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Réseaux d'eau - Partie 1

Infrastructure Décompilée
Infrastructure Décompilée

52 plays · Jan 17, 2024

"Dans 20 - 30 ans il n'y en aura plus" Avec Rémy

Transcript

Speaker: Donc, juste enlever ça parce que... Ouais, mets-toi à l'aise.

Speaker: Ouais, c'est moins tracé historique, tu sais, comme la première fois.

Speaker: C'est un peu plus dans tous les sens, mais c'est tellement large comme sujet.

Speaker: Mais plus d'espace au débat, je pense.

Speaker: Enfin, la discussion.

Speaker: Débat, on va pas débattre, là.

Speaker: On est pas là pour débattre.

Speaker: Ok?

Speaker: Ok?

Speaker: Ben c'est parti!

Speaker: Ben c'est parti!

Speaker: Et ben allez!

Speaker: Et bien bonjour à tous et bienvenue dans ce... C'est un cas, pardon, excuse-moi.

Speaker: Ah, pardon.

Speaker: Non, ça enregistre.

Speaker: Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Infrastructures Décompilées.

Speaker: Épisode 3 ou épisode 4, je ne sais pas, parce qu'il y a eu un double épisode avant.

Speaker: Donnez-nous votre avis dans le chat.

Speaker: Je m'appelle Valentin, je suis votre hôte aujourd'hui encore.

Speaker: Aujourd'hui avec moi... C'est moi, je m'appelle Rémi.

Speaker: Qui était déjà avec nous pour les premiers épisodes et qui revient nous voir.

Speaker: Toujours du plaisir.

Speaker: Aujourd'hui, nouvel épisode, nouveau sujet, nouveau thème.

Speaker: On va parler des réseaux d'eau.

Speaker: Des réseaux d'eau.

Speaker: Mais d'un point de vue très large.

Speaker: Surtout centré sur l'eau qu'on boit dans la vie de tous les jours.

Speaker: Mais c'est un sujet tellement vaste, ça couvre tellement de thèmes et ça recroise tellement d'autres sujets aussi qu'on va rester quand même assez large sur pas mal de points.

Speaker: Parce que je veux garder du contenu pour faire d'autres épisodes précis plus tard.

Speaker: Est-ce qu'on va parler des milliardaires qui veulent notre eau pour la mettre dans des bouteilles et nous la revendre?

Speaker: On peut en discuter.

Speaker: Ah, let's go!

Speaker: On va parler de ça, on va parler de plein de choses.

Speaker: On va parler de trois notions particulièrement.

Speaker: L'acheminement de l'eau.

Speaker: Comment on va chercher l'eau là où elle est, pour l'amener là où on en a besoin?

Speaker: comment on traite cette eau pour la rendre utilisable, parce qu'elle n'est pas forcément à la base, et comment on la traite après qu'on l'ait utilisée aussi.

Speaker: Ok, ça marche pas forcément.

Speaker: Parce qu'il y a tout ça.

Speaker: Alors on va faire un petit point.

Speaker: L'eau, qu'est-ce que c'est?

Speaker: Est-ce que tu sais ce que c'est l'eau, Rémi?

Speaker: Est-ce que tu vas nous en parler?

Speaker: C'est la source de la vie.

Speaker: C'est exactement ce que j'ai écrit.

Speaker: C'est vrai?

Speaker: C'est des molécules d'H2O.

Speaker: Oui.

Speaker: Je vous rassure, on ne va pas descendre à ce niveau-là.

Speaker: Des fois, ça tombe du ciel.

Speaker: Oui, et des fois, ça monte du sol aussi.

Speaker: OK.

Speaker: Il faut faire gaffe, ça peut arriver de tous les côtés.

Speaker: On ne sait pas ce qui peut se passer.

Speaker: C'est une dinguerie.

Speaker: À tout moment, sous tes pieds, une source.

Speaker: C'est exactement pour ça que les extraterrestres qui n'aiment pas l'eau viennent envahir la Terre dans un film.

Speaker: Ouais, parce qu'ils arrivent sur Terre et ils font « Putain, mais il y a de l'eau!

Speaker: » « Putain, mais il y a de l'eau partout alors que c'est toxique pour nous!

Speaker: » C'est ça, et c'est pas comme si genre les trois quarts de la surface de la Terre, c'était de l'eau, mais je sais pas.

Speaker: Peut-être qu'ils la voient pas dans l'espace.

Speaker: Ils voient de l'eau, ils se disent « Oh, c'est du papier bleu!

Speaker: » Ouais, l'eau, c'est utile.

Speaker: Ça sert quand même à quelques petits trucs.

Speaker: Ça sert à boire, ce qui est notamment utile.

Speaker: Un humain qui ne mange pas peut tenir 4 à 5 semaines.

Speaker: Un humain qui ne boit pas peut tenir 3 jours.

Speaker: Ok.

Speaker: Et puis tu fais pas de réserve quoi?

Speaker: Non, même si on est composé 70% d'eau, ça circule très vite, il faut renouveler très vite.

Speaker: C'est aussi utile pour la culture, pour faire de la nourriture en fait.

Speaker: Parce que les plantes ça boit de l'eau aussi, parce que tout ce qui est vivant prend de l'eau.

Speaker: Tout ce qui est vivant boit de l'eau.

Speaker: C'est con mais en fait absolument tout qui vit a besoin d'eau.

Speaker: Même le cafard dans ton placard il a besoin d'eau tu vois.

Speaker: Et ça sert aussi pas mal à faire fonctionner les industries.

Speaker: Parce qu'avec de l'eau, on peut faire de la chimie, et on peut aussi faire de l'énergie.

Speaker: Et du coup, c'est pas mal cool d'avoir de l'eau près de chez nous, tu vois, puis...

Speaker: Le fait est qu'aujourd'hui encore, la meilleure manière qu'on ait trouvé de faire de l'énergie de nos jours, de l'électricité, ça reste la vapeur.

Speaker: Oui, c'est vrai, c'est en faisant bouillir de l'eau.

Speaker: Qui reste de l'eau, en fait.

Speaker: C'est quand même utile à tous ces niveaux.

Speaker: Mais c'est aussi dangereux, l'eau.

Speaker: Parce que trop d'eau, tu meurs.

Speaker: Tu peux te noyer.

Speaker: Tu peux noyer les cultures.

Speaker: Toutes ces choses qu'on n'a pas envie de voir, en fait.

Speaker: Toutes les fake news sur le monoxyde d'hydrogène.

Speaker: C'était quoi?

Speaker: Je sais pas si t'avais déjà vu ça, c'était une espèce de fake news qui disait le monoxyde de dihydrogène, si vous en buvez trop vous pouvez mourir, elle vous cause des brûlures sous sa forme gazeuse, elle vous cause des brûlures sous sa forme solide, etc.

Speaker: Et du coup toutes les mauvaises choses que peut faire le monoxyde de dihydrogène, et en fait monoxyde de dihydrogène c'est H2O, et ça parlait de l'eau, et c'était pour envoyer ça dans les cercles conspi pour qu'ils parlent d'un truc qu'on sait que c'est de la merde tu vois putain.

Speaker: C'est quand même des trucs avec l'air, là, tu sais, c'est genre... C'est marrant, mais tout ce qui respire de l'air meurt.

Speaker: Oui, voilà, c'est ça.

Speaker: Peut-être que c'est corrosif.

Speaker: Aujourd'hui, tous ces mythes débunkés pour vous, ensemble.

Speaker: Ne croyez pas ce qu'on vous dit sur Internet, sauf nous.

Speaker: Exactement.

Speaker: Non, on va parler de l'eau aujourd'hui, tous les jours.

Speaker: On en a besoin tous les jours, on en a besoin tout le temps pour tout ce qu'on fait.

Speaker: Mais c'est un peu la question, à votre avis, d'où vient l'eau?

Speaker: Et si tu me réponds du robinet?

Speaker: Je ne saurais même pas osé la faire.

Speaker: Mais c'est ça, il y avait une question qui avait été posée une fois, c'était genre d'où vient l'électricité?

Speaker: Un quart des répondants avait répondu du mur.

Speaker: Ah bah oui, makes sense.

Speaker: Donc ouais genre tout le robinet, il y a de l'eau aujourd'hui, c'est quasiment pour nous en occident en tout cas, c'est pas une question.

Speaker: Ouais c'est une chose qui est acquise pour nous.

Speaker: On a de l'eau partout, nous en plus là en ce moment au Canada, payé avec les plus grosses réserves d'eau potable au monde, c'est un truc qui est vraiment pas une question, c'est l'eau il y en a, on se pose pas la question, on fait quand même attention là, on coupe l'eau quand on se brosse les dents, ce genre de choses, mais c'est...

Speaker: En tant que citoyen lambda dans un pays d'Occident, la question de l'eau n'est pas une question du quotidien.

Speaker: Non, c'est vrai.

Speaker: Il y a des exceptions.

Speaker: On a souvent le cas dans les campagnes où on va dire peut-être buvez de l'eau en bouteille pour les nouveau-nés ou des choses comme ça.

Speaker: Ou quand il y a des problèmes dans lesquels...

Speaker: Et encore non, parce que là, on arrive sans nous tuer.

Speaker: Mais autant, ouais, on nous fait... On nous bassine, j'allais dire, entre guillemets, parce que c'est normal, mais sur les économies d'énergie... Ah putain, bassine!

Speaker: C'était même pas ça que je pensais.

Speaker: Je vais rigoler à tous les gens de moi, je te connais.

Speaker: C'était même pas voulu.

Speaker: Non, mais tu vois, on nous embête avec les économies d'énergie, etc.

Speaker: Mais jamais on nous parle des économies d'eau, ou alors très peu, quoi.

Speaker: En été, quand c'est la sécheresse, mais globalement... C'est ça.

Speaker: Généralement, ce qui se passe avec l'eau, c'est un peu comme...

Speaker: moins avec l'électricité mais surtout avec l'eau quand il y a des problèmes, on va d'abord se tourner vers les industries et l'agriculture parce que c'est là où on a vraiment de la marge de travail.

Speaker: Quand on prend les équivalents, c'est-à-dire qu'une usine de papier peut consommer autant d'eau qu'une ville de 20 000 habitants.

Speaker: Donc s'il y a des problèmes de sécheresse, on va peut-être demander à l'usine d'être à mi-régime pendant une semaine.

Speaker: Parce que les économies en eau sont délirantes par rapport à demander à toute une famille de ne pas faire de pâtes pendant une semaine, plutôt faire des aliments secs.

Speaker: Pour une fois, tu vois, on vient pointer les bonnes personnes qui doivent faire des efforts sur les trucs.

Speaker: Mais pour les infrastructures et les ressources premières, il y a pas mal de fois où c'est le cas, je pense, à l'électricité.

Speaker: Quand il y a une sur-demande par rapport à la production, généralement, tu as des industries qui sont en lien avec les fournisseurs d'électricité.

Speaker: Et c'est prévu, c'est dans une entente, qu'elles vont perdre le courant en premier avant d'aller couper les particuliers.

Speaker: Ah, c'est cool.

Speaker: Et généralement ils ont des tarifs préférentiels liés à ça.

Speaker: Ils payent leur électricité moins chère mais dès qu'il n'y en a pas assez c'est eux qui ont coûté en premier.

Speaker: Mais on arrive à avoir de l'équilibre à ce niveau là parce que pareil pour les infrastructures, les industries consomment toujours des quantités complètement délirantes par rapport aux particuliers, ce qui est normal aussi.

Speaker: Mais là on va rester sur l'eau.

Speaker: Et ce qu'on disait, nous ici en Occident, l'eau c'est pas une question.

Speaker: Le seul moment où ça devient une question, c'est quand il y a une coupure d'eau, c'est quand il y a un problème.

Speaker: Et c'est parce que c'est encore un réseau de l'infrastructure, c'est quelque chose qui est fait pour ne pas être vu, l'approvisionnement en eau.

Speaker: C'est fait pour qu'on l'oublie, pour que la société fonctionne.

Speaker: Et on va parler un peu de toutes les composantes qui rentrent là dedans, qui rentrent dans le fait que quand on ouvre le robinet on a de l'eau potable et que quand l'eau coule dans notre évier elle part à un endroit où on n'a pas à se poser la question et qu'on n'est pas en train de détruire le monde en faisant ça.

Speaker: C'est vrai qu'on n'y pense pas.

Speaker: Et tout ça, ça a lieu tout le temps en permanence, qu'il fasse beau, qu'il fasse moche, qu'il grêle, qu'il vente, qu'il y ait de l'électricité ou pas.

Speaker: Idéalement il faut qu'il y ait de l'électricité mais quand même.

Speaker: Il y a des gens dont c'est le métier qui travaillent là dessus.

Speaker: C'est ça en fait, les hydrologues, les gens de l'eau.

Speaker: C'est une dinguerie.

Speaker: Mais ouais.

Speaker: Donc généralement, on trouve...

Speaker: Trois entités précises comme on a dit, l'acheminement, l'approvisionnement en eau.

Speaker: Donc ça, ça peut venir des rivières, des sources, des puits, les lacs phréatiques, on va en parler.

Speaker: Ça inclut aussi dans l'approvisionnement tout ce qui est le traitement, la purification.

Speaker: Ensuite, t'as la distribution.

Speaker: Comment l'eau va de son point où elle est prête à là où on l'utilise.

Speaker: Les fontaines, les bassins, les canalisations, les bains publics.

Speaker: Je sais déjà pas comment ça fonctionne le robinet pour séparer l'eau froide de l'eau chaude.

Speaker: Il la mélange, il la sépare pas.

Speaker: Mais c'est un truc ça, on va en parler.

Speaker: On va en parler un petit peu.

Speaker: Même l'infrastructure qui est chez moi dans ma salle de bain, je sais même pas comment elle fonctionne.

Speaker: J'avoue.

Speaker: Mais il y a des questions par rapport à ça et ça a donné des différences avec certains pays sur l'eau chaude eau froide.

Speaker: Et ensuite on a la gestion des eaux usées avec des notions comme les drains, les fosses, les égouts, le traitement, les déversements, les reflux, tout ce qui va avec.

Speaker: Et au milieu de tout ça, là je parle vraiment sur l'eau de consommation que nous humains on consomme, mais par dessus ça il faut rajouter toutes les eaux de pluie.

Speaker: toutes les eaux qui ne sont pas consommées mais qui participent dans ce système aussi toute l'eau qui part dans les industries qui va pas forcément avoir le même traitement que les autres on va pas forcément s'attarder beaucoup sur les utilisations spécifiques telles que l'industrie mais il faut prendre en compte que c'est présent oui parce qu'il faut gérer tout ça même si nous on s'en sert pas et puis ça fait partie de la même infrastructure soit la même soit en parallèle

Speaker: Mais on va faire ça dans l'ordre.

Speaker: On va d'abord faire un petit tour des composantes dans l'ordre.

Speaker: Déjà, il y a la notion de...

Speaker: Où est-ce qu'on trouve de l'eau?

Speaker: Où est l'eau?

Speaker: La réponse la plus évidente... Dans les lacs!

Speaker: Ouais, c'est une bonne réponse.

Speaker: Mais généralement, on évite de trop prendre l'eau des lacs.

Speaker: Parce que ça se vide.

Speaker: Ça se vide s'il n'y a pas une entrée d'eau suffisante.

Speaker: Parce que c'est le problème, c'est que si on pousse de l'eau quelque part, il faut que ça se remplisse à nouveau, sinon on va être embêté.

Speaker: Ça fait sens.

Speaker: On va pas mal en parler de ça, en fait, parce que c'est un gros problème aujourd'hui.

Speaker: Bah je pense ici, genre si tu siphones le lacontario, y'a plus de Saint Laurent donc c'est juste l'intégralité du Québec qui est détruite.

Speaker: C'est ça, avec l'eau y'a tout de suite une question de répercussion.

Speaker: Ouais c'est ça.

Speaker: Dès qu'on fait quelque chose.

Speaker: Mais ouais, il faut se fournir en eau.

Speaker: L'eau, on en trouve où?

Speaker: On en trouve dans la mer, mais elle est salée.

Speaker: Ouais, c'est dégueu.

Speaker: Même pas que c'est dégueu en fait, c'est que c'est mortel.

Speaker: Oui, oui.

Speaker: Parce que tu peux la voir.

Speaker: On ne va pas t'empêcher de la boire, on ne peut pas t'interdire de la boire, il n'y a pas un rejet physique qui ne te permet pas de la boire.

Speaker: C'est juste que le sel fait que tu vas plus te déshydrater que ce que ça va te déshydrater.

Speaker: C'est juste contre-productif, c'est manger du céleri.

Speaker: Qui lui même boit de l'eau, ok c'est bon.

Speaker: C'est ça, tu vois le lait?

Speaker: C'est ça, on évite tout ce qui est eau stagnante en fait.

Speaker: Du coup les lacs en soit, s'il y a une entrée d'eau quelque part et une évacuation d'eau, c'est juste un tampon sur un cours d'eau, ça va fonctionner mais généralement on va pas trop s'approvisionner une laque.

Speaker: Fleuve du coup?

Speaker: Les fleuves, les rivières, énormément.

Speaker: Et aussi énormément l'eau souterraine.

Speaker: L'eau souterraine, ce qu'on va souvent nommer comme les nappes phréatiques, qui est une des principales sources d'approvisionnement en eau, parce que même dans des zones désertiques, ce n'est pas impossible qu'il y ait de l'eau quelques mètres sous la surface.

Speaker: Ce n'est pas parce que le sol est aride qu'il n'y a pas d'eau sous la surface à une certaine profondeur.

Speaker: C'est variable, ça change.

Speaker: On va parler un peu des nappes phréatiques.

Speaker: Et il y a surtout le fait que l'eau qu'on récupère, peu importe où on la récupère, elle n'est pas forcément consommable directement.

Speaker: On a vu le sel avec l'eau de mer, mais si tu récupères de l'eau d'une rivière, peut-être qu'elle est chargée en saleté, en chouette, parce qu'elle a ramassé sur le trajet.

Speaker: C'est pour ça aussi que les rivières sont troubles, parce qu'elles ont toujours plein de particules dedans, vu qu'elles se déplacent.

Speaker: Même s'il y a du sable, au final, tu n'as pas envie de boire du sable.

Speaker: Exactement, si il y a du sable en suspension, tu voudrais qu'il ne soit pas là.

Speaker: Pareil pour les nappes phréatiques en fait, c'est de l'eau qui... Généralement en fait les nappes phréatiques elles vont se charger avec de la pluie, tout bêtement.

Speaker: L'eau s'évapore des océans, le cycle de l'eau.

Speaker: Ah le cycle de l'eau, retour en CE1.

Speaker: C'est parti.

Speaker: Sur l'océan il y a du soleil.

Speaker: Donc l'eau, elle s'évapore, ça fait des nuages.

Speaker: Les nuages, ils vont sur la terre et ils font la pluie.

Speaker: Et la pluie ruisselle, irrigue les sols.

Speaker: Et l'eau qui n'est pas absorbée par les plantes et qui n'est pas évaporée, ruisselle au travers des couches sédimentaires jusqu'à se collecter dans une couche perméable qu'on va appeler la nappe phréatique.

Speaker: Et généralement, les nappes phréatiques sont au-dessus d'une couche

Speaker: imperméable qui empêche l'eau d'aller plus bas.

Speaker: Il y a vraiment une roche solide.

Speaker: Et on peut même avoir des nappes phréatiques entre deux couches imperméables.

Speaker: C'est la coupelle que tu mets sous le pot de fleurs pour quand tu l'arroses, l'eau ne coule pas.

Speaker: C'est ça, la coupelle et la nappe perméable.

Speaker: C'est l'idée, en vrai, sauf que c'est sous terre.

Speaker: Et c'est pas... Les nappes phréatiques, souvent, je pense, on voit le petit diagramme, la vue en coupe, où tu vois la maison, le champ, le sapin, trois couches de terre et un lac.

Speaker: Grosso modo, tu vois une grosse zone bleue.

Speaker: Moi, j'imagine ça quand on dit une nappe phréatique.

Speaker: Alors, c'est l'idée, mais c'est pas... Il n'y a pas un lac souterrain.

Speaker: Il y en a, ça existe, mais une nappe phréatique n'est pas un lac souterrain.

Speaker: C'est de la terre chargée en eau.

Speaker: Ça peut être de la pierre chargée en eau, c'est de la boue en fait.

Speaker: Ah oui d'accord, ok.

Speaker: Et c'est ça.

Speaker: Ah je suis déçu un peu.

Speaker: Ouais mais en fait c'est utile parce que ça nous permet de comprendre par exemple, parce que étant donné que c'est une manière super simple d'avoir accès à de l'eau au final, la nappe phréatique c'est quelque chose qu'on fait depuis l'antiquité.

Speaker: C'est à dire que les premières civilisations sont allés chercher l'eau pour boire,

Speaker: et faire des cultures.

Speaker: C'est pour ça qu'on a les premières civilisations, notamment le tigre et l'Euphrate, dans l'Irak actuel, le berceau de l'humanité.

Speaker: Il y avait deux fleuves qui irriguaient une énorme zone, donc les gens se sont installés là.

Speaker: Le croissant fertile.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et du coup c'est bien, parce qu'il y a des fleuves qui font le travail pour nous, mais dans le reste du monde, il n'y a pas des rivières ou des fleuves tous les 20 mètres.

Speaker: Donc l'humanité a vite découvert que creuser dans le sol, généralement, ça permet de trouver de l'eau.

Speaker: Et comment ça fonctionne?

Speaker: Enfin, c'est des puits, tout ça.

Speaker: Et comment fonctionne un puits?

Speaker: Parce que moi, je me suis posé la question, comment ça fonctionne un puits?

Speaker: Parce qu'on fait un trou, on met de l'eau, mais comment il se remplit le puits?

Speaker: Et en fait, le but, c'est juste d'aller creuser suffisamment profond pour creuser dans la zone de la nappe phréatique.

Speaker: Et en fait, comme c'est une zone qui est chargée en eau, l'eau va juste venir s'accumuler dans le trou que tu as fait.

Speaker: ça vient s'accumuler dans le trou au lieu.

Speaker: Est-ce que c'est comme si tu avais une espèce d'éponge?

Speaker: Ouais, le sol est une éponge, et tu as fait un trou au milieu de l'éponge, et du coup toute cette zone saturée, tu as une partie de l'eau qui va venir se déverser dans le trou que tu as fait.

Speaker: Et tu as juste à venir ensuite envoyer ton seau et le remonter.

Speaker: Et ça va se recharger naturellement en équivalence de la nappe phréatique.

Speaker: Ok, ok.

Speaker: Ah oui, moi je voyais vraiment le trou vers le lac quoi.

Speaker: Genre vraiment... Bah tu sais, t'as le lac sous terre, t'as un trou et tu descends ton seau et tu prends l'eau quoi.

Speaker: C'est ça, sauf qu'en fait c'est de l'infiltration.

Speaker: Mais c'est de l'inf... ok.

Speaker: Ce n'est pas juste une zone liquide, l'eau va s'infiltrer à travers les ports de la matière, de la roche, de la terre, peu importe ce qu'il y a à cet endroit-là.

Speaker: Et quand tu fais un trou, ça fait un plus gros endroit où s'infiltrer.

Speaker: Donc l'eau va s'accumuler là naturellement.

Speaker: Et en fait, même si c'est juste de l'infiltration et pas un lac, il y a quand même cette idée de que le niveau est censé être à peu près stable sur toute la zone, ça s'équilibre.

Speaker: Donc si on fait un trou, ça va créer une dépression dans le niveau à cet endroit parce que l'eau s'accumule dans ton trou.

Speaker: Où que ce soit l'endroit de ta nappe phréatique, si tu creuses dedans, ça va fonctionner.

Speaker: Tant que tu creuses dans la nappe phréatique.

Speaker: C'est ça.

Speaker: C'est classe.

Speaker: Vraiment.

Speaker: C'est ce que l'humanité te fait depuis l'origine des temps.

Speaker: Et ce qui est intéressant, c'est que tu as deux types de puits.

Speaker: Parce que comme je t'ai dit, il y a des nappes qui sont sur une couche imperméable.

Speaker: Mais tu as des nappes qui sont entre deux couches imperméables.

Speaker: Ça arrive, ce genre de situation.

Speaker: Et ça peut provoquer que la nappe peut être sous pression.

Speaker: Parce que tu peux avoir de l'eau qui s'accumule à différents endroits qui veut rentrer dans cet endroit mais l'eau au centre par exemple qui va être bloquée entre ces couches imperméables Du coup quand tu fais un trou ça fait... Exactement, on appelle ça un puits artésien en France ça a un nom, ça existe Ça vient de chez nous?

Speaker: Ouais, du Nord

Speaker: En vrai, il y a plein de sources en France où l'eau remonte de la surface.

Speaker: C'est deux raisons.

Speaker: Soit parce que la nappe en dessous est sous pression et c'est un endroit où l'eau arrive à s'échapper pour libérer de la pression.

Speaker: Soit c'est parce que ça arrive à travers le relief que le niveau de la nappe phréatique, à certains endroits, soit plus haut que le niveau du sol.

Speaker: Par exemple, dans des vallées ou des choses comme ça, la nappe phréatique peut être plus haute autour de la vallée, enfin le niveau de la nappe phréatique peut être plus haut que le bas de la vallée, et ça fait que l'eau arrive sous pression dans le fond de la vallée.

Speaker: Les cours d'eau généralement vont pouvoir absorber de l'eau comme ça en se déplaçant, mais ça fait aussi que c'est possible de récupérer de l'eau sous pression en fond.

Speaker: Alors sous pression ça ne veut pas dire que ça monte à 15 mètres.

Speaker: Parfois ça monte de 5 cm au dessus du sol puis ça repart.

Speaker: Mais ça reste le fait qu'il y a de la pression à cet endroit là et c'est pour ça que l'eau remonte à la surface.

Speaker: Et c'est complètement dépendant du relief.

Speaker: Et ça permet ce genre de choses.

Speaker: Et ce genre de nappe, comme on dit là, qui permet de faire des puits artésiens, c'est des nappes qu'on appelle captives.

Speaker: C'est pour ça qu'il y a de la pression qui s'accumule.

Speaker: Dans tous les cas, il faut que le pluie soit assez profond pour atteindre la nappe phréatique.

Speaker: Et le problème qui peut apparaître, c'est que le niveau de la nappe phréatique n'est pas stable.

Speaker: Quand il pleut, l'eau s'infile.

Speaker: Et dans la période après les pluies, le niveau de la nappe phréatique, ce qu'on appelle le niveau piézométrique.

Speaker: Le niveau piézométrique, c'est le haut de la nappe phréatique.

Speaker: Ce n'est pas le niveau du sol.

Speaker: C'est le niveau où le sol passe de saturé en air...

Speaker: à saturer en eau.

Speaker: En termes d'infiltration, tu vois.

Speaker: C'est-à-dire que nous, on creuse dans le jardin, la terre, elle est peut-être un peu humide, mais ça reste de la terre sèche.

Speaker: C'est de la sèche.

Speaker: C'est-à-dire qu'entre les...

Speaker: entre les particules de terre, de rocher et tout ça, c'est de l'air.

Speaker: Et si tu creuses suffisamment, à un moment, c'est de l'eau.

Speaker: Tu vois quand t'es à la plage et que tu fais un trou?

Speaker: D'abord, t'as du sable sec et après, à un moment, quand tu creuses assez profond, tu te retrouves à avoir de l'eau partout.

Speaker: Et au moment où tu arrives dans l'eau, c'est le moment où tu trouves le niveau piézométrique.

Speaker: C'était ça ma question, j'allais dire.

Speaker: Est-ce que ça doit être quand même progressif?

Speaker: J'imagine qu'il n'y a pas un moment où tu passes de 0 à 100.

Speaker: J'imagine vraiment la ligne droite de « Ah, ça y est, c'est bon, c'est good ».

Speaker: On la représente par une ligne droite parce que c'est plus simple, mais après, par capillarité, forcément, il y a de l'eau qui remonte un peu, s'il y a de l'air qui descend un peu, ça fait une zone de transition.

Speaker: À partir du moment où ton eau n'est plus dans ton sable, c'est que c'est saturé parce que le sable a absorbé tout ce qu'il pouvait.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: À partir du moment où il n'y a que de l'eau au milieu de la matière, il n'y a plus d'air, en fait.

Speaker: Et le niveau piézométrique, comme on a dit, il évolue constamment.

Speaker: Donc la pluie le fait évoluer parce que quand il pleut, ça rentre dans le sol, ça fait monter le niveau.

Speaker: Ça inclut aussi l'arrosage en surabondance.

Speaker: Parce que nous, humains, on peut faire évoluer les niveaux, simplement en arrosant énormément, en fait, notamment les grandes cultures.

Speaker: C'est une dinguerie.

Speaker: Il y a aussi la présence de cours d'eau.

Speaker: qui aide, parce que les cours d'eau, il y a toujours de l'eau qui s'enfile dans le sol et ça aide à faire remonter les nappes.

Speaker: Oui, puis je me dis qu'il y a une crue ou quoi, et ça pourrait peut-être attendre la nappe.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et à l'inverse, tu peux avoir par exemple la chaleur.

Speaker: Quand il fait très chaud, on te dit que les nappes descendent.

Speaker: Les nappes ne descendent pas quand il fait chaud, parce qu'il fait chaud.

Speaker: Elles descendent parce que la chaleur assèche les couches supérieures du sol.

Speaker: Donc les plantes, au lieu de récupérer l'eau des couches supérieures, vont utiliser leurs racines pour aller chercher l'eau plus profondément.

Speaker: Et ça peut aller chercher dans la nappe phréatique du coup, ça a cet effet.

Speaker: Parce que le sol s'assèche, par capillarité il y a toujours un peu d'eau qui remonte, donc le haut est sec, plus d'eau remonte, donc les nappes s'assèchent.

Speaker: Donc s'il n'y avait pas d'arbre, il n'y aurait pas de sécheresse.

Speaker: Ouais, et sortir tout élément vivant sur terre, il n'y a pas de problème d'eau.

Speaker: J'avoue, pourquoi on n'a pas pensé à ça?

Speaker: Vous avez essayé de brûler toutes les forêts?

Speaker: Et il y a aussi, évidemment, l'extraction d'eau qui fait baisser le niveau.

Speaker: Parce qu'on a dit qu'on mettait un puits.

Speaker: On pense un puits au milieu de la plaine, c'est pas gênant.

Speaker: Mais quand t'as 45 puits, dont un qui tire des milliers de mètres cubes, carrément une pompe, parce qu'on veut arroser ou faire des usines, à un moment, ça va déséquilibrer la nappe.

Speaker: Et on parle vraiment, pour les nappes phréatiques, de chercher un équilibre entre...

Speaker: approvisionnement en eau, que ce soit naturel, généralement de l'eau naturelle, et extraction.

Speaker: Ok.

Speaker: Et du coup, j'ai une question parce que tu as dit par exemple qu'il y a 45 puits et là-bas il y a une usine, une nappe phréatique, ça peut être genre très large?

Speaker: Ça peut être immense.

Speaker: Ok.

Speaker: Ça peut recouvrir des régions entières comme ça peut faire la taille d'un village.

Speaker: Ok, ok.

Speaker: c'est purement géologique, c'est comme ça, ça dépend des endroits.

Speaker: Mais donc ça peut faire la taille, ça peut être très très grand comme ça peut être pas si grand que ça au final, on est quand même sur des échelles assez intéressantes mais ouais et tu peux avoir des déserts au dessus de nappes phréatiques.

Speaker: Pourquoi dans les déserts il y a des pluies?

Speaker: Ouais bah oui oui oui.

Speaker: C'est ce genre de choses.

Speaker: Donc les nappes phréatiques, élément numéro 1 pour l'approvisionnement.

Speaker: Directement dans les cours d'eau aussi, on l'a dit.

Speaker: Ça, à E2, on a 90% de l'approvisionnement en eau.

Speaker: Sinon, t'as d'autres techniques qui existent pour obtenir de l'eau utilisable.

Speaker: On va avoir la collecte d'eau de pluie, qui est toujours une très bonne manière.

Speaker: C'est bypasser la nappe phréatique au final, quand on y pense.

Speaker: Oui, c'est pas faux, j'avoue.

Speaker: On peut aussi désaliniser de l'eau de mer.

Speaker: Ça se fait.

Speaker: C'est extrêmement coûteux en énergie.

Speaker: parce qu'il faut faire bouillir l'eau.

Speaker: Du coup c'est quand même énormément d'énergie.

Speaker: Mais l'eau de pluie, d'assaliniser l'eau de mer, c'est des techniques qui fonctionnent.

Speaker: On sait que ça fonctionne, on sait l'utiliser, mais c'est juste qu'on réserve ça pour des utilisations très marginales.

Speaker: Finalement, d'assaliniser l'eau de mer, j'ai l'impression que ça sert plus à récupérer du sel qu'à récupérer de l'eau.

Speaker: J'ai toute cette eau potable maintenant, je ne sais pas quoi en foutre.

Speaker: Mais avec tout ça on arrive quand même à avoir de l'eau.

Speaker: Donc la terre,

Speaker: Les ruisseaux, les rivières, et l'eau de pluie et tout ça.

Speaker: Tu parlais des lacs, je voudrais juste corriger ça, j'ai dit pas trop les lacs.

Speaker: Généralement, quand on collecte de l'eau dans le lac, c'est que c'est un lac artificiel.

Speaker: Ok, d'accord.

Speaker: On va les créer pour ça, justement.

Speaker: Ouais on va créer les lacs pour que ce soit des réserves d'eau.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Sinon on peut mais le problème c'est qu'on est tout de suite limité par... Bah tu peux pas puiser plus dans le lac que ce qui arrive.

Speaker: Ouais c'est ça.

Speaker: Et généralement tu peux pas te permettre non plus de réduire le taux d'évacuation du lac de base si y'a une rivière qui en part tu sais.

Speaker: Oui ok ouais.

Speaker: Si t'as 100 m3 qui arrivent, 100 m3 qui s'en vont et que toi tu veux piocher 40.

Speaker: Ouais.

Speaker: Ça va poser un problème en fait de soit tu puises le lac tu réduis son niveau, soit tu réduis son niveau de sortie.

Speaker: Ouais puis quoi qu'il arrive y'a l'aval derrière à penser ouais.

Speaker: Exactement.

Speaker: Tout est lié.

Speaker: Ouais, c'est difficile.

Speaker: Bon.

Speaker: On y arrive, hein.

Speaker: On y arrive.

Speaker: Donc là, maintenant, on a de l'eau.

Speaker: Tu vois, on sait où aller la chercher.

Speaker: J'ai trouvé de l'eau.

Speaker: Super.

Speaker: Maintenant, il faut l'emmener quelque part et en faire quelque chose.

Speaker: Le transport de l'eau, ça... Traditionnellement, on s'installait là où il y avait de l'eau.

Speaker: Parce que transporter de l'eau, c'est long et c'est chiant.

Speaker: Parce qu'au final, l'eau, il nous en faut beaucoup.

Speaker: pour vivre, faire de la culture, plein de choses.

Speaker: Et l'eau c'est fucking lourd.

Speaker: Par un hasard j'imagine.

Speaker: Tu te rends compte que 1 litre d'eau c'est 1 kg.

Speaker: C'est fou hein.

Speaker: C'est super lourd.

Speaker: A croire qu'il y a un lien.

Speaker: Mais ouais tu vois, 1 litre d'eau, 1 kg, un européen consomme 150 litres d'eau par jour en Europe.

Speaker: Ouais c'est difficile d'aller chercher ton 150 kilos tous les jours.

Speaker: Ouais et c'est pour ça qu'on le voit que c'est des gros problèmes et des gros handicaps au développement, dans les pays en développement en fait.

Speaker: Je pense à plein de pays d'Afrique qui ont des problèmes d'approvisionnement en eau, où en fait la corvée d'eau qui est d'aller remplir des bidons et les ramener au puits, ça peut prendre une demi-journée en fait.

Speaker: Ouais oui c'est ça.

Speaker: Parce qu'il faut aller la chercher, c'est loin, c'est complexe.

Speaker: C'est lourd ouais.

Speaker: Donc très rapidement on a eu besoin en fait, on a voulu déplacer de l'eau parce que dès qu'on a commencé à s'installer,

Speaker: un tout petit peu plus loin que sur la rive d'un cours d'eau, il fallait la déplacer.

Speaker: Et il a fallu qu'on réfléchisse à ça.

Speaker: Ça a aussi très vite pris de l'ampleur avec l'apparition des villes.

Speaker: Parce que même si ta ville est installée à côté d'un cours d'eau, c'est pas impossible que le cours d'eau soit plus suffisant pour ta ville en fait.

Speaker: Ah oui, on parle de suffisant, ouais, ok.

Speaker: Parce qu'il faut quand même que le cours d'eau continue de couler.

Speaker: Bien sûr.

Speaker: Parce que de toute façon, même si on réduit trop le niveau d'un cours d'eau, il devient beaucoup trop pollué pour faire quoi que ce soit avec.

Speaker: Donc il faut aller chercher d'autres sources extérieures.

Speaker: On appelle ça la collecte et la distribution de l'eau.

Speaker: Alors il y a plein de dispositifs qui ont été créés au fil de l'histoire pour faire ce genre de choses.

Speaker: On a les tranchées, on a les canaux, on a les rigoles, on a les actes ducs, on a les tuyaux enterrés, puis en fin de truc on va avoir les fontaines, on va avoir...

Speaker: plein de civilisations à plein d'époques différentes.

Speaker: Tout le monde a trouvé son petit moyen de s'en sortir quand même.

Speaker: C'est ça et généralement c'est adapté aussi aux situations précises de chaque civilisation.

Speaker: C'est-à-dire que les techniques utilisées par exemple pour les romains en Europe ne pouvaient pas s'adapter aux civilisations au Pérou et tout ça en Amérique du Sud parce que le relief est différent, les conditions sont différentes.

Speaker: Ça c'est des systèmes qui transportent l'eau eux-mêmes.

Speaker: Sinon avant on avait plein d'autres manières de transporter l'eau, on inventait les seaux, c'est pratique, les barriques, mais comme on dit, c'est énormément d'énergie dépensée pour transporter au final pas beaucoup d'eau.

Speaker: Oui c'est ça.

Speaker: Oui tant qu'à faire on va s'installer au bord de l'eau.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Par contre dès qu'on a commencé à vouloir déplacer de l'eau sur des longues distances, là on va mettre de l'infrastructure, on va un peu parler...

Speaker: Je peux pas dire de bêtises, on va un peu parler des romains et tout ça.

Speaker: On va mentionner tout ça.

Speaker: Mais au final, le transport de l'eau, il n'y a rien de bien sorci.

Speaker: Il y a de l'ingénierie super intéressante.

Speaker: Pour les actes d'Ucte, il va y avoir cette question de la pente.

Speaker: Est-ce que tu veux une pente suffisamment

Speaker: pentue pour que l'eau se déplace.

Speaker: Oui bien sûr.

Speaker: Mais tu la veux pas trop pentue non plus pour pas que tu aies un problème de dénivelé surtout dans la distance.

Speaker: Ouais parce que tout va s'accumuler en bas en plus.

Speaker: Ouais c'est ça, puis il y a surtout que ça crée de l'usure.

Speaker: Plus le débit est important, plus ça va user la pierre, plus ça va user tes tuyaux.

Speaker: Ah c'est marrant.

Speaker: Donc il y a ces questions qu'il faut prendre en compte.

Speaker: Puis aussi le transport de protéger l'eau quand tu la transportes.

Speaker: Parce que si l'eau elle est pure à la source, qu'elle fait 500 km à ciel ouvert, elle va peut-être être moins pure à la fin.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: Ce genre de choses.

Speaker: On va en parler un peu.

Speaker: J'imagine qu'avec un peu les progrès de la physique aussi, parce que l'eau, elle a une physique aussi particulière, et tu sais, quand on a appris la...

Speaker: La physique des... Les vastes communicants.

Speaker: Les vastes communicants par exemple, c'est comme, ah ouais, ça, ça peut nous aider à monter de l'eau, genre.

Speaker: Ouais, les romains utilisent ça, à plusieurs reprises, pour faire passer des vallées.

Speaker: Et ça, il faut le découvrir, c'est des... Ouais, non.

Speaker: Ça s'improvise pas, pardon.

Speaker: Non, t'inquiète, on va rentrer dans le détail, je voulais juste faire un topo du truc, et ensuite on va parler des... au fil du temps, différentes époques, ce qui est arrivé, comment ça s'est passé.

Speaker: Mais pour le transport de l'eau, en vrai, il y a de l'ingénierie super intéressante, mais il n'y a rien de bien sorcier là-dedans au final.

Speaker: C'est A à B, on utilise la gravité.

Speaker: Oui, c'est ça.

Speaker: Et on travaille avec.

Speaker: De toute façon, on ne peut pas faire grand-chose d'autre.

Speaker: Aujourd'hui, à notre époque, on a de la triche, c'est-à-dire qu'on a des pompes.

Speaker: On a des pompes, oui.

Speaker: Voilà.

Speaker: On essaie quand même de les éviter le plus possible les pompes parce que d'un seul coup ton réseau est dépendant de l'électricité.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: Et on aime bien quand même avoir un maximum d'autonomie dans le réseau en lui-même.

Speaker: Ça fait sens.

Speaker: Même si aujourd'hui c'est impossible d'avoir que nos réseaux fonctionnent sans électricité.

Speaker: On aime bien quand même se dire que si demain il y a une copion de courant, on a au moins 24-48 heures tranquilles.

Speaker: Histoire de ne pas créer la panique.

Speaker: Ouais j'avoue, ça fait chier.

Speaker: L'eau, on la transporte, c'est bien, mais généralement il faut la traiter.

Speaker: Parce que l'eau de pluie, généralement, tu peux à peu près la boire.

Speaker: Tu ne vas pas être en super santé, mais tu ne vas pas mourir si tu prends l'eau de pluie.

Speaker: Sauf si il est plus acide, mais ça c'est autre chose.

Speaker: Puis pareil, comme on a dit, dans les rivières, ce n'est pas forcément propre, parce que dans les rivières, à tous les sédiments, les poissons baissent dans les rivières, ce qui sont quand même dégâts.

Speaker: Ah, bon bah...

Speaker: les particules, les bactéries, aujourd'hui il y a toutes les notions de pollution qu'il faut qu'on rajoute, qui n'était pas présente avant mais depuis 70 ans, depuis que les gens balancent leur vélo dans les fleuves, on ne peut plus trop boire l'eau.

Speaker: Les caddies, Rémi, les caddies!

Speaker: Et le traitement de l'eau, ce qui est intéressant, c'est que

Speaker: Ça va pas évoluer jusqu'au 19ème siècle.

Speaker: Très très peu.

Speaker: Et c'est seulement au 19ème siècle qu'on va découvrir... La javel.

Speaker: Les bactéries.

Speaker: On découvre les bactéries et on fait putain en fait... Les petites bêtes!

Speaker: Parce qu'en fait ce qui se passe c'est que jusqu'au 19ème siècle la qualité de l'eau c'est sa clarté.

Speaker: Ce qu'on appelle la turbidité de l'eau.

Speaker: La turbidité?

Speaker: La turbidité de l'eau.

Speaker: C'est une dinguerie.

Speaker: C'est sa concentration en particule.

Speaker: Visible en tout cas.

Speaker: La turbidité de l'eau.

Speaker: Sa teneur en particule qui trouble

Speaker: l'eau, ainsi que l'odeur et le goût.

Speaker: c'est les trois manières de valider si l'eau est potable jusqu'à la fin du 19ème siècle.

Speaker: C'est des bonnes méthodes.

Speaker: C'est quand même des bonnes méthodes.

Speaker: Elles sont basées sur des croyances qui ne sont pas forcément vraies, mais qui vont dans l'eau et de meilleure qualité quand même.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Donc... Ah bah machin, il a bu de l'eau verte, il est tombé malade.

Speaker: On va peut-être arrêter de boire l'eau verte.

Speaker: Quelle que soit la croyance qu'il y a derrière, le constat est réel.

Speaker: C'est exactement ça.

Speaker: Notamment la plus importante pendant très longtemps, du coup, ce qu'on disait, la clarté et l'odeur.

Speaker: Ouais.

Speaker: On a trouvé des traces de techniques de purification de l'eau qui datent de 2000 ans avant Jésus-Christ.

Speaker: C'est-à-dire que dès les premières civilisations, c'était vraiment quelque chose de... On regarde la gueule de l'eau avant de la boire.

Speaker: Et on essaye d'avoir l'eau la plus pure possible, la plus transparente possible, idéalement.

Speaker: Les techniques qu'on a trouvées de deux siècles avant Jésus-Christ, ça parle de faire passer l'eau dans un système de filtration en utilisant du sable et du gravier.

Speaker: en la faisant passer dans des tissus.

Speaker: Ah oui, ouais.

Speaker: Tu la filtres.

Speaker: Tu la filtres comme ça.

Speaker: Et principalement, en la faisant bouillir.

Speaker: Et ça, tout le temps, tout le temps, tout le temps, même aujourd'hui encore, de nos jours, quand on a un problème, on n'est pas sûr de la qualité de l'eau qui sort d'un réseau, on dit aux gens, faites bouillir l'eau.

Speaker: Faites bouillir l'eau, ouais.

Speaker: C'est la manière la plus efficace, en vrai, pour débarrasser de ça au prix.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: Il n'y avait pas le truc de 24 heures au soleil aussi?

Speaker: Juste 24 heures à l'air libre, ça aide beaucoup aussi.

Speaker: Ok, ouais.

Speaker: C'est quand je faisais le levain.

Speaker: Ok, ouais.

Speaker: Je disais qu'il faut que l'eau allait se rester dehors un petit moment où elle a été bouillie.

Speaker: Ah, c'est pour ça.

Speaker: C'est pour retirer tout ce qu'il y a dans l'eau, en fait.

Speaker: Ah, ouais, bah oui.

Speaker: Alors, il n'y aura jamais d'eau pure.

Speaker: Si vous achetez de l'eau en bouteille parce que vous voulez de l'eau pure, je suis désolé, vous êtes des pigeons.

Speaker: Aïe, aïe, aïe.

Speaker: C'est dit.

Speaker: Non, mais il faut être honnête sur certaines choses.

Speaker: Oui, grave.

Speaker: On a trouvé d'autres infiltrations.

Speaker: On a aussi les Égyptiens, aux 1500 ans avant Jésus-Christ, qui se mettent à utiliser des dérivés de la pierre d'Alain.

Speaker: pour purifier leur eau parce que la pierre d'Alain en poudre dans l'eau enfin dérivée de la pierre d'Alain ça entraîne que les particules se coagulent entre elles et font des dépôts au fond de l'eau et c'est une sorte de traitement un peu chimique au final où tu vas rajouter ce dérivé de pierre d'Alain dans l'eau attendre que ça coagule que ça tombe au fond et tu récupères l'eau à la bouche en eau

Speaker: Ouais, non, ça marche quand même pas pire, et on utilise des techniques similaires encore aujourd'hui.

Speaker: C'est ouf.

Speaker: Mais à partir de là, on va un peu... Niveau traitement de l'eau, on va pas tellement aller plus loin, jusqu'au XIXe siècle.

Speaker: Ok, ouais.

Speaker: Y'a pas grand-chose de plus qui vont exister.

Speaker: On va trouver d'autres manières de filtrer, c'est-à-dire qu'au lieu d'avoir du sable et des graviers, on va peut-être prendre du charbon, du bois, tu vois, ce genre de choses.

Speaker: Après, c'est vrai que découvrir les bactéries, ça va aider à tout ce qui est, de toute façon, des infections en règle générale, dans l'entier, quoi.

Speaker: Gros shift, à ce moment-là.

Speaker: Ouais, c'est ça, hein.

Speaker: Ça ne m'étonne pas.

Speaker: Il faudra attendre le 19ème siècle mais on va quand même avoir des petits changements à partir du 17ème.

Speaker: Il va y avoir des petits prémices qui vont apparaître.

Speaker: D'abord l'invention du microscope qui nous permet de prendre de l'eau propre, de zoomer et de voir qu'il y a encore des choses dedans.

Speaker: Qui va commencer à aider aussi à se dire qu'il y a peut-être des choses qu'on ne voit pas, même si va le faire accepter aux communautés scientifiques de l'époque.

Speaker: Ce que je disais, les filtres sophistiques.

Speaker: Donc on a des filtres en coton, on a des éponges, on a du charbon.

Speaker: Ça va aider à la filtration et surtout au goût derrière.

Speaker: Mais il va y avoir un premier gros chiffre, ce qui va être au XIXe siècle, où il va y avoir ce qu'on va appeler les épidémies de choléra.

Speaker: Ah bah tiens!

Speaker: Où on va avoir 5 épidémies de choléra en Europe en 20 ans.

Speaker: Notamment 3 à Londres.

Speaker: Et ça va y avoir un... On va en tirer des conclusions intéressantes, qu'on va foutre à la poubelle parce que...

Speaker: Tu comprends, c'est pas possible, on peut pas croire que la science est différente que ce qu'on pense depuis 4000 ans.

Speaker: Ah non!

Speaker: Ça peut pas être l'eau!

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et quand on aura enfin M. Kor qui va trouver les bactéries et toute la sauce, avec la bactérie du choléra et tout ça, où on va dire, ah ouais, peut-être qu'il y a des traitements supplémentaires à faire.

Speaker: Mais on va rentrer en détail après.

Speaker: C'est fou!

Speaker: Et aujourd'hui encore, on a...

Speaker: des techniques pour valider la qualité de l'eau.

Speaker: Pendant un moment, on mettait des truites dans les bassins de rétention d'eau.

Speaker: Et le principe, c'est que si la truite a l'air malade, c'est que l'eau ne doit pas être bonne.

Speaker: La truite a l'air malade?

Speaker: Parce qu'on est capable de juger de l'état de santé d'une truite Visiblement à l'époque ils étaient capables de voir si une truite était heureuse ou pas Elle a l'oeil un peu vitreux Ouais c'est un peu ça Ok bah si la truite reste vivante déjà c'est un bon point On rigole mais en vrai c'est encore utilisé aujourd'hui C'est pas les truites Mais on a Varsovie en Pologne Ils utilisent des palourdes Les palourdes ont l'air malades

Speaker: Ouais!

Speaker: Oh, elle a pas un beau temps aujourd'hui!

Speaker: Non, en gros, ils ont des pompes qui pompent de l'eau depuis la Vistule, qui est le fleuve qui passe par Varsovie.

Speaker: Et cette eau, elle est censée être pure de base, ou presque.

Speaker: Et en fait, une partie de cette eau passe dans un bac où il y a huit palourdes.

Speaker: C'est très sérieux.

Speaker: C'est des divinités, tu sais.

Speaker: Non, non, en vrai, ils les changent tous les trois mois.

Speaker: Parce que sinon, elles s'habituent.

Speaker: Donc c'est pour qu'elles soient toujours sur les qui-vives.

Speaker: C'est du génie, en vrai.

Speaker: Et en fait, le truc, c'est que les palourdes boivent à peu près un litre et demi d'eau par heure.

Speaker: à la boeuf, l'air crash, les palourdes ça tient dans une main mais en fait les palourdes sont extrêmement sensibles à la pollution dans l'eau et en fait dès que l'eau n'est pas assez propre pour elle, parce que c'est des petites princesses elles se ferment

Speaker: Et en fait, il y a des capteurs sur les palourdes.

Speaker: Et quand une palourde se ferme, ça arrête les pompes, coupe l'alimentation en eau, le temps qu'il y ait des analyses qui puissent être faites pour valider.

Speaker: C'est du génie!

Speaker: Et c'est extrêmement efficace.

Speaker: C'est incroyable.

Speaker: On se moque, mais en vrai, je suis sûr que c'est trop fort, genre comme idée.

Speaker: Et du coup quand ça ferme, tu as des hydrologues qui arrivent et qui disent qu'ils vont faire un test chimique de l'eau pour valider quel est le problème.

Speaker: Est-ce que c'est juste que la palourde faisait la gueule parce que des fois ça se ferme aussi des palourdes.

Speaker: Oui c'est ça, c'est ça.

Speaker: J'imagine trop le scientifique arriver.

Speaker: « Docteur, on est à trois palourdes et demi.

Speaker: » Mais je crois que j'ai pas retrouvé l'info mais la première fois que j'ai été tombé sur ça, je crois que j'avais vu que si qu'une seule palourde est fermée, c'est pas grave.

Speaker: Mais s'il y en a deux, là on ferme, on arrête les pompes et on check.

Speaker: Mais ouais, et l'autre exemple que j'ai trouvé, c'est à Minneapolis, dans le Minnesota, où eux, c'est 12 moules.

Speaker: Ah bah, tu vois, même idée, j'imagine?

Speaker: Même chose.

Speaker: Mais eux, c'est des moules.

Speaker: C'est des moules.

Speaker: Chacun choisit son crustacé, finalement.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Son mollusque, pardon.

Speaker: En France, on a des centrales de traitement de l'eau où on a des goutteurs.

Speaker: qui goûtent l'eau, en fait, pour valider que tout est correct aussi.

Speaker: Alors, c'est ça, en fait, moi, ce que j'ai trouvé intéressant, c'est que dans... Une espèce de sommelier de l'eau, finalement?

Speaker: Exactement.

Speaker: Mais eux, ils te la revendent pas... Enfin, si, mais ils te la revendent pas 400 balles.

Speaker: Oui, j'ai ouvert un bar à eau.

Speaker: Un bar à eau, ça existe.

Speaker: Oui, je sais que ça existe.

Speaker: Pardon.

Speaker: Non, non, méprisot.

Speaker: Non, non, non.

Speaker: Mais moi ce que j'ai trouvé cool là dedans c'est ce fait que... Bah moi aujourd'hui tu me dis on va traiter de l'eau, moi dans ma tête c'est des cuves et des produits chimiques avec un gars qui fait du ph.

Speaker: Alors il y a ce genre de choses.

Speaker: Et des méga filtres aussi.

Speaker: Ouais tout ça, mais il y a ce genre de choses mais en fait à la fin pour valider la qualité de l'eau en fait on a pas besoin de la chimie en fait.

Speaker: On a plein de manières d'utiliser des éléments naturels genre des mollusques par exemple.

Speaker: Pour valider ce genre de choses et je trouve ça vraiment très très cool en fait de se dire que ce genre de dispositif existe encore.

Speaker: Du coup, il y a quelqu'un dans le monde dont le job, c'est de goûter l'eau avant qu'elle arrive chez nous.

Speaker: Nos vies dépendent de cette personne, en fait.

Speaker: Il y a un gars dont le job, c'est d'aller dans des cours d'eau en Pologne et sélectionner des palourdes.

Speaker: Et surtout de les remarquer pour ne pas les repêcher après.

Speaker: Parce qu'elles n'ont que trois mois dans le machin.

Speaker: Ah ouais.

Speaker: Ouais, non, c'est dingue.

Speaker: Ça m'éclate.

Speaker: J'adore.

Speaker: Elles ont un bassin d'acclimatation avant d'être utilisées.

Speaker: Oh la la!

Speaker: Ouais grosse ambiance hein!

Speaker: Mais voilà, on a l'eau qui est comme ça, puis on a aussi après la question de la distribution.

Speaker: Je pense, je fais juste... Si je rencontre quelqu'un dans un bar, tu vois, et que la personne elle me dit « Ouais moi je suis dresseur de palourdes ou je suis goûteur d'eau », tu vois, je pense que je le croirais pas.

Speaker: J'avoue.

Speaker: Et maintenant, oui.

Speaker: Je suis goûteur d'eau.

Speaker: Ouais, mais non, parce que le problème, c'est que nous, on va rencontrer des goûteurs d'eau.

Speaker: Mais ça peut être des goûteurs d'eau pour le bien-être de la communauté.

Speaker: Oui, non, bien sûr.

Speaker: Mais tu vois, tous les métiers, les métiers, invisibles, quoi.

Speaker: Rien.

Speaker: La classe.

Speaker: Ben, je sais pas si t'as vu, là, c'est de l'actualité.

Speaker: Il y a une compagnie qui récupère de la glace en Finlande, de glaciers.

Speaker: Pour les rèches à Dubaï, ouais.

Speaker: Pour faire des glaçons à Dubaï, ouais.

Speaker: Ouais, j'ai vu ça.

Speaker: Tu vois, goûteur d'eau.

Speaker: Tu vois, un marché en pleine expansion.

Speaker: Je suis mineur de glace.

Speaker: Oh, putain.

Speaker: Oui, ça c'est un métier en vrai.

Speaker: Ouais, c'est vrai.

Speaker: Le mec qui récupère de la glace sur les mains.

Speaker: Mais restons à l'eau liquide.

Speaker: Restons à l'eau liquide.

Speaker: On a l'eau maintenant.

Speaker: On l'a amenée à peu près là où on veut l'amener.

Speaker: Elle est à peu près propre.

Speaker: Maintenant, il faut la distribuer.

Speaker: Quand on parle d'un village...

Speaker: le puits, la moulinette, le cheval, les barriques, ça fait sens, pas besoin d'aller tellement très loin.

Speaker: Aujourd'hui il y a des canalisations, des pompes, ça marche aussi.

Speaker: Mais c'est pas arrivé du jour au lendemain les plomberies.

Speaker: Les plomberies on en trouve quand même il y a très longtemps dans l'antiquité mais c'était très très limité.

Speaker: Le moyen principal de distribuer de l'eau dans les villes c'était les fontaines.

Speaker: On a amené l'eau dans les villes, que ce soit par des agnus, des canalisations, n'importe quoi.

Speaker: On fait en sorte qu'elle arrive à un endroit où les gens peuvent se rendre à pattes.

Speaker: Puis on fait un bassin, on met de l'eau qui circule là-dedans et les gens viennent se servir.

Speaker: Ça, c'est dans toutes les civilisations.

Speaker: Quand on parle en Inde, par exemple, c'était les puits à marche.

Speaker: Non, les stepwell, les puits à marche.

Speaker: On fait un trou dans le sol.

Speaker: jusqu'à atteindre le niveau de la nappe phréatique et en fait on descend à pattes on va chercher de l'eau en bas, t'as l'escalier et tu remontes.

Speaker: Il y en a pas mal dans je sais plus quel autre pays j'ai vu je crois que c'est le Pérou et tout ça aussi où tu vas avoir dans la rue un endroit légèrement renfoncé dans le sol, une fontaine avec un petit point d'eau tu viens chercher de l'eau là aussi.

Speaker: C'est pas forcément des grands bacs tu sais des fois c'est juste un filet puis ça repart dans une canalisation et tu viens de servir.

Speaker: Moi je pense souvent aux fontaines parce qu'en Europe on a pris le schéma des fontaines

Speaker: On visualise, oui.

Speaker: On visualise.

Speaker: Mais il y a eu plein de manières différentes de le faire.

Speaker: Est-ce que les fontaines qu'on visite aujourd'hui en mode touriste, c'est ces fontaines-là qui servaient?

Speaker: Certaines.

Speaker: Ok, ouais.

Speaker: Certaines.

Speaker: Mais par exemple, le principal exemple qui est facile, c'est la fontaine de Trévis à Rome.

Speaker: T'as pas envie de boire dedans, maintenant?

Speaker: Tu peux.

Speaker: Ah, tu peux, ok.

Speaker: Généralement, tu peux, mais la fontaine de Trévis à Rome, qui est immense, qui est magnifique et tout ça, c'est une terminaison d'Agluc.

Speaker: Ok, ouais, d'accord.

Speaker: C'était là pour que les gens viennent chercher de l'eau.

Speaker: L'activité principale de la fontaine, c'était aller chercher de l'eau.

Speaker: Les fontaines Saint-Michel à Paris et tout ça, c'est la même chose.

Speaker: Ah ouais, ok, d'accord.

Speaker: Moi, je voyais vraiment ça comme des éléments de décoration, mais c'est vrai qu'en fait, il y a pas sang-né aussi.

Speaker: Parce qu'en fait, du coup, ça devient un lieu de rassemblement, parce que tout le monde a besoin d'aller chercher de l'eau, donc... Croise tes voisins et tout, ouais.

Speaker: Euh...

Speaker: On trouve des traces de canalisation dès l'antiquité, au-delà des conduits principaux, comme à Rome,

Speaker: dans la Rome antique où certains actus étaient canalisés, notamment pour ce dont je parlais, pour passer des vallées.

Speaker: On allait avoir des conduits qui descendaient d'un côté de la vallée, passaient en bas, remontaient de l'autre.

Speaker: Ces conduits étaient canalisés et l'eau était mise sous pression là-dedans.

Speaker: Donc c'est un bassin en haut qui envoie dans les tuyaux.

Speaker: Donc l'eau a de la pression, le principe comme tu dis, des vases communicants et ça remonte de l'autre côté.

Speaker: Ça on a des traces, ça existait, ça fonctionnait.

Speaker: C'est cool hein.

Speaker: C'est très très cool parce que des fois ça se passait des vallées assez grandes.

Speaker: C'est la classe hein.

Speaker: Ouais, il y avait des gros problèmes de faire des conduites étanches qui tiennent de l'eau sous pression à l'époque des romains, c'était quand même compliqué.

Speaker: D'où l'utilisation du plomb en masse.

Speaker: Pas pour faire les canalisations mais pour faire les joints.

Speaker: Ok.

Speaker: On a des vieilles traces de canalisation en bois.

Speaker: Où on prenait des rondins qu'on perçait au centre.

Speaker: On allait joindre les uns aux autres.

Speaker: Avec des... Avec différentes joindres.

Speaker: Donc ça pouvait être de la terre cuite, ça pouvait être des tissus, ça pouvait être un peu tout ce qu'on pouvait.

Speaker: Mais...

Speaker: ça marche un temps mais on va avoir le problème de l'urbanisation des villes comme on disait, de plus en plus d'eau en un point très précis.

Speaker: Déjà avoir le besoin de déplacer de l'eau et de créer des infrastructures comme ça pour déplacer de l'eau c'est déjà que ta civilisation elle est en train de s'étendre aussi j'imagine?

Speaker: Alors c'est pas juste que ta civilisation, c'est un peu dans les deux sens, c'est que t'en as besoin parce que ta civilisation s'étend mais tu en as aussi besoin pour que ta civilisation puisse s'étendre.

Speaker: Oui bah oui, c'est vrai.

Speaker: C'est l'un va de pair avec l'autre.

Speaker: Je prends à Paris, par exemple, aujourd'hui, c'est plusieurs centaines de sources d'eau autour de l'île de France et dans l'île de France qui sont captées, canalisées et rassemblées pour alimenter Paris en eau.

Speaker: Aujourd'hui, Paris, c'est 600 km d'Agueduc à l'extérieur de la ville.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Pour approvisionner en eau potable.

Speaker: En plus de l'eau pompée dans la Seine.

Speaker: En plus de la Seine, ouais.

Speaker: Et de la nappe phréatique.

Speaker: Ça me paraît énorme.

Speaker: Ouais.

Speaker: Euh...

Speaker: quand l'eau allait dans les fontaines, il y avait ce truc de...

Speaker: On peut avoir un flux continu en eau.

Speaker: L'acduque, il arrive, il alimente la fontaine, la fontaine elle est en eau 24 heures sur 24, les gens vont prendre de l'eau quand ils en ont besoin.

Speaker: Et de toute façon, le principe est basé sur plus d'eau que nécessaire.

Speaker: Parce qu'il faut que la fontaine soit en eau, les gens se servent.

Speaker: Quand les villes grandissent et qu'on veut commencer à avoir des réseaux d'eau plus détaillés, par exemple avoir de l'eau jusqu'aux immeubles ou des choses comme ça, on a un problème entre alimentation et consommation.

Speaker: Qui est que l'alimentation et la consommation ne suivent pas des tendances identiques.

Speaker: C'est-à-dire que généralement l'alimentation en eau est constante.

Speaker: C'est-à-dire que toutes nos sources amènent constamment tant de mètres cubes d'eau par seconde dans la ville.

Speaker: Ça, c'est comme ça.

Speaker: Ça peut varier avec le temps, les régions, les mois, mais généralement, c'est stable.

Speaker: C'est fixe.

Speaker: À l'inverse de la demande en eau, qui elle, varie d'heure en heure, de jour en jour.

Speaker: Les gens, la nuit, ils ne boivent pas parce qu'ils dorment, et au milieu de journée, peut-être moins que le matin et le soir.

Speaker: Comme avec l'électricité, dans le fond.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et du coup, autant pour l'électricité, on n'a aucun choix que matcher la production à la consommation, autant pour l'eau...

Speaker: on a la possibilité... On peut stocker.

Speaker: Ça on sait faire.

Speaker: Et du coup on va commencer à construire des stockages dans les villes en fait.

Speaker: Ouais.

Speaker: Pour Paris, une partie des stockages vont apparaître aussi autour des travaux du baron Haussmann.

Speaker: Ok.

Speaker: Où on va construire d'immenses bassins.

Speaker: Toujours lui hein.

Speaker: Toujours le même.

Speaker: Bah de toute façon pour Paris, Paris moderne c'est lui ou c'est pas grand chose d'autre.

Speaker: Bon les parisais ils vont pas... Non mais on va généralement avoir des bassins et surtout on va avoir des bassins idéalement en hauteur.

Speaker: Parce que les villes sont pas forcément plates et on veut que l'eau puisse arriver même aux endroits les plus hauts des villes.

Speaker: Donc on veut stocker l'eau plus haute que le haut des villes.

Speaker: Donc soit on met les bassins directement en hauteur comme on a fait à Paris à certains endroits, soit on fait des châteaux d'eau.

Speaker: Tout bêtement.

Speaker: Et en fait l'intérêt du château d'eau, pourquoi ça fonctionne un château d'eau?

Speaker: C'est que tu as une pompe dans le château d'eau qui est électrique, qui monte l'eau en haut, mais la pompe a juste besoin d'être capable de monter autant d'eau en 24 heures que ce que la ville consomme en 24 heures.

Speaker: Mais la pompe n'a pas besoin d'être capable de bouger autant d'eau que le pic de consommation de la ville.

Speaker: Parce que la pompe monte constamment de l'eau en haut du château d'eau.

Speaker: Mais comme le château d'eau, c'est un réservoir, la nuit, la pompe fait monter de l'eau.

Speaker: Quand personne ne consomme, le réservoir se remplit.

Speaker: Et pendant la journée, quand la consommation dépasse la capacité de la pompe, il y a un réservoir.

Speaker: Donc le réservoir se vide.

Speaker: Mais...

Speaker: Le réservoir est construit de manière à ne jamais arriver à cette pâte.

Speaker: On n'est jamais en déficit en fait, c'est ça.

Speaker: Il n'y a qu'une pompe qui suffit et après l'eau elle va monter de toute façon chez les gens.

Speaker: C'est ça, et ça permet d'avoir une infrastructure bien moins coûteuse que si on devait avoir des pompes qui matchaient un pour un la consommation d'eau.

Speaker: Ouais c'est vrai.

Speaker: Ah c'est trop cool.

Speaker: C'est bien pensé.

Speaker: Après il y a plein de questions aussi parce que par exemple les bassins qui ont été construits dans le Paris haussmanien ils étaient bâtis sur l'idée qu'il faut qu'il y ait l'eau au dernier étage.

Speaker: Ouais.

Speaker: Alors, pas le dernier étage, mais dans les étages.

Speaker: Mais tout en haut.

Speaker: Pas tout en haut, mais au moins dans les étages où les nobles habitaient.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Donc on les a fait en hauteur.

Speaker: Mais aujourd'hui, on a des gratte-hiel, on a des énormes tours.

Speaker: Donc ça implique d'avoir des pompes intermédiaires.

Speaker: Oui, c'est vrai.

Speaker: Généralement, dans les tours aujourd'hui, tu as ce qu'ils appellent les étages techniques.

Speaker: Oui, ok.

Speaker: Des fois, quand tu regardes les tours de l'extérieur, il y a des étages qui ont l'air gris par rapport aux autres.

Speaker: Ah oui, ok.

Speaker: Tu regarderas les tours du centre-ville, ou... Tu regarderas dans les tours, généralement on peut les repérer.

Speaker: Des fois il y en a un, des fois il y en a deux, des fois il y en a trois, ça dépend de la hauteur de la tour et de sa conception.

Speaker: Et en fait c'est des étages où tu vas avoir des réservoirs d'eau, des pompes, ce genre de choses pour permettre d'acheminer l'eau jusqu'en haut.

Speaker: C'est là qu'il y a l'incendie qui se déclenche dans la tour infernale.

Speaker: Non mais c'est comme ça qu'ils l'éteignent!

Speaker: Mais généralement t'as pas des réservoirs énormes comme ça en haut d'une tour parce qu'il y a des questions d'intégrité.

Speaker: Il y a autant d'eau que dans la rivière Hudson.

Speaker: Il y a aussi le fait que quand on arrive à avoir des réseaux comme ça on distribue l'eau directement aux gens.

Speaker: Aujourd'hui

Speaker: Alors, à l'époque des romains, on voulait que les réseaux soient fermés, parce que ce qu'on disait, on veut éviter qu'il y ait des choses qui puissent rentrer dans le réseau.

Speaker: Notamment, on n'a pas envie qu'il y ait des animaux morts qui rentrent dedans, des feuilles, des fientes, n'importe quoi.

Speaker: On veut protéger notre eau de source des intempéries et des aléas extérieurs.

Speaker: Aujourd'hui, maintenant qu'on canalise tout, et que ce n'est plus juste des rigoles, on a besoin de garder ces canalisations sous pression.

Speaker: Parce que de 1, on veut de la pression au robinet.

Speaker: C'est plus simple.

Speaker: Ça permet de passer un peu de relief aussi.

Speaker: Surtout la douche.

Speaker: Et il y a surtout que s'il y a un bris de canalisation, on préfère perdre de l'eau

Speaker: Parce que comme il y a un bris, la pression fait sortir l'eau, plutôt que de permettre à des impuretés extérieures de rentrer dans le réseau.

Speaker: Ah oui, ok, ok, ça marche.

Speaker: Parce que s'il faut aller nettoyer des canalisations, des choses comme ça, on peut faire agiter.

Speaker: Ou ça peut prendre un temps fou d'attendre que tout s'évacue du réseau.

Speaker: C'est pour ça que des fois, ils disent, quand il y a eu des coupures d'eau, de laisser couler l'eau un peu de temps avant.

Speaker: C'est parce que ça veut dire qu'il y a eu une ouverture dans le réseau, et qu'il peut y avoir des impuretés, et qu'on conseille aux gens de laisser évacuer l'eau.

Speaker: Ok, ok, ok.

Speaker: Donc c'est ça.

Speaker: Et après, ça part dans les canalisations, ça part dans des gros tuyaux avec des grosses vannes, puis dans des plus petits tuyaux, puis dans des plus petits tuyaux, puis ça arrive chez nous.

Speaker: Classique.

Speaker: En parallèle de ça, on peut rajouter, si ça existe, dans la plupart des grandes villes aujourd'hui, oui, mais pas partout forcément, les réseaux d'eau chaude.

Speaker: Oui.

Speaker: Oui.

Speaker: Parce que c'est pas le même réseau?

Speaker: Il va être en parallèle.

Speaker: Mais si ton eau chaude est fournie par la ville, il faut qu'il y ait les conduites sous les rues pour t'amener le eau chaude.

Speaker: Ah ouais, il y a des endroits où t'as pas ton chauffe-eau chez toi, c'est la ville qui donne l'eau chaude?

Speaker: Ouais, il y a plein de villes qui fournissent de l'eau chaude.

Speaker: Waouh!

Speaker: Et au-delà de ça, il y a des questions de contamination croisée.

Speaker: C'est-à-dire qu'en Angleterre, par exemple, dans les robinets, les anciens robinets, les anciens lavabos, tu n'as pas un robinet au milieu, un mélangeur ou un mitigeur, tu vas à deux robinets séparés, chacun avec juste une molette, un pour l'eau chaude, un pour l'eau froide.

Speaker: Pourquoi?

Speaker: Parce que l'eau chaude ayant été chauffée dans des canalisations différentes, elle n'est pas considérée comme étant potable.

Speaker: Mais la réglementation au Royaume-Uni à cette époque ne considérait pas que les mélangeurs et mitigeurs étaient suffisamment bien faits pour empêcher que de l'eau contaminée chaude puisse remonter dans les canalisations d'eau froide.

Speaker: Parce que nos mélangeurs, il ne faudrait pas que... Il y a de l'eau qui arrive chaude, il y a de l'eau qui arrive froide.

Speaker: Mais s'il y en a une des deux qui est en plus basse pression, il ne faudrait pas qu'elle remonte le conduit de l'eau.

Speaker: Qu'elle redescende, ça fait sens.

Speaker: Donc ça fait ce genre de situation où tu as deux robinets sur le lavabo et du coup c'est soit tes mains sont glacées, soit elles sont brûlées.

Speaker: Tu t'obliges en fait de fermer ton lavabo, mélanger ton eau pour avoir de l'eau tiède.

Speaker: Ce genre de choses.

Speaker: Oui c'est vrai, en vrai ça fait sens que l'eau chaude n'ait pas besoin d'être potable vu que tu ne vas pas boire l'eau chaude mais l'eau froide.

Speaker: Ouais c'était des... En même temps.

Speaker: C'est un peu ça ouais.

Speaker: Y'a des gens qui se lavent les dents et qui se rincent avec de l'eau chaude, tu vois, par exemple.

Speaker: Ouais, bah oui, c'est ça, c'est le truc.

Speaker: Ouais, mais tu la bois pas.

Speaker: Ouais, tu la bois pas, mais bon, tu l'ingères quand même un petit peu, non?

Speaker: Ouais, mais c'est pas gênant.

Speaker: C'est genre, bah quand on parlait des goutteurs d'eau, tu vois, de la station, bah y'en a qui vont goûter les eaux avant traitement, pour comparer avec les eaux après traitement, mais ils ne la boient pas, ils la recrachent.

Speaker: Oh, mais ça doit être horrible.

Speaker: Elle est désinfectée, là, t'sais, elle passe à coups d'UV ou de conneries comme ça.

Speaker: Ouais, je sais bien, mais... Bah ouais, quand tu les vois en train de goûter de l'eau de la saine, ça calme.

Speaker: Ah...

Speaker: Ah ouais, non, c'est plus un métier de rêve, en fait.

Speaker: Et enfin, une fois qu'on a fait tout ça, il y a l'évacuation et le traitement des eaux usées.

Speaker: Alors déjà, il y a plusieurs types d'eaux usées.

Speaker: il y a les eaux grises et les eaux noires.

Speaker: Les eaux grises, ça va être... Non, il y a des eaux de pluie, déjà, qui sont de l'eau, qui ne passent pas par notre utilisation personnelle.

Speaker: Donc, certaines villes, idéalement, ont des réseaux d'évacuation des eaux séparés pour les eaux de pluie et les égouts classiques.

Speaker: C'est-à-dire que

Speaker: Normalement, dans la plupart des villes en France, les grilles d'égouts le long des trottoirs ne donnent pas dans le même réseau d'évacuation que les réseaux d'évacuation rattachés au bâtiment.

Speaker: Que ton lavabo ou tes toilettes.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Ensuite, tu as les eaux grises.

Speaker: Les eaux grises, ça va être les eaux des lavabos, des éviers, des baignoires, des douches, etc.

Speaker: Et enfin, les eaux noires, ce sont les eaux qui viennent des toilettes.

Speaker: Parce que, en fait,

Speaker: toutes, certaines peuvent encore avoir de l'utilisation.

Speaker: Tu vois, dans les eaux de pluie, en soi, on peut encore les utiliser dans les lavabos, tu peux les utiliser dans les... Ouais, c'est ça, tu peux laver ta voiture avec... Tu peux l'utiliser dans sa chasse d'eau, tu peux l'utiliser pour en faire de l'arrosage, tu peux faire plein de choses.

Speaker: Tu peux les rebalancer directement dans la rivière.

Speaker: Oui carrément, directement.

Speaker: Les eaux grises elles ont besoin d'être traitées mais tu sais rien n'empêche de reprendre l'eau de ton lavabo et l'utiliser pour tirer ta chasse d'eau.

Speaker: Par exemple.

Speaker: Tu vois ce genre de choses.

Speaker: Ou même voir arroser ton jardin des fois en fait.

Speaker: Oui c'est vrai.

Speaker: Aux autres problèmes parce que des produits chimiques et machins.

Speaker: Oui on met du savon et tout.

Speaker: Mais tu peux quand même faire encore des choses avec et n'ont pas besoin des mêmes traitements que les eaux noires.

Speaker: Que là par contre c'est fini.

Speaker: Là par contre tu as un traitement particulier parce que les nitrates, les ammoniaques, toute la sauce.

Speaker: C'est dégueu quoi.

Speaker: Oui, mais c'est aussi plein de choses bonnes.

Speaker: Oui, bah oui, j'imagine bien.

Speaker: Pour l'environnement, les plantes.

Speaker: Pour les fertiliser, etc.

Speaker: Exactement, on va parler de ça aussi.

Speaker: La séparation de tout ça, c'est quand même très récent.

Speaker: Parce que, originellement...

Speaker: Les eaux usées ça part dans des rigoles qui servent aussi pour les eaux de pluie.

Speaker: On balance ça dans le cours d'eau le plus proche.

Speaker: Ça repart dans le fleuve, ouais.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Quand on parle de petites villes, de petites civilisations, c'est pas un problème en fait parce que l'ours qui chie dans la nature, il pollue pas.

Speaker: Non, c'est ça.

Speaker: Parce que quand c'est en petite quantité, la nature absorbe et on continue.

Speaker: J'imagine que de toute façon les matériaux qu'ils utilisaient pour se laver, etc.

Speaker: n'étaient pas non plus des trucs dangereux pour l'environnement.

Speaker: Non, bah non.

Speaker: Que du naturel.

Speaker: Les Mésopotamiens et la pétrochimie, tu vois.

Speaker: Exactement, non mais c'est ça, tu vois.

Speaker: Si tu te laves à l'argile, bah tu peux balancer de l'argile dans le fleuve, c'est pas grave, tu vois.

Speaker: Exactement.

Speaker: Mais le premier schéma, c'était juste des rigoles qui vont rejoindre les trucs usés.

Speaker: Tout va bien.

Speaker: Avec les Grecs, les Romains et la plupart des peuples méditerranéens qui commencent à construire des centres urbains de certaines tailles, on va commencer à avoir la mise en place de réseaux d'égouts un peu plus structurés.

Speaker: certains seront souterrains d'autres seront vraiment dédiés à ça mais en extérieur généralement ceux en extérieur finiront par être couverts avec l'évolution des villes parce que les odeurs une partie est intéressante pour les villes qui existent toujours aujourd'hui

Speaker: certains de ces réseaux antiques sont toujours utilisés aujourd'hui.

Speaker: Parce qu'ils ont été bien faits à l'époque et qu'il n'y a pas de raison de ne pas les utiliser.

Speaker: Certains vont avoir été refaits, d'autres sont redirigés.

Speaker: C'est-à-dire qu'il y avait un grand canal à Rome qui servait à récupérer les eaux usées pour ensuite aller dans le Tibre.

Speaker: plus loin, se rejeter dans le Tibre, plus loin dans la ville.

Speaker: Aujourd'hui, ce canal existe toujours, mais l'eau ne va plus dans le Tibre, il part dans les stations.

Speaker: Mais la classe, en vrai, t'es ingénieur de l'Empire Romain, et t'apprends 2000 ans plus tard qu'on utilise encore tes machins que t'as fabriqués, genre...

Speaker: Il y a pas mal d'histoires comme ça, on va parler un peu de Londres après, il y a une citation très intéressante à ce niveau-là.

Speaker: Il y en a une autre aussi, on va y venir.

Speaker: Après, généralement ce qui se passe, c'est que les villes s'installaient près des fleuves, mais s'installaient aussi près des fleuves à des endroits où ils étaient rejoints par leurs affluents.

Speaker: Peut-être dans des deltas ou des courses.

Speaker: Et c'est pas rare que ce soit un de ses affluents qui reçoivent la majorité des eaux usées.

Speaker: Et on va ainsi au cours de l'histoire sacrifier des cours d'eau.

Speaker: On va transformer des cours d'eau existants simplement en égout.

Speaker: Un exemple, c'est à Londres, tu avais la rivière Fitte, qui récoltait énormément d'égout et qui va finir par être enterrée et qui est aujourd'hui un égout.

Speaker: Mais c'était une rivière.

Speaker: Ah, la rivière était enterrée carrément.

Speaker: On l'a recouverte parce qu'on mettait tellement d'égout dedans, à un moment qu'on a dit, en fait, ce n'est plus une rivière, c'est déjà un égout.

Speaker: C'est juste un égout.

Speaker: Et du coup, on recouvre parce que ça pue.

Speaker: et que c'est dangereux.

Speaker: Mais cette rivière-là, elle finit par rejoindre le fleuve quelque part et la merve tu vois.

Speaker: Originellement, elle finissait par rejoindre le fleuve, mais généralement les fleuves, tu vois, je pense à la Seine à Paris, le Saint-Laurent ou la Tamise à Londres, c'est très grand.

Speaker: Ouais, non mais... Et du coup, il y a ce truc de... Ces canaux, à l'inverse, sont très petits.

Speaker: Ok, ok.

Speaker: Du coup, on préfère les couvrir et les rendre invisibles dans le maillage urbain, alors que le fleuve, de base, on va balancer dedans parce qu'on va balancer dedans, mais c'est tellement grand qu'il y a ça.

Speaker: Ça, c'est incroyable.

Speaker: On a enterré les rivières pour les transformer en égouts.

Speaker: Ouais.

Speaker: C'est malin en soi.

Speaker: Ça va rester très minime, limité aux grandes villes jusqu'au 19e siècle.

Speaker: Parce qu'en fait, il y a ce truc de... Jusqu'au 17e siècle, à peu près 18e, il y a ce truc de... Les villes sont de certaines tailles, mais ça reste encore...

Speaker: raisonnable et tenable mais avec l'arrivée de l'industrialisation, dans ce coup les villes explosent en taille et dans ce coup les infrastructures qui dataient de plusieurs siècles qui avaient légèrement évolué parce que suffisantes se retrouvent complètement dépassées.

Speaker: En plus j'imagine que la population a vraiment explosé.

Speaker: Complètement.

Speaker: Et ça a pour cet effet qu'à partir du 19ème siècle, avec le grandissement des villes, les maladies se multiplient.

Speaker: À ce moment-là, la théorie principale sur la transmission des maladies, c'est la théorie des miasmes.

Speaker: Ça associe maladies et mauvaises odeurs.

Speaker: Qui veut dire que si tu as un cours d'eau qui pue,

Speaker: c'est qu'il va transmettre des maladies.

Speaker: Donc en soit, c'est pas une mauvaise take.

Speaker: Non, c'est ça.

Speaker: Le problème, c'est que ça écarte d'autres possibilités de transmission.

Speaker: Ouais, d'humain par exemple.

Speaker: C'est-à-dire que si ton eau ne pue pas, c'est-à-dire qu'elle ne te rendra pas malade.

Speaker: Et qu'il n'y a pas de transmission humain-humain aussi.

Speaker: Donc c'est une théorie qui n'est pas fausse en tant que telle, mais qui a pour effet de chanter d'autres types de transmissions.

Speaker: Ouais, c'est juste un complet, ouais.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais du coup ça va avoir des effets.

Speaker: Par exemple à Londres, à cette époque-là, il y avait beaucoup de fosses sceptiques au 19ème siècle.

Speaker: Parce que les fosses sceptiques, ça marchait bien.

Speaker: On crée une grosse cuve, on met les eaux usées là-dedans, on les laisse se décanter.

Speaker: Puis ça nous fait de l'engrais.

Speaker: Puis une fois de temps en temps, on la vide d'un côté, on récupère les solides, on fait de l'engrais, ça marche.

Speaker: Ça marche super bien, c'est facile, ça pue pas trop, c'est quoi?

Speaker: Enfin si, ça pue quand même.

Speaker: Mais on arrive quand même à bien s'en sortir et à traiter beaucoup d'eau avec.

Speaker: Le problème, c'est qu'avec l'augmentation de la taille de la ville, la théorie des miasmes qui est prédominante à l'époque et tout ça, la ville de Londres interdit les fosses sceptiques.

Speaker: Ce qui fait que d'un seul coup, en quelques années, tous les bâtiments de Londres qui avaient des fosses sceptiques se mettent à déverser leur eau dans la Tamise.

Speaker: La Tamise qui était encore à cette époque-là relativement propre, qui fait des Guy Aircoats, d'un seul coup ça devient une catastrophe.

Speaker: Ça pose des problèmes parce que c'est aussi la principale source d'eau de la ville à Londres.

Speaker: Ah les gens se sont mis à... Est-ce que les gens commencent à boire l'eau usée et tout?

Speaker: C'est horrible.

Speaker: Et c'est surtout que

Speaker: déverser les égouts en aval et pomper en amont n'est pas suffisant parce que la tamise subit les marées.

Speaker: Ah ouais, du coup ça remonte.

Speaker: Donc ça va commencer à causer énormément de problèmes, notamment ceux dont je parlais, que sont les épidémies de choléra.

Speaker: À Londres, il va y en avoir une en 1831-1832, 1848-49, et une en 1853-1854.

Speaker: Ils les enchaînent.

Speaker: Et à chaque fois, pour la même raison, parce qu'ils ne règlent pas le problème, j'imagine?

Speaker: Ils ne se rendent pas tous?

Speaker: Alors, à ce moment-là, les épidémies, c'est considéré comme un acte d'amour de la part de Dieu.

Speaker: D'accord, ouais.

Speaker: Une épreuve... Yeah, an act of God's love.

Speaker: En mode, ben voilà, on nous met à l'épreuve, il faut tester.

Speaker: Parce que tu comprends, ça ne peut pas être notre faute.

Speaker: Non, ben non.

Speaker: On a tout fait bien.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Mais il y a quand même des gens qui ne sont pas trop cons dans la masse.

Speaker: Notamment un certain Jon Snow,

Speaker: El famoso.

Speaker: Mais pas lui, mais quand même.

Speaker: Celui qui savait du coup.

Speaker: Celui qui savait.

Speaker: Même si à l'époque on lui dira qu'il ne savait pas.

Speaker: C'est un médecin à l'époque et lui il est sceptique de la théorie des miasmes.

Speaker: Il trouve que ça fait pas trop de sens sur certains niveaux.

Speaker: Et du coup pendant l'épidémie de 1853-1854, l'épidémie elle est centrée sur un quartier à Londres.

Speaker: Il y a vraiment une zone dans Londres où les gens tombent malades.

Speaker: Et lui il va faire ce qu'aujourd'hui on appelle de l'épidémiologie.

Speaker: Mais à l'époque ça n'existait pas.

Speaker: Il va dire, on va regarder comment ça se passe pour tenter de comprendre.

Speaker: Parce que généralement, les gens ne faisaient pas à l'époque.

Speaker: C'est plus, il y a une maladie, on isole les malades, on espère que ça s'arrête.

Speaker: Et lui, il dit, non, non, on va regarder ce qui se passe, on va faire une analyse systémique de la chose.

Speaker: Il commence par placer sur une carte le lieu de vie de tous les malades.

Speaker: De l'épidémie de choléra à ce moment-là.

Speaker: Et il se rend compte que tous les points qu'il met sur sa carte se centrent tous autour d'une pompe à eau.

Speaker: Ah, waouh!

Speaker: La pompe à eau de Broad Street.

Speaker: L'épidémie va prendre le nom de l'épidémie de Broad Street après.

Speaker: Et il se dit, de par cette info que j'ai, le dénominateur commun, c'est la pompe.

Speaker: C'est qu'ils vont tous chercher leur eau au même endroit.

Speaker: Donc, il va suggérer au conseiller de la ville de retirer le manche de la pompe, pour la mettre à l'arrêt en fait.

Speaker: ils vont le faire, l'épidémie va s'arrêter.

Speaker: Sauf qu'au moment où ils le font, les cas avaient déjà commencé à diminuer.

Speaker: Ah, ok.

Speaker: Donc, il n'y a pas encore de confirmation que ça a vraiment été ça, la solution.

Speaker: Peut-être que les gens le ressentent aussi en buvant l'eau, qu'elle n'est pas bonne ou quoi aussi, tu sais?

Speaker: Visiblement, à ce moment-là, non, ça n'a pas l'air de le choquer.

Speaker: Et en plus...

Speaker: Ce qui se passe, c'est qu'une fois qu'il n'y a plus l'épidémie, le conseil remet le manche de la pompe.

Speaker: Et le conseil dit, regardez, on a remis la pompe en fonctionnement.

Speaker: Ils ne sont plus malades.

Speaker: Et il n'y a toujours pas de nouveaux malades.

Speaker: Ils ne sont pas plus malades en remettant la pompe.

Speaker: Donc ce que tu nous dis, c'est de la merde.

Speaker: Et sa théorie va rester dans les placards 30 ans.

Speaker: Et en fait, 30 ans plus tard, tu as Robert Corr qui découvre la bactérie du choléra.

Speaker: Et là, du coup, les recherches de Jon Snow vont ressortir.

Speaker: En prouvant que... C'était que bel et bien l'eau.

Speaker: En sachant que Jon Snow, à l'époque, il avait quand même réussi à montrer que parmi les différentes compagnies qui amenaient de l'eau dans la ville, cette pompe était reliée à une compagnie qui pompait dans une zone de la tamise contaminée.

Speaker: Ok.

Speaker: Mais... Est-ce qu'il y avait déjà des lois de on n'a pas le droit de pomper là, mais là, par exemple?

Speaker: il y avait des lois qui imposaient des trucs mais c'était pas aussi strict qu'aujourd'hui et c'est surtout que parce qu'à l'époque on ne pensait pas que l'eau pouvait transmettre des malades si l'eau était propre et que c'était encore la théorie des miasmes et vu que l'eau ne puait pas si l'eau ne pue pas c'est good ouais on considérait bah du coup c'est pas possible ce qu'il a dit alors qu'en fait 30 ans plus tard avec la découverte de la bactérie et le recul bah on dit ah bah en fait en fait il avait raison c'est cette petite bête là ouais

Speaker: Et pour Londres, il va y avoir des propositions de construction d'un réseau d'égouts.

Speaker: Il va y avoir une proposition de 150 km de tunnel pour amener les égouts quasiment à l'embouchure de la Tamise.

Speaker: Ça va être bien plus loin que la ville.

Speaker: Mais ça va être constamment rejeté.

Speaker: Parce que tu comprends, ça coûte trop cher.

Speaker: Et il va y avoir, je n'ai pas noté l'année, c'est complètement stupide, ce qui va s'appeler l'événement qui prend le nom de la Grande Puanteur.

Speaker: Ok, waouh.

Speaker: Il y a une année en fait où l'odeur dans la ville autour de la Tamise va devenir tellement horrible que le palais du parlement va être fermé.

Speaker: Parce que le parlement ne peut plus tenir session tellement l'odeur est horrible.

Speaker: Le parlement étant sur les rives.

Speaker: Et du coup à ce moment là, vu que ça embête les riches, la construction des Ogouts de Londres va être lancée.

Speaker: Où là on va construire quelque chose comme 600 km de tunnel en quelques années.

Speaker: Et il va y avoir ce truc de... La taille nécessaire pour les tunnels va être calculée.

Speaker: Et l'architecte va dire non, non, non, vous doublez tous les diamètres.

Speaker: Parce que les égouts, on ne les construira qu'une seule fois.

Speaker: Ouais, c'est ouf.

Speaker: Et qu'on ne sait pas si Londres va continuer de grandir, par exemple.

Speaker: C'est marrant qu'il y ait autant d'histoires par rapport à Londres.

Speaker: J'ai l'impression qu'ils gardent vraiment des traces de toutes les histoires qui se sont passées.

Speaker: Alors, pour le coup, Londres, ça reste dans les métropoles modernes.

Speaker: Ça reste la première grande métropole industrielle.

Speaker: Et du coup, de toutes les grandes villes aujourd'hui, généralement, c'est la première à avoir été confrontée à ces problèmes.

Speaker: C'est-à-dire que Londres va lancer la construction de ces égouts.

Speaker: Dans les dix années qui suivent, toutes les grandes capitales européennes vont faire la même chose.

Speaker: J'ai l'impression que toutes les histoires comme ça qu'on entend sont par rapport à Londres.

Speaker: Et tu vois, à Paris, tu as des histoires, à Bruxelles, j'en sais rien, tu vois?

Speaker: Et du coup oui ça fait sens vu qu'en fait ils sont juste dans les pionniers de ce qui se passe en terme d'industrialisation.

Speaker: C'est ça donc c'est les premiers qui vont avoir les énormes villes de l'ère contemporaine.

Speaker: Ouais ouais ouais.

Speaker: Et donc les premiers à être confrontés à tous ces problèmes.

Speaker: Ok ok, incroyable.

Speaker: Hum... Donc va y avoir tous ces égouts.

Speaker: Donc ça, ça nous permet au moins de sortir les égouts de la ville.

Speaker: Ouais.

Speaker: C'est un bon début.

Speaker: C'est un bon début.

Speaker: Alors tout ça on parle d'égout par gravité.

Speaker: Ok.

Speaker: C'est à dire qu'il faut que là où on envoie les eaux usées, ce soit plus bas que la ville.

Speaker: Ça marche, mais ça reste qu'il y a quand même un problème qui est qu'on a trop d'égout.

Speaker: On a trop d'eau usée, je veux dire, à traiter.

Speaker: Oui, ok, ok.

Speaker: Puis on ne la réutilise pas à cette époque-là, quoi, on ne la retraite pas.

Speaker: Ah oui, ok, ok.

Speaker: Soit on l'envoie dans les rivières, machin, mais quand on va mettre en place les réseaux d'égout, on se rend compte qu'en fait, on a un peu la main sur tout ça.

Speaker: Et on va commencer à vouloir la réutiliser pour l'étendre.

Speaker: Dans la nature comme engrais.

Speaker: Ok, ouais, ouais, ouais.

Speaker: Parce que, tant que tu ne récupères pas l'eau des usines, il n'y a pas tellement de choses très néfastes pour les plantes.

Speaker: C'est clair, au contraire même.

Speaker: Ça marche tant que les champs sont juste à l'extérieur de la ville.

Speaker: Avec l'apparition des banlieues, après, ça va poser un problème qui est qu'un seul coup, il faut acheminer les eaux usées.

Speaker: Beaucoup plus loin, ouais.

Speaker: Et ça devient compliqué.

Speaker: Mais à ce moment-là, on aura commencé à avoir le traitement des eaux.

Speaker: Ça, ça arrive à la fin du 19ème siècle, les premiers traitements des eaux, pour limiter les maladies, en fait, parce qu'on s'est un peu rendu compte que les maladies des villes arrivaient dans la campagne.

Speaker: Et que surtout les villes produisent tellement d'eau usée que les campagnes adjacentes n'ont plus l'utilité.

Speaker: Ah oui, y'en a trop en fait.

Speaker: Et ça c'est encore un problème aujourd'hui.

Speaker: On a des problèmes entre les lieux de production des déchets organiques et les lieux de consommation.

Speaker: Oui, j'imagine.

Speaker: Oui, tu as fait un épandage par mois, ça va quoi?

Speaker: Laissez-moi tranquille, arrêtez.

Speaker: Sinon tu tues les sols en fait.

Speaker: Oui, c'est évident.

Speaker: Ils n'ont pas que ça qu'à foutre les agriculteurs non plus de fertiliser toutes les 10 minutes en fait.

Speaker: C'est pas utile en fait.

Speaker: Donc ce qui se passe déjà c'est qu'on arrive à avoir les premiers traitements biologiques.

Speaker: à la fin du 19ème siècle donc c'est avoir des balles de bactéries en fait sans forcément savoir que c'était des bactéries à l'époque forcément mais ça permet déjà de commencer à décomposer les composés organiques dans l'eau on va avoir des filtres à base de gravier qui vont permettre de l'oxydation je crois que l'oxydation n'est pas le terme mais ça va permettre de transformer les ammoniaques en nitrates

Speaker: en faisant passer ces eaux dans les graviers.

Speaker: Parce que la surface des graviers, en entrant en contact avec les ammoniacs, entraîne une réaction qui fait que ça devient des nitrates.

Speaker: Je ne sais pas trop où se saisit, ça ne m'intéressait pas trop, mais ça sort comme ça.

Speaker: C'est de la chimie, quoi.

Speaker: Vous irez voir.

Speaker: Au XXème siècle, on va avoir le concept d'aération des bouts, qui est de mettre de l'ozone, de l'air, dans les bouts.

Speaker: Tu sais, avec des ponts, on fait rentrer de l'air dans ce qu'on appelle les bouts de... On prend les eaux usées, on les fait sécher un peu, ça fait des bouts épaisses.

Speaker: Ah, des bouts avec un E, ok, pardon.

Speaker: Oui, pardon, non.

Speaker: Oui, oui, des bouts d'épuration, en fait.

Speaker: Ok, pardon.

Speaker: Et on va les aérer en faisant passer de l'air à l'intérieur.

Speaker: Ça aide à accélérer le processus de biodégradation.

Speaker: Ok.

Speaker: C'est bien.

Speaker: Aujourd'hui, on a nos stations d'épuration, c'est plein d'étapes successives.

Speaker: Parce qu'aujourd'hui, on a plein de choses à retirer.

Speaker: Parce que si à l'époque, c'était vraiment les composés organiques le problème, aujourd'hui, on a vraiment des problèmes de graisse.

Speaker: Parce que même s'il ne faut pas verser de graisse dans le lavabo, les gens le font quand même.

Speaker: Même le beurre.

Speaker: Bah idéalement tu le manges ton beurre Ouais mais si je veux dire si t'as fait cuire du beurre Normalement si tu mets 4 gouttes c'est pas un problème Mais le gros problème c'est que des gens mettent des huiles ou des graisses Tu sais genre nous on fait gaffe avec l'huile de la friteuse Mais il y a des gens qui les versent en fait dans l'évier Des restaurateurs aussi des fois ça arrive Qui sont scrupuleux

Speaker: Et puis tout ce qui est le dentifrice, le shampoing, les machins... C'est ça, donc aujourd'hui on essaie de retirer le maximum de tout ça.

Speaker: On sait qu'on n'est pas capable de tout retirer.

Speaker: Mais aujourd'hui, en tout cas en France, le principe c'est qu'on veut retirer suffisamment d'eau, enfin suffisamment de saleté dans l'eau, non pas pour qu'elle soit potable, mais pour qu'elle ne soit plus néfaste pour l'environnement.

Speaker: Et ensuite on rejette dans les cours.

Speaker: On peut la rebalancer, ouais.

Speaker: Et ensuite généralement on renvoie dans les cours d'eau.

Speaker: Et qu'est-ce qu'on fait de ce qu'on enlève?

Speaker: Alors, tout ce qui va être boue organique, on va essayer d'utiliser comme engrais.

Speaker: Et sinon, ça dépend du cas par cas.

Speaker: Les huiles, je ne sais pas comment c'est recyclé, mais chaque élément qu'on retire, on regarde si on peut en faire quelque chose.

Speaker: Généralement, on n'en fait pas grand-chose.

Speaker: Il y en a une partie qui est brûlée.

Speaker: Puis en fait, c'est le problème, c'est par exemple...

Speaker: On prend le limon, qui sont les déchets organiques des animaux dans les élevages.

Speaker: Tu fais ça versus la fiante des poules.

Speaker: La fiante des poules, c'est un engrais aussi.

Speaker: Parce que c'est du nitrate, tout bêtement.

Speaker: Du guano, ça s'appelle.

Speaker: Le guano, c'est un solide, très concentré, super facile à transporter.

Speaker: Le limon c'est liquide.

Speaker: C'est beaucoup moins concentré, beaucoup plus difficile à transporter et dans tous les cas, personne ne veut mettre d'argent là dedans.

Speaker: Parce que si je t'achète 500 litres de limon, j'ai pas envie de payer une fortune en fait.

Speaker: C'est pas très glorieux.

Speaker: Si je t'achète des déchets, j'ai pas envie d'acheter ça le prix tort en fait.

Speaker: Donc il y a le problème de les fientes, on n'a pas trop de problèmes à les déplacer de A à B. Mais les limons en fait, généralement, si c'est pas utilisé dans la région où c'est produit, ça reste sur place parce que c'est pas rentable.

Speaker: Après, ils veulent payer ça pas trop cher, mais si c'est dur à faire, ça a beau être des déchets, on s'en fait la demande, en fait.

Speaker: Oui, bien sûr, ça a le problème entre transporter du limon, où il faut payer les frais de transport, versus le super engrais chimique ultra 2000.

Speaker: Exactement, de Monsanto.

Speaker: C'est ça, qui coûte vraiment que dalle, en fait.

Speaker: Regardez l'Europe...

Speaker: Ouais, non?

Speaker: Non, non, bien sûr.

Speaker: Et c'est ça, ouais.

Speaker: Et du coup, chaque pays, chaque région, parfois, a ses propres critères en termes de qualité de l'eau avant rejet.

Speaker: Ok.

Speaker: Je sais que, par exemple, en France, on a des critères qui sont quand même assez stricts, mais on a plein de stations d'épuration qui ne respectent pas ces critères, parce que quand elles ont été construites, les critères n'étaient pas aussi stricts.

Speaker: Ah!

Speaker: On n'a jamais mis l'argent pour les mettre à jour.

Speaker: Ah, putain!

Speaker: Et du coup c'est en mode, bah on est pas en train de taper sur les doigts des stations d'épuration, parce que c'est pas la faune de la station d'épuration, parce qu'elle a pas été construite comme ça, mais qu'on a encore des stations qui rejettent sans traitement.

Speaker: Mais du coup ça va être à nous de quand même faire en sorte pour moderniser les trucs si on a mis des critères, ou alors on baisse les critères, mais je veux dire... Mais c'est ça, mais oui, à un moment il va falloir s'y mettre.

Speaker: Du coup, ils vont baisser les critères, en fait.

Speaker: Ils vont pas se faire chier à mettre à jour les stations.

Speaker: On va espérer que non.

Speaker: Et il y a aussi... C'était quoi l'exemple?

Speaker: Ah, zout, j'avais un exemple en tête que j'ai oublié.

Speaker: Qui était d'actualité, en plus.

Speaker: Les rejets d'eau, les stations d'expiration...

Speaker: Les critères... ça me reviendra.

Speaker: Le limon, les fiantes... Non.

Speaker: Non?

Speaker: C'est pas grave.

Speaker: Dommage.

Speaker: Dommage.

Speaker: Ah oui, si, c'est ça.

Speaker: On a encore des réseaux d'égout qui ne sont pas reliés à des stations d'épuration en France.

Speaker: Ok.

Speaker: Notamment, pour parler de l'actualité, rendre la scène baignable.

Speaker: Ah oui, ouais.

Speaker: Un des gros points de problème pour ça, c'est qu'il y a encore 35 000 foyers.

Speaker: proches de la marne, qui ne sont pas reliés à des réseaux d'égout avec traitement et qui déversent directement dans la marne.

Speaker: Et que ça participe à garder un niveau de saleté dans la Seine, qui la rend difficile à rendre baignable.

Speaker: Et il y a aussi le fait qu'on avait mentionné qu'en parallèle de tout ça, il y a les réseaux d'évacuation des eaux de pluie.

Speaker: Il y a quelque chose qu'on ne se rend pas forcément compte, mais c'est quand il pleut,

Speaker: on voit de l'eau qui tombe, on voit un peu d'eau au sol, on n'en fait pas forcément grand-chose.

Speaker: En réalité, il pleut, quand il pleut, ce sont des quantités délirantes d'eau qui tombent.

Speaker: Même si visuellement, on n'a pas l'impression que c'est incroyable, c'est énormément d'eau.

Speaker: Et aujourd'hui, en plus, dans nos villes urbanisées et bétonnées, toute cette eau arrive dans les conduits qu'on lui a donnés, à Vanille par ailleurs.

Speaker: Et les conduits d'évacuation d'eau de pluie, quand il y a des grosses pluies,

Speaker: C'est pas rare, c'est même prévu qu'ils ne soient pas assez grands, qu'ils ne soient pas suffisants pour tout récolter.

Speaker: Donc, quand ça arrive, les eaux de pluie qui ne peuvent pas rentrer dans les évacuations d'eau de pluie vont dans les égouts classiques.

Speaker: Et quand les égouts classiques débordent, parce qu'il y a aussi trop d'eau de pluie, les égouts classiques se déversent dans les cours d'eau.

Speaker: Parce qu'il faut qu'il déborde quelque part.

Speaker: À un moment donné, il faut que ça déborde.

Speaker: Et ça arrive.

Speaker: Et par exemple, toujours pour rester sur le cas de la Seine, s'il y a des grosses pluies à Paris et que les réseaux sont débordés, on va déverser dans la Seine.

Speaker: C'est prévu comme ça parce que c'est... Quand je te disais qu'on a détourné les égouts pour plus qu'ils aillent dans l'eau, c'est le cas, mais on n'a pas bouché les sorties.

Speaker: Sauf en cas d'urgence.

Speaker: Ça fait tampon et c'est très bien.

Speaker: C'est la même chose que nous, ici, quand ça déborde, on a de l'eau qui... Quand il y a trop de pluie, on a de l'eau qui ressort des toilettes...

Speaker: Oui mais ça c'est parce qu'on est en demi sous sol.

Speaker: On est en dessous de certaines canalisations.

Speaker: Mais là c'est vraiment une question de capacité.

Speaker: Quand le réseau d'évacuation des eaux de la ville est surchargé, au lieu de déborder, il déborde dans les cours d'eau.

Speaker: Mais du coup ça fait que si tu veux te baigner dans la Seine un jour, mais qu'en fait la veille il y avait une tempête dans la Marne et que ça a débordé, l'eau ne sera pas bonne en fait.

Speaker: Donc il y a ça à prendre en compte.

Speaker: Il y a déjà ces 35 000 foyers dont la Marne a équipé, ça va déjà être ça de fait.

Speaker: Mais voilà.

Speaker: Et il y a aussi les fluctuations liées aussi aux activités humaines.

Speaker: On va penser par exemple aux lieux touristiques.

Speaker: Moi je pense à un exemple que je connais, je pense à l'île de Ré.

Speaker: L'île de Ré c'est 20 000 habitants l'hiver, 200 000 l'été.

Speaker: Les égouts ça change.

Speaker: Ouais c'est ça, et du coup il faut une infrastructure qui doit être adaptée

Speaker: au plus haut nombre idéalement mais tu dois t'adapter à ça constamment, faut le prendre en compte et puis tu peux pas faire une moyenne sur l'année parce qu'en fait ça marche pas.

Speaker: Et il y a aussi des trucs tout cons mais c'est... je prends l'exemple du Super Bowl aux Etats-Unis.

Speaker: Aux Etats-Unis quand il y a le Super Bowl, la finale de leur coupe de la ligue de football américain, il y a une mi-temps.

Speaker: Et au moment de la mi-temps en fait,

Speaker: Déjà, j'aurais dû regarder les taux d'écoute.

Speaker: Mais c'est quelque chose comme un tiers du pays qui regarde le truc.

Speaker: Et en fait, au moment où on arrive la mi-temps, tous ceux qui regardent vont au tournette.

Speaker: Ah, c'est ça.

Speaker: Ah, j'en étais sûr.

Speaker: Ah, c'est les trois bières.

Speaker: et en vrai c'est quelque chose qui est pris en compte dans les réseaux des goûts aux Etats-Unis le fait qu'il y aura un pic à la Super Bowl où tu peux t'attendre à ce que chaque maison va tirer une chasse d'eau en moins de 10 minutes au même moment c'est une dinguerie comme avec les bouilloirs pendant les matchs de foot en Angleterre oui exactement

Speaker: à la pub pendant le premier épisode de EastEnders à Londres, en Royaume-Uni, tout le monde va s'allumer une bouillard de chaud dans le même moment.

Speaker: Et que ça crée un pic sur le réseau d'électricité.

Speaker: Non mais c'est con, mais on n'y pense pas.

Speaker: C'est trop bête, mais juste le Super Bowl, les gens vont pisser au milieu, c'est évident.

Speaker: Et ça fout la merde, c'est trop drôle.

Speaker: Et on a fait le tour du cycle de l'eau.

Speaker: On a fait tout le trajet d'aller les chercher sous terre jusqu'à ce qu'on la rejette.

Speaker: Et il s'en est déjà passé beaucoup de choses.

Speaker: Ouais!

Speaker: Et la prochaine étape, ça va être d'aller regarder un peu plus en détail certaines infrastructures précises qui existent là-dedans au travers de l'histoire.

Speaker: Ok.

Speaker: Et on va aller un peu plus en détail.

Speaker: Dans certains endroits, on va toujours faire les grecs et les romains, parce que forcément... C'est toujours les grecs et les romains.

Speaker: Une fois par jour.

Speaker: Ouais, toujours.

Speaker: On va faire un peu des tours aussi sur comment on distribuait l'eau à Paris au 18ème, 19ème siècle.

Speaker: Et on va aussi parler d'enjeux modernes.

Speaker: Ok.

Speaker: Mais je te propose qu'on fasse ça dans un autre épisode.

Speaker: Allons-y.

Speaker: Qu'on fera ça...

Speaker: Et on parlera ça dans le prochain épisode, du coup.

Speaker: Incroyable!

Speaker: Bah c'est ça.

Speaker: Merci à vous de nous avoir écoutés.

Speaker: Bah ouais, merci.

Speaker: Merci à toi, c'était vachement cool.

Speaker: Ça fait plaisir.

Speaker: Trop marrant.

Speaker: Est-ce que tu veux plug quelque chose?

Speaker: Non?

Speaker: Non, pas spécial.

Speaker: On peut te retrouver nulle part.

Speaker: N'écoutez pas Rémi, ne le cherchez pas sur Internet.

Speaker: Pas encore, je veux pas promettre encore de choses.

Speaker: C'est bien, ça arrivera, ça arrivera.

Speaker: Mais ça arrive.

Speaker: Eh ben, merci à vous.

Speaker: On se retrouve, je donnerai pas de date, et une prochaine fois.

Speaker: Bah oui, à la prochaine.

Speaker: Bah du coup, moi je ferai le prochain épisode aussi pour qu'on continue de parler de tout ça.

Speaker: Bah oui, hein.

Speaker: Allez, let's go.

Speaker: Allez, à la prochaine.

Speaker: À la prochaine.

Speaker

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