Transcript
Speaker: Bonjour et bienvenue sur Représent trans, le podcast, une émission sur les représentations transgenres de la culture à travers le monde.
Speaker: Représent trans, le podcast, c'est des épisodes sur la représentation transgenre dans les œuvres d'art, des interviews sur l'actualité culturelle transgenre, mais aussi des épisodes comme celui-ci où on reçoit des membres de nos annuaires.
Speaker: Je suis Tadeo Escalante, scénariste et réalisateur, et aujourd'hui je suis avec Corey Angeles Browns.
Speaker: Salut!
Speaker: Hola, salut, bonjour, ça va et toi?
Speaker: Oui, super.
Speaker: Coréen Haïlis, tu es militante pour les droits transgenres avec Acceptez Transgenres, directrice de Miss Universe Queen France et aussi comédienne.
Speaker: Mais avant, je fais un petit point sur notre association, on représente trans.
Speaker: On oeuvre pour une meilleure représentation transgenres et plus d'inclusion dans le secteur culturel français.
Speaker: En 2020, on a dressé des annuaires répertoriant les actrices trans de France.
Speaker: dont tu fais partie.
Speaker: Et aujourd'hui, on a plus de 250 membres.
Speaker: On propose notamment des formations pour les professionnels et des consultations pour vos projets culturels.
Speaker: Depuis 2024, on met en place chaque année une bourse à l'aide aux courts-métrages de fiction trans.
Speaker: Et aujourd'hui, on arrive dans vos oreilles avec ce podcast.
Speaker: Je remercie chaleureusement XY Média, le premier média transféministe de France, et surtout Anna Balsamo, sans qui toute cette production ne serait pas possible.
Speaker: Alors, Cornelis, ton premier rôle au cinéma était retentissant puisque c'était dans le documentaire « Orlando, ma biographie politique » de Paul B. Preciado.
Speaker: Est-ce que tu peux nous raconter ta rencontre avec le cinéaste et puis ton expérience sur le film?
Speaker: Avant tout, je voulais te remercier à toi pour l'invitation.
Speaker: Je pense que parler de ça, qu'est-ce qui passe dans le parcours des personnes trans dans le cinéma, c'est trop important.
Speaker: Merci à toi, YsGrec Media et à Représentant Trans pour donner cette opportunité de donner la parole à toutes les personnes qui sont touchées pour ça.
Speaker: Merci.
Speaker: Avec plaisir.
Speaker: Merci d'être là.
Speaker: Yvon, en parlant par rapport au cinéma, comment je suis arrivé là dans le film Orlando, le film documentaire, que c'était une émotion d'être là, la vérité.
Speaker: Vous n'imaginez qu'en
Speaker: Ça m'a changé la vie.
Speaker: Je suis d'origine vénézolienne, latine bien sûr.
Speaker: Depuis que je suis petit, j'aime trop le cinéma, le théâtre, tout ça.
Speaker: Je commençais dans le théâtre quand j'avais 13 ans.
Speaker: Pendant 12 ans, je travaillais pour une école de théâtre.
Speaker: Je suis arrivé à représenter une pièce de théâtre.
Speaker: J'étais le rôle principal de cette pièce de théâtre.
Speaker: Évidemment, je savais déjà ce que je suis, ce que je voulais dans ma vie et pour moi, comment je voulais être.
Speaker: Une femme trans-jox, parce que je me sentis une femme.
Speaker: Après, évidemment qu'à cause de ça, je ne pourrai plus continuer avec ce rêve que j'avais, être dans le cinéma, la télévision nationale de mon pays d'origine.
Speaker: Parce que le directeur de théâtre que j'avais dans ce moment, il m'avait dit, si tu continuais de t'avisger comme femme, tu ne viens plus ici.
Speaker: Évidemment, j'étais obligé à prendre une décision dans un moment.
Speaker: Qu'est-ce que je fais?
Speaker: Évidemment, je voulais être la personne que je suis aujourd'hui.
Speaker: Je pense que grâce à cette mauvaise décision, bon, que mauvaise décision, non, évidemment, c'est comme le pays latino, il y a beaucoup de transphobie sociale, familiale, institutionnelle, et on parle de ça fait presque 30 ans avant, voilà, parce qu'il y avait presque 15 ans, et à l'époque, maintenant, j'ai 41 ans.
Speaker: Ça veut dire que pour pouvoir faire réalité mon rêve, ils ont passé presque 25 ans.
Speaker: Voilà.
Speaker: Et c'est Paul Bépreciado qui me a donné cette opportunité.
Speaker: C'est pour ça que je voulais remercier de cœur à Paul Bépreciado.
Speaker: Paul, si tu écoutes ce podcast, je te jure que tu as mon corps, tu lo sais.
Speaker: Tu as mon cœur et tu le sais.
Speaker: Et comment tu l'as rencontrée, Paul B. Preciado?
Speaker: Je suis militante et j'ai commencé mon rôle militante et de militantisme depuis mon pays d'origine.
Speaker: Car au début, bien sûr, depuis que je suis commencé ma transition, je quittais ma maison et tout ça, j'étais obligée à savoir me vautre avec le monde pour pouvoir me maintenir et faire toutes les choses que je voulais faire.
Speaker: Même que ma famille a été à côté de moi et m'a accepté, je voulais sortir et connaître la vie et le monde.
Speaker: Voilà, qu'est-ce qui m'attend pour moi?
Speaker: à la base et j'étais formée pour être maquilleuse et coiffeuse.
Speaker: Et pour pouvoir quitter mon pays d'origine, j'étais obligée à faire le travail de sexe.
Speaker: Voilà, Ido Narou, où je rencontrais beaucoup d'histoires horribles.
Speaker: J'étais presque tous les trois fois, j'avais vécu beaucoup de désagressions, de violations, des choses qui sont passées pour notre communauté trans.
Speaker: Et c'est là que j'ai commencé un peu le travail de militantisme parce que je vois toutes les agressions et toutes les choses qui nous ont fait, la police, la société, la personne qui est passée dans la rue, ils ont fait des agressions horribles et parfois nous ont tué et assassiné.
Speaker: Voilà, c'était horrible.
Speaker: Et à cause de ça, bon, je connais une association et je commençais à faire l'accompagnement, à donner des préservatifs, à écouter, à parler et tout ça.
Speaker: Donc ça c'était accepté à l'étranger?
Speaker: Non, non, je t'ai parlé de mon païdé, c'est pour ça.
Speaker: Ah, c'était encore au Venezuela?
Speaker: Exactement.
Speaker: Je suis arrivé en Espagne, je suis resté presque doucement, il n'y avait pas le temps, sans papier, je ne pouvais rien faire, voilà.
Speaker: Je fais encore le travail de sexe, après je suis arrivé à Paris.
Speaker: Et c'est là que vraiment commence ma vie comme militante.
Speaker: Je pense que toutes les choses que je voulais faire dans la vie, je suis arrivé à le faire ici en France.
Speaker: En tout cas, bien sûr, il y a beaucoup de choses qui restent à faire pour notre communauté.
Speaker: mais je peux remercier la France pour toutes les choses qu'elle m'a donné.
Speaker: Quand je suis arrivé ici, j'avais connu l'association Acceptesté, et je voulais aussi saluer toutes les personnes qui sont parties de cette association, que c'est ma famille ici à Paris.
Speaker: Merci pour être là depuis l'au-de-vous, merci à Giovanna Rincon et à toutes les personnes qui sont là, des membres administratifs, qui sont beaucoup de femmes transgenres, latines, migrants, qui ont le même parcours que moi et que la vérité est.
Speaker: Il donne la même force et l'énergie pour toutes nos soeurs qui sont là, venus à Paris ou en France pour aller ensemble dans le chemin.
Speaker: C'est l'association Accepté les étrangers qui est une association très importante pour les droits sociaux étrangers.
Speaker: Exactement, oui.
Speaker: Et voilà, depuis que je suis là dans l'association, j'étais formée parce que je suis arrivée comme médiatrice en santé, animatrice de santé plutôt.
Speaker: Après, ils me sont donné l'opportunité de faire la formation à l'université, dans la 3e promotion de médiation en santé à l'université La Sorbonne, Paris 13e.
Speaker: Et j'avais 12 ans que je suis là à Paris, je ne parlais pas trop français, je comprenais, mais je ne parlais pas.
Speaker: Je me suis dit, bon, je n'ai jamais dit non dans la vie, qu'est-ce que je vais faire?
Speaker: Bon, on y va!
Speaker: Et voilà, je suis commencée à faire la formation et j'ai réussi à faire la formation.
Speaker: Et voilà, maintenant, je suis diplômée dans la troisième promotion médiation en santé à la Sorbonne.
Speaker: Et à partir de là, j'étais embauchée pour l'association Acceptesté comme médiatrice en santé et accompagnatrice sociale.
Speaker: Ok.
Speaker: Et donc, tu m'as dit tout à l'heure que c'était via Acceptesque.
Speaker: Exactement.
Speaker: C'est pour ça que je parle de tout ça, parce que c'était le parcours exactement pour arriver à être partie de Film Orlando.
Speaker: C'était comme ça, parce que j'étais militante.
Speaker: Et tout ça m'est arrivé justement à se tester, parce que quand j'étais là, à se tester.
Speaker: Et sur Instagram, la responsable du casting de Paul Bepreciado cherchait un rôle.
Speaker: Un rôle latino comme moi, militante, qui loupent pour les droits des personnes trans et dans sa époque, le responsable du pôle santé de l'association qui s'appelle Laszlo, que je vous remercie aussi.
Speaker: Laszlo, grâce à toi, je t'ai là dedans, merci.
Speaker: Elle m'avait parlé de ça, elle m'avait mis en contact avec les personnes qui étaient là, que c'est Naël aussi, qui à l'époque, c'était la directrice, la responsable pour le casting.
Speaker: Naël derrière.
Speaker: Voilà, si.
Speaker: Et Naël, oui.
Speaker: Et le casting, il consistait en quoi?
Speaker: Et voilà, le casting, c'était comme ça.
Speaker: C'est lui qui m'avait mis en contact.
Speaker: Après, ils me sont dit d'involger parce que dans l'époque, c'était fin 2020.
Speaker: C'était le COVID.
Speaker: On n'a pas le droit de faire un casting en personne.
Speaker: Comment ça dit?
Speaker: Oui, un casting en présentiel.
Speaker: Exactement.
Speaker: Et je n'étais pas obligé, j'étais tenté de faire une vidéo.
Speaker: Je fais deux vidéos en espagnol et en français.
Speaker: Et j'ai envoyé le casting en vidéo.
Speaker: Et tu avais du texte ou c'était de l'impro?
Speaker: C'était impro.
Speaker: Improvisation.
Speaker: Et tu t'es sentie à l'aise dans l'improvisation?
Speaker: Oui, parce que moi, j'ai ça.
Speaker: Je ne sais pas, mais c'est natural.
Speaker: J'ai l'improvisation, toujours.
Speaker: C'est pour ça que je suis depuis petit.
Speaker: J'adore l'art, j'adore la musique, la danse, chanter, danser, l'actuation, tout ça.
Speaker: C'est pour ça.
Speaker: Et je pense que...
Speaker: Je suis là dans ce film Orlando, c'est parce que depuis que Paul Bepreciado regardait mon casting, elle m'a dit « Oh, elle doit être là ».
Speaker: Voilà, c'était comme ça depuis.
Speaker: Je n'étais pas à Paris dans un moment quand elle voulait me contacter, parler avec moi pour me dire la bonne nouvelle, qu'elle voulait que je sois là-dedans.
Speaker: Et j'étais en Madrid.
Speaker: C'était fin d'année 2021.
Speaker: Je me rappelle très bien, mais bien sûr, je n'ai jamais oublié ce jour-là.
Speaker: Pardon, je t'ai coupé, mais ce rôle-là, du coup, on a vu un peu ton parcours qui est hyper fort, parce que tu as fait plein de choses.
Speaker: Ce rôle-là, il a changé quelque chose pour toi depuis?
Speaker: Est-ce que tu as constaté du changement?
Speaker: Bon, changement par rapport à tout ce qui est lié au cinéma.
Speaker: Depuis que j'étais partie de ce film,
Speaker: Orlando et que vraiment j'avais connu beaucoup de personnes qui sont là dedans dans le film et que je voulais saluer bien sûr à tous qui sont là, toutes et à tous qui sont là et je pense que tout le monde ne s'en oublie rien évidemment mais à notre maman c'est le plus important et Annie, je voulais saluer Annie pour le précieux
Speaker: Il y a tous les sourds et nos frères qui sont là-dedans parce qu'on a fait un beau travail, la vérité, et que ça nous donnait beaucoup d'espoir pour dire que nous, nous nous représentons pour nous-mêmes.
Speaker: C'est ça.
Speaker: C'est ça la chose qui change dans ce film, et je pense que...
Speaker: à niveau international, les 10 prix internationaux qu'il a été fait dans le documentaire, c'est grâce à ça, parce que nous sommes représentés pour nous-mêmes.
Speaker: Et ça a changé, bien sûr, ça a changé.
Speaker: Ça a lié un peu de finir 2023 avec Paul Bépreciado et Orlando.
Speaker: Et en parlant de ça, d'ailleurs, le public l'a reçu comment, ce film?
Speaker: La vérité, je n'attendais jamais l'accueil des publics parce que pour moi c'était le premier et en plus je me suis dépassé tout, je suis dépassé presque comme tu le commences et tu arrives à Olibou.
Speaker: Je me sentis comme une star internationale parce que l'accueil qu'on avait parce que j'étais toujours avec Paul Bépreciado a un rôle principal de film en Espagne, dans le festival international de San Sebastien, dans Ostia.
Speaker: On était aussi en Allemagne, en Berlin, pour la Berlinale, la 63e édition de la Berlinale.
Speaker: On était le plus, comment se dit, pris?
Speaker: Ah oui, le plus sélectionné, le plus de prix?
Speaker: Voilà, comme au film documenté, on a quatre prix.
Speaker: Ah oui, d'accord.
Speaker: Donc des vrais prix, vous aviez le plus de prix dans votre sélection?
Speaker: Voilà, dans ces dernières années de festival.
Speaker: Et voilà, comme en notre pays aussi, la vérité, la queue du public a ouvert le film, évidemment, pour notre communauté LGBT QA+.
Speaker: C'était magnifique.
Speaker: Je pense qu'à niveau européen, il y a plus de connexions.
Speaker: Connexion, ça veut dire au niveau des droits des personnes LGBT qui ont plus, même qui sont en train de perdre de plus en plus.
Speaker: Mais on est là.
Speaker: Je pense que c'est l'idée.
Speaker: Et en parlant d'un peu d'actes politiques, toi tu as choisi, je l'ai dit tout à l'heure, de rejoindre les annuaires représentants.
Speaker: Alors déjà, ça m'intéresserait de savoir quand est-ce que tu as rejoint les annuaires, mais aussi pourquoi tu les as rejoints.
Speaker: La Noire représente trans.
Speaker: Je l'avais rejoint en 2021, justement avant d'être choisi pour le prix pour le Paule Bépreciado pour être parti d'Orlando.
Speaker: Parce que je me suis dit, Yvon, je voulais commencer dans un moment, en 2021, je voulais commencer vraiment mon parcours dans le cinéma, dans la télévision.
Speaker: Et Yvon, j'avais l'opportunité grâce à...
Speaker: Mon rôle aussi de militante d'être là dans ce film.
Speaker: Voilà.
Speaker: Et c'est là que je commençais à m'inscrire dans des applications, des entrées, je ne sais pas, qui sont liées au cinéma, télévision, au théâtre.
Speaker: Est-ce que c'est d'être sur les annuaires représentants?
Speaker: Est-ce que ça a changé quelque chose pour toi?
Speaker: Est-ce que tu avais par exemple reçu des annonces, je ne sais pas, que ce soit en bien ou en mal?
Speaker: Qu'est-ce que le fait de rejoindre les annuaires a changé pour toi?
Speaker: En réalité, depuis que je me suis inscrite en 2021, j'avais l'opportunité de participer à Orlando.
Speaker: Et ensuite, Orlando, c'était un projet qui a duré deux ans, entre 2021 et 2023.
Speaker: Ce que m'a donné Orlando, c'est aussi un film qui a gagné des prix aussi l'année dernière, qui est le film Emilia Perez.
Speaker: J'avais aussi un rôle comme figurant.
Speaker: En 2023, j'ai fait l'enregistrement et il est sorti l'année dernière.
Speaker: C'est un film aussi qui était parti pour une fin transgenre et qui a fait deux rôles comme homme et femme.
Speaker: Et le rôle de figurant, c'est toi qui as candidaté?
Speaker: Je suis candidaté, ils me sont contactés pour faire un doublage.
Speaker: Et voilà, à la fin, je suis arrivé à être parti des figurants.
Speaker: Plus largement, moi, je pose souvent la question d'être out ou pas en tant que personne trans quand on est dans le milieu du cinéma.
Speaker: Donc là, en tant qu'actrice, c'est d'autant plus important parce que c'est vraiment l'image qu'on envoie au monde.
Speaker: Donc toi, tu as fait le choix pour l'instant d'être out en tant que femme trans et actrice.
Speaker: Est-ce que déjà, c'était un choix?
Speaker: Et si oui, pourquoi ce choix?
Speaker: Bien sûr, c'est un choix parce que je me sens comme ça et bien sûr, dans le parcours du cinéma, pour les femmes transgenres, évidemment, il n'y a pas d'offres.
Speaker: C'est parce que déjà, étant que femmes transgenres et migrants, c'est plus compliqué parce que si je ne suis pas en situation régulière en France, c'est plus compliqué de trouver un travail.
Speaker: Déjà, rentrer dans des trucs comme ça, comme le cinéma, c'est plus compliqué que rien.
Speaker: En plus, la variée de la langue, c'est une chose aussi que ça... c'est une barrière.
Speaker: Voilà.
Speaker: Mais je pense que la chose que je peux penser et faire, évidemment, c'est continuer, bien sûr, comme beaucoup de personnes, qu'on peut penser qu'on ne peut pas arriver à faire.
Speaker: Je veux dire que oui, c'est possible, parce que, comme j'avais vous dit au début, pour moi, c'était un rêve, une chose que je voulais faire depuis que j'étais petite,
Speaker: Ils ont passé 25 ans pour pouvoir arriver là, justement, au cinéma français.
Speaker: Mais évidemment, il n'y a pas beaucoup d'offres pour nous, la communauté transgenre, mais c'est pour ça qu'on doit bien militer et visibiliser tout ce qui se passe dans ce moment.
Speaker: Est-ce que ce rôle-là, il a eu un impact quelconque sur ton parcours trans?
Speaker: Ou est-ce qu'à l'inverse, toi, pas du tout, c'était vraiment des choses indépendantes?
Speaker: Il n'avait plus d'impact pour ma communauté trans-latine.
Speaker: Oui, que sur toi précisément.
Speaker: Exactement.
Speaker: Parce que, évidemment, je suis là parce que j'adore le cinéma, le théâtre, la télévision, comme j'avais dit.
Speaker: Mais c'est pour montrer aussi que c'est possible de faire choses même.
Speaker: Parce que je parle de moi-même là.
Speaker: Parfois, on pense qu'on n'a pas le droit.
Speaker: On n'a pas le droit à la culture, on n'a pas le droit à...
Speaker: à se former à l'art, à rien de ça, parce que c'est la chose que nous avons dit ou qu'on avait vu ou vécu dans notre pays d'origine.
Speaker: Et oui, je vous dis qu'on a le droit, on peut le faire.
Speaker: Nous autres, on peut le faire.
Speaker: À l'inverse, on a compris que tu étais une militante échevelée.
Speaker: Est-ce que ton militantisme a eu un impact sur ton parcours de transition?
Speaker: Tout à fait, oui, mais personnellement, je peux dire dans mes parcours de militantisme, toute la chose que je fais dans ma vie, je le fais parce que je suis concerné pour ça.
Speaker: Je suis une femme transgenre.
Speaker: Pourquoi je vais me battre dans la rue?
Speaker: Pourquoi je vais lutter pour les droits, pour nos droits, pour tout ça?
Speaker: Je le fais parce que étant une femme transgenre, la chose que je fais pour moi étant une femme transgenre, je sais que
Speaker: C'est le bien qu'il faut faire pour notre communauté transgenre.
Speaker: Voilà, c'est pour ça.
Speaker: Est-ce que c'est un peu la notion du devoir?
Speaker: Tu as l'impression d'avoir un devoir?
Speaker: Non, non, non.
Speaker: C'est pas tout à fait ça.
Speaker: C'est pour ça que je voulais bien que vous compreniez ça.
Speaker: C'est parce que moi, étant que je suis transgenre, je le fais parce que c'est ça que je sens.
Speaker: Je le sens comme ça.
Speaker: C'est comme si je le fais pour moi.
Speaker: Et si je le fais pour moi, je le fais de la meilleure manière.
Speaker: De la meilleure manière, non?
Speaker: Et voilà.
Speaker: Si je le fais pour moi de la meilleure manière, je le fais pour ma communauté déjà.
Speaker: Voilà.
Speaker: Et alors, chez Représent Trans, pour le coup, c'est pour ça qu'on s'appelle comme ça.
Speaker: La représentation, c'est quand même quelque chose de très important et très central dans nos enjeux.
Speaker: Pour toi, qu'est-ce que c'est la représentation avec un grand R?
Speaker: Et c'est quoi les enjeux de la représentation?
Speaker: Je sais, j'ai vu déjà que vous avez fait le nouveau bureau, ça ne fait pas longtemps.
Speaker: Oui, félicitations à tous les membres, le nouveau membre du bureau de Repression Trans.
Speaker: Merci.
Speaker: Merci de t'être là dedans.
Speaker: Voilà.
Speaker: C'est vrai que dans les 12 dernières années, j'étais un peu éloigné.
Speaker: de tout ce qui est cinéma, de casting et tout ça parce que malheureusement, j'avais connu quelqu'un, je suis tombé amoureux, voilà, c'était une mauvaise relation que ça durait presque deux ans et que heureusement, j'arrivais, ça fait quelques mois, à quitter.
Speaker: et vraiment je ne savais plus ce que je pouvais faire pour ressortir.
Speaker: Justement, j'avais vu ma vie bien dans les schémas du cinéma parce que j'étais déjà dans Orlando après Emilia Perret.
Speaker: Ils sont deux films qui ont été internationalement reconnus.
Speaker: Je me suis dit chaque année
Speaker: Je fais une petite participation dans son film parce que je me suis dit en 2022 je fais Orlando et il est sorti en 2023.
Speaker: En 2023 j'enregistrais Emilia Perret et il est sorti en 2024.
Speaker: En 2024, j'avais connu le mec, tout s'est cassé.
Speaker: Je suis là pour recommencer.
Speaker: Et c'est vrai que des plateformes comme ça, comme YG Media, Représentance, il faut tenir ça parce que c'est ça qui nous va essayer à visibiliser toutes les choses qui sont invisibles dans notre communauté, dans beaucoup de domaines, pas que le cinéma, évidemment, et vous le savez.
Speaker: Et donc pour toi, ça peut vraiment changer des choses concrètes, la représentation transgenre dans la fiction, par exemple?
Speaker: Oui, j'aimerais bien parce qu'évidemment, nous sommes prêts à faire toutes les choses qu'on voulait faire.
Speaker: Parce que moi, je sais que j'adore le cinéma, l'art, en tout en général.
Speaker: J'aime l'art.
Speaker: Et je sais que si je me prépare, parce que c'est ça que je voulais faire aussi, me préparer plus et plus et plus pour pouvoir faire un rôle n'importe quel.
Speaker: Si genre, androgène, extraterrestre, animaux, n'importe quel rôle, mais je peux le faire.
Speaker: La chose que je sois prête à le faire.
Speaker: Ça tombe bien parce que ma question d'après c'est est-ce que selon toi tout le monde peut tout jouer et la question qui se cache derrière ça qui cristallise toutes les angoisses dans le monde du cinéma à l'heure actuelle c'est en gros est-ce que les acteurs cisgenres peuvent jouer les personnages transgenres.
Speaker: Et oui, bien sûr que je peux le faire parce que déjà dans beaucoup de films ou séries, on a vu déjà qu'il y a beaucoup de personnes cisgenres qui font des rôles trans, travestis, voilà, mais c'est pas pareil, évidemment.
Speaker: C'est pas pareil, il a le droit, bien sûr, mais c'est pour ça qu'on n'a pas d'opportunités dans ces médias.
Speaker: Parce qu'évidemment, si on avait plus d'opportunités à niveau international, je parle pas que en France,
Speaker: Mais je vois que de plus en plus, ça commence à bouger un petit peu aux États-Unis, en Latinoamérique.
Speaker: Il y a beaucoup déjà, pas mal, en Colombie et en Brésil, qui les donnent des personnages, des rôles principaux dans la télévision nationale à personnes trans.
Speaker: C'est un petit film, un petit série ou une animatrice.
Speaker: Je vois ça en trois pays, plutôt en Argentine, en Colombie et en Brésil.
Speaker: Pour revenir par rapport à ça, je voulais te dire évidemment que tout le monde peut faire, bien sûr, mais ce n'est pas la même chose parce que ça change bien tout si c'est nous-mêmes, une personne trans, qui jouait le rôle.
Speaker: mais je rebondis aussi sur ce que tu disais qu'il faudrait plus d'opportunités plus d'opportunités ça veut dire déjà peut-être plus de rôles trans mais aussi peut-être des rôles cis pour des personnes trans oui oui c'est ça que je voulais dire si ils pouvaient faire un rôle trans bien sûr que nous on pouvait faire un rôle cis genre bien sûr que si on a un exemple là parce que là Emilia Perez qui était faite pour Carla Garcia Gascog elle vient définir Emilia Perez elle a fait deux
Speaker: Dux rôles, homme et femme, voilà, Manitas et Emilia Perez.
Speaker: Et là, Mano, dans sa maman, elle est en train de registrer un film qui s'appelle Trinidad et elle fait un rôle cisgenre.
Speaker: Voilà, c'est là que ça commence, c'est comme ça que ça commence à voler.
Speaker: C'est vrai que...
Speaker: Bon, voilà, j'aimerais plus que la visibilité pour notre communauté trans à niveau cinéma soit plus courageuse, plus confrontée à niveau des producteurs, des directeurs et tout ça.
Speaker: Et je sais que c'est beaucoup à demander, mais j'aimerais bien que des personnes qui ont le pouvoir de le faire, que le fera, comme elles ne le font pas.
Speaker: C'est aussi pour ça que Représentance existe parce que je le rappelle, on offre des formations professionnelles et des consultations sur les projets culturels.
Speaker: Donc c'est aussi ce qu'on essaye de faire bouger pour que ceux qui en tout cas sont prêts à le considérer, de sensibiliser un peu plus aux enjeux de la représentation et les outils à disposition.
Speaker: Donc Représentance est là et est disponible.
Speaker: Toi, dans les prochains rôles que tu aimerais avoir, que tu aimerais tenir, tu aimerais jouer un personnage trans ou un personnage cisgenre si tu avais le choix?
Speaker: Pour moi, la vérité, pour moi, le plus important est de jouer un rôle.
Speaker: N'importe lequel, un homme, un mec, trans, femme, n'importe si genre.
Speaker: L'opportunité d'être, c'est le meilleur, tu vois, et le bien faire.
Speaker: Je pense que pour moi, ces questions, c'est ça.
Speaker: J'aimerais qu'il y ait l'opportunité plutôt.
Speaker: Pour rebondir sur la représentation, ça me fait penser à quelque chose qu'avait dit Giovanna Rincon, parce que j'avais eu le plaisir d'interviewer il y a quelques années de ça.
Speaker: Et c'était déjà à propos un peu de ces questions-là de la représentation et du pouvoir de l'art sur les enjeux politiques.
Speaker: Et elle avait dit un très beau truc, je ne sais plus c'était quoi la phrase exacte, mais en gros elle disait
Speaker: Bien sûr que la représentation et l'art étaient très importants dans les luttes presque sociales, mais surtout elle était complémentaire, que les droits sociaux ne peuvent pas avancer sans les activistes, les militants de terrain, mais non plus sans les artistes qui vont remettre en question des enjeux sociétaux, et que les deux coexistent ensemble et se font avancer l'un l'autre.
Speaker: Et j'ai trouvé ça très beau.
Speaker: Oui, c'est ça, parce que c'est comme ça.
Speaker: Toutes les choses qu'on défend, je pense qu'il y a toujours une variante ensemble, c'est la même chose.
Speaker: C'était comme mon travail aussi.
Speaker: J'étais formé comme médiatrice en santé, mais la santé va lier à l'eau sociale.
Speaker: Tu vois, toutes les choses vont ensemble toujours.
Speaker: C'est comme la chose, l'eau sociale, l'art et le militantisme.
Speaker: Tout va ensemble.
Speaker: Complètement, ça me fait penser d'ailleurs qu'Espace Santé Trans a lancé son ciné-club.
Speaker: Donc, c'est vraiment que c'est de plus en plus conscient que la culture fait partie aussi d'un bien-être chez l'humain, quoi.
Speaker: C'est très important.
Speaker: Pardon, j'avais fait un petit encart.
Speaker: Mais du coup, on parlait des rêves.
Speaker: Toi, là, si tu avais vraiment le choix, si tu pouvais choisir n'importe quoi, ce serait quel personnage que tu rêverais d'incarner?
Speaker: Pour moi, ce qui me sent faire rêver, voilà.
Speaker: C'était Demi-mour dans Gauche en 1990, je ne sais pas, mais j'étais petite.
Speaker: Je pense que j'adore l'art du cinéma, c'est par rapport à elle.
Speaker: Et aussi à Kate Gwinsley, qui était Rose de Titanic.
Speaker: Voilà, et je pense que si j'aurais fait un rôle comme ça, bien sûr.
Speaker: Parce que je pense que depuis là, c'est là que j'ai commencé mon délire pour le cinéma.
Speaker: Ces rôles tous les deux, ça me sont marqués.
Speaker: Les deux, c'est des histoires d'amour, c'est ça qui t'intéresse?
Speaker: Non, ce n'est pas que l'histoire d'amour, c'est l'intensité.
Speaker: L'intensité plutôt.
Speaker: Bien sûr que là-dedans, il y a l'histoire d'amour.
Speaker: Sinon, l'intensité a démontré que l'amour est forte, qu'il y a plus de choses qui sont plus fortes, parce qu'à la fin, en Titani, il était décédé.
Speaker: Il a faim et il restait tout seul.
Speaker: Mais toutes les choses qui sont passées, il y avait une nouvelle histoire.
Speaker: C'est ça que je dis.
Speaker: Et si on te donnait l'opportunité de créer ton propre film, tu avais le droit de raconter n'importe quelle histoire, tu n'es pas obligé de me sortir un scénario, mais qu'est-ce que ça raconterait à peu près?
Speaker: Je pense qu'on va penser toujours à dire ou à montrer les histoires de nous, qu'est-ce qu'on a vécu, tout ça.
Speaker: Mais je pense qu'on peut raconter plus que ça, on peut changer la bascule, on peut changer tout ça, parce que nous ne sommes pas que ça, la vérité.
Speaker: C'est un peu comme les rôles, ce que tu disais.
Speaker: Exactement.
Speaker: On peut tout faire.
Speaker: Oui, on peut tout faire.
Speaker: C'est pour ça.
Speaker: Pourquoi on doit penser toujours à raconter l'histoire des trans et se victimiser et tout ça?
Speaker: Bien sûr que si.
Speaker: Bien sûr que si.
Speaker: Parce que moi, étant trans, j'ai reçu beaucoup des actes de trans fauves.
Speaker: Trans fauves à niveau familial, social, administratif, constitutionnel.
Speaker: Tout ça, bien sûr, chacun, chacun, il y a son histoire de vie.
Speaker: Évidemment, on l'a vécu.
Speaker: Chacun à sa manière.
Speaker: Et c'est ça qui nous fait plus fort.
Speaker: Voilà.
Speaker: Pour moi, je parle pour moi.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Toutes les choses que j'avais vécues dans la vie et que c'est des choses que vous n'imaginez pas, je fais ça et c'est ça qui m'a fait une personne comme je suis aujourd'hui, plus forte.
Speaker: Et aujourd'hui, du coup, tu fais quoi?
Speaker: C'est quoi tes plans au présent et pour le futur?
Speaker: Bon, pour le moment, justement, depuis que je suis fini avec ma relation, que j'ai quitté, ça fait quelques mois, je suis rentré en dépression.
Speaker: Ce n'est pas parce que je suis militante, je ne peux pas souffrir, je ne peux pas... Non, je sens, je suis une personne comme une autre personne, j'ai des sentiments, je ne suis pas des... Hier, non.
Speaker: C'est difficile, mais bon, je peux dire que j'ai arrivé à l'eau, vécu, je suis là bien fort pour continuer à chercher des castings, postuler, faire.
Speaker: Et dans un moment, le projet que j'ai en tête, c'est le Miss Universe Queen France.
Speaker: Je suis l'actuelle directrice de ce concours et bien sûr, je suis même fondatrice aussi de Misty France.
Speaker: La différence entre les concurs et les mystiques français sont tous les mises ici en France.
Speaker: Mon concours sera nommé comme une association qui s'appelle Friends Mystique Organization.
Speaker: C'est cette organisation qui a voulu former et accompagner les fans transgenres dans le marché du travail.
Speaker: Et je serai la directrice de cette association.
Speaker: La présidente sera Tara Wells.
Speaker: Et voilà.
Speaker: Et alors, le but de tout ça, de créer cette association, c'est d'accompagner toutes les fans transgenres vers le marché du travail parce que j'étais touchée pour ça aussi.
Speaker: Après que je suis tombé en born-out à l'association Acceptesté, je suis quitté et pendant deux ans j'étais au chômage, je n'arrivais pas à trouver de travail parce que mon domaine de travail ça n'existait pas, même en France Travail ni pour l'emploi.
Speaker: J'étais obligé à changer de domaine de travail et c'était difficile.
Speaker: Et à partir de là je me suis dit bon si j'ai l'opportunité de créer un nouveau projet, voilà, je vais...
Speaker: Je vais là-dedans, dans le marché du travail.
Speaker: Parce que pour nous, étant que fan trans, c'est difficile de trouver travail, volant et tout ça.
Speaker: Et en plus, c'est des migrants sans papier.
Speaker: Bravo pour tout ça.
Speaker: Merci, j'espère que vous connaissez bientôt l'association.
Speaker: Mon rêve, mon concours de beauté, c'est Miss Universe Queen France.
Speaker: On va partir en novembre à Nantes à représenter la France.
Speaker: On vous souhaite plein de belles choses.
Speaker: Merci beaucoup d'être venue, Cori Angeles.
Speaker: Oui, merci à vous pour l'invitation.
Speaker: Et puis, on te souhaite aussi plein de belles choses pour ta future carrière de comédienne.
Speaker: Merci.
Speaker: Ciao.
Speaker: Merci beaucoup d'avoir écouté notre podcast.
Speaker: Je vous rappelle que toutes nos informations et tous nos articles sont sur représententrans.fr.
Speaker: Et puis, je vous dis à bientôt.
Speaker: Salut.
Speaker: Salut.
Speaker: Ciao, ciao.






