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La Doula - Une alliée pour une naissance respectée - Isabelle Challut

Enfants de Gaia
Enfants de Gaia

83 plays · Oct 12, 2025

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Speaker: Sous-titrage Société Radio-Canada

Speaker: Franchement, être tout seul dans des unités d'obstétriques, c'est vrai que c'est des enjeux compliqués parce que toutes les équipes obstétriques sont quand même formées pour gérer des risques.

Speaker: En fait, leur angle d'approche de la mise au monde, c'est qu'il y a toujours potentiellement un risque.

Speaker: Donc, ils ont pris l'habitude de mettre en place des interventions avant.

Speaker: en se disant si je fais ça, ça va peut-être éviter ça mais en ne prenant pas conscience que même si on a des études là-dessus nous on a des études au Québec qui le prouvent que chaque intervention

Speaker: peut en amener une autre.

Speaker: Donc cette notion de cascade d'intervention, elle est connue maintenant, mais elle n'est pas vraiment prise en compte encore dans les unités de maternité.

Speaker: Donc, ça prend, pour se sentir en sécurité, ça prend quelqu'un en qui on a confiance, puis qui va rester là tout au long.

Speaker: tout au long de la mise au monde, c'est-à-dire qu'ils s'envoient à la maternité, ils nous appellent puis on y va, puis on reste là, on ne les lâche pas.

Speaker: Donc cette sécurité elle est nourrie, la confiance est nourrie et c'est là que les femmes vont pouvoir aller au bout de leur expérience par elles-mêmes.

Speaker: Bienvenue sur Enfants de Gaïa, un espace d'amour et de bienveillance dédié à ceux qui façonnent l'univers des familles du Nouveau Monde.

Speaker: Je suis Nassima, doula holistique et gardienne des naissances sacrées.

Speaker: J'aime comprendre le fonctionnement profond des choses, alors j'explore en quête de réponse.

Speaker: Et je vous embarque avec moi dans ce voyage à travers mon prisme de vision.

Speaker: Nous allons ensemble à la découverte du féminin, de la maternité, du couple, de la sexualité, des enfants et bien plus encore.

Speaker: Ce podcast est là pour t'inspirer et t'ouvrir à de nouvelles perspectives à travers la rencontre de professionnels qui chacun à leur manière participent à l'ouverture des consciences.

Speaker: Alors branche tes racines, connecte tes antennes et laisse-toi porter!

Speaker: Bonjour Isabelle, merci d'avoir répondu présente à ce podcast.

Speaker: Je suis ravie de t'avoir en face de moi.

Speaker: Bonjour Nassima, moi aussi je suis très heureuse qu'on se parle ce matin.

Speaker: Oui, chez nous c'est l'après-midi, avec ce décalage.

Speaker: Isabelle, alors moi je t'ai découvert il y a plus de deux ans, au début de mon parcours au sein des doulas, et à travers ton livre « La maternité au féminin », qui m'a vraiment énormément nourrie,

Speaker: Et ensuite, en découvrant davantage à ton sujet, j'ai vu que tu fais partie, tu es une des fondatrices du Centre Pleine Lune, qui aujourd'hui actuellement forme des doulas et qui a eu toute une histoire également.

Speaker: Et tu as écrit de nombreux livres et tu accompagnes les familles, les doulas depuis plusieurs décennies.

Speaker: Donc voilà, je t'ai invitée vraiment pour pouvoir parler un peu de tout ce qui est maternité, accompagnement des familles et tout ce qui viendra au cours de la conversation.

Speaker: Pour commencer, est-ce que tu pourrais présenter un peu ton parcours?

Speaker: Comment t'en es arrivé là?

Speaker: Oui, ce long parcours, hein, il commence à être long à raconter en quelques minutes, mais c'est ça, c'est la naissance de mes enfants, il y a déjà quand même une trentaine d'années, qui a réveillé l'infirmière que j'étais, c'est vraiment ça que j'ai envie de dire.

Speaker: parce que ma première fille est née par césarienne puis 8 ans plus tard mon fils est né à domicile sans assistance médicale et ça a été vraiment une espèce de grand bouleversement cette deuxième naissance m'a énormément bouleversée et bon je vis au Québec et au Québec ce sont des infirmières dans les salles de naissance donc j'ai vraiment décidé de retourner travailler

Speaker: en obstétrique, j'avais besoin de comprendre la pensée médicale et parce qu'en fait j'avais envie que toutes les femmes, les hommes, que tout le monde puisse entendre parler de qu'est-ce que c'est vraiment que de mettre au monde un enfant, d'accueillir un enfant.

Speaker: Et donc voilà, j'ai consacré des années d'expérimentation, de voir qu'est-ce qu'on peut faire en maternité à l'hôpital pour aider vraiment les femmes à mettre au monde par elles-mêmes.

Speaker: et puis j'ai ouvert le centre Pleine Lune au milieu de tout ça pour vraiment qu'il y ait un lieu ouvert aux familles, que les familles puissent venir, qu'elles puissent entendre, qu'elles puissent se préparer et puis finalement qu'elles puissent être accompagnées puisque c'est vraiment... j'ai commencé à accompagner à la demande des familles

Speaker: Et l'accompagnement, ça a vraiment transformé aussi ma pratique parce qu'en fait, moi, j'étais vraiment convaincue que l'accompagnement était une des choses les plus importantes qu'on avait à faire, au-delà de tout ce qu'on peut faire quand on est un professionnel dans les salles de naissance.

Speaker: Donc, j'ai vu tout de suite que...

Speaker: selon comment ils sont préparés, selon comment ils sont accompagnés, ils vont pouvoir aller au bout de leur expérience et le vivre d'une façon différente, non médicalisée.

Speaker: Donc voilà, j'y ai consacré les vingt dernières années à l'accompagnement

Speaker: et puis tranquillement à la formation des doulas.

Speaker: Axé sur toutes ces centaines d'accompagnements, la formation est née pour transmettre à d'autres personnes qui avaient envie d'accompagner parce que c'est une, à mon avis, c'est une part très très très importante de la maternité, de la parentalité que d'être accompagné.

Speaker: Donc voilà, le centre il a évolué de l'accompagnement vers plus de formation.

Speaker: Et puis il y a eu les livres au milieu de tout ça et des rencontres aussi avec des professionnels.

Speaker: J'ai rencontré beaucoup de professionnels de salle d'accouchement pour parler de physiologie et puis de leur donner des formations pour voir qu'est-ce que vous pouvez vraiment faire, même s'il y a des protocoles, même s'il y a tout ça, qu'est-ce qu'on peut faire en maternité pour le plus possible respecter le corps des femmes, respecter les valeurs des parents?

Speaker: Voilà, en gros, 20 ans dédiés à ça.

Speaker: Et c'est vrai que le besoin, comme tu le dis, c'est ce qu'il y a de plus important et c'est ce que les parents recherchent malheureusement parce que dans cette société qui va de plus en plus vite et où on nous demande, on n'a plus le temps vraiment pour l'humain, on n'est que dans des...

Speaker: que dans des protocoles, des actions, des tâches, etc., les parents se trouvent vraiment perdus et délaissés.

Speaker: Et c'est qu'après, ils peuvent avoir les séquelles parfois des conséquences de ce non-écoute au bon moment.

Speaker: Et donc, pourquoi est-ce que, selon toi, c'est important, en fait, de venir apporter ce soutien dans les familles?

Speaker: Pourquoi ce rôle de la doula?

Speaker: émerger petit à petit mais en fait c'est ça moi quand j'étais dans les salles de naissance j'ai constaté quand même la solitude des parents et le manque d'informations puis en ce moment on peut dire qu'il y a beaucoup d'informations qui circulent mais cette information elle a quand même du mal à descendre puis à s'intégrer vraiment

Speaker: Et les parents se trouvent quand même très seuls dans les salles de naissance.

Speaker: Et la puissance, je dirais, de cette pensée médicale, elle est quand même très acceptée, cette pensée médicale, qu'accoucher par soi-même, ça devient anecdotique.

Speaker: Finalement, des expériences de personnes qui mettent au monde

Speaker: sans que personne touche à leur corps ou sans que personne intervienne.

Speaker: C'est vraiment anecdotique en 2025.

Speaker: Alors qu'à la base, la mise au monde est un phénomène quand même physiologique, on a tout pour le faire, mais cette pensée qu'on a besoin d'aide et cette pensée que tout ce qui est fait est nécessaire, c'est quand même très admis dans la société en général.

Speaker: Et voilà, donc finalement que les parents ne soient pas seuls dans les salles de naissance.

Speaker: Moi, si les parents m'ont demandé il y a une vingtaine d'années à dire, ils m'écoutaient parler, puis à un moment donné, ils me disaient « mais en fait, on ne peut pas être tout seul. »

Speaker: Parce que c'est ça, il y a cette réalisation qu'à l'hôpital, ils savent qu'on va leur proposer déclenchements, toutes sortes de choses.

Speaker: Donc on ne peut pas être tout seul.

Speaker: On aimerait vraiment que tu sois là avec nous.

Speaker: Moi, j'ai commencé à accompagner comme ça.

Speaker: Puis pas pour être une muraille puis refuser les choses, mais être là pour...

Speaker: qui garde confiance, être là vraiment pour que si elle sent qu'elle est plus capable, qu'elle sache que je peux lui proposer d'autres choses, parce que c'est vraiment ça la mise au monde, c'est que finalement elles vont trouver, il y a toujours des moments qui sont difficiles parce qu'une mise au monde ça dure 10h, 12h, 15h, 20h, donc c'est sur la durée que ça devient compliqué.

Speaker: Mais j'ai vraiment pu constater, puis je ne suis pas la seule à l'avoir constaté, toutes les premières doulas qui ont accompagné finalement, quand on est avec, qu'on a tissé un lien de confiance et qu'elle nous regarde et qu'elle me dit « je pense que je ne suis plus capable » mais que je dis « regarde on va essayer ça, on va essayer ça » et elle y va, elle y va parce qu'en fait elle sent qu'elle peut le faire puis elle me fait confiance.

Speaker: Donc la présence d'une personne non médicale, d'une personne de confiance qui fait que ce couple, ses parents se sentent en sécurité, c'est important.

Speaker: En fait, on a des études, nous, en Amérique du Nord, parce que les doulas ont commencé fin des années 80, début des années 90.

Speaker: Donc, c'est des couples qui disaient, nous, on ne veut pas être seul parce qu'on sent que pour que je puisse me sentir assez en sécurité pour avancer, j'ai besoin de cette personne en qui j'ai confiance.

Speaker: Donc, maintenant qu'on a plein d'études sur la mise au monde et qu'on connaît les processus naturels de la mise au monde,

Speaker: on le sait que le sentiment de sécurité, c'est le plus important quand t'accouches.

Speaker: Donc, si une personne qui va mettre au monde ne se sent pas complètement en sécurité, il va y avoir...

Speaker: ces hormones qui permettent l'accouchement ne vont pas être sécrétées de façon optimale et donc les processus vont être bloqués donc ce sentiment de sécurité il est super important donc la doula c'est ça qu'elle apporte elle a tissé son lien de confiance en prénatal

Speaker: Donc on s'est rencontrés, on a évoqué finalement, voilà, tous leurs défis, on apprend à se connaître en fait, c'est super important d'apprendre à se connaître, qu'ils aient aussi toutes les informations, qu'ils connaissent exactement où est-ce qu'ils s'en vont accoucher, à quoi s'attendre, etc.

Speaker: et avec quand on connait tout ce tableau, c'est comme qu'est-ce qui va faire qu'elle va pouvoir avancer malgré peut-être tout ce qu'elle peut traverser et quand, pour l'avoir expérimenté moi dans toutes sortes d'hôpitaux, donc des hôpitaux à Montréal, des grands hôpitaux, donc des unités avec quand même à la base beaucoup d'interventions

Speaker: quand une femme est dans son espace intérieur et qu'elle se fait confiance elle va pouvoir mettre au monde quel que soit le lieu par elle-même mais

Speaker: Franchement, être tout seul dans des unités d'obstétriques, c'est vrai que c'est des enjeux compliqués parce que, parce qu'en fait, toutes les équipes obstétricales sont quand même formées pour gérer des risques.

Speaker: En fait, leur angle d'approche de la mise au monde, c'est qu'il y a toujours potentiellement un risque.

Speaker: Donc, ils ont pris l'habitude de mettre en place des interventions avant.

Speaker: en se disant si je fais ça, ça va peut-être éviter ça mais en ne prenant pas conscience que même si on a des études là-dessus nous on a des études au Québec qui le prouvent que chaque intervention

Speaker: peut en amener une autre donc cette notion de cascade d'intervention elle est connue maintenant mais elle n'est pas vraiment prise en compte encore dans les unités dans les maternités donc ça prend pour se sentir en sécurité ça prend quelqu'un en qui on a confiance puis qui va rester là tout au long tout au long de la mise au monde c'est à dire qu'il s'envoie à la maternité il nous appelle puis on y va

Speaker: Puis on reste là, on ne les lâche pas.

Speaker: Donc cette sécurité, elle est nourrie.

Speaker: La confiance est nourrie et c'est là que les femmes vont pouvoir aller au bout de leur expérience par elles-mêmes.

Speaker: Ces mots-là sont importants.

Speaker: Mon focus, quand je suis une doula dans la salle de naissance, il est vraiment sur cette personne qui va accoucher.

Speaker: Je ne suis pas en train de vouloir refuser des choses à l'extérieur.

Speaker: C'est juste être focussé sur ses besoins.

Speaker: De quoi tu as besoin?

Speaker: qu'est-ce qui est difficile en ce moment t'as chaud, t'as froid, tu veux aller dans l'eau tu veux sortir de l'eau, tu veux te suspendre on fait juste, on est dans cette bulle avec eux

Speaker: Voilà pourquoi c'est important.

Speaker: Parce que quand j'étais dans les salles de naissance en tant que professionnelle, j'ai bien vu qu'en fait c'était ça le plus important.

Speaker: C'était de pouvoir offrir cette présence-là qui lui permettait d'avancer à travers ces processus.

Speaker: Hum hum.

Speaker: C'est vrai que la maternité de manière générale, les maternités, comme tu dis, sont axées sur le risque.

Speaker: Et donc déjà, on entre dans l'expérience par le biais de la peur.

Speaker: Et c'est vrai que si on n'est pas armé, enfin armé, non, parce que ce n'est pas le but d'être armé, mais si on n'est pas préparé et bien ancré, bien dans son intériorité, notre expérience peut être teintée de peur.

Speaker: Et donc peut-être le rôle de la doula, enfin moi ce que...

Speaker: je sens, c'est de venir rééquilibrer ce poids dans lequel on est obligé d'être pour la plupart par autre chose.

Speaker: Et donc, qu'est-ce que ça... Parce qu'il y a des femmes, tu vois, qui ne voient pas du tout l'intérêt d'avoir une doula et qui sont vraiment peut-être... C'est pas peut-être, mais...

Speaker: je n'ai pas envie de juger, mais qui n'ont peut-être pas conscience de cet impact que ça peut créer sur eux, de ces énergies qu'elles vont absorber, qui vont teinter un peu leur expérience future et qui elles vont être, etc.

Speaker: Et voilà, qui ne voient vraiment pas l'intérêt, alors qu'il y en a d'autres qui en ont besoin

Speaker: Et donc, quelles conséquences ça a sur les parents, par exemple, qui vont peut-être vivre quelque chose où elles n'ont pas cette doula avec eux, où elles vont être, tu vois, peut-être vivre des interventions en cascade ou autre.

Speaker: Comment est-ce que ça vient impacter leur futur?

Speaker: Après, il y en a ceux qui vont s'en rendre compte et ceux qui ne vont pas s'en rendre compte.

Speaker: Donc, peut-être pour permettre à ceux qui ne s'en rendent pas compte de se dire « Ah, peut-être que ça, c'est dû à cette expérience. »

Speaker: En fait, quand j'ai ouvert Pleine Lune, les premières années, on avait vraiment des groupes de parents qui venaient et à qui finalement je transférais toutes ces informations.

Speaker: Et la plupart, puis j'en ai vu des centaines et des centaines parce que ces groupes ont extrêmement bien marché,

Speaker: Et la plupart des parents, quand ils arrivaient, ils étaient convaincus qu'aller accoucher à la maternité, de toute façon l'équipe allait faire au mieux pour eux, puis il n'y avait pas besoin finalement de se préparer.

Speaker: Donc il n'y avait pas tant cette recherche d'informations et c'est pour ça que finalement ils se retrouvaient à la maternité.

Speaker: et qu'en effet il pouvait y avoir des vécus quand même traumatiques avec un impact sur l'allaitement, sur le postpartum, sur cette confiance en soi.

Speaker: Donc je pense que tu vois une des réponses qui est importante c'est l'importance qu'on transmet aux parents.

Speaker: Donc qu'on leur explique finalement, quand je leur expliquais voilà ce qui se passe dans votre corps, voilà finalement

Speaker: ce qui fait qu'un accouchement se passe bien, c'est cette compréhension-là et c'était toujours une découverte pour les parents et je vois que ça l'est encore.

Speaker: parce que, donc, je trouve que ça c'est un angle qui est intéressant pour ne pas qu'on les culpabilise en fait après ou de dire... parce que c'est vrai que le lien entre la difficulté vécue à une mise au monde et ce qui se passe après dans la vie, il n'est pas si facile à faire, c'est pas si linéaire en effet, on ne peut pas juste dire c'est à cause de ça.

Speaker: Mais on le sait quand même que quand une femme vit sa mise au monde dans son pouvoir, c'est-à-dire qu'elle traverse les moments difficiles, parce que ça reste que c'est pas facile une mise au monde.

Speaker: Ça reste que c'est un moment de grande vulnérabilité et c'est à peu près sûr qu'une femme à un moment donné va se retrouver à se dire « Oh mon Dieu, je pourrais mourir là tellement c'est intense! »

Speaker: Donc c'est vrai qu'ils entendent, qu'ils aient une information beaucoup plus précise de comment le corps est organisé et qu'est-ce qui fait qu'on favorise ces processus-là?

Speaker: Parce qu'actuellement finalement on leur fait peur puis on leur fait beaucoup peur avec la douleur.

Speaker: C'est comme si souvent on leur dit « la douleur de l'accouchement c'est la pire douleur » et ce qui fait que s'il y a juste cette information-là, c'est sûr qu'ils ne vont pas se lancer, c'est sûr qu'ils vont se dire « pourquoi pas me passer de l'épidurale?

Speaker: » Mais voilà, l'épidurale c'est après le soluté, les hormones synthétiques, parce que ça a des impacts sur le déroulement de l'accouchement.

Speaker: Donc plus…

Speaker: plus on continuera de diffuser une vraie information.

Speaker: Mais il faut les outiller.

Speaker: Puis je pense que je vois quand même que c'est un peu ce qui manque quand même à l'heure actuelle, c'est qu'on reste des fois dans une information qui est très... qui est très cérébrale.

Speaker: Oui, voilà, on peut lire, on peut tout lire, mais concrètement, il y a une préparation qui est à faire.

Speaker: Il faut qu'il y ait deux parents qui vont être là, soient conscients de moi, qu'est-ce que ça me fait, c'est quoi mes peurs, c'est quoi mes défis.

Speaker: Quand je perds pieds, qu'est-ce qui m'aide?

Speaker: Parce que si tout ça n'a pas été préparé d'avance,

Speaker: Quand tu as des contractions aux deux minutes et que c'est possible que tu perdes pied au bout de quinze minutes, s'il n'y a pas quelqu'un qui peut prendre soin de ça, elle va être médicalisée.

Speaker: oui effectivement c'est vrai voilà donc la doula dans nos formations parce que notre pratique ici elle est comme ça on outille les doulas les doulas vous avez un rôle très très très concret on n'est pas juste dans une théorie de voilà d'empuissancement des femmes ça c'est comme un résultat mais concrètement

Speaker: La doula, elle a un rôle très très très simple, mais très très très puissant.

Speaker: C'est-à-dire que quand je mets du chaud, du froid, que je chuchote à l'oreille à chaque contraction, ça va, reste avec ton bébé, tu ne vas pas mourir.

Speaker: Mais parce que c'est ça, c'est aussi intense que ça, une mise au monde.

Speaker: Si le conjoint est paniqué à ce moment-là, parce que j'ai eu des expériences comme ça où elle me racontait, elle me dit « j'ai ouvert les yeux, j'ai vu mon conjoint, il était blême, il était terrorisé, donc elle a su qu'elle ne pouvait pas s'appuyer sur lui.

Speaker: » Et là, ça lui prenait quelqu'un d'autre qui n'avait pas peur de ce qui était en train de se passer.

Speaker: Et les doulas finalement…

Speaker: sont ces... les premières doulas, c'est ça, c'était des femmes de la communauté qui avaient une certaine expérience et que ces jeunes familles nous disaient « pourrais-tu venir avec moi?

Speaker: » parce qu'on a... en fait on a besoin de quelqu'un de solide, d'ancré.

Speaker: Et dans cette posture-là qui est claire, il n'y a pas tant de conflits avec les équipes.

Speaker: parce que c'est un peu le défi en France que les douleurs rentrent dans les salles de naissance.

Speaker: Oui, c'est ce que j'allais dire, oui.

Speaker: Mais moi, je suis allée en France et j'ai rencontré une équipe à un moment donné de sages-femmes et de gynécologues, et quand je leur ai expliqué ce que je faisais, ils m'ont dit « mais en fait, donc, il n'y a aucun problème pour qu'elles rentrent les douleurs ».

Speaker: c'est cette façon de se présenter, je pense, qui amenait de la confusion.

Speaker: Parce que peut-être que quand on est trop dans un discours informatif, etc., les sages-femmes ont l'impression qu'on pourrait prendre leur place.

Speaker: Mais le rôle de la doula, c'est cette femme qui est à côté du couple et qui va s'occuper de ses besoins de base.

Speaker: Mais quand ses besoins de base sont comblés,

Speaker: elle avance sur son chemin de mise au monde.

Speaker: Et il n'y a plus rien à discuter.

Speaker: C'est vrai, comme tu disais, il y a besoin de se préparer, mais pas que mentalement.

Speaker: Même, moi, je dirais, il y a des... Enfin, pas que moi, mais il y a des pratiques même à faire, des mémoires peut-être même à aller visiter, à libérer, qui pourraient... Enfin, ça nous évite aussi qu'elles ressortent peut-être pendant la naissance.

Speaker: Et donc, il y a vraiment...

Speaker: C'est rare, en fait, j'ai l'impression, les femmes qui vont juste aller comme ça accoucher, enfantées, et qui vont être prêtes sans... Il y en a, hein, qui ont cette force de la nature peut-être plus facile à ce niveau-là, mais la plupart des autres, on a besoin de se préparer en amont, intellectuellement, mais aussi dans les émotions, dans...

Speaker: pratiquement, etc.

Speaker: Et ce qui est intéressant, je trouve, avec les doulas, c'est que, en fait, c'est notre métier, c'est l'expérience, alors que des parents, un couple qui arrive, il va peut-être vivre une, deux, trois grossesses, trois enfantements, ou des fois onze ou plus, mais peu importe, ce n'est pas leur métier.

Speaker: Donc, avoir quelqu'un qui est vraiment là, qui connaît le milieu, qui connaît les techniques, c'est génial.

Speaker: d'autant plus dans cette société qui vraiment sur-médicalise à fond.

Speaker: Et je voulais revenir sur... On a abordé ça un peu tout à l'heure, un sujet...

Speaker: En fait, de qu'est-ce que c'est que vraiment l'enfantement?

Speaker: C'est un passage où on va être confronté à des émotions très intenses, une douleur qui n'est pas forcément souffrance.

Speaker: Et voilà, on connaît tous un peu cette différence.

Speaker: C'est vrai qu'on met tellement l'accent sur la douleur de l'enfantement.

Speaker: Et on n'a aucun cours là-dessus, en fait, dans notre vie, alors que moi, je trouve que c'est tellement la base, c'est l'origine du monde, comme on dit, on vient tous de là, et ce truc qui est tellement gros, on l'ignore, et on devrait avoir des cours vraiment d'office à l'école, comme on a des cours sur des leçons qui ne servent à rien, parfois!

Speaker: C'est intéressant, c'est important d'avoir des... Voilà, pour venir déconstruire qu'est-ce que c'est que la naissance, parce qu'on voit toujours dans les films ou quoi que ce soit, il y a des choses qui sont inscrites dans l'inconscient collectif sur la naissance, c'est compliqué.

Speaker: Ça revient vraiment à une façon de voir la vie qui est très axée sur le patriarcat, sur le masculin, qui va venir contrôler tout, venir millimétrer chaque chose et on veut éviter la douleur, on veut éviter la mort, on veut éviter tout contrôler et ne pas laisser la vie...

Speaker: prendre sa place et donc c'est un peu pour ça qu'on est arrivé dans cette situation dans les hôpitaux etc ou sur médicalisation et donc on est là en tant que doula et puis tout le monde pas que doula à venir remettre cette sensibilité et cette force intérieure et ce féminin qui qui commence à faire du coup

Speaker: Et donc ça nous amène, j'aimerais aborder en fait avec toi cette notion justement de douleur et de même ce qui se cache derrière la mort en fait.

Speaker: Comment est-ce que selon toi, pourquoi est-ce que c'est un passage initiatique un peu, la maternité et voilà, qu'est-ce que ça révèle chez nous, qu'est-ce que ça nous demande de traverser, tu vois un peu plus étoile ou ésotérique cette question mais ça serait intéressant.

Speaker: Mais oui, on parle souvent de l'initiation de ce passage-là.

Speaker: Puis en fait, quand il y a une initiation, c'est qu'on traverse.

Speaker: C'est comme si on se retrouve dans des situations où on va dépasser quelque chose de connu, puis on va se retrouver face à nos limites.

Speaker: Et est-ce qu'on peut traverser ça?

Speaker: Est-ce qu'on peut aller au-delà de ce qu'on pensait être notre limite ou pas?

Speaker: Et c'est ça, c'est les personnes qui traversent ça et qui pensent qu'elles ont touché leurs limites et que finalement elles vont plus loin, c'est ça l'initiation.

Speaker: Et donc c'est celles qui le vivent par elles-mêmes où il n'y a pas de...

Speaker: il n'y a pas personne qui gère la mise au monde, mais qu'elle traverse toutes les étapes par elle-même.

Speaker: Mais ces femmes-là, c'est sûr que quand elles ressortent, elles disent toutes la même chose.

Speaker: Elles disent toutes « Oh mon Dieu, je me sens tellement puissante, je me sens tellement forte, je n'ai plus peur de rien.

Speaker: » En fait, c'est vraiment la traversée de ces moments

Speaker: ou elles ont pensé à plusieurs reprises qu'elles ne pouvaient pas aller plus loin.

Speaker: Et cette notion de limiter la mise au monde à la douleur, moi j'en ai parlé dès les débuts aux parents, je constatais ça, je me disais, la façon de reprendre le pouvoir finalement sur la mise au monde, c'est qu'on limitait la mise au monde à la gestion de la douleur.

Speaker: Et c'est toujours le discours qui est présent finalement.

Speaker: Accoucher, ça fait mal.

Speaker: Puis si tu accouches sans épidural ou sans aide, tu vas souffrir.

Speaker: Donc, c'est sûr que qui veut souffrir dans la vie?

Speaker: Personne.

Speaker: Donc voilà, les gens vont se dire « pourquoi souffrir?

Speaker: » « On va prendre une épidurale, puis ça va être cool, puis ça va être plus facile. »

Speaker: finalement comment le corps est organisé et que dans cette sécrétion hormonale, dans toute cette organisation endogène du corps, la douleur elle n'est pas vécue de la même façon que quand on se blesse ou que quand on n'est pas dans les hormones de la mise au monde.

Speaker: Oui.

Speaker: Et que toutes les femmes qui rentrent dans cet autre état de conscience, parce que c'est ça qui se passe, puis les études l'ont prouvé, et finalement, il y a des activations de zones cérébrales différentes pendant la mise au monde, et la douleur, elle n'est pas du tout vécue comme insupportable.

Speaker: Et quand ils le savent,

Speaker: ils changent de relation justement à leur projet de mise au monde.

Speaker: Parce que je voyais bien que quand j'expliquais tout ça, la peur disparaissait.

Speaker: Parce que je pense, en fait, l'intuition que j'avais de constater ça, je me disais, c'est comme si je mets des mots sur quelque chose qu'on porte tous en nous, vu qu'on fait, on met au monde depuis la nuit des temps des bébés.

Speaker: Et je me disais, pourquoi mes mots?

Speaker: sont entendus si vite par ces jeunes parents.

Speaker: Pourquoi finalement, quand j'explique l'organisation endogène du corps, en quelques minutes, hommes ou femmes me disaient « Waouh!

Speaker: » En fait, on ne m'a jamais parlé de la mise au monde comme ça, on a envie d'essayer.

Speaker: Ça faisait ça.

Speaker: Donc, je voyais bien que c'est parce que je ne m'adressais pas à leur partie...

Speaker: à leur néocortex.

Speaker: Je pense que les mots venaient résonner dans quelque chose de beaucoup plus profond.

Speaker: Puis c'est ça la transmission.

Speaker: Finalement, si nous les mêmes... Maintenant que moi j'ai des grands enfants, je peux le dire, parce que j'ai vu l'impact que ça a eu sur eux, finalement quand on transmet aux générations suivantes des connaissances qu'on a vraiment intégrées dans notre corps,

Speaker: par rapport à la mise au monde, ils en sont convaincus.

Speaker: Ils n'ont pas de doute.

Speaker: Quand je demandais à des jeunes parents comment on t'a parlé de la naissance, comment on t'a raconté ta propre mise au monde, beaucoup m'ont dit, moi ma mère elle m'a dit, ton gynécologue va t'expliquer.

Speaker: Parce que ces femmes-là ont mis au monde endormi, parce que ces femmes-là n'ont pas vécu leur mise au monde, elles ne peuvent pas transmettre à la génération suivante.

Speaker: Mais je vois bien que moi qui l'ai vécu et qui ai transmis à mes enfants, je vois la différence.

Speaker: Parce que c'est quelque chose que je pense qu'on porte tous.

Speaker: Il suffit qu'on ravive ces connaissances-là qui sont intégrées à l'intérieur de nous.

Speaker: Comment on sait mettre au monde nos enfants?

Speaker: Il faut juste retrouver ça, pour retrouver ce contact...

Speaker: Et c'est vrai que j'ai vu des femmes arriver en maternité, puis écouter personne se mettre à quatre pattes, accoucher.

Speaker: Donc, il y en a qui se connectaient à ces connaissances-là sans demander leur avis à personne.

Speaker: Mais c'est vrai que c'est très rare.

Speaker: Parce que voilà, on est en 2025, on a des têtes très, très, très remplies, on est très analytiques, on lit des études.

Speaker: Donc, se reconnecter à son instinct, puis à ses connaissances qu'on porte, ça a besoin d'être soutenu.

Speaker: À mon avis, ça a besoin d'être soutenu pour oser faire confiance à ça.

Speaker: Oui, c'est vrai qu'on a besoin de réapprendre parce qu'on est formaté presque depuis notre entrée à l'école et jusqu'à après, à être dans le mental, dans le contrôle, dans tout ça.

Speaker: Et à part si on est allé chercher de nous-mêmes cette dimension un peu plus instinctive et qu'on a eu de la chance d'avoir quelqu'un qui nous la transmet, il faut tout réapprendre et il y a tellement de peurs qui viennent se dresser sur le chemin.

Speaker: Donc, ça demande vraiment un long travail.

Speaker: Et tu vois, moi, j'ai l'impression que ce travail d'aller vers la maternité, il pourrait vraiment démarrer bien avant qu'on soit enceinte, en fait.

Speaker: Et c'est ce que j'aimerais idéalement dans ma tête, dans mes rêves pour le monde, c'est qu'on puisse vraiment se préparer, mais en amont.

Speaker: Et ça sous-entend d'aller visiter déjà tout ce qui nous fait peur, le rapport à la douleur, le rapport à...

Speaker: à la mort, à la vie, à tout ça.

Speaker: Après, c'est déjà génial si on le fait, je pense qu'on est en phase de transition à l'humanité, si on le fait déjà quand on est enceinte ou même un peu avant, mais idéalement, je pense qu'on pourrait plus tard être tous amenés à avoir cette conscience bien en amont.

Speaker: Pardon, tu voulais...

Speaker: Mais en fait, oui, pour pousser un peu sur ce que tu dis, en fait, je me suis souvent dit, c'est comme si, tu vois, la maternité peut être l'occasion de toucher à ça.

Speaker: Et c'est aussi ça l'initiation de la maternité, c'est que ça nous amène dans ces grandes questions...

Speaker: existentielle, en fait, de toucher à nos peurs profondes, de toucher à cette peur de la mort.

Speaker: Donc, soit idéalement, c'est sûr que si on avait une éducation qui nous soutenait là-dedans, on serait amené plus jeune à explorer tout ça.

Speaker: Mais la maternité est un moment parfait pour le faire parce que c'est un moment de grande transformation psychologique.

Speaker: Pour les parents, alors parfois c'est juste, ok, c'est là que ça peut se faire s'ils sont accompagnés dans ce sens-là, si on lui donne cette dimension-là, si on ne la réduit pas à quelque chose de médical.

Speaker: Oui.

Speaker: Je pense que c'est hyper juste dans l'évolution actuelle où on est, qu'on soit là-dedans.

Speaker: Après, moi, j'ai beaucoup cette conscience des enfants, de toutes les mémoires qu'on va absorber en tant qu'enfant autour de cette période de gestation avant, après, etc.

Speaker: et qui vient impacter le personnage qu'on va être plus tard en grandissant.

Speaker: Donc,

Speaker: C'est pour ça que je parle de cet idéal, ça serait parce qu'en évitant à l'enfant de venir... Si les parents utilisent cette période de la maternité pour aller libérer leur peur, etc., c'est génial, mais il y a quand même des informations qui sont transmises aux enfants et tout, mais bon, la vie, c'est comme ça.

Speaker: Mais je me dis que plus tard, ça sera différent.

Speaker: Et tu vois, j'ai même un...

Speaker: je suis même convaincue que je sais pas d'ici quelques siècles ou plus la vie sera amenée sur terre d'une autre manière avec des rituels avec des choses tellement plus on honorera la vie qui descend et qui s'incarne d'une autre manière et je pense qu'on a besoin un peu de revenir à ça en fait tu as écrit un livre là dessus d'ailleurs sur les rituels sur toute cette dimension un peu mettre la conscience sur les actes

Speaker: Et je trouve ça hyper important et je pense qu'on est qu'au prémice de ce qu'on est capable en tant qu'humanité d'honorer la vie, mais vraiment profondément et fortement.

Speaker: Oui, mettre de la conscience sur nos axes, c'est super important.

Speaker: Et en effet, pendant la maternité, c'est important.

Speaker: Mais moi, tu vois, je suis quelqu'un qui vit de beaucoup d'espoir, sinon je pense que j'aurais arrêté avant.

Speaker: Mais je me dis, même si ça commence seulement pendant la maternité, je pense que la conscience qu'on y met, cette espèce de transparence, de toute façon, va transformer le lien avec les enfants.

Speaker: parce qu'il y aura de la transparence parce que de toute façon on va toujours transmettre des affaires à nos enfants mais ce qu'on a besoin c'est d'être plus conscient finalement donc plus humble aussi dans nos rôles de parents par rapport à ces enfants

Speaker: Et je pense que la plupart des parents qui viennent déjà avec cette envie, cette conscience d'avoir une naissance respectée, respectueuse d'eux et de la physiologie, etc., je pense que la plupart emmènent avec eux un bagage dans leur parentalité de comment est-ce que je vais me remettre en question, comment je vais aller vers quelque chose de plus sain, on va dire, donc c'est déjà génial.

Speaker: Et j'ai l'impression qu'on va vraiment vers une maternité hybride, en fait, où à l'époque, on enfantait un peu d'une manière entre femmes, d'une autre manière, et puis on est allé dans la surmédicalisation, et peut-être là, c'est vraiment trouver un juste milieu, quoi, et garder la médicalisation pour les rares cas, enfin, le petit pourcentage où il y en a besoin, et voilà, et vraiment pouvoir laisser la vie prendre sa place concrètement. »

Speaker: Je voulais aborder avec toi ton propre parcours personnel.

Speaker: Comment est-ce que tu as vécu chaque naissance et comment est-ce que ça a évolué au fur et à mesure?

Speaker: Déjà ça et on verra la suite.

Speaker: Mais tu vois, ma première fille est née par césarienne et j'étais une jeune infirmière à cette époque-là.

Speaker: Elle a 37 ans, ma fille.

Speaker: Donc, elle se présentait en siège et il n'y avait pas de possibilité d'accouchement par le siège.

Speaker: Et voilà, j'avais cette pensée, j'ai suivi ce qu'on m'a dit et j'ai eu une césarienne.

Speaker: Mais voilà, huit ans plus tard, c'est assez fascinant parce que huit ans plus tard, avec cette deuxième grossesse, il y a vraiment quelque chose qui s'est éveillé en moi.

Speaker: Ça n'a pas été réfléchi parce qu'à cette époque-là, on n'avait pas Internet, on avait peu d'informations, mais ça a vraiment émergé de moi et c'était cette évidence qu'il n'y a personne qui va m'ouvrir le ventre si ce n'est pas médicalement nécessaire.

Speaker: En fait, pour moi, ce truc-là qui s'est réveillé était hors de contrôle.

Speaker: Et donc, je refusais d'avoir une deuxième césarienne non médicalement nécessaire.

Speaker: Puis, à cette époque-là, je vivais dans les Antilles.

Speaker: Et voilà, ils allaient me faire une deuxième césarienne.

Speaker: Et donc, il y a eu tout un processus intérieur que j'ai fait de vraiment me connecter à mon enfant jour après jour.

Speaker: Et en disant « je ne sais pas ce que je vais faire, mais je n'irai pas d'emblée vers une césarienne si elle n'est pas nécessaire.

Speaker: » Parce qu'ils t'ont dit que tu allais avoir une deuxième césarienne, c'est ça?

Speaker: Parce qu'il y a 30 ans, à l'époque, là où je vivais à l'époque, il n'y avait pas d'avac d'accouchement vaginal après césarienne.

Speaker: À Montréal, tu sais, quand je suis rentrée à Montréal, à Montréal, il y avait certains endroits déjà à l'époque où on pouvait avoir des accouchements vaginales, mais c'était quand même, c'était vraiment les débuts.

Speaker: C'était encore comme ce moment où on avait tendance à enchaîner les césariennes.

Speaker: Et voilà, et finalement, donc, je suis restée à la maison...

Speaker: Mais pas par défi, hein, il y avait comme cette connexion à mon corps, à mon bébé, à moi-même, puis le jour où ça a commencé, j'ai dit, ben, je verrais.

Speaker: En fait, je ne savais pas ce que j'allais faire, j'ai juste toujours écouté à chaque instant ce que je sentais le plus juste.

Speaker: Et voilà, donc cette mise au monde-là, qui n'a pas été rapide, ç a a été un 24 heures, mais a été vraiment bouleversante parce qu'en fait, elle s'est faite de façon instinctive, elle s'est faite vraiment dans une connexion avec ce bébé qui arrivait en moi, qui était...

Speaker: qui était vraiment très, très profonde.

Speaker: Donc, j'ai exploré qu'est-ce que c'était justement que de mettre au monde dans cet autre état de conscience et dans cette connexion avec l'enfant.

Speaker: Donc, suite à ça, quand je suis rentrée à Montréal, puis que je cherchais d'autres expériences, est-ce que je suis la seule à avoir vécu ça?

Speaker: Donc, j'ai rencontré d'autres femmes, j'ai rencontré des sages-femmes et...

Speaker: Et je me suis dit, voilà, tout le monde devrait savoir ça, en fait.

Speaker: C'est vraiment cette expérience vécue avant d'avoir fait des lectures.

Speaker: C'est vraiment né de moi.

Speaker: Et puis, j'ai ouvert plein de lunes quatre ans après.

Speaker: Il y a eu tout un processus de maturation et aussi de dire, j'ai besoin de comprendre la pensée médicale.

Speaker: Comment ça se fait qu'à l'hôpital?

Speaker: On est si peur de ça, alors que moi, j'ai vécu ça.

Speaker: Donc moi, je suis allée me former dans les salles de naissance.

Speaker: pour voir comment je pourrais rallier ces deux pensées a priori si opposées.

Speaker: Et puis cette notion d'année de la conscience dans les mises au monde en maternité, ça a vraiment fait partie de mes processus.

Speaker: Puis cette notion de devoir informer les autres parents.

Speaker: Donc moi j'ai vécu ça, puis après j'ai fait des lectures, puis là j'ai compris que je n'étais pas la seule à vivre ça.

Speaker: et que voilà il y avait d'autres témoignages puis qu'on commençait à avoir des études j'ai rencontré Michel Audin il y a eu tout ça après mais ces mises au monde dans mon corps sont le début de ma réflexion en fait et de mon réveil personnel c'est comme un réveil j'étais infirmière j'étais une femme, j'étais infirmière et ça a fait comme

Speaker: ça m'a amenée vraiment ailleurs.

Speaker: Donc c'était très très bouleversant pour moi.

Speaker: C'est vrai que c'est deux naissances, enfantement très opposé.

Speaker: C'est tellement merveilleux quand ça descend spontanément, quand une naissance parle et s'exprime.

Speaker: Et donc juste pour... Après, ton premier accouchement par césarienne...

Speaker: Est-ce que tu as senti des séquelles après?

Speaker: Est-ce que tu as senti... Tu vois que ça t'avait impacté.

Speaker: Comment tu t'es sentie avec ça?

Speaker: C'est ma deuxième grossesse qui a révélé ça.

Speaker: Je ne l'ai pas sentie avant.

Speaker: Et je pense parce que j'étais une jeune infirmière, parce que j'avais eu tout ce formatage médical.

Speaker: Je pense que ça, ça a joué.

Speaker: Mais la deuxième grossesse...

Speaker: Tout à coup, ça a réveillé justement ce truc de ça n'est pas anodin d'avoir une césarienne.

Speaker: J'avais besoin, c'était viscéral, j'avais besoin de sentir ce bébé naître par moi-même.

Speaker: Et ça, ce n'était pas quelque chose d'explicable.

Speaker: Mais oui, donc je l'ai senti, mais tardivement.

Speaker: et c'est génial en plus qu'on puisse avoir des gens qui travaillent à l'intérieur du système si on peut dire vraiment médical et qui ont eu tout ce formatage on va dire médical et qui viennent ramener de la conscience là-dedans c'est ça, mais en fait c'est sûr que quand je suis arrivée en obstétrique il y a eu toute cette déconstruction de cette pensée médicale pour m'ouvrir à d'autres choses puis le grand travail que j'ai senti qui était important qu'on fasse

Speaker: c'était justement de trouver les mots aussi pour trouver des mots justes et pour les parents et pour les professionnels de santé.

Speaker: Comment parler de cette expérience-là profonde que peut vivre une femme avec des mots qui ne sont pas ésotériques, je ne trouve pas un autre mot, mais en tout cas qui ne font pas peur.

Speaker: Parce qu'en fait, je voyais à l'époque qu'il y avait vraiment deux courants.

Speaker: Quand je suis rentrée à Montréal et que je rencontrais des personnes qui avaient vécu ça, finalement, c'était un petit monde à part.

Speaker: Et puis, il y avait le milieu médical.

Speaker: Et je me disais, on va rester sur des chemins parallèles tout le temps si je reste à l'extérieur du milieu médical.

Speaker: Et c'est pour ça que j'ai décidé de rentrer et de voir comment je peux en parler pour qu'ils entendent, pour qu'ils se disent, pour voir aussi, puis qu'est-ce que je peux faire quand je suis dans le milieu?

Speaker: pour qu'une femme puisse mettre au monde selon ce qu'elle sent.

Speaker: Et on a eu des expériences incroyables dans la maternité où je travaillais, où finalement les femmes pouvaient explorer ça, et l'équipe voyait que finalement c'est vrai que c'est pas mal quand même!

Speaker: finalement parce que parce qu'on le sait c'est ça une femme qui accouche par elle-même où personne n'a touché son corps à couper son corps et bien il y a moins de conséquences quand même au niveau de sa santé elle se relève elle est confiante

Speaker: elle va pouvoir aussi souvent prendre des décisions pour son bébé on voit qu'elles vont moins chercher de l'information partout c'est comme ok j'ai confiance en moi je peux prendre des décisions pour mon enfant donc c'est quand même le moment fondateur de devenir parent

Speaker: Oui, c'est vrai que ça pousse les parents à vraiment se faire confiance à l'instinct et à plus s'écouter.

Speaker: Ça donne une confiance qu'ils vont emporter tellement plus loin après dans leur vie.

Speaker: Et j'adore ce que tu dis sur trouver les bons mots pour parler à l'équipe médicale parce que pour moi, c'est vraiment là où on rentre dans l'art de la maîtrise parce que si on reste vraiment dans sa manière de voir les choses, on reste dans...

Speaker: un contre l'autre en fait en quelque sorte et quand on fait l'effort de parler le même langage et voilà de pouvoir danser entre les deux etc ça apporte tellement de valeur et c'est vrai que rentrer dans la maternité avec l'énergie de

Speaker: contre en quelque sorte, une énergie qui n'est pas dans essayer de trouver l'unité entre les deux, on se reçoit énergétiquement, ne serait-ce que par réflexe, on se reçoit la même force de l'autre côté, donc c'est vraiment y aller avec une conscience de...

Speaker: on va essayer de trouver les outils, les mots, tout ce qu'on veut pour travailler ensemble.

Speaker: Et c'est vrai que c'est le seul moyen pour essayer petit à petit de gagner du terrain et que ça permette de changer les consciences là-dessus du corps médical.

Speaker: Oui, parce que sinon, c'est deux vérités qui s'affrontent.

Speaker: Tout le monde est sûr.

Speaker: Et j'ai eu quand même cet orgueil-là au niveau de ma pratique, de penser que moi, j'avais la vérité parce que j'avais compris ce qu'était la mise au monde.

Speaker: Et j'ai constaté que dans cette conviction qui était fermée à leur vérité, je n'ai créé... Ça a été une période très difficile où il y avait du conflit, en fait.

Speaker: Et tout à coup, je pense que quand j'ai réalisé avec un peu plus d'humilité que, OK, moi, j'avais cette conviction-là, mais ce n'est pas la vérité ultime.

Speaker: C'est très différent.

Speaker: et là la discussion a pu se faire et on s'est écouté et

Speaker: Et en fait, finalement, c'était de constater que mon rôle, quand je disais au début, mon rôle à moi était d'être au service de ces parents-là.

Speaker: C'est-à-dire, je ne voulais pas qu'elle accouche à tout prix d'une certaine façon, mais j'avançais chaque pas avec elle en lui permettant de trouver sa confiance, son socle, sa sécurité.

Speaker: Et là, quand elle rentrait dans son autre état de conscience...

Speaker: finalement, il n'y a plus rien qui pouvait rentrer dans sa bulle.

Speaker: Et quel que soit l'environnement, elle mettait au monde.

Speaker: Et là, les équipes disaient, ah wow, c'était vraiment des belles expériences de mise au monde.

Speaker: Il n'y avait plus de conflit.

Speaker: Donc, on a aussi notre part de responsabilité, les doulas, dans parfois une conviction trop...

Speaker: trop forte une certitude de vérité qui doit être aussi revisité

Speaker: Oui, c'est vrai qu'on nous a appris beaucoup ça aussi, on se met au service d'eux et donc on oublie un peu notre histoire personnelle et on essaye en tout cas de transformer ce qu'on sait au service des parents, de tout ça.

Speaker: C'est vrai que c'est pas évident et de trouver les bons mots, de trouver la bonne posture et tout ça, il n'y a vraiment que la pratique qui fait.

Speaker: Et que la pratique.

Speaker: Il faut y aller, il faut expérimenter.

Speaker: Parfois ça va bien, parfois c'est difficile.

Speaker: Je veux dire, j'ai des dizaines d'expériences difficiles avec des équipes, mais je n'ai juste jamais arrêté, je n'ai juste jamais lâché.

Speaker: et voilà, ils nous ont observé finalement les équipes proches de notre lieu avec pleine lune c'est des années d'observation et de se dire mais qu'est-ce qu'elles font, mais qu'est-ce qu'elles disent puis à un moment donné ils n'ont pu que constater qu'on n'était pas contre mais il a fallu accepter aussi comme Doula tous ces moments inconfortables et de ne pas être accueillis à bras ouverts

Speaker: C'est vrai, ça demande tellement de travail sur soi aussi.

Speaker: C'est merveilleux.

Speaker: On l'encourage à rester puis à aller au bout de son expérience.

Speaker: Mais nous, on a ça aussi à vivre.

Speaker: Oui, oui.

Speaker: C'est vrai que ça réveille.

Speaker: Tu vois, j'entendais parler et je me dis que ça doit réveiller quelque part quelque chose d'inscrit profondément dans ce corps médical.

Speaker: Chez ce corps médical, c'est des êtres humains qui travaillent là-dedans.

Speaker: Petit à petit, ça doit réveiller en douceur quelque chose qu'ils ressentent au fond d'eux.

Speaker: Oui.

Speaker: Et dernière question, est-ce que... J'aime bien parler un peu de la parentalité, ouvrir sur ce sujet.

Speaker: Tu vois, parce que je trouve qu'on est amené un peu à questionner notre manière d'être parent avec toute cette...

Speaker: cette conscience qui s'éveille sur qu'est-ce qui est bon, qu'est-ce qui est pas bon, qu'est-ce qui est juste, qu'est-ce qui est sain, etc.

Speaker: Et je me demande toujours comment les professionnels qui accompagnent dans le monde de la périnatalité, etc., comment est-ce que, eux, leur propre parentalité a évolué au fur et à mesure des expériences, tu vois, toute cette conscience de respecter le vivant, respecter, voilà, est-ce que tu aurais quelque chose à partager là-dessus?

Speaker: Oui, mais en effet, je pense que...

Speaker: Je pense que quand on commence à se questionner sur la naissance, on se questionne après ça sur la santé, sur nos choix éducatifs.

Speaker: Donc, quand on est, comment je dirais ça, intéressé à soutenir justement les besoins des personnes qui accouchent, puis des nouvelles familles, etc.

Speaker: Je pense que toutes, avec nos enfants, on est dans cette écoute-là.

Speaker: Puis moi, je le vois plus maintenant parce que je suis devenue une grand-maman.

Speaker: Parce que quand j'ai commencé, mes enfants étaient déjà quand même grands, finalement.

Speaker: Enfin, grands, pas très grands, mais en tout cas, ils étaient... Ma fille avait quand même 8-9 ans quand j'ai commencé, donc voilà.

Speaker: Mais je vois en tout cas ce que ça m'a apporté en devenant grand-maman, puis en me mettant à l'écoute justement de mes enfants, de leurs besoins de parents.

Speaker: Donc je vois en tout cas que tout ce cheminement que moi j'ai fait avec mon travail de doula m'a permis quand même, me permet d'être une grand-mère qui se met au service de ses enfants, donc de les suivre dans leur chemin, dans leurs valeurs.

Speaker: parce que je suis consciente finalement de leurs enjeux, parce que je les connais bien vu que j'ai dédié ma vie à ça pour d'autres parents, donc je sais ce que c'est les premières semaines, les premiers mois de vie avec un enfant.

Speaker: Donc oui, ça a nourri ça.

Speaker: Je vois aussi mes deux enfants finalement, ma fille quand elle est devenue enceinte, je ne savais pas trop comment...

Speaker: comment elle allait être finalement, parce qu'elle travaille complètement dans un autre milieu.

Speaker: Mais finalement...

Speaker: elle n'avait rien oublié de toutes nos discussions pendant nos repas, quand je rentrais des accouchements et que je leur racontais mes expériences.

Speaker: Finalement, ils n'ont rien oublié de tout ça, mes enfants.

Speaker: Donc, ils ont... Mon fils est convaincu de qu'est-ce que c'est que de mettre au monde un enfant, l'importance de mettre au monde avec le moins d'interventions possibles.

Speaker: Les deux sont convaincus de ça.

Speaker: Donc, oui, ça teinte.

Speaker: C'est sûr que... En tout cas, moi, ça a teinté

Speaker: ça a teinté ma parentalité ma grand-parentalité et je continue finalement c'est ça de diffuser tout ça aux personnes aussi de mon âge qui comprennent leurs enfants les besoins de leurs enfants avec leur propre bébé

Speaker: parce que les choses ne se font plus comme ça se faisait à notre époque, alors on a ça nous aussi à prendre conscience.

Speaker: Donc oui, définitivement, ça m'a servi.

Speaker: Ok, merci beaucoup en tout cas pour tout ce partage.

Speaker: Est-ce que tu aurais quelque chose que tu aimerais partager pour conclure, un message à transmettre?

Speaker: Est-ce que tu veux s'il y a quelque chose qui te vient à l'esprit?

Speaker: Oui, je pense que... Je pense que... Qu'on continue à transmettre et qu'on continue à accompagner les parents, à les aider à prendre conscience quand même de la réalité vers quoi ils vont.

Speaker: Je trouve qu'on est dans une ère de surinformation, mais cette information, elle a besoin d'être soutenue par de l'humain.

Speaker: Par de la présence humaine, parce que finalement, je trouve qu'il y a encore beaucoup, beaucoup d'isolement des jeunes parents, parce qu'ils sont surinformés, mais les besoins des bébés n'ont pas changé depuis des millénaires.

Speaker: Et...

Speaker: Donc, on a besoin de présence concrète.

Speaker: Et voilà ce qu'on a besoin, je pense, de continuer à transmettre et à diffuser dans notre société.

Speaker: Merci.

Speaker: De la présence, oui, de la présence.

Speaker: Absolument, c'est vrai à l'ère du digital vraiment il y a beaucoup de séparations qui se créent sur tous les plans et qu'on puisse remettre des espaces, recréer des espaces de réunion de soutien et tout c'est vraiment essentiel merci beaucoup pour tout ce partage, c'était vraiment super de pouvoir échanger avec toi aujourd'hui, je te dis peut-être à une autre fois Isabelle Oui, avec plaisir, avec plaisir merci beaucoup

Speaker: Merci d'avoir partagé ce moment avec nous.

Speaker: Et si cet épisode t'a parlé, tu peux le partager autour de toi, laisser un commentaire ou laisser 5 étoiles pour soutenir Enfant de Gaïa.

Speaker: A très bientôt pour la suite des épisodes.

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