hui on s'appelle représentant trans donc en tant que personne trans dans l'industrie de la fiction, notamment en tout cas de l'audiovisuel.

Speaker: C'est donc une question qui s'adresse à vous deux, Léo et Lou.

Speaker: La première, c'est est-ce qu'être out dans cette industrie, c'est un choix?

Speaker: Si c'était motivé, j'aimerais bien que vous nous racontiez pourquoi.

Speaker: Et si ça ne l'était pas aussi, ça m'intéresse.

Speaker: Alors moi, personnellement, ce n'est pas un choix.

Speaker: Après, je pense que j'aurais quand même choisi d'être out en tant que personne trans.

Speaker: Mais vu que Pêcheresse, c'est mon premier rôle et que j'interprète une femme trans qui vit sa transition au moment de la série...

Speaker: forcément, je vais être out.

Speaker: Et en plus, j'ai commencé avant, dans le mannequinat, en tant que personne androgyne, même avant de commencer ma transition.

Speaker: Donc, même ma transition, elle s'est un petit peu faite...

Speaker: Aux yeux de tout le monde.

Speaker: Ce qui était un petit peu compliqué à vivre en vrai, genre surtout à travers le mannequinat, c'était un petit peu compliqué d'avoir le regard des autres sur ma transition et sur mon apparence et sur mon identité.

Speaker: Pendant que moi, j'essayais de tout figure out et justement de savoir qui j'étais et qu'on essayait un petit peu de me dire oui, bah.

Speaker: Non, tu dois être ça, tu dois être ça.

Speaker: Donc voilà, c'était pas vraiment un choix, mais je pense que c'est quand même important de prendre ce choix.

Speaker: Donc c'est pour ça que même si je pouvais choisir, j'aurais choisi d'être out parce que c'est important d'avoir de la représentation.

Speaker: Surtout, je trouve que dans les médias français, les femmes trans, il n'y en a pas beaucoup.

Speaker: Les personnes trans en général, il n'y en a pas beaucoup.

Speaker: Et que c'est important d'être là et de parler, quoi.

Speaker: Et de montrer qu'on est là, quoi.

Speaker: Et toi Léo?

Speaker: Moi ça a été un peu cabossé comme chemin parce que

Speaker: J'ai pris conscience que j'étais non-binaire il y a 3-4 ans, je pense.

Speaker: Donc c'est quand même sur une vie assez récente.

Speaker: Et tout de suite, j'ai voulu, étant quand même assez politisée et essayant de militer à travers l'art que je fais, j'ai voulu en parler et tout.

Speaker: Sauf qu'en fait, j'ai subi de la transphobie et j'ai fait « Oh là! »

Speaker: J'ai découvert le chôte, en fait, et j'ai fait « mais c'est horrible, en fait, d'être remis en question dans son humanité, parce qu'en plus, j'imagine évidemment que le vécu des femmes ou des hommes trans est différent dans la manière dont la transphobie se met en place.

Speaker: » Mais pour les non-binaires, en fait, le réflexe, c'est tout de suite de remettre en cause notre humanité.

Speaker: C'est-à-dire que moi, on m'a dit « trois dans les yeux, mais tu veux pas être une fille, tu veux pas être un garçon, mais tu veux quoi?

Speaker: Tu veux être une table basse? »

Speaker: Ce à quoi je réponds en soufflant, bien sûr.

Speaker: En fait, je suis très privilégiée parce que j'ai quand même le cis-passing.

Speaker: Si on ne me pose pas la question de mes pronoms, je ne suis pas 100% trigger par le pronom L, donc ça ne me dérange pas de continuer à ce qu'on l'utilise pour me définir.

Speaker: Mais ça m'a grave fait reculer sur mon...

Speaker: ma confiance en moi là-dedans et la légitimité que je ressentais à en parler.

Speaker: Et ouais, pendant 6-8 mois, j'avais fait une première interview pour IL Magazine où je disais mes pronoms et suite à ça je l'ai supprimé et tout parce que j'ai vraiment eu peur quoi et ça m'a vraiment ébranlée dans ma confiance en moi, mon rapport à mon identité et tout.

Speaker: Donc il a fallu reconstruire un peu ça

Speaker: Et encore, again, je n'ai subi qu'une seule fois ça et ça m'a ébranlé pendant huit mois, donc je n'ose même pas imaginer ce que ça peut faire à des gens qui le subissent.

Speaker: presque toutes les semaines de leur vie.

Speaker: Et en même temps, je n'avais pas envie de paraître non-binaire dans le sens où pour moi, ça n'a aucun sens.

Speaker: Parce que du coup, comme je disais, ça reviendrait à recommencer à genrer des vêtements, des coupes de cheveux.

Speaker: Et pour moi, je trouve qu'on va plutôt dans le bon sens à essayer de se rappeler que des cheveux, c'est des cheveux, du maquillage, c'est du maquillage.

Speaker: Et qu'en fait, chacun s'amuse avec son identité comme il veut, quoi.

Speaker: Mais ouais, du coup, est-ce que c'est vraiment... Je pense que c'est un choix quand même parce que là, quand on m'a proposé ce podcast-là, j'ai quand même un peu réfléchi à savoir si j'étais prêt ou pas à potentiellement faire face à ce que ça pouvait découler ou même...

Speaker: Moi, je sais que ma mère est très inquiète à l'idée qu'on ne me propose plus de rôle féminin.

Speaker: Donc tout ça, c'est des questionnements soit qu'on projette sur moi, soit que j'ai à l'intérieur de moi.

Speaker: Donc c'est intéressant.

Speaker: Je suis out aussi par envie de rappeler que les femmes sont des humains.

Speaker: Sauf que moi je vais un peu plus loin dans ce raisonnement-là parce que du coup je suis plus un humain qu'une femme quoi.

Speaker: Mais ouais en termes de représentation ça me paraissait important et au-delà de ça je crois que j'aurais plus trop réussi à le cacher au bout d'un moment.

Speaker: Je pense qu'on se pose cinq minutes à discuter avec moi et on se rend bien compte que quand même, bah qu'en fait très vite je vais vous dire que je suis

Speaker: pas une femme, quoi, parce que j'arrive pas à comprendre ce qu'on projette sur ce mot, j'y arrive pas à... Et en même temps, j'ai pas du tout envie de laisser derrière moi la manière... Enfin, c'est pour ça que je parle souvent de femmes en tant que classe sociale, quoi, parce qu'il y a quand même une manière dont on m'a éduquée, dont on m'a appris à sociabiliser, qui résonne avec le vécu des femmes cis, et en plus, les amitiés féminines, bah, vous le verrez en regardant Pécheresse, mais au-delà de ça, je vous souhaite à tous d'avoir des amis femmes, parce que les femmes sont extraordinaires, et c'est elles qui changent le monde, quoi, donc...

Speaker: Donc pour ça, je n'avais pas du tout envie de dire au revoir à ça aussi.

Speaker: Donc finalement, parce que pendant un moment, j'étais en mode, est-ce que je suis un petit gars?

Speaker: Qu'est-ce que je suis?

Speaker: C'est quoi les mots qui me parlent le plus?

Speaker: Et en fait, je crois que j'adore ce flou qu'est la non-binarité, qui permet de rappeler que le genre, c'est du théâtre, c'est du jeu.

Speaker: Et il y a un jour, tu te sens grave femme, et il y a un jour...

Speaker: t'es à peine un humain et un autre jour t'es un petit gars ou t'es un homme.

Speaker: Et puis c'est important de se rappeler que le langage aussi, c'est inventé.

Speaker: Donc en fait, on peut projeter aussi ce qu'on veut sur ces mots-là.

Speaker: Et en fait, on est libre, quoi.

Speaker: On a le droit, qu'on le veuille ou non, la loi nous protège là-dessus.

Speaker: Je vous jure, normalement, c'est interdit d'être transphobe.

Speaker: Et ouais, voilà, pardon, j'ai un peu monologué et dévié de la question, mais...

Speaker: Ouais, je crois que à la fois ça s'est imposé à moi d'être out, à la fois c'était important, à la fois à partir du moment où j'ai subi de la transphobie, j'étais en mode, bah en fait je ne peux plus revenir en arrière, entre guillemets quoi, même si j'ai un peu essayé, mais en fait j'étais encore plus malheureuse à essayer de me cacher que...

Speaker: qu'à être moi-même.

Speaker: Et alors encore une fois, moi, comme j'ai pas changé d'apparence au moment de ma transition dans ma tête, ça fait que je m'en sors du coup plutôt bien face à ça.

Speaker: Si on me pose pas la question de mes pronoms, je vais pas forcément les dire.

Speaker: J'ai les cheveux longs, j'ai un corps dit plutôt féminin, donc on projette encore sur moi ce truc de femme cis.

Speaker: Ce qui, entre guillemets, m'arrange bien, vu que du coup, je subis moins de violences, quoi.

Speaker: Et oui, t'as une accroche encore plus simple pour les rôles binaires de femmes, quoi.

Speaker: Exactement.

Speaker: C'est vrai que, à nous, c'est quelque chose dont on parle beaucoup, et c'est pour ça que ces questions-là, elles sont récurrentes, c'est parce que c'est un vrai enjeu pour les communautés trans, notamment la communauté des actrices, qui est extrêmement précaire, c'est une précarité qu'on ne soupçonne pas, même quand on pense pouvoir l'imaginer, c'est encore pire, quoi.

Speaker: Parce que justement, une fois qu'on est out en tant que personne trans, bon, binaire, pour parler de ce dont on est capable de parler aujourd'hui, bon, on n'a pas des statistiques pures, mais en termes de retour, quoi.

Speaker: Donc, pour les transbinaires, c'est vrai que c'est vraiment du jour au lendemain, on est out et on n'a plus le droit à revenir sur cette décision de s'outer dans l'industrie.

Speaker: Et c'est comme ça pour toute la vie.

Speaker: Et ça va donc impacter toute la suite de la carrière.

Speaker: Donc, comme je le disais, on n'a pas trop encore de retour sur le vécu des acteuristes non binaires.

Speaker: Là nous on a vu dans les annuaires qu'on commence à avoir des actrices non binaires, de plus en plus, qui commencent à travailler encore dans des rôles de leur genre assignés à la naissance.

Speaker: Donc je pense que d'ici quelques années on va pouvoir aussi se faire un sentiment sur comment c'est reçu.

Speaker: Mais du coup, je me demandais aussi, enfin, je voulais te poser la question, parce que toi, donc, tu as déjà eu une sorte de reconnaissance de ton travail d'acteuriste parce que tu as eu des prix, parce que ça y est, tu as quand même un petit bout de carrière, même si tu es encore jeune, mais on te souhaite d'ailleurs que ça continue.

Speaker: Donc tu as eu déjà une sorte de tampon qui disait que tu méritais ta place et que tu avais tout à fait cette place-là dans l'industrie.

Speaker: Est-ce que tu penses que ces appuis-là t'ont permis et t'ont favorisé cette prise de scission par rapport à ton coming out?

Speaker: Oui, en vrai, je pense que je suis assez privilégiée là-dessus.

Speaker: Comme j'ai dit, j'ai commencé à travailler assez tôt en tant que mineure, ce que je ne vous recommande pas, mais bref.

Speaker: Et effectivement, le fait de savoir que là, c'est tout bête, mes pécheresses, on me l'a proposé en mode, si ça t'intéresse, on se rencontre et on voit si ça marche ou pas.

Speaker: Mais globalement, on serait content que ce soit toi.

Speaker: Donc ça, déjà, c'est une chance incroyable qu'on pense à moi pour des rôles.

Speaker: Et ça montre, du coup, où est-ce que je me place un peu en termes de carrière.

Speaker: Et du coup, effectivement...

Speaker: Ça fait un peu peur de se dire, mais est-ce que du coup, on ne va plus projeter les mêmes choses sur moi?

Speaker: Est-ce qu'on va quand même me faire confiance pour interpréter des vécus de femmes?

Speaker: Mais pour le moment, je suis assez chanceux et je suis assez discret aussi là-dessus.

Speaker: Donc ça joue aussi.

Speaker: Donc ce n'est pas 100% de la chance, c'est aussi que je me cache un peu.

Speaker: Donc...

Speaker: Mais ouais, c'est des questions qui sont hyper intéressantes.

Speaker: Il y a à faire un peu peur cette industrie pour ça quand même.

Speaker: On a effectivement vite la sensation qu'on ne peut plus jouer autre chose, quoi.

Speaker: Alors que, justement, je trouvais ça super intéressant ce que tu disais, Lou, sur...

Speaker: ton rapport à la dysphorie et tout pendant que tu as interprété Gaspard parce qu'en fait au final déjà je suis très rassurée de savoir que tu te sentais à peu près bien même si on a pu en parler lors du tournage et tout et qu'on était toutes attentives à ça au final c'est trop cool que tu aies ce bien-être là parce que en fait

Speaker: C'est ça le principe du métier qu'on fait en fait, c'est de raconter des trucs qui sont absolument pas nous.

Speaker: Et moi je me questionnais un peu là-dessus sur effectivement, on veut que les personnes qui nous regardent se sentent représentées et en même temps est-ce qu'on va torturer presque psychologiquement des femmes trans qui sont en train de se questionner là-dessus et tout.

Speaker: Le mot « torture » est très fort bien sûr.

Speaker: Mais tu vois, moi, ça me faisait peur pour toi et peut-être même inconsciemment pour moi aussi, de me dire, oui, on veut être juste dans notre représentation, mais en même temps, peut-être que les gens, ils ne sont pas forcément prêts dans leur cheminement intérieur aussi.

Speaker: Ou moi, je ne suis pas 100% sûre d'être prête à jouer un personnage non-binaire.

Speaker: Donc...

Speaker: Mais en fait, c'est ça notre métier, quoi.

Speaker: Et c'est ça qui est trop bien, c'est qu'à la base, on est quand même là pour raconter des trucs qui sont absolument pas nous, où on va chercher à l'intérieur de nous pour que ça résonne ou pas du tout.

Speaker: Mais c'est ça notre taf, quoi.

Speaker: Donc, je suis trop contente de savoir que c'est pour toi et tout.

Speaker: Oui, en vrai, ça s'est bien passé.

Speaker: Comme je l'ai dit, c'était grâce à tout le monde, grâce au travail qu'on a fait.

Speaker: Même si ça m'a fait un peu peur, je pense que c'était important que ce soit moi ou une autre personne trans qui raconte ce trajet.

Speaker: Il fallait un peu de courage.

Speaker: Oui, bravo.

Speaker: Ça s'est fait tranquille.

Speaker: Est-ce que je peux raconter l'anecdote du Welsh?

Speaker: Non.

Speaker: C'est ça, c'est ça.

Speaker: Non, tu me dis, vraiment.

Speaker: Ah oui, bah tout ça.

Speaker: Non, parce que moi, j'étais vraiment tétanisée pour Lou à partir du moment où on s'est rendu compte que pour la partie Gaspard du rôle, on allait devoir lui faire porter un binder.

Speaker: Et on avait beau avoir fait des essais avant et tout, du coup, quand même, jouer avec ça, c'était des fois compliqué et tout.

Speaker: Et il se trouve qu'un soir, on tournait à Roubaix, on est sortis manger une spécialité locale qui s'appelle un Welsh.

Speaker: Et donc, Welsh plus binder, Lou était vraiment hyper mal.

Speaker: Et moi, j'étais vraiment catastrophée.

Speaker: J'étais là, mais qu'est-ce qu'on lui fait faire, la pauvre?

Speaker: Et du coup, je suis allée la voir dehors pour lui dire « Bon, ça va, si tu veux, on décale la scène et tout.

Speaker: » Elle m'a dit « Je fume une clope et c'est bon. »

Speaker: Ça m'est vraiment resté parce que... Avec les assistantes, on était au 100 coups et tout.

Speaker: Et nous, elle était vraiment chill.

Speaker: Non, faut le faire.

Speaker: Pas de soucis.

Speaker: Show must go on.

Speaker: Tu es dévouée.

Speaker: Merci encore pour ce... Moi qui pensais justement que Pécheresse était safe.

Speaker: En fait, ça torture des femmes trans.

Speaker: Ok.

Speaker: Waouh.

Speaker: Pardon pour l'utilisation de ce mot.

Speaker: C'était trop fort.

Speaker: Bravo, d'autant plus.

Speaker: Ça, ça me manquera pas.

Speaker: Je voulais juste dire que quand j'ai reçu la proposition du casting, c'était littéralement deux jours après avoir fait mon coming out et annoncé à mes amis proches que j'allais transitionner.

Speaker: Donc du coup, ça tombait vraiment un bon moment.

Speaker: Et j'ai trouvé ça assez ouf quand même.

Speaker: Le timing existentiel?

Speaker: Du coup, c'est pour ça que je n'ai pas du tout réfléchi à l'aspect transitionnel et de comment j'allais me ressentir de jouer à la transition d'une personne parce que j'étais en mode « Ah, ok, je vais vivre ça maintenant, je vais aussi vivre ça dans une... » Incroyable.

Speaker: Donc, double transition.

Speaker: Du coup, c'est pour ça que la rencontre avec Lou, avec Catherine, la directrice de casting, on a vécu ça un peu comme un miracle parce qu'il y avait une adéquation entre son vécu et le rôle...

Speaker: Et une forme de plasticité, entre guillemets, dans son jeu par rapport à tout ça.

Speaker: Et aussi du coup de questionnements qui étaient en pleine ébullition, dont on pouvait parler, qui étaient géniales.

Speaker: Après moi c'est vrai que j'avais toujours hyper peur que ça puisse la mettre mal une fois qu'on arrive au tournage, parce qu'on s'est rencontrés bien en amont.

Speaker: Et il y a le projet de faire ça, et puis ensuite il y a le vivre avec un rythme de tournage hyper serré, comme on a dit tout à l'heure, etc.

Speaker: Bon, à l'arrivée, tout s'est très bien passé, mais c'est vrai que moi j'avais un peu le poids de cette inquiétude quand même de me dire, on la charge de tout ça, quoi.

Speaker: Moi, sur le tournage, ça s'est vraiment bien passé.

Speaker: C'était plutôt les deux semaines avant ou la semaine avant où j'étais hyper stressée, je me disais, oula, est-ce que je vais y arriver?

Speaker: Mais sur le tournage, il n'y a pas eu vraiment de...

Speaker: À part ce binder qu'on a brûlé ensuite.

Speaker: Vous avez brûlé le binder.

Speaker: J'adore.

Speaker: On est allé toutes ensemble, les quatre comédiennes, se poster devant les costumes en leur disant « Vous nous foutez ça dans un sac et on ne peut plus jamais le revoir parce qu'on ne peut plus jamais revoir Lou dans cet état. »

Speaker: Ça aurait été bien de faire un petit rituel avec... Burn the bra et burn the binder en même temps, ça aurait été incroyable.

Speaker: La prochaine fois.

Speaker: Merci beaucoup d'avoir répondu à cette question qui n'est pas simple.

Speaker: Merci beaucoup.

Speaker: C'est très chouette.

Speaker: Et je rebondis sur ce que tu citais tout à l'heure, la question des prix et des Césars notamment.

Speaker: parce que en plus comme je le disais t'as déjà une petite carrière et notamment t'as eu un petit rôle dans la Pampa et qui était déjà au César donc on te souhaite que ça continue et que la prochaine fois ce soit toi qui sois ça et je me demande effectivement ça va être hyper drôle en fait nous c'est déjà une question qu'on soulève représentant peut-être on commence à la soulever avec 50-50 aussi donc c'est des questions vraiment qui sont dans les tuyaux militants merci au travail

Speaker: Ouais mais on se rend compte aussi que ça va être très compliqué parce que c'est des choses qui sont ancrées depuis très longtemps mais en fait moi j'ai hâte parce que je pense pouvoir dire qu'ils sont vraiment à des années-lumière de se rendre compte de la rapidité avec laquelle les acteuristes non-binaires pour le sujet.

Speaker: vont arriver et qu'en fait ils sont ils vont avoir un problème à un moment donné donc bon voilà c'était juste pour rebondir là dessus parce que ça m'y fait penser et par ailleurs ouais c'était je sais pas si tu vois ce qui s'est passé enfin on fait une phrase les reines du drame mettaient en valeur ça aussi cette idée que ce soit un homme trans qui joue une femme lesbienne tu vois c'est hyper intéressant quoi et

Speaker: Et en ça, c'est cool que nous, on soit assez à l'aise avec nous-mêmes pour ne pas s'imposer de jouer des personnages comme ça si on ne le sent pas.

Speaker: Mais par contre, effectivement, on arrive.

Speaker: On était déjà là, par ailleurs, depuis bien longtemps.

Speaker: Mais ça serait cool que...

Speaker: qu'on puisse avoir des prix qui représentent qui on est aussi je pense que ça fera de mal à personne ça enlèvera des parts de gâteau à personne enfin vraiment juste nous on se sentira encore plus nous même donc ça serait très cool quoi et tu as tout à fait raison de rappeler que ça a toujours été le cas d'ailleurs j'y pense que je l'ai relu hier ou avant-hier

Speaker: C'est Hélène Azera qui disait que depuis les années 70, dans les années 70, il y avait des films avec des femmes trans en tête d'affiche et personne ne le savait.

Speaker: Hélène Azera s'est arrêtée là.

Speaker: Je pense qu'il y a une raison pour... Elle ne va pas ôter les gens.

Speaker: Mais du coup, c'est des réalités qu'on nommait ou dont on a ignorance.

Speaker: Mais c'est la vie et c'est vrai.

Speaker: Et c'est comme ça depuis toujours.

Speaker: Alors c'est quoi vos projets pour la suite?

Speaker: Peut-être Charlotte tu peux commencer, nous raconter ce que tu peux nous raconter d'ailleurs.

Speaker: Alors là on vient de parler d'Alexis Langlois, moi je co-écris son prochain long, son deuxième après Les Reines du Drame.

Speaker: Je suis ravie de cette collaboration, on se connaît depuis longtemps et c'est une super occasion de continuer à la fois mon travail sur le Teen Movie mais en poussant les curseurs très très loin si vous avez vu Les Reines du Drame.

Speaker: Sinon j'ai un projet de série avec Elie Cisterne et Katelki Evere qui est un projet plus politique du côté écologie puisque ça retrace les premières années de militantisme de Greenpeace, projet que tu connais bien Tadeo parce que tu étais venu travailler un petit peu avec nous, donc coordinateur d'écriture.

Speaker: Et sinon, je suis en train d'écrire un premier long, là, puisque comme j'ai vraiment aimé l'expérience de la réalisation, le fait de pouvoir aller au bout d'un projet, bon, j'espère qu'il ne mettra pas 15 ans à se faire cette fois, mais voilà, j'aimerais bien refaire un nouveau projet personnel, quoi.

Speaker: Plutôt pour le cinéma?

Speaker: Plutôt pour le cinéma, ouais, parce que la télévision, ça reste quand même un médium hyper mainstream.

Speaker: J'ai vu la difficulté que c'était de vouloir faire un projet un peu atypique.

Speaker: Et je pense que l'époque, là, ne nous pousse pas à continuer ça.

Speaker: Il y a de moins en moins de 26 minutes.

Speaker: Les petites chaînes, comme France TV Slash, la commandent beaucoup moins de séries qu'avant.

Speaker: Donc, pour avoir plus de liberté créative, je pense que ce serait pas mal de faire un premier long, là.

Speaker: Toi, Lou?

Speaker: Alors, moi, là, aujourd'hui, il y a le film Couture d'Alice Monocourt qui sort en salle.

Speaker: Et ça, je vais tourner dans un film policier à New York.

Speaker: Ah wow!

Speaker: Donc ça c'est plutôt cool, qui est notamment écrit par un réaltrans.

Speaker: Ok, wow!

Speaker: Donc c'est cool.

Speaker: Et là, en vrai, c'est la fashion week.

Speaker: C'est que le début, je suis fatiguée, mais je me concentre un petit peu sur le mannequinable parce que ça paye le loyer!

Speaker: Mais tu as toujours des ambitions.

Speaker: Ouais.

Speaker: Là, en vrai, j'attends surtout la sortie de la série et voir si on va me proposer des rôles, on va m'appeler pour des castings.

Speaker: Je ne mets pas trop de pression pour le moment.

Speaker: Je pense que c'est un petit peu compliqué en tant que personne trans de rentrer dans cette industrie vraiment en France.

Speaker: Donc, je n'ai pas envie de me mettre la pression sur ça.

Speaker: Et d'ailleurs, je voulais te poser la question, dans Couture, ton rôle est out trans?

Speaker: Non.

Speaker: OK.

Speaker: En vrai, c'était cool parce que c'était vraiment un petit rôle, mais juste le fait qu'on ne parle pas du fait que je sois trans ou qu'il n'y ait pas toute l'histoire de mon personnage.

Speaker: Oui, c'est une mannequin trans.

Speaker: C'est déjà pas mal, juste que je suis une mannequin, je suis là pendant la fashion week, je suis amie avec le personnage principal.

Speaker: C'est marrant parce que du coup, c'est des vécus qui sont très différents parce que moi, on ne parle jamais de ma transidentité, justement.

Speaker: Et donc, c'est hyper intéressant de voir que selon où tu te places dans le spectre... Après, c'est juste qu'il n'y a pas tellement de rôle de femme trans.

Speaker: Donc, si tu veux, je pense que si je ne faisais pas de mannequinat...

Speaker: C'est compliqué en jouant juste des rôles de femmes trans?

Speaker: C'est impossible, je peux te le dire.

Speaker: Avec ma casquette de président représentant, je peux te dire que c'est impossible.

Speaker: Et après, ça adjoint la question de est-ce que les femmes trans sont capables au sens, est-ce qu'on leur donne des rôles supposément cis ou cis?

Speaker: Et pour l'instant, dans une question de rentabilité, de est-ce qu'on peut en vivre?

Speaker: Pour l'instant, c'est pas le cas.

Speaker: Mais oui, pour clarifier, il y a eu des femmes trans qui ont joué des femmes cis, bien sûr.

Speaker: Et il y a aussi des femmes trans, comme on le disait tout à l'heure, qui ne sont pas out et qui travaillent dans l'industrie.

Speaker: Mais c'est d'autres questions.

Speaker: Et toi, Léo, c'est quoi la suite?

Speaker: C'est quoi ton actu?

Speaker: Moi, en ce moment, je tourne une série Netflix qui s'appelle « Les brumes » et c'est super chouette.

Speaker: J'ai un petit rôle aussi, donc ça me permet de me remettre un peu au travail doucement.

Speaker: Et sinon, j'ai un long métrage dont j'ai le premier rôle, dont je vais commencer le tournage en juin, normalement.

Speaker: Je touche ma grosse tête.

Speaker: Je suis très contente.

Speaker: C'est en train de se remettre un peu en place.

Speaker: 2025 avait été assez déprimant en termes de travail.

Speaker: Je suis ravie de me remettre en action pour la promo de Pêcheresse, essayer d'être partout pour vraiment bien pousser les gens, rentrer dans le cerveau des gens pour qu'ils regardent la série.

Speaker: C'est toujours assez étonnant dans cette industrie, je trouve.

Speaker: Le travail appelle le travail.

Speaker: C'est très...

Speaker: C'est pas du tout logique.

Speaker: Il y a un truc qui est très déstabilisant de se dire « Attends, mais ça fait un an et demi que je fais rien.

Speaker: » Et là, en quatre mois, j'ai plus de travail que je n'ai jamais eu.

Speaker: Donc, c'est un truc qu'il faut un peu apprendre.

Speaker: Quand je questionne les gens autour de moi, c'est le cas pour tout le monde.

Speaker: Donc, au moins, là-dessus, on est tous logés à la même enseigne.

Speaker: Mais je suis ravie.

Speaker: Je vais tourner des trucs et tout.

Speaker: Donc, j'ai hâte.

Speaker: Bravo.

Speaker: Nous aussi on a hâte.

Speaker: Dernière question, pareil, qui est plutôt usuelle sur Représent France, le podcast, c'est si vous deviez inventer un rôle ou une histoire, pour toi Charlotte, qui serait de vos rêves, nos limites, le budget hollywoodien et de tout ce que vous voulez, peut-être même des trucs irréalisables, à quoi ça ressemblerait?

Speaker: Du coup, quitte à se faire kiffer, j'aimerais bien interpréter un personnage non-binaire, ça m'intéresserait beaucoup.

Speaker: Pour le coup, ça ne me dérangerait pas de traiter le sujet de la non-binarité au travers de ce personnage-là.

Speaker: Ça serait très cool aussi d'interpréter un humain qui vit sa vie aussi, quoi.

Speaker: Donc là-dessus, je ne suis pas très regardant.

Speaker: Mais moi, plus c'est bizarre, plus j'aime trop.

Speaker: Donc, tu me fous du fantastique, tu me fous une équipe en nomique, si t'es choisie, dans des décors de fouet, des gens trop forts qui font de la super belle lumière, dans la forêt, dans l'eau, dans le froid, dans le chaud, n'importe où.

Speaker: Encore plus, si je peux me couper les cheveux pour ce rôle, alors ça, avec grand plaisir, je lance des petits

Speaker: petit caillou, vraiment faites-moi me raser la tête, je m'en supplie.

Speaker: Et voilà, avec des pouvoirs, des gens avec des pouvoirs, avec des femmes badass.

Speaker: Pourquoi pas traiter aussi encore et toujours le sujet des VSS, moi ça me passionne de pouvoir représenter différents vécus autour de ça.

Speaker: Et puis voilà, c'est déjà pas mal réalisé par Greg Araki, et puis ça serait parfait.

Speaker: Charlotte?

Speaker: Bah moi du coup je vais pas me lancer dans un pitch sinon je vais déflorer mon projet de long métrage qui est très embryonnaire donc je voudrais pas risquer de massacrer tout ça.

Speaker: Ah parce que ton projet de long métrage c'est un truc non limite, budget hollywoodien... Bah non mais comme là tu me dis mes rêves du coup je pousse le curseur.

Speaker: Non en gros moi ma rêve ultime en ce moment c'est Bottoms de Emma Seligman que j'avais d'ailleurs demandé à l'équipe de regarder avant le tournage de pécheresse.

Speaker: J'aimerais bien aller encore plus dans cette direction.

Speaker: Par contre, ce qui est difficile en France, c'est qu'on a du mal à... Quand on fait de la comédie, c'est de la comédie à gros budget, de type UGC, Gaumont... Enfin voilà, on est dans ce secteur de gros cinéma, à vocation du coup mainstream grand public.

Speaker: Et le cinéma indépendant a tendance à un peu bouder la comédie quand c'est de la franche comédie, quoi.

Speaker: Et du coup, c'est cet endroit-là de cinéma qui n'est pas simple à trouver en France.

Speaker: Il y a plein de gens qui y travaillent et que j'ai l'impression que dans ma génération et les plus jeunes, on a tous et toutes envie d'aller vers ça.

Speaker: Mais l'industrie nous dit un peu, tu veux aller à Cannes ou tu veux aller à l'Alpe d'Uesse?

Speaker: Je dis ça de manière très binaire, là, pour le coup, mais malheureusement, le cinéma français marche vachement comme ça.

Speaker: Et voilà, donc, voilà le rêve, en gros, de pouvoir faire une...

Speaker: une comédie à la fois avec des sujets qui sont pas pour tout le monde mais de traiter ça de manière assez mainstream et assez folle en termes de mise en scène en s'interdisant pas de mélanger les genres.

Speaker: Trop bien.

Speaker: Et toi Lou?

Speaker: Alors moi, comme a dit Léo, en vrai je pense que j'aimerais bien jouer un rôle où j'ai des super pouvoirs parce que quand j'étais petite je courais autour de ma maison en faisant des bruitages de super pouvoirs mais je pense aussi en ce moment ce qui m'intéresserait de jouer

Speaker: Parce que j'ai lu beaucoup de livres sur la question, c'est raconter des histoires de femmes qui, dans les années 20, dans ces époques-là, elles ne répondaient pas aux codes de la société et du coup elles étaient mises dans des asiles.

Speaker: Parce qu'elle s'était jugée comme folle, parce qu'elle sortait très rapidement des normes de la société, qui n'était pas très compliqué de sortir des normes de la société à cette époque-là.

Speaker: Et au final, à cause des maltraitances qu'elle subissait, elle sombrait vraiment dans la folie, alors que de base, elle, ça allait parfaitement bien.

Speaker: L'opotomiser, mais je trouve que c'est un truc qui serait intéressant à jouer parce que je trouve que la folie chez les femmes, ou ce qui est caractérisé comme la folie, c'est une forme d'émancipation.

Speaker: C'est beau à voir quand ce n'est pas romantisé, quand ce n'est pas esthétisé et sexualisé.

Speaker: Parce que je trouve que dans le cinéma en général, ça peut être très facilement tourné vers le male gaze.

Speaker: Et t'avais lu Mon vrai nom est Elisabeth?

Speaker: Il est incroyable, incroyable.

Speaker: Horriblissime, mais incroyable.

Speaker: Et très parlant sur pourquoi on lobotomisait les femmes et quel était l'objectif.

Speaker: Et l'objectif c'était vraiment qu'elles redeviennent ou qu'elles deviennent des ménagères, quoi, entre grosses guillemets.

Speaker: Donc ouais, je vous recommande ce livre de fou, passionnant.

Speaker: Trop bien, on a même eu des recos.

Speaker: Génial.

Speaker: Merci beaucoup d'être venus.

Speaker: Je rappelle que Pêcheresse, ça sort le 3 mars sur Ciné Plus OCS.

Speaker: Et je vous invite aussi à retrouver toutes nos infos sur le site représententrans.fr et à nous suivre sur Instagram.

Speaker: Un grand merci à XY Média, le premier média transféministe de France et surtout à Anna Balsamo, sans qui toute cette production ne serait pas possible.

Speaker: Et merci les Pêcheresses.

Speaker: Merci beaucoup.

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Speaker

Recommended