Transcript
Speaker: On dit juste des prénoms et puis on discute et on s'en fiche.
Speaker: En vrai, c'est comme tu veux.
Speaker: Moi, les prénoms, ça me suffit.
Speaker: Si tu veux, donner des petits arguments, c'est cool aussi.
Speaker: Après, à la fin de l'épisode, on ne l'a pas fait dans le premier, mais à la fin de l'épisode, j'aimerais qu'on fasse aussi un petit point de... des petits shout-outs.
Speaker: Donc, si tu veux, balancer ton pseudo ou des trucs comme ça aussi.
Speaker: On présente les copains et on est là.
Speaker: Ouais, je pense que je vais dire Benoît, a.k.a.
Speaker: Fosno.
Speaker: Ouais, ça, c'est une bonne idée.
Speaker: Ok, super.
Speaker: Ça, ça m'est...
Speaker: Super.
Speaker: Puis du coup, on est parti pour pas mal de choses encore, mais je pense qu'on va réussir à en faire un truc intéressant.
Speaker: Let's go.
Speaker: C'est parti.
Speaker: Let's go.
Speaker: Eh ben bonjour à tous.
Speaker: On va le refaire.
Speaker: Eh ben bonjour à tous.
Speaker: Bonjour.
Speaker: Bienvenue dans ce second épisode d'Infrastructure Décompilée.
Speaker: J'allais oublier le nom du podcast.
Speaker: Infrastructure Décompilée.
Speaker: Décompilée.
Speaker: Je suis à nouveau votre hôte, je m'appelle Valentin, c'est moi qui vais vous faire le petit récit aujourd'hui.
Speaker: Et moi c'est Benoît qui est Fall Snow sur internet.
Speaker: Et aujourd'hui, on va vous parler de l'Internet, ce grand réseau de réseaux qui parcourt notre monde.
Speaker: Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler d'Internet.
Speaker: La magie de notre monde, un petit peu.
Speaker: Oui, le bonheur des chaînes de production d'Internet, la magie que l'on ressent.
Speaker: Internet, oui, Internet, Internet.
Speaker: De toute façon, si vous nous écoutez, c'est que vous utilisez Internet.
Speaker: Comme ça, au moins, on a placé le contexte.
Speaker: internet c'est un peu ce truc dans notre monde, c'est it just works ça fonctionne on se souvient qu'il existe généralement quand la box est en panne c'est à peu près le seul moment où on est réellement dans de la friction avec internet ou quand t'es en train de faire une arame et que ton ping montre à 400 tu vois ce genre de truc on devient déconnecté après c'est le pire c'est là qu'on comprend ce qu'est internet un peu peut-être
Speaker: J'avoue.
Speaker: Est-ce que c'est comme tout?
Speaker: C'est seulement quand on a perdu quelque chose qu'on se rend compte de ce qu'on a perdu?
Speaker: Après, je pense que c'est propre à Internet parce qu'on n'arrive pas à comprendre ce que c'est.
Speaker: C'est un peu ça qui va être très intéressant.
Speaker: Je suis très curieux d'entendre... Aujourd'hui, on va encore couvrir pas mal de choses.
Speaker: On va surtout encore commencer par un bon gros historique de pourquoi Internet.
Speaker: Parce qu'aujourd'hui, c'est évident.
Speaker: On ne se pose pas la question d'interconnecter toutes nos machines ensemble.
Speaker: Tu penses à un ordinateur, tu penses à un autre ordinateur.
Speaker: Tu te dis, bah oui, je vais forcément pouvoir envoyer un email de l'un à l'autre.
Speaker: C'est un concept qui n'était pas forcément évident à la base.
Speaker: Et il a fallu du temps pour qu'on se dise, ah mais tu sais, ce fil de cuivre où je fais passer du texte pour dire à mon amante de venir me retrouver en ville, peut-être que je pourrais aussi y faire passer mes comptes bancaires.
Speaker: Le lien n'était pas forcément évident.
Speaker: Mais du coup, on va commencer par ça.
Speaker: On va juste faire un petit point pour placer vers quoi on se dirige.
Speaker: Internet, aujourd'hui, c'est 25 milliards d'appareils connectés qui discutent.
Speaker: 25 milliards, waouh!
Speaker: C'est difficile à représenter.
Speaker: En fait, ça fait partie de ces chiffres qui sont tellement gros que tu ne sais pas ce que ça représente.
Speaker: Mais c'est énorme.
Speaker: C'est bien plus que ce que les pionniers de l'Internet auraient pu imaginer.
Speaker: Tout comme... Quand on a imaginé Internet, on va y venir, mais il y avait ce truc de...
Speaker: je pense que 256 réseaux dans le monde entier c'est suffisant pour tout le futur de l'humanité, il n'y a pas besoin d'anticiper plus et aujourd'hui on a 25 milliards de points ça veut dire que chaque maison qui a une box c'est un réseau sur le principe donc
Speaker: On va y venir, c'est quand même beaucoup de choses.
Speaker: Mais Internet, ce n'est pas une idée qui est sortie du chapeau.
Speaker: Il n'y a pas quelqu'un qui s'est levé un matin et qui a dit « je vais relier tous les ordinateurs du monde entre eux ».
Speaker: Ce n'est pas non plus quelque chose de nouveau, un réseau.
Speaker: Il n'y a pas quelqu'un qui a inventé le principe de réseau.
Speaker: C'est un concept qui est vieux comme le monde.
Speaker: Est-ce qu'on peut vraiment parler de concept pour ce genre de choses?
Speaker: Les précurseurs, parce que Internet, c'est un réseau qui permet d'échanger des informations.
Speaker: En tout et pour tout, le principe, c'est que ça échange de l'information.
Speaker: Et échanger de l'information, ça on l'a toujours fait, on s'est discuté, mais ça fait un échange d'informations face à face.
Speaker: Il y a un peu le concept de l'humanité, d'échanger.
Speaker: On n'existe que socialement vis-à-vis d'autres gens.
Speaker: C'est ça, et avec ça, on a essayé d'apporter ça dans un plan supérieur, où au lieu d'échanger avec les personnes autour de moi, je peux échanger avec les personnes qui sont de l'autre côté du globe.
Speaker: Mais c'est ça que je trouve ça marrant, c'est que déjà la présence de réseaux est déjà préexistante à Internet.
Speaker: Et que c'est relié à la vie directement.
Speaker: Je pense à même des arbres, tu vois, les racines, les trucs, les connexions.
Speaker: Et même nous, au niveau de l'humanité, on a quand même des réseaux depuis longtemps.
Speaker: Les premiers précurseurs auxquels je peux vraiment penser, ça va être les réseaux de messagers, les premiers services postaux.
Speaker: On en a déjà touché un peu sur ça dans l'épisode précédent, mais on avait l'arrivée des postes dans les pays où d'un seul coup on pouvait échanger de l'information de Paris à Marseille via un système standardisé, où n'importe qui pouvait écrire une lettre, mettre un timbre et envoyer.
Speaker: Il a fallu quand même du temps pour que ça se développe dans le format qu'on a aujourd'hui, mais on a ça quand même depuis un petit moment.
Speaker: puis ce réseau postal il a évolué on a aussi parlé dans l'épisode précédent on a eu les télégraphes donc les télégraphes c'est quand on amène la notion d'encodage le fait qu'on puisse pas transmettre l'information telle qu'elle on est obligé de la transformer pour la transporter c'est ça en France on a quand même été des gros gros précurseurs avec le réseau de télégraphes CHAP pendant la révolution française on en a parlé aussi dans l'épisode précédent
Speaker: qui a amené ensuite après très rapidement le télégraphe morse, le télégraphe électrique, où maintenant on faisait les tidit tidit tidit tidit, et qu'on envoyait des messages partout dans le monde en fait, parce que si au début c'était quand même des réseaux locaux, on a très rapidement utilisé les ondes radio et on transmettait du morse à travers le globe aussi.
Speaker: Et ces réseaux de télégraphe, on en a parlé la dernière fois, puis on les avait un peu laissés dans leur coin.
Speaker: Mais le réseau de Télégraphe, il a continué d'évoluer.
Speaker: Et dans les années 30, on a essayé de se dire que... Ouais, avoir une machine, on tape avec la main pour faire du signal morse, pour envoyer le signal, c'est bien, mais il faut quand même apprendre le morse.
Speaker: Et ça veut dire que t'as pas forcément envie de devoir apprendre le morse à tout le monde.
Speaker: Et du coup, en Allemagne... Ouais, ça a limité la quantité de communication et de... Il y a quelques individus et c'est...
Speaker: Tu ne pouvais pas remplacer forcément un opérateur de télégraphe au pied levé.
Speaker: Il fallait que tu trouves quelqu'un qui connaisse le morse.
Speaker: Donc ça avait quand même certaines limites.
Speaker: Et du coup, on a essayé de réfléchir à comment on peut faire.
Speaker: Parce qu'au début du XXe siècle, on a eu cette invention quand même assez cool, qui est la machine à écrire.
Speaker: où tu appuies sur une touche, ça fait un gros schlac, et tu as une lettre sur du papier.
Speaker: Mais du coup, tu as un clavier, et le clavier, il reçoit une information, parce que selon sur laquelle touche tu appuies, c'est une lettre différente.
Speaker: Et cette information, est-ce qu'on ne pourrait pas la réutiliser au lieu de l'envoyer sur du papier, l'envoyer dans le câble électrique?
Speaker: Est-ce que l'idée, c'est que chaque touche, ce soit comme un clac-clac du télégramme?
Speaker: C'est un peu l'idée, en fait.
Speaker: C'est que, par exemple, tu appuies sur le S, et ça fait clac-clac-clac.
Speaker: Quand ils ont dû avoir l'idée, il devait être...
Speaker: C'est évident.
Speaker: Et c'est un truc qui a vraiment super bien marché en Europe à la base.
Speaker: En Allemagne, ça a commencé à être installé en 1934.
Speaker: Ça a pris le doux nom de Telex.
Speaker: C'est quand même très très récent.
Speaker: Ouais, c'est vraiment très récent.
Speaker: Et quand tu vois des documentaires sur l'Allemagne nazie dans la Seconde Guerre mondiale, tu vois souvent ces grands espaces où tu as plein de secrétaires en train de taper sur des machines à écrire.
Speaker: Et en fait, c'est des Telex.
Speaker: Les messages sont transmis par câble télégraphique vers d'autres telex, haute part en Allemagne ou dans d'autres points de contrôle.
Speaker: Ça a été utilisé aussi par les alliés, mais c'est vraiment les Allemands qui avaient le réseau le plus dense.
Speaker: Leur job, c'était d'avoir un texte et de le retranscrire pour envoyer le message.
Speaker: Ils recevaient une fiche manuscrite ou quoi, et un destinataire.
Speaker: Généralement, les telex avaient la taille d'un bureau.
Speaker: Tu avais une molette sur le côté, comme les molettes de téléphone.
Speaker: Tu composais le numéro.
Speaker: Et une fois que tu avais un petit signal qui te disait que quelqu'un avait décroché de l'autre côté, tu pouvais taper des messages au clavier et l'autre personne recevait et voyait les trucs s'imprimer sur sa machine à écrire en face.
Speaker: C'était Messenger, mais mécanique!
Speaker: C'est exactement ça.
Speaker: Et il y a vraiment ce concept par contre de « c'est pas un SMS ».
Speaker: Si tu envoies un message, il faut qu'il y ait quelqu'un de l'autre côté qui soit là pour le recevoir.
Speaker: Parce que ça reste un appel téléphonique en arrière.
Speaker: On utilise le principe du morse, donc d'encoder le signal en message électrique, mais on utilise l'infrastructure téléphonique pour le faire passer.
Speaker: Mais du coup, pourquoi ils n'étaient pas juste en mode téléphone à taper ce qu'on écoute?
Speaker: Parce que ça permet de... T'as quand même un intérêt de... L'intérêt, en fait, il vient que t'as un système de certification qui arrive.
Speaker: C'est-à-dire que c'est pas juste... Parce que le vocal, c'est... T'envoies une onde sonore qui est continue.
Speaker: Tu sais, c'est un signal, c'est la voix.
Speaker: Et la voix, tu peux pas forcément l'encoder parce que tu veux mettre des messages secrets dedans.
Speaker: Alors que si t'envoies des signaux binaires, tu peux la faire passer dans des machines qui vont modifier le signal pour le démodifier à l'arrivée.
Speaker: Et du coup, si quelqu'un écoute sur la ligne...
Speaker: Il ne va pas entendre la voix, il va entendre des bips et ça ne va pas forcément être du morse, ça peut être un autre langage, ça peut être encore autre chose.
Speaker: Ça permet d'encrypter la transmission.
Speaker: Par exemple, transmission des signaux, on en a parlé, tu sais les machines Enigma, tu donnes du texte, ça te donne un autre texte qui a été modifié, ensuite tu l'envoies à coup de telex, les personnes qui reçoivent le texte modifié, il faut encore qu'ils décodent.
Speaker: Alors que de la voix, à l'époque, on n'est pas capable d'encoder de la voix pour la décoder derrière.
Speaker: donc il y a un peu ça et il y a aussi du coup cette notion de tu peux, t'as un, je sais plus exactement le concept mais en tout cas t'as une touche qui permet de demander à identifier la personne de l'autre côté de la connexion et ça envoie l'identifiant telex de la personne et en fait cet identifiant telex qui dit bah là je suis en train de parler avec cette personne là, c'est considéré comme étant extrêmement fiable
Speaker: que si tu reçois un identifiant telex tu es sûr que c'est bien les bons identifiants que tu reçois et ça par exemple au niveau de la justice française les telex peuvent être utilisés comme preuve dans des procès en disant cette personne m'a dit ça et la personne ne peut pas dire non c'était pas moi parce qu'on considère que les identifiants telex sont alors je vais citer un mot que j'ai appris pour l'occasion irréfragables ce qui veut dire juridiquement irréfutable
Speaker: On est à ce niveau de certitude Je serais trop curieux d'avoir la liste Des choses avérées ineffragables Parce qu'il doit y en avoir quelques-unes Juste pour le terme Aujourd'hui on parle encore de trucage photographique Du coup on se dit une photo de quelqu'un Est-ce qu'on peut considérer que c'est une preuve irréfutable?
Speaker: Ouais ouais ouais Et pourquoi certains trucs ont un intérêt A être ineffragables?
Speaker: En plus, j'imagine que dans la justice, tu dois avoir quand même cet intérêt de... Je sais que cette preuve, elle est vraie, il n'y a pas moyen que ça puisse être falsifié.
Speaker: Donc au moins pour avancer.
Speaker: Je suis juge, si je veux décider si une personne est coupable ou pas.
Speaker: Là, j'ai cette photo de la personne en train de voler dans le coffre de la banque.
Speaker: J'ai ce truc qui me dit que la photo est forcément vraie.
Speaker: Ça m'aide à prendre une décision.
Speaker: Ouais, bien sûr, bien sûr.
Speaker: Mais je suis d'accord que... Mais qui c'est qui dit qu'elle est vraie?
Speaker: Oui!
Speaker: Ouais ouais parce qu'après tu peux manipuler quand même à fond Ouais c'est ça et puis même aujourd'hui c'est avec les téléphones tu dis bah j'ai reçu un sms de telle personne Ouais mais qu'est-ce qu'il dit que quelqu'un a pas pris son téléphone, connaissait le mot de passe du téléphone et envoyait des messages à sa place Ouais ouais carrément Il y a toujours un peu ce doute alors que là non c'est que je sais pas Je me faisais un parallèle là en réfléchissant qui disait que ça me faisait l'évocation de la guerre qui fait que c'est intéressant de cacher les transmissions Ouais
Speaker: Et ça me fait marrer de voir comment l'évolution des transmissions, c'est arrivé dans des gars, femmes qui utilisent nos données de transmission, justement, et que ça devient un outil et que c'est vraiment déconnecté du fait qu'à la base, on voulait cacher.
Speaker: Les premiers messages, ils avaient un besoin d'être cachés parce que c'était utilisé dans la guerre.
Speaker: Et maintenant, en fait, on les libère, ça, on s'en fout.
Speaker: Alors que... C'est le truc du... Attention à ce que tu dis au téléphone, le gouvernement pourrait écouter quand on était jeune et que maintenant, on a des micros qui parlent à Amazon dans les salons, tu vois.
Speaker: Qui détient.
Speaker: Ouais, ouais.
Speaker: Et ça du coup c'était un peu l'évolution du télégraphe qui est venu se brancher sur le réseau téléphonique Et c'était quand même cool, on pouvait envoyer du texte Et le telex a été utilisé quand même super tard Même s'il a été remplacé au fur et à mesure Il y a eu quand même des évolutions du telex qui sont restées présentes Jusqu'au dans les années 80, c'est resté très tard Mais c'est comme tout, les technologies au final Même s'il y a quelque chose qui vient les supplanter à un moment
Speaker: si elles étaient déjà bien installées elles vont continuer de survivre très longtemps et ça on va pas mal le voir par la suite aussi sur ce sujet donc on a un réseau de téléphone le réseau de téléphone c'est cool, on peut envoyer de la voix on peut envoyer du texte
Speaker: Ça pourrait être cool d'envoyer d'autres choses dessus.
Speaker: N'importe quoi.
Speaker: N'importe quoi.
Speaker: Et tu vois, on a envoyé de la voix, on a envoyé du texte.
Speaker: Avec du texte, sur le principe, on peut tout envoyer.
Speaker: Tu peux envoyer des comptes, tu peux envoyer des comptes bancaires, tu peux envoyer de l'actualité, tu peux tout envoyer.
Speaker: Avec de la voix, tu peux aussi théoriquement tout envoyer, mais il faut qu'il y ait des humains.
Speaker: Et du coup, là, le questionnement, c'est comment coder à peu près tout ce qu'on a besoin?
Speaker: Ouais mais on en est pas encore à cette idée de pouvoir tout encoder parce que là on est dans les années 30 parce qu'on a pas l'infrastructure digitale le digital existe pas encore on a pas encore les PC l'informatique existe pas on est encore en train d'explorer ça la guerre va beaucoup aider mais on est pas encore là
Speaker: Et là, il n'y a pas encore vraiment cette idée de réseau universel.
Speaker: Le téléphone, ça a été un pas en avant incroyable, comme le télégraphe surtout, mais on n'a pas encore cette idée de choses universelles.
Speaker: Des personnes présentent le concept.
Speaker: Il y a toujours des pionniers qui, 400 ans plus tôt, se sont dit « Imagine si tous nos bureaux de finances pouvaient communiquer entre eux à travers l'Europe, comme ça, regarde les guerres qu'on pourrait se faire! »
Speaker: Il y en a toujours qui ont ce genre d'idée.
Speaker: Mais on n'en est pas encore là.
Speaker: Et du coup, on a le texte, on a la voix.
Speaker: Il y en a un qui se dit, tu vois, un Français qui se dit, c'est pour être cool quand même d'envoyer des images.
Speaker: C'est ça que je me disais, les images.
Speaker: C'est forcément le truc d'après.
Speaker: Et ça, c'est un Français qui s'appelle Édouard Belin.
Speaker: Il a bossé sur ça, ce petit gars.
Speaker: Est-ce qu'il a mélangé chaque pixel un à un sous forme d'un code qui va s'imprimer un à un?
Speaker: Franchement?
Speaker: Non.
Speaker: Edouard Belin, tu vois, son invention, il va la présenter en 1907.
Speaker: En 1907 on a même pas le telex Dont on vient de parler Du coup il avait déjà un truc Il était déjà dans l'image Il y avait déjà eu des premiers essais Au début du 20ème siècle par d'autres types Comment on peut envoyer des images Ils ont essayé différentes techniques mais il n'y avait jamais rien de concluant Il faudrait un truc d'impression Qui puisse se retirer Il y a le truc aussi de comment tu scannes l'image en premier lieu Comment tu transformes une image en signal électrique
Speaker: parce que le téléphone que ce soit de la voix du texte n'importe quoi d'autre ça reste un signal électrique parce que moi je me disais que faire en morse des 1 et des 0 c'est déjà suffisant pour coder une image ce sera juste long ouais mais t'imagines si t'as une photo en 128 par 128 et t'envoies un noir ou un blanc pour chaque truc il va te falloir 8 heures il faut que t'aie quelqu'un qui soit pendant 8 heures à envoyer des ping ouais et qui ait une machine vraiment qui code ça et qui imprime ça aussi
Speaker: Donc c'est quand même compliqué, surtout pour l'époque.
Speaker: Ça serait farfelu.
Speaker: Ouais.
Speaker: Et t'as ce monsieur, du coup, monsieur Edouard Belin, lui c'est un photographe.
Speaker: Donc déjà, il est dans le milieu de la vidéo.
Speaker: Et lui, il veut transmettre cette image par électricité, il y réfléchit.
Speaker: À la base, il réfléchit sur un premier concept qui s'avère, s'il l'avait continué sur ce concept, ça aurait donné la télévision cathodique.
Speaker: On est en 1907.
Speaker: Mais en fait, Edouard Belin, lui, il a un truc qui l'intéresse, c'est pas mal le pognon et la gloire.
Speaker: Et en 1907 il bosse sur son truc de télévision cathodique, ça s'appelle pas la télévision, aujourd'hui s'il avait évolué ça aurait pu donner ça.
Speaker: Mais il voit qu'il y a un Allemand qui bosse sur un truc de transmission de vidéo par téléphone, et il a l'air de présenter ça très vite.
Speaker: Et il le présente même avant lui, il présente une première transmission par ligne de télégraphe de photo cet Allemand, c'est monsieur Arthur Korn.
Speaker: Et ça lui fout le seum.
Speaker: Il est pas bien.
Speaker: Il est en mode comment il fait ça?
Speaker: C'est pas possible!
Speaker: Et du coup, il abandonne toutes ses recherches sur son premier projet.
Speaker: Et il se concentre uniquement sur la transmission d'une seule image.
Speaker: Parce qu'à la base, il cherchait comment envoyer plein d'images à la suite.
Speaker: Là, il cherche à envoyer une seule image.
Speaker: C'est déjà dans la vidéo.
Speaker: Et encore, on peut même pas parler de vidéo, mais un concept d'image avec un S à la fin.
Speaker: Et du coup, il bosse sur ça.
Speaker: Et la même année, 1907 à nouveau, il sort ce qu'il appelle le télestéréographe.
Speaker: Le processus pour envoyer une photo avec un télestéréographe.
Speaker: Officiellement, la transmission d'une image, juste la transmission, combien de temps il faut envoyer du signal sur une file de cuivre, au bout de quelques années, on va arriver à descendre ça à 4 minutes.
Speaker: C'est quand même excellent.
Speaker: Par contre, pour préparer l'image pour l'envoyer et pour ensuite pouvoir l'utiliser à la fin,
Speaker: il va falloir un peu de temps.
Speaker: Ah ouais?
Speaker: Genre combien?
Speaker: On peut facilement parler de plusieurs heures.
Speaker: Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est que pour envoyer l'image, il faut la transformer en signal électrique, ce qu'on a dit.
Speaker: Donc ce qu'il fait, c'est qu'il va prendre l'image, qui va utiliser... J'ai pas compris tout le principe parce que c'était de la chimie et j'étais là, on va pas rentrer dans les détails non plus.
Speaker: Mais grosso modo, l'image est placée sur un cylindre.
Speaker: et avec un processus photographique en fait c'est appliqué sur une sorte de pâte qui réagit et qui va durcir ou pas selon la luminance de l'image des zones du cylindre et du coup ça transforme une photo noir et blanc en cylindre à relief c'est comme si tu as une image autour et plus elle est lumineuse plus tu as de relief plus elle est sombre plus elle est plate autour du cylindre
Speaker: Et en fait tu as un bras articulé qui est posé sur le cylindre, genre tout en bas.
Speaker: Le cylindre tourne et le bras monte au fur et à mesure.
Speaker: Et du coup il suit le relief.
Speaker: Il oscille en suivant le relief.
Speaker: Et ça, ça fait un signal électrique qui est envoyé.
Speaker: Et de l'autre côté, à l'autre bout du cylindre, il faut que tu aies un autre cylindre avec le bras placé au même endroit.
Speaker: C'est très coûteux du coup.
Speaker: C'est coûteux et c'est complexe à mettre en place parce qu'il faut que l'émetteur et le récepteur soient synchronisés.
Speaker: Et le récepteur en fait il récupère le signal électrique pour alimenter une petite ampoule qui va éclairer plus ou moins la surface du cylindre de réception qui est en fait recouvert de papier photographique et du coup une fois que c'est fait il faudrait sortir le papier et aller le développer comme une photo
Speaker: Ah ouais, du coup, je vois la complexité.
Speaker: Ça doit être un coup aussi.
Speaker: C'est incroyable qu'il soit allé dans une technique chimique et qu'il ait réussi à trouver une manière.
Speaker: C'est fou.
Speaker: Mais parce qu'à ce moment-là, le papier photographique, on l'avait déjà.
Speaker: T'es clair du papier photographique.
Speaker: Tu fais faire les réactions dans les papiers.
Speaker: Tu le sors, tu le laisses sécher, tu as ta photo.
Speaker: Faire le cylindre rembossé à la base, on sait le faire aussi.
Speaker: Parce que c'est aussi des réactions photographiques.
Speaker: et en fait il a juste 1000 téléphones entre les deux mais du coup c'est long la transmission en tant que telle est super rapide mais le rendu visuel doit être unique il est dégueulasse il y a moyen de le voir si on tape le nom si on cherche sur internet tu peux trouver c'est quoi le telestéreur alors justement on y arrive c'est que ça c'est le nom du processus ok mais en fait
Speaker: en 1913, ça c'était en 1907, tu vois il a continué de bosser dessus, en 1913 il fait une version portative de son appareil.
Speaker: En portative j'imagine les cylindres.
Speaker: Alors attends on y arrive hein, parce que la version portative elle pèse 45 kilos
Speaker: Mais en fait il va continuer de bosser dessus quasiment jusqu'à sa mort C'est à dire que le 45 kilos c'est en 1933 La version portative de 1913 je sais pas combien pèse Mais à mon avis on est à plus que 45 kilos Et son appareil portatif en fait il prend son nom Ça s'appelle le Bélinographe
Speaker: Parce que fierté, c'est français, Cocorico.
Speaker: En même temps, 45 kilos, j'allais dire... Puis dans les années 30, les hommes, ils n'étaient pas faits pareil.
Speaker: Tu les emmènes dans des villes à un endroit, tu le livres finalement.
Speaker: Tu vois des photos de journalistes des années 30, les mecs qui sont montés comme des armoires à glace, ils peuvent bien porter la valise de 45 kilos.
Speaker: C'est vrai.
Speaker: Donc du coup, c'est ça.
Speaker: Si tu tapes sur Internet Bélinographe, tu peux voir des exemples de photos qui sont rendues.
Speaker: Et généralement, la qualité à la fin est quand même assez catastrophe.
Speaker: J'irais voir parce que le grain, je ne sais pas comment dire ça, la facture visuelle, ça doit être unique.
Speaker: Parce que le processus chimique et tout, c'est un petit peu comme de la merde...
Speaker: ah j'ai de l'analogique non la photo argentique à la base c'était il y avait que ça de toute façon ouais ouais t'as littéralement la chimique quoi ouais et ça va vraiment être un gros truc surtout pour le milieu de la presse ah ç a a bien marché tout le monde était impressionné en vrai dans le monde du journalisme c'est un banger parce que du coup tu peux avoir un journaliste à Lyon qui fait son reportage
Speaker: qui envoie en telex ou par téléphone son article qui dit que tu as une secrétaire à Paris, là où il y a les trucs d'impression.
Speaker: Et ils peuvent envoyer vite la photo.
Speaker: Et il peut envoyer la photo.
Speaker: Comme ça, il peut être le matin ou l'après-midi à Lyon, envoyer tout dans la soirée, et le lendemain matin, le journal est imprimé à Paris avec la photo.
Speaker: parce que sinon autrement il fallait le système postal de renvoyer la photo refaire les impulsés c'est ça ou aller choper un coursier le mettre sur un cheval ou aller prendre le train et courir c'était quand même plus avantageux alors que là ouais parce que le bélinographe dans la mallette il y a tout ce qu'il faut pour imprimer la photo faire le rouleau toute la sauce ouais ouais donc vraiment pour le reportage gros gros succès et c'est ça qui fait que le bélinographe a été utilisé extrêmement longtemps parce que d'un seul coup les journalistes peuvent envoyer de l'image avant l'image elle arrivait que 3 semaines après l'article ouais ouais waouh trop drôle
Speaker: Et du coup ça c'est pour la téléphotographie Et du coup on voit quand même que On a le télégraphe On a le téléphone Maintenant on est capable Je fais des guillemets là, air quotes D'envoyer de la photo Mais tout se base quand même sur le réseau de téléphone Et le réseau de téléphone est toujours là C'est toujours le même, c'est toujours le réseau cuivré On a mis du cuivre partout Ça marche bien, on peut faire plein de trucs avec
Speaker: Et ça marche bien.
Speaker: Mais on va arriver au premier challenge du système téléphonique.
Speaker: On va vraiment regarder jusqu'où on peut le pousser, ce système téléphonique.
Speaker: Et ce challenge, comme beaucoup de challenges du XXe siècle, ça s'appelle la Seconde Guerre mondiale.
Speaker: Et on va encore être obligés d'y passer un petit peu.
Speaker: Parce que qui communique le plus vite, c'est qui pourra faire des moves en réaction.
Speaker: Et on arrive sur ça.
Speaker: Cette fois-ci, on va surtout en parler au Royaume-Uni.
Speaker: Parce que c'est là où le Royaume-Uni, ça devient très intéressant ce qu'ils ont fait.
Speaker: C'est que le Royaume-Uni, qui a cet avantage et cet inconvénient d'être une île.
Speaker: Donc, c'est difficile d'envahir.
Speaker: Parce qu'il faut passer par la mer.
Speaker: Mais c'est aussi pas facile à défendre.
Speaker: Parce qu'à cette époque, tu te fais attaquer par les airs.
Speaker: Et disons que c'est un peu compliqué de faire des murs ou des barbelés pour empêcher les avions d'arriver.
Speaker: Donc,
Speaker: Il faut organiser la défense aérienne britannique.
Speaker: Parce que quand les avions arrivent, il faut qu'on puisse les repérer de loin.
Speaker: Pour que nous, on puisse dire à nos propres avions de décoller, leur dire où aller.
Speaker: Il faut aussi qu'on sache où ils vont, les avions qui nous attaquent.
Speaker: Parce que s'il faut mettre les sirènes dans les villes pour que les gens aillent se planquer, pour éviter les bombardements, il faut savoir où ils vont.
Speaker: Puis c'est surtout que la journée, les avions, s'il fait beau, tu prends des jumelles, tu regardes au loin, tu peux à peu près les trouver.
Speaker: Mais la nuit, tu vois que dalle.
Speaker: Donc il y a vraiment tous ces problèmes.
Speaker: Et ces problèmes, ils ne sont pas arrivés dès le début de la guerre, ils sont arrivés avant la guerre.
Speaker: Parce qu'à peu près tout le monde, avec l'arrivée du nazisme en Allemagne, s'était dit « Ah, ça sent la poudre, on va commencer à se préparer ».
Speaker: Et au Royaume-Uni, ils vont commencer à partir de 1936 à mettre en place un système qui prend le nom de son créateur, qui s'appelle le système Dowding.
Speaker: du nom de Hugh Caswell Tremendhury Dowding, qui est un Air Chief Marshal, donc un bon militaire de l'armée de l'air britannique.
Speaker: Et lui, il va se dire, OK, comment on fait pour coordonner la défense aérienne du Royaume-Uni à l'échelle du pays?
Speaker: Parce qu'il faut défendre toute la côte britannique exposée à l'Europe.
Speaker: Parce qu'on ne sait pas par où peuvent arriver les Allemands.
Speaker: Gros challenge pour l'époque.
Speaker: Après, ils vont finir par emmener des avions par le nord.
Speaker: Ils ont quand même fait quelques attaques assez hautes.
Speaker: Mais après, l'Allemagne s'est surtout concentrée sur Londres.
Speaker: Donc c'est quand même resté au sud.
Speaker: Mais il y a quand même ce truc de... Quand même un énorme morceau de côte à défendre dans tous les cas.
Speaker: Et on ne sait pas ce que peut faire l'ennemi.
Speaker: Donc il faut quand même qu'on prévoie l'argent.
Speaker: Et comment on fait pour défendre un tel morceau de terre?
Speaker: Parce qu'on a besoin d'observations aériennes pour voir les avions au-dessus de la mer.
Speaker: On a besoin d'observations aériennes aussi pour les voir au-dessus de la terre, une fois qu'ils sont arrivés sur le continent.
Speaker: Il faut de la coordination parce qu'on a des batteries sol-air pour tirer sur les avions depuis le sol.
Speaker: Mais il faut leur dire où sont les avions, comment se coordonner.
Speaker: On a des escadrons de défense aérienne.
Speaker: Donc il faut pouvoir dire à quel escadron décoller et ensuite les guider pour leur dire où aller parce que le ciel c'est super grand.
Speaker: Il faut coordonner la défense des civils, la protection des civils, il y a tellement de choses à mettre en place.
Speaker: Et c'est plus une question de juste transmettre l'information, parce qu'on a le téléphone, tu vois.
Speaker: Avoir un commandant de base aérienne qui appelle un commandant d'une autre base aérienne en leur disant « vite faites décoller vos avions, nous ils viennent de passer au-dessus de nous, ils viennent chez vous », on peut le faire techniquement.
Speaker: Mais c'est plus comment on coordonne ça à l'échelle d'un pays.
Speaker: Et lui, il va... Ouais, j'imagine.
Speaker: Est-ce qu'il n'y a pas aussi l'objectif d'une conversation qui va à plein d'endroits d'un seul coup?
Speaker: C'est un peu l'idée qui va arriver.
Speaker: Parce que là, ça doit être bloqué à l'époque de... Il faut qu'il y en ait un qui parle à une personne, qui parle à une autre personne, qui parle à une autre personne.
Speaker: Et on est victime de ça pour se propager l'information, peut-être.
Speaker: Puis comment tu fais si, par exemple, tu as deux observateurs à deux endroits différents qui voient le même avion?
Speaker: Comment on fait?
Speaker: Si les deux informations prennent des chemins différents... Ah tu veux dire, attends, comme s'il y avait deux Kinect qui détectaient le même corps et qu'on voulait déterminer un seul point dans l'espace?
Speaker: Exactement.
Speaker: Comment tu le fais?
Speaker: Ce serait un beau challenge ça!
Speaker: Je me demande qui pourrait travailler sur ça.
Speaker: Comment tu fais pour... Parce que si ces deux informations prennent des... C'est-à-dire si les deux personnes appellent la même personne.
Speaker: Tu as deux observateurs qui appellent la même personne et qui les deux disent j'ai vu un avion en même temps.
Speaker: Faut pas qu'ils comptent double?
Speaker: Exactement Et c'est surtout comment aussi tu fais pour savoir Que l'avion qu'ils ont vu c'est un méchant ou un gentil Parce qu'il y a tout ça en fait Parce qu'ils peuvent mettre les mauvaises couleurs Bah ouais Parce qu'on va dire bah nous on va prendre nos avions bleus Puis il est en face il voit ça il fait devant des avions bleus Enfin tu sais il y a tous ces trucs à prendre en compte Qui font qu'on peut vite se retrouver A avoir des informations complètement fausses en fait Complètement erronées, dupliquées, en double Il y a un problème de bruit En fait qui a beaucoup trop d'informations
Speaker: Et du coup, ce monsieur Dowling, parce que je ne vais pas répéter son nom en entier,
Speaker: ce Air Chief Marshall Dodding, il va implanter une structure sur la coordination et le traitement de ces informations.
Speaker: En fait, il se dit, pour bien coordonner, il faut qu'on rassemble toutes les informations d'observation qu'on a en un point unique, idéalement, et que de ce point unique découlent tous les ordres de qui fait quoi par rapport à ces informations.
Speaker: En fait, il veut faire une carte en temps réel du ciel britannique.
Speaker: que des observateurs qui seraient des directeurs, des généraux, pourraient observer cette carte en temps réel pour ensuite donner leurs ordres.
Speaker: C'est trop... Super, j'ai le Siri qui s'est mis en main, donc on va éviter d'utiliser certains mots, visiblement.
Speaker: On nous écoute.
Speaker: Ouais, on en parlait, voilà, on nous écoute, super.
Speaker: Qui nous écoute?
Speaker: Donc il y a cette notion vraiment de...
Speaker: Faire remonter l'information pour la faire redescendre.
Speaker: Et le but, c'est que pendant la remontée de l'information, celle-ci soit regroupée, filtrée, pour retirer les doublons, retirer les observations inutiles, déterminer ce qui a été observé.
Speaker: Est-ce que c'est des alliés?
Speaker: Est-ce que c'est des ennemis?
Speaker: C'est marrant, j'ai le visuel d'un méga gros écran où tu as tout le réseau de trams avec 50 trucs de trams, où tu sais exactement en temps réel où elles sont, et tu as le besoin d'avoir un endroit précis où tu as l'information qui se rejoint pour réfléchir.
Speaker: C'est la création des salles de contrôle.
Speaker: C'est ça, la salle de contrôle.
Speaker: C'est une salle de contrôle, mais qui serait... Idéalement, il y en aurait une à l'échelle du pays qui permettrait d'avoir vraiment cette vue d'ensemble de c'est quoi le ciel aérien au Royaume-Uni maintenant, tout de suite.
Speaker: Et il va travailler à ça, en fait.
Speaker: Il va mettre en lien tous les échelons pour réussir à ça.
Speaker: Alors, comment on faisait des observations au Royaume-Uni à cette époque-là?
Speaker: Le Royaume-Uni, quand même, des bons précurseurs, ils ont le radar.
Speaker: C'est encore super archaïque, c'est encore très compliqué d'utiliser.
Speaker: C'est-à-dire que pour chaque antenne, tu as quelqu'un qui regarde un écran où tu as un ping qui bouge, et comment il bouge et comment il est placé sur l'écran cathodique, ça permet de déterminer une altitude, une direction, un cap.
Speaker: C'est compliqué, mais on est capable de voir des choses.
Speaker: On n'est pas capable de savoir si on regarde un méchant ou un gentil, si on regarde un allemand ou un britannique, mais on sait où est l'avion.
Speaker: Donc on va avoir les stations radar qui vont faire remonter l'information.
Speaker: Mais les stations radar, à cette époque-là, ne marchent qu'au-dessus de la mer.
Speaker: Ah ouais?
Speaker: Elles sont placées au bord des côtes.
Speaker: Elles regardent vers l'océan.
Speaker: Mais une fois que l'avion est au-dessus de la Terre, les stations radar ne le voient plus.
Speaker: Parce qu'en fait, à ce moment-là, les stations sont...
Speaker: encore assez archaïques par rapport au radar d'aujourd'hui c'est le top de la technologie à l'époque mais du coup si tu les mets au dessus des terres en fait les ondes rebondissent partout et du coup ça aveugle l'antenne alors qu'au dessus de l'océan les ondes rebondissent elles n'ont pas beaucoup d'obstacles si ce n'est ce qu'on veut observer alors que sur la terre si à 200 mètres plus loin il y a un arbre l'arbre va renvoyer des ondes et du coup ça devient compliqué de traiter l'information donc elles sont vraiment limitées au bord des côtes et à regard de l'océan
Speaker: Une fois que les avions qui arrivent sont au-dessus de la Terre, là, ce sont des observateurs visuels dont on a besoin.
Speaker: Donc, on va avoir des milliers et des milliers de civils sur tout le territoire qui vont faire partie de ce réseau et qui sont en charge de, s'ils voient des avions ou des choses dans les airs, faire remonter l'information à coup de téléphone.
Speaker: Sauf que...
Speaker: au pic de la guerre, il va y avoir 30 000 volontaires civils qui vont fonctionner en tant qu'observateurs au Royaume.
Speaker: Et du coup, il y a trop de coups de fil!
Speaker: Et il y a vraiment ce problème de surplus d'informations qui arrive.
Speaker: Toujours du bruit sur le sol.
Speaker: Exactement.
Speaker: Et du coup, ce qu'il va mettre en place, Dowling, c'est un système de centres de filtres.
Speaker: Les centres de filtres, ce sont des centres qui sont responsables d'une petite partie de l'espace aérien britannique.
Speaker: Qui seront des sous-réseaux.
Speaker: C'est un peu l'idée, mais on n'en est pas encore là.
Speaker: Et l'idée de ces centres de filtres, c'est qu'ils vont collecter toutes les informations d'observation pour la zone dont ils sont responsables.
Speaker: Ils ont une table sur laquelle il y a la côte avec la forme du ciel.
Speaker: Et toutes les informations qu'ils reçoivent, ils les placent sur la table.
Speaker: Donc on peut voir l'évolution des informations et tout ça.
Speaker: On peut voir les trajectoires.
Speaker: Tu sais, quand tu vois ça dans les vieux films où tu vas voir plein de...
Speaker: de militaires qui vont avoir des bâtons et qui vont bouger l'instruction c'est ça c'est cette époque c'est ça en fait pour chaque région il y en a plein pour le Royaume-Uni et ces salles là le but c'est que s'il y a une observation en double elles vont placer un avion à un endroit puis deux minutes après elles recevront un appel elles vont placer un avion et vont dire ah bah non il y en a déjà un c'est bon on l'avait on a dédoublé l'information et ensuite ces salles de filtre font remonter l'information au dessus
Speaker: C'est trop bizarre d'avoir une différence complète sur la manière duquel se crée le point entre sur la mer et sur la terre qui est purement raison technologique.
Speaker: C'est vraiment tellement drôle.
Speaker: Et il y a même des problèmes aussi de distance.
Speaker: Parce que quand il fait jour, quand il fait moche, les radars ne voient pas aussi loin parce qu'il y a des perturbations dans l'atmosphère.
Speaker: Puis il y a aussi des trucs de les radars voient plus loin en haut
Speaker: qu'ils voient plus bas qu'au niveau de l'eau, parce que plus ils vont voir haut, en fait, c'est avec la courbure de la Terre, les rebonds des ondes sur la mer et tout ça, ils ont plus de distance pour les avions en haute altitude d'observation, que si un avion arrive au niveau du sol, il va plus se fondre avec... Le radar, il ne va pas savoir s'il regarde des ondes qui ont rebondi sur la mer ou si elles ont rebondi sur un avion.
Speaker: Surtout que l'opérateur, lui, il voit juste des pings.
Speaker: Du coup, c'est une sorte un peu de...
Speaker: Tu sais dans les hôpitaux, les électrocardiogrammes, tu sais la pip pip pip pip.
Speaker: C'est un peu ça qu'ils voient sur leurs écrans.
Speaker: Est-ce que c'est un peu comme les chauves-souris aussi?
Speaker: Archaïquement, oui, c'est ça.
Speaker: Le principe des radars, c'est ça.
Speaker: Littéralement, oui.
Speaker: Le principe à l'époque, c'est exactement ça.
Speaker: C'est comme les sonars aujourd'hui.
Speaker: On envoie de l'onde et on regarde ce qui nous revient.
Speaker: D'où les trucs d'écho et de reliefs qui peuvent...
Speaker: et une fois que ces centres de fil ont collecté, rassemblé, dédoublé toutes ces informations ces informations sont remontées jusqu'au centre de commandement les plus hauts, donc il y en a quelques-uns et là c'est des salles, ça fait 3 étages de haut
Speaker: Parce qu'en fait, tu as une grande table au rez-de-chaussée, où tu as tous les opérateurs autour qui reçoivent les informations d'observation, qui placent les pions sur la carte pour montrer où sont les choses.
Speaker: Et sur les étages au-dessus, les personnes sont au-dessus pour voir la table de haut.
Speaker: Et du coup, voir la carte qui s'anime.
Speaker: Ça veut dire qu'il y a un plafond de verre?
Speaker: Mais... littéralement et figurativement.
Speaker: Non, y'a pas vraiment de plafond de verre.
Speaker: Tu sais, c'est des étages avec des mezzanines, des balcons.
Speaker: Ah, ok, ok, ok.
Speaker: Mais en intérieur... Et ils regardent, mais c'est grande échelle, du coup, on voit bien.
Speaker: Et du coup, ouais, parce qu'ils voient la carte en bas avec toute l'information.
Speaker: Mais c'est aussi un peu cette idée, parce qu'en bas, les gens qui placent, c'est un peu les...
Speaker: Tu sais c'est les bas de l'échelon là, les gens qui vont placer les pions.
Speaker: Et alors tout en haut tu vas voir les généraux, les directeurs, les commandants qui voient ce qu'il se passe et qui disent ok bah là visiblement ils ont l'air de faire une courbe vers le sud donc on va déclencher une attaque par tel endroit.
Speaker: C'est nul, ça veut dire que t'es le grand général et c'est pas toi qui déplace le petit bonhomme, tu peux pas même te sentir le roi du monde à être là en mode je déplace le pion.
Speaker: Non mais quand toi tu dis envoyer 4 avions, 3 minutes après tu vois tes avions qui apparaissent sur la carte.
Speaker: Et voilà, on est dans la game de civilisation et on peut lancer des missiles sans pression, sans émotion.
Speaker: C'est le début de la guerre.
Speaker: Et puis en plus, t'es pas détaché, toi tu fais juste que jouer des petits pions en bois.
Speaker: Ah la folie.
Speaker: Tu vois, s'il y a 8000 morts, c'est pas grave, c'est des pions en bois.
Speaker: Aïe, aïe, aïe.
Speaker: T'as pas de cas de conscience.
Speaker: Mais en vrai, ce système doding, il va super bien marcher.
Speaker: Parce qu'on va arriver à un truc où on arrive à avoir des cartes avec une latence minimale pour l'époque.
Speaker: C'est fou!
Speaker: On arrive à avoir des informations jusqu'à moins de 5 minutes après qu'elles aient été observées, qui sont présentées pour que des décisions soient prises.
Speaker: Et franchement, ça marche super bien.
Speaker: Ça va vraiment aider la défense britannique.
Speaker: Il y a des petits problèmes autour de ce système parce que c'est compliqué.
Speaker: Est-ce qu'à ce moment-là, ils ont charbonné pour avoir ce système-là, mais les autres pays, ils l'avaient un peu pareil ou pas du tout?
Speaker: Ils étaient dans les choux?
Speaker: Tout le monde a un peu essayé de chercher, mais le fait est qu'en Europe, la France ne se défendait plus à cette époque-là.
Speaker: Parce qu'on s'est un peu fait rouler dessus.
Speaker: Même si on avait un système similaire, on n'a pas tellement pu le mettre en application.
Speaker: Parce que je me demandais à quel point il a été mis en parallèle avec d'autres systèmes en mode ah ouais non les britanniques ils étaient carrés pour arrêter les avions ou pas du tout.
Speaker: Pour le coup c'était un peu les seuls qui ont vraiment été confrontés à ça.
Speaker: Parce que c'est les seuls qui ont tenu longtemps dans le conflit.
Speaker: C'est les seuls qui avaient que ce style d'attaque aussi.
Speaker: En plus.
Speaker: Mais ça va donner des idées à d'autres.
Speaker: Et on va y venir juste après.
Speaker: Notamment aux américains.
Speaker: Mais juste pour clore sur le système d'Oding, pour mettre ça en place, ils ont placé des câbles téléphoniques dédiés à ce système partout dans le pays, en enterré assez profond pour résister aux bombes.
Speaker: Ils ont balancé des centaines et des centaines et des centaines de kilomètres de câbles téléphoniques partout dans le pays pour relier tous les centres de filtre, les bases militaires.
Speaker: Sécuriser le système.
Speaker: Ouais, c'est ça.
Speaker: Pour se dire que s'il y a une bombe qui tombe et que ça coupe une ligne, ce serait bien d'éviter que ça la coupe en fait.
Speaker: Donc ça va mettre tout ça.
Speaker: Et ça ouais, ça file des idées à pas mal de monde.
Speaker: Et les américains qui après la seconde guerre mondiale se disent « Eh, c'est quand même pas pire la guerre.
Speaker: C'est cool quand même.
Speaker: » Ils sont un peu trop dits à les américains je pense.
Speaker: Ils ont vraiment aimé et puis ils se sont là « Attends, maintenant qu'on a des usines qui font des tanks, ce serait con de les laisser comme ça.
Speaker: » Tu sais genre « Eh, on va quand même pas les laisser tomber. »
Speaker: Et ça va arriver.
Speaker: Et c'est surtout ce qui va arriver après la guerre, on en a un peu mentionné dans l'épisode d'avant, mais c'est l'arrivée de l'informatique.
Speaker: Attends, mais j'ai mis une blague.
Speaker: Est-ce qu'il va y avoir Siri dans le tank ou des tanks en Siri?
Speaker: C'est bizarre comme blague.
Speaker: J'imagine que dans quelques années, on va les avoir, nous.
Speaker: J'imagine, ouais, des méga-computers dans les tanks.
Speaker: Les premiers ordinateurs qui sont arrivés pendant la...
Speaker: La seconde guerre mondiale, les premiers gros ordinateurs un peu généraux dont on parle nous, c'était les britanniques, les américains, on en a mentionné avant.
Speaker: Mais les calculateurs, les machines qui faisaient juste des calculs, qu'on ne pouvait pas encore parler d'ordinateur parce que c'était vraiment juste une machine à calculer qui faisait une tâche très précise.
Speaker: Comme la méga grosse calculatrice.
Speaker: Ouais, ses ancêtres de ça.
Speaker: Les premiers calculateurs, c'était dans les sous-marins.
Speaker: Et on trouve des ancêtres de ce plan.
Speaker: La seconde guerre mondiale, c'était beaucoup utilisé parce que ça permettait de calculer les trajectoires des torpilles.
Speaker: Comment tu tires sur un sous-marin qui se déplace quand toi aussi tu te déplaces avec une torpille qui part que en ligne droite et que tu vas pas dans des trajectoires différentes t'avais des ordinateurs pour calculer ça Ouais parce que les sous-marins étaient dans des inerties très précises tu pouvais pas juste jouer des trucs C'est ça et si genre moi je vais tout droit et que je veux viser sur un gars qui est à une trajectoire à 42 degrés de moi t'as une haute vitesse Mais ça c'était dans le film le
Speaker: chant du loup je crois je trouvais ça impressionnant la tension que ça mettait tu voyais les méga gros sous-marins qui se déplacent lentement la torpille qui frôle à côté en mode tourner le virage c'était vraiment intense très bon film non vraiment oui je recommande aussi et ouais avec la seconde guerre mondiale
Speaker: Parce que, visiblement, les gentils ont gagné dans l'histoire.
Speaker: Enfin, le capitalisme a gagné.
Speaker: On a eu les ordinateurs pendant la guerre.
Speaker: Les Britanniques, ils nous ont fait le Colossus, on en a parlé.
Speaker: Les Américains, ils ont fait « Nous aussi, on veut en faire ».
Speaker: Ils ont fait l'Eniac, premier vrai gros ordinateur général.
Speaker: L'Eniac, c'était un mastodonte, ça faisait la tête de l'appart.
Speaker: Énorme machin.
Speaker: Hum...
Speaker: On a les ordinateurs.
Speaker: On va faire un petit topo sur les ordinateurs tout de suite pour arriver où on en est, parce que Internet, aujourd'hui, c'est de l'informatique.
Speaker: Donc, si on ne parle pas un peu d'informatique, on ne va pas pouvoir avancer.
Speaker: Il nous faut le matériel.
Speaker: Il nous faut le matériel.
Speaker: Tant qu'on n'a pas le matériel, on ne peut pas aller au next step, en fait.
Speaker: C'est ça, parce que le système d'Oding, il y a vraiment cette idée de mise en réseau, mise en commun des informations via un réseau, le téléphone, qui est vraiment structuré, tu vois.
Speaker: Mais ça reste des humains.
Speaker: C'est des humains qui appellent des humains.
Speaker: Et maintenant qu'on a les ordinateurs, on veut faire des choses.
Speaker: Mais les ordinateurs, tu sais, c'est encore le début.
Speaker: Et on commence à avoir des problèmes avec les ordinateurs, notamment parce que nos ordinateurs, ils sont énormes.
Speaker: Ils font une tâche à la fois.
Speaker: Ils sont monotâches.
Speaker: Tu lui donnes un programme, il va prendre le programme, il va dire, ok, je te le fais le plus vite que je peux.
Speaker: C'est des affaires de CPU, ça?
Speaker: Ah bah, oui, à l'époque, oui.
Speaker: C'est ça.
Speaker: En mode un seul truc, là.
Speaker: Bah, à l'époque, c'est des machines énormes.
Speaker: Tu sais, t'as genre 17 unités de calcul code-code reliées entre elles, mais ça, c'est...
Speaker: C'est pas aussi rapide qu'aujourd'hui, puis à ce moment-là, dans les années 50, on n'a pas encore le transistor.
Speaker: Donc c'est des lampes à vide, c'est des ampoules qui chauffent, qu'il faut remplacer, ça tombe en panne.
Speaker: T'as beaucoup de problèmes à ce niveau-là.
Speaker: Mais quand ça fonctionne, ça fonctionne quand même bien.
Speaker: C'est lent par rapport à nos standards d'aujourd'hui.
Speaker: Un programme de traitement de genre, ok, traite-moi la paye de tous mes employés, j'en ai 10 000, ça peut prendre plusieurs heures à tourner.
Speaker: Tu vas pour te sortir combien tu vas devoir les payer?
Speaker: Est-ce qu'à ce moment là on est déjà dans l'utilisation du truc pour ces affaires là ou est-ce qu'on est dans un frein de ça coûte vraiment trop cher ou est-ce que c'est vraiment que du budget recherche et développement qui a l'air de partir dans... On commence à l'utiliser mais c'est vraiment pour les grosses grosses grosses institutions.
Speaker: Ça va être les gouvernements qui vont commencer à mettre de l'argent dedans ou les très grosses entreprises.
Speaker: Et ils vont avoir des retombées directes sur l'utilisation en mode ah oui c'est intéressant même si c'est très gros.
Speaker: Alors oui, mais pas forcément en termes de réduction de coût.
Speaker: Parce que généralement, comment ces ordinateurs étaient vendus, les mainframes à l'époque, dans les années 60 et tout ça, et même dans les années 70, c'était, t'achètes ta mainframe, tu peux virer 200 personnes.
Speaker: T'as plus besoin de ces 200 comptables à faire le calcul pour toi.
Speaker: Mais écoute, t'as pas un coût bénéfique, mais t'as un coût, c'est moins dur?
Speaker: Mais en fait le trick c'est que oui tu as viré tes 200 comptables mais à côté de ça tu as embauché 200 petites mains pour préparer les cartes avec les programmes et les données pour que les ordinateurs puissent faire des choses et pour ensuite récupérer ces informations et faire autre chose avec.
Speaker: Ça devait être quelque chose le taf de ces gens au jour le jour de voir les trucs de manipuler des objets tellement archaïques maintenant qu'on n'a aucun sens.
Speaker: Puis ces ordinateurs ils tombent en panne.
Speaker: les opérateurs ils sont constamment avec des blouses de laboratoire en train d'ouvrir la machine pour remplacer les ampoules, réparer, regresser et vu qu'à l'époque t'as que 4 experts qui devaient faire la chose ça devait coûter le bras et tout oui mais à l'époque la technologie est beaucoup moins compliquée et on peut quand même appeler les employés de ces entreprises apprennent à manipuler ces machines il y a quand même une transmission plus directe de l'apprentissage de la réparation de la machine mais en même temps c'est essentiel c'est surtout notamment des femmes à l'époque
Speaker: Parce que maintenant qu'on a viré les comptables, on va embaucher à pas cher.
Speaker: À l'époque, qu'est-ce qui coûte pas cher?
Speaker: C'est les femmes.
Speaker: On embauche des femmes à pas cher.
Speaker: Mais c'est des femmes qui se retrouvent à puncher les cartes, et qui deviennent des dactylographes assez incroyables, parce que tu tapes au clavier, et le clavier fait des trous dans les cartes.
Speaker: ou elles deviennent opératrices de machines et là tu les vois les manches retroussées et qui sont en train de réparer la machine elles sont en train de faire de la mécanique on a un peu ce truc de les femmes c'est les secrétaires dans les bureaux non non elles sont en train de réparer les machines et les faire tourner c'est un métier quand même très dur et elles vont pas tellement recevoir la reconnaissance qu'A2 auraient mérité à l'époque
Speaker: Je mettrai en référence les liens vers un livre qui parle de la place des femmes dans l'informatique au Royaume-Uni des années 50 jusqu'aux années 80-90.
Speaker: Et c'est tout aussi intéressant qu'édifiant dans le traitement qui va leur être réservé par rapport à ça.
Speaker: Parce qu'au début, on va seulement accepter d'embaucher des femmes parce que c'est pas cher et qu'on voit pas travailler sur une machine comme un travail un peu dégradant.
Speaker: Ouais, toujours ce truc de valeur à travers le genre et le patriarcat.
Speaker: Et dès qu'on va se rendre compte en fait que les machines, c'est pas juste une manière de couper des frais, mais c'est aussi une manière de générer une valeur supplémentaire qui n'aurait pas été possible autrement, d'un seul coup on va chercher à les remplacer par des hommes.
Speaker: et ça va arriver très très vite mais en vrai c'est un sujet en tant que tel qui je pense serait super intéressant qu'on en parle plus en détail parce qu'il y a tellement de choses à dire et c'est tellement indifiant ça ferait un parcours différent de choses à dire vraiment sous un prisme particulier qui va connecter des choses entre elles en mode bah non du coup il y a ces femmes qui se sont mises à travailler et ça engendrait plein de choses autre part et c'est une mécanique ouais
Speaker: Exactement.
Speaker: Mais du coup, on en est là, on est dans les années 50.
Speaker: Tu vois, ce que je te disais, c'est que pour qu'un programme tourne sur une machine, il faut préparer le programme à l'avance.
Speaker: Il faut préparer les données, il faut préparer le programme en tant que tel.
Speaker: Donc, des fois, il faut perforer des cartes.
Speaker: Des fois, il faut mettre les données sur des bandes magnétiques.
Speaker: Il y a beaucoup de travail en amont.
Speaker: Ça met du temps de faire un modèle précis.
Speaker: Et ce qui se passe, c'est que les machines vont quand même travailler de plus en plus vite.
Speaker: Et on se retrouve à passer plus de temps à préparer les programmes
Speaker: qui vont passer le temps à être moulinés par la machine.
Speaker: Et le problème qu'on va avoir, c'est qu'à un moment, les machines vont plus vite que notre capacité à leur donner du travail.
Speaker: Du coup, c'est des machines qui coûtent extrêmement cher.
Speaker: Et on se retrouve des fois à les sous-utiliser.
Speaker: Et on va commencer à essayer de trouver une manière d'optimiser notre utilisation des machines.
Speaker: Parce que si tu as un super ordinateur qui t'a coûté une fortune, qui consomme autant d'électricité que le Nevada pour rester allumé, tu n'as pas envie qu'il reste allumé pour rien.
Speaker: Tu veux qu'il soit constamment en train de tourner.
Speaker: Et du coup, on va essayer de trouver une manière que les programmes s'enchaînent tout seuls.
Speaker: On prépare nos programmes à l'avance, puis dès que l'ordinateur en a fini un, il exécute le suivant tout de suite.
Speaker: Et il ne s'arrête pas, et il n'attend pas qu'un opérateur retire les cartes du premier, mette les cartes du suivant, mette les bobines du suivant, et démarre.
Speaker: on va appeler ça le traitement par lot.
Speaker: Tu donnes un lot de programmes à la machine avec les données, et la machine va tous les exécuter les uns après les autres.
Speaker: Et en fait, pour ça, il faut que la machine soit capable d'elle-même de passer de l'un à l'autre.
Speaker: Parce que tu ne sais pas juste mettre les cartes à la suite, parce que tu veux quand même qu'il y ait des différences dans le papier pour que si ça te fait des listes d'employés, que tu saches quand finit la première liste d'employés et que commence la suivante, des choses comme ça.
Speaker: Et ces programmes, ça te va devenir des programmes, le traitement par l'eau.
Speaker: En fait, tu vas avoir un programme qui est en charge d'exécuter les autres programmes dans l'ordre et de gérer les transitions.
Speaker: Et en fait un programme qui exécute des programmes.
Speaker: Qui peut se regarder et analyser là où on en est dans les tâches, dans les trucs.
Speaker: Exactement.
Speaker: Et ça en fait c'est les ancêtres de nos systèmes d'exploitation.
Speaker: Quand avant la machine faisait une chose à la fois et quand elle a rien, elle est vide.
Speaker: Là d'un seul coup t'as un programme qui gère d'autres programmes.
Speaker: Et si on extrapole ça aujourd'hui, ce qui n'était pas possible à l'époque, mais un programme pourrait gérer un autre programme qui pourrait gérer un autre programme.
Speaker: Elles n'avaient pas de cerveau pour s'organiser, c'est leur tâche.
Speaker: La tâche de la machine et son fonctionnement.
Speaker: C'est vraiment la machine, tu fais la manivelle.
Speaker: C'est l'interface quoi.
Speaker: Il fallait designer l'interface.
Speaker: Ce n'est pas encore une interface.
Speaker: L'humain n'interagit pas.
Speaker: C'est juste que c'est un programme qui tourne en parallèle des autres programmes.
Speaker: Une sorte d'interface autonome qui puisse faire plusieurs actions.
Speaker: Oui, c'est un peu ça.
Speaker: la machine exécute le programme et en fait ce programme en lui-même exécute un autre.
Speaker: Et ça, ça va quand même pas mal aider à améliorer la performance des machines.
Speaker: À l'époque, on appelle ces programmes des moniteurs.
Speaker: Parce qu'en fait, ils moniteurent s'il se passe sur la machine et quand c'est vide, on met le programme suivant.
Speaker: Et en fait, en anglais, ça s'appelle des batchs, les lots.
Speaker: Et aujourd'hui, quand on dit, c'est encore utilisé dans toutes les industries qui fonctionnent sur vieux systèmes, les banques, les assurances, les compagnies aériennes qui tournent encore sur des mainframes aujourd'hui.
Speaker: Elles ont encore des systèmes de traitement par batch, des traitements par lot.
Speaker: Là on est dans les années 50 On est encore en train de dealer avec ça aujourd'hui Waouh Et à partir du moment où on arrive avec ces machines Qui sont capables d'avoir des moniteurs Et de travailler par l'eau On arrive dans ce qu'on appelle la seconde génération des ordinateurs Genre gros step up Mais on reste toujours dans Une machine toute seule dans une pièce Et des humains qui lui apportent du travail Et ça va pas plus loin Parce qu'en fait une fois que t'as donné les cartes à la machine La machine a travaillé toute seule, t'as rien à toucher
Speaker: Et une fois qu'elle a fini, tu prends le machin.
Speaker: Mais la machine, tu n'as pas à interagir avec elle pendant qu'elle travaille.
Speaker: Et à un moment, on se dit, au MIT, ils se disent, parce qu'au MIT, à ce moment-là, on a déjà des questions d'intelligence artificielle.
Speaker: Parce qu'à l'époque, une machine qui est capable de se corriger elle-même dans une addition, on considère déjà que c'est d'intelligence artificielle.
Speaker: Ok, intéressant.
Speaker: Les standards sont très très bas à l'époque.
Speaker: Alors...
Speaker: Ah, c'est intéressant.
Speaker: Les scientifiques sont très avancés, aucune critique sur le travail des scientifiques, mais on parle d'intelligence artificielle au niveau des ordinateurs pour des choses extrêmement basiques aujourd'hui.
Speaker: C'est intéressant qu'il y ait déjà ce jargon et déjà ce mot très très tôt, parce que moi, je suis vraiment, comme on disait tantôt là, à parler des IA, mais un oiseau, c'est un fonctionnement très simple, maintenant, on serait capable de, enfin, je dis à oiseau, insérer n'importe quel animal un peu simple qui vous passe par la tête.
Speaker: Donc les oiseaux sont simples pour toi.
Speaker: Je pense qu'ils sont très faciles.
Speaker: Le champ d'un oiseau est d'une complexité.
Speaker: Mais en tout cas, je veux dire, on pourrait faire des entités qui auraient une existence relativement simple et à quel moment on dirait que c'est de la vie ou pas.
Speaker: Et de savoir que dès le début, d'avoir un truc qui peut faire un plus un tout seul, qu'il soit déjà dans le questionnement de « c'est une dinguerie ».
Speaker: Et déjà dans la réflexion de l'intelligence artificielle, je trouve ça magnifique.
Speaker: Et à ce moment-là, au MIT, on est en 58.
Speaker: Et à MIT, ils se disent
Speaker: Si on branchait un clavier à la machine, et si par exemple pendant que la machine exécute un programme, il lui manque une information, elle pourrait la demander à l'opérateur et l'opérateur pourrait répondre par le clavier.
Speaker: En mode, c'est pas juste tu mets le programme, c'est une boîte noire, ça te sort un résultat.
Speaker: Pendant qu'elle s'exécute, d'un seul coup la machine elle dit il me manque une info, c'est quoi?
Speaker: Et toi tu pourrais la taper au clavier.
Speaker: Là on parle d'intelligence artificielle parce qu'on pense que la machine du coup comprendrait d'elle-même.
Speaker: Elle réagit avec le monde.
Speaker: Elle réagit.
Speaker: aujourd'hui on comprend bien que bah en fait on code et t'as une condition qui dit que est-ce que j'ai cette information oui non ok demander à l'opérateur mais on est quand même dans cette idée et le clavier à la machine ça va donner des idées à tout le monde les gens vont se dire mais c'est bah ouais en fait pourquoi on pourrait pas directement et tout le monde va construire des nouveaux outils de nouvelles choses j'y vais vite je vais trop vite déjà à cette époque là doit y avoir 15 machines dans le monde c'est quand même très limité peut-être un peu plus là j'exagère 58 y en a quand même beaucoup plus
Speaker: Mais c'est quand même très limité parce que c'est les universités, les gouvernements, les grosses entreprises.
Speaker: Ça reste quand même un milieu très éduqué et ou très industriel.
Speaker: Puis il va être un peu émerveillé les gens qui avaient l'occasion d'être face en mode à savoir le privilège et l'exclusivité de c'est tellement dur, il y en a tellement peu.
Speaker: Puis c'est un domaine qui est complètement nouveau.
Speaker: Ouais, méga niche.
Speaker: Et vraiment, les universités, dans les universités, vont s'éclater.
Speaker: Ils vont vraiment explorer plein plein plein de choses.
Speaker: On va vraiment voir beaucoup.
Speaker: Jusqu'à faire des petits vaisseaux spatiaux qui se déplacent en pixels et qui se tirent dessus.
Speaker: Et ça va arriver.
Speaker: Les gens vont vraiment essayer plein de choses.
Speaker: Dans les universités, ils vont créer plein d'idées.
Speaker: Parce qu'ils vont tous essayer des choses.
Speaker: Et les bases de l'informatique d'aujourd'hui, ça va sortir des 10 prochaines années qu'on va voir.
Speaker: Et ça va être très intéressant ce qui va se passer.
Speaker: Mais du coup, le coup du clavier au MIT, c'est le premier exemple d'interactivité.
Speaker: Parce que la seule interaction avec la machine, c'est lui donner des cartes ou retirer les données de finale.
Speaker: Et là, d'un seul coup, tu peux...
Speaker: interagir avec la machine pendant qu'elle tourne alors qu'avant une fois qu'elle était lancée elle était lancée et ça déjà ça va ok ça devient intéressant et surtout on se dit si par exemple la machine pendant qu'elle exécute un programme elle utilise 95% de ses ressources ces 5 derniers pourcents ça pourrait être cool si on pouvait lui lancer des tout petits programmes à exécuter
Speaker: genre j'ai une liste de 200 valeurs j'ai une équation à faire est-ce que tu peux me la placer sur toutes ces valeurs c'est pas un truc qui est très compliqué pour la machine est-ce que tu pourrais me la faire rapidement et du coup on se dit ça pourrait être cool que la machine puisse exécuter un programme mais aussi d'autres petits programmes en même temps qu'elle fasse plusieurs tâches en même temps qu'elle soit multitâches et à l'époque on parle de partage du temps d'utilisation de la machine parce que la machine elle a du temps de fonctionnement
Speaker: et on va voir si on ne peut pas le partager entre plusieurs programmes, ce temps de fonctionnement.
Speaker: Et donc ça implique l'interactivité qui arrive et le partage du temps.
Speaker: Et après, le fait d'avoir des programmes qui interagissent entre eux aussi, ça crée beaucoup de champs possibles.
Speaker: Ouais, on n'y réfléchit pas trop encore à ça.
Speaker: Ou alors, la seule interaction, c'est quelqu'un qui réfléchit, le programme suivant le prend.
Speaker: Quel est leur intérêt concret direct à avoir des programmes qui taffent en parallèle?
Speaker: Parce que même le 5%, ils sont en mode, est-ce que c'est vraiment là qu'on veut chercher l'optimisation pour aller plus loin dans ce pattern?
Speaker: À l'époque, une machine, ça coûte 200 millions de dollars.
Speaker: Ouais, ils veulent tout grailler.
Speaker: Ils veulent ronger l'os, ouais, bien sûr.
Speaker: Ça coûte tellement cher que c'est pas envisageable, en fait, de l'avoir dans un coin qui fait rien.
Speaker: Et puis, il y a ce problème aussi avec... On veut farmer du Bitcoin dès le début, quoi.
Speaker: Dès le début.
Speaker: Ils savaient que ça allait arriver, ils s'étaient dit, OK.
Speaker: Non, mais c'est ce truc aussi qu'à cette époque-là, les machines, c'est des ampoules à vide.
Speaker: Et les ampoules à vide, elles aiment pas être allumées, elles aiment pas être étentes.
Speaker: Mais elles aiment bien rester dans le même état.
Speaker: Et du coup, une fois qu'elles sont allumées, t'as pas envie de les éteindre.
Speaker: Donc tant que la machine fonctionne, tu prolonges ta durée de vie un peu.
Speaker: Alors si tu l'éteins, la rallume toutes les deux heures, elle n'aime pas du tout.
Speaker: Ouais, c'est marrant parce que je repense à ce truc un peu... Ce mythe, je me souviens au collège, j'étais jeune, appréhension des machines, des PC, et puis j'avais entendu le truc de plus tu l'allumes et tu l'éteins, plus tu uses ta machine.
Speaker: Mais je me suis toujours dit, est-ce que c'est vrai?
Speaker: Aujourd'hui, je pense pas que ce soit très vrai.
Speaker: Mais ça, c'est un héritage de ce que tu dis là?
Speaker: Ouais, ouais.
Speaker: C'est comme quand on dit, tu viens de recevoir un nouvel appareil à batterie, tu le décharges complètement, tu le recharges complètement.
Speaker: Ouais.
Speaker: Ça, c'est un reste des batteries au nickel.
Speaker: Aujourd'hui, les batteries au lithium, elles n'aiment pas du tout ça.
Speaker: Les batteries au lithium, elles sont bien entre 20 et 80%.
Speaker: Ouais, du coup, il faut essayer de jouer dans... Et c'est ça.
Speaker: La décharger complètement et la recharger complètement, c'est pas un truc qu'elles aiment, en fait.
Speaker: Mais c'est un reste des vieilles technologies.
Speaker: Ouais, ok, ok.
Speaker: Et les machines, tu vois, pendant la guerre, compliquées, les années 50, on avance, on avance, on avance, on veut en tirer la meilleure partie possible.
Speaker: Et tu sais ce que c'est la meilleure manière d'utiliser des machines informatiques?
Speaker: C'est l'armée.
Speaker: Ah, j'allais dire un autre truc.
Speaker: Ah ouais, tu as des idées plus... Bah ouais, le porn.
Speaker: Je sais pas, c'est Internet.
Speaker: J'étais déjà dans les années futures, là.
Speaker: Mais ouais, ouais.
Speaker: J'étais déjà dans... Ça va arriver.
Speaker: Ça va arriver très vite.
Speaker: J'ai envie de pas penser à la guerre.
Speaker: J'ai envie de pas penser à la guerre.
Speaker: Je me dis, qu'est-ce qui peut être le plus intéressant?
Speaker: Mais tu veux tout pardonner de pas vouloir y penser.
Speaker: J'aurais dû dire l'art, pardon.
Speaker: Bah oui, l'art.
Speaker: L'art, Benoît.
Speaker: Voyons.
Speaker: Remettons ça au centre.
Speaker: mais non on va arriver toujours dans les années 50 là tu vois on était monté jusqu'à 58 et en plus après on va arriver dans les enjeux de guerre froide et puis tout ça là on est en plein dedans c'est de ça dont on va parler là tout de suite parce que années 50 c'est déjà la guerre froide ça a bien stimulé la technologie et l'avancé
Speaker: Puis là, on est avant la crise des missiles de Cuba.
Speaker: Donc là, la tension nucléaire, elle est super haute déjà, parce qu'elle va finir par se calmer après.
Speaker: La fameuse horloge.
Speaker: Oui, c'est l'horloge de l'apocalypse.
Speaker: On apprend aux enfants à l'école, aux US, que si un alerte à la bombe, il faut se mettre à genoux sous ton bureau.
Speaker: Et puis, on fait des entraînements.
Speaker: Toute une génération traumatisée, tu crées Doc and Cover aujourd'hui dans une maison du 3ème âge aux US, je pense qu'il y a la moitié qui finit par terre.
Speaker: C'est quand même une génération, ça a été intense.
Speaker: Ils ont grandi dans la peur de l'arme atomique.
Speaker: Et là, les années 50, on est à fond là-dedans.
Speaker: Et l'armée américaine, ils n'en peuvent plus.
Speaker: C'est trop bien, ils ont tout le budget qu'ils veulent.
Speaker: Et tu vois, les Américains, ils ont peur des Russes.
Speaker: C'est un peu la définition de l'Américain, c'est qu'il a peur des Russes.
Speaker: Et il a vu ce qu'ont fait les Britanniques.
Speaker: Le système d'Oding, ils l'ont vu.
Speaker: C'est quand même pas pire.
Speaker: Parce que nous, les US, au-dessus, c'est le Canada.
Speaker: Bon, ils sont pas méchants, ça va.
Speaker: Au sud, c'est le Mexique.
Speaker: On se fight un peu, mais ça va.
Speaker: Le problème, c'est qu'on a toute la côte Est avec l'Atlantique.
Speaker: Et on a toute la côte ouest avec le Pacifique quand même pas loin des russes.
Speaker: Et ça fait quand même beaucoup de côtes à surveiller pour être protégés.
Speaker: Les américains sont partis dans un délire impérialiste énorme avec un pays méga gros qui a 1000 états dedans.
Speaker: Et là on veut foutre le drapeau américain partout comme des conquérants.
Speaker: C'est cringe de fou.
Speaker: Ils partent dans un délire déjà.
Speaker: Leur projet est compliqué.
Speaker: Et ils l'ont trop fait sérieusement, peut-être.
Speaker: On va arriver dedans.
Speaker: Et ce qui est compliqué aussi, c'est que, tu vois, quand les Britanniques, ils avaient le radar, tu vois, les avions de l'ARF à l'époque, ça volait à 400 km heure.
Speaker: C'est rapide, mais sur des longues distances, on peut s'en sortir, tu vois, pour anticiper.
Speaker: Là, à cette époque-là, on a les bombardiers de jet maintenant.
Speaker: Tu vois Et les bombardiers de jets C'est 970 km heure Wow C'est plus de deux fois plus rapide Ça va hyper vite Ça va très très vite Et quand l'avion Il arrive deux fois plus vite T'as beau deux fois moins de temps Pour te préparer Ouais Donc ils nous font Un système C'est beaucoup différent Tu vois Et du coup Tu vois le système d'Oding On a entre l'observation Et l'arrivée sur la carte Où les décisions étaient prises Tu vois la table Où les décisions étaient prises On avait à peu près 5 minutes Tu vois
Speaker: Là, 5 minutes, ce n'est pas possible.
Speaker: Si il y a un avion qui décolle de Russie, tu as un bombardier qui passe par l'Alaska, qui redescend sur le Canada pour aller vers les US, 5 minutes, c'est énorme comme temps.
Speaker: On a besoin d'avoir ce temps.
Speaker: Et du coup, la structure du système de ligne, de l'observation...
Speaker: du filtrage et ensuite de la centralisation des informations ça on aime bien cette structure parce qu'elle a fait sens elle marche bien mais on va retirer les humains exactement parce que maintenant on a l'informatique les humains ils sont lents et ils font des erreurs et en plus ils font des erreurs et pire ça pourrait être des agents doubles et ça on peut pas se le permettre
Speaker: Et du coup les américains ils veulent comme le système d'Oding Mais en mieux Genre en américain Parce que le système d'Oding c'est quand même trop de monde Parce que 30 000 pélos répartis dans tout le pays Pour faire les observations pour le royaume uni T'imagines combien ça fait aux US avec les deux côtes C'est trop lent Les 100 000 unitons on en a parlé Et les US sont beaucoup trop gros en fait Pour un système avec autant de monde Et du coup ils ont une idée La première c'est on va mettre des radars partout Sur les côtes Alors qu'ils auraient pu se dire on évite de faire la guerre
Speaker: On met où l'argent du coup?
Speaker: Qu'est-ce que j'en fais de mes tanks?
Speaker: On évite dans une position où les gens veulent tuer nos populations.
Speaker: Regarde toutes mes belles bombes, je ne vais pas les laisser dans un hangar.
Speaker: On ne va pas comprendre.
Speaker: Arrêtons de comprendre, mettons la sécurité avant tout.
Speaker: Il faut qu'on soit prêts.
Speaker: Imagine le socialisme.
Speaker: Et du coup ils vont installer des radars partout dans le pays Parce que maintenant les radars on arrive quand même un peu à les faire fonctionner sur Terre Donc c'est quand même cool Donc on va mettre plein de radars partout aux US Sur les côtes, dans les terres On va en mettre en Alaska, on va en mettre quelques-uns au Canada aussi Parce que le Canada c'est des radars, qu'est-ce qu'on s'en fout Puis ça fait aussi un peu de défense pour eux Et on va décider que ce seraient des ordinateurs Qui vont tout centraliser Les radars vont transmettre leurs informations directement à des ordinateurs
Speaker: Les ordinateurs vont traiter ces informations et vont générer eux-mêmes les cartes.
Speaker: Et à la fin, on n'a plus qu'à avoir des humains pour prendre la décision par rapport à ça.
Speaker: Et du coup, c'est quand même une grosse, grosse step up.
Speaker: Ouais parce que du coup les humains ils sont que dans la station de contrôle qui rassemble tout c'est ça?
Speaker: C'est ça et du coup le territoire nord américain va être divisé en une dix quinzaines de centres et du coup chacun est responsable de sa région.
Speaker: Puis ils communiquent un peu entre eux mais du coup on recentralise comme ça par morceau on arrive à avoir une belle couverture et ça marche.
Speaker: Donc les américains ils vont investir des millions et des milliards là dedans parce que il faut un ordinateur qui soit suffisamment puissant pour interpréter les données des radars.
Speaker: Les rassembler Et retirer les doulons Retirer le bruit Déterminer qui sont des alliés Qui sont des ennemis Et générer une carte par rapport à ça Et là c'est toujours les années 50 Donc les ordinateurs ça reste des trucs à lampe à vide Donc ça peut tomber en panne Donc il faut aussi un ordinateur qui soit capable de résister A ce genre de panne Et qui soit toujours fonctionnel
Speaker: Donc les US vont contracter IBM pour faire ça.
Speaker: Parce que IBM, International Business Machine, ils font déjà de l'ordinateur, ils font déjà de la mainframe.
Speaker: C'est le top 1 qui fait ça.
Speaker: C'est eux qui ont commencé aux US, c'est eux qui font ça en gros, ils font ça bien.
Speaker: Et du coup, ils se font contracter.
Speaker: Ils vont développer un ordinateur spécifiquement pour ça.
Speaker: qui s'appelle le ANFSQ7 voilà j'ai mis l'acronyme qu'est-ce qu'il veut dire en fait on s'en fiche le ANFSQ7 c'est un beau bébé tu vois les US ils avaient fait le premier super ordinateur général tu peux faire tourner n'importe quel type de programme dessus ça s'appelait l'ENIAC à la fin de la guerre c'était 18 000 triodes
Speaker: 7200 diodes, 1500 relais, 70 000 résistances électriques.
Speaker: Ça consommait 150 kilowatts d'électricité.
Speaker: Le ANFSQ7, c'est pas 18 000 triodes, c'est 60 000 triodes.
Speaker: C'est 3 mégawatts d'électricité consommée.
Speaker: Waouh.
Speaker: Et en fait, ce n'est pas un ordinateur, c'est deux ordinateurs en un.
Speaker: 3 MW, c'est énorme, non?
Speaker: C'est énorme.
Speaker: Ça représente quoi?
Speaker: Une petite ville.
Speaker: Wow, ok.
Speaker: Et c'est deux ordinateurs en un, en fait.
Speaker: Parce que comme ça, quand il y en a un qui tombe en panne, l'autre prend le relais et on a le temps de réparer le premier avant que le suivant tombe en panne.
Speaker: Il va y en avoir 24 de commandés.
Speaker: À 18 millions de dollars de l'époque, la pièce.
Speaker: Donc 191 millions de dollars l'unité aujourd'hui.
Speaker: Il va y en avoir 24 de commandés.
Speaker: Je crois qu'il y en aura 56 installés, un truc comme ça.
Speaker: Gros, gros morceau.
Speaker: Ça va rentrer en fonctionnement en 1958.
Speaker: Et en fait, tous ces ordinateurs
Speaker: Ils communiquent par ce qu'on appelle à l'époque des lignes téléphoniques automatiques.
Speaker: En fait, c'est juste qu'on a placé des lignes téléphoniques spécifiquement pour ça.
Speaker: Ça reste des câbles de cuivre comme des lignes téléphoniques.
Speaker: Mais c'est les ordinateurs qui parlent entre eux-dessus.
Speaker: Il n'y a pas d'humains qui parlent sur ces lignes.
Speaker: Est-ce que ce n'est pas le début des câbles Internet un peu?
Speaker: C'est l'idée.
Speaker: On n'est pas encore sur une idée de réseau.
Speaker: dans le sens où c'est pas un réseau général c'est un réseau qui sert spécifiquement à ça mais c'est clairement un réseau qui devient autonome déjà mais là c'est quand même un réseau très hiérarchisé c'est les radars qui communiquent au premier truc de fil qui communiquent au centre ça va que dans un sens l'information remonte jusqu'au poste de décision
Speaker: On crée des nerfs finalement.
Speaker: Exactement.
Speaker: Des nerfs dans le pays.
Speaker: Et ça reprend la même structure que le système de lignes.
Speaker: Et ça marche avec toutes ces lignes de téléphone automatiques.
Speaker: Mais pour transmettre l'information, parce que on avait vu avec le Bellinograph qu'on sait déjà utiliser des lignes téléphoniques, donc des câbles de cuivre, pour envoyer autre chose que de la voix.
Speaker: Mais on n'avait jamais trouvé une manière de le faire systématiquement, qui marche pour toutes les situations.
Speaker: Et cette manière, c'est Bell, la compagnie de téléphone, qui va la trouver.
Speaker: Parce qu'elle aussi, elle a été contractée par les US.
Speaker: Bell, c'est américain, ça?
Speaker: Ouais.
Speaker: C'est du nom du gars qui a inventé le téléphone.
Speaker: C'est marrant, parce que vu que je le voyais partout ici, je me suis dit, c'est peut-être canadien, mais... En fait, ça a fait des bébés partout.
Speaker: Parce qu'en fait, Bell, ils ont créé des compagnies quasiment dans tous les pays du monde.
Speaker: C'est comme la peste, c'est répliqué super vite.
Speaker: Et on est tous encore en train de subir les conséquences.
Speaker: parce que IBM a été pris pour les ordinateurs mais pour la communication c'est Bell qui a été contracté et Bell on leur a demandé ok faites nous une machine qui est capable de prendre un signal d'ordinateur et le mettre sur un câble de téléphone il faudrait que ce signal est le plus vite possible idéalement qu'on puisse le moduler
Speaker: du signal discret de l'informatique au signal continu du câble de téléphone.
Speaker: Et il faudra aussi que la machine puisse faire l'inverse.
Speaker: Qu'elle puisse prendre le signal continu du téléphone et le démoduler.
Speaker: Et c'est là que vont venir les mémoires cache?
Speaker: Non, non, non.
Speaker: D'une forme.
Speaker: D'une forme, mais ce n'est pas de ça dont on parle là pour le coup.
Speaker: C'est plus qu'une machine est capable de moduler et de démoduler
Speaker: C'est un modem.
Speaker: OK.
Speaker: Modulateur-démodulateur.
Speaker: Modulateur-démodulateur.
Speaker: Parce qu'il est capable de transformer un signal d'un système physique à un autre système physique.
Speaker: Ici, du système binaire discret au système continu électrique.
Speaker: OK.
Speaker: Et...
Speaker: Et ça, c'est le modem.
Speaker: Ça se représenterait comment?
Speaker: Je ne suis pas sûr d'avoir compris ce que c'est la forme d'un discret versus continue.
Speaker: Continue, c'est que c'est toujours ouvert, ça peut recevoir et envoyer constamment, c'est ça?
Speaker: Alors, pas exactement.
Speaker: C'est qu'en informatique, le signal, on dit qu'il est discret parce qu'il ne peut contenir que deux valeurs.
Speaker: Un ou zéro.
Speaker: Généralement, c'est...
Speaker: On va simplifier, c'est 1 ou 0.
Speaker: Et le continu, c'est plus analogique.
Speaker: Et le continu, c'est analogique.
Speaker: C'est-à-dire que tu vois, le signal audio, tu ne regardes pas juste les pointes du signal audio en haut et en bas.
Speaker: Tu regardes aussi toute la courbe qui monte et qui descend.
Speaker: Tout ça, c'est des valeurs.
Speaker: Et c'est là qu'il y a fourrier dans le lot?
Speaker: Oui.
Speaker: Les techniques d'analyse du signal, je ne sais pas quoi.
Speaker: Il n'arrive pas là, mais oui, il est là en parallèle.
Speaker: C'est marrant, en discutant, j'étais en mode, attends, est-ce que c'est un truc que j'ai déjà entendu dans des cours il y a vraiment longtemps?
Speaker: Ou est-ce que c'est... Peut-être, je ne sais pas.
Speaker: L'analyse du signal comme ça, ça a aussi beaucoup... C'est pas loin.
Speaker: C'est pas loin.
Speaker: Ça a quand même pas mal arrivé aussi avec tous les signaux de transmission sans fil, les signaux radio, parce que juste envoyer de la voix en signal radio, c'est pas très fonctionnel.
Speaker: Le signal a tendance à se désagréger très vite.
Speaker: Donc en fait, ce qui se passe, c'est qu'on va mélanger ta voix avec un signal sinusoïdal.
Speaker: qui est stable et en fait en mélangeant les deux on arrive à avoir un signal qui porte beaucoup plus loin et que même si on récupère avec peu de courant on va quand même être capable de séparer le signal porteur de la voix qui a été mis dedans et du coup c'est de l'analyse du signal c'est du traitement de signal on va pas rentrer dans ces détails ici parce que beaucoup trop de cauchemars
Speaker: C'est d'une abstraction sans nom.
Speaker: Oui, c'est ça.
Speaker: Et ce système-là, on a des modems.
Speaker: Tous les ordinateurs de ce système, que ce soit les grosses mainframes, que les petits ordinateurs reliés aux stations radar, ils communiquent sur ces câbles téléphoniques avec ces modems qui transforment les signaux.
Speaker: Et donc tout ce système, cet ensemble, ça s'appelle le système SAGE, S-A-G-E.
Speaker: Pour semi-automatique, Ground Environment.
Speaker: Donc ça permet d'avoir l'environnement au sol des Etats-Unis de manière semi-automatique.
Speaker: C'est un peu convoluté comme nom, mais c'est ce que ça veut dire.
Speaker: Et c'est surtout que ça marche.
Speaker: Ça marche très très bien.
Speaker: Et il va y avoir d'autres technologies qui vont en sortir, dont on ne parle pas trop ici parce que ce n'est pas le sujet, mais ils vont inventer par exemple les écrans cathodiques tactiles.
Speaker: Enfin, taxiles.
Speaker: toucher l'écran et l'écran sait que tu l'as touché avec un stylet là.
Speaker: Ah ok et c'est la position un peu?
Speaker: Et en fait ouais c'est ça c'est qu'en fait le stylet c'est une diode récéprise de lumière en fait et quand tu la poses sur l'écran cathodique, l'écran cathodique tu sais c'est un laser qui réfraîche toute l'image.
Speaker: Un canon qui pulvérite.
Speaker: C'est un canon électron.
Speaker: Et quand tu mets le stylet sur l'image, quand le canon électron envoie le signal au niveau du stylet, le stylet reçoit l'information que la partie de l'écran qu'il regarde vient d'être réactualisée.
Speaker: Et du coup, ça transmet l'information et l'ordinateur se dit « Ah, il a reçu le signal qu'il réactualisait pendant qu'il réactualisait les coordonnées 12-24.
Speaker: » Donc c'est qu'il appuie sur le bouton « Lancer les missiles ».
Speaker: ça me dit du coup c'est le cas qui a raté couillé la position du bouton et c'est la fréquence de rafraîchissement qui détermine la position ouais aussi dans les cc et en fait pour le malin d'avoir fait ça comme ça c'est ultra sa position et ça marche super bien parce que le temps de latence c'est un rafraîchissement de l'échoir donc c'est pour les us c'est à 20 % il 5 non c'est 30
Speaker: Et analogique du coup comme technique.
Speaker: Et ça marche super bien et ça va arriver là et après dans le contrôleur aérien ils vont les utiliser, c'est un truc qui va arriver à côté et il y a plein de petites technologies qui vont sortir de là.
Speaker: Tout ça pour faire un écran tactile quoi.
Speaker: Ouais.
Speaker: C'est surtout qu'en même temps quand tu mets des milliards de dollars dans un projet, il faut bien que les ingénieurs s'amusent un peu.
Speaker: Si l'écran tactile est simple à faire de manière analogique, pourquoi s'en priver en fait?
Speaker: C'est un peu ça.
Speaker: Vraiment?
Speaker: Mais de ce qui sort réellement de ça, au-delà de la structure et d'utilisation de ça, c'est vraiment le modem.
Speaker: Parce que maintenant, on a une machine qui n'est pas spécifique à une utilisation propre, que ce soit pour l'armée ou quoi, qui permet de prendre un signal d'ordinateur et d'envoyer ça sur un câble de cuivre.
Speaker: Et aussi de faire l'inverse.
Speaker: Et le modem, il fait la taille d'un cabinet.
Speaker: Ça fait 1m20 de haut, ça fait 50 cm de large, 50 cm de profondeur, ça doit peser 220 kg.
Speaker: Mais ça marche.
Speaker: Et ça marche même pas pire.
Speaker: Parce que le modem qui a été créé par Bell pour le système SAGE, il est capable d'envoyer 750 symboles par seconde.
Speaker: Donc si les informations que tu envoies, c'est du texte en ASCII, donc chaque lettre est représentée par 8 bits d'informations, ça veut dire qu'il est capable d'envoyer 750 lettres par seconde.
Speaker: 750 fois 8 bits.
Speaker: C'est une unité qui s'appelle le BAUD.
Speaker: Et ça définit le nombre de symboles par seconde qui est capable de transmettre un modem.
Speaker: Je suis en train d'imaginer la vitesse d'un texte qui défile sur un moniteur à la vitesse de 700 caractères.
Speaker: Je me dis que c'est quand même rapide, ça va.
Speaker: C'est quand même très honnête.
Speaker: Alors ça, c'est les modems qui ont été faits pour le système SAGE.
Speaker: L'année d'après, en 59, Bell met en vente leur modem.
Speaker: Ça s'appelle le Bell 101.
Speaker: C'est le tout premier modem public de commercial de l'histoire.
Speaker: L'année d'après, enfin, deux ou trois ans plus tard, en 62, il va être mis à jour tout de suite.
Speaker: Ça devait venir le Bell 103, le 103.
Speaker: Et du coup, les gens pouvaient se le procurer.
Speaker: À ce moment-là, on pouvait se le procurer.
Speaker: Et du coup, il y avait des gens qui étaient à fond dans ça, les informaticiens à fond qui le prenaient chez eux pour faire des trucs.
Speaker: C'est un peu ça, le début.
Speaker: Les universités, les gouvernements et les grosses entreprises.
Speaker: Oui, ça reste un truc pas du tout accessible à cause du prix.
Speaker: Oui, parce qu'en fait, c'est bien le modem.
Speaker: Je ne sais pas chez quel prix, mais ça coûtait une fortune.
Speaker: Mais surtout qu'il faut l'ordinateur qui va avec.
Speaker: Et en 62, 63, les ordinateurs ne sont pas encore là.
Speaker: Et celui qui est mis en marche, le modem qui est mis en vente, le Bell 103, il transmet à 300 mots par seconde lui quand même.
Speaker: 300 symboles par seconde.
Speaker: C'est bien moins rapide que le système Sage, mais c'est déjà incroyable pour le grand public à l'époque.
Speaker: Et ça va vraiment donner de l'intérêt.
Speaker: Parce que maintenant qu'on peut transmettre facilement de l'information sur les câbles, mais qu'on peut le faire de manière systématique.
Speaker: On a compris comment faire.
Speaker: Maintenant, c'est juste une question de faire des modems plus rapides, moins lourds, moins chers.
Speaker: Mais on a le concept, on a l'idée.
Speaker: On va retomber dans les universités, qui sont toujours dans leur idée de partage de temps.
Speaker: Parce que tu vois, on avait vu qu'en parallèle du système Sage, ils cherchaient à dire comment on optimise au max nos ordinateurs.
Speaker: C'est des recherches qui continuent.
Speaker: Et après, j'imagine que ça va aussi être dans la recherche d'émerger de nouvelles utilisations.
Speaker: Et ça, ça va créer un cycle vertueux de « Ok, on a cette nouvelle utilisation, on crée des machines plus petites, etc.
Speaker: » C'est ça, full.
Speaker: Parce qu'en fait, on va se rendre compte que maintenant qu'on peut facilement transmettre de l'information, on va surtout pouvoir mettre en commun les connaissances, beaucoup plus facilement.
Speaker: Et on va y arriver, on va y arriver à ça.
Speaker: Mais pour mettre en commun les connaissances comme ça, il nous faut quand même des réseaux qui marchent.
Speaker: Pour l'instant, on n'a pas de réseau.
Speaker: Les proto-serveurs bientôt?
Speaker: Oui parce qu'à cette époque là, comment la communauté scientifique échange de l'information?
Speaker: Les gens ils s'envoient des lettres, ils s'appellent par téléphone mais c'est limité.
Speaker: Les bibliothèques?
Speaker: Oui les bibliothèques mais c'est en fait le principal médium de transmission de l'information, c'est les livres et les publications scientifiques.
Speaker: Ça ne va pas plus vite que ça, c'est quand même encore un monde qui est très lent et on va chercher à améliorer ça.
Speaker: Mais à ce moment-là, on n'est pas encore là parce que tu vois, on a le système sage, on voit que l'armée, ils font des trucs, mais on n'a pas encore tout conceptualisé.
Speaker: Mais la notion d'échange de réseau, plutôt de partage d'informations, elle va arriver quand même très vite, mais pas par le chemin auquel on s'y attend.
Speaker: Parce qu'à ce moment-là, ceux qui utilisent les ordinateurs, ils ont toujours ce problème dont on parlait, qui est qu'ils veulent optimiser l'utilisation du système.
Speaker: Et...
Speaker: Et du coup, on veut trouver une manière de permettre facilement à plusieurs personnes d'envoyer des programmes à la machine et que la machine traite les programmes dans l'ordre où elle les reçoit ou dès qu'elle a du temps disponible.
Speaker: On a les systèmes de moniteur dont on avait parlé, mais ça implique quand même que c'est des humains qui feed l'information un à un au début.
Speaker: Maintenant, on veut ne plus avoir un technicien responsable de ça.
Speaker: On veut que le chercheur, le scientifique ou quoi, qui veut faire un calcul, lancer un programme, puisse le faire de lui-même.
Speaker: Et idéalement, on aimerait bien qu'il n'ait pas à se déplacer jusqu'à la machine.
Speaker: Et idéalement on aimerait bien aussi qu'il puisse le faire directement sur sa propre machine, qu'il ait un accès à la machine depuis son bureau.
Speaker: Tu veux dire que vu que les ordi étaient méga gros et en quantité limitée, directement on voulait faire du cloud computing?
Speaker: C'est exactement ça.
Speaker: Incroyable.
Speaker: Mais à l'époque on ne peut pas vraiment faire ça dans le sens où on n'a pas d'ordinateur personnel à l'époque.
Speaker: Parce qu'un ordinateur ça fait la taille d'une pièce.
Speaker: Parce que dès qu'il faut une unité de calcul ça devient délirant.
Speaker: Mais on se dit, tu vois, ça pourrait être intéressant si nos chercheurs, parce que par exemple, là, l'exemple, c'est au MIT.
Speaker: Tu vois, l'MIT, c'est une grosse université, c'est un campus, il y a plein de bâtiments.
Speaker: Et si l'ordinateur, il est dans un bâtiment, un bout du campus, que toi, tu es dans l'autre bâtiment et que tu veux donner un programme, tu prends tes papiers, tu fais tes 15 minutes de marche jusqu'à l'autre bâtiment pour aller vers la machine, pour attendre, espérer qu'il n'y ait pas trop de monde et faire rouler ton programme, tu vois.
Speaker: Mais est-ce qu'il ne les faisait pas?
Speaker: Parce que là, on est en train de parler d'un des premiers sous-réseaux, j'imagine, pour l'utilisation d'un ordinateur au sein de tout un campus.
Speaker: Ouais, un réseau directement, ouais.
Speaker: Mais je veux dire, il ne faisait pas déjà ça pour des impressions, des trucs comme ça, en mode...
Speaker: Parce que je me demande, tu sais, il y a le truc, après c'est une utilisation récente, mais tu sais, d'avoir un photocopieur à un endroit et d'avoir plein d'ordis qui communiquent avec ce photocopieur.
Speaker: Et je me demande si à l'époque, ils avaient déjà ce type d'outil comme ça.
Speaker: Non, parce qu'il n'y avait même pas d'ordinateur personnel à l'époque.
Speaker: Tu veux dupliquer des documents, tu as la photocopieuse dans une pièce, dans un bureau, tu y vas avec tes papiers à la main.
Speaker: Tu sais, dans les bureaux, c'est du papier, des dossiers.
Speaker: Il manque trop d'interface.
Speaker: Il n'y a pas d'ordinateur.
Speaker: Les gens, ils n'ont pas d'écran avec un clavier dans leur bureau.
Speaker: Mais c'est ça l'idée qui va être proposée.
Speaker: Tu as un gars au MIT qui s'appelle Fernando José Corbato, et lui c'est un informaticien.
Speaker: Alors, on va faire un point juste sur le mot informaticien.
Speaker: En anglais, on parle de computer scientist.
Speaker: de scientifique de l'ordinateur.
Speaker: Et en fait, la traduction française, c'est informaticien.
Speaker: Parce que je trouve que le mot informaticien, il transporte mal l'information qui représente, qui est... C'est un scientifique, un informaticien.
Speaker: C'est un chercheur.
Speaker: C'est une personne qui théorise et qui expérimente.
Speaker: C'est pas quelqu'un qui... Genre...
Speaker: Un ou une secrétaire qui travaille sur un ordinateur, ce n'est pas un informaticien.
Speaker: C'est vraiment quelqu'un qui travaille sur l'ordinateur en tant que... Oui, ça serait le mécano des machines.
Speaker: Pas juste en tant qu'outil, mais en tant que sujet de travail.
Speaker: C'est ce que je trouve que le mot informaticien est un peu léger en termes de signification à ce niveau-là.
Speaker: Et c'est vraiment un scientifique de l'ordinateur à l'informaticien.
Speaker: Et du coup, Fernando Corbato propose un système de partage de temps sur l'ordinateur du Computation Center du MIT qui permettrait aux chercheurs qui ont le droit de l'utiliser d'avoir à leur bureau un terminal.
Speaker: Et ce terminal, ce serait juste un écran, un clavier.
Speaker: Et ça, c'est relié directement à l'ordinateur.
Speaker: Et en fait...
Speaker: Il n'y a pas de calcul au niveau de l'appareil chez le chercheur.
Speaker: On appelle ça même des terminaux.
Speaker: Parce qu'ils ne font que recevoir les informations et envoyer des commandes.
Speaker: Mais il n'y a pas de...
Speaker: d'opérations qui ont lieu à ce niveau-là.
Speaker: C'est juste... C'est comme si tu avais ta tour d'ordinateur dans une pièce et que le clavier et la souris et l'écran étaient deux bâtiments plus longs.
Speaker: Et qu'au lieu d'en avoir un seul, deux bâtiments plus longs, il y en a 200 dans tout le campus.
Speaker: Et lui, il va créer le logiciel, le programme qui va tourner sur la mainframe du MIT qui va permettre de faire fonctionner ça.
Speaker: Il va d'abord faire un premier prototype
Speaker: J'imagine trop quand il devait réfléchir à la quantité de manières qu'il pouvait être imaginées de créer cette interaction et chaque manière doit avoir des malus différents.
Speaker: Oui, et c'est surtout de te dire comment je fais avec la technologie à laquelle j'ai accès.
Speaker: Parce qu'à ce moment-là, tu ne peux pas imaginer d'avoir des processeurs ou des unités de calcul dans chaque pièce des scientifiques.
Speaker: Parce que le but, c'est qu'à cette époque-là, un ordinateur, c'est un truc qui fait une pièce entière.
Speaker: C'est pour ça que ce qu'on installe, ce qu'il veut installer dans les bureaux des gens, ça s'appelle des terminaux.
Speaker: C'est pas des ordinateurs, c'est des terminaux.
Speaker: Et c'est dur à comprendre aussi comment c'est malléable la matière qu'il doit travailler pour réussir à faire des choses, à quel point, je sais pas, il doit coder les trucs pour que les informations passent bien, à quel point physiquement ça se...
Speaker: Ah ouais, c'est d'exploration, personne n'a jamais fait ça.
Speaker: Ouais, de fou, ça doit être vraiment bizarre.
Speaker: Et il fait sa démonstration, tu vois, de son premier système.
Speaker: Et ça marche super bien.
Speaker: Beau succès, tu vois, mais c'est encore un prototype.
Speaker: Il va écrire un papier pour parler de ce qu'il a fait.
Speaker: Et de la technique.
Speaker: Ouais, c'est ça.
Speaker: Et il va y avoir un projet qui va être lancé au sein du MIT pour...
Speaker: faire ça de manière sérieuse, parce que là on a vu le prototype, c'est cool, maintenant on veut le faire, l'implémenter, parce qu'on voit l'intérêt pour le MIT.
Speaker: Et ils vont se mettre à lui, 8 autres développeurs, et d'autres étudiants et tout ça vont participer à ça, et ils vont créer ce qu'on appelle le CTSS, le Compatible Time Sharing System, le partage de temps compatible, le système de partage de temps compatible,
Speaker: C'est aussi un ancêtre d'un système d'exploitation si on compare avec ce qu'on a aujourd'hui.
Speaker: L'idée, c'est que la machine tourne le programme qui est le CTSS, c'est le programme que fait tourner la machine, et ça lui permet de recevoir les commandes des autres ordinateurs, des terminaux, de répondre en donnant de l'information pour que ces terminaux puissent afficher des choses à l'écran.
Speaker: Et ce système d'exploitation est capable de recevoir des commandes qui lui disent
Speaker: ouvre un fichier, écrit dans un fichier, exécute un programme qui s'avère être un fichier peut-être.
Speaker: Tu vois, ce genre d'opération même imprime.
Speaker: C'est marrant comment la mécanique de réseau et d'interaction dans le réseau est arrivée avant la multiplicité des ordinateurs.
Speaker: Parce que, tu sais, on aurait pu s'imaginer, il y avait l'ordinateur, on en pose 10, et maintenant, il faut qu'il communique.
Speaker: Mais la communication existait déjà.
Speaker: C'était vraiment comment on fait que tous les points de communication deviennent des points émetteurs et récepteurs, et pas juste en cloud, tu vois.
Speaker: C'est fou.
Speaker: Puis ce qui est surtout, c'est que là, on ne cherche pas à faire communiquer des ordinateurs entre eux.
Speaker: Parce qu'après, quand il y a dû avoir les ordinateurs, ils ont dû se dire...
Speaker: Bah vas-y on copie le système, on met le truc et puis ça devait être facile quoi.
Speaker: Ça va être une évolution directe.
Speaker: Ouais évolution directe.
Speaker: Mais là le but c'est qu'on veut pas faire parler deux ordinateurs.
Speaker: Ouais on veut qu'il y en ait un qui soit utilisable à plein d'endroits.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Ouais efficace.
Speaker: Et ça va vraiment bien marcher parce que d'un seul coup on adore l'idée.
Speaker: Parce qu'on se dit c'est trop bien.
Speaker: C'est genre on a 200 scientifiques qui veulent faire tourner des programmes sur tout le campus du MIT.
Speaker: On a un ordinateur mais ils ont pas à faire la file d'attente devant le bureau tu vois.
Speaker: Ouais ça a beaucoup augmenté l'utilisation du truc pour plein de recherches.
Speaker: Complètement.
Speaker: Et ça va pas quand même se faire comme ça, en mode il va falloir un ordinateur spécifique pour le faire à l'époque, c'est une version modifiée d'un IBM, ça coûte 3 millions de dollars, gros bébé quand même.
Speaker: Est-ce que dans l'histoire, ils ont essayé de modifier des ordis, ils en ont cassé?
Speaker: Bah ouais, même si elle est.
Speaker: Quand le moment où tu dois le briser en mode « mais non, j'ai changé tel truc pour développer »
Speaker: Mais après à l'époque un ordinateur c'est plus comme une voiture Ouais c'est pour ça j'imagine Si tu casses une pièce tu peux remplacer juste la pièce ou des trucs comme ça C'est pas comme aujourd'hui où t'as tordu le pin sur ton CPU et ton CPU à 700$ faut que tu le mettes à la poubelle T'as brisé une ampoule tu la remplaces T'as cassé un axe Après bon peut-être que l'ampoule a coûté 700$
Speaker: Mais oui, oui.
Speaker: Parce qu'à l'époque, c'est tellement gros, tellement cher qu'il faut que ce soit réparable.
Speaker: La question n'est pas envisageable d'avoir des trucs pas réparables.
Speaker: Et ça va quand même être... Ils vont mettre quelques temps à le mettre en place, mais ça va bien marcher.
Speaker: Au même moment, en fait, pour soutenir cet effort et financer tout ça, ils vont mettre en place ce qu'on appelait le projet Mac au MIT.
Speaker: C'est le Project on Mathematics and Computation.
Speaker: Le but, c'est d'avoir des ordinateurs qui font des maths et de voir jusqu'où on peut aller en faisant ça.
Speaker: Mais l'informatique, à ce moment-là, c'est encore un truc qui n'est pas forcément très bien vu.
Speaker: Et même aujourd'hui, dans le milieu scientifique, c'est encore un sujet un peu sensible, l'informatique et l'écriture de programmes.
Speaker: Et du coup, à l'époque, on parle d'un projet, alors qu'en réalisé, c'est un laboratoire qui a été créé.
Speaker: Mais ce qu'on veut, c'est que des gens, des scientifiques d'autres laboratoires viennent aussi travailler là pour voir comment, avec l'informatique, ils peuvent améliorer les travaux de leur propre laboratoire.
Speaker: Mais si on appelait ça laboratoire, ça veut dire qu'il fallait qu'ils changent de taf.
Speaker: Du coup, on appelait ça un projet.
Speaker: Mais réellement, c'est un laboratoire d'expérimentation avec plein de budget.
Speaker: Et c'est eux, c'est sous cette enveloppe-là qu'on va mettre en place ce système CTSS.
Speaker: Donc il a été présenté en 61, il va être mis en place en 64, avec 200 terminaux opérationnels dans le campus du MIT, reliant 10 départements différents à un unique ordinateur.
Speaker: Donc là, ça marche super bien.
Speaker: Et le CTSS, tu vois, c'est pas juste permettre à la personne de communiquer, tu vois, et d'exécuter un programme.
Speaker: Il y a plein d'autres petites fonctionnalités qui ont été nécessaires et qui sont les bases des bases de ce qu'on connaît aujourd'hui.
Speaker: C'est-à-dire que...
Speaker: Déjà, il y a des mots de passe pour identifier les utilisateurs.
Speaker: Tout le monde ne peut pas se connecter.
Speaker: Donc, il y a un système de session.
Speaker: Si toi, tu te connectes à un terminal, tu mets ton mot de passe.
Speaker: Toutes les actions que tu vas faire, la machine sait qui les fait.
Speaker: On a un petit historique.
Speaker: On sait qui a écrit dans un fichier.
Speaker: Il va y avoir une notion... Il va y avoir déjà un éditeur de texte.
Speaker: Dans ton terminal, tu peux éditer du texte.
Speaker: Ça s'appelle QED, Quick Editor.
Speaker: éditeurs rapides.
Speaker: Les éditeurs en ligne de commande qu'on a encore aujourd'hui, notamment V et Vime, sont basés directement sur QED.
Speaker: Il a défini des grosses bases.
Speaker: Et il va surtout y avoir une fonction dedans qui s'appelle write, écrire.
Speaker: Et en fait, si tu fais write, un nom d'utilisateur, et du texte, si cet utilisateur est connecté, le texte que tu lui donnes s'écrit sur l'écran de l'autre utilisateur.
Speaker: Ok.
Speaker: C'est une messagerie.
Speaker: Il n'y a pas d'enregistrement, il faut que les personnes soient connectées, mais d'un seul coup, tu peux communiquer avec un autre ordinateur du réseau.
Speaker: Il a code des messengers dès le début.
Speaker: C'est un peu l'idée, c'est la base, mais ça va arriver là.
Speaker: Et il y a même un gars... MSN.
Speaker: Non, on n'est pas encore... Ils vont envoyer des whizzes.
Speaker: Non, mais ouais, et c'est genre, d'un seul coup, on peut échanger en instantané entre les machines.
Speaker: Et c'est pas du telex, c'est vraiment au travers de l'ordinateur central qui relaie toutes les commandes.
Speaker: Et au MIT, à cette époque-là, on trouve un Français, M. Louis Pouzin, qui est un informaticien aussi, qui s'avère être au MIT à cette époque.
Speaker: Et Louis Pouzin va participer au CTSS, il va même écrire une commande.
Speaker: Crée une commande pour le système qui s'appelle run-com.
Speaker: Run-command, lance la commande.
Speaker: Et en fait, ce que ça permet de faire, c'est qu'habituellement, tu veux lancer une commande, tu es dans ton petit terminal, tu écris le nom de la commande, tu mets les arguments, tu fais entrer, la commande est exécutée.
Speaker: Mais si tu veux exécuter, disons...
Speaker: une série d'une dizaine de commandes, toujours les mêmes, mais juste parfois avec des arguments un peu différents.
Speaker: Tu veux pouvoir renommer plein de fichiers d'un coup.
Speaker: Tu veux pouvoir la même commande, mais juste en changeant l'argument de comment tu les renommes.
Speaker: La commande runcom, ça permet de faire ça.
Speaker: Elle prend un fichier texte en argument, des outils de remplacement, de quel argument tu veux lui donner, et elle va exécuter les commandes dans ce fichier texte.
Speaker: en prenant en compte les arguments que tu lui as donnés pour changer un peu les paramètres.
Speaker: En gros il vient de faire un langage de script, c'est à dire qu'aujourd'hui dans nos terminaux modernes on peut toujours faire ça.
Speaker: Tu peux écrire des programmes utilisant les mêmes commandes que ton terminal et les exécuter comme si c'était un humain qui rentrait les commandes les unes à la suite des autres.
Speaker: On est en 64 et on a la base de c'est quoi un terminal grosso modo.
Speaker: Il va y avoir beaucoup d'évolution mais on a la base d'un terminal d'informatique tel qu'on les connaît encore aujourd'hui sur les systèmes Linux ou Mac qui sont encore beaucoup utilisés.
Speaker: Et ça va être repris son système Runcom parce que suite à CTSS, il y a plein d'autres systèmes de partage de temps qui vont être créés, notamment un qui s'appellera Multix et qui reprendra le système Runcom pour son invité de commande, pour son terminal.
Speaker: Multix c'est l'ancêtre de Unix qui est un jeu de mots sur Multix parce que Multix ICSE et du coup Unix avec un X pour un seul, c'est un jeu de mots il va y avoir beaucoup de jeux de mots parce qu'à cette époque là les informations sont nerds le problème c'est que là tu prends des universitaires tu prends des universitaires tu leur donnes des millions en budget ils vont faire des vannes et c'est à peu près ce qui se passe en fait et on va en croiser deux autres c'est quand même assez drôle
Speaker: mais vraiment le truc qui marche le mieux c'est l'échange de messages entre utilisateurs la commande write et le fait aussi que tu peux écrire genre à deux utilisateurs on crée un fichier pour nous deux et on écrit chacun un tour de rôle dans le fichier ça nous fait une conversation ça gros gros gros succès les scientifiques les universitaires ils adorent ça c'est trop bien
Speaker: C'est bizarre parce que j'ai l'impression que les techniques d'interaction entre humains à travers les réseaux dans les milieux universitaires, ça a du succès.
Speaker: Parce que c'est le truc de, on met en commun la connaissance et plus on a de moyens différents d'interagir ensemble et d'échanger des informations entre nous,
Speaker: Mieux c'est parce que plus on peut débattre, plus on peut échanger de l'information.
Speaker: Puis là en plus, tu as cette notion un peu d'historique.
Speaker: Si tu mets ça dans un fichier, c'est instantané.
Speaker: Ce n'est pas non plus le téléphone.
Speaker: Donc tu sais, tu peux avoir quelqu'un dans ton bureau, puis parler avec la personne, puis revenir à la conversation de temps en temps.
Speaker: Puis à l'inverse du système Telex qui utilise le réseau de téléphone et où du coup tu payes,
Speaker: là tu es sur le réseau de ton université où tu as juste accès.
Speaker: Oui il y a juste le bilan énergétique et Tchobai.
Speaker: Oui mais à l'époque ça... Mais sinon ça marche, tu n'as pas de frais pour toi pour avoir accès à ce système d'échange.
Speaker: C'est en Inde quoi.
Speaker: Exactement.
Speaker: Et le CTSS ça marche vraiment bien et ça va donner naissance à d'autres spin-off.
Speaker: Les gens voient le CTSS et disent ah c'est cool mais je pense que j'aurais d'autres idées.
Speaker: Trois ans plus tard, on va avoir le ITSS.
Speaker: Encore un jeu de mots.
Speaker: C'est-à-dire que c'est CTSS, c'est Compatible Time Sharing System.
Speaker: ITSS, c'est Incompatible Time Sharing System.
Speaker: C'est d'autres gens du MIT qui voient CTSS, qui disent c'est génial, mais je pense qu'on peut le faire différemment.
Speaker: Et qui du coup reprennent la plupart des idées, en rajoutent d'autres à eux et font un truc, notamment il n'y a pas de mot de passe, tout le monde peut tout faire.
Speaker: Et par exemple, ils ont pris une approche très...
Speaker: très intéressante, c'est à dire par exemple à un moment il y a des utilisateurs, leur fun c'était de trouver comment faire crasher le système.
Speaker: Et ils ont dit ouais mais en fait c'est chiant parce que ça embête tout le monde, donc ils ont créé une commande qui s'appelle crash, si tu l'exécutes ça fait crasher le système.
Speaker: Comme ça ils disent bah voilà, il n'y a plus besoin de chercher comment faire crasher le système, vous voulez faire crasher il y a une commande, maintenant on passe à autre chose.
Speaker: C'est bizarre, ok.
Speaker: Parce que c'est des milieux universitaires qui sont aussi très clos.
Speaker: Tout ça, c'est au sein d'une unique université.
Speaker: Ils se faisaient des guerres entre eux sur l'utilisation du truc et tout.
Speaker: C'est tellement nouveau.
Speaker: Il n'y a aucune base sur laquelle se référencer.
Speaker: Tout le monde a plein d'idées.
Speaker: Tout le monde veut essayer ses idées.
Speaker: Mais est-ce qu'il n'y avait pas quand même... Parce que je me disais, tu vois, l'utilisation pour écrire, est-ce que du coup, il n'y avait pas une expérimentation sur passer à l'écrit de manière digitale et genre, je ne sais pas, sur une sorte de serveur?
Speaker: à prendre en note.
Speaker: Parce que ça, ça devait être une grosse partie de l'utilisation, j'imagine, tu vois, de détendre ta recherche, même que ce soit pour un autre sujet, et de la retranscrire directement dans un truc écrit où tu as plein de chercheurs, chercheureuses qui peuvent voir rapidement les informations entre eux.
Speaker: Alors, on va y arriver, mais on n'y est pas encore.
Speaker: Le CDI?
Speaker: Non, attends, c'est...
Speaker: On n'y est pas encore parce qu'il y a encore pas mal d'étapes pour arriver là.
Speaker: Parce que là, tu vois, on est toujours bloqué à une seule université.
Speaker: On peut déjà communiquer entre les chercheurs en université, c'est cool.
Speaker: Mais c'est encore très limité géographiquement parlant.
Speaker: Ouais, c'est dès que ça va sortir géographiquement que ça va être autre chose.
Speaker: Ouais, et puis il y a encore à ce moment-là aussi le programme du stockage informatique.
Speaker: Ouais, ouais.
Speaker: On est encore très limité.
Speaker: Tu vois, il y a encore tout ça.
Speaker: On commence à avoir plein d'utilités, mais on doit faire avec ce qu'on a.
Speaker: ça devait être dur à l'époque de choisir qui, quand, comment avait vraiment le temps de recherche pour essayer de dire bah ok faut qu'on trouve ceux qui vont vraiment faire la recherche les plus intéressantes, les plus utiles puis derrière il doit toujours avoir le truc de utilisation concrète égale armée donc ouais c'est ça il y a pas mal de financements qui viennent des armées là on s'entend ça va être bizarre ouais
Speaker: Et du coup, tu vois, on arrive sur la fin des années 60.
Speaker: On fait des réseaux qu'on ne considère pas comme des réseaux parce que c'est toujours des one-off.
Speaker: Le MIT, ils ont relié des terminaux à leur terminal.
Speaker: À l'université de Californie, ils ont relié des terminaux à leur ordinateur.
Speaker: Ils ont fait pareil au Texas.
Speaker: Mais chacun fait ses trucs dans son coin.
Speaker: On échange des communications entre nous.
Speaker: On s'écrit des papiers parce que dès qu'ils font quelque chose, des scientifiques font un papier pour expliquer ce qu'ils ont fait.
Speaker: Pour dire, regardez, j'ai fait ça.
Speaker: Ça n'a jamais été fait avant ou peut-être que ça a déjà fait, mais c'est une évolution.
Speaker: On va en débattre et chacun échange.
Speaker: Mais ça reste des... Chaque université tente ces trucs.
Speaker: Il devait voyager d'université à l'autre en mode coloc, en mode « Wouah, mais votre ordi, il est tel comme ça!
Speaker: » Oui, mais Louis Pouzin, dont on parle là, il est au MIT que quelques années parce qu'il faisait déjà des recherches sur les ordinateurs en France et qu'il a été invité au MIT pour passer quelques temps pour qu'ils échangent des informations.
Speaker: Il y a vraiment ce truc du monde universitaire où il s'échange des gens constamment et les gens vont à droite, à gauche.
Speaker: J'ai l'impression que le monde universitaire et scientifique a tout de suite compris que l'humanité doit collaborer
Speaker: Bah toute la recherche est basée sur ça.
Speaker: Directement, toute la recherche, c'est là tout le paradoxe d'après.
Speaker: Utiliser ça pour faire la guerre, c'est ignoble en fait.
Speaker: Ouais, bon.
Speaker: Mais bon.
Speaker: Et on va avoir... Parce que là on arrive sur la fin des années 60.
Speaker: on relie des terminaux à des ordinateurs mais il va être temps d'aller un peu plus loin parce que les universités à monde vraiment ce point de c'est que tous les scientifiques du MIT au MIT peuvent échanger entre eux tous les scientifiques de l'université de Californie à l'université de Californie peuvent échanger entre eux mais ce serait cool aussi d'échanger entre nous puis même au delà d'universitaires des réseaux de recherche public d'état pas forcément dans les universités mais dans les centres de recherche les scientifiques sont généralement éparpillés sur tout le territoire
Speaker: À l'inverse des universités, on arrive quand même à avoir des pôles précis, en tout cas aux US.
Speaker: Je pense par exemple au Royaume-Uni, tu as le National Physical Laboratories, les laboratoires de physique national qui sont un peu partout sur le territoire.
Speaker: Eux, ils ne peuvent pas communiquer entre eux.
Speaker: Ils sont toujours bloqués au téléphone, à envoyer des courriers et s'échanger des bouquins parce qu'ils sont trop dispersés.
Speaker: Et même s'ils ont quelques mainframes à quelques endroits, c'est juste les gens sur place qui peuvent les utiliser.
Speaker: Et on va vraiment avoir ce truc de... Ça marchait bien pour les universités, mais pour les grands réseaux de recherche où les scientifiques sont éparpillés et ne sont pas là où sont les machines, on voudrait qu'ils y aient accès aussi.
Speaker: On ne veut pas qu'ils aient des accès plus complexes.
Speaker: On veut qu'ils puissent avoir un terminal qui est juste une boîte stupide, qui ne fait que transmettre de l'information, mais qui communique avec des ordinateurs à l'autre bout du pays.
Speaker: Ça, ça serait quand même bien pratique.
Speaker: Et comme ça, ils peuvent aussi envoyer des SMS, des messages textes aux autres scientifiques sur le même réseau, mais on veut cette idée.
Speaker: Et pour ça, ça devient un peu plus compliqué parce que tu vois, au MIT, ils sont 200.
Speaker: On peut tirer 200 câbles qui partent d'une même pièce et les envoyer aux différents endroits du parcours.
Speaker: On en met 5 ou 10 dans une gaine, on la fait passer, c'est faisable.
Speaker: Mais disons que si je veux relier 50 scientifiques
Speaker: qui sont à Los Angeles à un super ordinateur à Seattle qui est 800 km plus loin, je n'ai pas envie de faire passer 50 câbles.
Speaker: Parce que si demain je dois en rajouter un, je rajoute un 51e câble.
Speaker: Il faut trouver le moyen de faire un gros câble hyper efficace.
Speaker: Et ensuite un câble résistant à l'eau.
Speaker: Entre autres.
Speaker: Mais ouais, et on va essayer de faire des choses.
Speaker: Au Royaume-Uni, un des premiers qu'on va voir apparaître, c'est le réseau du National Physical Laboratory, c'est le NPL Network, qui va relier les différents centres de recherche du NPL.
Speaker: Il va être mis en place en 69, on va commencer à le développer en 68, il rentre en service en 69.
Speaker: Il va évoluer rapidement.
Speaker: En 1976, il relie 12 ordinateurs, donc des mainframes, à 75 terminaux.
Speaker: Donc répartis un peu partout au Royaume-Uni.
Speaker: Il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a loin géographiquement.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Et on passe par les câbles de téléphone.
Speaker: Donc les communications coûtent cher.
Speaker: Mais c'est pas pire, ça avance.
Speaker: Aux Etats-Unis, il va y avoir les universités du Michigan qui vont aussi faire un réseau pour se relier entre elles.
Speaker: Il sera mis en service un peu plus tard, en 1972.
Speaker: Il existe toujours aujourd'hui ce réseau, ça s'appelle le réseau Merit, il a évolué depuis.
Speaker: Mais voilà.
Speaker: Mais le gros bébé dont on va parler, c'est toujours au MIT.
Speaker: Parce que le MIT, en fait, on entend beaucoup parler en informatique, mais c'est parce qu'ils ont vraiment été les pionniers sur plein de choses.
Speaker: Et ça s'appelle, ça va s'appeler, parce qu'au début ça ne s'appelle pas comme ça, mais aujourd'hui on connaît sous le nom de l'ARPANET.
Speaker: Et ARPANET, c'est vraiment l'ancêtre direct d'internet.
Speaker: Ok, c'est la V0 quoi.
Speaker: En fait quand le mot internet va apparaître, c'est pour parler de ARPANET.
Speaker: Et ARPANET, ce n'est pas un truc qui est sorti du chapeau.
Speaker: On est dans ce contexte des universités qui veulent parler entre elles.
Speaker: Et il y a une entité américaine qui voit ça et qui se dit...
Speaker: Je vois de l'intérêt.
Speaker: C'est le système DARPA.
Speaker: C'est le Defense Advanced Research Project Agency.
Speaker: C'est le département de la défense américaine qui finance des projets de recherche.
Speaker: Ils se disent, les scientifiques qui parlent entre eux, c'est bien.
Speaker: Parce que si les scientifiques peuvent bien communiquer entre eux, ils vont faire des belles armes.
Speaker: Parce que la défense, généralement, c'est soit des armes, soit c'est des satellites, soit c'est des trucs comme ça.
Speaker: Mais tu vois le propos.
Speaker: Et ils se disent, ok, on va voir ça.
Speaker: Alors, cette idée d'interconnexion, elle va venir d'un gars au MIT qui s'appelle Joseph Karl Robnett Leaklider.
Speaker: C'est un psychologue et c'est un informaticien.
Speaker: Il a travaillé sur le système SAGE, pour la défense déjà.
Speaker: Et le truc des réseaux, tu vois, c'était...
Speaker: ça lui parle beaucoup, il voit des possibilités.
Speaker: Donc en 1962, c'est 4 ans après la mise en service du système SAGE, il va faire un papier
Speaker: Un terme, un mémo.
Speaker: Et dedans, il va énoncer le concept du réseau informatique intergalactique.
Speaker: Ça fait très science-fiction, ça.
Speaker: Ça fait full science-fiction, mais il le dit lui-même que le but, c'est ça.
Speaker: Mais en fait, c'est que lui, tel qu'il voit l'informatique du peu qu'on a, et de comment ça évolue, pour lui, on va aller dans une direction où tous les ordinateurs qui existeront pourront parler entre eux.
Speaker: Et pour lui c'est à l'échelle intergalactique, c'est-à-dire que si dans le futur on colonise d'autres planètes, les ordinateurs des autres planètes pourront communiquer entre eux, entre les planètes.
Speaker: Pourquoi il avait besoin d'aller si loin?
Speaker: Déjà entre les pays c'était une dinguerie d'imaginer... Ouais mais tu vois s'il avait pas dit intergalactique est-ce qu'on en parlera encore aujourd'hui de son papier?
Speaker: Ouais ouais ouais non mais c'est marrant c'est marrant moi j'aime bien un chapeau à l'artiste ouais ouais et et son papier tu peux le lire là il est sur internet mais c'est marrant ouais de se dire en mode moi je pense entre les états mais si on arrive à faire ça direct on peut aller dans les planètes
Speaker: Il dit pas que le réseau va nous permettre d'aller dans l'espace Mais il nous dit que Au vu comment vont les choses Parce que déjà 62 c'est déjà la course à l'espace Genre d'ici 30 ans on est sur Mars Ah ouais ils sont chauds Et c'est en mode Au vu comment évoluent les réseaux On va avoir un réseau qui va relier tous les ordinateurs Peu importe les planètes sur lesquelles ils sont Et on va aller vers ça et ils le sentent
Speaker: et ça va kickstart pas mal d'idées chez pas mal de monde et on va arriver en 1966 et t'as le successeur de Lee Kleider qui s'appelle Lawrence G. Roberts c'est un scientifique au MIT toujours et lui il va voir il va rencontrer DARPA le Defense Advanced Research Project Agency et ils vont se proposer ils vont discuter entre eux ils vont arriver à cette idée de faire un
Speaker: d'utiliser les ressources de la défense américaine pour permettre de relier entre eux les centres de recherche américains des différentes universités.
Speaker: ils vont commencer à concevoir ça et il va falloir se poser plein de questions sur comment on fait fonctionner ça parce que c'est pas juste un réseau en étoile où t'as un ordinateur au centre et tous les ordinateurs sont reliés directement à ça parce que là tu vas avoir plein d'ordinateurs à différents endroits sur la carte américaine tu vas avoir des terminaux reliés à ces différents ordinateurs
Speaker: Mais il faut que ça puisse se relier entre eux.
Speaker: Et idéalement, il faut que n'importe quel terminal ou ordinateur puisse communiquer avec n'importe quel autre terminal ou ordinateur.
Speaker: Il faut qu'on puisse échanger de l'information entre eux indépendamment de la source ou de la destination.
Speaker: Et du coup un réseau en étoile c'est pas possible On peut pas imaginer un énorme ordinateur En plein milieu des US géographiques Et tout relier à ça Parce que si cet ordinateur tombe en panne on perd tout le réseau Il faut qu'il y ait plusieurs liens Qui relient les différents ordinateurs Il faut qu'il y ait de la redondance C'est là que vient un peu le concept de décentralisation Ça arrive par là en fait Et c'est ce truc de On peut pas avoir un réseau en étoile De cette taille parce que ça veut dire Qu'il y a un unique point où si ça échoue On perd tout
Speaker: Donc, il nous faut un truc qui soit redondant.
Speaker: Donc, ils vont avoir la notion de nœud, où les différentes machines déjà existantes vont être des nœuds, mais on va aussi avoir ce qu'on avait appelé des passerelles, qui vont relier les ordinateurs, les mainframes, on va les relier à ces passerelles, et les passerelles vont être reliées entre elles, de différentes manières, de manière à avoir de la redondance.
Speaker: Et quand on va échanger les messages, si tu ne l'envoies pas à un terminal connecté à la machine à laquelle tu es connecté,
Speaker: Tu vois, l'ordinateur va l'envoyer à la passerelle qui elle va aller l'envoyer aux autres passerelles jusqu'à ce que ça arrive à la bonne qui ensuite le donnera à la machine du terminal que tu as demandé ou de la machine que tu as demandé.
Speaker: C'est un système de nœuds qui se relie entre eux.
Speaker: C'est ce qu'on appelle un système en étoile.
Speaker: Non, pas en étoile.
Speaker: Oui, en étoile.
Speaker: Non, c'est pas en étoile.
Speaker: C'est un système en maille en fait parce que tu as plusieurs chemins possibles pour aller de A à B.
Speaker: et ça va être mis en place, ils vont commencer à le concevoir en 68 et ils vont mettre en service le premier terminal l'année d'après en 69 et ça va super bien marcher, ça va aller super vite en fait ils vont faire ce réseau très rapidement pour relier les universités entre elles au début c'est juste ordinateur à ordinateur les terminaux ne peuvent pas communiquer entre eux
Speaker: Mais en 72, trois ans plus tard, les terminaux peuvent communiquer entre eux.
Speaker: C'est-à-dire que d'un seul coup, maintenant, un scientifique en Californie peut faire une conversation direct message avec un autre... Un chercheur au MIT ou à n'importe quelle autre université.
Speaker: Et alors ça... Et ça, c'est avant les mails!
Speaker: Et bien justement, on y arrive.
Speaker: Parce que je trouve ça drôle que la conversation directe précède les mails.
Speaker: Ouais, parce qu'au début, on pensait juste envoyer un morceau de texte, mais il n'y avait pas cette notion de boîte aux lettres.
Speaker: Parce qu'on avait nos boîtes aux lettres physiques quand tu recevais ton compte.
Speaker: Ouais, ouais.
Speaker: On n'a pas cherché ça, quoi.
Speaker: Ouais, puis surtout que stocker de l'information, c'est quand même très compliqué.
Speaker: Ouais, en fait, c'est ça la problématique tout le temps.
Speaker: Mais ça va arriver tout de suite, tu vois.
Speaker: Parce qu'à ce moment-là, cet échange des informations, à moins d'écrire les messages dans un fichier texte que chacun vient lire quand il veut lire son texte,
Speaker: t'écris directement l'information sur le terminal de l'autre personne, donc il faut que l'autre personne soit connectée.
Speaker: Mais les courriers électroniques, pas forcément sous la forme qu'on connaît aujourd'hui, même si ici en fait, à cette même époque on va créer le système de courrier électronique.
Speaker: Parce qu'on s'échange des bouts de texte comme ça, de différentes manières, en jouant sur les fonctionnalités déjà présentes,
Speaker: Mais à l'époque, c'est limité aux utilisateurs d'une même machine.
Speaker: En cas par ARPANET, tu ne peux communiquer qu'avec les autres terminaux du même ordinateur auquel vous êtes tous reliés.
Speaker: Et quand ARPANET arrive en 1969, maintenant, on veut pouvoir envoyer du texte aux autres, aux personnes sur les autres machines.
Speaker: Mais à ce moment-là, on n'a pas encore de manière de vraiment faire fonctionner ça.
Speaker: Parce qu'avant, ce n'était pas compliqué.
Speaker: Tu disais, écris un message sur... Et tu mettais le nom de l'utilisateur et ça marchait.
Speaker: Sauf que maintenant qu'on a plusieurs machines,
Speaker: Il faut le nom d'utilisateur plus le nom de l'ordinateur.
Speaker: Du coup, on va créer des adresses.
Speaker: Exactement.
Speaker: Et tu as un mec qui s'appelle Ray Samuel Tomlinson.
Speaker: C'est un programmeur et informaticien.
Speaker: Il va créer le premier programme qui permet de standardiser ça.
Speaker: Son programme, il va s'appeler Simple Messaging Transfer Protocol, SMTP.
Speaker: SMTP, c'est encore là.
Speaker: Voilà, on est en 70.
Speaker: Et il se dit, ok, comment je fais pour adresser une personne?
Speaker: C'est quoi le... Comment je nomme la personne?
Speaker: Et là, il va générer la technique de comment labelliser les passerelles, les sous-passerelles, les machins?
Speaker: Alors non, on n'est pas du tout là encore.
Speaker: Mais lui, il se dit...
Speaker: Avant, tu avais juste à donner le nom de l'utilisateur à qui tu voulais envoyer.
Speaker: Maintenant que c'est à l'échelle d'un pays, il n'y a pas encore non plus 10 millions de personnes, mais c'est quand même à une très grosse échelle, il se peut que deux personnes aient le même nom d'utilisateur.
Speaker: Deux personnes qui ont le même nom, on est aux Etats-Unis, les John Smith... On ne pourra pas filtrer pour empêcher le fait qu'ils aient deux utilisateurs à travers les bacs de données.
Speaker: Tu ne peux pas demander à des gens de changer de prénom juste parce qu'ils utilisent un système informatique.
Speaker: Du coup, il va se dire, ok, mais les utilisateurs sont forcément rattachés à un ordinateur précis.
Speaker: Donc, on va utiliser la syntaxe.
Speaker: Utilisateur,
Speaker: « at » ordinateur.
Speaker: Et en américain, le « at », tu peux l'écrire en « arrobas ».
Speaker: On est en 1971, et il vient d'inventer la nomenclature « non utilisateur arrobas ordinateur ».
Speaker: Ah, ok!
Speaker: Du coup, le arrobas, alors après, parce que maintenant, le arrobas dans notre utilisation classique, c'est Hotmail ou Gmail.
Speaker: Du coup, c'est un serveur, en fait.
Speaker: Mais à l'époque, c'est ça.
Speaker: À l'époque, les ordinateurs qu'on nomme à l'époque, ça revient des serveurs d'aujourd'hui.
Speaker: Et du coup, cette nomenclature des adresses email, ça date de cette époque.
Speaker: C'est un gars qui a décidé de faire comme ça parce que
Speaker: Camille, le petit truc marrant, caractère arrobas qui se traînait par là.
Speaker: Il existait déjà le caractère dans la skim?
Speaker: Parce que tu vois, en français, quand on dit E, E, T, on peut aussi mettre une esperluette.
Speaker: Ouais.
Speaker: Sur le papier, c'est la même chose.
Speaker: Je me demande à quel point c'était utilisé ça, d'ailleurs.
Speaker: L'esperluette, c'était très utilisé jusqu'au 19e siècle, où il y a eu une réforme de l'orthographe qui l'a fait disparaître.
Speaker: Ok.
Speaker: Mais aux Etats-Unis, enfin en anglais, en tout cas aux US, au lieu d'écrire at, tu peux mettre un arrobase.
Speaker: Il habite, he lives at 10 Downing Street.
Speaker: Un peu comme l'esperluette.
Speaker: C'est ça, tu ne l'utilises pas vraiment comme ça parce que c'est plus une manière de réduire.
Speaker: Au lieu d'avoir deux caractères, tu as juste un arrobase.
Speaker: Mais ça existait déjà.
Speaker: Ok.
Speaker: Donc en fait, il a réutilisé un symbole existant.
Speaker: Tu vois pas mal?
Speaker: Oui, qui veut dire à quel endroit.
Speaker: Donc là, pareil, à quel endroit, à quelle machine.
Speaker: L'ordinateur.
Speaker: trop drôle!
Speaker: et c'est ça il y a une légende qui dit que le premier email le contenu c'était qwerty yop mais il dit oh vous savez mon premier email je l'avais fait comme ça on s'en fiche du contenu du coup on peut dire que le premier email de l'histoire c'était qwerty yop qwerty yop pourquoi yop?
Speaker: c'est drôle le qwerty je comprends bien on va pas rentrer dans le débat de comment les touches sont placées sur le clavier parce que là on en a pour deux ans aussi
Speaker: Mais ouais, tu vois, on avance pas mal.
Speaker: On n'a pas encore vraiment un échange complet d'informations.
Speaker: C'est limité à la recherche.
Speaker: C'est limité à de l'échange d'informations scientifiques.
Speaker: En fait, c'est vraiment pour permettre aux scientifiques de mieux faire de la science, de mieux faire de la recherche.
Speaker: ce qui est logique parce que c'est full des gens de science qui génèrent ça donc ça reste dans ce lore là continuons à faire la science pour la science le projet scientifique victoire scientifique sur civilisation c'est parti mais ouais et ça marche vraiment bien et c'est surtout que les scientifiques si tu les payes bien aussi ils peuvent faire des armes du coup le budget peut arriver pas mal
Speaker: donc en vrai ça avance l'impérialisme qui est assez budget pour ces raisons précises mais le réseau qu'on a, Arpanet, il est quand même très rudimentaire parce que c'est le premier réseau il y a beaucoup d'éléments qui fonctionnent mal ou pas bien?
Speaker: en vrai non c'est quand même très stable c'est qu'il n'y a pas tant de possibilités que ça?
Speaker: il n'y a pas tant de possibilités ça coûte quand même assez cher à mettre en place et à maintenir il y a quand même pas mal de maintenance qu'il faut mais ça marche quand même pas bien
Speaker: Mais c'est juste qu'il a fallu développer un ordinateur spécifique pour faire relais, pour faire passerelle, gateway, qui fait le lien entre un ordinateur et le réseau, entre guillemets.
Speaker: C'est marrant, j'avais revu ce truc de gateway.
Speaker: Alors, fun fact éclaté, je fais Glitchtober à faire un glitch tous les jours en ce moment, et il y en avait un, un thème, c'était gateway.
Speaker: Et j'ai pris une vidéo à glitcher qui était exactement les vidéos de vulgarisation de ce que sont les passerelles, avec des schémas de « là, t'as un ordi, là, t'as une passerelle, des trucs ».
Speaker: que j'ai mis en mode random et tout.
Speaker: J'ai pas du tout écouté la vidéo, pas eu le temps.
Speaker: Mais j'imagine que c'était exactement ce concept-là qui était à l'entrée.
Speaker: Et le concept qui date de cette époque, de la gateway qui fait le lien entre un réseau et un autre.
Speaker: Et du coup, là, elle faisait le lien entre le réseau en étoile de l'université et la couche qui sert de lien entre les autres universités.
Speaker: Et...
Speaker: Et ça marche pas bien.
Speaker: Mais tu vois... On fait des fractales.
Speaker: Ouais.
Speaker: Et on parle des scientifiques.
Speaker: C'est full des fractales.
Speaker: Ouais.
Speaker: C'est full des fractales.
Speaker: Si on était que des réseaux en étoiles.
Speaker: Ouais.
Speaker: Mais comme c'est un réseau en maille qui desserre des réseaux en étoiles, c'est pas la même chose.
Speaker: Mais ouais, c'est l'idée.
Speaker: Ouais, il faudrait dessiner le pattern récurrent pour en faire une... Mais va y avoir des patterns récurrents qui vont se présenter.
Speaker: Bah oui, clairement.
Speaker: Jusqu'au réfrigérateur connecté.
Speaker: Je suis partant de malheur.
Speaker: Attends, il y a un poltergeist, ça fait des glaçons tout seul.
Speaker: Mais putain.
Speaker: Putain.
Speaker: Mais comme c'est des scientifiques, tu sais, les scientifiques, ils veulent quand même que les choses soient bien faites.
Speaker: Et maintenant qu'ils ont cet outil pour communiquer facilement, parce qu'ils peuvent tous envoyer des messages, tu vois, ils n'ont pas juste... On peut un peu changer du schéma qu'on avait encore jusque-là qui était « j'écris un article, je le publie,
Speaker: machin, lis mon article à l'intéressé, écrit un autre article, il le publie en réponse et ça prend du temps.
Speaker: 6 mois, paf!
Speaker: Oui, c'est des méga textes, des jargons méga compliqués j'imagine.
Speaker: Oui, c'est quand même assez dense.
Speaker: Et là du coup, il y en a un qui va se dire, ok mais maintenant qu'on est en réseau et que sur un réseau il y a plusieurs machines, il y a une question de collaboration.
Speaker: Parce que, un des problèmes qui s'est quand même présenté à l'arrivée d'Arpanet, c'est que chaque université avait fait son réseau en étoiles autour de son ordinateur.
Speaker: Mais chacun l'avait fait à sa sauce.
Speaker: Au MIT ils avaient le CTSS, au Texas ils avaient autre chose, en Californie ils avaient autre chose.
Speaker: Ça ne veut pas dire qu'on communique de la même manière.
Speaker: Parce que oui on s'envoie du binaire, du 1-0-1-0 sur les câbles, mais ça ne veut pas dire que le même enchaînement de 1 et 0 veut dire la même chose d'un réseau à l'autre.
Speaker: Et le système ARPANET qui relie tout ça, il est obligé d'acter comme un médiateur.
Speaker: Du coup, c'est limité à une utilisation très précise, j'imagine?
Speaker: C'est pas... Alors, non, parce que ça reste un système de transmission, mais ça implique de la coordination de la part de toutes les personnes.
Speaker: Il faut que tous les ordinateurs qui communiquent vers les gateways, ils communiquent tous de la même manière à chaque gateway.
Speaker: Parce que tous les gateways, toutes les passerelles sont identiques.
Speaker: Du coup, il faut faire des normes.
Speaker: Il faut faire des normes.
Speaker: Sauf que...
Speaker: les scientifiques disons qu'ils ne sont pas forcément fans qu'il y ait genre une agence gouvernementale qui dise voilà la norme, faites comme ça les scientifiques ils veulent discuter, ils veulent échanger entre eux ils veulent débattre pour arriver à la meilleure solution possible mais maintenant qu'on peut discuter parce qu'avant tu vois si on voulait débattre et discuter d'un sujet on prenait 15 pélos, on les mettait dans une pièce on leur disait trouvez nous un standard ils réfléchissaient pendant 3 mois dans leur pièce puis ils en sortaient maintenant on peut le faire à l'échelle d'un pays vu qu'on peut communiquer facilement à l'échelle d'un pays
Speaker: Sauf que tu ne te coordonnes pas de la même manière et tu ne débats pas de la même manière.
Speaker: Et ça génère d'autres choses.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Et du coup, c'est comment on peut discuter et se mettre d'accord tous ensemble sur les directions que doivent prendre nos réseaux d'ordinateurs.
Speaker: Est-ce que c'est la naissance des forums?
Speaker: Non.
Speaker: Dommage.
Speaker: Mais...
Speaker: Pas loin.
Speaker: Pas loin.
Speaker: En fait, il y a un gars qui est un informaticien qui est aujourd'hui dans la liste des pionniers de l'Internet.
Speaker: À cette époque, il travaille sur le projet Arpanet.
Speaker: Il y a un gros move qui arrive là.
Speaker: C'est Stephen D. Crocker.
Speaker: Et lui, en 69, il va proposer, il va mettre en place même, un concept de discussion
Speaker: et d'échanges de propositions pour faire évoluer les réseaux.
Speaker: Ça s'appelle les « Request for Comments » ou RFC en cours.
Speaker: Le système de RFC, c'est qu'une personne ou un groupe de personnes, il propose une idée, un concept, un sujet de discussion.
Speaker: Il en fait un petit papier où il dit « Ah ben voilà, moi j'ai pensé que les câbles, on pouvait les mettre bleus si ça va dans un sens et rouge dans l'autre.
Speaker: » J'en sais rien, je dis des bêtises.
Speaker: Tu expliques ton raisonnement.
Speaker: Tu le mets sur un endroit dans un ordinateur qui est accessible à tous.
Speaker: Et toutes les autres personnes du réseau peuvent voir ta RFC.
Speaker: Ils peuvent répondre par des commentaires.
Speaker: Voter.
Speaker: Voter, entre guillemets.
Speaker: Lâche un pouce bleu.
Speaker: Et même proposer d'autres RFC en réponse.
Speaker: Et en fait, ce système de RFC, ça existe encore aujourd'hui.
Speaker: C'est encore sous ce principe que la plupart du temps sont développés les systèmes informatiques publics et open source.
Speaker: Mais pourquoi on n'écrit pas les lois comme ça?
Speaker: Ce serait fou!
Speaker: Attends, attends, attends, tu voudrais... J'adore la démocratie, moi.
Speaker: Tu voudrais demander leur avis aux citoyens?
Speaker: Je veux dire, on est arrivé à une époque où absolument presque tout le monde a un ordinateur ou quelque chose de pas loin qui nous permettrait d'interagir, ou du moins une grande partie de la population.
Speaker: Donc, un système globalisé où une grosse masse de population peut donner son avis direct sur est-ce que c'est une bonne idée de mettre les câbles bleus ou rouges?
Speaker: Ça pourrait être marrant un peu.
Speaker: Je suis full d'accord.
Speaker: Mais bon.
Speaker: Mais du coup, lui, il propose ça, il propose le système des RFC?
Speaker: Et ça va vraiment bien marcher parce qu'en fait, c'est encore comme ça aujourd'hui qu'évolue l'Internet.
Speaker: C'est les RFC.
Speaker: Quelqu'un, n'importe qui, toi demain, moi demain, le premier venu, on peut aller sur les sites des sites Internet, des entités qui gouvernent l'Internet aujourd'hui et proposer des RFC.
Speaker: En fait, c'est un système de mailing list.
Speaker: C'est des listes de distribution d'email.
Speaker: Tu t'abonnes à la mailing list.
Speaker: Et tu vas voir les RFC qui pop.
Speaker: Et tu vois toutes les discussions qui passent dessus.
Speaker: Oh, mais c'est trop drôle.
Speaker: Moi, je peux me connecter comme ça direct là?
Speaker: N'importe qui peut.
Speaker: C'est public.
Speaker: Et n'importe qui peut participer.
Speaker: Je suis trop curieux de lire ça 5 minutes pour voir.
Speaker: Est-ce que c'est imbitable par contre?
Speaker: C'est quand même assez dense, c'est du jargon.
Speaker: Le problème c'est que si toi tu te connectes tout de suite, tu vas arriver au milieu des discussions.
Speaker: Du coup il faut quand même retracer un peu d'historique.
Speaker: Mais tout le monde peut participer, c'est toujours le cas.
Speaker: Et à l'époque c'est le principe qui est mis en avant.
Speaker: Tout le monde peut participer, même si à l'époque c'est les scientifiques qui ont accès à Arpanet.
Speaker: Mais l'idée c'est que tout le monde peut participer.
Speaker: Et quand on a une RFC qui est proposée et que les commentaires arrivent à un consensus, si le consensus est positif, on écrit une spécification et ça devient standard.
Speaker: Et c'est participatif.
Speaker: Et ça marche super bien.
Speaker: Et comme je l'ai dit, aujourd'hui tu prends des gros projets open source, ça fonctionne en RFC.
Speaker: Internet aujourd'hui fonctionne en RFC.
Speaker: C'est un concept qui peut paraître super simple.
Speaker: de se dire, je mets un papier, les gens mettent des commentaires en dessous et on débat.
Speaker: Mais ça va vraiment donner forme à comment on conçoit Internet.
Speaker: Qui est que...
Speaker: Tout le monde peut donner son avis.
Speaker: Tout le monde a le droit de participer.
Speaker: Tout le monde a le droit de poser des questions.
Speaker: Tout le monde a le droit de proposer des choses.
Speaker: Et... Ouais, il y a un move idéologique très, très libertaire et démocratique et décentralisé à quelque part.
Speaker: Même si au final, les requests traités par une entité qui doit dire oui ou non, finalement.
Speaker: Mais en même temps, il y a la valeur de donner beaucoup d'intentions au fait « bah celle-ci, il y a 500 personnes qui l'ont validée ».
Speaker: Il faut la faire, en fait.
Speaker: C'est exactement ça.
Speaker: Et ça va être le fun, parce qu'il va y avoir des trucs très sérieux.
Speaker: Il va y avoir des trolls.
Speaker: Pas vraiment des trolls, mais il y a des gens qui font des vannes.
Speaker: Il va y avoir des RFC qui vont être écrits juste parce que c'est un 1er avril et qu'on fait une RFC marrante pour le 1er avril.
Speaker: Il va y avoir des RFC qui vont être...
Speaker: quand même pas mal, on va jamais réussir à se mettre d'accord finalement sur une version finale de ce qui est proposé et le truc va rester ouverte, il y a des RFC aujourd'hui qui ont 30 ans qui sont toujours ouvertes mais on les ferme pas parce que c'est quand même une bonne idée mais on n'arrive pas à en déterminer un standard et aucune manière de la traverser de l'affaire c'est ça, donc on la garde quand même parce que c'est quand même un truc cool je me demande ce que ça serait ces RFC là on peut les trouver en fait, tout est public encore aujourd'hui tout est public et tout ça c'est encore participatif
Speaker: Mais c'est marrant parce que j'ai du mal à m'imaginer qu'est-ce que c'est la teneur des augmentations que tu peux demander, à quel niveau?
Speaker: Aujourd'hui?
Speaker: Ouais, parce que tu vois, si je suis en mode, ok, alors j'aimerais un Messenger mieux, je sais pas, je dis n'importe quoi, tu vois, mais je vais pas demander à Internet, je vais pas faire une RRC pour ça.
Speaker: Du coup, il faudrait une fonctionnalité ou un truc vraiment extrêmement précis pour que ça ait une raison d'être en idée
Speaker: Pour Internet?
Speaker: En fait, les RFC, ça s'applique à des domaines précis ou des entités précis.
Speaker: C'est-à-dire qu'au niveau de l'Internet, les RFC, ça va être sur comment fonctionne le réseau à la couche la plus basse.
Speaker: Par exemple, pour les langages de programmation, la plupart des gros langages, c'est des langages qui sont publics.
Speaker: Et les comités qui décident de l'évolution de ces réseaux,
Speaker: Ils fonctionnent aussi par RFC.
Speaker: Ajouter la fonction length deux fois.
Speaker: C'est ça par exemple où on veut proposer des nouveaux mots clés dans un langage, où on veut proposer des choses.
Speaker: C'est des RFC.
Speaker: Tu as pas mal aussi de systèmes informatiques, des logiciels, par exemple Unix, le système d'exploitation Unix, Linux et tout ça.
Speaker: Tu en as pas mal qui fonctionnent par RFC dans leurs évolutions.
Speaker: Donc ça s'applique à des entités précis.
Speaker: Tu n'as pas des RFC pour tout ce qui se passe sur Internet et où tu peux dire « SVP, je veux qu'Andycrush en mieux ».
Speaker: Non, ça n'existe pas comme ça.
Speaker: C'est vraiment pour répondre à des besoins précis ou des systèmes précis.
Speaker: Mais c'est vraiment, comme tu dis, cette idée de… Maintenant qu'on est obligé de coopérer ensemble pour que ça fonctionne…
Speaker: on va laisser à toutes les personnes impliquer le droit de parole.
Speaker: Parce que comme on est tous des scientifiques pour l'époque, qu'on est tous des chercheurs et qu'on veut tous faire la meilleure chose possible et qu'on apprend ensemble, parce que c'est comme ça qu'on fonctionne en tant que scientifique, on va se mettre en place ce médium pour nous permettre de discuter ensemble, avec quand même un peu de structure pour qu'on s'y retrouve, mais qui va nous permettre d'avancer.
Speaker: Et ces RFC vont vraiment définir toute la suite.
Speaker: Jusqu'à aujourd'hui, on publie encore des RFC pour l'Internet.
Speaker: Et surtout que maintenant qu'on les met en place en 69, donc c'est vraiment avec l'arrivée d'Arpanet qui est mis en service en 69 aussi, qui commence vraiment à prendre de l'ampleur à partir de 72, on a quand même un bon début.
Speaker: Les universités aux US en tout cas commencent à communiquer ensemble.
Speaker: Mais on a encore ces limitations, les ordinateurs sont énormes.
Speaker: C'est limité aux terminaux, qui sont des machines, juste des coques vides, qui communiquent avec ces ordinateurs.
Speaker: Mais tu vois, en 72, ça fait un peu plus de 10 ans qu'on a les transistors maintenant.
Speaker: Donc on commence à miniaturiser.
Speaker: Les ordinateurs commencent à être plus accessibles, dans le sens où les entreprises de plus en plus petite taille peuvent se les procurer.
Speaker: On va commencer à vouloir faire des choses pas mal.
Speaker: Et là, ça va commencer à évoluer parce que si là, on n'a qu'un seul réseau, au final, qui est Arpanet, il y a d'autres réseaux uniques.
Speaker: On a vu le NPL au Royaume-Uni, le Système Merit au Michigan.
Speaker: Il y a d'autres pays qui vont faire leur propre réseau.
Speaker: C'est un peu le problème.
Speaker: Où Arpanet venait unifier tous les réseaux des universités, maintenant, il va falloir trouver un moyen d'unifier tous les réseaux entre eux.
Speaker: Et ça, on va en discuter dans la deuxième partie.
Speaker: Ok.
Speaker: Ouais, je pense qu'on va s'arrêter là pour l'instant et on va se faire une deuxième partie pour parler de ça.
Speaker: Ok, ok, ok.
Speaker: bah écoutez merci à tous on a quand même couvert pas mal de choses encore là et on a encore pas mal de choses à couvrir pour la suite mais je pense que ça me donne quand même une bonne idée de où on vient et maintenant on va et vers où on va par la suite on va essayer de faire le lien en fait entre là on vient de s'arrêter maintenant qui est qu'on a mis en lien les universités américaines entre elles à comment on arrive à aujourd'hui j'ai de l'internet dans ma poche
Speaker: bah oui le wifi qui va encore étendre les réseaux on va pas tellement parler du wifi parce que c'est plus un détail dans la liste mais c'est plus comment on fait pour passer de 5000 terminaux reliés à une vingtaine d'ordinateurs à 25 milliards d'appareils qui communiquent sur le même réseau vertige ouais hein vertige
Speaker: C'est trop intéressant de voir le parcours.
Speaker: Moi, j'étais vraiment fasciné de découvrir d'une manière très chronologique les ancêtres de ça.
Speaker: Parce que ça ne sort pas du chapeau.
Speaker: Et puis de voir qu'il y a un fond de démocratie dans le début d'Internet qui est essentiel pour son évolution.
Speaker: Et Internet, encore aujourd'hui, est extrêmement démocratique.
Speaker: Il y a beaucoup d'attaques de plus en plus.
Speaker: On parle de neutralité du web, ce genre de choses.
Speaker: On va en toucher un peu.
Speaker: dans la suite mais sur le papier c'est tellement utile à tellement de monde à tellement d'échelles que ce soit du petit citoyen lambda au gouvernement à l'armée à l'entreprise aux grosses corporations tout le monde voit de l'intérêt à internet donc il y a ce truc de on va travailler ensemble
Speaker: pour le faire le mieux possible parce qu'on y voit tous de l'intérêt à ce que ce soit comme ça.
Speaker: Oui, et puis on voit une évolution de la communication humaine colossale.
Speaker: Ça va complètement transformer nos manières de changer de l'information.
Speaker: Directement, c'était dans l'expérimentation, dans les universités, directement tu vois le pas d'après.
Speaker: Et tu te dis, mais ça va être chaque pas, ça va être une dinguerie.
Speaker: Et là, on va pas mal parler dans la prochaine partie de toute l'unification.
Speaker: parce que c'est encore un gros patchwork gros travail mais ouais trop stylé ouais bah écoutez je vais vous remercier d'avoir écouté ce deuxième épisode on va se retrouver ensemble pour la suite de notre petit topo sur l'histoire d'internet Benoît est-ce que tu veux plug quelques petits trucs gros sujet bah merci à toi pour ce podcast c'est incroyable et tout
Speaker: Est-ce que tu voulais parler peut-être de ton Twitch?
Speaker: Ah oui, moi, qu'est-ce que je fais?
Speaker: Je fais aussi du Twitch en parallèle.
Speaker: Vous pouvez retrouver, vous tapez F underscore LSE underscore NO sur Google ou n'importe où.
Speaker: Et il y aura lien dans la description aussi.
Speaker: Et il y aura partout, c'est ça le tag de tout ce que je fais.
Speaker: C'est ça.
Speaker: C'était trop intéressant, moi, vraiment, à travers ce que je fais, savoir plus de détails sur les ordi, c'est incroyable.
Speaker: c'est incroyable c'est trop intéressant et bah on va continuer ça ensemble la prochaine fois bah ouais je suis méga chaud super méga chaud et bah merci à tous et à la prochaine à la prochaine



