Transcript
Speaker: Bonjour et bienvenue sur Représentrance, le podcast, une émission sur la représentation transgenre dans la culture à travers le monde.
Speaker: Représentrance, le podcast, c'est des interviews sur l'actualité culturelle transgenre, des chitchats avec les membres de nos annuaires et des épisodes comme celui d'aujourd'hui où on analyse la représentation transgenre dans les œuvres d'art.
Speaker: Je suis Tadeo Escanante, scénariste et réalisateur et aujourd'hui je suis avec Jasmine Mokrim et Gab Arrivelle.
Speaker: Bonjour.
Speaker: Salut, comment ça va?
Speaker: Ça va et toi?
Speaker: Aujourd'hui, on a plus de 250 membres.
Speaker: On propose notamment des formations pour les professionnels et des consultations pour vos projets culturels.
Speaker: On a aussi créé une bourse annuelle à l'aide au court-métrage de fiction trans.
Speaker: Et aujourd'hui, on arrive dans vos oreilles avec ce podcast.
Speaker: Dans cet épisode, on va parler de l'adolescence transgenre et on a choisi les séries télé Euphoria, Heartstopper et Sex Education.
Speaker: Alors, pour ce qui est d'Euphoria, c'est une série qui a été produite et sortie en 2019 par Sam Levinson et qui suit un peu l'histoire de plusieurs adolescents au lycée, entre sexualité, addiction, relations avec leurs parents et histoire d'amour tumultueuse.
Speaker: La série nous offre une version un peu hardcore du coming of age et notamment avec l'histoire de Jules, qui est interprétée à merveille, par Hunter Schaffer et qui joue le rôle d'une jeune fille trans.
Speaker: Hot Stoppers, c'est une série sortie sur Netflix depuis 2022, qui raconte une histoire d'amour entre deux lycéens, et surtout, pour ce qui nous intéresse aujourd'hui, l'histoire de leurs amis, tous plutôt queer, dont elle, jouée par Yasmin Finet, et une jeune fille trans qui vient de passer de l'école des garçons à l'école des filles.
Speaker: Et un peu plus tard dans la série, il y a aussi le personnage de Darcy qui fait un coming out non-binaire.
Speaker: Série britannique et série Netflix, toujours Sex Education, sortie en 2019, suit Otis, un jeune lycéen sexologue improvisé.
Speaker: Autour de lui, il y a plein de personnages queer et notamment le personnage non-binaire de Cal dès la saison 2 et un couple trans, Abby et Roman en saison 4.
Speaker: Alors aujourd'hui, c'était simple ou c'était difficile de choisir les séries?
Speaker: c'était compliqué bah non le Heartstopper est assez facile à trouver c'était évident pour Sex Education aussi c'est quand même deux succès mondiaux et Euphoria ouais en vrai quand même Sex Education et Heartstopper sont tellement plus mainstream avec Netflix tu peux dire oui c'est très accessible parce que c'est très Miloche c'est peut-être un peu fort pour Sex Education mais c'est voilà c'est destiné je pense
Speaker: à un public adolescent vraiment ado.
Speaker: Husshopper, c'est même pré-adolescent, la cible du public.
Speaker: Alors que Euphoria, c'est plus trash.
Speaker: Même si ça met en scène des ados qui ont 25 ans.
Speaker: C'est HBO, donc HBO se revendique quand même un peu niche artistique.
Speaker: Et se permettent un peu plus...
Speaker: Pour démarrer sur l'adolescence, notre thématique du jour, qu'est-ce qu'on peut dire en se basant sur nos trois séries du jour du coming out quand on est un ado transgenre?
Speaker: Déjà, ça fait partie de la série pour Starper à travers le personnage de Darcy et dans Sex Education à travers le personnage de Cal.
Speaker: Donc finalement, quand on aborde les transdentités à cet âge-là, il y a cette période-là qui est abordée, ce qui a son sens aussi, parce que c'est quand même des périodes où on se découvre, mais pas que.
Speaker: Elle, dans Hot Stopper, elle a déjà fait son coming out, elle est déjà à l'aise dans sa peau, c'est plus une question.
Speaker: Donc c'est intéressant d'avoir ce côté-là.
Speaker: Et pareil, dans Sex Education, on a un couple trans à la fin de la saison 4 qui a déjà évacué cette question-là de leur vie.
Speaker: Je trouve aussi que c'est important et intéressant de montrer aussi des personnages trans qui ont déjà fait leur coming out, comme tu disais, mais surtout où leur évolution et leur vécu de jeunes adolescents et adolescentes n'est pas centré, tourné autour de leur transition et de leur coming out.
Speaker: Ce n'est pas une question fondamentale, c'est juste un qualificatif dans le récit.
Speaker: Et c'est important de voir des personnages se construire
Speaker: dans leur individualité, dans leur personnalité, au-delà de simplement leur transitude.
Speaker: Et par exemple, moi ce que j'ai aimé dans Heurtstopper avec le personnage de Elle, c'est que c'est très subtil, on apprend qu'elle est trans, mais parce qu'on dit qu'elle a été transférée de l'école des garçons à l'école des filles.
Speaker: Et je pense que même, il me semble, parce que Yasmine Finel avait dit dans une interview,
Speaker: Le terme « trans » n'est pas dit.
Speaker: En tout cas, dans la saison 1, il n'est jamais prononcé.
Speaker: Et je sais même, je ne vais pas te mentir, que cette absence de « coming out » a été si bien représentée qu'en fait, beaucoup de personnes, notamment autour de moi aussi, ce genre, n'avaient pas compris qu'elle était trans.
Speaker: Jusqu'à un moment où, en effet, notamment dans la sexualité, elle va parler plus concrètement de ses difficultés.
Speaker: Mais sinon, je trouve ça intéressant.
Speaker: Je me demande si ce n'était pas un choix parce que c'était adressé aux préadolescents.
Speaker: Du coup, ils n'ont pas osé dire ce terme pour ne pas...
Speaker: Oui, tu veux dire de le verbaliser clairement?
Speaker: Oui, c'est sûr que quand on compare avec Euphoria, où là pour le coup c'est la même chose, elle ne fait pas de coming out, là c'est vrai que c'est clairement explicité.
Speaker: Moi tout de suite ce que je remarque après la présentation, le pitch de ces séries, c'est que du coup si on se fise uniquement à notre corpus du jour?
Speaker: Toutes les représentations transmasques ont droit, ou plutôt performent, à un coming out.
Speaker: Et toutes les représentations transfemmes sont déjà installées dans leur genre d'arrivée.
Speaker: Et ce n'est pas une question.
Speaker: Alors, est-ce que ce n'est pas aussi... Parce que c'est des séries très récentes, je rappelle, 2019 et 2022.
Speaker: Est-ce que ce n'est pas aussi une sorte de témoignage un peu de la progression des représentations?
Speaker: Puisque comme on le sait, il y a eu par le passé beaucoup plus de représentations transfemmes.
Speaker: Et peut-être que ça témoigne qu'en fait, il y a eu une progression et qu'aujourd'hui, la représentation transfemme, elle n'a plus besoin de coming out.
Speaker: C'est peut-être pour ne pas faire écho au travestissement et se perdre dans le côté comique de ce que ça veut dire quand quelqu'un qui est perçu comme un garçon porte la robe de sa maman.
Speaker: Oui, c'est vrai.
Speaker: Et donc, c'est peut-être pour s'éloigner de ces clichés.
Speaker: Je trouve que c'est bien dans le sens où on ne tombe plus dans ce trope, en effet, d'incroyables moments de vérité qui tombent souvent dans le pato.
Speaker: C'est assez pathétique et en même temps comique.
Speaker: De cet homme qui... En fait, j'aime les perruques.
Speaker: Je porte des robes en cachette.
Speaker: Et...
Speaker: On n'a pas ça du tout.
Speaker: On voit juste des femmes qui s'avèrent être trans et qui, à un moment donné dans le récit, vont affirmer leur transitude.
Speaker: Mais moi, ce que j'aime, c'est que ce n'est pas la caractéristique essentielle.
Speaker: Il n'y a pas d'essentialisation à ça.
Speaker: Et ça, j'aime ça.
Speaker: J'aime le fait qu'on n'ait pas toujours à dire les choses.
Speaker: Sans nous silenciez, tu vois.
Speaker: Mais juste d'avoir des personnages qui sont complexes parce que nous aussi, on est complexes et on n'est pas que trans.
Speaker: On est aussi brun brun.
Speaker: On est aussi consultant, consultante.
Speaker: On est aussi heureux, heureuse.
Speaker: On est aussi...
Speaker: C'est un lycéenne qui découvre l'amant pour la première fois parce que ça c'est la trajectoire du personnage de Elle.
Speaker: Finalement un peu comme dans Euphoria mais beaucoup plus safe, beaucoup plus mignon.
Speaker: Et la cible ayant 10-12 ans, évidemment qu'on va pas montrer ce qu'il y a dans Euphoria.
Speaker: Mais c'est aussi la découverte amoureuse.
Speaker: On est vraiment dans la même chose que ce qui passe pour les personnages de Nick et Charlie dans Hustopper.
Speaker: Et pour Sex Education, c'est vrai que le personnage transphère est plutôt en saison 4.
Speaker: Et là, il y a autre chose à dire, même carrément, sur qu'est-ce qu'il représente dans la série.
Speaker: Parce qu'ils sont vraiment le couple, le power couple du lycée où arrive Otis, parce qu'il change de lycée, je ne sais plus pour quelle raison, en saison 4.
Speaker: Ah non, c'est parce que c'est la fac?
Speaker: Ah c'est la fac.
Speaker: Ouais, les gens grandissent, gammes.
Speaker: Ah mais c'est vrai.
Speaker: Oui.
Speaker: Bah écoute, j'ai oublié.
Speaker: J'aimerais aller à cette fac, mais... Ah ouais, en même temps, c'est un peu too much.
Speaker: Ah oui, c'est vrai.
Speaker: Oui, ils arrivent dans une fac et donc du coup, elle est hyper libérée, hyper incroyable.
Speaker: C'est la fac des woke.
Speaker: Un peu caricaturale, sur plein de choses.
Speaker: Bah oui, mais c'est fait exprès, il me semble.
Speaker: T'es trop caricaturale, mais elle m'avait un peu... Ah ouais?
Speaker: Moi, ça m'avait fait kiffer.
Speaker: Je me souviens, en tant que pur spectateur, j'étais là genre « wow », effet un peu euphorique de « this is happening ».
Speaker: Je suis en train d'être... C'est possible de le mettre à l'écran.
Speaker: D'expérimenter un moment de vie qui... C'est la première fois de ma vie que j'expérimente ça.
Speaker: Et en même temps, je trouve que c'est pas... Même si ça florte un peu avec l'irréel et la folie, je trouve que c'est besoin aussi de...
Speaker: de montrer un couple trans T4T qui soit populaire.
Speaker: Et je me rappelle notamment avec le personnage de Abby, les filles, parce que c'est la fille la plus populaire de son groupe, les filles cisgenres veulent être comme elle.
Speaker: C'est-à-dire qu'en fait, elle est le blueprint, un peu le pattern, elle est le modèle.
Speaker: Et en fait, c'est plus cette femme trans qui veut imiter à tout prix la féminité originelle, par défaut qui serait la féminité cis.
Speaker: Là, on a des femmes cis qui...
Speaker: la prennent comme référence.
Speaker: Et ça, je trouve que c'est fort aussi pour les adolescents, adolescentes qui se construisent en voyant cette femme trans et cet homme trans qui sont populaires.
Speaker: Après, on peut discuter aussi de... En plus, dans un truc un peu fantasmé du High School Musical de l'époque.
Speaker: Carrément.
Speaker: Cette version, c'est un peu ça.
Speaker: On a le droit aussi de rêver, d'avoir nos petits comptes.
Speaker: Je trouve que cette saison 4 apporte quelque chose de nouveau par rapport à ce qui est dans les représentations trans.
Speaker: Alors que le personnage de Cal, qui du coup, dès le début, on sent qu'elle n'est pas à l'aise avec son corps.
Speaker: Et du coup, ça tourne aussi un peu autour de la relation romantique et ce que ça pose comme problème d'être vue comme une femme par un potentiel copain.
Speaker: Du coup, moi, je pense que j'étais moins à l'aise sur ces histoires-là parce que je trouvais que, ou alors, je suis moins fan d'histoire de coming out parce que ça s'est déjà passé pour moi et je ne suis plus dans cette période-là de ma vie.
Speaker: Mais non, pourtant, j'avais regardé ça, j'étais plus jeune.
Speaker: Non, j'avais déjà passé.
Speaker: Bon.
Speaker: Tout ça pour dire que je trouvais que ça racontait des choses peut-être trop intimes et qui me paraissaient à la fois trop... On va t'expliquer les bases de la transidentité, parce qu'il y avait même une scène qui était très pédagogique dans « Attention, il faut utiliser le binder comme ci et comme ça et pas comme ça ».
Speaker: Et du coup, j'avais peur, en fait, dans cette saison « Oh là là, la fac walk », qu'il s'en moque et que ce soit un peu trop pédagogique aussi dans ce que ça raconte.
Speaker: Donc, finalement, ça l'était pas trop, mais...
Speaker: Mais en même temps, tu vois, je trouve que c'est important aussi tout de même d'avoir ce genre de représentation parce qu'en parallèle, en miroir, Jules dans Euphoria, bon, elle n'est pas du tout, ce n'est pas une victime sacrificielle comme on a l'habitude de le voir quand on traite des femmes trans à l'écran.
Speaker: Mais c'est un peu la fille, un peu, tu sais, quirky du lycée quand elle arrive.
Speaker: Je me rappelle la scène d'ouverture quand elle va à la soirée, il y a Nate et du coup, il y a une scène où il la menace physiquement et il dit qu'elle est folle directement et tout.
Speaker: Donc, elle est déjà un petit peu altérisée dès le début, je trouve.
Speaker: par son style, notamment vestimentaire, sa féminité, un peu transgressive.
Speaker: Mais tu vois, je trouve que c'est... Comment dire?
Speaker: Je ne sais pas à quel point on peut raconter des histoires d'adotranses
Speaker: Qu'ils ne soient pas constamment dans la victimisation, entre guillemets, avec l'enfant qui sera bouli par le professeur harceleur, par le médecin qui sera paternaliste, par le parent qui sera gatekeeper, sans non plus tomber dans un truc un petit peu complètement, entre guillemets, hors-sol, comme, tu vois, je ne sais pas à quel point c'est encore une fois réaliste, mais Heurtstopper ou Sex Education, où, en fait, au final, il n'y a
Speaker: qu'une violence sociale.
Speaker: Et ça fait du bien.
Speaker: On respire.
Speaker: Et en même temps, est-ce que mettre sous le tapis les choses, c'est aussi peut-être parfois ne pas les aborder?
Speaker: Je ne sais pas à quel point ça peut être... Après, ça c'est un truc des représentations qui est que quand on ne représente que pour créer de l'empathie par la pitié...
Speaker: Ça n'a pas de changement chez les gens qui regardent et que du coup, montrer des possibles, montrer un exemple de ce qui peut se passer en bien, ça va avoir un impact beaucoup plus fort que de mettre dans la tête.
Speaker: En fait, au lieu de dire aux gens ne faites pas ça, mais plutôt faites ça, ça marche moins bien que juste dire ça, c'est une réaction à avoir.
Speaker: de la montrer parce que c'est dans Ace Ventura le personnage qui vomit c'est un truc qui revient dans plusieurs autres présentations parce que ça reste dans la tête pour les gens qui ne savent pas c'est un personnage d'un homme cisgenre qui découvre que la femme avec qui il a eu une relation sexuelle est une femme trans et donc sa réaction c'est le vomi
Speaker: Et du coup, ça, on retrouve après ce motif-là.
Speaker: Alors qu'en fait, si tu proposes tout de suite quelque chose comme House Stopper ou Sex Education, où en fait, tu es plus ou moins à l'aise, ou en tout cas, il y a un travail d'être à l'aise avec, la famille accepte, le petit copain se pose des questions, mais accepte, et il y a un cheminement vers le positif.
Speaker: Tout de suite, t'as pas en tête l'imaginaire négatif pour la personne trans, qui imagine un possible réaliste, et pour les personnes autour qui, du coup, c'est « Ah ouais, en fait, je suis pas obligé de vomir!
Speaker: » Voir on a même pas l'idée de le faire.
Speaker: Ouais, ouais, carrément.
Speaker: Et puis aussi avoir, tu sais, des corps trans qui soient montrés avec... Dans l'euphorie, en fait.
Speaker: Et là, en opposition avec la dysphorie qui est constamment surreprésentée à l'écran, comme si c'était le passage obligé
Speaker: Aussi pour toutes les personnes trans.
Speaker: Mais avoir ces personnes trans et surtout ces femmes trans, pour m'avoir, qui ne sont pas... Tu sais, on a souvent l'impression que la transition, surtout quand tu es jeune, c'est un peu un combat de David contre Goliath.
Speaker: La femme trans serait seule contre l'ensemble de la société.
Speaker: Là, je trouve qu'au contraire, on a vraiment cette agentivité qui est redonnée à ces jeunes ados trans.
Speaker: Et ça fait du bien.
Speaker: Et on n'est pas dans ce paradigme de la « weeping girl », comme Julia Cernot le disait, qui, en fait, braves vents et marées pour essayer simplement de se faire respecter comme femme.
Speaker: Là, ça va de soi.
Speaker: Ce n'est pas une question.
Speaker: Et en même temps, en face, tu as quand même Cal.
Speaker: Pour en dire ce qu'on disait tout à l'heure de la représentation de Transmask, qui est peut-être... Bon, en retard, ce n'est pas un mot, mais qui arrive plus doucement.
Speaker: Cal, lui, qui vit la dysphorie, pour le coup, surtout dans la saison 2, c'est quand même toute l'histoire avec les Biders et tout, machin...
Speaker: Moi, j'ai remarqué un truc trop intéressant que je n'avais pas... Bon, attends, je l'avais vu il y a longtemps, c'est que c'est... Mais c'est le rapport à l'insouciance, en fait, de ces adolescents.
Speaker: Parce que je trouve que c'est d'autant plus pertinent pour des adolescents.
Speaker: Parce qu'en fait, l'adolescent, on est quand même encore dans cette période de l'enfance où on devrait être dans l'insouciance.
Speaker: En tout cas, on devrait y avoir droit.
Speaker: Moi, c'est une thématique, personnellement, qui m'intéresse beaucoup, qui m'obsède un peu.
Speaker: Moi, c'est une thématique que j'explore dans l'autre pendant.
Speaker: Pour moi, les personnes queires, on n'a pas le droit à l'insouciance.
Speaker: Et du coup, je trouvais très intéressant comment il l'explorait parce que Cal, c'est très explicite.
Speaker: En fait, c'est une jeune personne à qui on refuse l'insouciance.
Speaker: Mais par contre, qui le dit clairement, lui, ce qu'il veut, c'est avoir du fun.
Speaker: Il veut avoir du fun.
Speaker: Il le dit.
Speaker: Il y a Jackson qui m'aime.
Speaker: Il y a une scène où ils sont dans le bus, je crois.
Speaker: Jackson étant son copain ou potentiel copain.
Speaker: Ouais, voilà, en tout cas, ça flirte.
Speaker: Love and just.
Speaker: Et Jackson lui dit, mais tu devrais... Je sais plus de quoi il parle, mais en gros, il parle de Hope, la directrice qui a fait un truc border.
Speaker: Mais tu devrais être rebellé contre ça.
Speaker: Tu devrais vraiment address le problème et faire quelque chose.
Speaker: Je suis sûr qu'on peut faire bouger les lignes et tout.
Speaker: Donc ça, c'est intéressant.
Speaker: Déjà, ça vient d'un personnage qui n'est pas queer et qui n'est pas concerné par ce gros problème.
Speaker: Oui, mais il est noir.
Speaker: Oui, bien sûr, mais juste pour resituer, ce n'est pas lui à qui est arrivé l'injustice.
Speaker: Et Karl, en face, lui répond « Non, mais en fait, viens, on chill.
Speaker: » Et Karl, sa première caractérisation, après être non-binaire, c'est qu'il filme des joints.
Speaker: Donc c'est le mec rebelle qui a besoin de se détendre, penser à autre chose.
Speaker: Et je trouve ça très intéressant justement parce que c'était directement connecté avec la thématique de l'insouciance.
Speaker: Et justement en réponse, et ça prouve que c'est vraiment une ligne de force dans l'écriture de Sex Education, c'est qu'en saison 4...
Speaker: Ils arrivent avec du contraste, avec une nouvelle exploration qui est Abby et Roman, où eux, ils représentent l'insouciance, qui sont après rattrapés par des problèmes un peu de monsieur et madame tout le monde, parce que c'est qu'ils ne baissent plus.
Speaker: Mais voilà, j'ai trouvé ça, il y a une sorte de spectre, d'éventail de cette thématique de l'insouciance, c'est les zones queer que je trouve passionnantes dans cette éducation.
Speaker: Et en même temps, je mettrais quand même une petite interrogation sur le fait qu'on a quand même une représentation qui parfois tombe dans la gravité et aussi le moins joyeux, le moins lumineux.
Speaker: Moi, je pense à Euphoria avec les scènes de flashback de Jules.
Speaker: Lors de son enfance, ce n'est pas complètement l'adolescence.
Speaker: On imagine qu'elle a moins de 10 ans, je pense, mais on ne comprend pas trop si c'est directement pour sa transition, son trouble dans le genre, entre guillemets.
Speaker: Mais elle est internée dans un hôpital psy par sa mère, contre sa volonté.
Speaker: Et donc, il y a des scènes d'auto-mutilation dedans.
Speaker: Et je me rappelle aussi d'une... Je pense que c'est clair pour tout le monde.
Speaker: Une scène qui est extrêmement cisnormée, cisnormative dans la manière dont elle est réalisée.
Speaker: On voit la petite Jules qui se regarde dans le miroir et elle touche à des gros plans sur les côtés, plusieurs parties de son corps avec des focus et avec... On retombe un peu dans le trope du mauvais corps.
Speaker: Et de dégoût.
Speaker: Et je trouve que...
Speaker: Le paradigme de la souffrance, il est quand même là.
Speaker: Et je trouve que dans Euphoria, le personnage de Jules a quand même sa part de ténèbres et un petit peu de dépression, tu vois.
Speaker: Et qui, en même temps aussi, c'est normal.
Speaker: C'est un personnage qui est complexe, qui ne peut pas toujours être heureux, je trouve.
Speaker: Mais c'est vrai que cette scène-là, et peut-être que c'est parce que c'est HBO aussi, ça peut être assez triggering quand même.
Speaker: Je trouve qu'en termes de ton, c'est très différent.
Speaker: de Heartstopper et de Sex Education.
Speaker: Oui, je pense que là, on ne peut pas trouver le spectre plus opposé entre Heartstopper et Euphoria.
Speaker: Et pour Sex Education, Cal fume parce qu'il n'est pas non plus à l'aise à fond dans son corps et sa vie.
Speaker: Donc à la fois, il veut se présenter comme une personne chill et tout, mais parce qu'il y a un combat intérieur.
Speaker: Voilà, et oui, mais du coup ça confirme ce que tu disais.
Speaker: On permet pas d'être insouciants, mais parce que finalement on retrouve aussi un peu ça chez Darcy, où en fait dans Rastopper, le personnage est... Voilà, il y a ce truc, ce décalage avec les autres qu'il faut essayer de comprendre, et je trouve que du coup dans Rastopper, il y a un peu plus ce côté communautaire où Yael va comprendre avec ses amis, quoi.
Speaker: Et ce qui est très drôle aussi dans ces trois séries, c'est que par rapport justement à cette thématique de l'insouciance et en face de la souffrance, tous les personnages qu'on a cités, leur réponse, c'est aussi à travers des histoires d'amour.
Speaker: C'est fou, quoi.
Speaker: C'est vraiment les trois séries, tous les personnages, il y a des histoires d'amour.
Speaker: Donc c'est quoi les histoires d'amour quand on est un ado trans?
Speaker: C'est compliqué.
Speaker: C'est compliqué.
Speaker: C'est compliqué et en même temps, ça peut ne pas être compliqué.
Speaker: On s'attend toujours à ce que la transition vienne un peu troubler le genre, la famille, le couple et tout.
Speaker: Mais là, je trouve que... Je prends l'exemple d'une de mes séries faves qui est Heartstopper avec elle et son petit ami Tao.
Speaker: On a quand même, je trouve, un couple...
Speaker: qui au départ n'est pas un couple puisque c'est une relation un peu amie-moureuse, on a ce mec qui est fan d'elle, absolument, presque obsédé par elle et qui l'idéalise, qui la met un peu sur un piédestal.
Speaker: Et quand ça devient sa copine, il a ce truc qu'on retrouve nulle part ailleurs, je trouve, dans les représentations.
Speaker: Il veut absolument bien faire, il veut son bonheur avant tout et il est prêt à l'accepter dans son entièreté, dans sa complexité et ça se voit notamment dans une des scènes où en effet elle exprime ses petites interrogations notamment sur leur sexualité et leur futur rapport sexuel notamment vis-à-vis de...
Speaker: je pense, de la dysphorie génitale.
Speaker: Et lui, il est extrêmement à l'écoute, extrêmement empathique.
Speaker: Il ne l'altérise pas, il ne la fétichise pas non plus.
Speaker: Je veux dire, il y a vraiment ce rapport, c'est très humanisant, qu'on oublie souvent quand on parle de personnes trans, surtout d'ados et d'enfants trans.
Speaker: Et moi, je trouve que leur relation est à plein d'égards extrêmement inspirante, notamment pour toutes les petites filles trans qui vont voir ça et qui auront le droit à leur love story, leur conte de fées.
Speaker: Exactement, comme c'est le cas pour plein d'autres...
Speaker: Et en même temps, tout de même, il y a quand même ce bon point qui est que Tao n'a pas une masculinité, je trouve, entre guillemets, hégémonique.
Speaker: Alors, c'est un mec qui jusqu'à présent est hétéro, mais qui s'en fiche un petit peu de l'étiquette.
Speaker: Il s'en fiche de passer pour gay, là où c'est vraiment la peur absolue de tous les hommes qui, normalement, relationnent avec des femmes trans.
Speaker: Et je trouve ça vachement... C'est un vent d'air frais, cette relation.
Speaker: Oui, complètement.
Speaker: Mais en fait, j'allais dire que c'est compliqué, sauf pour elle, du coup, et pour Abby et Romane dans la saison K de Sex Education, parce que du coup, pour le personnage de Cal et pour le personnage de Darcy...
Speaker: en tout cas Cal il y a ce truc de il y a cette relation avec Jackson qui peut peut-être se développer mais à la fois il y a cette peur d'être perçu comme une femme et Jackson qui est en mode mais moi je suis hétéro a priori donc je ne suis pas attiré par la masculinité et puis finalement cette remise en question en saison 4 et cette fin qui laisse la porte ouverte à une relation entre les deux
Speaker: Donc il y a quand même ce côté où la transidentité vient poser des questions.
Speaker: Chez Darcy, un petit peu moins parce que la relation est déjà établie.
Speaker: Mais c'est ce questionnement de genre, en fait, je viens du coup changer mon étiquette.
Speaker: Et donc du coup, il y a un peu cette complexité-là, même si ça n'empêche pas d'être dans cette relation.
Speaker: Enfin, sa copine soutient Darcy à 100%.
Speaker: Enfin, ses amis sont là...
Speaker: À 100%, je dirais que quand même dans Hot Stopper, il y a le groupe d'amis qui est très, très fort.
Speaker: Qui, du coup, permet aussi de ne pas mettre le... Comment dire?
Speaker: Le bonheur de Darcy, tout n'est pas tenu que dans cette relation romantique.
Speaker: Il y a aussi les relations avec ses amis qui aident beaucoup.
Speaker: Parce qu'il y a une scène, je crois, où on lui coupe les cheveux en extérieur.
Speaker: Je crois que c'est ça.
Speaker: C'est super mignon.
Speaker: Et tous ses amis sont là.
Speaker: Donc, je trouve que l'exploration de son genre et de son affirmation...
Speaker: Son euphorie ne passe pas qu'à travers être validée par une relation romantique.
Speaker: Et puis c'est très caring.
Speaker: Il y a un vrai, je trouve, le soin est central dans cette relation, le soin communautaire notamment.
Speaker: Et tu parlais aussi des amitiés.
Speaker: Ce que j'ai noté aussi, je m'écarte un tout petit peu de la dimension de l'amour.
Speaker: Au final, c'est de l'amour aussi sort en réel, je peux dire.
Speaker: entre le couple du coup de femmes lesbiennes cis et enfin cis jusqu'à ce que Darcy fasse son coming out non binaire mais ce couple là et elle et en fait moi je me rappelle au tout début et ça m'avait choqué mais positivement que le personnage transféminent tu vois elle soit six copines elles le disent elles disent bah t'es copine avec les lesbiennes du coup c'est et en fait bah
Speaker: Ça paraît peut-être anodin, mais dans le moment politique qu'on vit actuellement, où il y a une vraie instrumentalisation des lesbiennes par les TERF et les antitrans à des fins transmisogynes, je trouvais ça fort, tu vois.
Speaker: J'ai mis ces scènes un peu clichés des comédies romantiques où la femme va se confier à ses amis filles pour partager...
Speaker: Quand il y a des scènes de non-mixité, elle est toujours conjuguée et incluse.
Speaker: Elle n'est pas un peu ce qu'on retrouve souvent, mais cet homme déguisé en femme qui va venir prédater les vraies femmes et les menacer.
Speaker: Là, c'est vraiment des ados.
Speaker: Et l'une s'avère être trans, d'accord, mais du coup, c'est une femme et la question ne se pose même pas.
Speaker: Du coup, point de ne pas être vraiment nommée dans la saison.
Speaker: Carrément, complètement.
Speaker: Les autres vivent quand même des sexualités qui vont vers l'homosexualité.
Speaker: Parce que Cal est non-binaire et ça se cristallise un peu dans ses angoisses de quel est son rapport avec Jackson.
Speaker: Mais bon, il se dirige quand même vers une relation qui s'apparente à une relation homosexuelle.
Speaker: Jules avec Roo.
Speaker: C'est quand même un peu majoritaire.
Speaker: Est-ce que c'est pareil?
Speaker: Est-ce que c'est une question de génération?
Speaker: Est-ce que c'est parce qu'on s'adresse à des plus jeunes?
Speaker: Je pense que c'est peut-être parce qu'on a des créateuristes derrière qui sont un peu plus tournés vers la queerness et donc du coup remettre en question le genre, remettre en question les sexualités parce que sinon quand on parlait de comment on a choisi les séries tout à l'heure, j'ai pensé à deux séries françaises qui n'avaient pas fait le...
Speaker: qui ne sont pas là, c'est la série Scam France avec le personnage de Max, interprété par Swan Pag.
Speaker: Alors je ne l'ai pas cité parce qu'en fait la saison n'est pas centrale sur lui et c'est pour ça qu'on ne détaille pas aujourd'hui, mais du coup la relation romantique et hétérosexuelle.
Speaker: Et une autre série française s'appelle La Faute à Rousseau.
Speaker: C'est un public beaucoup plus adulte et c'est un prof de philo qui a une classe d'élèves pendant une saison.
Speaker: Et du coup, il y a un épisode centré sur la jeune fille trans qui a aussi une sexualité plus hétérosexuelle.
Speaker: Et donc du coup, je me demande si ce n'est pas aussi le côté plus queer de ces créateuristes?
Speaker: qui joue là-dessus et qui du coup va remettre en question parce qu'en fait Red Stopper c'est vraiment centré sur le point de départ c'est une histoire d'amour homosexuel donc c'est déjà queer par là donc ils se sont dit peut-être pas trop non plus mais en même temps je pense qu'il y a un besoin de toute façon d'avoir une relation romantique hétéro saine et mignonne et qui donne de l'espoir et un vent d'air frais etc
Speaker: Et pour autant, tu vois, par rapport à la représentation de cette sexualité-là, là où sex education est quand même hyper... Je vais emprunter de manière provocatrice le mot « woke », tu vois.
Speaker: Il y a un côté où il y a des queers partout quand même, il y a une diversité folle dans ce lycée.
Speaker: J'ai remarqué que dans A Stopper et Euphoria, il y a une uniformité de ton.
Speaker: Donc, comment on traite les personnages cis et les personnages trans.
Speaker: Donc, c'est Euphoria très hardcore, très dans ta gueule et puis t'as qu'à gérer ça.
Speaker: Et A Stopper très sweet, très pastel.
Speaker: Mais c'est pareil pour tout le monde.
Speaker: Autant dans Sex Ed, j'ai remarqué quand même qu'on a des scènes très crues de sexualité, même entre adolescents qui sont jeunes, qui sont mineurs et tout.
Speaker: Et soudainement, quand on arrive sur la sexualité trans et non-binaire en ce qui concerne qu'elle, c'est très pudique.
Speaker: Est-ce que ce n'est pas, encore une fois, une sorte de témoin de cette histoire dont les représentations trans sont arrivées plus tard et donc on n'est pas encore à ce stade-là?
Speaker: Ou juste parce qu'ils ont peur de trop sexualiser aussi.
Speaker: C'était l'épisode précédent sur la sexualité, où justement les femmes trans sont hyper sexualisées.
Speaker: Il y a un manque de sexualisation des personnages de mecs trans, du coup.
Speaker: Oui, parce que comme tu fais bien de remarquer, Cal est encore une fois sur le spectre transmasque.
Speaker: Oui.
Speaker: C'est vrai.
Speaker: C'est peut-être un peu aussi, comme tu disais, une volonté de bien faire des réels et tout, de pas tomber en effet dans ce trope-là.
Speaker: Et en même temps, dans ces trois échantillons-là, je trouve que les relations homosexuelles sont quand même vachement compliquées, quoi.
Speaker: Enfin, je veux dire...
Speaker: J'ai l'impression que, vu qu'on s'éloigne de l'hétéronormativité et du script qui est écrit, on se retrouve avec, par exemple, une Jules qui est complètement perdue, qui ne sait pas comment aborder Roux, qui l'aime plus qu'elle l'aime.
Speaker: Je trouve que ça paraît si compliqué, je trouve, pour une ado qui s'est construite peut-être tout le temps en miroir de...
Speaker: en fonction du male gaze, de pouvoir redéfinir ses désirs en les décentrant des hommes.
Speaker: Et moi, j'ai trouvé que c'était... J'attends juste le happy ending entre Roux et Jules.
Speaker: En même temps, ça n'arrivera peut-être jamais.
Speaker: Parce qu'on voit que quand il y a des scènes un peu de rêverie où elles s'imaginent mariées et puis elles sont en couple et Jules et artistes, je crois, ou même les scènes qui reprennent un peu les scènes iconiques genre du Titanic ou de d'autres films,
Speaker: On voit que c'est un au-delà, un peu une utopie en fait, mais qui dans la réalité est très très difficilement réalisable, tu vois.
Speaker: Et ça, je trouve que c'est un peu... J'aimerais voir des femmes lesbiennes, une femme trans, une femme cis, heureuses.
Speaker: Il y a vu ça dans un soap opera français.
Speaker: Pardon.
Speaker: Ah ouais?
Speaker: Oui, dans l'autre... Pas ici tout commence, mais sa grande sœur.
Speaker: Il y avait une femme trans et en couple lesbien.
Speaker: Oui.
Speaker: Mais oui.
Speaker: Demain nous appartient.
Speaker: Merci, voilà, Demain nous appartient.
Speaker: Il y avait une femme trans, alors je vous le parlais, une femme cis.
Speaker: Ouais, qui était un couple lesbien.
Speaker: Un couple lesbien, alors plus ou moins heureux, c'est un s aut au vert, il faut toujours du ramas tout le temps, mais il y avait plus ou moins, voilà, elle était prof dans le collège ou le lycée, un truc comme ça.
Speaker: Et ouais.
Speaker: Vive Demain nous appartient, bravo.
Speaker: Moi, il y a une autre thématique qui m'a un peu fait tiquer dans Sex Education, c'est la thématique de la rébellion, parce que c'est quand même une des sources de conflits dans Sex Education, c'est quand même une des thématiques les plus corrélées à l'adolescence, donc c'est plutôt logique.
Speaker: Et je voulais parler d'une scène qui cristallise assez bien ça, c'est dans la saison avec Hope, donc c'est la 3.
Speaker: Et donc Hope qui incarne cet état autoritaire là, elle veut instituer ses nouvelles règles conservatrices et réacs au possible à tout le monde.
Speaker: Et donc elle a séparé toutes les classes, d'un côté les garçons et d'un côté les filles.
Speaker: pour un cours d'éducation sexuelle de genre gros fachos franchement parce que c'est genre d'un côté pour les garçons, oui, les garçons, une tape qui date des années je sais pas combien et pour les filles une sorte de, je sais pas, de féministe néo-conservatrice bizarre qui vient leur faire un discours anti-avortement quoi.
Speaker: Et alors déjà, au tout départ, la scène démarre parce qu'il y a un problème, c'est que Kahl est non-binaire et donc ne peut pas suivre les consignes de Hope.
Speaker: Et on a déjà un premier moment intéressant parce qu'on a Kahl d'un côté, qui est un non-binaire noir qui, dans ce moment-là, très précis, ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, il porte un uniforme de manière un peu débraillée.
Speaker: Voilà.
Speaker: Et donc, on lui dit de se remettre pour être un peu propre.
Speaker: Et en comparaison, on le compare avec un non-binaire blanc, pour le coup, qui lui a un uniforme très ajusté, parfait.
Speaker: Et déjà, il y a une comparaison comme ça qui est verbalisée par Kahl de « le bon NB et le mauvais NB ».
Speaker: Bon, ok, intéressant.
Speaker: La scène continue et en fait, on arrive dans ces deux salles où les filles d'un côté et les garçons de l'autre sont regroupées.
Speaker: Et j'ai remarqué que face au moment autoritaire qui se passe, les seuls qui sont actifs, c'est Otis d'un côté et Maeve de l'autre, donc deux personnages hétérosexuels blancs.
Speaker: Et je trouve ça très intéressant parce que justement là où on essaye de nous faire croire, j'ai presque envie de dire sans vouloir paraître trop... C'est pas du tout accusateur, mais un peu.
Speaker: Là où on veut nous faire croire qu'on est dans un moment de queeritude, de genre, oui, on va se rebeller parce que vous voyez, les non-minaires n'arrivent pas à fiter dans vos normes de merde et tout.
Speaker: Finalement, dans Sex Education, les personnes queer ou les personnages racisés, ils ne sont pas si actifs que ça dans la rébellion.
Speaker: Alors que justement, c'est de leur identité qu'il est question et c'est de leur identité dont on se sert
Speaker: pour amener ces thématiques sur la table.
Speaker: Avec un peu du white... White Saviorism, j'allais le dire complètement.
Speaker: Et moi, quand j'ai vu ça, j'avais oublié cette scène.
Speaker: C'est la première chose que je me suis dit.
Speaker: Je me suis dit, oh wow, white Savior de où?
Speaker: Sauveur blanc, merci.
Speaker: Et en fait, tu vois, la vibe, presque, j'ai envie de dire, le marketing de Sex Education est tellement efficace que jamais de la vie, je me serais dit ça de moi-même.
Speaker: C'est parce que là, j'étais en analyse et je me suis dit, mais pourquoi?
Speaker: Ça n'a aucun sens, en fait.
Speaker: Là, on a envie que ce soit calme, qu'il se lève.
Speaker: On vient de le voir juste avant en train de dire « Vous me faites chier, je ne sais pas où aller ».
Speaker: Et on a envie que ce soit lui qui se lève et qui dise « Ben non, votre truc c'est de la merde ».
Speaker: Et pourtant non, c'est maïve.
Speaker: Voilà.
Speaker: Non, mais c'est une remar que que je trouve très intéressante et que je n'avais pas forcément décelé au premier regard en voyant la série.
Speaker: Mais je pense qu'on retombe toujours dans ce truc aussi.
Speaker: Je m'éloigne un peu du sujet, mais au final, les protagonistes centraux qui font l'histoire, ça reste quand même des personnes blanches, cis, hétéros ou du moins qui se rapprochent le plus de la norme.
Speaker: Et ça...
Speaker: À l'inverse peut-être de Sex Education, dans Heartstopper, moi ce que j'ai trouvé fort avec Yasmine Finé et son personnage de Elle, c'est que quand elle est invitée, vous savez, cette scène à la radio, justement elle pense parler d'art et de son travail d'artiste, et au final l'animatrice lui pose des questions sur...
Speaker: sa transition, sur son vécu personnel, sur son intimité et sur le contexte politique qui n'échappe pas du coup au Royaume-Uni avec la montée des mouvements et des idées anti-trans.
Speaker: Moi, ce que j'ai aimé, c'est qu'il y a une mini-révolte d'elle quand elle dit notamment « Trans people are not debate, we are human beings ».
Speaker: C'est une phrase un peu peut-être bête et évidente, mais pour des ados, je trouve que c'est
Speaker: C'est important et elle est soutenue aussi par sa famille, ses parents sont furax et tout.
Speaker: Moi, j'ai trouvé que là, la série, elle répondait aussi en 2000.
Speaker: Elle est sortie en 2024, je crois, la saison 3, ouais, de Herstopper.
Speaker: Elle répondait aussi aux enjeux de son temps.
Speaker: Et c'est à dire qu'aujourd'hui, on vit une, je pourrais dire, une guerre culturelle.
Speaker: C'est même plus une panique morale.
Speaker: Là, on est à un niveau au dessus contre nos identités, nos existences.
Speaker: Et je pense que c'est bien qu'une série même aussi légère aspire-t-elle à être et pipou, safe, comme on pourrait un peu le dire de manière sarcastique.
Speaker: Il faut quand même du politique.
Speaker: Au-delà du poétique, il faut du politique.
Speaker: C'est très important.
Speaker: Moi, je ne suis pas fan de R-Stopper, donc cette scène, je ne l'ai pas vue.
Speaker: Je suis ravi d'apprendre qu'elle existe parce que, justement, c'était un des reproches que je pouvais faire parce que je te dis que je ne suis pas assez expert, que je n'ai pas tout vu et que je n'ai pas potassé.
Speaker: Mais c'est vrai que pour moi, c'était tellement lisse que j'en arrivais à me dire « Mais... »
Speaker: Pour moi, par essence, les personnes queers et dans ce qui nous intéresse, les personnes trans, c'est tellement politique que j'ai du mal à accrocher à quelque chose qui est complètement comme ça.
Speaker: Dépolitisé.
Speaker: Oui, voilà.
Speaker: Ce que j'allais dire, c'est même pas lisser, c'est on omet quelque chose.
Speaker: Mais du coup, ça me fait du bien de savoir qu'en fait, c'est conscient et qu'il trouve une manière de raccrocher les wagons derrière.
Speaker: Carrément.
Speaker: carrément au contexte.
Speaker: C'était un sujet, en fait, à travers l'adolescence aussi, on a du coup la rébellion, mais comme tu dis, en fait, vu qu'ils ne sont pas acteurs, il manque ce côté militant, parce qu'à travers le propos, oui, effectivement, c'est une série qui parle d'éducation sexuelle, donc il y a un côté militant là-dedans, mais les personnages ne portaient pas ça,
Speaker: Et c'est trop récurrent avec les personnages trans d'avoir des personnes qui sont complètement déconnectées de leur communauté, déconnectées de leur histoire, déconnectées du politique qui entoure nos identités.
Speaker: Parce qu'on ne peut pas être... Clairement, être trans aujourd'hui, c'est forcément un acte politique presque.
Speaker: Sauf si on veut absolument rentrer dans le moule parfait.
Speaker: Il y a quelques personnes trans qui n'ont pas confiance de ce que ça veut dire, mais bon, ok!
Speaker: Mais du coup, il manque ce côté-là.
Speaker: Et dans Hot Stopper, il y avait cette façon de l'aborder.
Speaker: Moi, je n'ai pas trop aimé cette façon de le faire parce que j'ai trouvé ça un peu bancal, comment c'était abordé, parce qu'elle se retrouvait vraiment comme piégée.
Speaker: Et il n'y avait personne qui venait la sauver de ce truc.
Speaker: Et en même temps, comme on le voit avec Otis et Maeve, qui finalement sont ceux qui parlent, c'est-à-dire que c'est elle qui prend la parole, qui a son agentivité et qui se défend d'elle-même.
Speaker: Même si...
Speaker: dans le monde tel qu'il était.
Speaker: Je disais, mais attends, normalement, il y a des adultes là autour.
Speaker: Pourquoi elle est seule face à cette personne?
Speaker: Elle est jetée dans la foule.
Speaker: La foule?
Speaker: La fauce au lion.
Speaker: La fauce au lion, merci.
Speaker: On retombe dans le truc du spectacle et de la mise en scène de la souffrance.
Speaker: Oui, exactement.
Speaker: Tu vois, tu disais rentrer dans le bon moule et tout et dépolitiser un peu nos identités, nos corps, nos vécus.
Speaker: Je trouve que justement...
Speaker: Dans Euphoria, la saison 2, vient un peu rattraper ce côté-là où on a des personnages qui parfois peuvent être un peu flirtent avec la normalité, la respectabilité de s'être le bon trans, celui qui ne fait pas honte, celui qui est un exemple et qui surtout ne veut pas être trans.
Speaker: Je trouve que dans Euphoria, ce qui est bien, c'est qu'elle embrasse la queerness, mais littéralement ce qu'elle est, c'est-à-dire le bizarre, l'étrange, le freak, etc.
Speaker: Et je trouve que c'est important parce que
Speaker: Il faut remettre en question, je pense, les récits hégémoniques qu'on a, tu vois, de femmes, en l'occurrence femmes trans, mais de femmes trans blanches, bourgeoises, je ne sais plus qui disait ça, mais un peu bon genre.
Speaker: Oui, Karine Espinera.
Speaker: Et il y a une forme d'aspiration à l'anonymat et à la normalité, vivre en tant que femme, mais comme toutes les autres.
Speaker: Et je trouve que cette revendication d'être trans, elle est centrale, comme tu dis, à un moment de notre vie où on est littéralement coupable.
Speaker: de ça et je pense aussi à une phrase que dit elle dans Herstopper elle dit à un moment qu'elle est très fière d'être trans et je trouve que ça c'est trop bête mais c'est fort la fierté dans ce cas là de politique et révolutionnaire elle le dit en saison 3 je crois ce qui est marrant c'est que ça fait un peu opposition à cette saison 1 où même le mot n'est pas prononcé carrément
Speaker: carrément, là c'est nommé, c'est dit et on nomme la chose et comme on nomme en fait elle nomme son identité elle crie au monde qui elle est mais elle nomme aussi ses adversaires et le monstre et en l'occurrence le monstre, la transphobie d'état, les anti-trans en fait je trouve ça bien parce qu'une série qui est juste là pour mettre des personnes trans tu sais, un peu parce que c'est joli, parce que c'est beau, parce que c'est un peu excentrique et tout non là je suis
Speaker: Je partage quand même ton point de vue sur le fait qu'elle est un petit peu laissée à l'abandon lors de cette scène et tout.
Speaker: Et en même temps, je suis contente de voir que...
Speaker: On progresse dans la remise en question de la transphobie et non plus de la transidentité.
Speaker: S'il y a remise en question dans le récit de la transidentité, il y a aussi un backlash, un retour, une remise en question de cette transphobie.
Speaker: Elle est questionnée.
Speaker: Elle n'est pas juste là, montrée et le personnage souffre.
Speaker: Je trouve ça intéressant.
Speaker: Complètement, oui.
Speaker: Tu m'as soutenu après, de toute façon.
Speaker: Pour cette scène où je me pose la question, pourquoi?
Speaker: Au final les personnages autour la soutiennent, elles sont là à 100% donc on est aussi dans montrer ce qu'il faut faire en fait.
Speaker: C'est être là en soutien parce que je crois que même elle ne veut pas trop en parler.
Speaker: Elle ne veut pas trop en parler et puis il y a aussi ce truc je trouve qu'on n'a pas évoqué qui est aussi hyper important dans Heartstopper, c'est qu'il y a quand même le personnage de Naomi.
Speaker: Et qui est l'autre femme trans du récit, qu'on voit de manière, c'est surtout vers la fin, je crois la saison 2 ou 3, qui apparaît et qui convoit de temps en temps.
Speaker: Et en fait, je pense que vous le savez, mais des histoires de femmes trans, c'est souvent des histoires d'une femme trans qui est isolée, qui n'a pas de communauté.
Speaker: Et là, on a une femme trans, elle, qui a sa copine qui est également trans, Naomi, mais qui a une vie et qui ne tombe pas autour de sa transition, tu vois, et qui la soutient dans ce qu'elle fait et tout.
Speaker: Et je trouve que c'est important, encore une fois, cette sororité et puis cette communauté qu'on voit évidemment dans Sex Education et qui manque peut-être à Jules dans Euphorie.
Speaker: J'avais dit en fait, c'est...
Speaker: elle est assez isolée et exclue, quoi.
Speaker: C'est le critère du cisgay, c'est qu'en fait, le personnage trans n'a pas d'interaction avec d'autres personnes trans.
Speaker: Et donc, du coup, là, on voit dans Hot Stopper et dans Sex Education qu'on est sur le retournement de ça, où là, on a plusieurs personnes trans qui n'interagissent pas forcément à 100% entre tout le monde, parce que je crois que Cal n'est pas particulièrement... Mais en tout cas, nous, on peut voir des représentations différentes.
Speaker: Mais du coup, voilà, dans Euphoria, on reste un petit peu sur l'isolation.
Speaker: L'isolement, pardon.
Speaker: L'isolement, ouais.
Speaker: En termes de soutien, il y a aussi les parents de ces adolescents.
Speaker: Jules, je ne sais plus, on voit ses parents?
Speaker: On voit son père à quelques moments, mais qui est complètement... Qui la soutient à fond et pour qui ce n'est pas une question.
Speaker: Là où sa maman, tu sais, avec Jules, elle est partie en cure, je pense, parce qu'elle a des problèmes d'addiction...
Speaker: Et on comprend aussi que c'était elle qui l'avait emmenée en hôpital psy quand elle était enfant.
Speaker: Elle a une relation très compliquée avec sa mère, mais son père, il l'aime énormément.
Speaker: On voit plusieurs scènes où il l'embrasse, etc.
Speaker: Et il ne parle pas de sa transition.
Speaker: C'est sa fille.
Speaker: Ce n'est pas une question.
Speaker: C'est fou quand même.
Speaker: On n'a que des personnages d'adolescents qui sont soutenus trans, qui sont soutenus par leurs parents.
Speaker: C'est exactement ce qu'il faut faire en fait.
Speaker: pareil dans Elle enfin dans Herstopper avec Elle tu vois moi aussi je t'ai choué quand elle va au bal tu te rappelles Gab de fin d'année je crois avec Tao et elle descend les escaliers il y a Tao qui l'attend avec les parents d'elle du coup dans la cuisine et tout le monde est émerveillé par sa beauté c'est vraiment de vous ça fait du bien ouais je m'en rappelle de ça
Speaker: Ce serait intéressant d'aller chercher sur un prochain épisode sur l'adolescence des séries justement où la cible, ce n'est pas les adolescents.
Speaker: Parce que là, je me demande aussi, parce que même si Foria, c'est plus âgé, la cible, c'est quand même jeune adulte.
Speaker: Je me demande si justement, si la cible change, est-ce que justement, on a un panel un peu plus nuancé en termes de soutien de parents?
Speaker: J'en ai en tête là, je voudrais peut-être forcément les citer, mais je pense évidemment aux films que j'avais inclus dans mon corpus pour mon mémoire, mais le téléfilm Il est elle, qui est une jeune adulte trans, et du coup sa famille, ça a un soutien qui est contrasté, qui au final je pense que ça se termine bien à la fin.
Speaker: Oui, complètement ça se termine bien.
Speaker: Ça s'est rendu compte, même si son père revient et tout, mais c'est la dernière scène en fait, le soutien arrive vraiment dans la dernière scène.
Speaker: C'est un long chemin semé d'embûches.
Speaker: Et c'est vrai que tout de même, moi personnellement, ça me fait quand même du bien d'avoir des parents pour qui ils aiment leur enfant de manière inconditionnelle et ils ne sont pas dans le deuil de cet enfant perdu qu'on retrouve tout le temps dans nos narrations.
Speaker: Dans la fauteure rousseau que j'ai citée, la mère ne soutient pas l'enfant trans.
Speaker: Après, le personnage d'autorité en termes d'adulte, c'est le professeur et lui soutient.
Speaker: Enfin, il ne se pose même pas la question.
Speaker: Donc là, on a quelque chose, mais on est quand même sur les questions de l'opération.
Speaker: Donc, on est encore sur un sujet un peu à l'ancienne, plutôt lié au cisgays.
Speaker: Donc, je pense que quand c'est adressé à un public plus adulte, on a toujours le récit de la douleur et de la difficulté.
Speaker: Peut-être justement pour arrêter de penser qu'ils sont morts.
Speaker: Ils sont pas morts, ils sont là devant vos yeux, ils souffrent.
Speaker: Donc je pense qu'on est un peu sur toujours le rapport à la souffrance pour essayer de faire comprendre en fait ce qui se passe parce que je pense que les parents n'étant pas passés par là, ils sont à des milliers d'années de lumière de ce que vit l'enfant quoi.
Speaker: Et là, dans ces trois séries, il y a aussi un très bon rapport aux hormones.
Speaker: Pour parler un peu du sujet qui intéresse tout le monde entier.
Speaker: Mais ça se passe plutôt bien.
Speaker: Il y a notamment Cal, en saison 4, qui commence la testostérone.
Speaker: Et on a toute une trame sur, en gros... En fait, c'est une nouvelle puberté.
Speaker: Parce qu'il le dit, quand il va voir Otis, il dit qu'il a déjà vécu un peu ça, les premiers émois, les premiers... Comment dit Horny?
Speaker: Genre l'excitation, quoi.
Speaker: Ouais, c'est ça, l'excitation sexuelle, l'attirance.
Speaker: Oui, c'est ça.
Speaker: ou l'excitation sexuelle, tout ça pourra juste dire horny, on peut pas avoir un mot un peu... En chien, la libido, ouais.
Speaker: La libido, le fuck.
Speaker: Donc là, il revit ça avec la testo.
Speaker: Et j'ai trouvé ça hyper beau comme scène.
Speaker: C'est une scène toute simple qui passe vraiment... C'est pas une scène très importante.
Speaker: Alors qu'en fait, elle est hyper belle.
Speaker: Donc, il va voir Otis pour une consultation psy express puisqu'il vient littéralement d'avoir un orgasme face à la photo échappée du pénis de Otis devant toute la fac.
Speaker: En fait, ça leak parce qu'il veut connecter son tel et d'un coup, il y a ses selfies
Speaker: C'était l'orgasme.
Speaker: Et Cal vient d'avoir un orgasme impromptu.
Speaker: Donc il lui dit très franchement.
Speaker: Et il lui raconte cette histoire de la testo, nouvelle puberté.
Speaker: Il ne sait pas comment gérer.
Speaker: Il a l'impression d'être bizarre.
Speaker: Il a l'impression qu'il est bloqué là-dedans, dans cette libido excessive pour toujours.
Speaker: Et très simplement, Otis lui répond, en gros, c'est tout à fait normal.
Speaker: Tu es juste en train de vivre l'adolescence d'un garçon...
Speaker: Typique quoi.
Speaker: Moi aussi ça m'est arrivé quand j'étais adolescent et que la testo elle a commencé à hiter.
Speaker: J'ai eu des érections et des orgasmes impromptus.
Speaker: Tu vois à la fin c'est limite il lui dit bon courage.
Speaker: Mais il y a un côté un peu... Fraternité quoi.
Speaker: Ouais exactement.
Speaker: Exactement.
Speaker: De rapprochement de vécu, parce qu'en fait, on n'est pas si différents.
Speaker: C'est faux.
Speaker: Oui, complètement.
Speaker: Il me semble que elle, c'est un sujet ou pas, les hormones?
Speaker: Non, je suis presque sûr que non.
Speaker: Elle n'en parle pas.
Speaker: Vraiment, elle n'en parle pas.
Speaker: Alors, on devine qu'elle est sûrement sous hormones, mais elle n'en parle pas.
Speaker: Et quand la sexualité est abordée un petit peu au prisme, notamment de sa dysphorie génitale avec Tao...
Speaker: C'est vraiment pas... En fait, disons que la série, elle a sa force et peut-être aussi sa faiblesse dans les suppositions, les choses qu'elle laisse un peu planer ou dire à moitié dites, en fait, au final, en filigrane, qui sont suggérées, pardon.
Speaker: Voilà, c'est ça que je voulais dire.
Speaker: Et parfois, ça laisse place à l'imagination, mais parfois, je pense aussi qu'il faut dire les choses explicitement.
Speaker: Je pense que par rapport aux hormones aussi, ça dépend des pays.
Speaker: Je ne sais pas si en Angleterre, par contre, les délais d'attente pour avoir un rendez-vous dans le public sont de plusieurs années, à tel point qu'en fait, tu auras 18 ans avant d'avoir même eu ton rendez-vous pour un praticien qui s'adresse aux adolescents ou enfants.
Speaker: Et du coup, il y a des centres qui doivent accueillir des personnes trans.
Speaker: Il y en a moins un qui a été fermé à cause de la transphobie d'État complètement.
Speaker: Et donc du coup je pense que c'est pas abordé parce que c'est un truc qui est hyper... Touché?
Speaker: Alors pas touché politiquement mais aussi si t'es trans en fait en Angleterre c'est hyper compliqué d'avoir accès aux hormones, il faut passer par le privé.
Speaker: Une heure trans c'est super compliqué.
Speaker: Et alors pour le coup en France de mémoire c'est au moins jusqu'à 16 ans il n'y a pas d'hormones et à partir de 16 ans il faut vraiment être suivi dans les centres qui sont dédiés.
Speaker: Ou alors tu sais il y a les bloqueurs aussi, la question des bloqueurs je pense qu'avant 16 ans tu peux... La question des bloqueurs, je pense qu'ils ont préféré ne pas aborder pour pas être...
Speaker: Moi j'allais rebondir sur ça, moi j'aimerais bien une série Teenage qui parle des bloqueurs d'Hormones, parce que c'est quand même tout ce qui angoisse, qui titille tous les transphobes là, parce qu'ils vont imaginer des trucs pas possibles.
Speaker: Et en fait il faut qu'à un moment donné quelqu'un dise un peu les choses.
Speaker: Dans Il et elle je crois qu'il y a cette scène, genre l'hôpital du Crème-Limbicêtre qui est un des hôpitaux qui reçoit les mineurs.
Speaker: Il y a cette question des bloqueurs d'hormones qui est abordée.
Speaker: Donc au moins, ça donne aussi un peu les possibilités en France.
Speaker: Il y a aussi le cas, c'est aussi très furtif, mais dans Euphoria, quand elle parle avec son psy dans l'épisode spécial, elle dit notamment qu'elle veut peut-être arrêter les hormones.
Speaker: Mais en fait, la psy lui demande tous les hormones.
Speaker: Elle dit non, juste mes bloqueurs.
Speaker: Je crois qu'elle a à peine... Elle doit dans le récit avoir 17-18 ans, j'en sais rien.
Speaker: Et elle montre son bras là où du coup, il y aurait, je ne sais pas exactement ce que c'est, je ne me rappelle plus du nom...
Speaker: mais elle a un bloqueur qui est implanté dans son bras et elle explique que ça lui permet de ne pas avoir sa voix qui mue, de ne pas avoir de poils comme un homme, de ne pas avoir le développement de ses gonades, etc.
Speaker: Et elle dit pourquoi elle veut arrêter?
Speaker: C'est dans toute sa remise en question, tu sais, autour de sa féminité et de comment elle, elle conçoit, elle perçoit sa féminité et notamment en miroir du désir des hommes, pour elle et pour son corps.
Speaker: Et du coup, je pense que c'est aussi une volonté pour elle, cette question d'arrêter les bloqueurs,
Speaker: de s'éloigner un peu de ce que le male gaze attend d'elle et du coup de quitter un peu cette hyper féminité qu'elle a peut-être plus subie, qui a été plus contrainte, enfin une contrainte pour elle, qu'une forme de libération, d'émancipation.
Speaker: Je pense qu'il n'y a pas aussi une réflexion autour du fait que de toute façon, bloquer absolument la testostérone chez les femmes trans, ce n'est pas non plus la chose à faire.
Speaker: Elle l'explique.
Speaker: Elle l'explique dans la puberté.
Speaker: Je me permets encore de faire la lectrice pour un passage où Jules se parle justement de son rapport à la puberté et que j'ai trouvé extrêmement pertinent.
Speaker: Elle dit ceci...
Speaker: J'ai toujours considéré la puberté comme un épaississement, un approfondissement, un élargissement.
Speaker: Je crois que c'est pour ça que la puberté me faisait peur, parce que dans mon esprit, une femme, c'était forcément petite et toute mince, délicate aussi.
Speaker: Et je trouve que cette phrase est très forte.
Speaker: Déjà, c'est quelque chose qu'on n'entend jamais, mais elle-même fait une autocritique.
Speaker: de sa vie et en fait remet même en question ses propres biais misogynes sexistes et tout franchement en termes de réflexivité trouver des personnages trans qui sont autant dans la remise en question je trouve que ça pour ça Euphoria et Hunter Schaffer c'est magistral et puis là oui
Speaker: Complètement pour la remise en question, je rebondis.
Speaker: Ça me fait penser aussi à juste la maturité, en fait.
Speaker: J'ai quand même souvent l'impression que les personnes... Enfin, pour parler de notre thème, que les adultes trans sont généralement plus matures que les autres.
Speaker: Il y a un truc, tu vois, chez elle, je trouve, elle a souvent cette voie de la sagesse.
Speaker: Tu vois, notamment face à Tao, c'est ça?
Speaker: qui est toujours en panique, toujours en... Tu vois, il sait pas choisir, il sait pas... Il se passe un truc, en fait, c'est parce qu'il avait prévu, il va faire autre chose, ça n'a aucun sens.
Speaker: Et il y a tous ces moments où ils sont un peu tous les deux, tu vois, on est mi-flirt, mi-ami-retrouvé.
Speaker: Et face aux inquiétudes de Tao, elle, qui pourtant a le même âge que lui, quoi...
Speaker: arrive quand même à le rassurer.
Speaker: Elle est stable.
Speaker: Là où lui, il est très instable dans ses émotions.
Speaker: Elle est ancrée.
Speaker: Et je trouve aussi que c'est là où réside la force de son personnage.
Speaker: C'est qu'elle se construit, certes, dans sa relation avec Tao, mais aussi et surtout dans sa carrière qu'elle espère mener en tant qu'artiste.
Speaker: Et ce que j'adore, moi, vraiment dans le personnage de elle, c'est que même si j'adore leur couple,
Speaker: elle se construit comme femme indépendante, autonome.
Speaker: Et la preuve, elle part du coup à des kilomètres quand c'est la période de la fac d'Ottawa.
Speaker: Donc, il trouve un moyen de se voir quand même.
Speaker: Mais avant tout, ce qui importe pour elle, c'est la réalisation de sa vie et en tant que femme libre et indépendante.
Speaker: Et ça, je trouve ça fort d'avoir, je ne vais pas dire le personnage de Girlboss version trans, quand même pas, bien sûr, ça reste très libéral, mais plutôt d'avoir une femme qui se choisit avant de choisir les hommes, quoi.
Speaker: Mais ce que je trouve quand même intéressant, c'est que Stopper propose quand même un personnage d'adolescent qui ne sait pas qui il est vraiment.
Speaker: Parce que sinon, il y a aussi ce cliché des représentations d'avoir des personnages trans qui affirment énormément leur transidentité, qui affirment leur féminité ou leur masculinité, mais alors du coup, plus souvent féminité quand même, en termes de ratio personnages trans féminins ou masculins.
Speaker: Et que du coup, on ne laisse plus la place au fait qu'on doit tellement se battre
Speaker: contre les autres à dire qu'on est une femme ou qu'on est un homme, qu'en fait, on oublie presque de se poser la question, mais est-ce que c'est vraiment ça qui me convient à 100% de faire tout, de rentrer dans les codes cisnormés, etc.
Speaker: Et du coup, je trouve que c'est ça qui est intéressant au moment avec le personnage de Darcy, c'est qu'on a quelqu'un qui... Parce que du coup, elle, c'est ça qui me dérangeait presque, elle faisait tellement adulte, parce qu'elle a déjà tellement dû s'affirmer en tant que femme, réfléchir à cette identité, etc.
Speaker: Et que du coup...
Speaker: J'aime bien que parfois, oui, on est parfois des personnes qui ne savent pas qui on veut être vraiment plus tard, qui doutent et qui avons du mal à se définir comme un adolescent, à peu avoir du mal.
Speaker: Quand on lui dit à 16 ans, vas-y, choisis ton métier de toute ta vie.
Speaker: C'est un moment de galère.
Speaker: C'est pareil pour les personnes trans de dire en fait à 16 ans, je ne sais pas qui je suis et je ne veux pas forcément l'affirmer.
Speaker: Je n'ai pas eu la révélation à trois ans.
Speaker: Je pense que ce n'est pas anodin que justement cette première sorte de représentation trans qui doute, si je peux me permettre de résumer et vulgariser, elle arrive en fait sur des personnages d'adolescents.
Speaker: Parce que la période de l'adolescence, c'est ça.
Speaker: C'est le doute et tester des limites.
Speaker: Donc ce n'est pas étonnant et c'est pour ça que c'était important qu'on explore aussi l'adolescence transgenre.
Speaker: Complètement.
Speaker: Le genre fait partie de toute façon.
Speaker: Les masculinités et les féminités au sens large.
Speaker: Même Tao propose une représentation un peu différente des masculinités.
Speaker: On arrive à la fin de cet épisode.
Speaker: Est-ce qu'un petit tip sur le cisgaze?
Speaker: Moi, je pensais tout à l'heure à la communauté.
Speaker: Oui, le fait d'avoir plusieurs personnages trans, c'est clé.
Speaker: Que ce soit secondaire, ce n'est pas obligé d'apparaître toutes les 15 secondes, mais...
Speaker: Ce qui serait pas mal, sinon, en termes de cachet.
Speaker: Mais oui, clairement, de montrer cette sororité, cette fraternité, cette adelphité, en fait, qu'on se construit.
Speaker: Mais comme dans l'épisode par rapport à la sexualité, il y avait la série La Vénéno qui montrait vraiment ça, ce fait de se construire à travers les uns et les autres.
Speaker: C'est ça peut-être qui manque dans le côté politique de Sex Education et de Heartstopper, c'est qu'il manque un peu ce côté.
Speaker: On n'a pas d'autres représentations.
Speaker: En fait, dans le monde, ces personnages-là n'avaient pas forcément d'autres personnages trans autour d'eux et d'eux pour se construire
Speaker: Après, la nuance tout de même à faire avec Artstopper, c'est qu'ils ont quand même entre eux un groupe d'amis très queer.
Speaker: Non, complètement.
Speaker: Mais je pensais à ce côté historique.
Speaker: On n'a pas... Ah oui, d'accord.
Speaker: Voilà, se construire un travail.
Speaker: Parce que clairement, quand on va à l'école, on n'entend pas l'histoire trans.
Speaker: Et donc, du coup, avoir ce regard-là vers la globalité des représentations et pas juste écrire un personnage trans, en fait...
Speaker: C'est vrai qu'avec tous ces adolescents qui apprennent des choses, on n'a jamais eu une scène, quelqu'un qui ouvre un livre pour dire « Ah, Marsha P. Johnson, c'est très bien.
Speaker: » Ou même dire « Ah, tiens, ce pharaon ou cette pharaone, en fait.
Speaker: » Oui, c'est vrai qu'avec tes cours d'histoire, tu pourrais faire une scène hyper simple de tous les personnages historiques transgenres ou trans-coded qui ont existé.
Speaker: Il y a le docteur James Barry qui a fait des avancées en sciences.
Speaker: Même je pense à Wendy Carlos qui a fait la musique de plusieurs films.
Speaker: On pourrait avoir quelqu'un qui, comme dans Fête Vénéno, cette jeune fille trans qui a son idole et donc du coup avoir quelqu'un qui est inspiré.
Speaker: L'inspiration est la source de cette transidentité parfois.
Speaker: On ne s'infecte pas les uns les autres mais
Speaker: Mais en fait, on s'inspire.
Speaker: On s'inspire exactement.
Speaker: Et surtout, comme on le répète tout le temps, on a toujours existé.
Speaker: On existe et on existera toujours.
Speaker: Et moi, je suis... Certes, il manque peut-être un peu d'historicité dans certains de nos récits.
Speaker: Et donc, de côté un peu racinaire, je veux dire, dans ce qu'on raconte.
Speaker: Mais moi, je suis heureuse de voir quand même beaucoup de teen movies, de teen séries qui, en fait, offrent un futur qui soit...
Speaker: Autre chose que des larmes, du sang et le tout saupoudré de paillettes surtout pour les femmes trans mais même de manière générale pour tous les ados trans quoi.
Speaker: On a le droit à une vie heureuse et un happy ending et c'est comme ça que je finirai l'épisode.
Speaker: Très beau mot de la fin.
Speaker: Voilà c'était l'épisode de l'adolescence transgenre.
Speaker: Je vous invite à retrouver toutes nos infos et tous nos articles sur notre site représententrans.fr et à nous suivre sur Instagram.
Speaker: Un grand merci à XY Média, le premier média transféministe de France et surtout à Anna Balsamo.
Speaker: Ouais!
Speaker: Sans qu'il toute cette production ne serait pas possible.
Speaker: Merci beaucoup, Gab et Jasmine.
Speaker: A bientôt.
Speaker: Salut.
Speaker: A bientôt.






