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CULTURE TRANS | Lou Trotignon

Représentrans Le Podcast
Représentrans Le Podcast

641 plays · Aug 27, 2025

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Speaker: Bonjour et bienvenue sur Représent trans le podcast, une émission sur les représentations transgenres dans la culture à travers le monde.

Speaker: Représent trans le podcast, c'est des épisodes sur la représentation transgenre dans les œuvres d'art, des chitchats avec les membres de nos annuaires, mais aussi des épisodes comme celui d'aujourd'hui où on reçoit des stars, waouh!

Speaker: Pour parler de l'actualité culturelle trans et queer.

Speaker: Je suis Tadeo Escalante, scénariste et réalisateur, et aujourd'hui je suis avec Lou Trotignon.

Speaker: Salut!

Speaker: Salut!

Speaker: Tu vas bien?

Speaker: Je suis trop contente d'être là.

Speaker: Ah, trop chouette, moi je suis trop contente de te recevoir.

Speaker: Lou, tu es humoriste, chroniqueur et comédien.

Speaker: Depuis 2022, tu joues ton spectacle Merou.

Speaker: Aujourd'hui, on peut te retrouver sur la scène du Théâtre Saint-Georges à Paris de octobre à décembre 2025 et en tournée tout le reste de l'année.

Speaker: Et, roulement de tambour, tu es transgenre.

Speaker: Quoi?

Speaker: Quoi?

Speaker: Je la prends ici?

Speaker: Oui, je suis 30genre.

Speaker: Mais avant de te harceler avec mes questions, un petit point sur notre association.

Speaker: Représent trans oeuvre pour une meilleure représentation trans et plus d'inclusion dans le secteur culturel.

Speaker: En 2020, on a dressé des annuaires répertoriant les actrices trans de France.

Speaker: Aujourd'hui, on a plus de 250 membres.

Speaker: On propose des formations pour les professionnels et de consultations pour vos projets culturels.

Speaker: Depuis 2024, on offre une bourse à l'aide aux courts-métrages de fiction trans.

Speaker: Et aujourd'hui, on arrive dans vos oreilles avec ce podcast.

Speaker: Voilà, à nous!

Speaker: Alors, Lou, tu as été révélée au grand public avec ton premier spectacle « Merou », mais aussi avec tes chroniques chez France Inter et des apparitions notables au Montreux Festival chez TEDx ou plus récemment sur la scène du Djamil Comedy Club.

Speaker: Alors déjà, je propose qu'on tapisse un peu les fondations et qu'on parle de ton spectacle Meru.

Speaker: Moi, j'aimerais bien savoir de quoi ça parle et qu'est-ce qu'il représente pour toi?

Speaker: Ça parle de roulement de tambour.

Speaker: Transition!

Speaker: Donc, Mérou, c'est un spectacle que j'ai commencé à écrire en 2022.

Speaker: Et ça s'appelle Mérou parce que c'est un poisson qui change de gamètes au cours de sa vie.

Speaker: Donc, il ne change pas vraiment de genre, évidemment.

Speaker: Mais moi, ça a été ma première représentation trans non-binaire.

Speaker: Puisqu'à l'époque, il n'y avait vraiment pas ou très très peu.

Speaker: Et vraiment, je suis gentille quand je dis ça.

Speaker: Il n'y avait pas ou très peu de représentations trans non binaires.

Speaker: Et du coup, je suis allée jusqu'à trouver un poisson pour me sentir reconnu.

Speaker: Et du coup, ce spectacle s'appelle « Mes roues » pour dire qu'on existe, on est dans la nature.

Speaker: Et c'est un spectacle qui, à la base, parlait de doute et qui s'est transformé avec mon histoire de transition.

Speaker: Pas l'histoire chronologique, mais l'histoire des réalisations qu'on peut avoir tout au long d'une transition.

Speaker: Et c'était quoi le but avec ce spectacle si t'en avais un?

Speaker: Au début j'en avais vraiment pas, j'avais la possibilité de faire une heure de spectacle, je voulais quelque chose de politisé, de queer, mais j'étais très perdue sur ma propre identité, j'étais pas du tout out en tant que personne trans, et je parlais de doute, du fait que c'était ok de douter, que ça pouvait être une identité en soi et tout, et après la transition m'est un peu tombée dessus.

Speaker: Mais du coup avant ça t'étais out en tant qu'humoriste?

Speaker: Exactement, j'étais out en tant qu'humoriste, même mes premiers sketchs, je pensais que j'étais, enfin je me pensais en tout cas comme une meuf si c'était rat, et mes premiers sketchs c'était ouais tout le monde pense que je suis lesbienne alors que pas du tout, et j'ai dû genre réécrire tous mes sketchs après en mode ah oui, non en effet je suis pas lesbienne, je suis trans.

Speaker: Et est-ce qu'il y a eu de l'évolution?

Speaker: J'imagine que vous... les gros trucs, les trucs un peu majeurs, qui vont vraiment changer depuis 2022?

Speaker: Tu veux dire de changements sur le spectacle?

Speaker: Ouais.

Speaker: Tu disais déjà un peu les doutes et tout, mais est-ce que tu vois la durée ou le type d'humour?

Speaker: Je sais pas, le ton?

Speaker: Non, le ton, il a en fait tout le travail avec mon metteur en scène et co-auteur, qui est aussi mon meilleur ami, qui s'appelle Amiel Mokad, qui est aussi le metteur en scène de Noam Cinso.

Speaker: D'accord.

Speaker: tout le travail ça a été de comprendre comment j'étais dans la vraie vie et de ressortir ce que je suis vraiment pour en faire un personnage humoristique donc en fait on change pas mais on creuse et on va plus loin c'est plutôt comme ça que moi je le vois

Speaker: Et après au niveau du spectacle par contre le contenu, les blagues, je pense qu'il y a très très peu de blagues qui étaient au tout début et qui sont là aujourd'hui parce que j'évolue.

Speaker: Mais ça reste le même propos sur la transition, le fait de ne pas trop savoir et que c'est ok.

Speaker: Et moi je dis souvent que mon spectacle transitionne en même temps que moi.

Speaker: J'aime bien Chez Représentance, on t'a invité aujourd'hui Et on fait ce podcast d'ailleurs Avec l'ambition de proposer Une certaine représentation Un nouveau média Mais une manière de donner la parole Et d'avoir une pluralité de témoignages Et de parcours de vie Pour qu'on puisse s'identifier Voir même se projeter Donc c'est important pour nous de savoir aussi D'où tu viens, t'es pas obligé de démarrer depuis la naissance Mais en gros Ce qui m'intéresse c'est ton parcours

Speaker: Oui, je comprends.

Speaker: Et je pense que c'est important de rappeler le parcours aussi, parce que je commence à avoir de plus en plus de visibilité.

Speaker: Et je pense qu'il y a une idéalisation aussi de cette visibilité-là, mais je la replace toujours dans des cadres sociaux, culturels et tout.

Speaker: Même s'il y a le travail, évidemment, potentiellement une base de talent pour celles et ceux qui croient au talent.

Speaker: Je ne sais pas, je suis très vertueuse.

Speaker: Mais voilà, donc moi je viens d'un milieu de classe moyenne sup, famille blanche, accès à la culture.

Speaker: Mes parents étaient scénaristes, réalisateurs.

Speaker: Ça n'a pas fonctionné, donc ils ne le sont plus.

Speaker: Ils ne sont pas morts, juste ils ont raté leur carrière.

Speaker: Je ne dis que la vérité.

Speaker: Du coup, j'ai quand même grandi dans un milieu artistique.

Speaker: On m'a poussé à aller vers l'artistique.

Speaker: Donc ça, ça m'a beaucoup, beaucoup aidé.

Speaker: Et après, j'étais bonne élève, donc je suis rentrée à Sciences Po Paris pendant un mois.

Speaker: J'ai pas tenu, c'était horrible.

Speaker: J'ai fait une fac de philo, mais vraiment par défaut, j'étais nulle.

Speaker: J'ai pas réussi, le langage universitaire m'a perdue.

Speaker: Vraiment, je comprenais pas.

Speaker: J'ai l'impression de devoir... C'est un autre sujet.

Speaker: J'ai un trouble de l'attention aussi, voilà.

Speaker: Et comme tous les trans.

Speaker: Bref.

Speaker: Et donc voilà, ça c'est le côté études.

Speaker: Et puis à un moment, je savais pas trop quoi faire.

Speaker: Je fais aussi un peu de TDS et tout.

Speaker: Et à un moment, je savais plus quoi faire.

Speaker: Je savais juste que la scène, c'était le seul endroit où je me sentais vivant.

Speaker: Et qu'il fallait que je fasse quelque chose qui avait un rapport avec ça.

Speaker: Et je me suis dit, le stand-up, c'est un truc que je regarde depuis que je suis enfant.

Speaker: Mais je pensais pas que c'était accessible pour moi.

Speaker: Et en fait, j'ai tapé sur Google cours de stand-up, j'ai pris le moins cher.

Speaker: Ah oui?

Speaker: C'est trop mignon.

Speaker: Oui!

Speaker: Et du coup, voilà, j'ai tenté et ça a pas mal pris.

Speaker: Et du coup, je me suis dit, bon, il y a un filon et ça me fait plaisir, je me sens vivant, quoi.

Speaker: Oui, tu avais l'impression que c'était un peu fait pour toi, tu sentais qu'il y avait...

Speaker: Ouais en tout cas c'était, moi j'ai beaucoup de mal à aller jusqu'au bout des choses et là j'y arrivais.

Speaker: Et du coup je me suis dit ok il y a un intérêt qui se crée chez moi, genre j'ai envie de dépasser mes limites, j'ai pas envie de m'asseoir sur la facilité.

Speaker: Et du coup là j'ai tout arrêté, mes études et tout, et puis je travaillais en barre à côté pour la thune quoi.

Speaker: En même temps que tu as démarré le stand-up?

Speaker: Et quand t'as démarré le stand-up, est-ce que tu as fait comme mes amis stand-uppers et qu'il allait dans les petits comédie-clubs?

Speaker: Que tu as fait tous les soirs pour faire plein de trucs à droite de gauche?

Speaker: Tu payais pour jouer et tout.

Speaker: Ouais, je payais pour aller jouer.

Speaker: Alors au début, je t'ai perçue comme une meuf, donc j'avais que accès aux Girls' Night.

Speaker: Ah ouais, c'était à passion de temps, c'était il y a 4-5 ans.

Speaker: Mais c'était encore plus sexiste que ça l'est aujourd'hui, le stand-up.

Speaker: C'est quelque chose qu'on entend beaucoup Moi personnellement je l'entends beaucoup Et du coup toi tu dirais que c'est pire maintenant?

Speaker: Je sais pas J'ai l'impression qu'il y a un petit retournement de situation Parce qu'on a commencé à pouvoir s'exprimer Et du coup j'ai l'impression que ça les a saoulés Et du coup ils se back up dans un truc Maintenant le grand argumentaire Qui n'est pas vrai

Speaker: C'est de dire oui, mais les mecs cis, hétéro, blancs, ils peuvent plus jouer tellement tout le monde est woke.

Speaker: Regardez la line-up des comédie-clubs.

Speaker: Peu importe, c'est des comédie-clubs différents, c'est les mêmes gens.

Speaker: C'est que des mecs.

Speaker: Du coup, non, c'est pas vrai qu'ils n'ont pas leur place.

Speaker: Mais il y a cette idée que les meufs et les personnes sexisées sont en train de prendre trop de place.

Speaker: Est-ce que c'est aussi pour ça que toi, tu as décidé de faire ton spectacle sur ta vie assez intime, voire très intime finalement?

Speaker: J'ai pas vraiment décidé.

Speaker: Je crois que ce qui me fait me sentir vivant sur scène, c'est de parler de mes tripes ou de trucs, genre il faut que je le dise, il faut que ce soit dit quelque part, j'en sais rien.

Speaker: Et du coup, il s'avère que c'était la transition.

Speaker: Au début, c'était le BDSM.

Speaker: Mon premier sketch, c'était vraiment sur la pratique du BDSM, parce que j'en avais marre.

Speaker: d'entendre des sketchs où les gens qui pratiquent le BDSM ne sont vus que comme des pervers, machin, alors que c'est une communauté trop mignonne quoi.

Speaker: Enfin, honnêtement, quand on connaît vraiment cette communauté, c'est vraiment des choupis quoi.

Speaker: Et voilà, du coup, ça venait de là, il s'avère que du coup, bah, il y avait la transition dedans, mais j'ai pas décidé.

Speaker: Par contre, j'ai décidé après avoir compris que ça allait parler de transition, qu'il fallait que j'assume que ça parle de ça, et que ça allait être quelque chose de le défendre auprès des médias et tout quoi.

Speaker: Ouais, c'est ce que j'allais te demander, parce qu'on sait que t'es quand même très engagé politiquement, que ce soit pour les droits sociaux, pour la représentation trans.

Speaker: Ça fait aussi partie, je trouve que c'est inhérent à ton spectacle.

Speaker: Mais justement, ce qui m'intéressait, c'est aussi, là, tu disais qu'il y a eu un moment dans ta vie où tu t'es dit « Ok, est-ce que j'assume ou pas?

Speaker: » Et comment je le fais?

Speaker: Qu'est-ce qui est rentré en jeu par rapport à cette prise de décision?

Speaker: Quels étaient les... Tu vois, à quoi tu t'es confronté?

Speaker: La première fois, en fait tout a vraiment démarré avec ma première chronique France Inter.

Speaker: C'était il y a trois ans maintenant, mais c'était ma première apparition dans le mainstream.

Speaker: Et aussi une des premières fois où une personne trans faisait de l'humour pour parler d'un sujet qui le concernait, c'est-à-dire la transphobie.

Speaker: Et du coup ça a buzzé de ouf, ça m'a vraiment fait démarrer et la première pensée qui m'est venue c'est ma protection.

Speaker: J'ai eu peur.

Speaker: Genre je pensais pas mais c'était vraiment genre ok je vais être une personne trans visible.

Speaker: Et du coup toute cette transphobie va être dirigée vers moi, mais c'est pas que vers moi, c'est vers toute la communauté.

Speaker: Donc ça, ça m'a fait un peu peur, au final, à part les haters sur Instagram, pour l'instant j'ai pas plus que ça.

Speaker: Je pense pas que je suis reconnaissable dans les milieux autres que de gauche ou engagé, tu vois, donc a priori.

Speaker: Mais c'est vraiment une vraie question, genre, ok, qu'est-ce que ça va faire si un jour je suis visible en tant que personne trans?

Speaker: Déjà, je peux ne pas être out, tout le monde sait que je suis trans.

Speaker: Donc ça, ça change quand même quelque chose.

Speaker: Et le deuxième truc, c'est qu'on a vraiment taffé avec co-auteur-metteur en scène sur l'image que j'avais.

Speaker: Par exemple, on a vachement travaillé le fait d'être dans la douceur et de parler en souriant, mais de quand même tacler les gens parce qu'on sait très bien que c'est que comme ça qu'une première prise de parole ou dans les premières prises de parole trans, on va nous écouter.

Speaker: Et c'est hyper aliénant de devoir calmer sa colère, mais je te jure que les gens ne m'écoutent pas sinon.

Speaker: Du coup, on a vachement travaillé ça, on essaye de le redéconstruire, mais ça a été une vraie décision de dire, ok, on va jouer le jeu pour ouvrir des portes, on va essayer de prendre leurs règles, leurs normes et jouer avec.

Speaker: Est-ce que tu dirais que cette douceur, ce ton doux que tu as, c'est presque un personnage?

Speaker: Non, je pense que c'est vraiment moi, mais je pense que je me retiens quand même de dire pas mal de choses.

Speaker: Parce que très vite, on peut me catégoriser d'hétérophobe, de trop communautaire.

Speaker: Et en fait, je veux absolument éviter cet argumentaire-là pour pouvoir avancer.

Speaker: Je ne suis pas d'accord avec ce qui est dit.

Speaker: Moi, je suis trop chaud pour clasher les hétéros, être communautaire.

Speaker: J'aime trop!

Speaker: Mais j'ai un peu genre... Je sais pas comment on dit... L'image à long terme quoi.

Speaker: Le projet à long terme.

Speaker: D'être en mode, ok, on est en train d'ouvrir des portes et il y a des sacrifices qui doivent être mis en place.

Speaker: Par exemple, c'est un truc auquel on parle beaucoup, mais on n'est pas bête.

Speaker: On sait pourquoi.

Speaker: C'est moi qui fais partie des premières personnes transvisibles.

Speaker: Je suis blanc, androgyne, danse, que les gens...

Speaker: s'imaginent qu'il y ait une personne non-binaire assignée femme vers la masculinité.

Speaker: Enfin, il y a vraiment beaucoup, beaucoup d'éléments.

Speaker: On le sait et notre idée, c'est vraiment de l'utiliser pour que d'autres personnes, beaucoup moins dans les normes, puissent venir.

Speaker: Donc, c'est une réflexion qu'on se fait à chaque fois de sacrifice et de lissage, pas du propos, mais du personnage.

Speaker: Est-ce que du coup, c'est pour ces mêmes raisons que tu prends aussi en charge une certaine pédagogie?

Speaker: Oui, bien sûr.

Speaker: Mais c'est un choix, ça pour le coup c'était une vraie décision.

Speaker: Quand j'ai vu que ça parlait de ça, en fait moi je me suis rappelé quand ma sœur a fait son coming out, donc elle est trans aussi, elle l'a fait avant moi, et bien je faisais plein d'erreurs.

Speaker: J'avais des idées que maintenant je comprends comme des idées transphobes, de la transphobie internalisée, et du coup je me suis dit ok, j'étais dans cette position-là, les gens qui viennent me voir en spectacle sont probablement dans cette position-là, et je vais pas faire genre je l'ai jamais été, je suis née complètement trans-friendly, et c'est tout sur la transition.

Speaker: Du coup, j'essaie de recréer ce moment en disant « moi non plus je ne comprenais rien, on va comprendre ensemble ».

Speaker: Mais parce qu'il y a un truc où je n'aime pas cet argument, je ne suis pas d'accord, mais c'est la réalité de quand tu abordes les gens directs avec la colère, ils n'écoutent pas.

Speaker: Ils devraient écouter.

Speaker: La colère ne devrait pas illégitimer ton propos.

Speaker: Mais tu vois...

Speaker: Oui, complètement.

Speaker: Mais du coup, ce qui veut aussi dire que tu as quand même une vigueur en toi de vouloir voir le changement et donc les conséquences de tout ce que tu fais.

Speaker: Parce que, par exemple, pour parler très personnellement, moi, je n'ai pas la patience de la pédagogie.

Speaker: Moi je suis payée pour ça, c'est pas pareil.

Speaker: Non mais complètement, je parle aussi un peu de ça tu vois, d'en faire un peu un truc lié à la profession.

Speaker: Mais du coup comme tu disais c'est aussi peut-être lié à plein d'autres trucs, de parcours de vie, d'où on vient, ce qu'on a pu vivre et tout, complètement.

Speaker: Mais je pense que quand on prend du recul sur ça juste deux secondes et qu'on se concentre un peu sur le moment présent,

Speaker: Du coup, ça veut aussi dire ça, quoi.

Speaker: Ça veut dire que déjà, t'es prêt à cet effort-là et que derrière, tu vois, tu parlais de... C'est beau, quoi, d'une certaine manière, de les voir un peu progresser ensemble.

Speaker: Oui.

Speaker: Mais du coup, c'est beau parce qu'on arrive sur la thématique de l'espoir, quoi.

Speaker: Oui, c'est ça.

Speaker: Ça veut dire que t'as beaucoup d'espoir?

Speaker: Ouais je crois.

Speaker: En ce moment c'est difficile mais ouais je crois j'en ai toujours et vraiment justement par rapport à toute la situation politique en ce moment que ce soit sur les génocides en cours, tout ce qui se passe et aussi l'obsession sur les personnes trans.

Speaker: qui du coup est le truc qui me concerne le plus directement.

Speaker: Vraiment, ça a été difficile.

Speaker: Mais je vois mes salles remplies avec des gens de moins en moins concernés directement ou par un ou une proche qui viennent parce que juste, ils voient bien, ils ont des enfants par exemple, ils disent « nous on ne veut pas les mettre dans le même monde que nous on a vécu ».

Speaker: Et du coup, je me dis « mais ça, c'est vraiment plein de gens qui nous soutiennent et qu'on n'entend pas ».

Speaker: Parce que sur Instagram, il n'y a que les haters qui parlent beaucoup, machin et tout.

Speaker: Et du coup, ouais, ça me donne grave de l'espoir.

Speaker: Je vois des médecins qui viennent à mon spectacle parce qu'ils ne sont pas formés.

Speaker: Ce n'est pas normal qu'ils viennent se former à un spectacle de stand-up, soyons clairs.

Speaker: Mais du coup, ils viennent, il y a une volonté, peu importe si ils sont concernés ou pas, de se battre pour les droits des personnes trans.

Speaker: Et du coup, ouais, ça me donne un peu d'espoir.

Speaker: Mais c'est des rencontres individuelles.

Speaker: C'est genre quatre personnes à chaque spectacle.

Speaker: Tout le monde ne me dit pas tout.

Speaker: Donc, c'est petit pas par petit pas.

Speaker: Mais ouais, ça me...

Speaker: Et du coup j'ai posé la question qui fâche un peu mais est-ce que tu penses qu'on peut rire de tout?

Speaker: C'est à dire la question qui est cachée sous ça, c'est est-ce que les stand-upers, les humoristes cisgenres peuvent faire des blagues sur les personnes trans?

Speaker: Moi je pense que oui ouais.

Speaker: Mais...

Speaker: Je pense que la question... C'est vraiment comment moi j'écris aussi.

Speaker: Mais par exemple, Noam Sensho a des blagues là-dessus.

Speaker: Donc Noam Sensho qui est un humoriste absolument incroyable, Martiniquet, PD, qu'on adore.

Speaker: Et une superstar.

Speaker: Et une superstar.

Speaker: Mais ça, c'est tellement évident que je ne le rappelle pas.

Speaker: Mais qui est du coup aussi un ami que j'aime énormément.

Speaker: Et il a une blague dessus qui me fait beaucoup rire.

Speaker: Je ne vais pas la dire pour ne pas spoiler.

Speaker: Et qui met en avant notamment les mecs trans, tu vois.

Speaker: Et pareil, il y a Iliasmela, il a un sketch où il raconte que sa pote a transitionné, ce que ça lui a fait et tout.

Speaker: Et en fait, quand tu pars de toi, a priori, tu peux parler de ce que tu veux.

Speaker: Moi, je trouve ça intéressant que quelqu'un qui parle de, par exemple, à quel moment ça l'a perdu que sa pote transitionne, mais qu'en fait, le fond, c'est qu'il l'aime toujours.

Speaker: Il faut en parler, à quel moment ça te perd et tout.

Speaker: Mais je pense que la question à se poser c'est qu'est-ce que t'apportes de nouveau avec cette blague?

Speaker: Si c'est juste reproduire de la transphobie, non, c'est pas intéressant.

Speaker: C'est déjà existant dans le monde.

Speaker: Enfin, je vois pas pourquoi... C'est trop facile de retaper dessus.

Speaker: Ça je pense que c'est du mauvais travail d'humour.

Speaker: Au-delà de ces problématiques, c'est du mauvais travail.

Speaker: De la mauvaise structuration, tu penses?

Speaker: Pour moi, le stand-up, c'est censé déranger les codes.

Speaker: C'est pour ça que ça existe, même historiquement et tout.

Speaker: C'est l'intention.

Speaker: C'est l'intention, voilà.

Speaker: Si ton intention, c'est juste de faire une blague facile parce que tu sais que les gens vont rigoler parce qu'ils sont majoritairement, ils ont appris à être transphobes et à rigoler sur des blagues transmisogynes, c'est pas intéressant.

Speaker: Tu fais du taf de merde.

Speaker: Tu fais de la facilité.

Speaker: Non, non, ne t'excuse pas.

Speaker: Mais au-delà de, est-ce que c'est problématique ou pas, qu'il y a une question qui est importante, mais qui enferme un peu dans, on ne peut plus rien dire, oui, mais non, non, non.

Speaker: Je trouve qu'il y a vraiment cette question de qu'est-ce que tu t'apportes au monde, ou dans l'humour, avec cette blague.

Speaker: Si tu n'apportes rien, que tu fais juste dire une idée commune, il faut

Speaker: C'est une question qui est directement reliée, connectée, à la question de la représentation, dans ce qui nous concerne la représentation transgenre.

Speaker: Parce que c'est quelque chose qui angoisse tous les auteurs, les autoristes et tous les créateuristes dans la culture.

Speaker: C'est aussi pour ça que notre association, elle existe et qu'on a pu faire de la consultation sur certains projets.

Speaker: Heureusement, ils commencent à se réveiller un peu et à se dire... Qu'est-ce qui les angoisse?

Speaker: Est-ce qu'on peut écrire sur les personnes trans?

Speaker: Comment on peut le faire?

Speaker: Alors oui, bien sûr, il y a ceux qui le font sans aucune gêne.

Speaker: Mais heureusement, on peut quand même noter une certaine progression depuis quelques années.

Speaker: Nous, en tout cas, on est là depuis 2022.

Speaker: En tout cas, un début de conscience qui, pour l'instant, de notre côté...

Speaker: on l'a vu, c'est cristallisé en angoissin.

Speaker: Vraiment.

Speaker: Pareil chez les actrices, de est-ce qu'une actrice cisgenre peut jouer une personne trans?

Speaker: Et c'est pareil, c'est la question de est-ce qu'on peut tout jouer?

Speaker: Tout ça pour dire que c'était connecté, et que du coup, ça tombe très bien, parce que c'est ce qui nous intéresse.

Speaker: Donc, deuxième question hyper dure, c'est quoi, pour toi, c'est quoi la représentation?

Speaker: Qu'est-ce que la question de la représentation incarne?

Speaker: Ah ouais, c'est dur.

Speaker: C'est large, c'est ça le problème.

Speaker: Ben, moi, qu'est-ce que ça... Oh, girl!

Speaker: En fait, je le parlais très personnellement, parce que j'étais en train d'essayer de faire une thèse sociologique, mais je n'ai pas du tout les outils pour faire ça.

Speaker: Mais pour moi, la représentation, ça me permet juste...

Speaker: tout simplement de voir qu'il y a des gens comme moi.

Speaker: Et du coup, ça me permet... Comme il y a énormément de transphobie, d'homophobie, et que les premières fois où tu te rencontres, souvent dans des milieux pas du tout acceptants, malheureusement, ça arrive beaucoup, c'est hyper douloureux.

Speaker: T'as l'impression qu'il faut cacher cette partie de toi.

Speaker: C'est hyper cliché, ce que je dis, mais c'est pas pour rien que c'est cliché sur nos vécus.

Speaker: Et je sais que la première fois que j'ai rencontré des pédés trans, j'étais là, ah mais!

Speaker: Je comprends qui vous êtes, je me sens à ma place.

Speaker: Et du coup, moi ça a été un vrai... Même avant de capter que j'étais trans et que c'est ça que j'allais défendre dans mon spectacle, c'était vraiment mon but, la représentation, de montrer qu'il y avait des gens comme moi

Speaker: qui existait, et c'est toujours le cas dans les gens qui m'intéressent aujourd'hui et qui commencent le stand-up et tout.

Speaker: C'est genre, allez, il faut qu'on existe.

Speaker: Pourquoi il n'y a pas de meufs trans, là?

Speaker: Dans le stand-up, il y en a, ça commence.

Speaker: Mais pourquoi c'est un mec trans qui est un des premiers à être visible?

Speaker: C'est pas normal.

Speaker: Enfin, vraiment, c'est pas normal.

Speaker: Donc, la représentation, c'est ça.

Speaker: Et je crois que j'avais envie d'ajouter...

Speaker: J'ai reçu une lettre il y a deux jours de quelqu'un, enfin un fan quoi, et c'était trop mignon.

Speaker: C'est un mec trans de 44 ans qui me raconte comment ça lui a fait quelque chose de me voir sur les réseaux et de dire que lui il a grandi dans un monde où ça n'existait pas et tout d'un coup il peut voir sur les réseaux quelqu'un qui parle, il se reconnaît dedans.

Speaker: Et ça a bousculé.

Speaker: Je pense que je ne me rends pas compte, même si je dis que moi, quand j'étais jeune, je n'avais pas de représentation, à quel point on a beaucoup de représentation aujourd'hui.

Speaker: Pas assez, mais on en a beaucoup.

Speaker: Et je trouve qu'on a tendance, et moi le premier, à critiquer les gens visibles, à représenter, mais je pense qu'on ne se rend pas compte de la chance qu'on a.

Speaker: d'avoir le privilège de pouvoir dire oui d'accord tu représentes mais sur tel point pas trop et c'est important évidemment de parler de tout ça mais c'est juste que je me rends compte à quel point juste là on est dans une période charnière et il faut juste qu'on soit là quoi et peut-être qu'on laisse deux secondes de côté les petites critiques internes mais sans les oublier

Speaker: Mais est-ce que, je relis un peu avec ce qu'on disait au début, est-ce que c'est pour ça, par ce manque de représentation, que tu as voulu faire de l'humour?

Speaker: En tout cas, que tu as voulu faire rire les gens?

Speaker: J'ai voulu faire rire les gens parce que je considérais que j'étais une personne trop dramatique dans ma vie.

Speaker: Trop dramatique?

Speaker: un peu drama queen un peu du mal à voir le positif et du coup je voulais explorer cette partie là de moi en me lançant dans le stand up et puis faire rire les gens c'est vraiment un cadeau pour un people pleaser d'excellence t'arrives sur scène et tu fais rire les gens c'est une émotion incroyable et puis en plus c'est une émotion le rire qui me passionne parce que t'as tellement de rires différents t'as des rires de gens qui se reconnaissent tu fais même pas une blague juste tu te reconnais dedans du coup tu rigoles

Speaker: T'as des rires où tu dis tellement la vérité que du coup ça soulage, donc c'est un rire de soulagement.

Speaker: T'as des rires où vraiment tu l'as pas vu venir et tu t'es fait tacler et du coup tu rigoles mais t'es là, ouah!

Speaker: Enfin ça c'est l'expertise de Ndame Sinsault par exemple.

Speaker: Et je suis pas sponsorisée par Ndame Sinsault, c'est juste que j'aime beaucoup.

Speaker: Mais je sais pas, le rire ça me passionne.

Speaker: Et tu peux les remarquer sur scène quand tu joues?

Speaker: Ah ouais, il y a des rires différents et tout, avec l'expérience, pas au début, mais... Et ouais, parce qu'au début, j'avais des rires qui n'allaient pas dans mon sens, mais je pensais que sous prétexte qu'il y avait un rire, ça validait et en fait, je comprenais assez vite que les gens riaient de moi et pas avec moi.

Speaker: Et qu'est-ce qui a changé?

Speaker: C'est toi qui a changé quelque chose?

Speaker: Ouais, je pense que j'étais trop dans l'autodérision pour essayer de m'adapter aux gens qui étaient devant moi, qui étaient la plupart du temps pas concernés du tout.

Speaker: Et après, j'en avais marre de ça, du coup j'ai ouvert mon plateau à la mutinerie, qui maintenant est repris par Luciole Defeu et Yann, qui sont deux personnes trans qui font du stand-up aussi.

Speaker: Mais j'ai créé ça parce que j'en avais marre d'adapter mon langage.

Speaker: Donc j'ai voulu faire un truc communautaire pour commencer à tester mes blagues sans modifier mon langage.

Speaker: Oui, parce que ça faisait partie aussi de l'interrogation.

Speaker: C'était la différence entre le public, en tout cas queer, et le public plus hétéronormé.

Speaker: Je crois que tu en avais déjà parlé quelque part, je ne sais pas dans une interview ou quoi, mais c'est quelque chose, j'imagine, qui doit être assez compliqué, voire dur.

Speaker: Ça a été dur au début.

Speaker: Maintenant, franchement, la salle est de plus en plus hétéroclite.

Speaker: Hétéro... Non mais en vrai, à Paris en tout cas, parce qu'en tournée, comme je n'y vais pas souvent, c'est surtout la commu que je retrouve et ça fait trop du temps.

Speaker: À Paris, la plupart de la commu ont peut-être déjà vu ou enfin cette... Parce que j'y ai plus joué tout simplement.

Speaker: Mais pas toute la commise évidemment, enfin bref, à chaque fois j'ai peur d'être mégalo.

Speaker: Mais du coup non, c'est moins un problème justement, toute la technique d'écriture qu'on a mis en place, ou qu'on a voulu faire, c'était de réduire le grand écart supposé entre les personnes hétéro-cis et les personnes queer.

Speaker: Et du coup maintenant c'est plutôt un plaisir d'avoir autant de gens différents dans la salle, de jouer devant des publics hétéros, le problème c'est de jouer devant des personnes hétéros de droite.

Speaker: Ça t'arrive souvent?

Speaker: Ouais ouais ça arrive encore vraiment et tu les vois, ils sont... ça arrivait y a pas longtemps, ben justement avec Noam mais bon faut pas que je dise mais bon c'est pas...

Speaker: Mais bref, on était sur un plateau, je passe, je parle de ma transition et j'entends des assez vulgaires, ça parle de cul et tout ça, ça parle pas de cul, ça parle de ma transition.

Speaker: Mais les gens confondent et deux secondes, enfin deux secondes après, la personne d'après qui est un mec 6-7 blanc monte sur scène et parle de cul directement en disant ma bite, ma bite, des trucs comme ça quoi.

Speaker: Et là les gens sont hilares et ce n'est pas de la vulgarité.

Speaker: Et je suis là, ah oui d'accord, je ne remets pas en question mon travail, là c'est un truc de... Mais oui, ça arrive souvent.

Speaker: Et malheureusement du coup, c'est pas que t'es bloqué quoi, mais tu peux pas tant... Je cherche plus à les convaincre là, non.

Speaker: Je dis j'ai existé, c'est chiant mais j'ai été là, j'ai dit mon truc, c'était pas de l'humour, c'était de l'existence.

Speaker: Et en fait faut que je reste, et peut-être dans la salle il y a 2-3 personnes que ça va toucher, je sais pas, des personnes dans le placard, tout d'un coup, enfin je me dis voilà, je mise là-dessus, mais par contre c'est très désagréable.

Speaker: Oui, mais si je peux me permettre un avis, je pense vraiment que tu as raison.

Speaker: Déjà, tu as raison complètement, il y a des gens dans le placard.

Speaker: Et puis malheureusement, il y a aussi des trans et des queers de droite.

Speaker: Il y a aussi des gens que ça peut faire un peu réfléchir.

Speaker: Et je pense que tu as raison, cet acte d'existence, il est en fait impactant.

Speaker: Il est impactant, mais qu'est-ce que j'en ai marre.

Speaker: Oui, mais ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure de la pédagogie.

Speaker: Ouais mais la pédagogie ça me dérange pas, c'est vraiment juste... En fait moi je suis stand-up à la base, je veux faire de l'humour, je suis amoureux de la scène et du coup quand mon expérience de scène est niquée parce que les gens sont transphobes ou homophobes ou ont des a priori sur moi où je dis trans et tout d'un coup tout le monde sers les fesses, ça me saoule, je suis là les gars c'est bon, c'est vraiment juste je raconte ma vie comme un mec hétéro raconte sa live quoi.

Speaker: Et est-ce que tu as remarqué, on parlait tout à l'heure du contexte actuel, on a un climat quand même très pesant.

Speaker: Est-ce que tu as remarqué aussi que c'était un changement dans l'humour pour réussir à faire rire les gens?

Speaker: Dans l'humour en général, je ne sais pas, on remarque beaucoup plus de censure, c'est sûr.

Speaker: À un niveau particulier ou de manière...

Speaker: Un niveau plus élevé auquel j'ai plus accès, enfin j'ai pas accès, donc je pourrais pas me permettre d'en parler, mais ne serait-ce que Merwan Ben-Lassar, qui a été tout de suite, enfin je veux dire, il parlait même pas de ses origines, de quoi que ce soit, enfin il faisait une chronique sur autre chose, enfin bon bref, c'est absurde.

Speaker: Et du coup, peut-être que je rappelle le contexte.

Speaker: Oui, oui, tout à fait.

Speaker: Je ne sais plus si c'était à vous.

Speaker: C'était à vous, c'est ça.

Speaker: Et du coup, sous prétexte qu'il y avait une barbe et un bonnet, on a dit que c'était... Voilà.

Speaker: Ça a été de l'islamophobie, quoi.

Speaker: Et à côté de ça, ça a été à quotidien, il y a un mec blanc avec une barbe et un bonnet qui continue à faire ses chroniques, qui par ailleurs est très sympa, mais juste genre c'est absurde, quoi.

Speaker: Du coup on voit bien qu'il y a une censure, moi je le vois, j'ai perdu des propositions sur des gros médias, ça a été annulé depuis la réaction de Trump, je devais faire des reportages, on m'a dit non on a parlé trans-identité il y a trois mois, enfin, moi là je suis en train de perdre des contrats, des possibilités, donc il y a une censure, ça c'est le premier on l'a vu de A à Z, trop risquer d'inviter une personne trans sur un plateau, trop machin, enfin...

Speaker: Pour moi c'est absurde, c'est le moment où il faut, mais... Du coup voilà, ça, ça a changé.

Speaker: C'est plus difficile d'écrire des blagues, parce que le principe de la blague c'est d'avoir du recul, et là on n'a plus de recul en ce moment, enfin tout s'enchaîne.

Speaker: Du coup ça c'est plus difficile, par contre je trouve que dans la salle en termes de sensation de scène et aussi genre juste des vidéos que je poste sur Insta qui sont pas forcément engagées mais juste drôles, je sens que les gens ont besoin de rire genre fort.

Speaker: Et que même c'est un endroit important pour le militantisme, d'avoir des moments de repli, de recul, de repos où juste on rigole et on lâche un peu pour après pouvoir aller se... Oui c'est des fois du poulet quoi.

Speaker: Du coup ça je remarque.

Speaker: Vraiment, les gens sont moins coincés dans les salles qu'avant.

Speaker: Étonnamment, ouais.

Speaker: Ouais.

Speaker: Ok, très intéressant.

Speaker: Désolé, c'est long comme réponse.

Speaker: Tu es là pour ça.

Speaker: Tu es là pour être long dans tes réponses.

Speaker: D'accord.

Speaker: Par ailleurs, après ce chapitre humour, je sais que tu as ton premier rôle à la télé qui arrive bientôt.

Speaker: Qu'est-ce que tu as le droit de nous dire sur ça?

Speaker: C'est une série courte, je crois cet épisode de 8 minutes, qui s'appelle « Ruby », et qui est écrit et réalisé par Daphné Cholet, qui n'est pas la fille de Daphné Burki et Mona Cholet.

Speaker: ça serait tellement incroyable incroyable moi j'ai décidé que c'était ça mais bon elle me dit arrête de dire ça je dis oui bon d'accord donc on s'est rencontré enfin bon pardon je reviens un peu voilà Ruby c'est une série courte avec des personnes queer qui se passent dans un bar queer principalement mais ça ne parle pas du tout du fait d'être queer ça parle l'idée c'est que Ruby c'est la deuxième super héroïne préférée des queer donc elle a vraiment des super pouvoirs et tout c'est un peu univers BD fantastique quoi

Speaker: Pop, exactement, il y a les coolers, n'importe quoi, on ne me comprend pas du tout la pop.

Speaker: C'est assidulé.

Speaker: Voilà, c'est ça, assidulé.

Speaker: Donc c'est un peu ça le principe, et son ex est genre l'héroïne la plus connue des queers, et on suit en fait cette deuxième héroïne qui est un peu mise de côté, ça parle de racisme, ça parle de transphobie aussi, c'est présent, mais c'est pas le centre du truc, ça parle vraiment de relations sexuelles,

Speaker: à la fame et de relations aussi toxiques lesbiennes par exemple.

Speaker: Ce qui je trouve est cool et ce que j'ai beaucoup aimé c'est que Daphné m'a vu sur scène et a écrit le personnage en fonction.

Speaker: Du coup en fait je joue moi, en sens moi loup Trotignon qui tient un bar.

Speaker: Ah mais tu t'appelles vraiment loup Trotignon?

Speaker: Non oui, c'est loup, mais je tiens un bar.

Speaker: Et du coup, c'était une super première expérience de jeu parce que c'était mes points de confort.

Speaker: Et en même temps, j'ai dû aller dans des émotions dans lesquelles je ne vais pas dans mon spectacle.

Speaker: Donc, des émotions très prom-dug, quoi.

Speaker: C'est-à-dire, quel type d'émotion?

Speaker: La colère, par ailleurs.

Speaker: Il y a une grosse scène de colère...

Speaker: Est-ce que du coup, ce n'était pas un moyen de se défouler?

Speaker: J'ai eu du mal à atteindre cette émotion.

Speaker: Mais du coup, ça a été hyper bien.

Speaker: C'était trop cool.

Speaker: Ou la tristesse, ou la peur que la personne parte.

Speaker: Et au début, d'ailleurs, vraiment ridicule.

Speaker: On me disait, il faut vraiment que tu ailles beaucoup plus fort dans l'intensité.

Speaker: Et je parlais plus fort.

Speaker: Vraiment le B à bas de...

Speaker: Et quand j'ai compris ça, c'était trop intéressant.

Speaker: Bref, du coup, j'ai appris plein de trucs et ça m'a vraiment plu.

Speaker: Et du coup, là, je me suis dit, vas-y, j'aimerais bien continuer un peu.

Speaker: C'est des panels d'émotions qu'on sort moins en stand-up qui m'intéressent.

Speaker: Mais c'était une ambition dès le départ de finir sur un écran?

Speaker: Je ne sais pas si j'en ai toujours eu envie mais pareil je me suis dit genre pas accessible Ah ouais?

Speaker: Ah ouais C'est drôle parce que tu viens quand même tu le disais d'une famille en tout cas d'un entourage artistique Ouais mais ça n'a pas marché Ah oui d'accord de ce sens là Enfin ça a marché si si il y a un moment ils étaient quand même un peu connus mais c'était genre tu sais dans les années 80 donc c'est un endroit vraiment une période très bizarre en France pour le cinéma enfin on ne fait plus ces films là

Speaker: Et ma mère c'était beaucoup des commandes et tout, elle a écrit des trucs à elle mais justement je l'ai vu souffrir énormément de ce milieu là, mon frère aussi, ma soeur qui est trans aussi, tu vois et en fait je me suis dit ok c'est un milieu, c'est pas accessible, d'autant plus quand je me suis rendu compte que j'étais trans quoi.

Speaker: Et là je me suis dit il y a peut-être un truc avec le fait d'avoir déjà de la visibilité, ou peut-être c'est plus accessible.

Speaker: Bah c'est les deux je pense, franchement.

Speaker: Ouais c'est un peu batard je trouve parce que du coup moi je voulais, enfin tu vois pour les gens qui veulent vraiment faire ça et genre j'ai l'impression que maintenant, mais dans le stand-up aussi j'ai l'impression qu'il faut genre maintenant, vraiment on est arrivé juste avant avec Noam mais maintenant les stand-uppers qui sont mis en avant c'est des gens qui ont déjà percé sur les réseaux qui font du stand-up maintenant, je trouve hein

Speaker: Pour être des youtubeurs connus qui maintenant font du stand-up ou des gens qui ont percé sur Instagram et qui se lancent dans le stand-up, les prods, ils signent que ça.

Speaker: Et je trouve que pareil par rapport à l'acting, j'ai l'impression que faire du stand-up, ça t'aide plus à être acteur ou actrice que de vouloir être acteur et actrice.

Speaker: Il me semble que c'est aussi cette histoire des followers.

Speaker: Oui, c'est ça.

Speaker: Donc peu importe où tu les as eus, les followers, ça marche beaucoup.

Speaker: Je me considère comme une pépite Non mais c'est vrai Tu es la pépite que tu pensais Oh thank you D'un autre côté ça rejoint ce que tu disais tout à l'heure C'est aussi peut-être un début Et que du coup c'est quand même bien que ce soit Oui mais grave après du coup j'essaie les castings un peu Ça marche pas Alors raconte nous un peu les castings Est-ce que du coup déjà ma première question Tu passes des castings qu'en tant que Personne trans pour des rôles trans

Speaker: Alors, pas que, mais c'est très rare.

Speaker: J'arrive.

Speaker: Pas que pour des rôles de personnes trans, mais c'est rare parce que moi, je suis dans une agence qui s'appelle Singulariste, qui en fait est spécialisée dans avoir un catalogue quand les gens disent « oui, mais il n'y a pas de... » comme représentants et tout, mais elle, elle a vraiment des personnes handies, des personnes sourdes, des personnes racisées.

Speaker: C'est vraiment genre « on n'y a pas d'acteurs?

Speaker: » et elle monte le catalogue.

Speaker: Du coup, moi ça me dérangeait pas de, au contraire, viser des rôles de personnes trans, parce que je pensais que c'était plus accessible, parce que je me dis pas du tout que je passe pour un mec cis, quoi.

Speaker: Mais bizarrement, ça me pose problème d'avoir quand même un peu un passing.

Speaker: C'est-à-dire que je passe des rôles pour des personnes trans non-binaires, et en fait les gens ont une idée précise de ce qu'est une personne non-binaire, c'est-à-dire qu'ils s'imaginent une personne assignée femme à l'aissance, qui garde son expression de genre féminine, et qui se dit IEL, et vraiment c'est pas mes mots,

Speaker: mais qui garde son expression du genre assigné à la naissance, ce qui en soit n'envalide pas par ailleurs la transidentité.

Speaker: Mais du coup, quand je suis arrivée avec mon petit début de barbe et mes cheveux courts et tout, j'ai eu une directrice de casting qui m'a dit « mais tu pourrais pas juste te faire allonger les cheveux et enlever ta barbe et ça fera plus non binaire? »

Speaker: Bah, je me suis... Et je suis non-binaire et ça n'a aucun... Du coup, bizarrement, soit j'ai l'air pas assez trans, soit j'ai l'air trop trans, c'est un peu bizarre.

Speaker: Des fois, quand je passe des rôles, je sens qu'ils veulent quelqu'un, ça se voit que la personne est trans.

Speaker: Et c'est un peu bâtard, ça.

Speaker: Et quand j'arrive, je vois qu'ils sont un peu en mode « Ah oui, mais tu as vraiment l'air d'un garçon, quoi. »

Speaker: Ah oui, on te le dit comme ça, quoi.

Speaker: Ouais, c'est un peu sous-entendé, c'est des petits trucs, mais souvent, ça ne bloque même pas.

Speaker: Alors que je pense que ça pourrait bloquer pour mon manque d'expérience, ce serait tout à fait ok, mais ça ne bloque même pas pour ça.

Speaker: Ça bloque pour... Ton identité, finalement.

Speaker: Ton identité et comment les gens, en fait, ils écrivent un rôle pour une personne trans non-binaire, ils s'imaginent physiquement déjà quelqu'un, quoi.

Speaker: Ou pour la transidentité.

Speaker: Il y a pas longtemps, on passait un casting pour le même rôle.

Speaker: On était deux, moi et une meuf trans.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Parce que c'était un rôle ouvert de base?

Speaker: Je sais pas, j'ai trouvé ça bizarre.

Speaker: On passait vraiment le casting en même temps, dans la même pièce, pour le même rôle, en étant une meuf trans et un mec trans.

Speaker: Peut-être que c'était ouvert, mais j'ai trouvé ça chelou.

Speaker: Bah oui, ça pouvait être un rôle, tu vois, juste spécifié, il faut une personne transgenre.

Speaker: Et on adaptera le texte en fonction.

Speaker: Je pense que c'était ça le but, mais moi en arrivant au casting, j'étais là, on peut pas... C'est incomparable.

Speaker: Oui, complètement.

Speaker: C'est pas les mêmes vécus, c'est pas... Ça dépend, mais je trouve aussi ça bizarre de juste dire à un personnage, il est trans, peu importe, dans quel sens.

Speaker: Bah non, c'est pas du tout les mêmes histoires, c'est pas la même... C'est comme... Enfin, je sais pas.

Speaker: Je sais pas.

Speaker: C'est pas complètement.

Speaker: Mais voilà, j'ai mis un autre... Tu sais trop long?

Speaker: Parce que celle-là, elle est petite.

Speaker: Vas-y, vas-y.

Speaker: Bah, plaisir.

Speaker: J'ai passé un casting pour un rôle, et le rôle c'était une meuf trans, évidemment.

Speaker: Et du coup j'ai dû leur expliquer que c'était pas du tout dans ce sens-là que je transitionnais.

Speaker: Donc c'est la première récession, ah bon?

Speaker: Ah oui, d'accord.

Speaker: Sachant qu'ils m'avaient demandé moi, genre après m'avoir entendu dans un podcast, enfin tu vois, what?

Speaker: Et du coup ils étaient très perdus dans mon sens de transition, donc je leur explique.

Speaker: Donc j'ai pas passé de casting, j'ai expliqué la transition pendant une heure.

Speaker: Et à la fin, ils me disent, on a tout compris, mais du coup, est-ce que vous seriez OK quand vous ajoutez un pénis en post-prot pour après vous l'enlever?

Speaker: Et j'étais là, arrêtez de me faire transitionner dans des sens qui n'existent pas.

Speaker: Je te jure.

Speaker: Et vraiment, j'étais là, mais ça ne va pas.

Speaker: Mais comment ça, un pénis en post-prot?

Speaker: Parce qu'il voulait filmer un organe généal.

Speaker: Il voulait une scène de nu.

Speaker: Ah oui, d'accord.

Speaker: Et moi, j'ai dit, bah...

Speaker: Pas de soucis, mais juste, je ne vais pas jouer une meuf trans.

Speaker: Ils me disent, mais pourquoi?

Speaker: Vous savez, c'est fictif.

Speaker: Oui, je suis au courant de la différence entre la fiction et la réalité, merci.

Speaker: Mais il n'est pas question que je joue un rôle de meuf trans quand il y a je ne sais pas combien d'actrices.

Speaker: Et puis non, je ne sais pas, c'est tellement non.

Speaker: En tant que mec trans, je ne sais même pas comment expliquer comment ce n'est pas possible.

Speaker: Ils sont tellement post-gender, tu vois.

Speaker: Ah ouais, je pense.

Speaker: En fait, ils ont tellement déconstruit.

Speaker: Et du coup, je leur dis, moi, je peux jouer ce rôle, mais il faut le changer en mode transmasculinité, quoi.

Speaker: Enfin, je peux pas, voilà.

Speaker: Et ils ont toujours pas compris quand ils m'ont proposé... Du coup, ils voulaient une scène de nu où ils me rajoutent un pénis, qu'ils enlèvent.

Speaker: Ouais si c'est ça je pense Mais du coup je sais même pas si c'était parce qu'il voulait quand même me faire jouer une meuf trans Ou s'ils imaginaient que mec trans ça peut exister nu qu'avec un pénis Tu vois?

Speaker: Non je pense pas Je pense que c'est l'autre C'est un réflexe un peu cisnormé de se dire Un homme trans a une vulve et un trans a un pénis Mais j'étais choquée Ah non mais je leur ai dit c'est pas du tout ok Je suis partie

Speaker: Du coup, tu disais tout à l'heure que... Donc oui, tu aimerais bien passer des castings pour des personnages cis, c'est ça?

Speaker: Non, tu m'as posé la question, si j'en passais, si je veux jouer un rôle de personnage cis, pas forcément.

Speaker: Honnêtement, j'aimerais...

Speaker: avant tout jouer des rôles de personnes trans.

Speaker: Mais pas forcément où c'est le sujet ou quoi, mais je crois que ça fait comme dans mon spectacle, ça fait tellement partie de moi que... Et puis je pense que c'est des gens et des personnages qui doivent exister.

Speaker: Tu vois?

Speaker: Ouais, complètement.

Speaker: Et tel quel.

Speaker: Mais après, ça c'est moi.

Speaker: Et du coup, si je pousse la question un peu plus loin, quel rôle tu rêverais d'incarner?

Speaker: Tu veux dire un rôle qui existe déjà?

Speaker: Ou un type de rôle?

Speaker: Franchement, ce que tu veux, c'est toi.

Speaker: Mais tu as droit à plusieurs réponses.

Speaker: Ok.

Speaker: Et après, ça détermine ma carrière?

Speaker: En fait, tu sais pas, mais derrière la porte, il y a des directeurs de casting qui t'attendent.

Speaker: Je sais pas trop.

Speaker: J'ai pas de... Enfin, là, il y a... Attends, je réfléchis.

Speaker: Hum.

Speaker: Tu peux réfléchir longtemps.

Speaker: Non, mais il y a un petit projet en cours où le rôle a l'air de se dessiner en mode jeune mec, début de militantisme, hyper casse-cou et tout, ce qui n'est pas du tout moi.

Speaker: Genre qu'à peur de rien, par exemple.

Speaker: Mais je crois que j'aimerais trop jouer dans un film d'action.

Speaker: Je trouverais ça génial d'avoir un film d'action.

Speaker: Il n'y a pas que Tom Cruise qui a le droit d'avoir des scènes trop stylées.

Speaker: Et j'aimerais trop un personnage trans.

Speaker: Ce n'est pas le sujet, mais c'est un acteur, une actrice trans ou un personnage trans et tout.

Speaker: Mais que ce soit dans un film d'action.

Speaker: Et tu ferais tes propres cascades?

Speaker: Trop bas.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Ah waouh, il y a un aveu de fragilité.

Speaker: En fait, je voudrais, mais j'ai peur de tout, quoi.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Ouais, j'ai le vertige, j'ai genre... Mais si, ouais, faudrait quand même que je l'efface.

Speaker: Je sais pas, faut pas que ce soit trop dangereux.

Speaker: Faut un film d'action.

Speaker: Oui, d'accord.

Speaker: Mais genre, de queer neuroatypique.

Speaker: On fait du thé, waouh!

Speaker: Ok.

Speaker: Ouais, un film d'action, comédie musicale, c'est vraiment... Les deux en même temps?

Speaker: Tout.

Speaker: Fait tout.

Speaker: Non mais voilà, je pense des genres de films, un film d'horreur aussi tu vois, génial.

Speaker: Des genres qui sont au-delà de... Parce que moi on propose beaucoup des films plutôt sociaux ou comédies.

Speaker: Et du coup je suis en mode, j'aimerais un bon film d'horreur, je sais pas, ce genre là quoi.

Speaker: Et du coup, même question concernant ton spectacle, l'humour.

Speaker: Si t'avais budget illimité et rêve, incroyable, à quoi ressemblerait Meru 2.0?

Speaker: Il y aurait des vrais Meru.

Speaker: Le truc est là, je perds tous les queers vegan.

Speaker: Non!

Speaker: Je pense... C'est difficile parce que... Pour moi, le spectacle, on l'a tellement construit avec pas de moyens que du coup, je n'ai jamais intégré la question du budget illimité.

Speaker: En vrai, ça pourrait être aussi un autre spectacle.

Speaker: Moi, ce que j'aimerais trop, c'est qu'on a un late show.

Speaker: Ah ouais.

Speaker: Humour, vraiment genre... Humour avec que des gens que je suis ou pas engagés.

Speaker: Ouais, ça, ça me ferait kiffer.

Speaker: Je sais que Dena Diva, qui est une humoriste belge iranienne, qui est en Belgique du coup, a fait un late show en live.

Speaker: Et genre, ça me passionne quoi.

Speaker: J'aimerais trop faire ça.

Speaker: Mais il faut trouver des productions.

Speaker: Et du coup, si on a de la thune, on n'a pas besoin de ça.

Speaker: Donc c'est surtout finalement inviter des gens quoi?

Speaker: Ouais, en fait, créer des trucs... Parce que, je sais pas, moi, quand je suis chez moi, et je pense que Représentrance fait vachement de trucs là-dessus aussi, et d'ailleurs, Drama Queer aussi, que t'as écrit, réalisé.

Speaker: Et... Tu vois, y a pas de truc où je me dis, je veux binge-watcher un truc en France.

Speaker: Y a quoi?

Speaker: En français, y a Kaamelott, Bloqué, que des mecs, des mecs, des mecs, des mecs, des mecs cis.

Speaker: Et en fait, moi, je veux juste créer un truc que les gens peuvent binge-watcher et juste rigoler...

Speaker: comme ça, tu vois, chez soi, mais juste où t'es pas trigger toutes les 30 secondes parce qu'il y a de l'homophobie ou quoi.

Speaker: C'est ça que j'aimerais faire, un truc où tu rigoles juste bête.

Speaker: Tu peux faire un podcast?

Speaker: J'ai essayé, mais j'y arrive pas, j'ai pas la discipline Et en fait j'écoute très peu de podcasts Ah ouais?

Speaker: Tu vas nous écouter nous quand même?

Speaker: Oui, non en vrai oui C'est pas pareil Et du coup on arrive à la fin Donc si jamais tu veux dire d'autres trucs qui te pop, t'hésites pas, tu m'interromps Mais sinon moi j'aimerais bien savoir ton actu Est-ce qu'il est prévu, si t'as le droit de dire en vrai Parce que voilà

Speaker: Oui, je ne suis pas très secret.

Speaker: Je crois que c'est vraiment un truc aussi qui a été important dans ma visibilité, c'est de rester pas secret.

Speaker: Transparent.

Speaker: Trans!

Speaker: La suite un peu, bah là la grande question du moment, c'est capter le spectacle Mérou.

Speaker: Et c'est une vraie vraie question parce que, et j'en parle hyper ouvertement, j'en ai à la foutre, mais les peu de chaînes qui acceptent les spectacles d'humour, bah c'est canal.

Speaker: Canal c'est Bolloré, il n'y a pas question que je fasse ça.

Speaker: En fait je veux que mon spectacle soit accessible une fois qu'il est sorti en vidéo.

Speaker: Je trouve ça absurde de le rendre inaccessible en termes de thunes alors que... Pour moi j'ai envie qu'il soit archivé en tout cas, qu'il existe quelque part et l'idée c'est de le sortir.

Speaker: Avant les élections de 2017.

Speaker: Parce qu'il y a une vraie peur de perte de subvention, production, machin.

Speaker: Et surtout qu'il existe de manière accessible pendant une période de... Je dis pas que mon spectacle change tout, mais au moins qu'il y ait un truc, tu vois.

Speaker: Et la grande question, c'est où, comment, est-ce que j'autoproduis et du coup je lâche ma thune?

Speaker: Est-ce que je trouve une production, mais du coup on dépend d'eux pour les propos et tout?

Speaker: C'est un vrai truc.

Speaker: Je veux le faire intelligemment, que ce soit beau.

Speaker: Du coup, il faut trouver une salle, une grande salle, des caméras, des bras...

Speaker: Donc ça c'est vraiment la grande grande question du moment.

Speaker: Mais il y a les plateformes aussi non?

Speaker: Qui prennent des trucs de... Mais par exemple tu vois il y a le spectacle de Tani.

Speaker: Oui, c'est Culture Box?

Speaker: Culture Box ouais, mais qui du coup est France Télé aussi je crois.

Speaker: Ah ok.

Speaker: Non tu Culture Box t'as raison, t'as raison.

Speaker: C'est qui du Culture Box tu me mets un... Je sais plus.

Speaker: Bon je cherche et tu... Mais en tout cas il est accessible que genre en août.

Speaker: Ah!

Speaker: Jusqu'à août.

Speaker: Ah jusqu'à août.

Speaker: Et moi j'aimerais bien que mon spectacle soit accessible genre tout le temps.

Speaker: C'est France Télé.

Speaker: C'est France Télé ouais c'est ça.

Speaker: Oui mais alors après est-ce qu'une fois qu'il n'est pas passé en diff pardon on part en brainstorm Est-ce que... Vous allez assister Est-ce que tu ne le mets pas juste sur Youtube un truc comme ça?

Speaker: Bah du coup c'est d'autres types de contrats Ça veut dire qu'ils mettent moins de thunes parce qu'ils ont moins la... Comment on dit là?

Speaker: Quand tu es le seul à avoir le droit sur un truc Le droit d'auteur?

Speaker: Oui, mais c'est la monopolisation.

Speaker: Je ne sais pas.

Speaker: Capitalisme, voilà.

Speaker: En vrai, il y a un vrai truc aussi, parce que tu parles des élections de 2027.

Speaker: Depuis Trump, quand même, les streamers sont beaucoup plus frileux.

Speaker: Oui, grave.

Speaker: C'est peut-être aussi le problème de te heurter.

Speaker: Mais il y a une autre possibilité, c'est de le sortir sur une plateforme vraiment neutre et de faire un prix libre.

Speaker: Ah oui?

Speaker: ou 5 balles, tu vois, pour quand même... Moi c'est pas un truc de bénéfice, c'est un truc de rentrer dans les frais de ce que t'as avancé et tout, ce qui est quand même un des gros budgets.

Speaker: Et pour payer les gens autour de moi et tout.

Speaker: Donc c'est compliqué de genre, je veux que ce soit accessible, mais j'ai des... Je peux pas demander à tous les gens qui travaillent avec moi de travailler gratuitement.

Speaker: Je me souviens, je ne sais pas si c'est toujours ta actualité, mais il y avait une plateforme par la communauté queer qui avait été ouverte.

Speaker: Ah, trop bien.

Speaker: Ça s'appelait Queer Motion.

Speaker: Ah!

Speaker: Mais je te dis ça, c'était à l'époque de Drama Queer.

Speaker: Donc c'était en 2021.

Speaker: Donc peut-être que ça ne se tient plus.

Speaker: Mais tu vois, il y a des initiatives comme ça qui se font.

Speaker: Oui, c'est vrai.

Speaker: Après, comme tu dis, c'est pas... Enfin, tu vois, Netflix, t'as quand même le catalogue Netflix.

Speaker: Donc c'est pas la même...

Speaker: Netflix, ce serait vraiment le goal ultime.

Speaker: Mais déjà, ils ne produisent plus de stand-up français.

Speaker: Et je pense qu'il faut être méga, méga, méga connu pour être sur Netflix.

Speaker: Les Français sur Netflix, c'est genre Farry, Panayotis Pasco...

Speaker: Et puis franchement, je donne beaucoup mon avis dans cet interview Moi personnellement ça me fait un peu flipper ce qui se passe avec les streamers et les US parce que je sais pas si vous savez mais les streamers on a beau avoir des délégations tu vois Netflix, Netflix France mais en fait les projets ils passent chez les Big Boss US c'est comme là je break rien du tout parce que c'était vraiment public mais Disney qui licencie sa commission diversité quand Trump passe donc

Speaker: Non c'est flippant Voilà, note positive, on finit là-dessus Non mais du coup, en fait la note, enfin pas positive mais en tout cas ce qu'on peut faire c'est justement Moi par exemple quand il y a eu tout ça, j'étais là en fait, je ne vais pas leur servir de caution Parce qu'à un moment j'avais pas de problème à servir de caution, je disais en mode il faut que je me montre, il faut que je me montre J'ai fait des émissions Canal+, et tout machin, parce que c'était comme ça que tu te fais connaître Maintenant il n'y a pas question que je sois à leur ticket là

Speaker: Genre, c'est bon, on n'est pas transformé dans un spectacle de trans, quoi.

Speaker: Mais du coup, il y a des manières différentes de faire, je pense.

Speaker: En plus, tu as les grandes chaînes Amazon, ils t'achètent ton spectacle, c'est rien!

Speaker: c'est rien en terme de thunes alors que tu leur crées tout le contenu ils font pas de pubs, ils font pas de coms mais je trouve que du coup on a plus intérêt à aller avec eux et du coup qu'est-ce qu'on peut créer en place si un moment que queermotion réexiste mais trop bien on met tous nos trucs dessus il y a aussi une urgence d'archivage je trouve tous les livres qui se vendent pas qui parlent de sujets féministes

Speaker: trans engagés, machin, ils sont beaucoup beaucoup envoyés au pilon, donc ça veut dire qu'ils disparaissent, et en fait il y a un vrai taf d'archivage à faire et je pense qu'il faut vraiment qu'on réfléchisse à ça, pour pas reperdre les archives comme on les a perdues.

Speaker: Mais voilà, après, c'est mes réflexions.

Speaker: Si, c'est trop beau.

Speaker: Ouais.

Speaker: Ben voilà, c'est la fin.

Speaker: Archivite.

Speaker: Ah, c'était ça, le mot de la fin, c'est archiver.

Speaker: Sauf les discussions avec ton ex.

Speaker: Ok, merci beaucoup, au lieu d'être venue.

Speaker: Merci à toi.

Speaker: Je vous invite à retrouver toutes nos infos sur notre site représententrans.fr et à nous suivre sur Instagram.

Speaker: Un grand merci à XY Média, le premier média transféministe de France et surtout à Anna Balsamo.

Speaker: Sans quitter toute cette production ne serait pas possible.

Speaker: Et puis, à bientôt.

Speaker: A bientôt!

Speaker: Salut!

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