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Internet - Partie 2

Infrastructure Décompilée
Infrastructure Décompilée

93 plays · Nov 24, 2023

Routeur go crrr crrr Avec Benoit https://www.twitch.tv/f_lse_no

Transcript

Speaker: Alors, ok, on va recommencer, on va faire un petit topo sur ce qu'on a dit avant.

Speaker: Et ensuite, on reprend.

Speaker: Ok.

Speaker: Partie 2.

Speaker: Partie 2.

Speaker: Bonjour à tous, bienvenue dans ce troisième épisode d'Infrastructure Décompilée.

Speaker: On est parti pour la deuxième partie de notre récit sur Internet, son histoire, son origine et comment on en arrive à aujourd'hui.

Speaker: Je suis votre hôte, Valentin, et aujourd'hui, on va parler d'Internet.

Speaker: Avec moi.

Speaker: La voix, Benoît, Benoît aka Falsnow, là pour écouter, pour commenter, et un peu, je sais pas, faire... On va voir, comme on a fait avant, ça marchait bien.

Speaker: Voilà, suite.

Speaker: Alors, la dernière fois, on a parlé de beaucoup de choses, on a commencé de zéro, on a commencé la Seconde Guerre mondiale, on a parlé du téléphone, on a parlé de tout ça, on a parlé du télégraphe.

Speaker: On a parlé du fait que un peu tout le monde a voulu se mettre à faire des réseaux pour la recherche, parce que tout le monde a voulu financer de la recherche.

Speaker: On a les britanniques, on a les américains qui ont fait pas mal de réseaux directement.

Speaker: On a vu que ça s'était pas mal cristallisé sur la fin, on s'était un peu arrêté sur ça autour du réseau de la défense américaine, le réseau ARPANET,

Speaker: qui venait d'être mis en place et qui allait regrouper la plus grosse partie des universités américaines.

Speaker: Et qui était vraiment le proto-Internet, c'est ça, littéralement?

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et on le retient beaucoup comme ça parce qu'on va voir que dans la continuité, c'est lui le fondement, la première brique de l'Internet moderne.

Speaker: Mais c'est pas le seul, à cette époque, à avoir voulu faire ce genre de choses, parce que les Américains, ils avaient certes beaucoup de budget et ça aidait, mais il y a aussi d'autres pays qui ont voulu le faire.

Speaker: Donc on va parler de tout ça.

Speaker: Et on s'était surtout arrêté, on avait parlé des « requests for comment », du fait que toutes les personnes qui travaillent sur Internet, que ce soit les scientifiques, les ingénieurs, ils s'étaient mis tous d'accord sur cette manière de débattre et de prendre des décisions sur comment l'ensemble du réseau allait évoluer.

Speaker: Notamment parce que dans ces réseaux, il faut que toutes les personnes, toutes les machines qui prennent part au réseau,

Speaker: accepte de fonctionner toutes de la même manière, sinon on peut pas communiquer, si chacun parle sa langue ça devient vite très compliqué.

Speaker: Donc il y avait vraiment ces requests for common dont on avait discuté la dernière fois.

Speaker: Et ces requests for comment, elles sont surtout autour du réseau ARPANET, parce que tous les autres réseaux ont leur manière de débattre et de choisir.

Speaker: Là on parle vraiment du contexte ARPANET.

Speaker: J'imagine que les autres réseaux c'est plus petite échelle, donc les gens se connaissent, ils font des réunions et puis ils discutent.

Speaker: Il y a des boards.

Speaker: Souvent c'est ça, mais c'est surtout que ça vient d'un comité unique qui est arrivé, qui dit « Ok, on va faire un réseau, on va trouver quelques industriels qui sont intéressés, puis on va réfléchir, on va faire un petit comité avec quelques personnes, puis on décide, quelques personnes parfois, une petite centaine, puis on va discuter, on va faire des choses. »

Speaker: Il y a déjà des salons qui commencent à être organisés, des tests sur les échanges d'informations où les scientifiques de certaines universités, certains centres de recherche qui bossent sur les réseaux vont se rendre pour discuter et échanger des informations.

Speaker: Tu sais, ça commence vraiment à être un sujet qui commence à prendre de plus en plus de place à l'échelle internationale.

Speaker: Parce qu'on se rend compte que tous les pays qui sont suffisamment développés pour avoir déjà des petits réseaux internes pour leurs universités ou des choses comme ça, commencent vraiment à discuter les unes avec les autres sur quelle est la meilleure manière de faire des réseaux.

Speaker: Parce que tout le monde est encore en phase exploratoire.

Speaker: Parce qu'on n'a jamais fait ça à part avec le téléphone.

Speaker: Et une des premières questions qui se pose, en fait, c'est comment on structure nos échanges d'informations sur un réseau?

Speaker: Parce que les réseaux qu'on a déjà à cette époque, c'est le réseau de téléphone et de télégraphe.

Speaker: qui marche super bien, parce que ça fait un siècle qu'on bosse avec ça, c'est super.

Speaker: Mais c'est pas forcément le plus adapté au type d'informations qu'on veut échanger avec Internet.

Speaker: Et du coup, il y a un débat qui se passe de comment on va transmettre les informations

Speaker: entre les machines.

Speaker: On ne parle pas comment une information va aller d'une machine A à une machine B, puis une machine B à C, C à D, avec des étapes.

Speaker: On parle vraiment de j'ai deux machines qui veulent communiquer, comment je définis la structure des informations qu'elles s'échangent.

Speaker: Et idéalement, en prenant en compte le fait qu'il peut y avoir des nœuds intermédiaires, mais on ne se pose pas tellement la question de savoir comment on décide par quel nœud intermédiaire on va passer, juste quel format.

Speaker: Est-ce que c'est former le langage un peu?

Speaker: Est-ce qu'on peut parler de langage?

Speaker: On ne parle pas de langage, là, pour le coup.

Speaker: Là, on n'est pas sur... C'est une technique, on a besoin d'une technique physique.

Speaker: Oui, on cherche une technique physique, vraiment.

Speaker: Je ne parle pas de la forme d'information.

Speaker: Est-ce qu'on veut envoyer du code?

Speaker: Est-ce qu'on veut envoyer de la vidéo?

Speaker: Est-ce qu'on veut envoyer du sur... Comment on compile la merde?

Speaker: Comment on envoie de l'information, peu importe ce que c'est?

Speaker: Comment on s'y prend?

Speaker: Parce qu'on sait que les trucs télégraphes et tout, c'est pas adapté et qu'on a besoin d'autre chose.

Speaker: C'est ça, avec le peu qu'on fait déjà, même si on commence déjà à en faire de plus en plus... Parce que c'est ça, Arpanet, il est calqué sur le réseau déjà existant, c'est ça?

Speaker: Arpanet n'utilise pas le réseau de téléphone, on a pesé des nouveaux câbles.

Speaker: Ok, voilà, c'était ça la recue.

Speaker: Mais la plupart des autres réseaux dans le monde sont basés sur le téléphone.

Speaker: Tu vois, les réseaux britanniques, ils utilisent les câbles du téléphone, ce genre de choses.

Speaker: et on est obligé de trouver des manières de faire fonctionner cette nouvelle manière d'échanger de l'information avec une structure existante.

Speaker: La structure existante du téléphone, la manière avec laquelle l'information est changée sur le réseau de téléphone, on appelle ça de la commutation de circuit.

Speaker: Alors commutation dans le sens transmission par différents nœuds, mais on parle de circuit parce que quand tu fais un appel téléphonique sur du système analogique à l'époque, tu as ton téléphone, tu as ta molette devant, tu tapes le numéro, tu roules la molette, tu reviens, tu remets le numéro suivant, et ainsi de suite.

Speaker: Quand tu fais ça, ça envoie des signaux à l'échangeur téléphonique le plus proche de toi.

Speaker: Et là, tu as une machine qui reçoit ces signaux et qui va s'aligner de manière à créer un circuit électrique physique entre toi, ton téléphone et le téléphone de la personne.

Speaker: Littéralement, le signal sonore électrique.

Speaker: Littéralement ça.

Speaker: Et en fait, c'est vraiment un circuit électrique propre à la communication que tu viens de demander.

Speaker: Dans le sens où, si d'un côté...

Speaker: J'exagère, ça ne marcherait pas comme ça, mais sur le papier, si d'un côté tu mettais un générateur, de l'autre côté une ampoule, tu pourrais l'allumer en utilisant l'infrastructure téléphonique comme relais, tu vois, grosso modo.

Speaker: Parce que tu as vraiment créé un circuit électrique.

Speaker: Le signal que toi tu envoies, il va être réamplifié au fur et à mesure du trajet, mais c'est le même signal qui va jusqu'au bout, et c'est un fil de cuivre continu, parce qu'on a fait les bons branchements, tu vois.

Speaker: Sauf que si on faisait le générateur, on ferait que casser le système.

Speaker: On brûlerait tous les câbles.

Speaker: J'imagine que c'est des trucs bien plus faibles.

Speaker: L'exemple est limité.

Speaker: Mais l'idée, c'est vraiment un circuit unique.

Speaker: Comme ça.

Speaker: Ça a des avantages.

Speaker: C'est pas compliqué à mettre en place.

Speaker: Parce que maintenant, ça fait un siècle qu'on met en place ce genre de circuit.

Speaker: On sait le faire.

Speaker: On sait le faire bien.

Speaker: On sait le faire efficacement.

Speaker: On a déjà...

Speaker: toute l'infrastructure qui fonctionne comme ça qui est déjà installée.

Speaker: Ouais j'ai vraiment l'image là des opérateuristes qui branchent des petits câbles pour mettre en communication telle personne à telle personne.

Speaker: Là dans les années 60 on est déjà en train d'automatiser tout ça si on n'a pas déjà fait plus de la moitié d'automatiser.

Speaker: Donc maintenant tu as la molette et tu peux faire ta communication en entière.

Speaker: Sans avoir à demander à un opérateuriste au passage de te relayer.

Speaker: C'est genre tout est automatique.

Speaker: Donc pour des machines ça marche aussi.

Speaker: Tu vois parce que la machine peut envoyer les signaux de numérotation elle-même.

Speaker: Ça ouvre une ligne, puis ensuite communiquer avec une autre machine au bout.

Speaker: Ça marche.

Speaker: L'intérêt de faire ça, c'est que pendant toute la durée de la communication, la ligne est juste pour toi.

Speaker: Tu es sûr qu'il n'y aura pas de perturbations.

Speaker: Et si il y en a une, ça veut juste dire qu'il y a un problème sur le réseau téléphonique, il faut tenter de refaire un appel.

Speaker: Ça a pas mal... Pour un appel téléphonique ça fait sens, parce que tu peux parler à n'importe quel moment, sur le principe tu peux parler en continu, et si l'autre personne ne parle pas c'est pas grave, parce que toi tu parles, ça occupe quand même la ligne, tout va bien.

Speaker: On avait parlé précédemment du système Télex.

Speaker: Tu sais où tu as un clavier, tu tapes et ça envoie comme des télégraphes mais sur un réseau de téléphone.

Speaker: le Télex il utilise le réseau de téléphone pour ouvrir pour commencer une communique lui il fait de la traduction c'est ça il envoie des bip bip sur le réseau de téléphone donc pour communiquer par Télex tu composais le numéro de la personne destinataire ça ouvrait un appel téléphonique littéralement mais au lieu d'envoyer de la voix c'était des messages texte encodés qui étaient transmis et si l'autre avait pas la machine ça envoyait nulle part ça y recevait jamais le problème du Télex c'est un peu les fax un peu

Speaker: Full!

Speaker: Même concept, sauf que là tu tapes au moment d'envoyer.

Speaker: Tu ne scannes pas ta page, genre tu la tapes.

Speaker: Ouais, ok, ok.

Speaker: Ah ouais, mais les fax c'est exactement pareil, ça passe dans le signal... Les fax c'est un appel téléphonique.

Speaker: Ok, ok, c'est pour ça que c'est relié.

Speaker: Je ne connaissais pas du tout la techno derrière.

Speaker: Ouais, non, les fax c'est basé sur le téléphone, tu tapes le numéro de téléphone de la personne que tu veux, et généralement ce qui se passe, tu voyais souvent les affiches avec le numéro de téléphone et le numéro de fax en dessous, c'est parce que quand tu es à un endroit où tu as la même ligne téléphonique pour ton fax et ton téléphone, quand tu reçois un fax, ça fait sonner ton téléphone,

Speaker: Et si tu décroches le téléphone avant que ta machine à fax est décrochée pour toi, parce que c'est aussi un téléphone en fait, bah du coup tu perds le fax.

Speaker: Ouais il arrive pas.

Speaker: Parce qu'en final il arrive dans ton téléphone et toi tu entends juste un grésillement qui est en fait l'information codée.

Speaker: Ah c'est drôle ça!

Speaker: Et du coup c'est pour ça que généralement tu as deux numéros de téléphone pour être sûr que si tu envoies un fax ça va pas faire sonner tous les téléphones du bureau.

Speaker: Tu peux écouter des images.

Speaker: Ouais, je ne suis pas sûr que tu comprennes grand-chose.

Speaker: Non, ouais.

Speaker: Mais ouais, et la commutation de circuit, ça a quand même un gros inconvénient.

Speaker: Tu vois, par exemple, pour l'exemple du Télex, c'est que moi, je t'envoie un message par Télex, tu vois, j'ouvre un appel téléphonique, donc je paye à la minute.

Speaker: Je t'envoie un message par Télex.

Speaker: Et le message que je t'envoie, tu vois, ça te fait genre « Ah, waouh, il te faut 4 minutes pour réfléchir avant de me répondre.

Speaker: » Ah, ok, c'est beaucoup.

Speaker: Ouais.

Speaker: Pendant ces 4 minutes où tu ne me réponds pas,

Speaker: On n'envoie pas d'informations, la ligne elle est vide, mais la ligne téléphonique elle nous est quand même réservée parce qu'on est dans un appel téléphonique, donc on paye.

Speaker: Tu payes pas à la longueur des messages, tu payes autant de connexions.

Speaker: Tu vois la différence?

Speaker: Qu'on envoie?

Speaker: Est-ce qu'il y a des mots ou des messages qui prennent plus de temps de connexion que d'autres?

Speaker: Si tu envoies un paragraphe ou une phrase, ça va te prendre plus de temps.

Speaker: Mais il faut qu'il y en ait un qui raccroche à un moment.

Speaker: Si on discute pendant une heure, et qu'au final on fait chacun des trucs, on s'envoie juste un message tous les 5 minutes.

Speaker: On s'envoyait 12 messages au bout d'une heure.

Speaker: On a quand même payé une heure de téléphone.

Speaker: Ok ok, genre faut raccrocher comme si on avait notre conversation avec Messenger mais on l'a pas fermé.

Speaker: C'est ça, c'est ça qu'on va pas se rappeler à chaque message parce que ça casse un peu le principe de juste s'envoyer des messages.

Speaker: Et du coup il y a un peu cet effet.

Speaker: Ouais ils devaient pas beaucoup l'utiliser finalement ça.

Speaker: Bah en vrai si, parce que pour les entreprises c'était super utilisé.

Speaker: Tu sais tu faisais des petits échanges, ça marchait bien, tu sais c'est jamais connecté plus longtemps qu'un numéro de téléphone au final.

Speaker: Qu'un appel téléphonique classique.

Speaker: Ok ok.

Speaker: Mais pour l'informatique c'est un peu un problème parce que moi je veux que mon ordinateur à un bout du pays et communique avec l'ordinateur à l'autre bout du pays.

Speaker: J'ai pas envie, à chaque fois que je veux faire une transmission, de devoir attendre le temps qu'on envoie les signal de numérotation, le temps que le signal téléphonique fasse tous les relais pour m'envoyer là-bas, et ensuite, ça veut dire que si je sais pas combien de temps la personne va prendre à me répondre, parce que l'autre ordinateur là-bas, il est peut-être occupé, il va peut-être prendre quelques minutes à me répondre, bah faut payer pendant tout ce temps-là.

Speaker: Et ça rajoute des coups qui rajoutent des coups.

Speaker: Il y a beaucoup de petits détails qui font que c'est chiant.

Speaker: Il y a des gens qui vont essayer de trouver des solutions pour ça, notamment en lien avec le système Telex et la transmission de messages textes.

Speaker: Et on va appeler ça la commutation de messages.

Speaker: Donc, au lieu de réserver un circuit électrique complet de destinataire à... de tête d'interlocuteur à interlocuteur, comme le circuit de téléphone, on va décider que la personne qui envoie un message, elle n'a pas besoin d'être connectée à son destinataire.

Speaker: Elle a... Elle est en stand-by.

Speaker: Ouais, en fait, elle va...

Speaker: Tu vas indiquer le destinataire, tu vas donner le message.

Speaker: Le message va être reçu par le nœud, le premier nœud auquel ça arrive sur le réseau de transmission.

Speaker: Lui va prendre tout ce message, il va le garder en mémoire, tu vois, il va le garder de côté, puis il va ensuite le transmettre au nœud suivant, qu'il va le garder en mémoire, puis le transmettre au nœud suivant.

Speaker: À chaque fois, on transmet l'intégralité du message.

Speaker: et jusqu'à le destinataire.

Speaker: L'intérêt, c'est que maintenant, ce qui compte, ce n'est pas le temps de connexion, c'est la longueur du message.

Speaker: Et si l'autre personne en face, ça veut prendre trois jours pour te répondre, c'est pas grave, il n'y a pas 20 minutes de temps de téléphone facturé, on t'a juste facturé la taille de ton message.

Speaker: Finalement, ils ont retiré le temps réel au profit de repenser un peu ça comme des lettres à la poste.

Speaker: Exactement.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et le schéma que ça prend aux Etats-Unis, ça s'appelle le plan 55-A, qui est mis en place par la Western Union, qui est déjà habituée de transmettre des choses.

Speaker: Ouais, c'est les mails, c'est ça.

Speaker: Ouais, c'est pas les mails, c'est les... Enfin, c'est la poste.

Speaker: Enfin, je veux dire la poste, c'est ça que je voulais dire, pardon.

Speaker: Ouais, ouais, c'est pas la poste, mais c'est une compagnie privée de postal.

Speaker: Ouais, ok.

Speaker: Et en gros, eux, ils mettent ça en place, ce plan 55-A.

Speaker: Et l'idée, c'est que quand le message, il arrive...

Speaker: à un commutateur pour être retransmis il est imprimé sur des bandelettes de papier avec au début de l'impression ce qu'on va appeler un entête ça c'est du foreshadowing pour la suite un entête qui contient le destinataire

Speaker: suivi du message perforé.

Speaker: Et en fait, c'est mis sur une bande de papier qui est stockée dans un bac, puis ensuite, la machine suivante, au rythme qu'elle peut le faire, elle va lire les messages, d'abord l'entête, puis le message, sur la même bande de papier, pour la transmettre au nœud suivant sur le réseau.

Speaker: Waouh.

Speaker: Mais les bandes de papier, ça passe quand même par une technologie avec des câbles téléphoniques?

Speaker: Oui, c'est juste que dans le centre, dans le nœud... C'est juste qu'on met des pauses.

Speaker: Oui, dans le nœud qui sert de relais, on met des pauses.

Speaker: L'intérêt, c'est que... On crée des interlocuteurs fantômes qui sont des serveurs, en fait.

Speaker: Ouais, mais pour moi, l'usager du réseau, je m'en fiche de tout ça.

Speaker: Ouais, je ne le vois pas.

Speaker: Et en fait, l'intérêt, c'est que tu vois, la communication de circuit pour les téléphones, ça avait ce problème que si on a 10 câbles qui relient Paris à Berlin, c'est des bêtises, il y en a sûrement beaucoup plus, sûrement différents, et qu'on a déjà 10 appels en cours, si quelqu'un veut appeler en plus, on va lui dire non, c'est occupé, rappelle plus tard.

Speaker: Alors que là, on peut les mettre une à une dans la queue.

Speaker: Alors que là, c'est ça.

Speaker: Et en fait, ça a permis que quand il y avait vraiment des moments où il y avait beaucoup de messages d'échangés, aucun message n'était perdu, aucune transmission n'était refusée, c'est juste que ça mettait plus de temps à arriver à son destinataire.

Speaker: Mais au final, c'était le fait que la bande-aile de papier s'accumulait parce qu'elles arrivaient plus vite qu'elles étaient retransmises, mais ça fonctionnait.

Speaker: Et on avait un système de mise en cache, en fait, à ce niveau-là.

Speaker: On avait de quoi buffer.

Speaker: On avait un tampon qui nous permettait de gérer ce genre de situation.

Speaker: Et c'est quand même un beau, beau progrès

Speaker: à ce moment-là.

Speaker: C'est marrant, j'ai l'impression qu'ils ont réinventé un truc qui existait déjà et c'est comme revenir en arrière sur la capacité tout en étant un truc en avant.

Speaker: Full.

Speaker: C'est drôle.

Speaker: Ouais, c'est marrant parce qu'on a l'impression que c'est la même chose aujourd'hui sur pas mal de choses.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais ouais.

Speaker: Et enfin, il va y avoir un troisième type de commutation qui va arriver.

Speaker: Et lui, on va y passer plus de temps.

Speaker: Un autre problème avec les systèmes de communication précédentes, c'est que si tu es au téléphone avec quelqu'un et qu'il y a un bris sur la ligne, tu perds la ligne.

Speaker: Il faut refaire un appel et ce n'est même pas sûr que l'appel va passer parce qu'il faudrait qu'il y ait d'autres lignes disponibles en parallèle.

Speaker: Dans la communication de messages, s'il y a un bris sur la ligne, on perd le message aussi.

Speaker: Et là encore plus comme c'est du texte, ça veut dire que tu vas perdre

Speaker: toute la fin du message après le brie, mais t'as pas de moyen de savoir où tu en es.

Speaker: Est-ce que t'as perdu le point final ou est-ce que t'as perdu le... Ouais, ouais.

Speaker: Il reste un roman derrière.

Speaker: Non mais c'est ça, et si ça se trouve ça changeait complètement le début du message, t'as pas forcément l'information, tu vois.

Speaker: Donc c'est quand même un problème.

Speaker: Et pour transmettre de l'information entre ordinateurs, c'est un peu embêtant parce que si le message n'arrive pas en entier, peut-être que tu ne lui demandais pas de s'éteindre, tu lui demandais de redémarrer à la machine.

Speaker: Donc ça peut être embêtant.

Speaker: Et on a besoin d'avoir un truc qui est capable de résister aux aléas du circuit de transmission.

Speaker: Et ça c'est vraiment du foreshadowing de ce qui a toujours été un besoin de l'internet et hashtag datacenter et compagnie à la fin.

Speaker: Ouais, puis il y a aussi ce truc de... Mille copies de mille copies de mille copies.

Speaker: Ouais, parce qu'on se rend compte que tu vois, si tu envoies un trop gros message sur la ligne, genre un très long message qui prend une minute à transmettre, ça veut dire que pendant une minute, tu es à risque de devoir tout recommencer s'il y a un problème.

Speaker: Pendant une minute entière.

Speaker: et continue.

Speaker: Alors que si par exemple on prenait le message et qu'on le découpait en plein de tout petits morceaux qui prennent un tout petit peu de temps à être envoyés, mais tu vois, si jamais il y en a un qui n'arrive pas, la machine en face, ça peut dire « Oh, il me manque un petit morceau et tu peux lui renvoyer ».

Speaker: On pense que ça pourrait être intéressant.

Speaker: Et alors cette idée de transmettre les messages en plein de petits morceaux,

Speaker: elle va être conceptualisée par au moins trois personnes à peu près en même temps sans se concerter mais il y a plein d'autres personnes qui vont avoir l'idée en même temps il va y avoir un américain Paul Barron en 1960 il va y avoir un autre américain Leonard Kleinrock en 1961 et il va y avoir aussi un gallois Donald Watts en 1965 et probablement d'autres

Speaker: Et tous ces gens, ils ont la même idée dans leur coin, sans être au courant du fait que quelqu'un d'autre a déjà eu cette idée.

Speaker: C'est vraiment ce truc de, tout le monde cherche indépendamment les uns des autres, et ils arrivent tous à la même conclusion de comment il faut transmettre l'information.

Speaker: Et cette idée, c'est ce qui s'appelle la commutation de paquets.

Speaker: Et c'est ce qu'on utilise encore aujourd'hui sur l'entièreté de nos réseaux modernes, c'est de la commutation de paquets.

Speaker: Donc la commutation de paquets, ce qu'on a dit, c'est qu'on découpe l'information en morceaux, et chaque morceau est transmis indépendamment sur le réseau.

Speaker: En fait, l'intérêt, c'est que l'émetteur émet des petits paquets de données, le récepteur reçoit des petits paquets de données, et le chemin qu'il prenne au milieu...

Speaker: Comment ils sont transmis au milieu?

Speaker: Est-ce que c'est via des lignes de téléphone?

Speaker: Est-ce que c'est via des lignes dédiées à transmettre des paquets?

Speaker: Est-ce que le truc a été imprimé, mis sur une feuille, renvoyé, renumérisé?

Speaker: On s'en fiche.

Speaker: On veut juste des paquets qui vont de A à B.

Speaker: Ouais, ils ont juste sécurisé la technique d'émission et de réception pour vraiment focus sur le problème de on veut pas de pertes.

Speaker: C'est ça.

Speaker: On veut que tout soit constant.

Speaker: Et ensuite, peu importe la manière physique... Ouais, si tu comptes les paquets en un, tu sais qu'il t'en manque un, t'attends et tu lui dis de renvoyer, puis il renvoie, et puis voilà, tout est... C'est ça, et pour ça, ça inclut notamment dans l'entête, tu vois, on a parlé d'un entête pour le système, le plan 55A de la Western, qui dit qu'ils donnaient juste le dessinateur, ouais, c'est ça, et dedans, on va mettre...

Speaker: Qui est l'émetteur?

Speaker: Comme ça, s'il me manque un paquet, je sais à qui je dois communiquer.

Speaker: Le numéro du paquet, combien il y en a?

Speaker: Quelle est la taille totale de l'information que je dois recevoir?

Speaker: Quelle est la taille totale juste de ce paquet?

Speaker: En fait, on a besoin d'avoir des méta-informations sur l'information.

Speaker: Je te donne de l'information, mais je vais te donner des indices sur c'est quoi la structure de cette information, de manière à ce que quand toi tu reçois tous ces petits morceaux de données, tu seras capable de réassembler, de comprendre s'il y a des erreurs, de comprendre s'il te manque des informations.

Speaker: C'est un petit peu comme si on désintègre et on réintègre l'information.

Speaker: Exactement, c'est purement ça.

Speaker: Et ça, ça va avoir l'intérêt, c'est que si on se base sur ça, ça augmente énormément la fiabilité des échanges.

Speaker: Parce que maintenant, on est capable de gérer s'il nous manque de l'information, s'il y a des erreurs.

Speaker: Mais c'est quand même pas mal demandant en ressources de calculs.

Speaker: Parce que maintenant, c'est pas juste tu lis de la donnée depuis une bande magnétique et au fur et à mesure que tu lis les bits de données, tu les transmets sur le réseau.

Speaker: Là, maintenant, il faut les prendre, il faut découper, il faut mettre un en tête, il faut retransmettre.

Speaker: C'est quand même un truc qui coûte cher en ressources de calcul et ça va rester dormant quand même quelques années.

Speaker: C'est pour ça qu'ils ont pu ne pas s'écouter parce qu'ils n'ont pas pu la mettre en lumière.

Speaker: Ouais, c'est ça, il n'y avait pas tellement de mise en place.

Speaker: C'était vraiment que conceptualisé, il y avait des papiers qui sont sortis et encore ils n'étaient pas tellement relayés.

Speaker: Parce que je me suis dit, est-ce que la technique la plus simple, ça serait juste de rajouter la taille en en-tête, sans découper, et juste de dire, si ça flanche, tu relances et tu le remets dans la queue.

Speaker: Ouais, c'est un peu ce qui va se passer.

Speaker: Parce que ça c'est peut-être plus efficace au moment T. Ouais, mais il faut une manière de savoir que ça a échoué.

Speaker: Et la seule manière que tu as de savoir que ça a échoué, c'est qu'il y ait quelque chose d'autre côté du réseau qui te dise « Hey, j'ai pas reçu ça » ou « Hey, j'ai une erreur quand j'ai reçu ça, renvoie-le moi s'il te plaît ».

Speaker: Et du coup ça implique quand même de la collaboration des deux côtés.

Speaker: Tu ne peux pas, toi tout seul, faire de la gestion d'erreur.

Speaker: C'est vraiment une relation au sein de la transmission.

Speaker: C'est ça, des accusés de réception.

Speaker: Et la notion des paquets aussi, si par exemple on prend un réseau en maille, toi tu es à un endroit du réseau, moi je suis à un autre, on va s'envoyer des messages, il y a plein de chemins possibles qu'on peut emprunter pour aller de l'un à l'autre.

Speaker: Avec la transmission de paquets, on s'en fiche du réseau qu'on occupe.

Speaker: Ça veut dire que si le premier paquet passe par un réseau qui passe en bas, puis qui revient vers moi, puis que le deuxième paquet que tu m'envoies passe par en haut, tant qu'ils sont arrivés à la destination, c'est bon, on peut réassembler.

Speaker: Est-ce qu'il y a des fois des moments où tous les paquets passent par un mauvais endroit pour une raison bizarre, et du coup ça crée trop de données qui passent à un autre endroit et ça bouche?

Speaker: Ouais, ça va créer ce qu'on appelle des problèmes de congestion, et on va en parler après.

Speaker: Trop drôle.

Speaker: C'est une vraie...

Speaker: C'est un truc qui est très important et qu'on surveille encore beaucoup aujourd'hui dans les gros réseaux, c'est la congestion.

Speaker: On va y venir.

Speaker: Ça doit être une sauce.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Les premières implémentations qu'on va voir quand même de la commutation de paquets, parce que toujours, question de ressources, tu vois, c'est comme pas mal de calculs, avons utilisé un concept qu'on appelle celui des circuits virtuels.

Speaker: C'est-à-dire que, oui, effectivement, théoriquement, l'information peut passer par n'importe quel chemin et n'est pas obligée d'arriver dans l'ordre.

Speaker: Mais pour économiser en ressources, on va quand même forcer les paquets à suivre des chemins précis.

Speaker: Ça, le problème de si ce chemin se brise, il faut reconstruire un chemin.

Speaker: Ça veut dire que même s'il n'y a rien à faire physiquement, il faut quand même reprogrammer et redire aux machines « maintenant tu passes l'information à tel autre endroit ».

Speaker: ça va permettre de sauver pas mal en capacité de calcul et du coup de pouvoir faire mieux les premières implémentations.

Speaker: Le concept circuit virtuel, on en parle tout de suite parce que ça va revenir par la suite, parce qu'il va y avoir des débats sur est-ce qu'on veut des circuits virtuels ou est-ce qu'on ne veut pas de circuit virtuel.

Speaker: Et le circuit virtuel, ça a aussi l'effet que ça...

Speaker: imitent un peu le schéma des systèmes téléphoniques.

Speaker: Ou quand on échange des informations entre deux entités, on prend toujours le même chemin.

Speaker: C'est pas un vrai circuit électrique comme le système de commutation par circuit du téléphone, mais c'est un circuit virtuel.

Speaker: Parce que même si rien nous oblige à toujours passer par ce même chemin, on se force à toujours passer par ce même chemin pour économiser d'autres ressources.

Speaker: Est-ce qu'à un moment, par hasard, ils vont se rendre compte que si on envoyait tous les paquets par plein de chemins différents, c'était plus rapide?

Speaker: Alors, c'est pas forcément plus rapide, mais ça va avoir d'autres avantages.

Speaker: Ça va avoir plein d'autres avantages.

Speaker: Je voulais avoir l'air intelligent et guesse le fonctionnement de la Terre d'Axe actuelle, mais non.

Speaker: Je suis encore...

Speaker: En vrai, non, t'es pas loin, c'est juste que la rapidité, c'est purement physique, ça va être la capacité des nœuds, qu'on va vite appeler les routeurs, à prendre le message et l'envoyer sur le circuit suivant.

Speaker: Plus il va être capable de faire vite, mieux ça va être.

Speaker: Et ça va être pas mal aussi, la vitesse, ensuite, ça va plutôt être lié à la congestion.

Speaker: Est-ce qu'il y a beaucoup d'informations qui passent en même temps au même endroit?

Speaker: Et là, le fait de ne pas avoir de circuit virtuel, ça va devenir intéressant.

Speaker: Parce que ça va permettre de dire, il y a déjà ce routeur, il voit que quand il envoie des informations au routeur C auquel il est relié, à mettre vraiment beaucoup de temps, il va plutôt commencer à les envoyer par d'autres chemins auxquels il a accès pour tenter de dispatcher l'information et de répartir la charge.

Speaker: Mais on va y venir, on va y venir.

Speaker: Aujourd'hui, on ne fait plus de circuit virtuel.

Speaker: Aujourd'hui, c'est que de la commutation sans circuit virtuel.

Speaker: On peut forcer des circuits virtuels dans certains cas.

Speaker: Dans certaines applications, on peut toujours le faire, les réseaux le supportent.

Speaker: Mais par défaut, Internet aujourd'hui, ça passe par où ça peut passer, idéalement le plus vite possible.

Speaker: Et la commutation par paquets, il va y avoir une première vraie grosse implémentation sérieuse de la commutation par paquets.

Speaker: Ça va être en France.

Speaker: Ça va s'appeler le réseau C-CLAD.

Speaker: Et ça va être mis en place par quelqu'un qu'on a déjà rencontré dans notre chemin.

Speaker: C'est Monsieur Louis Pouzin, qui était au MIT quand il mettait en place le CTSS, le Compatible Time Sharing System, qui leur permettait d'utiliser leur mainframe.

Speaker: Louis Pouzin, à ce moment-là, il était au MIT, il a participé à une partie de la programmation du CTSS.

Speaker: Et il est en France au début des années 70 et il fait, ok, il faudrait qu'on se fasse un réseau à nous, sérieusement, parce que moi j'ai vu ce qu'ils font les américains, et en France on peut le faire aussi.

Speaker: C'est pas sorcier, il a dit.

Speaker: C'est ça, et à ce moment-là en France, il y a un truc dont on parle plus trop, mais qui existe, qui était le plan calcul.

Speaker: Ah ouais, ça c'est une bonne idée ça, faire des calculs.

Speaker: Ouais, mais en fait, alors...

Speaker: Le plan calcul, c'est un truc qui a été mis en place par De Gaulle en 1966 en France.

Speaker: Ah oui, forcément, c'est quelqu'un qui est moins dans la tech pour avoir un nom comme ça.

Speaker: Ouais, forcément.

Speaker: Le plan calcul.

Speaker: Un ordinateur, ça fait des calculs.

Speaker: Donc, on va faire un plan pour financer les ordinateurs, ça va être le plan calcul.

Speaker: Et ouais, en gros, le plan calcul, l'idée, c'est on veut faire de la France un point lourd de l'informatique.

Speaker: Parce que De Gaulle et son gouvernement ont quand même vu que l'informatique c'était porteur, c'était le futur.

Speaker: Et il faut qu'en France on soit au top de la pointe sur ça.

Speaker: Et ils se disent qu'on va financer à Bâle l'informatique en France en finançant la recherche, en finançant les infrastructures à l'échelle du pays, et aussi à l'échelle européenne.

Speaker: On va mettre plein d'argent là-dedans, on va financer les entreprises, on va financer la pose de câbles, on va financer la recherche scientifique, pour qu'en France en informatique on soit top.

Speaker: Avec tout cet appui, Louis Pouzin va commencer à bosser sur le réseau Cyclades en 1971.

Speaker: Ça va aller vite, ça va être mis en service en 1973.

Speaker: Le but du réseau Cyclade, c'est vraiment de l'exploration.

Speaker: On est toujours dans la recherche.

Speaker: On veut explorer les idées d'interconnexion de différents réseaux entre eux.

Speaker: Parce qu'en France, on a déjà des centres universitaires, des centres de recherche, où ils ont relié des terminaux à des machines.

Speaker: Un peu comme les Américains, on a fait un peu la même chose en France.

Speaker: On a déjà des petits réseaux au sein des villes, entre des universités ou des centres de recherche qui apparaissent.

Speaker: Et l'idée de Cyclad, c'est de dire, ok, est-ce qu'on peut mettre en commun tous ces réseaux entre eux, au travers d'un réseau qui viendrait les relier entre eux?

Speaker: Donc c'est le réseau Cyclad.

Speaker: Le réseau Cyclad, ça utilise la commutation par paquets.

Speaker: parce que ça a été conceptualisé il y a quelques années, et Louis Pouzin est là, c'est ça le futur, on va bosser avec ça.

Speaker: Il embrasse aussi complètement la notion d'avoir une entête et des données, avec une entête qui contient plein d'informations pour nous aider à transmettre ces paquets de données.

Speaker: Ça va donner la naissance du concept de datagramme.

Speaker: Data plus Telegram, donc datagram.

Speaker: C'est un terme qu'on utilise toujours aujourd'hui.

Speaker: Est-ce que c'est le paquet élémentaire?

Speaker: Entre guillemets, ouais.

Speaker: Et il y a une petite différence, on va en parler un peu après je crois.

Speaker: Mais bon, le terme datagram existe toujours aujourd'hui.

Speaker: Tu demandes à des ingénieurs réseau en France ce qu'est un datagram, ils savent tous ce que c'est.

Speaker: C'est un concept de base dans l'informatique, enfin dans la réseautique aujourd'hui encore.

Speaker: Et donc vraiment il a pris en place tout ça, et surtout il va mettre en place ce qu'on appelle le principe de bout en bout.

Speaker: Le principe de bout en bout c'est de dire que les ordinateurs émetteurs et récepteurs sont seuls responsables de l'intégrité des messages qu'ils s'échangent.

Speaker: Le réseau intermédiaire, le réseau qui fait passer l'information, il n'est pas responsable de s'assurer que l'information arrive à destination.

Speaker: Il va faire ce qu'il peut, mais il n'est pas responsable.

Speaker: Ça veut dire que moi je t'envoie un message, je t'envoie en 15 paquets.

Speaker: Il n'y en a que 14 qui arrivent.

Speaker: C'est ta responsabilité et la mienne de nous coordonner pour que je te renvoie l'information qui manque.

Speaker: Du coup, ils se coordonnent, ils renvoient, mais si ça renvoie à l'infini tout le temps 14 paquets, parce que c'est entre les deux qu'il y a un problème.

Speaker: C'est dans la merde.

Speaker: Oui, mais non, parce que justement, avec le système de paquets, même si c'est des circuits virtuels, ces circuits virtuels se reconstruisent.

Speaker: Il y a quand même cette idée de si tu as un câble qui lâche, on va s'arranger pour passer par un autre endroit et l'information arrivera.

Speaker: Et même s'il y a trop d'échecs au bout de 10 minutes, on arrête, puis on resserra le lendemain si c'est réparé.

Speaker: Mais le réseau intermédiaire, tu sais qu'à tous les nœuds, tu as un des nœuds, il reçoit un message qui vient de X qui veut aller à Y, il va falloir qu'il passe par trois étapes.

Speaker: Si à un moment ce nœud-là, il a un problème et il perd des paquets,

Speaker: c'est pas de sa faute.

Speaker: On ne va pas le tenir responsable, et c'est pas sa responsabilité d'alerter l'émetteur qu'il a perdu des paquets.

Speaker: C'est à l'émetteur et au récepteur de s'entendre et de se dire « Ah, il nous manque de l'information ».

Speaker: L'intérêt de ça, c'est que ça simplifie énormément la conception du réseau.

Speaker: Parce qu'on peut le faire en mode no brain, on fait juste plein de câbles et puis tchobay.

Speaker: C'est ça, parce que sinon, t'imagines, il faut que les routeurs soient capables de communiquer entre eux pour s'avertir que, « Hey, j'ai perdu des paquets, est-ce que tu peux dire à tel émetteur que j'ai perdu des paquets?

Speaker: » Tu sais, ça fait remonter l'information pour que l'émetteur comprenne cette information, pour renvoyer le paquet.

Speaker: Alors que là, c'est juste, on rajoute des routeurs, on s'en fout.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et si les routeurs, ils transmettent l'information?

Speaker: tant mieux, le but c'est quand même qu'ils le fassent le mieux possible, on veut quand même éviter les pertes, on s'entend, mais s'il y a un problème, c'est aux émetteurs et aux destinateurs de s'entendre.

Speaker: Et avec ça, ça rend le réseau bien plus simple à concevoir et à faire grandir.

Speaker: Le cyclade, c'est l'entité, mais le réseau en tant que tel, physiquement, il va s'appeler le réseau Seagal, parce qu'en fait, sur tous les routeurs du réseau, on a mis des petits haut-parleurs.

Speaker: C'est surtout pour les démonstrations, ils vont pas rester là longtemps.

Speaker: Et en fait, ces petits haut-parleurs font un petit bruit mécanique, un petit crrr, crrr, à chaque fois qu'il y a un paquet qui passe par eux.

Speaker: Et du coup ça s'appelle Seagal, parce que c'est un peu comme les Seagal qui font des bruits.

Speaker: C'est incroyable.

Speaker: Et du coup ça te donne une... Ça avait juste une raison pour s'assurer qu'il y a un truc qui passe, c'était juste un repère... C'était surtout de la démonstration, c'est un peu du folklore.

Speaker: Mais est-ce qu'on n'a pas toujours ça avec les petites LED lumineuses sur nos box?

Speaker: Sur le principe c'est la même idée.

Speaker: A chaque fois qu'elle clignote c'est qu'il y a un packa qui passe.

Speaker: Donc sur le passier... Je vais re-regarder ma box ce soir, dans la nuit, je vais voir les bip bip bip bip, je vais me dire mais qu'est-ce qu'il se passe?

Speaker: Qu'est-ce que vous vous dites?

Speaker: Cyclad, franchement, réseau précurseur sur plein de choses.

Speaker: Le principe du bout en bout, l'application du telegramme, enfin du datagramme, pardon, l'application vraiment à l'échelle d'un pays du système de transmission par paquet.

Speaker: Gros, gros précurseur.

Speaker: Sauf que, en 1976, on a Valéry Giscard d'Estaing au pouvoir en France.

Speaker: Et Valéry Giscard d'Estaing, il dit « Ah ouais, mais si moi, l'État public, je finance de la recherche informatique, ça va empêcher les entreprises privées de se faire de l'argent sur l'informatique. »

Speaker: donc après un bon gros coup de lobbying de la CGE en France la compagnie générale d'électricité si je dis pas de bêtises qui était pas du tout publique c'est une compagnie privée qui faisait des trucs dans leurs affaires ils ont fait un bon gros coup de lobbying au gouvernement français sous VGE du coup en disant ouais mais là ce que vous financez votre réseau cyclade là moi ça me fait de la concurrence je vais perdre de l'argent

Speaker: Et le gouvernement, il fait « Ah bah oui, en effet, en plus, ce qui compte, c'est les profits privés.

Speaker: C'est pas la réussite publique.

Speaker: » C'est marrant parce que j'ai l'impression qu'il y a une non-conception de « à quoi ça peut servir que ce soit un gouvernement qui fasse quelque chose? »

Speaker: C'est un peu en mode, quoi qu'il arrive, ça ne sert à rien, entre guillemets, alors que l'idée, c'est de sécuriser pour que ça ait pas de déviance, pour que les hôpitaux y tournent et qu'il y ait tout le temps des trucs, et là, t'es en mode, bah, ça peut fournir ça à tout le monde sans questionner le prix, quoi comme comment, et... Non, faut que ce soit quelqu'un d'autre.

Speaker: Ouais.

Speaker: Pas d'état.

Speaker: Et du coup, en 76... Ah oui, d'ailleurs, la CGE, c'est l'ancêtre d'Alcatel.

Speaker: Pour ceux qui... Alcatel, Alcatel Lucent aujourd'hui.

Speaker: Voilà.

Speaker: Trop drôle.

Speaker: Donc en 1976, arrêt complet du financement de Cyclad.

Speaker: Le réseau va quand même rester actif encore deux ans parce qu'on va...

Speaker: juste arrêter de faire remonter le fait qu'on bosse toujours dessus.

Speaker: On va le garder en live support, on va le garder sous perfusion encore pendant deux ans.

Speaker: Mais en 1978, le réseau Cyclad est fermé.

Speaker: Il aura tenu cinq ans, mais il va placer les bases de nos communications sur Internet aujourd'hui.

Speaker: Parce qu'en 1974, un an après la mise en service de Cyclad,

Speaker: Tu as deux américains, Robert Elliot Kahn, qui est un électrotechnicien américain, et Vinton Gray Surf.

Speaker: Ils reprennent tout ce qui a été fait pour le réseau Cyclade.

Speaker: Ils voient à quel point c'est le futur.

Speaker: Et ils conceptualisent, ils font un papier, ils conceptualisent un nouveau protocole d'échange de données qu'ils appellent le Transmission Control Programme.

Speaker: en acronyme TCP.

Speaker: TCP...

Speaker: TCP, ce qu'ils vont définir là, Robert Elliott Kahn et Vinton Graysurf, c'est les protocoles de transmission que l'on utilise encore aujourd'hui sur Internet.

Speaker: Le système TCP-IP.

Speaker: À ce moment-là, on parle juste de TCP parce que IP est inclus dedans.

Speaker: On va le décrocher à côté après, mais on va y venir.

Speaker: On est en 1974.

Speaker: Aujourd'hui, on est en 2023.

Speaker: On utilise toujours le même protocole de transmission aujourd'hui sur Internet.

Speaker: C'est dingue.

Speaker: Dans leur papier, où ils définissent qu'est-ce que c'est que le Transmission Control Program, ils utilisent pour la première fois le mot Internet, qu'ils utilisent comme abréviation de Internet Network.

Speaker: Parce que dans le système TCP, il y a vraiment cette idée de comment on fait communiquer deux machines entre elles via de la commutation par paquets,

Speaker: mais sans prendre en compte la structure physique du réseau en dessous.

Speaker: C'est vraiment ce qu'on a dit, tu vois, le principe du bout en bout.

Speaker: Comment l'émetteur et le destinataire, quand ils échangent des paquets entre eux,

Speaker: on n'a aucune idée de comment le réseau fonctionne, qu'ils utilisent, comment ils font pour s'échanger de l'information.

Speaker: C'est drôle.

Speaker: On ne veut pas avoir le corps de comment ça se passe parce qu'on va tellement gagner à ne pas avoir à le regarder.

Speaker: Et surtout aussi ce fait qu'aujourd'hui, à ce moment-là, la dynamique, c'est mettre au point un réseau qui relie tous les réseaux existants entre eux.

Speaker: Sauf que tous les réseaux existants entre eux, il n'y en a aucun qui fonctionne de la même manière.

Speaker: Donc l'idée c'est vraiment qu'on veut définir une manière que deux ordinateurs peuvent utiliser pour se coordonner, pour échanger des messages, qui n'est pas spécifique à un fonctionnement d'un réseau particulier.

Speaker: Parce que tous les réseaux fonctionnent différemment.

Speaker: Et on peut difficilement demander à tous les réseaux existants de changer leur fonctionnement du jour au lendemain.

Speaker: pour se coordonner.

Speaker: Et quand tu dis « ils fonctionnent différemment », ils fonctionnent différemment comment?

Speaker: Parce que j'imagine que le TCP, c'est ça, qu'ils ont créé, c'est pour qu'ils fonctionnent tous de la même manière, entre guillemets.

Speaker: Alors oui, mais seulement au niveau... En fait, on abstrait toute la communication existante et on regarde ça par au-dessus.

Speaker: On dit « Ok, on a des réseaux qui nous permettent d'échanger des informations.

Speaker: Comment ils échangent ces informations?

Speaker: On s'en fiche.

Speaker: Mais si moi, je suis d'un côté, toi, t'es de l'autre et qu'on veut s'échanger une information,

Speaker: comment on fait pour se coordonner juste nous au travers de ce méandre.

Speaker: Et si par exemple, toi tu envoies un message qui commence par arriver sur un premier réseau et ce réseau, c'est encore sur le réseau de téléphone, tu vois, ce réseau va transmettre tes paquets de données au format TCP sur le réseau de téléphone.

Speaker: Arrivé au bout, le truc TCP arrive sur le réseau suivant.

Speaker: Le réseau suivant fait « moi, TCP, je connais, j'ai été construit avec ».

Speaker: Il le transmet tel quel.

Speaker: Puis ensuite, tu as un autre réseau, c'est aussi de la commutation de paquets, mais c'est un autre standard.

Speaker: Ce que je veux dire, c'est que cette information TCP, il faut que tous les éléments du réseau soient capables de la comprendre et la valident en mode « ok, les informations TCP, les poils, machin et tout, justifier l'adresse ».

Speaker: Il faut les intermédiaire à certains endroits.

Speaker: C'est pour ça que je ne comprenais pas ce que c'est un réseau différent.

Speaker: Parce que pour moi, c'est le même réseau s'ils parlent TCP maintenant et tout le monde parle TCP.

Speaker: Non, parce que... Oui, je vois ce que tu veux dire.

Speaker: Aujourd'hui, oui, parce qu'en fait, à la base, TCP, c'était défini comme un standard pour les réseaux de réseau.

Speaker: Sauf qu'en fait,

Speaker: Une fois qu'on a un standard pour les réseaux de réseaux, les gens qui ont voulu faire des nouveaux réseaux, ils ont dit « Ok, qu'est-ce qu'on prend comme protocole pour parler sur ce réseau?

Speaker: » « Ah, il y a ce protocole qui sert déjà à faire communiquer le gros des réseaux, on va juste l'appliquer à notre petite échelle.

Speaker: » Et en fait, il est venu supplanter tous les autres protocoles existants, quand à l'origine, il était là pour plutôt se mettre au-dessus d'eux sans les empêcher d'exister.

Speaker: Et en fait, ce qui se passe, c'est qu'on avait parlé des paquets avec des entêtes.

Speaker: Rien n'empêche de prendre un paquet avec son entête, regarder juste le destinataire,

Speaker: traiter cet ensemble paquet en tête comme juste de la donnée et rajouter un en-tête par-dessus pour ton réseau à toi qui fonctionne différemment avec ses propres en-têtes.

Speaker: Et en fait, on rajoute des en-têtes.

Speaker: C'est comme si tu prenais une enveloppe.

Speaker: Oui, il le rend permissible à... Tu sais, genre, tu veux envoyer une enveloppe de... Je sais pas, de la France à...

Speaker: je dis un exemple à la con cherche un pays qui a plusieurs territoires terrestres la France est je sais pas tu lui envoyais une lettre de la France à le Royaume-Uni va envoyer une lettre de Londres à Gibraltar

Speaker: que territoire du Royaume-Uni.

Speaker: Ils vont mettre un timbre britannique, parce que sur le principe, je dis une bêtise, c'est le territoire du Royaume-Uni, du coup ils mettent juste un timbre du Royaume-Uni.

Speaker: La lettre arrive à la frontière française, tu prends la lettre avec le timbre britannique, tu la mets dans une autre enveloppe, avec un timbre français, que tu envoies jusqu'à la frontière espagnole.

Speaker: La frontière espagnole t'ouvre l'enveloppe, tu retires la lettre britannique, tu la mets dans une autre enveloppe avec un timbre espagnol, tu l'envoies jusqu'à Gibraltar.

Speaker: A Gibraltar t'ouvre l'enveloppe avec le timbre britannique, et là maintenant tu peux l'emmener à sa destination.

Speaker: Du coup, ce que tu veux dire, c'est que les réseaux à l'intérieur du réseau, d'un nœud à un nœud, il est capable de, avec l'information, juste qu'il reçoit, sans regarder l'information exactement en TCP, il est capable juste de dire « Ah non, moi j'ai juste à envoyer au nœud suivant, c'est lui, salut!

Speaker: » Ouais, en fait, ce que tu veux, c'est que... Et il n'a pas du tout besoin de... Peut-être que tu as le réseau en tant que tel qui vit tout seul, avec toutes ces interconnexions internes, mais quand on le relie à un autre réseau, où il a un point précis où il parle avec un autre réseau, à ce moment-là, on va parler en TCP.

Speaker: Juste celui-là!

Speaker: Et en fait, ces passerelles, ces gateway, elles sont là en dire, je prends mon paquet qui est dans mon langage de transmission interne, je le traduis en TCP pour l'envoyer au réseau suivant.

Speaker: Et en fait, c'est juste pour ces points d'échange au début que t'es CP.

Speaker: Mais du coup, finalement, par rapport à Cyclad, c'est ça?

Speaker: C'est juste une optimisation de l'idée?

Speaker: C'est une formalisation.

Speaker: C'est-à-dire que Cyclad, on a essayé des choses, on a expérimenté.

Speaker: Et là, t'as des mecs qui disent « Ok, nous, on a pris toutes ces expérimentations, on a tout condensé dans un standard qui dit « Voilà, nous, on a créé ça, on a créé le… »

Speaker: un standard qui est bien et prêt à être utilisé et à tester à grande échelle.

Speaker: On va commencer avec ça, il va falloir quand même un peu de temps, mais on l'a.

Speaker: Ces deux gars, ils arrivent et ils disent nous on pense que le futur de l'internet ce sera cette manière de communiquer, voilà notre papier, on peut débattre, on va passer par les RFC, parce qu'on parle vraiment d'internet, mais ça va parler de ça.

Speaker: Dans le système TCP, il y a deux entités.

Speaker: Il y a le TCP, qui est comment on forme les paquets,

Speaker: La donnée et un entête qui permet de s'assurer que si un paquet est manquant, on va pouvoir donner un message qui dit « il me manque un paquet ».

Speaker: Le fait qu'il va y avoir des accusés de réception.

Speaker: Comment on gère le fait que les paquets aient été découpés et soient dans le désordre?

Speaker: Comment on gère tout ça?

Speaker: Ça définit tout ça?

Speaker: Et il y a une deuxième partie qui est le routage.

Speaker: Le routage, c'est dans un réseau en maille où j'ai plein de nœuds et plein de chemins possibles pour que mon information se déplace.

Speaker: Comment je fais pour savoir à chaque fois que l'information arrive à un nœud, où je l'envoie après?

Speaker: Et comment je fais pour essayer de faire en sorte que ça soit super efficace?

Speaker: sans que tous les nœuds aient besoin d'avoir la liste de toutes les machines du réseau.

Speaker: Et pour ça, ils vont créer ce qu'ils appellent le protocole IP, le Internet Protocol.

Speaker: Quand on dit protocole IP, on dit deux fois protocole.

Speaker: Le système IP qui vient avec la logique pour faire fonctionner tout ça et un système d'adresse.

Speaker: Au début, c'est inclus dans TCP, on va très rapidement le détacher.

Speaker: Oui, parce que l'idée, c'est que ton IP a plein de chiffres et plus tu navigues, plus tu retires des chiffres et plus tu en remets.

Speaker: On a un truc un peu comme ça genre?

Speaker: Non mais oui mais je vois ce que tu veux dire en vrai je vois ce que tu veux dire mais pas exactement mais on va y venir on va parler d'IP plus en détail sinon ça fait centralisation quand même et c'est pas ça et Vint Cerf à ce moment là tu vois on avait déjà eu un gars qui avait parlé du réseau informatique intergalactique et Vint Cerf un peu dans cette vibe et à ce moment là il a un t-shirt avec marqué IP on everything en mode on veut des adresses IP sur toutes les machines comme ça ce sera super simple de communiquer

Speaker: Ça va quand même déjà donner pas mal d'idées.

Speaker: Est-ce qu'on en parle tout de suite?

Speaker: Non, on en parle pas tout de suite.

Speaker: Mais du coup, c'est ça.

Speaker: Tu vois, ça c'est de 1974.

Speaker: On a le système TCPIP qui est présenté, et qui fait sens, et qui est basé sur des vraies expérimentations.

Speaker: Au même moment, toujours en France, toujours en parallèle de Cyclades,

Speaker: On a M. Alain Profi, qui est le chef du groupement informatique et transmission de données au CNET, le Centre National d'Études des Télécommunications.

Speaker: Alain Profi, il va lancer l'étude et la réalisation d'un réseau à transmission de paquets en parallèle de cyclade.

Speaker: Et...

Speaker: Il va faire des décisions dedans qui vont être similaires au système Cyclades.

Speaker: mais aussi similaire à d'autres réseaux déjà existants.

Speaker: C'est une autre tentative parallèle.

Speaker: Il fait son propre réseau aussi de son côté.

Speaker: Mais lui, il prend des chemins différents.

Speaker: Quand Cyclade, c'était vérification des erreurs seulement aux extrémités, le système de bout en bout, lui, c'est l'inverse.

Speaker: Chaque nœud du réseau vérifie les erreurs.

Speaker: Son réseau, il veut que ça garantisse que les paquets de données arrivent dans le bon ordre.

Speaker: Donc si les paquets prennent les chemins différents, il faut qu'au dernier nœud avant le destinataire, il soit remis dans l'ordre.

Speaker: Mais en fait, ils ne passeront pas par des chemins différents parce qu'ils vont utiliser le système des circuits virtuels.

Speaker: On définit un chemin précis dans le maillage pour communiquer... Mais du coup, est-ce que ce n'est pas des mauvaises idées tout ça?

Speaker: On va y venir.

Speaker: Parce que ça va permettre d'autres choses.

Speaker: Déjà, ces choix, on est d'accord, ça augmente la complexité du réseau.

Speaker: Foul, foul, foul.

Speaker: Il va y avoir aussi des problèmes qui sont que les nœuds, ils ne vont pas être capables, comme ils doivent gérer toutes les erreurs, ils doivent gérer les retransmissions, ils doivent gérer le routage, ça leur demande beaucoup de travail, donc ils ne vont pas non plus pouvoir avoir énormément de connexions simultanées en même temps, en tout cas au début.

Speaker: Ils prennent aussi la décision que les paquets de données seront de taille fixe.

Speaker: donc si toi t'as besoin d'envoyer qu'un tout petit morceau mais que le paquet c'est une taille bien plus grande bah t'enverras quand même un paquet d'une taille bien plus grande en mettant juste de l'information nulle à la fin mais d'ailleurs la taille des paquets tu dis ils sont quand même grands du coup parce que moi j'imaginais que c'était vraiment microscopique mais pour l'époque ça peut être grand

Speaker: Pour aujourd'hui, c'est Microscope Clip, parce qu'aujourd'hui, on peut télécharger 1 Teraoctave comme ça sur un ordinateur.

Speaker: Pour l'époque, c'est quand même une taille, c'est des petits fichiers.

Speaker: Enfin, c'est des morceaux de fichiers, tu vois.

Speaker: Mais c'est genre ton fichier texte avec trois pages, tu vois, il va passer en une vingtaine de paquets.

Speaker: C'est honnête.

Speaker: En fait, le choix des tailles de paquets, il est fait par rapport à la qualité du réseau.

Speaker: Plus le réseau est fiable et stable, plus on va pouvoir avoir des gros paquets de données.

Speaker: Moins le réseau est fiable, plus on va avoir des petits paquets de données.

Speaker: Ah du coup il est variable?

Speaker: Dans le système IP, la taille des paquets est variable avec un maximum.

Speaker: Et du coup, il se fait à notre insu par rapport au chemin qu'il va prendre et qu'il sait, des informations qu'il traverse.

Speaker: Du coup, ce réseau, il témoigne quand même d'informations de son corps pour influer.

Speaker: Quand tu lances un téléchargement d'un fichier aujourd'hui sur Internet, tu vois que la vitesse de téléchargement augmente pendant les premières secondes et ensuite, elle ne fait que osciller.

Speaker: Le moment où elle augmente, c'est parce qu'à ce moment-là, sur la connexion, le système TCP est en train de tester la qualité de la connexion en envoyant des paquets de plus en plus gros et en regardant la qualité de transmission jusqu'à ce qu'il arrive à un palier où il va être satisfait.

Speaker: Parce qu'il se rend compte que s'il envoie plus gros, ça met plus de temps à arriver, ou il y a des retry, on lui demande de réessayer parce que le paquet n'est même pas arrivé.

Speaker: Il optimise sa vitesse.

Speaker: Et en fait il optimise en permanence.

Speaker: C'est pour ça que quand tu lances un téléchargement, ça va de plus en plus vite.

Speaker: C'est vraiment parce qu'il est en train d'augmenter petit à petit la taille des paquets pour voir jusqu'où il peut aller.

Speaker: Waouh, c'est trop stylé.

Speaker: Ça a lieu tout le temps, en constant.

Speaker: Mais parce que sur les réseaux, c'est tout le temps qu'il y a des paquets qui ne sont pas acheminés, non?

Speaker: Ça arrive.

Speaker: Il y en a, tout le temps, mais le but c'est qu'il y en ait le moins possible.

Speaker: Ouais, mais ça je me demandais, est-ce que si dès que tu envoies un giga quelque part, tu auras forcément de la perte?

Speaker: Non, non, non.

Speaker: Aujourd'hui c'est très rare.

Speaker: Parce qu'aujourd'hui nos signaux sont fiables.

Speaker: Après, aujourd'hui tu vois, on a pas mal de réseaux sans fil.

Speaker: La 3G, la 4G, le Wi-Fi.

Speaker: Là, il y a des pertes.

Speaker: Mais là, c'est aussi le système TCP par-dessus qui vient gérer tout ça.

Speaker: Et quand on envoie des paquets IP sur du Wi-Fi,

Speaker: la taille maximale des paquets est différente.

Speaker: Elle est un peu plus petite.

Speaker: Mais le système TCP qui s'en fiche de savoir comment on transmet l'information entre limiteurs et destinataires, du coup marche super bien avec le wifi.

Speaker: Parce que si ton paquet il passe pas parce que quelqu'un a fermé une porte trop vite et que ça a brisé un paquet, j'en sais rien, le système TCP, c'est juste un paquet qui manque pour le système TCP.

Speaker: Que ce soit passé par du wifi ou par un câble, ça reste un paquet manquant.

Speaker: Mais est-ce que quand... Peut-être pour le son, ça n'a rien à voir, là.

Speaker: Mais quand tu es sur une enceinte Bluetooth, c'est que tu envoies du son.

Speaker: C'est aussi des paquets qui s'enchaînent?

Speaker: Toujours.

Speaker: C'est fou.

Speaker: Du coup, quand tu deviens trop loin, c'est les paquets qui tombent dans le vide avant d'arriver à ton enceinte.

Speaker: Parce que ton signal perd en puissance avec la distance et il n'est plus assez puissant en arrivant devant... C'est fou d'avoir une fiabilité de déplacement de la donnée dans l'espace.

Speaker: Et que ça soit continu pour un flux sonore.

Speaker: Vraiment.

Speaker: C'est fou.

Speaker: Mais on avance.

Speaker: On avance.

Speaker: Ce que je disais du coup c'est que sur ce nouveau réseau la taille des paquets elle est fixe.

Speaker: Ça a des avantages parce que ça permet de limiter quand même une partie des capacités du calcul nécessaire pour gérer les paquets.

Speaker: Ils ont toujours la même taille donc tu peux faire des mémoires qui ont la bonne taille, tu vois ce genre de choses.

Speaker: Mais ça augmente la probabilité de congestion sur le réseau.

Speaker: Parce que même si tu envoies peu d'informations tu utilises autant de place que l'existante.

Speaker: Mais

Speaker: Parce que le réseau utilise des circuits virtuels et comment il est conçu, c'est premier arrivé, premier servi.

Speaker: C'est-à-dire que si nous, on est déjà en train de communiquer et que dans ce coup, il y a de la congestion qui apparaît et que d'autres personnes n'arrivent plus à lancer des communications, nous, on ne sera pas impacté.

Speaker: Parce que notre circuit virtuel, il est déjà actif.

Speaker: Donc ça fonctionne comme ça.

Speaker: Cette présentation, cette manière de fonctionner, ça va devenir une norme, qu'on va appeler la norme X.25, en 1976.

Speaker: Cette norme, à ce moment-là, se concentre exclusivement sur la transmission de données, avec tout ce qu'on vient de lister.

Speaker: Les Britanniques vont surkiffer cette norme, ils vont adorer.

Speaker: Ils vont même développer une suite de protocoles, qui vont s'appeler The Colored Books, les livres colorés.

Speaker: parce qu'il y a le bleu, le rouge, le vert, à chaque fois qu'ils sortent un nouvel opus de protocole ils mettent une couleur en fait.

Speaker: Et avec ça ils prennent des années d'avance sur les autres pays européens sur la structuration des protocoles de transmission.

Speaker: Le protocole X25 en Europe va vraiment exploser parce que en 1978 en France, il va y avoir ce qu'on va appeler le réseau Transpac.

Speaker: Le réseau Transpac, c'est le premier réseau à l'échelle du pays, qui est public, c'est-à-dire dans le sens, pas qu'il est payé par l'État, mais qui n'est pas limité, qui est ouvert à tous.

Speaker: Parce que par exemple, le réseau Arpanel, dont on a déjà parlé, il est limité à la recherche et aux universités.

Speaker: tu ne peux pas avoir une entreprise qui se branche dessus, si ce n'est pas pour faire de la recherche.

Speaker: Genre les centres de recherche de Dell ou IBM vont se brancher dessus, mais IBM n'a pas le droit de transmettre ses factures là-dessus.

Speaker: Moi, je ne peux pas faire de vente en ligne là-dessus, parce que ce n'est pas une utilisation sur la recherche ou du scientifique.

Speaker: Transpac, c'est un des premiers réseaux qui va être ouvert à une utilisation commerciale.

Speaker: Donc déjà, potentiel.

Speaker: Gros potentiel.

Speaker: Et là, qui va voir ça comme quelque chose d'extrêmement intéressant?

Speaker: C'est France Télécom.

Speaker: France Télécom, ils voient ce réseau commercial et ils se disent...

Speaker: on va pouvoir faire des choses avec ça.

Speaker: Notamment, et tu ne t'attends pas à ça, vas-y, question, on fait la méthode de rhétorique.

Speaker: Je me demandais, je me suis dit, est-ce que c'est pas là qu'ils vont arriver?

Speaker: Mais je connais pas les dates, les premiers ordi chez les gens, là.

Speaker: Les Minitel?

Speaker: Oui, mais c'est pas un ordinateur, un Minitel.

Speaker: C'est pas ça.

Speaker: Non.

Speaker: Mais, à ton avis... C'est pas encore arrivé, l à, à ce moment-là, dans l'histoire.

Speaker: C'est sur le point.

Speaker: C'est sur le point d'arriver.

Speaker: Mais c'est pas France Télécom qui le fait?

Speaker: Si.

Speaker: Mais c'est la V2.

Speaker: Bah c'est exactement ça.

Speaker: Ok c'est ça.

Speaker: En fait c'est ça.

Speaker: Grosso modo, France et les coms ils sont là en mode on est en 1978-1979, on imprime des bottins tous les ans.

Speaker: Les bouquins avec la liste de toutes les adresses téléphoniques dans la ville.

Speaker: Et en 1978, bah quasiment tout le monde a le téléphone.

Speaker: C'est quand même extrêmement bien répondu.

Speaker: On en installe encore beaucoup mais c'est partout, c'est partout, c'est partout, c'est partout.

Speaker: Et du coup, les bottins, il y en a de plus en plus à devoir imprimer, ils sont de plus en plus gros, c'est compliqué.

Speaker: Et ils se disent, ouais, mais si le bottin, il était genre déjà dans le téléphone, tu vois un peu mon idée, en mode, je n'ai pas à te donner un bouquin, mais tu as quand même moyen d'accéder à tous les numéros de téléphone disponibles.

Speaker: Et ils se disent, avec ce réseau Transpac, où n'importe qui peut transmettre de l'information à n'importe qui, il y a peut-être moyen qu'on puisse envoyer nos bottins digitalement.

Speaker: aux utilisateurs du réseau.

Speaker: Du coup, ils veulent mettre le réseau en parallèle de leur réseau?

Speaker: Non, ils veulent l'utiliser directement sur leur réseau.

Speaker: Ils veulent que le réseau Transpac serve à transmettre le botin téléphonique pour que les gens qui utilisent le réseau de téléphone n'aient pas à leur envoyer des bouquins par la poste.

Speaker: À ce moment-là, le botin, c'est 5 cm d'épaisseur, ça doit être 2,5 kg au compteur, ça commence à être tendu.

Speaker: On va envoyer ça tous les ans.

Speaker: France Télécom vont expérimenter, développer un premier boîtier que tu mets sous ta télévision, qui se branche à ta télé et au réseau de téléphone, qui est relié à Transpac.

Speaker: Au réseau Transpac.

Speaker: Parce qu'en gros, le réseau Transpac existe et se relie à des échangeurs téléphoniques.

Speaker: Tu vois?

Speaker: J'ai juste à dire télé et je suis parti dans ma tête à réfléchir en mode « Ah oui, c'est juste une nouveauté parallèle juste d'envoyer un flux vidéo par des antennes et de les recevoir dans les télés.

Speaker: » Et que ça n'a juste rien à voir avec Internet alors que c'est déjà une prouesse.

Speaker: Et que ça a existé.

Speaker: Et en fait, tu reçois des images, grosso modo.

Speaker: Tu reçois des écrans.

Speaker: Il y a quelques petits trucs, mais le boîtier est stupide.

Speaker: Le boîtier, tout ce qu'il sait faire, c'est recevoir un signal qu'il est capable d'afficher sur une télé, et de transmettre des commandes reçues par l'utilisateur, donc la personne assise dans son canapé.

Speaker: Et avec ça, il y a une première expérimentation qui est faite en 1980 à Saint-Malo.

Speaker: Ça s'appelle le TéléTel, parce que tu as l'information téléphonique sur ta télé.

Speaker: Tu as accès du coup à l'annuaire téléphonique et à un peu d'actualité.

Speaker: Tu vois, on a déjà une notion que ça ne va pas juste être du téléphone.

Speaker: Ce serait cool si on pouvait avoir d'autres services aussi accessibles comme ça.

Speaker: Ok, ils ont fait Twitter avant l'heure quoi.

Speaker: Alors non, c'est plus... Disons que tu reçois plus les gros titres des journaux.

Speaker: Ouais, ouais, bah ouais.

Speaker: Donc la première expérimentation, c'est début 1980.

Speaker: Fin 1980, seconde expérimentation, 2500 maisons à Vélizy, Versailles et le voisinage.

Speaker: Donc banlieue bien riche d'Île-de-France.

Speaker: Ça marche vraiment bien parce que, en fait...

Speaker: Tu n'as pas juste le bottin disponible au début, tu as déjà plein de services.

Speaker: Et il y a de nouveaux services tous les jours qui se rajoutent.

Speaker: Donc ça veut dire que très rapidement, il va y avoir plusieurs centaines de services accessibles.

Speaker: Les pages blanches et les pages jaunes, qui sont gratuites, parce que c'est l'annuaire.

Speaker: Mais aussi, on arrive à la presse, la vente par correspondance.

Speaker: On est en 1980, on peut déjà acheter.

Speaker: On va te dire, tu veux acheter une table, tu as marqué table, dimension, numéro de téléphone, un prix, tu peux appeler.

Speaker: La SNCF permet déjà l'achat de billets avec les premiers prototypes.

Speaker: Waouh!

Speaker: Les banques permettent déjà de consulter des comptes, tu peux même voir l'écran de la bourse.

Speaker: Et tu as même accès à des services de messagerie.

Speaker: Ce qu'il faut comprendre c'est qu'en à peine un an, on est passé d'un boîtier que tu mets sous ta télé à un système un peu plus performant, où tu as quand même des bouts d'interface.

Speaker: C'est toujours un truc que tu mets sous ta télé, tu vois.

Speaker: Mais tu as quand même des bouts d'interface, tu as quand même une télécommande avec un clavier,

Speaker: et tu as déjà de l'interactivité.

Speaker: Ce n'est pas juste appuyer sur 3 pour avancer d'une page dans le botin.

Speaker: Tu peux acheter des billets de train.

Speaker: On est en 1980-1981, tu achètes des billets de train en ligne.

Speaker: C'est vraiment les premiers ordi à usage des gens.

Speaker: Ce n'est pas un ordinateur.

Speaker: C'est une pauvre télé avec un relais.

Speaker: Il n'y a pas de calcul, il n'y a pas de session.

Speaker: Ça passe par le réseau de téléphone.

Speaker: C'est un téléphone avec une télé.

Speaker: Quand tu fais les choix, tu envoies et ça t'updait ton image.

Speaker: Ça t'envoie le signal et tu obtiens une nouvelle image.

Speaker: Wow!

Speaker: C'est des... Merde.

Speaker: Pas des moniteurs, là.

Speaker: Des...

Speaker: C'est des terminaux.

Speaker: C'est purement des terminaux.

Speaker: Et en fait, c'est pour ça qu'on peut le faire.

Speaker: Tu vois quand on disait que le réseau que le mec avait développé à la base, que Alain Profil avait conceptualisé un réseau, c'est le réseau qui gère les erreurs, c'est le réseau qui gère l'ordre des paquets, c'est le réseau qui limite la taille des paquets aussi, qui fixe leur taille.

Speaker: C'est parce qu'il n'y aura pas de routeur chez les gens avant un moment en fait.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et comme ça, tu vends aux gens des appareils stupides qui ne coûtent pas trop cher à développer.

Speaker: Et là, tu augmentes ton réseau en parallèle?

Speaker: Oui, parce que tu dis aux gens, soit il faut que tu achètes un micro-ordinateur de l'époque qui coûte 25 000 pièces, ou alors tu te files ce truc qui s'appelle TéléTel, qui coûte, je ne sais pas, 1000 francs.

Speaker: Je dis des bêtises, je n'ai pas checké les prix, mais ils sont abordables.

Speaker: Et avec ça, tu as accès à toute l'information.

Speaker: D'un seul coup, ton financement devient impossible.

Speaker: Parce que les gens vont utiliser les services, ils vont payer pour utiliser le réseau Transpac, tu payes à la minute.

Speaker: Hum hum.

Speaker: Donc c'est un business model qui marche.

Speaker: Le lancement officiel, c'est en 1982, deux ans plus tard, avec des numéros qu'on connaît.

Speaker: Parce que quand tu lances ta machine, tu tapes des petits numéros de téléphone qui t'amènent sur les écrans qui t'intéressent.

Speaker: On trouvera directement le 3611 pour l'annuaire.

Speaker: Et tous les autres services sont sous leur 3615.

Speaker: Et dès 1982...

Speaker: on voit l'apparition des premiers sites de rencontres et les messageries roses.

Speaker: Ça marche vraiment bien.

Speaker: Et un des plus gros vecteurs de développement, ce sont les services de messagerie instantanée.

Speaker: Parce qu'on peut s'envoyer des mails.

Speaker: Moi, je suis chez moi, je n'ai pas d'ordinateur.

Speaker: J'ai une nouvelle petite télé sur mon bureau avec un clavier qui vient avec.

Speaker: Je peux envoyer l'équivalent d'un email à quelqu'un d'autre.

Speaker: Je n'ai pas d'ordinateur chez moi, ça me coûte juste, je paye à la minute.

Speaker: Et c'est un similier instantané.

Speaker: C'est bien plus rapide que la poste, en tout cas.

Speaker: Lancement, du coup, en 82.

Speaker: En 85, il y a déjà plus d'un million de terminaux en service, en France.

Speaker: On a 2000 services disponibles.

Speaker: l'augmentation du nombre d'utilisateurs est-ce que ces 2000 services c'est France Télécom qui les crée?

Speaker: Non c'est plein de gens qui créent leurs services et qui se relient sur le truc.

Speaker: Un service à ce moment-là c'est genre les billets SNCF, chaque banque c'est un service.

Speaker: L'annuaire page jaune, page blanche c'est peut-être deux services.

Speaker: Tous les sites de messagerie rose c'est chacun des services indépendants.

Speaker: Aujourd'hui si on voulait un comparatif, un service c'est un site web.

Speaker: On peut faire un comparatif simple.

Speaker: En 1985, il y a plus de 2000 services disponibles.

Speaker: Le niveau de pénétration

Speaker: c'est la vitesse à laquelle c'est adopté par les gens il est tellement rapide qu'à un moment le réseau Transpa qui va lâcher tellement il y aura de trafic dessus il faudra deux semaines au réseau pour qu'il se remette en état en 1987 donc en 85 on avait 2000 services en 87 on a 5000 services

Speaker: et en 95 on est à 25 000 services disponibles sur le réseau.

Speaker: Et en 95 on est toujours sur le même système?

Speaker: C'est toujours le réseau Transpac qui a évolué.

Speaker: C'est allé très vite.

Speaker: Là on a sauté quelques années très rapidement pour montrer l'évolution mais c'est la base du réseau Transpac.

Speaker: Ouais j'aurais pas pensé que ce réseau allait durer si longtemps parce qu'il y a toute une génération qui devait être dans ça.

Speaker: Bah... Moi j'avais jamais entendu parler.

Speaker: Le réseau Transpac il a fermé en 2011 avec la fin du Minitel.

Speaker: À ce moment-là, en 1985... Ah, parce que le Minitel a juste remplacé le boîtier, non?

Speaker: Ouais, en fait, c'est l'évolution.

Speaker: À la base, c'était un boîtier sur ta télé, et après, c'était un truc tout en un, où tu avais la petite télé et le clavier qui venaient avec.

Speaker: Ça venait ensemble.

Speaker: Parce qu'en fait, Minitel, c'est le service, et le Teletel, c'est le terminal.

Speaker: Mais personne n'appelle les Teletels des Teletels, tout le monde dit c'est le Minitel, parce que tu utilises le machin pour aller sur le Minitel.

Speaker: À ce moment-là, en 85 ou 87, je ne sais plus, il faudrait que je fasse attention.

Speaker: Non, c'est en 95.

Speaker: En 95, c'est un business qui génère plus d'un million d'euros d'aujourd'hui, par an.

Speaker: C'est énorme.

Speaker: Et ça, ça a vraiment été rendu possible par le fait que les Minitel, c'est juste des systèmes d'affichage tout bête.

Speaker: Il n'y a pas de processeur, ils ne font pas de calcul, ils affichent juste... Et les gens devaient triper pour que ça se vende à fond et que ça fasse tout un maximum.

Speaker: Tu demanderas à tes parents...

Speaker: Tu demanderas à toutes les personnes de la gérer chez nos parents.

Speaker: Parce que moi je sais que ma mère m'a déjà raconté, tu sais qu'elle achetait des billets de compte, des places de concert, elle achetait des billets de train sur Minitel.

Speaker: Mais moi je crois que mes parents ne l'avaient pas, mais je crois que j'avais déjà entendu des anecdotes de chez d'autres gens.

Speaker: Mais vraiment très peu là.

Speaker: Mais tu vois comme aujourd'hui ça paraît évident d'acheter tes billets de train sur internet, à l'époque c'est arrivé en France 20 ans avant tout le reste du monde en fait.

Speaker: C'est ça qui est assez impressionnant.

Speaker: Et surtout que c'était accessible.

Speaker: t'as pas besoin d'acheter un ordinateur.

Speaker: T'achètes un boîtier qui coûte pas trop cher, raisonnable on va dire, et tu payes à la minute derrière.

Speaker: Et en plus, si c'est juste pour le bottin, c'est gratuit les premières minutes.

Speaker: Parce que ça remplace le bottin, donc on va pas non plus te faire payer pour un truc qui était gratuit.

Speaker: Ouais, et puis j'imagine, ils sont en mode bon, les coûts d'impression, on les cale là, on s'en fout, genre c'est tellement moins cher.

Speaker: Vraiment.

Speaker: Par contre,

Speaker: Le défaut du système Minitel et du réseau Transpac qui va faire qu'il va être destiné à mourir et qu'on pourra pas le sauver ni le faire évoluer.

Speaker: C'est que, tu vois tout ce qu'on a cité au début, le fait que c'est le réseau qui gère les erreurs et que ça permet d'avoir des terminaux stupides qui font juste que recevoir l'information, ça le rend fondamentalement incompatible avec le système TCP IP.

Speaker: Parce que c'est littéralement l'opposé des choix technologiques du système TCPIP.

Speaker: Le système TCPIP, on veut un réseau qui peut être extrêmement stupide tant que l'émetteur et le destinateur sont assez intelligents pour gérer eux-mêmes la communication.

Speaker: Et là, on a fait précisément l'inverse.

Speaker: et ça rend le réseau Transpac et par extension le Minitel incompatible avec le système TCPIP et d'une manière qu'on ne peut pas y remédier.

Speaker: Du coup l'héritage qui va se créer par rapport à ce système là c'est surtout les utilisations et les comportements mais pas du tout la technique?

Speaker: Non, pas du tout.

Speaker: En fait ça va vraiment montrer que

Speaker: il y a une véritable demande et un vrai potentiel au niveau du consommateur et pour les entreprises dans l'accès à un réseau unique.

Speaker: Oui, parce que j'imagine que l'exemple du Minitel et tout ça, c'est qu'il y a pu avoir beaucoup de monde qui ont eu un rapport avec un Internet, alors qu'aux États-Unis, avec le système, ça ne devait pas être le cas.

Speaker: C'était encore très limité à la recherche.

Speaker: Ça devait être 100 personnes, je dis ça en blaguant.

Speaker: Il y avait quelques milliers au travers de différentes universités, mais c'était limité à la recherche.

Speaker: En dehors de ceux qui sont déjà dans ça.

Speaker: Et là, d'un seul coup, il y a ça qui apparaît.

Speaker: La France a vraiment démontré la réussite de ça.

Speaker: Et est-ce que ça, c'est vraiment à cette époque-là que en France?

Speaker: Non.

Speaker: On va tenter de l'exporter dans différents pays, notamment en Allemagne, en Belgique, mais ça ne va jamais prendre aussi bien que ça a pris en France.

Speaker: Ok.

Speaker: Drôle.

Speaker: Tout le reste du monde était à l'âge de pierre encore.

Speaker: Ouais, peut-être pas, mais ouais.

Speaker: Après, il y a quand même des choses qui ont commencé à apparaître.

Speaker: C'était cher, j'imagine.

Speaker: Le Minitel?

Speaker: En fait, le truc en France, c'est qu'on a commencé par avoir d'abord le réseau, et ensuite on a construit Minitel sur le réseau Transpac.

Speaker: Les autres pays, ce qui est apparu, c'est qu'il fallait construire le réseau pour aller avec.

Speaker: Alors qu'à la base on avait déjà un réseau commercial.

Speaker: Et le Minitel ça a été l'utilisation qui a fait le succès de ce réseau commercial.

Speaker: Alors dans les autres pays il n'y avait pas forcément le réseau commercial donc il faut en plus créer le réseau commercial pour mettre le Minitel par dessus.

Speaker: Enfin tu vois, ça devient plus compliqué.

Speaker: Aux Etats-Unis, et dans le reste du monde où il y avait des systèmes IP, il y a quand même des choses qui sont apparues.

Speaker: Fin des années 70, c'est l'apparition du système Usenet, pour User's Network.

Speaker: C'est l'ancêtre des formes.

Speaker: Ce sont des pages de discussion avec des catégories, donc il y a plein de catégories, plein de sujets différents.

Speaker: Comment on appelle ça?

Speaker: En anglais c'est des bulletin boards.

Speaker: Tu sais quand tu vois dans des lieux publics où tu as un tableau en liège, puis des gens mettent des messages et peuvent répondre à tout ça.

Speaker: Ouais là où tu vas chercher tes quêtes et tout.

Speaker: Exactement.

Speaker: Par exemple les dragons et tout.

Speaker: Ouais, ouais, exactement.

Speaker: C'est un peu l'idée, parce que les gens peuvent se répondre comme ça.

Speaker: Ça, ça va apparaître fin des années 70 aux US.

Speaker: Parce que même s'il n'y a pas encore de réseau

Speaker: grand public, accessible commercialement, accessible au grand public, qui fasse toute l'échelle du pays, on peut quand même avoir un ordinateur relié au réseau de téléphone, avoir quelqu'un qui a un autre petit ordinateur relié au réseau de téléphone, on fait des appels et on communique.

Speaker: Est-ce qu'ils n'ont pas créé des espaces communs

Speaker: en mode cybercafé ou je sais pas quoi.

Speaker: Exactement.

Speaker: C'est ça.

Speaker: C'est cette culture-là qui se crée.

Speaker: Et l'intérêt de Usenet, tu vois, c'est que t'as une grosse notion de décentralisation.

Speaker: Parce qu'en fait, chaque machine physique est un serveur indépendant.

Speaker: Et ces serveurs communiquent entre eux pour se partager ce qui a été posté chez l'un ou chez l'autre.

Speaker: Donc toi, en fait, tu te connectes au serveur Usenet que t'aimes bien ou le plus proche de chez toi ou quoi.

Speaker: Mais t'as quand même accès à ce qui est posté sur les autres serveurs Usenet parce qu'ils se synchronisent un peu tous entre eux régulièrement.

Speaker: Donc,

Speaker: Ce sont des gros espaces de discussion.

Speaker: Ça va avoir une très grosse popularité, il y a beaucoup de choses qui vont venir de là, beaucoup de folklore de l'internet qui va venir de là, parce que c'est les premières vraies communautés en ligne.

Speaker: Aujourd'hui on n'entend plus trop parler, mais c'est toujours présent le système Usenet, c'est toujours actif.

Speaker: C'est un gros espace d'échange de documents, de données, de fichiers.

Speaker: C'est la plus grosse utilisation aujourd'hui, c'est l'échange d'informations.

Speaker: Quel site d'information, dans quel but, pourquoi, par qui.

Speaker: C'est un peu flou des fois, mais c'est toujours bien présent aujourd'hui.

Speaker: Mais c'est ça en fait, et pour finir de clore avec le Minitel, tu vois, ce qu'on disait c'est en 95, énorme succès, et en fait à partir du début 2000, avec le système internet, et notamment l'arrivée du web, on va en parler un petit peu, il va mourir petit à petit, il va prendre 10 longues années d'agonie où le Minitel va mourir petit à petit, pour être finalement débranché en 2011, si je dis pas de bêtises.

Speaker: Et quand il va être débranché en 2011, il y avait encore des utilisateurs.

Speaker: Est-ce que ce qui l'a fait mourir, c'est l'apparition des ordis personnels?

Speaker: Ouais, et l'apparition d'Internet.

Speaker: du vrai internet.

Speaker: Parce que du coup, le internet cybercafé, on va dire, va apparaître en parallèle?

Speaker: Non.

Speaker: En fait, à partir des années 90, on va y passer.

Speaker: En fait, ce qui va se passer, c'est que le Minitel, avec le réseau Transpac, va rester en France et faire son truc, va bien marcher.

Speaker: Mais en fait, tous les autres réseaux autour vont rattraper le retard.

Speaker: Et vont arriver avec le coup de grâce qu'est le web, les sites web qu'on connaît aujourd'hui.

Speaker: Et dans ce coup, il va y avoir un shift

Speaker: vers l'internet en France.

Speaker: De un, parce que comme tu le dis, les ordinateurs personnels sont désormais beaucoup plus abordables.

Speaker: Et ensuite parce que le web et internet permettent beaucoup plus de choses que ce que permettait le Minitel.

Speaker: Et le shift va arriver d'un coup.

Speaker: Et ça va être la fin du Minitel comme ça.

Speaker: Mais c'est une super épopée en France, c'est un super projet, ça a donné des idées à énormément de gens, ça a pavé la voie pour plein de choses aussi.

Speaker: C'est quand même très important de le mentionner dans l'histoire d'internet, parce que même si aujourd'hui c'est complètement désuet et ça n'existe plus, on a quand même eu un système avec des utilisations similaires à l'internet d'aujourd'hui dans les années 80 en France.

Speaker: Donc c'est quand même important de le noter.

Speaker: Ouais, c'est fou.

Speaker: Mais du coup, en parallèle, parce qu'en France, on fait notre Minitel, on s'éclate.

Speaker: En parallèle, tous les réseaux existants, on veut s'interconnecter.

Speaker: On a Arpanet aux US, mais on veut plus d'interconnexion.

Speaker: Et là, ça va câbler l'Atlantique.

Speaker: Ouais.

Speaker: Un max.

Speaker: Ça va câbler à max.

Speaker: On met plein de méga câbles.

Speaker: Ouais.

Speaker: En 1975, Stanford va se relier au University College de Londres.

Speaker: OK.

Speaker: On échange entre ceux-là.

Speaker: En 1977, on a trois sites reliés entre les États-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège.

Speaker: Mais surtout, attends, je ne sais plus... Le premier câble, il n'est pas gigavieux?

Speaker: C'est pas genre avant 1900, je crois que j'avais entendu la date en mode.

Speaker: Fin 19ème si je dis pas de bêtises.

Speaker: Ils ont déjà entendu des câbles.

Speaker: Et c'était à l'époque du téléphone, même pas du téléphone, c'était à l'époque du télégraphe.

Speaker: C'est fou.

Speaker: Ouais, ouais, ouais.

Speaker: Quand tu vois la quantité de câbles maintenant qui a tapissé partout sur le lobe, c'est indécent en vrai.

Speaker: Puis la technologie des câbles va évoluer aussi énormément.

Speaker: Et aujourd'hui les câbles transmettent tellement plus d'informations qu'origine.

Speaker: Tu sais les premiers câbles c'était les premiers câbles de cuivre.

Speaker: Aujourd'hui on fait de la fibre optique.

Speaker: où tu as plusieurs fibres optiques dans le même câble et sur une même fibre optique on utilise des fréquences différentes tu sais on envoie du vert, du rouge, du bleu et du coup comme c'est juste des photons avec des fréquences différentes on est capable d'envoyer plusieurs communications différentes sur la même fibre optique tu as des fibres optiques sans couleur aujourd'hui sans le chiffre parce que tu as 100

Speaker: communication parallèle dans le même fibre optique parce qu'on utilise des fréquences de lumière différentes.

Speaker: Donc c'est... Sur le Tueg, ouais.

Speaker: Ah ouais, non, technologiquement ç a a évolué.

Speaker: Mais à partir des années 80, on est déjà en train de faire passer de la fibre optique pour créer les gréseaux.

Speaker: On ne met pas de la fibre optique jusqu'aux maisons des gens, mais c'est plus, bah on veut relier...

Speaker: l'université de New York à l'université de Buffalo, on va faire passer de la fibre optique.

Speaker: Mais pour le reste, on continue d'utiliser le réseau de téléphone comme pour le dernier miles.

Speaker: Pour le dernier kilomètre, ça reste le réseau de téléphone, ça va le rester très longtemps.

Speaker: On continue de reléguer ça au réseau qu'on a déjà existant.

Speaker: Pour l'instant, les câbles qu'on pose, c'est pour relier les gros centres.

Speaker: C'est pour faire les gros relais.

Speaker: Fin des années 70, on décide qu'aux Etats-Unis, pour relier tous les réseaux existants, on va utiliser ARPANET.

Speaker: Ça veut dire que désormais, si il y a un nouveau réseau et qu'on veut l'interconnecter à un autre, on le reliera à ARPANET.

Speaker: Et ARPANET fera le lien.

Speaker: On décide que ce sera le réseau des réseaux.

Speaker: Et c'est à partir de ce moment-là qu'on va commencer à avoir l'interchangeabilité entre Internet et ARPANET.

Speaker: Mais pour ce faire, parce que le système de communication utilisé actuellement sur ARPANET avait quand même pas mal de limitations, et on se dit, ok, le mieux, c'est utiliser le système TCPIP.

Speaker: Donc on va entraîner un switch complet du système de fonctionnement de ARPANET, de son système initial, vers le système TCPIP.

Speaker: S'il y a des systèmes qui font des mises à jour progressives, où tout le monde peut se mettre à jour à son rythme, pour celles-là, on décide que non.

Speaker: On va faire un changement dur où un jour, c'est l'ancien système, le lendemain, c'est l'ancien système, et tous ceux qui n'ont pas fait la mise à jour, c'est tant pis pour vous.

Speaker: Ça va avoir lieu le 1er janvier 1983, où au 1er janvier au matin, ARPANET ne fonctionne plus avec son ancien système et fonctionne désormais avec le système TCPIP.

Speaker: C'est un gros moment pour la réseautique américaine.

Speaker: Les gens qui ont bossé dessus avaient des petits badges sur la poitrine avec marqué « J'ai survécu à la transition TCPIP ».

Speaker: Bizarre la culture!

Speaker: En vrai on rigole mais ça se passe super bien.

Speaker: Tout le monde l'a bien préparé.

Speaker: Et à ce moment là, le protocole TCP IP, première grosse mise en service, il a déjà évolué pas mal.

Speaker: Et il est déjà en quatrième version.

Speaker: Ah ouais!

Speaker: Et du coup, la quatrième version de l'IP, on peut l'écrire l'IPv4.

Speaker: Ah, IPv4, IPv5.

Speaker: IPv6, ça plus tard.

Speaker: Mais l'IPv4, c'est encore le système IP le plus utilisé aujourd'hui.

Speaker: Et c'est le premier qui a été mis en place sur le réseau de réseau.

Speaker: L'IPv6, ça l'arrivera plus tard et on va en parler pourquoi.

Speaker: La même année, 1983, la partie militaire du réseau ARPANET se détache pour devenir indépendante au sein du département de la défense.

Speaker: Pour des raisons de sécurité, bien sûr.

Speaker: Oui, parce que le but, c'est aussi de préparer l'ouverture d'ARPANET aux réseaux commerciaux.

Speaker: On n'y est pas encore, il va falloir encore avoir un peu de temps, mais on commence à se rendre compte que les intérêts dans le réseau commencent à diverger de plus en plus avec un intérêt uniquement pour la recherche, l'armée et la science.

Speaker: On va vouloir commencer à voir arriver d'autres choses, et on va commencer à se séparer.

Speaker: Et puis c'est aussi parce que les besoins militaires commencent à diverger aussi de juste des besoins scientifiques, parce que l'armée se rend compte qu'ils peuvent communiquer au-delà de juste pour la recherche, vers ce type de réseau.

Speaker: Donc le réseau, ça va devenir le réseau Milnet, la partie qui se détache, pour Military Network.

Speaker: Et à partir de ce moment-là, il va y avoir une prolifération des nouveaux réseaux qui vont venir se rattacher à Arpanet.

Speaker: Toutes les semaines, on branche un nouveau réseau à Arpanet.

Speaker: On est constamment en train de rajouter de nouveaux ordinateurs sur Arpanet.

Speaker: Et il va y avoir un premier... Il va y avoir un nouveau système qui va apparaître à ce moment-là, qui est que, originalement, on avait 25 universités de connectés.

Speaker: Tu voulais envoyer un message à la université en Californie, tu écrivais genre « Ok, j'envoie un message à UCLA.

Speaker: » Et tu savais que UCLA, c'était l'adresse 1241.

Speaker: Si tu t'es envoyé toujours là-bas, tu savais que c'était 1241 pour parler à UCLA.

Speaker: Tu veux parler à l'université de New York, tu savais que c'était le 2112.

Speaker: Mais là, on a des nouveaux.

Speaker: réseaux tous les jours.

Speaker: Et ça devient de plus en plus compliqué de garder une liste de qui sont tous ces réseaux parce que chaque réseau c'est des numéros pour les identifier, c'est de plus en plus compliqué.

Speaker: Surtout que maintenant c'est des IP, donc un ordinateur ça peut être 10, 21, 54, 132, tu vois si t'en as beaucoup à retenir.

Speaker: Faut qu'on puisse lire le truc quoi.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et on se dit, ça pourrait être bien qu'on les nomme avec du texte.

Speaker: Un truc qui fait sens, tu vois.

Speaker: Genre le MIT, ça pourrait être cool d'envoyer un message à direction de juste MIT, et pas à 10.0.21.34, tu vois.

Speaker: Et du coup, on va inventer le concept des noms de domaines.

Speaker: Où un réseau prend un nom, qu'on va appeler un nom de domaine,

Speaker: et on va avoir des logiciels qui tournent sur les serveurs, qui sont chargés quand ils voient passer un nom de domaine, genre envoient ce paquet de données à MIT, de transformer son nom de domaine, le translater, la translation d'adresse,

Speaker: de MIT à l'adresse IP qui va avec.

Speaker: Donc toi tu dis je veux la page d'accueil de MIT, le serveur il voit, ah MIT, ça c'est un nom de domaine, il me faut l'adresse IP, je demande à un serveur DNS, ça va s'appeler, MIT c'est quel IP?

Speaker: Et le serveur DNS y répond.

Speaker: Du coup, le serveur DNS, c'est le serveur qui... C'est le botin.

Speaker: Oui.

Speaker: Qui a toutes les infos de qui va à quoi.

Speaker: Précisément.

Speaker: DNS, ça veut dire Domain Name System.

Speaker: Système de nom de domain.

Speaker: C'est vraiment trop drôle parce que... On a toujours des numéros de téléphone.

Speaker: Et nous, on est toujours face à un numéro de téléphone pour téléphoner à quelqu'un.

Speaker: Alors que techniquement parlant...

Speaker: On aurait pu changer ça à un moment.

Speaker: On a des adresses email.

Speaker: Ouais, on a des adresses email, mais je veux dire pour appeler.

Speaker: Tu vois, la techno, ça aurait pu être de, je t'appelle, je mets ton nom, et ensuite, ça va dans un serveur pour choper mon numéro et t'appeler ton numéro.

Speaker: C'est trop...

Speaker: Et le DNS, c'est ce qui fait fonctionner le monde de l'internet aujourd'hui.

Speaker: Mais ils sont stockés où, les DNS?

Speaker: Alors, il y en a partout.

Speaker: Ça doit être quantité d'informations.

Speaker: Et en fait, pour éviter que ça ne surcharge trop l'infrastructure, c'est un système hiérarchisé, DNS.

Speaker: Tu vois un nom de domaine, on va prendre par exemple www.google.com.

Speaker: L'adresse officielle, c'est www.google.com.

Speaker: Il y a un point magique à la fin qu'on ne voit pas.

Speaker: Et en gros, tu découpes à tous les points.

Speaker: Donc il y a 3W, il y a Google, il y a Com, et il y a un truc vide à la fin.

Speaker: Pour trouver l'adresse IP de ça...

Speaker: Il va d'abord dans tous les trucs des W?

Speaker: Non, justement, dans le sens.

Speaker: En fait, on va d'abord dans le truc vide, à la fin, ça s'appelle la racine.

Speaker: Et tu as les serveurs DNS racine.

Speaker: Il y en a 13 dans le monde officiel, et il y en a plein de répliqués.

Speaker: Eux, ils savent, eux, ces serveurs racine, connaissent l'adresse IP des serveurs DNS des niveaux d'en dessous.

Speaker: Donc quand tu demandes à l'adresse, et en fait ce qui va se passer c'est que tu vas pour www.google.com.

Speaker: Tu vas aller voir le serveur racine et tu lui dis où est le serveur DNS pour les noms de domaines qui finissent en com.

Speaker: Il va te donner une IP.

Speaker: Et dans l'endroit il y a le sac de ceux qui déterminent Google, et ensuite il y a ceux... Et ainsi de suite, et ainsi de suite, et ainsi de suite.

Speaker: Ok.

Speaker: Et du coup tu vas demander ensuite au serveur com qu'on t'a donné, ok c'est où le serveur DNS pour Google?

Speaker: Ensuite, tu demandes ça à l'IPQ.

Speaker: C'est un tiroir de tiroirs pour aller chercher l'information, pour la segmenter et qu'il n'y ait pas... C'est ça.

Speaker: Et en fait, l'intérêt, c'est qu'ensuite, les ordinateurs se souviennent.

Speaker: Donc, toi, quand tu vas ouvrir Google pour la com... www.google.com pour la première fois sur ton ordinateur, il va y avoir des requêtes qui vont être envoyées.

Speaker: C'est les cookies, ça?

Speaker: Non, rien à voir.

Speaker: Rien à voir.

Speaker: Mais même fonction un peu.

Speaker: Un peu l'idée.

Speaker: Et ensuite, tu vas avoir ta réponse et l'ordinateur va la garder en mémoire quand même quelques jours, quelques semaines.

Speaker: Ça dépend de ce qu'on lui dit.

Speaker: pour ne pas les rechecker tous les jours.

Speaker: Et en plus de ça... Oui, parce que ça, ça va changer juste une micro-seconde de te connecter au truc, la première connexion.

Speaker: Oui, mais le problème, c'est que comme tous les utilisateurs du web font la même chose, on veut éviter le nombre de requêtes qui remontent, en sachant ensuite que... Oui, sinon, ça fait tomber le serveur.

Speaker: Généralement, toutes nos boxes Internet ont des serveurs DNS à l'intérieur.

Speaker: Donc nos ordinateurs, ils demandent d'abord la box, qui, elle, ensuite, va demander au reste d'Internet si elle n'a pas l'information.

Speaker: Donc si toi, tu vas sur Google.com...

Speaker: que moi sur le même réseau wifi j'y vais une heure après c'est la box qui va répondre exactement et sur le chemin aussi les gens se souviennent et les trucs se souviennent et du coup c'est vraiment des chemins qui font des traces mais tout ça juste pour savoir où aller chercher l'information, où est le site web ça c'est une dingue c'est comme un réseau parallèle hyper complexe waouh

Speaker: et euh... ouais non c'est... DNS c'est un gros bébé hein!

Speaker: et euh... il y a des fois où on dit oh la la regardez euh... si un seul de... si ces 13 serveurs sont mis en ligne internet ne fonctionne plus!

Speaker: c'est des trucs comme ça sur internet!

Speaker: ils parlent des serveurs DNS et en fait c'est juste les noms de domaines!

Speaker: mais ça aide quand même pour plein de choses!

Speaker: mais c'est vrai c'est un breakdown quoi!

Speaker: bah c'est un breakdown!

Speaker: on pourrait plus trouver les endroits!

Speaker: le web serait down, les emails seraient down

Speaker: Mais tout le reste des communications qui utilisent juste les adresses IP fonctionnerait encore.

Speaker: Genre par exemple se connecter à League of Legends?

Speaker: Ça pourrait marcher.

Speaker: Ça pourrait marcher.

Speaker: S'ils utilisent juste des IP et pas des noms de domaines dans leur communication.

Speaker: Par contre, s'il y a une connexion avec un serveur de ton nom de compte sur un truc, là, ça peut niquer.

Speaker: C'est un départ.

Speaker: Trop bizarre.

Speaker: Mais du coup, c'est ça.

Speaker: Trop bizarre.

Speaker: Et donc, là, maintenant, tu vois, on a... Ce qui est trop drôle, désolé, c'est que s'il n'y a plus les serveurs DNS, Internet existe complètement toujours, et juste plus personne ne peut y avoir accès.

Speaker: Surtout pour le web.

Speaker: Mais à partir du moment où tu connais les IP avec lesquelles tu veux communiquer, ça marche.

Speaker: Mais il y a toujours tout dans les serveurs.

Speaker: Tout sera toujours là.

Speaker: C'est juste que ça va être beaucoup plus compliqué de se comprendre.

Speaker: J'imagine trop une nouvelle exploration sans les DNS, d'essayer de décompiler les codes et les trucs et de progressivement tester et reformer la banque de données DNS.

Speaker: Des explorateurs d'internet perdus.

Speaker: Mais du coup, ceux qui gèrent les serveurs DNS racines, ils se sont construits tous un petit folklore.

Speaker: Genre, quand il y en a qui changent de poste.

Speaker: Mais eux, ils doivent chercher des tuins gratos, non?

Speaker: Ils touchent des thunes parce que leur taf est super important.

Speaker: Ils servent à tout le monde.

Speaker: Tout le monde des finances.

Speaker: Ils devraient racketter tout le monde.

Speaker: Non, parce qu'on ne rackette pas trop dans le monde du web.

Speaker: Internet.

Speaker: Dans l'infrastructure d'Internet.

Speaker: Pas les services qui passent dessus, mais l'infrastructure.

Speaker: Parce que c'est qui qui contrôle ses DNS?

Speaker: c'est personne.

Speaker: Il y en a 13 partout dans le monde, minimum.

Speaker: Ça c'est les serveurs racines de base.

Speaker: Ensuite il y a des réplications de ceux-là.

Speaker: Ça se trouve il y a un serveur racine en Allemagne, mais il n'y en a pas en Autriche.

Speaker: Mais en Autriche il y a une copie du serveur racine d'Allemands.

Speaker: Qui est toujours là.

Speaker: Et du coup ça fait un truc très décentralisé.

Speaker: Et en fait, le programme DNS, c'est un programme qui est libre de droit open source.

Speaker: N'importe qui peut le prendre, n'importe qui peut le modifier, n'importe qui peut le faire tourner chez soi, n'importe qui peut proposer des mises à jour.

Speaker: C'est complètement ouvert, ça a été défini par des RFT.

Speaker: Du coup nous on peut se copier notre racine du Nubitiem si on veut?

Speaker: Ouais, si on voulait.

Speaker: C'est peut-être pas si lourd en plus?

Speaker: En fait, c'est pour ça qu'il y a des hiérarchies, parce que tu ne veux pas savoir à quel point c'est lourd.

Speaker: Ouais, il y a un endroit qui n'est pas lourd, mais le tiroir du fond que tu vas chercher, il n'est jamais lourd.

Speaker: C'est ça, genre le point com, je pense qu'il est quand même assez lourd.

Speaker: Mais du coup, tu vois, aux Etats-Unis, c'est bon, on a Arpanet, Arpanet, ça s'ouvre, ça grandit de plus en plus.

Speaker: Désolé, on m'envoie tellement de questions.

Speaker: Mais par exemple, tu vois, s'il y a un point, quelque chose, qui est une autre racine, une autre itération d'un endroit, un autre sous-tiroir, en même temps, elle est moins connue, donc c'est peut-être plus simple d'accès, mais en même temps, elle, elle a plus une possibilité de disparaître.

Speaker: En mode.com ça disparaîtra jamais, le gros tiroir sera multiplié à plein d'endroits, c'est trop gros, c'est trop indispensable.

Speaker: Alors les extensions de nom de domaine... C'est pas des racines en fait?

Speaker: La racine c'est ce qu'il y a après l'extension de nom de domaine.

Speaker: L'extension de nom de domaine c'est le.com,.fr,.net,.eu,.gouv.

Speaker: Il y a un système de gouvernance pour ces extensions de nom de domaine.

Speaker: C'est à dire que le.com je sais pas, mais par exemple il y a toutes les extensions de nom de domaine liées à des pays.

Speaker: C'est les CTLD, Country Top Level Domain, donc les.fr,.eu, etc.

Speaker: Chaque pays fait ce qu'il veut avec ça.

Speaker: Par exemple, en France, si tu veux un.fr, le critère, c'est que ton site soit hébergé en France.

Speaker: C'est difficilement respecté, et généralement, avoir un site en français, c'est suffisant.

Speaker: mais généralement les pays veulent que le point que l'extension de leur pays soit pour des sites liés au pays en tant que tel une exception notable les îles Tuvalu dont l'extension de nom de domaine c'est.tv

Speaker: qui se sont fait énormément de fric en vendant les noms de domaines à des chaînes de télé.

Speaker: Twitch.tv!

Speaker: C'est ça.

Speaker: Ensuite, tu as des noms de domaines qui existent depuis le début, qui sont très spécifiques.

Speaker: Par exemple, le point Gouv est réservé au gouvernement américain.

Speaker: Le point... Il y avait un point pour l'armée, j'ai oublié l'extension, mais qui est réservé à l'armée américaine.

Speaker: Je crois qu'il y a le point Navy, qui est réservé à la marine américaine.

Speaker: Mais du coup, en fait, ça, ils sont rattachés à un DNS qui est le point derrière, et t'as des points, par exemple, comme tu disais, celui des pays, c'est point quelque chose.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais ça, c'est caché, on n'aura jamais accès au nom, on sait pas.

Speaker: Genre nous, en mode... Comment ça?

Speaker: Bah, ce que je veux dire, c'est que t'as un point derrière le.com.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais moi, je le vois pas.

Speaker: Non.

Speaker: Pourtant, il a un nom.

Speaker: Oui, mais parce que, tu vois, pour avoir l'adresse...

Speaker: du google.com, il faut que tu aies l'adresse de.com.

Speaker: Et du coup, les serveurs racines, on ne les voit pas, mais ils servent juste à nous donner l'adresse des serveurs DNS des différents top-level domains.

Speaker: Donc, en fait, si tu veux ouvrir une adresse en.gouv,

Speaker: enfin quelque chose.gouv, tu vois, il faut que tu saches où aller demander comment translater des noms de domaines en.gouv.

Speaker: Et du coup, les serveurs racines te servent juste à donner ça.

Speaker: Normalement, et c'est le cas la plupart du temps, les ordinateurs, Windows et tout ça, ils viennent, ils ont déjà en mémoire

Speaker: où sont les serveurs DNS, les.com,.gouv,.eu, c'est déjà dans la mémoire de nos ordinateurs.

Speaker: Je comprends que ce ne soit pas accessible, il n'y a pas de soucis, mais c'est juste que vu qu'il y en a plusieurs des racines, on peut déterminer, par exemple, dans la huitième, c'est les.machin.

Speaker: Chaque serveur racine a tous les mêmes données, c'est tous une copie complète du web.

Speaker: Ah d'accord, d'accord, d'accord, ok.

Speaker: C'est bon, parce que c'était peut-être pas clair.

Speaker: Non, non, non, j'avais pas compris, je pensais que c'était une répartition, en fait.

Speaker: Non, non, non, tous les serveurs... En fait, l'intérêt, c'est que chaque serveur, à chaque niveau, est censé avoir une copie complète du niveau qu'il représente.

Speaker: Ok, du coup, tout le monde se partage tous ensemble le web.

Speaker: C'est ça.

Speaker: C'est pour ça que tu peux pas tellement...

Speaker: Je ne partage pas le web mais l'attribution de chemin.

Speaker: Si je possède le serveur de nom de domaine en France, le serveur Racine installé en France, c'est moi qui le possède, peu importe, et je dis que je veux retirer toutes les références aux extensions de domaine israéliennes, pour faire un peu d'actualité, ça ne servira à rien.

Speaker: Parce qu'en fait,

Speaker: C'est pas garanti que les personnes sur mon territoire vont utiliser mon serveur racine pour translater leur nom de domaine.

Speaker: Peut-être qu'ils vont aller demander aux US, peut-être qu'ils vont aller demander à l'Allemagne à côté.

Speaker: Et eux, s'ils ont pas effacé, l'information est toujours là, en fait.

Speaker: Ouais, faudrait faire une grosse opération de hacking pour être sûr que ça soit... C'est ça, sauf que c'est des trucs ultra-sécures, en fait, aujourd'hui, ça.

Speaker: Et multiplement partagés par plein d'angois.

Speaker: En plus.

Speaker: La décentralisation fait la fiabilité de tout ça.

Speaker: Et du coup...

Speaker: Est-ce que mon guess c'est que le dark web c'est en dehors de ses racines?

Speaker: Non.

Speaker: Ah dommage.

Speaker: Je me suis dit que ça aurait été cité.

Speaker: C'est en dehors dans le sens où le dark web n'utilise pas le DNS.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Mais c'est sur internet.

Speaker: Ça partage les mêmes câbles.

Speaker: C'est comme s'il fait son propre truc DNS et il se cache lui-même du internet mainstream.

Speaker: Il y a la notion de dark web.

Speaker: qui est le web qu'on ne voit pas et ça c'est quelque chose qui est apparu dès l'existence de Harpanet où sur Harpanet tu avais des ordinateurs qui écoutaient toutes les transmissions qui passaient sur le réseau mais à des messages qui disaient « Hey, identifiez-vous qu'on sache qui est là » ils ne répondaient pas.

Speaker: Donc c'est des ordinateurs qui sont sur le réseau ils peuvent communiquer mais à aucun moment ils ne précisent le fait qu'ils sont présents sur le réseau.

Speaker: Du coup ils ne sont pas traçables.

Speaker: Difficilement.

Speaker: Donc c'est ce genre de choses.

Speaker: Mais ouais, le système des DNS c'est super intéressant en termes de hiérarchisation de l'information et tout ça.

Speaker: mais ouais bah on va reprendre donc on était fin années 80 tu vois aux US on a ARPANET avec le DNS avec tout ça ça commence à prendre de l'ampleur c'est pas encore tellement ouvert au commerce mais ça arrive mais les gens commencent déjà à communiquer sans passer par ARPANET mais au travers du réseau de téléphone t'as des serveurs qui apparaissent à différents endroits les ordinateurs personnels commencent à apparaître encore très limités mais ça arrive et du coup il y a de plus en plus d'utilisations personnelles qui apparaissent mais là on se retrouve avec un problème

Speaker: c'est qu'aux Etats-Unis, on a le système TCPIP avec ARPANET, qui est quand même le standard.

Speaker: Et en Europe, on a le X25 avec les Français et les Britanniques.

Speaker: Tu vois, parce que les Britanniques, ils avaient écrit leur bouquin de couleurs sur le X25.

Speaker: En France, on a le réseau Transpac, c'est le X25 en arrière-plan.

Speaker: La plupart des autres pays européens ont pris le X25 aussi.

Speaker: Et...

Speaker: Bah on va avoir un problème, c'est que maintenant on voudrait vraiment que n'importe qui en Europe puisse communiquer avec n'importe qui aux Etats-Unis, inversement.

Speaker: Sauf que les deux protocoles sont pas du tout compatibles l'un avec l'autre.

Speaker: Et il va falloir qu'on définisse comment on s'y prend.

Speaker: Il ne va pas y avoir une question de, est-ce qu'on définit un protocole encore au-dessus de tout ça, pour abstraire les complexités des deux autres?

Speaker: Parce qu'en soi, ça, on l'a déjà fait avec tes CPIP.

Speaker: Il va y avoir, en fait, ce qu'on va appeler les protocol wars, les guerres des protocoles.

Speaker: Où, en fait, ce n'est pas aussi intense que le nom peut le donner, là, mais il va y avoir vraiment un peu un conflit idéologique entre quelle manière on va vouloir utiliser pour le monde entier.

Speaker: D'un côté, on va avoir ce qu'on va appeler le système OSI, le Open Systems Interconnect.

Speaker: Ça, c'est les Européens qui se sont regroupés ensemble.

Speaker: C'est un réseau qui est basé sur l'idée du protocole X25, mais qui n'est pas complètement compatible avec l'existant du X25.

Speaker: On va rentrer dans les détails.

Speaker: Et en face, on va avoir le réseau Internet, en évolution directe de ARPANET, avec TCPIP, qu'on va appeler le système des protocoles Internet.

Speaker: Donc d'un côté, on a nos deux candidats.

Speaker: D'un côté, on a le système OSI, de l'autre côté, on a le système TCPIP.

Speaker: Maintenant, on va débattre.

Speaker: Qui sait qui a la plus grosse force militaire?

Speaker: Bizarrement, j'ai l'impression que les américains ont gagné.

Speaker: Ils ont gagné, mais pas pour une question de force militaire.

Speaker: Il y avait d'autres réseaux d'entreprises qui existaient aussi, qui étaient aussi un peu des candidats au début, mais ils vont vite se faire écarter.

Speaker: IBM avait le réseau SNA, qui était leur réseau interne, qui était aussi très intéressant et qui au début était un peu dans la course aux US.

Speaker: Il y a aussi le DEC, le Digital Equipment Corporation, qui avait son propre réseau, le DECnet, aux US aussi, toujours.

Speaker: Mais pareil, au début, ils sont dans la course, puis ils vont très vite s'incliner face à Arpanet.

Speaker: Le TCP, il n'était pas là pour exister, malgré le fait qu'il y ait plein d'autres protocoles, en fait?

Speaker: Oui, mais c'est au niveau de l'émetteur et du récepteur.

Speaker: Oui, c'est juste... C'est ça, alors que les réseaux, le système OSI, à ce moment-là, l'émetteur et le récepteur, c'est basé sur le fait qu'ils sont idiots et que c'est le réseau qui fait tout pour eux.

Speaker: Et de l'autre côté, pour les réseaux d'entreprise, c'était une autre manière de communiquer, une autre manière de gérer les erreurs entièrement.

Speaker: Et le débat se cristallise vraiment autour du système OSI d'un côté et de l'Internet de l'autre côté.

Speaker: Les deux standards sont ouverts, publics, connus.

Speaker: N'importe qui peut l'implémenter s'il veut.

Speaker: Les deux standards sont non propriétaires.

Speaker: Ça veut dire qu'il n'y a pas une entité précise qui les possède, ça c'est des collections d'idées et de standards.

Speaker: Mais les deux sont incompatibles.

Speaker: Heureusement qu'ils ne sont pas libres.

Speaker: Heureusement qu'ils sont libres.

Speaker: Parce qu'il y a des domaines où ce n'était pas libre.

Speaker: J'avais entendu une vidéo sur les codecs vidéo, et qu'en fait, il y a des montants d'argent qui sont payés juste parce que tu as 50 000 codecs qui sont juste sous droit et tout.

Speaker: C'est un angoissant.

Speaker: C'est terrible.

Speaker: Et tu le payes dans l'entrée de ta télé.

Speaker: Et tu le payes aussi avec ton téléphone, les modems pour la 4G.

Speaker: Il y a 75 pièces de licence par modem.

Speaker: C'est absolument vrai.

Speaker: On va faire un petit topo des deux candidats.

Speaker: D'un côté, on a le système OSI.

Speaker: L'idée principale du système OSI, ce sont des couches.

Speaker: On découpe les étapes de la transmission en couches superposées.

Speaker: Et le message traverse toutes les couches dans un sens quand il est émis, et à la réception il traverse toutes les couches dans l'autre sens.

Speaker: dans chaque nœud, il va remonter une partie des couches avant de les redescendre à nouveau.

Speaker: On va rentrer dans le détail.

Speaker: Le système OSI définit sept couches entières qui vont de la couche applicative, donc c'est genre ton navigateur web, jusqu'à la couche physique, le câble.

Speaker: avec des couches intermédiaires qui vont être transmissions, encodages, etc.

Speaker: Quand on envoie un message, il part de la couche application et il descend les étapes petit à petit jusqu'à arriver sur le câble.

Speaker: Il est transmis par le câble, et quand il arrive sur l'ordinateur de fin, il remonte les couches.

Speaker: Il est dépaqueté, décodé, etc.

Speaker: jusqu'à ce qu'il est affiché sur ton écran.

Speaker: Ça permet de définir une structure à la transmission de l'information.

Speaker: et de définir des étapes précises.

Speaker: Tu vas avoir une étape qui va être dédiée au routage.

Speaker: Cette couche-là, on va y remonter à chaque noeud du réseau pour savoir où l'envoyer après.

Speaker: Mais la couche applicative qui veut dire « prends les couleurs et affiche-les à l'écran », le routeur n'a pas besoin de remonter jusqu'à là.

Speaker: Et en fait, les couches, d'un point de vue du paquet, c'est comme si tu as ton paquet d'informations qui est une feuille de papier, et à chaque fois que tu descends d'une couche, tu les mets dans une enveloppe.

Speaker: Tu mets ton paquet dans l'enveloppe applicative qui dit comment

Speaker: Mais est-ce que grâce au système... Non, tu mets ton information sur une feuille de papier, tu la mets dans une enveloppe parce que ton navigateur a encodé l'information d'une certaine manière.

Speaker: La couche d'en dessous apprend l'information, elle la met dans une enveloppe avec marqué sur l'enveloppe ce que la couche identique à la réception a besoin de savoir.

Speaker: C'est l'entête.

Speaker: et ensuite c'est remis dans une autre enveloppe qui elle-même remet une en tête et chaque couche met ses en tête.

Speaker: Et ça n'arrive que la dernière enveloppe qui est réouverte et qui est remise dans l'enveloppe.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Quand ça arrive sur un nœud du réseau, on va peut-être remonter d'une ou deux enveloppes parce qu'on en a besoin pour le routage.

Speaker: Puis ensuite on remet des enveloppes et on part dans le nœud suivant.

Speaker: Parce que peut-être que le premier

Speaker: Le premier élément du parcours, c'est de ton ordinateur à ta box.

Speaker: C'est en sans fil.

Speaker: Donc la couche physique, la dernière enveloppe la plus grosse, ça ne va pas être la même que si tu envoies les mêmes informations ensuite sur un câble Ethernet.

Speaker: Parce que tu n'envoies pas exactement de la même manière.

Speaker: Et comme ça, ça permet à chaque niveau, on ne réajuste que les couches nécessaires en gardant les couches les plus hautes, la couche de l'utilisateur et tout ça, complètement intacte.

Speaker: Et ça, j'ai l'impression que ça pourrait permettre d'encrypter les données ou de moins de les rendre inaccessibles à l'écoute, à d'autres chemins.

Speaker: Parce que si j'ai mon paquet de données que je veux enlever, je descends ma couche applicative et juste avant d'aller le donner à la couche transmission ou CPIP, j'encrypte tout.

Speaker: TCPIP, il s'en fiche.

Speaker: TCPIP reçoit un ensemble de données, il n'a pas à regarder ce qu'il y a dedans, son travail c'est juste de les transmettre.

Speaker: Il va prendre ce blob de données, il va le couper en petits morceaux, il va en faire des paquets qu'il va envoyer à la couche suivante.

Speaker: Et à la réception, il refait le protocole inverse, il n'y a plus qu'à décrypter.

Speaker: Et les américains se sont dit, c'est nul, on ne peut pas écouter les gens.

Speaker: Il y a un peu de ça, mais il y a un problème avec les couches du système OSI, c'est que le système OSI définit que les couches ne communiquent pas entre elles autrement qu'en se passant l'information à transmettre.

Speaker: Et en fait, ça va avoir des gros gros problèmes au niveau de l'optimisation.

Speaker: Parce que... On ne peut pas changer d'enveloppe sans avoir une transmission.

Speaker: Par exemple, si je transmets de la vidéo ou du texte, je ne vais pas forcément avoir les mêmes paramètres de transmission.

Speaker: Peut-être que ma vidéo arrive en live, qu'elle soit instantanée.

Speaker: alors que mon texte, je peux me permettre qu'il ait de latence.

Speaker: Ça peut être intéressant que la couche de transmission puisse donner des indications à la couche routage sur comment s'y prendre.

Speaker: Des normes de priorité?

Speaker: Par exemple.

Speaker: Et ça, c'est pas possible dans les normes OSI.

Speaker: Dans les normes OSI, chaque couche fait son travail et les couches ne communiquent pas entre elles.

Speaker: Elles se transmettent l'information dans une enveloppe, mais on regarde pas ce qu'il y a dans l'enveloppe, on n'a aucune idée.

Speaker: Alors que dans le système TCP, l'enveloppe IP, elle a le droit d'aller regarder la gueule du paquet TCP à l'intérieur pour savoir si elle va pas s'ajuster 2-3 trucs dans sa transmission.

Speaker: Le système TCP, officiellement, rejette l'idée des couches, même si on peut le formaliser en termes de couches.

Speaker: Mais moins de couches et plus poreuses, parce qu'il y a plus d'informations qui s'échangent entre elles.

Speaker: Un problème aussi, c'est que le système TCP IP évolue d'année en année.

Speaker: On a parlé du fait que quand il est mis en place avec l'ARPANET, c'est la version 4.

Speaker: Mais ça fonctionne déjà.

Speaker: Il y a déjà des implémentations qui l'utilisent.

Speaker: Et même si on le fait évoluer, on arrive quand même à garder de la compatibilité avec les versions précédentes.

Speaker: Et c'est surtout que tes CPIP, il est déjà en fonctionnement.

Speaker: Le modèle OSC, étant donné que c'est une collaboration à l'échelle européenne, il va falloir des années pour que ça avance.

Speaker: On ne va jamais être d'accord, ça va changer constamment, ça va prendre beaucoup d'idées.

Speaker: On est toujours sur l'idée que c'est X25 à la base, qu'on va bâtir autour de ça, mais on fait plein de changements, on a du mal à se mettre d'accord.

Speaker: Et pendant que OSC est en train de débattre et d'essayer de déterminer ce que ça va être réellement, le TCPIP est déjà installé et il y a de plus en plus de monde en Amérique du Nord qui l'utilisent.

Speaker: Il y a aussi des trucs, TCPIP, c'est le premier vrai gros protocole mis en place aux US.

Speaker: Alors qu'en Europe, on a déjà le X25, mais le OSI n'est pas parfaitement compatible avec X25.

Speaker: Et du coup, ça impliquerait que si on l'implémente, il faut changer tous les réseaux déjà en X25.

Speaker: Et du coup, pendant ces années 80 où on débat sur tout ça, en Europe, on regarde le système TCPIP aux US,

Speaker: On dit que ce n'est pas pire.

Speaker: Il va commencer à y avoir des réseaux en Europe qui apparaissent, qui fonctionnent en TCPIP.

Speaker: Parce qu'ils voient le standard américain, ils voient à côté le standard européen qui est toujours en débat, qui est toujours en étude, qui n'est toujours pas finalisé.

Speaker: Et ils disent qu'on va prendre le standard qui est déjà fait, qui est déjà utilisé, qui est fonctionnel.

Speaker: Et on arrive à la fin des années 80, il y a vraiment de plus en plus de réseaux en Europe qui adoptent TCPIP parce que ça leur permet directement de s'interconnecter avec Internet aux US.

Speaker: Parce qu'on a les cap transatlantiques et on peut directement l'interconnexion plutôt que d'attendre que le modèle OSI se stabilise.

Speaker: Mais c'est aussi un jeu un peu de diplomatie.

Speaker: Et il y a quand même ce truc de... Le système TCPIP...

Speaker: C'est les Américains qui l'ont fait, pour les Américains.

Speaker: Et il y a pas mal d'Européens qui sont en mode qu'on n'a pas envie de juste aller suivre les Américains.

Speaker: Même si leur système est bien, le système OSI a quand même l'intérêt que c'est un système qui est international.

Speaker: Le modèle est développé par plein de pays, c'est de la collaboration internationale, c'est quand même cool.

Speaker: Et cette idée de collaboration internationale plaît tellement qu'en 1988,

Speaker: le département du commerce américain impose que tous ces nouveaux systèmes soient compatibles avec le modèle OSI.

Speaker: Même si on est aux États-Unis et que le TCPIP est partout, le département du commerce dit non.

Speaker: Ok, on a TCPIP, ça marche, mais à côté, le modèle OSI est international, ça fait beaucoup plus de sens qu'on essaie de s'attacher à ça qu'à Internet qu'on a développé de nous-mêmes pour nous-mêmes en interne.

Speaker: Ouais, n'hésitez pas dans un mindset de domination de c'est bon, on a pris le game, on va leur imposer notre shit.

Speaker: Ouais, c'est ça, vraiment, à ce moment-là, c'est en mode, on prend qu'est-ce qui fait sens, et là, ce qui a l'air de faire sens, c'est un modèle développé à l'international.

Speaker: Sauf que, ben là, on est fin des années 80, ça fait plus de 10 ans que TCP IP, c'est en place.

Speaker: Et l'autre n'avance pas.

Speaker: Et l'autre n'avance pas, en fait.

Speaker: Et TCP, du coup, reste ultra populaire, parce que c'est en place et ça fonctionne.

Speaker: Et là, il va y avoir un coup de grâce, c'est qu'on va arriver sur la fin du modèle OSI, on va arriver à la finalisation du modèle OSI.

Speaker: Et là, en fait, ce qu'ils expliquent, c'est que le modèle OSI va remplacer tous les protocoles existants.

Speaker: Si tu as un réseau qui existe déjà aujourd'hui, tu veux le faire rentrer dans le système TCPIP, le truc le plus important, c'est de mettre à jour

Speaker: l'ordinateur, la gateway, la passerelle, qui va relier ton réseau à Internet.

Speaker: C'est le seul morceau de ton réseau qui est obligé de fonctionner en TCPIP.

Speaker: Tout le reste, tu peux garder ton ancien système tant que lui fait la traduction.

Speaker: Et le modèle OSI, quand il est finalisé, ils disent, pour qu'un réseau implémente le modèle OSI, il faut utiliser tous ces protocoles spécifiques qu'on définit, qui sont tous tout nouveaux.

Speaker: Et il n'y a pas d'intercompatibilité possible avec les anciens systèmes.

Speaker: Il faut tout remplacer.

Speaker: En mode, c'est une clean slate, on reprend de 0 si vous voulez faire du OSI.

Speaker: Mais il était bien celui-là?

Speaker: En fait, il aurait pu peut-être être bien, mais dès qu'ils vont arriver à ce niveau-là, ça va être automatiquement considéré comme inimplémentable.

Speaker: Parce qu'on ne peut pas reconstruire tous les réseaux existants.

Speaker: Vous avez mis trop de temps les gars, il y a trop de choses qui ont été faites, c'est trop tard.

Speaker: C'est autoflop.

Speaker: Autoflop.

Speaker: Parce que du coup, la plupart devaient se dire, bon bah, quitte à changer, autant prendre celui qui est déjà utilisé partout, et qui nous demande le moins de changements à faire.

Speaker: Et pourtant, tu sais, le modèle OSI va définir un nouveau protocole au niveau physique, au niveau du câble,

Speaker: Au niveau du lien, d'une machine à machine, ce serait comment on communique directement avec un seul câble.

Speaker: Au niveau lien, machine à machine, c'est-à-dire le protocole TCP, un équivalent du TCP qui est tout nouveau.

Speaker: Un tout nouveau au niveau du routage, comment on fait les adresses, comment les routeurs utilisent ces adresses pour savoir comment transmettre l'information, c'est aussi un truc nouveau.

Speaker: Un autre au niveau du transport, donc au niveau du découpage des paquets, de la gestion des erreurs, c'est encore un nouveau protocole qui est défini.

Speaker: C'est tout nouveau partout.

Speaker: Et instantanément tout le monde dit « bah non, en fait.

Speaker: On ne peut pas reconstruire des réseaux de zéro.

Speaker: On ne peut pas recoder des machines, on ne peut pas créer de nouveaux programmes entièrement et abandonner tout ce qu'on a déjà pour créer un système qui serait complètement incompatible avec ce qu'il y a déjà à côté. »

Speaker: Et ça en plus vient se mettre en opposition avec le modèle TCP-IP qui est basé sur la possibilité d'avoir des protocoles différents à chaque niveau.

Speaker: Parce que le modèle OSI dit au physique c'est ce protocole, au câble c'est ce protocole, au lien c'est ce protocole, au routage c'est ce protocole.

Speaker: Alors que TCP-IP il est ouvert à tout, même si les deux sont venus ensemble, on peut avoir autre chose que TCP qui fonctionne avec IP, ou on peut avoir TCP qui fonctionne avec autre chose que l'IP.

Speaker: et surtout tu as la perméabilité des couches dont on a parlé qui va faciliter l'optimisation et tout ça

Speaker: Et on va arriver... C'est drôle que ce soit le truc international européen qui échoue à être permissif à plein d'utilisations alors qu'ils ont plein de pays, plein d'endroits.

Speaker: Et en fait, j'ai l'impression que la conclusion qu'ils ont prise dans leur recherche, c'est que tous les réseaux partout en Europe sont trop différents.

Speaker: Plutôt que de chercher quelque chose qui va permettre de tout concilier, on va inventer quelque chose de tout nouveau.

Speaker: Mais par conséquence, ça fout en l'air toute possibilité d'évolution naturelle.

Speaker: Alors qu'on avait besoin d'un Internet qui était complètement versatile dans toutes ses formes.

Speaker: Et après, on va arriver sur une chute assez rapide.

Speaker: Parce que là, on arrive à 1888.

Speaker: L'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique en France, l'INRIA, il va relier son réseau interne au NSFnet, qui est devenu l'ARPANET.

Speaker: et ce lien, il le fait en TCPIP.

Speaker: L'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique Française a décidé d'utiliser TCPIP.

Speaker: Début 1990, le réseau associé pour la recherche européenne, RAR, il est mis en service et il utilise exclusivement TCPIP.

Speaker: En 1991, le réseau de la recherche britannique, le réseau Janet,

Speaker: il va commencer à supporter la transmission.

Speaker: C'est un réseau qui est en X25, mais ils arrivent à faire un petit truc qui permet au réseau X25 de transporter des paquets IP au travers du réseau X25.

Speaker: Et ça, ça va démontrer que le réseau X25 qui était montré comme pas compatible avec le réseau TCP IP et nécessitant le modèle OSI, en fait, on peut transporter des paquets IP sur un réseau X25.

Speaker: Et du coup, on est capable d'intégrer le X25 au réseau TCP IP.

Speaker: Parce que TCP IP est construit pour travailler avec des protocoles différents,

Speaker: Et en fait, on se rend compte qu'on peut avoir TCP en dessous IP et en dessous X25.

Speaker: Et ça, ça va encore plus donner un coup de massue au réseau, au modèle OSI, parce qu'il est quasiment inimplémentable.

Speaker: Et en plus, maintenant, il n'est plus nécessaire.

Speaker: Parce que tous les réseaux... Oui, parce qu'il ne peut pas implémenter le truc d'avant, alors que l'autre, maintenant, il peut implémenter les trucs d'avant.

Speaker: Donc même les vies ont dit... Oui, parce que tous les réseaux européens de recherche au format X25 qui existaient déjà, ils ne peuvent pas parler sur un réseau IP, mais les réseaux IP peuvent parler sur ces réseaux-là.

Speaker: Donc ça va aider.

Speaker: Et tu vois, le réseau de Janet, en 1991, il commence à supporter la transmission de paquets IP...

Speaker: en interne, au travers de son réseau.

Speaker: Donc moi, je suis une machine sur le réseau Janet, je communique sur Janet en X25, mais si je veux communiquer avec une machine en dehors de Janet, je peux utiliser le réseau TCP IP.

Speaker: En huit mois, le trafic IP a dépassé le trafic en X25 sur le réseau Janet.

Speaker: Ça vient complètement éclipser le système de transmission X25.

Speaker: Il est toujours là, c'est lui qui fait fonctionner le truc, mais on ne discute plus dans son format natif.

Speaker: On utilise le format IP par-dessus X25.

Speaker: Et la même année, en 1991, la majeure partie des réseaux européens qui existent commencent à accepter le trafic IP.

Speaker: Et est-ce que, je me demande, est-ce que le fait qu'il y ait du X25 dessous, ça avait un impact sur l'utilisation par rapport à ceux qui ne l'avaient pas?

Speaker: Est-ce que c'était plus lent?

Speaker: Ça avait un impact sur les performances, bien sûr, et puis sur la gestion de la congestion et tout ça.

Speaker: Mais, à ce moment-là, si on peut envoyer de l'IP, on est content.

Speaker: On n'est pas sur une question de...

Speaker: On n'est pas à chercher un ping à 18 millisecondes, tu vois.

Speaker: On n'est quand même pas pire.

Speaker: Et à la même période, en 1989, il va y avoir le dernier coup de massue au modèle OSI.

Speaker: C'est qu'au CERN, au Centre Européen de Recherche Nucléaire, les scientifiques ont de plus en plus de documents informatisés.

Speaker: qui stocke dans des serveurs.

Speaker: On en parlait dans l'épisode précédent, tu me demandais est-ce que tous les scientifiques vont commencer à mettre leurs recherches dans des documents informatisés?

Speaker: Là on y est, au CERN c'est ce qui se passe, tous les documents sont informatisés.

Speaker: Il y a quand même un problème, c'est que si tu lis un article scientifique, tu vois une note de bas de page qui te dit « Ah, c'est une référence, c'est un autre article scientifique.

Speaker: Il faut ouvrir une autre page pour aller trouver l'autre article.

Speaker: » Et on a un certain Tim Berners-Lee, qui est un informaticien, et qui se dit « Ce serait intéressant si les fichiers, au lieu de juste se référencer entre eux par nom,

Speaker: pouvaient se référencer entre eux avec des liens.

Speaker: Ou genre, depuis un fichier, tu cliques sur l'information qui est donnée et ça trouve l'autre fichier qui fait référence à ça.

Speaker: Ce serait un texte, mais augmenté.

Speaker: Ce serait de l'hypertexte.

Speaker: L'hyperlien.

Speaker: C'est pas un nouveau concept, tu vois.

Speaker: Ça existe déjà, le concept des hypertextes, mais lui, d'un seul coup, il va trouver une vraie utilisation utile à ça.

Speaker: Il va créer...

Speaker: En fait, ça, ça existe déjà, tout ça.

Speaker: Le fait d'avoir des fichiers qui se référencent à des fichiers, ça existe, c'est pas encore très présent, mais ça existe.

Speaker: Mais en fait, là où Tim Berners-Lee va rentrer dans l'histoire, c'est qu'il va créer un protocole de transmission spécifiquement pour faire ça.

Speaker: Il va créer le HTTP, le Hypertext Transfer Protocol, le protocole de transfert d'hypertexte, qui est bâti sur TCPIP.

Speaker: et qui est par conséquent spécifique à Internet, qui ne marche pas avec un X25 pur.

Speaker: Et ça, c'est le web.

Speaker: C'est la base du web.

Speaker: Aujourd'hui, quand tu ouvres une URL et tu as htps, c'est juste parce que c'est le protocole HTTP, mais sécurisé, le S. Le S, on l'a rajouté plus récemment.

Speaker: Mais en 1989, on a la base du web qui vient d'être inventée.

Speaker: On a l'idée du site web.

Speaker: Et ça, ça achève tout espoir pour le modèle OSI.

Speaker: Parce que le web, le système HTTP, avec le premier serveur mis en service en 1991, c'est un succès fulgurant.

Speaker: C'est d'un seul coup, tout le monde veut être sur Internet.

Speaker: Parce que d'un seul coup, on a ce que les Français ont fait dix ans plus tôt, on a des services facilement accessibles par tout le monde.

Speaker: C'est ça qui va vraiment lancer l'adoption d'Internet par tout le monde.

Speaker: Parce que c'est arrivé à un moment très propice, qui était que maintenant les ordinateurs personnels se développent encore plus qu'avant.

Speaker: Et maintenant, n'importe qui peut partager l'information dans un format facilement accessible, et on peut relier l'information entre elles.

Speaker: Et ça, ça va lancer l'Internet moderne d'aujourd'hui.

Speaker: Et ça va mettre le dernier... Mais du coup, j'arrive pas à comprendre ce que ça rajoute exactement.

Speaker: C'est le fait de faire des liens dans des liens?

Speaker: Ouais.

Speaker: Ça n'existait pas avant.

Speaker: Mais je vois pas comment ça...

Speaker: Je ne vois pas en quoi ça change la nature d'un site web.

Speaker: Pourquoi ça rajoute HTTP à ma page?

Speaker: Je comprends un peu dans la page Wikipédia d'avoir cette nouvelle feature de « il y a un lien » et tu cliques dessus et tu arrives sur une autre page Wikipédia et ça crée des liens et ça interconnecte tout le web entre eux.

Speaker: Mais je ne comprends pas pourquoi ça change le protocole des pages web.

Speaker: Parce que déjà, les pages web n'existaient pas avant.

Speaker: Ça les a créés en fait.

Speaker: Ça a créé le principe des pages web.

Speaker: Ça a créé les pages et puis... C'est ça.

Speaker: Et c'est surtout qu'avant, pour communiquer, c'était que des protocoles extrêmement spécifiques.

Speaker: HTTP est spécifique aussi à sa manière.

Speaker: Mais c'était... On avait FTP pour échanger des fichiers.

Speaker: Tu vois, tu récupères un fichier, tu regardes le fichier de ton ordinateur.

Speaker: Le fichier, il parle d'un autre fichier dedans.

Speaker: Bah, tu refais des requêtes FTP à la main pour le faire.

Speaker: Là, HTTP, tu as une manière de récupérer de l'information, de l'afficher,

Speaker: et de naviguer de manière fluide vers d'autres informations mentionnées par le premier document.

Speaker: Et ça, on n'avait pas quelque chose, en fait.

Speaker: Toutes les étapes, on les avait, mais pas en un seul paquet, grosso modo.

Speaker: Mais quand on parlait de DNS après, c'est après ça?

Speaker: Non, DNS, c'est avant.

Speaker: DNS, ça existe avant le web.

Speaker: Oui, parce que, en fait, c'est pour les adresses e-mail, par exemple.

Speaker: Moi, j'envoie un e-mail à at gmail.com.

Speaker: Bah, gmail.com, c'est l'adresse du serveur.

Speaker: Bah, j'ai une requête DNS qui a lieu sur ça.

Speaker: gmail.com.clip, et en fait, mon e-mail exact, c'est

Speaker: quelqu'un, at, l'ip.

Speaker: Ok, du coup, il y a l'endroit, le serveur, mais pour l'afficher web avec les textes, c'est http.

Speaker: Ouais.

Speaker: Sans ça, tu n'as pas accès à une page qui t'a proposé.

Speaker: Le concept de page web n'existait pas.

Speaker: Ok, ok, ok, je vois.

Speaker: Et c'est cette idée de... Mais du coup, ça a démocratisé le truc.

Speaker: Tout le monde pouvait y avoir accès, tout le monde pouvait cliquer.

Speaker: Et ce qui est cool, c'est que ça commence dans le même contexte que tout le reste dont on a parlé, dans le cadre de la recherche.

Speaker: C'est un scientifique, un informaticien, qui voulait rendre plus simple l'accès et la navigation au sein des documents de recherche au CERN.

Speaker: Parce que d'un seul coup, un document fait référence à un truc, tu cliques sur la note de bas de page, tu as l'autre document qui s'affiche à côté, tu peux te balader, et tu as toute l'information accessible instantanément.

Speaker: Et ça, ça marche.

Speaker: C'est une méthode d'affichage qu'il a créée, en fait.

Speaker: C'est plus une manière de structurer l'information.

Speaker: Parce qu'en fait, le gros succès de HTTP, c'est vraiment la requête HTTP, qu'est-ce qu'on demande, et qu'est-ce que ça permet dans les réponses et dans tout le truc.

Speaker: Et le format va beaucoup évoluer, mais quand même, le web aujourd'hui est toujours sur la même structure que ce qu'a conçu Tim Berners-Lee à l'époque.

Speaker: C'est marrant parce que tu parlais d'HTTPS, maintenant je crois que la première fois que je faisais mon site web il y a quelques années, sur le truc là que j'avais pris, il était pas en S. Et à chaque fois que je me connectais dessus, il me mettait attention c'est pas sécurisé.

Speaker: Je me suis dit que c'était un petit peu dommage de pas avoir ça.

Speaker: Parce que les gens qui devaient aller sur mon site web devaient être comme what the fuck alors qu'il y avait juste des infos genre.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et à partir de là, on a dit que la popularité du web qui apparaît à ce moment-là, ça éclipse complètement tout espoir d'avoir le modèle OSI mis en place, être mis en place un jour.

Speaker: Et c'est la victoire, avec des guillemets, de la suite de protocoles de l'Internet, de TCPIP et tout ce qui vient autour.

Speaker: qui deviennent le de facto standard de par sa popularité.

Speaker: Parce que même si le département du commerce américain avait dit que ce serait bien que nos nouveaux systèmes, ce soit le modèle OSI, juste devant l'écrasante popularité de TCPIP, tout va tomber à l'eau.

Speaker: Parce que c'est clairement ça qui va gagner, puisque c'est ce qu'on utilise toujours aujourd'hui.

Speaker: Et TCP IP, je te propose de faire un petit tour rapide de ce qu'il y a dans les entêtes TCP IP.

Speaker: Parce que nous, on s'échange de l'information.

Speaker: TCP prend cette information et la découpe en petits morceaux.

Speaker: Il met des entêtes dessus pour dire ce morceau.

Speaker: Il l'envoie ensuite sur le réseau.

Speaker: Et ensuite, tu as le système IP.

Speaker: avec le routage et qu'il y a ses propres entêtes qui viennent mettre par-dessus, qui vont retransmettre nos paquets un peu partout.

Speaker: C'est le 192.... Ça, c'est les adresses IP, ouais.

Speaker: Et on va faire un petit tour là-dedans, parce que ça va être super intéressant, je trouve, si on passe sur les entêtes des deux, pour comprendre un peu les petites mécaniques qu'il y a, et pas mal de notions intéressantes.

Speaker: On va essayer de ne pas prendre trop de temps dessus, mais il y a plein de petites choses à voir.

Speaker: Déjà, TCP et IP, c'est deux choses qui remplissent des tâches précises.

Speaker: TCP, c'est s'assurer de la fiabilité de la transmission.

Speaker: IP, c'est juste le routage.

Speaker: IP, c'est je reçois un morceau de données, je lis l'entête IP qui vient avec, ça me dit où je dois l'envoyer ensuite.

Speaker: Et moi, j'ai mes petites tables de calcul pour savoir où je l'envoie.

Speaker: C'est deux choses complètement différentes.

Speaker: IP n'a pas de notion de gestion des erreurs, d'accusé de réception ou quelque chose comme ça.

Speaker: C'est TCP qui gère tout ça.

Speaker: Donc c'est ça.

Speaker: TCP, c'est l'épaisseur du papier de l'enveloppe et IP, et son contenant, et IP, c'est le timbre.

Speaker: Un peu.

Speaker: IP c'est l'adresse avec le timbre.

Speaker: Et TCP c'est le fait qu'il y a 40 enveloppes.

Speaker: Mais que toi à la fin tu ressortis.

Speaker: Ouais, la quantité de contenant, mais juste les metadata qu'il faut, mais pas plus.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Tu vois, on parlait des couches du modèle OSI.

Speaker: On a dit qu'en IP le concept était rejeté, mais on peut quand même l'utiliser.

Speaker: Donc dans le modèle IP, on va citer 4 couches qui sont à peu près suffisantes.

Speaker: Il y a la couche lien, tout en bas.

Speaker: c'est comment je communique d'une machine à une machine.

Speaker: Pas de notion de réseau, c'est juste une machine parle avec une autre machine sur un lien unique.

Speaker: Donc là, il y a des protocoles qui existent.

Speaker: Le protocole ARP, le protocole MAC, qui permettent aux machines de se découvrir entre elles.

Speaker: Genre, tu branches deux ordinateurs avec un câble Ethernet, avant d'utiliser un protocole de la couche lien, pour demander à l'autre, « Salut, qui es-tu?

Speaker: Est-ce que tu es là?

Speaker: » et puis se présenter et savoir que les deux machines sont reliées entre elles.

Speaker: Mais pourtant quand on se connecte, on utilise quand même une adresse IP v6?

Speaker: Oui, parce que c'est plus simple de tout abstraire avec des adresses IP.

Speaker: Mais juste pour communiquer d'une machine à l'autre.

Speaker: Mais ça, j'étais toujours fasciné à chaque fois quand on se connectait avec Remy, d'être comme, pourquoi il y a besoin de l'adresse IP alors que, en vrai, je pourrais cliquer, c'est lui, on se voit.

Speaker: Oui, parce que c'est quand même plus simple, parce que pour les applications, les programmes dans ton ordinateur, eux, ils sont habitués à parler à d'autres adresses IP.

Speaker: Ils parlent comme si t'étais très très loin pareil que comme si t'étais très proche.

Speaker: Mais deux machines, deux routeurs, on parle pas forcément d'ordinateur, relient entre eux avec un câble qui communique.

Speaker: Ils ont des protocoles spécifiques qui sont les protocoles de la couche lien qu'ils utilisent pour parler entre eux.

Speaker: Ça permet de faire de la découverte.

Speaker: Tu sais sur Windows quand c'est un nouveau réseau ils te disent

Speaker: « Ah, votre ordinateur n'est pas découvrable par les autres ordinateurs du réseau, blablabla... » Ça veut dire que ton Windows ne répond pas aux requêtes ARP qui circulent sur le réseau, qui généralement demandent, qui disent « Salut, je suis l'ordinateur machin, a-t-elle l'IP, qui est là?

Speaker: » Et ton ordinateur peut répondre en disant « J'existe.

Speaker: » Et c'est comme ça que tu vois les autres ordinateurs du réseau.

Speaker: La couche du dessus, c'est la couche Internet, c'est la couche routage, c'est là où tu trouves le protocole IP.

Speaker: C'est là où tu trouves aussi le protocole ICMP, c'est ce qui sert à faire des ping.

Speaker: C'est un autre protocole que IP.

Speaker: Tu vas trouver au-dessus la couche transport.

Speaker: Donc là on a vu qu'il y avait TCP, mais il y en a plein d'autres.

Speaker: Il y a UDP.

Speaker: Aujourd'hui il y a QUIC, qui est en train d'arriver, pour remplacer peut-être TCP.

Speaker: Et au-dessus, tu as la couche applicative.

Speaker: Donc là, on va trouver HTTP pour les pages web.

Speaker: On va trouver FTP pour la transmission de fichiers.

Speaker: On va trouver DNS pour la résolution des noms de domaines.

Speaker: On va trouver le SMTP qu'on avait mentionné la dernière fois pour les emails.

Speaker: pop, imap, toute la sauce.

Speaker: Selon tes utilisations, tu invoques tous les protocoles un à un ou pas de manière totalement cachée.

Speaker: Par exemple, si tu ouvres une page web, tu fais une requête HTTP.

Speaker: La requête HTTP va ensuite être transmise à TCP.

Speaker: TCP va prendre ta requête et la découper en petits morceaux.

Speaker: Chaque paquet va les donner au protocole IP qui va mettre les bonnes adresses par dessus, qui ensuite va utiliser le protocole lien pour l'envoyer au routeur suivant, par exemple Mac.

Speaker: Le routeur reçoit le paquet Mac, il dépacte, il voit que c'est un paquet IP, il lit le destinataire IP, il remet dans une boîte Mac, il envoie au suivant, il ouvre la boîte Mac, il regarde et ainsi de suite.

Speaker: Jusqu'à arriver au destinataire, qui reçoit un truc Mac, il l'ouvre, il voit que c'est de l'IP, c'est bien moi, j'ai pas besoin d'aller plus loin.

Speaker: J'ouvre, c'est du TCP, il le récupère, il dit, ah bah c'était le dernier, j'en ai déjà reçu 15, c'était le dernier qui me manquait.

Speaker: Je réassemble, ça fait une requête HTTP, je lui donne le navigateur au-dessus.

Speaker: Et tout ça en un claque-mande-d'où?

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais du coup, qu'est-ce qu'il y a dans une entête IP?

Speaker: On va essayer d'aller assez vite quand même.

Speaker: Ah ouais, pourquoi 192?

Speaker: On va y arriver, on va y arriver, on va y arriver.

Speaker: Parce que... On veut savoir.

Speaker: Ouais.

Speaker: IP... En fait, quand ils ont construit le système IP, tu vois, dans les années... On va retourner, Vint et Surf... C'est dans les années 70, fin des années 70, début 80.

Speaker: Tu vois, il fallait qu'on définisse une adresse, tu vois, avec des numéros parce que c'est plus simple.

Speaker: Et la question, c'est comment on structure cette adresse?

Speaker: Est-ce qu'on met la date de naissance?

Speaker: Oui, nos adresses postales sont toutes standardisées.

Speaker: Il y a un numéro, un nom de rue, un code postal, une ville, une province, un pays.

Speaker: Il y a une grosse structure.

Speaker: Et du coup, on veut une certaine structure dans nos adresses IP.

Speaker: Et là, ils peuvent faire le choix de ne pas du tout passer par les pays s'ils veulent.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et l'adresse, elle est neutre sur le papier de l'adresse.

Speaker: Parce que c'est juste des chiffres.

Speaker: Et là, le choix qui est fait, c'est que déjà, il y a des choix de taille qui sont faits par rapport à la taille des paquets, au nombre d'adresses possibles et tout ça.

Speaker: Et on décide que l'adresse sera composée de 4 octets.

Speaker: Donc, 1 octet, c'est 8 bits.

Speaker: Et 1 octet, ça permet de compter de 0 à 255.

Speaker: Donc, 4 octets, séparés par des points pour la lisibilité.

Speaker: Le point n'existe pas dans le paquet, c'est 4 octets à la suite, c'est juste que nous, on l'écrit comme ça.

Speaker: Et comment on va structurer ça?

Speaker: Au début des années 80, on regarde tous les réseaux existants, parce que le but c'est de faire un réseau de réseaux, et on se dit, si on décide que juste le premier octet, ça sert à identifier le réseau, ça nous permet d'avoir 256 réseaux, c'est largement suffisant pour le futur.

Speaker: Donc à ce moment-là, au début, on décide que le premier octet, de 0 à 255, ça va définir sur quel réseau on parle, et que les trois autres octets, ce sera les machines sur ce réseau.

Speaker: Donc par exemple le MIT, c'est un réseau.

Speaker: Je crois que leur adresse qu'ils vont récupérer, c'est la 5.

Speaker: Et du coup, à une époque, si tu avais une adresse en 5 points quelque chose, c'est que c'était un ordinateur en MIT.

Speaker: C'est pas 5, c'est sûrement une autre valeur, il faudra vérifier.

Speaker: Ouais, ouais, en tout cas, ouais.

Speaker: Mais en fait, à l'instant même où on met le système IP en service, on se rend compte que 256, c'était une belle connerie, et qu'il va falloir beaucoup plus de réseaux.

Speaker: Donc on va définir un concept de réseau privé.

Speaker: On va dire que... Parce qu'en fait, ce qui se passe avec les adresses, c'est que...

Speaker: On essaie de faire en sorte que ce soit un peu géographique.

Speaker: Que toutes les IP qui commencent par 5, par exemple, soient à peu près dans la même zone géographique.

Speaker: Et qu'ensuite les adresses IP en 15.25, ce soit genre un département quelque part.

Speaker: On essaie de faire en sorte que géographiquement ce soit proche parce que c'est plus simple pour router les paquets.

Speaker: Mais on a quand même ce problème tout de suite, on s'en rend compte tout de suite qu'on ne va pas avoir assez d'adresses pour tous les réseaux.

Speaker: Parce qu'on va avoir plus que 256 réseaux.

Speaker: Et on va avoir des réseaux aussi qui ne vont pas tous avoir la même taille, tu vois, parce que

Speaker: Si on n'a qu'un seul octet qui sert à définir le réseau, on a trois octets qui servent à définir les adresses du réseau.

Speaker: Et le MIT, c'est un truc énorme.

Speaker: 255 x 255 x 255 adresses, c'est beaucoup plus d'adresses que ce qu'eux pourraient jamais en utiliser.

Speaker: Parce qu'au début, ils ont imaginé qu'il n'y aurait que des réseaux avec des milliers d'ordis.

Speaker: et pas des mini réseaux avec trois ordi alors que c'est ça partout.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et du coup ils veulent revoir la structure et ils se disent ce serait bien que pour les... Tu vois genre nous ici, chez nous, chez vous qui nous écoutez, vous avez une box internet avec vos machines.

Speaker: Toutes les machines qui sont connectées à une box Internet n'ont pas besoin d'avoir une épée unique à l'échelle d'Internet.

Speaker: Tu vois?

Speaker: J'ai pas besoin que l'adresse de mon téléphone qui est reliée à ma box soit forcément différente que l'adresse IP du téléphone d'un mec qui habite en Allemagne qui est relié à sa box, tu vois?

Speaker: Parce qu'il y a peu de chances qu'on se croise.

Speaker: Et même si ça devait arriver, on décide d'arrêter l'attribution des adresses IP publiques à un échelon précis.

Speaker: Nos box Internet chez nous, les particuliers, ont une adresse IP unique sur Internet.

Speaker: Mais derrière cette box, dans le cadre de notre maison, on va définir ce qu'on appelle un sous-réseau.

Speaker: Et les sous-réseaux,

Speaker: peuvent entre eux réutiliser des adresses IP.

Speaker: C'est pour ça qu'on a notamment le 192.168.1.quelque chose qui est utilisé pour la plupart des box internet par défaut.

Speaker: Parce qu'en fait ce qui se passe c'est que moi mon téléphone il a une adresse IP.

Speaker: Je veux charger une page web sur mon téléphone.

Speaker: La requête elle va à la box.

Speaker: La box elle voit que je veux parler avec l'extérieur du notre réseau, donc vers internet.

Speaker: Donc elle va prendre mon paquet qui veut parler à google.com

Speaker: Et au lieu de mettre en IP émettrice mon téléphone, elle va mettre en IP émettrice l'adresse de la box.

Speaker: Et ensuite, elle l'envoie à Google.

Speaker: Google, il répond.

Speaker: Pour répondre, il prend l'adresse émettrice, donc c'est ma box.

Speaker: Donc, il met en destination la box.

Speaker: La box, ça voit un paquet de Google.

Speaker: Elle a gardé en mémoire la box que c'était mon téléphone qui voulait parler à Google.

Speaker: Elle change l'adresse de destination sur le paquet IP et elle me l'envoie.

Speaker: Tu vois, tu comprends un peu le logique?

Speaker: C'est pas forcément facile.

Speaker: Mais du coup, par défaut, toutes les boxes, elles nous donnent 192 points de machin.

Speaker: Mais elle, elle a un autre numéro.

Speaker: Oui, complètement.

Speaker: Mais qui est trois chiffres pareils ou dans le même format.

Speaker: Qui peut être entièrement différente.

Speaker: Mais c'est toujours le format 250, etc.

Speaker: Oui, toujours le format 255, 255, 255, 255.

Speaker: Et en fait, ça fait la différence entre les IP privées et les IP publiques.

Speaker: Toutes les adresses que nous avons chez nous sur nos appareils électroniques sont des IP privées.

Speaker: Et les adresses que les box utilisent pour communiquer avec le reste de l'Internet sont des IP publics.

Speaker: L'intérêt, c'est que...

Speaker: Si nous, ici, on a 15 appareils, ce n'est pas une 15 adresse IP qui manque sur le réseau IP.

Speaker: Parce que c'est juste des adresses privées qui sont spécifiques à nous.

Speaker: Et comme ça, on n'occupe pas de la place.

Speaker: Et les réseaux privés, il y en a 3 d'accessibles dans les adresses IP.

Speaker: Le plus commun, c'est 192.168.1.0, qu'on connaît, qui permet d'avoir jusqu'à 255 appareils dessus.

Speaker: Parce qu'on n'a accès que aux derniers chiffres là-dedans.

Speaker: Si jamais on a plus de 255 appareils, genre je suis une petite entreprise, avec 300 employés, et des imprimantes et des conneries comme ça, je peux demander à ma box de ne pas utiliser le 192.168.1, mais d'utiliser un autre réseau privé qui est accessible, c'est le 172.16.

Speaker: Mais nous, on ne pourrait pas le changer sur notre box.

Speaker: Si, on va voir.

Speaker: Si nous, demain, on se rend compte qu'on va avoir plus de 255 appareils chez nous, on change de classe de réseau privé,

Speaker: Mais même, je veux dire, ça, c'est pas un paramètre de Notebox.

Speaker: C'est un paramètre de Notebox.

Speaker: Ah si, ok.

Speaker: Mais on peut le changer.

Speaker: Du coup, on pourrait le changer, même si on n'a pas 250, on pourrait mettre un Notebox.

Speaker: Et si on veut, tu as aussi le réseau privé 10.0.0.0, qui te donne accès à 255 x 255 x 255 adresse privée.

Speaker: Et si on voulait on pourrait avoir ça.

Speaker: Moi je sais que dans mes universités en France quand j'y étais, les adresses IP des machines c'était des adresses IP en 10. quelque chose.

Speaker: Parce qu'ils avaient dit nous on prend de la marge, on prend le plus gros réseau privé qu'on peut utiliser, il n'y en a que 3, et on fait ça.

Speaker: ces réseaux privés ils vont vraiment beaucoup aider à ralentir l'exposition l'épuisement à ralentir l'épuisement des adresses IP parce que tu vois au début on avait dit ils pensaient qu'il y aurait que 256 réseaux puis en fait il y en a eu tout de suite beaucoup plus

Speaker: Il y a aussi eu très rapidement beaucoup plus de machines que ce à quoi on s'attendait sur le réseau.

Speaker: Et les réseaux privés, avec la définition des sous-réseaux privés, elle a aidé à ralentir... à repousser la date où on n'aurait plus d'adresses IP disponibles, en réutilisant des adresses IP en interne.

Speaker: Ça, c'est possible grâce au système TCP.

Speaker: Parce que dans le système TCP, on va le voir, il y a une notion de port,

Speaker: ou quand on communique, on communique vers une adresse IP,

Speaker: et un port.

Speaker: C'est les deux petits points et un chiffre.

Speaker: Ces ports, ça permet de faire qu'en fait... Parce que le problème, c'est que si on a deux machines qui communiquent entre elles, et que tu as deux applications sur chaque machine qui veulent chacune communiquer entre elles, mais qui n'ont rien à voir entre elles.

Speaker: Moi, je t'envoie un paquet, moi je suis l'adresse IP x.x.x.1, toi t'es x.x.x.5, moi je dis ok, envoie un paquet à l'adresse 5.

Speaker: Ok?

Speaker: Puis l'autre application avait aussi envoyé un paquet à l'adresse 5.

Speaker: À la réception de ton ordinateur, comment il fait pour savoir quel paquet va à quelle application?

Speaker: Tu sais, il y a un problème en fait, parce que vu que les deux ont juste le même destinataire, c'est le 5, tu ne sais pas quel paquet va à quel programme.

Speaker: Ah ouais, il n'y a rien qui le dit quoi.

Speaker: Maintenant, si, ça s'appelle les ports.

Speaker: Et en fait, les ports, c'est que tu dis, moi je t'envoie un paquet sur le port 25 et un paquet sur le port 16131.

Speaker: Ton ordinateur, il sait quelle application écoute sur quel port et du coup, peut donner le paquet à la bonne application.

Speaker: L'intérêt, c'est que ça permet d'avoir plusieurs connexions simultanées entre deux machines.

Speaker: Et ça permet aussi de faire fonctionner le système dont je te parlais, où nos adresses IP dans nos réseaux locaux, privés, sont changées par notre box quand ça va sur le réseau global.

Speaker: En fait, la box change les ports et les adresses, et elle se souvient des paires.

Speaker: Toi, tu veux parler à l'adresse IP de Google sur le port 80, mais moi, je suis aussi sur le réseau Wi-Fi, avec la même box, et moi aussi, je veux parler à Google sur le port 80.

Speaker: La box, quand elle change l'adresse IP dans le paquet, elle va aussi changer le port d'origine.

Speaker: Et elle va se souvenir que si je reçois un paquet qui va pour mon port, la box, le port 41, ça veut dire en fait que c'est pour Benoît sur le port 25.

Speaker: Par contre, si le paquet arrive au site Google, mais il est sur le port 42, ça veut dire que c'est pour Valentin sur le port 71.

Speaker: Tu vois?

Speaker: Ouais, il se fait des réassignements directs, instantanés.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et ça se fait en continu, en live, tout le temps, tout le temps, tout le temps, en permanence.

Speaker: Et ça change continuellement de port.

Speaker: Mais des fois, ça... Parce que je vois, quand on est connecté sur touch avec plusieurs trucs, on choisit un port.

Speaker: Et là, du coup, on verrouille sur un port.

Speaker: Ouais, mais parce qu'on est en interne.

Speaker: Ouais, parce qu'on est en interne.

Speaker: On communiquerait par Internet, la box ferait de la translation.

Speaker: Mais comme on est en interne, on reste au sein du même réseau, il n'y a pas de soucis.

Speaker: Ouais, c'est ça, ok.

Speaker: Et donc, dans le protocole IP, c'est ça.

Speaker: On définit les adresses, ça contient aussi des ports, et on envoie tout ça.

Speaker: les ports n'existent que sur la couche TCP, ils n'existent pas sur la couche IP.

Speaker: Et c'est pour ça que quand je parlais de porosité entre les couches réseau dans le système TCP-IP, c'est que la couche IP, quand elle est en train de faire du routage, elle a reçu un paquet, elle va l'envoyer au suivant, elle a le droit d'aller regarder l'entête TCP pour savoir c'est quoi les numéros de port, pour savoir quoi faire avec.

Speaker: Ça, ça n'aurait pas été possible dans le modèle OSI.

Speaker: on continue le protocole IP il permet de transmettre l'information de routeur en routeur ok ça fait des bons il utilise des tables de routage un routeur il va être relié à 15 câbles réseau ok

Speaker: Et pour chaque câble du réseau, il sait quelles plages IP sont desservies par ce câble.

Speaker: Le premier câble desserre les adresses IP de 0 à 5, le deuxième de 5 à 6, le troisième de 7 à 8, et le dernier fait tout le reste.

Speaker: Il voit tous les numéros de base de ces connexions qu'il a. Il ne voit pas tous les numéros, il a des plages.

Speaker: C'est pour ça que je parlais du fait qu'on essayait de garder des adresses IP proches numériquement, proches géographiquement.

Speaker: Comme ça, tu peux avoir un routeur qui dit...

Speaker: Il va se rapprocher de son chiffre.

Speaker: Du coup, elle peut se déplacer de manière autonome sans réfléchir à l'information.

Speaker: C'est pour ça que l'information peut parfois prendre des chemins différents.

Speaker: Parce que rien n'empêche un routeur d'avoir deux câbles différents qui desservent les trois points I. Du coup, dépendamment du nombre de paquets qu'il a déjà envoyés sur chaque câble, il va peut-être essayer d'équilibrer ou de faire des choses.

Speaker: Le système IP, c'est ce qu'on appelle en best effort.

Speaker: Il fait du mieux qu'il peut, mais si le câble est brisé, c'est perdu, tant pis.

Speaker: Mais ça, ça marche bien parce que TCP est fait pour gérer ça.

Speaker: Donc nickel.

Speaker: Une entête TCP IP, du coup, IP, pardon, seulement, on trouve la version IP utilisée, donc V4 la plupart du temps, V6 de plus en plus.

Speaker: Parce que l'IP V6, il est arrivé parce qu'il n'y avait pas assez d'adresse IP V4.

Speaker: C'est 07.

Speaker: Ouais un peu, 07.09 là.

Speaker: Ok je pensais qu'il y avait un upgrade techno mais non du coup c'est juste... Ça change aussi de trois trucs mais c'est surtout des adresses plus longues avec plus de possibilités d'adresse parce qu'on a vraiment plus d'appareils que prévu à la base.

Speaker: Mais du coup dans l'entête IP on trouve ça, on trouve la version, on trouve la taille de l'entête, combien j'ai d'informations avant d'arriver à la vraie donnée.

Speaker: Il y avait une notion de priorité, en mode pour donner la priorité à certains paquets par rapport à d'autres.

Speaker: Ce n'est pas utilisé au final.

Speaker: Il y avait un boulot en tête qui est réservé pour des données liées à la congestion, en mode pour qu'un routeur puisse envoyer un paquet et mettre un truc de congestion qui dit « attention, la route précédente est très utilisée, essaye d'utiliser une autre route ».

Speaker: En réalité, ce n'est pas utilisé, parce que c'est trop compliqué à mettre en place.

Speaker: Ensuite, on a la taille totale de l'information, en tête et données utiles.

Speaker: Ensuite on a une notion d'identification qui permet de définir si tu reçois un paquet en double ou pas, un paquet IP, savoir si par exemple il aurait pu être dédoublé par un réseau.

Speaker: On a une notion de fragmentation.

Speaker: Est-ce que ce paquet IP a été redécoupé en plusieurs paquets parce qu'il était trop gros?

Speaker: Donc ça permet de récupérer ça.

Speaker: Si c'est le cas, tu as le numéro de fragment qui suit.

Speaker: Ensuite, tu as une notion de... Comme les routeurs, ce ne sont pas des chemins précis.

Speaker: Les routeurs échangent l'information entre eux, et le paquet peut prendre des chemins différents.

Speaker: Un routeur ne connaît pas l'emplacement de toutes les IP.

Speaker: Il sait juste que les câbles auxquels il a accès, ils fonctionnent de tranche en tranche.

Speaker: Et du coup, pour éviter que tu aies des paquets... Par exemple, moi j'envoie un... Ah ouais, est-ce qu'il y a des paquets qui arrivent à un routeur et sont en mode, bah là, on regarde le code et on ne peut pas trouver le chemin?

Speaker: Généralement, les routeurs, ils ont toujours un chemin par défaut à la fin, qui envoie à haute part.

Speaker: Généralement, tu sais, c'est comme nous, notre box... Ah, c'est le fameux panneau toute direction.

Speaker: C'est un peu l'idée.

Speaker: Tu vois par exemple nos box, ici, nos box internet à la maison.

Speaker: elle a dans sa table de routage elle a tous les appareils reliés donc si elle reçoit un paquet pour une des IP de la liste elle sait les envoyer directement et sinon à la fin elle a son toute direction ça veut dire internet et c'est comme ça que ça fonctionne quand on envoie un paquet sur notre réseau il arrive à la box la box elle regarde dans sa table de routage si le destinataire il est ici et s'il est pas ici ça sort et est-ce que du coup par notre box passe des informations pour d'autres gens?

Speaker: non

Speaker: NoBox, ce n'est pas des nœuds, ce sont des terminaux, des fins de ligne.

Speaker: Oui, ce qui est logique.

Speaker: Mais par exemple, si moi j'envoie un paquet de données et une IP qui n'existe pas, elle est valide, c'est une vraie adresse, mais il n'y a personne sur Internet qui a cette adresse.

Speaker: Sur le papier, ce paquet tournerait indéfinitivement sur Internet.

Speaker: Pour ça, on a un truc dans l'entête du paquet IP qui s'appelle le time to leave, le TTL.

Speaker: C'est un chiffre qu'on met au moment de l'émission, donc à l'émetteur.

Speaker: Et à chaque fois que le paquet passe par un routeur, le routeur fait moins 1 à cette valeur.

Speaker: Et quand la valeur atteint 0, on détruit le paquet.

Speaker: Ça veut dire que ça fait trop longtemps qu'il est en train d'être transmis et il aurait déjà dû arriver si c'était un vrai paquet.

Speaker: Ça permet d'éviter d'avoir des paquets qui restent en vie indéfiniment.

Speaker: Oui.

Speaker: Et tu es obligé d'avoir une valeur, mais est-ce que tu ne peux pas mettre une valeur trop grande en mode... Tu as le droit, mais les routeurs ont le droit de mettre un max à la valeur.

Speaker: En mode, si tu mets 6 milliards, je ne suis pas sûr que tu puisses mettre autant, parce que ce sont des valeurs très limitées.

Speaker: Et même si tu pouvais mettre autant, il y a moyen que tu tombes sur le routeur de...

Speaker: du réseau d'un balle.

Speaker: Les noeuds se mettent des protections, c'est 50 max.

Speaker: Par exemple, ça peut être ce genre de choses.

Speaker: Surtout que j'imagine qu'il n'y a pas besoin que ce soit une trop grosse valeur.

Speaker: Il n'y a pas besoin que ce soit délirant, normalement.

Speaker: Et ensuite, seulement vers la fin, on arrive, on a le TTL, ensuite on a le protocole utilisé en interne.

Speaker: Est-ce que c'est TCP, est-ce que c'est UDP, est-ce que c'est autre chose?

Speaker: Ça permet d'avoir une idée de ce qui est transmis en dessous.

Speaker: Et du coup ça permet, tu vois par exemple pour les ports, comme on parlait, le IP peut aller regarder l'entête à l'intérieur.

Speaker: Comme il sait que c'est une entête TCP, il sait où elle est regardée pour voir les numéros de ports, pour savoir comment router l'information proprement.

Speaker: Et enfin on arrive à un checksum.

Speaker: Un checksum c'est une valeur cryptographique qui permet de valider l'intégrité de l'entête.

Speaker: Bien fait qu'il n'y a pas eu d'erreur à la transmission.

Speaker: Ensuite on a l'adresse émettrice, l'adresse de destination,

Speaker: un espace de taille variable pour différentes options, mais ce n'est pas beaucoup utilisé, et enfin les données.

Speaker: Et là, on peut aller jusqu'à 65 535 octets incluant l'entête.

Speaker: Ça, c'est l'entête IP.

Speaker: Il n'y a pas non plus énormément d'informations, mais ça comprend plein de choses.

Speaker: Mais c'est quand même très long, après, j'imagine, on a une ligne, là, comme ça.

Speaker: Ouais, hein.

Speaker: Et ça permet bien d'abstraire toutes les spécificités de tous les réseaux, parce que, tu vois, tout ce dont on a parlé, il n'y a pas de question de trouver la machine réellement, il n'y a pas de question de « est-ce que c'est du Wi-Fi, est-ce que c'est du câble?

Speaker: » Tu vois, c'est juste router.

Speaker: Ça fait son travail.

Speaker: Après, j'ai mis pas mal de notes sur les masques de sous-réseau, mais je pense qu'on peut le passer.

Speaker: Ensuite, on arrive à... TCP.

Speaker: On a vu le TCP.

Speaker: TCP, lui, il est là pour abstraire les spécificités de IP qu'on vient de voir.

Speaker: IP est limité à 65535 octets, sauf que nous, généralement, on va envoyer des fichiers beaucoup plus gros.

Speaker: Donc TCP va être là pour découper ton fichier en plus petits morceaux pour que ça rentre dans les datagrammes IP.

Speaker: Il va aussi prendre en compte le fait que si on envoie plusieurs paquets, comme ils peuvent prendre des chemins différents, ce n'est pas sûr qu'ils arrivent dans l'ordre, ce n'est pas sûr qu'ils arrivent tous.

Speaker: Donc il faut la gestion des erreurs, la gestion du découpage, la gestion du réassemblage, la gestion de l'ordre des paquets.

Speaker: Il y a toute une notion d'accusé de réception.

Speaker: En TCP, je t'envoie un paquet de données,

Speaker: tu me réponds par un paquet vide qui dit « j'ai reçu le paquet de temps ».

Speaker: Moi je t'envoie le suivant, tu me réponds.

Speaker: Comme ça on compte tous les deux et on compare le chiffre.

Speaker: C'est ça, et si moi je t'envoie un paquet et je ne reçois pas de réponse, au bout d'un certain temps, je vais le renvoyer.

Speaker: Parce que ça veut dire que tu ne l'as pas reçu, si tu ne peux pas me donner l'accusé de réception.

Speaker: Et alors dans l'entête TCP, on trouve quelques petits trucs assez rapides, on trouve le port source et le port de destination, tu vois, on en parlait, qui permet aux applications de s'identifier entre elles.

Speaker: On trouve le numéro de séquence, qui dit c'est le combientième paquet TCP dans la séquence, le numéro d'accusé de réception, si le paquet fait réponse à un accusé de réception, la taille de l'entête.

Speaker: Là, il y a 4 bits de données qui ne sont toujours pas utilisées aujourd'hui.

Speaker: Ils sont prévus dans l'entête pour servir à quelque chose, mais on ne les utilise toujours pas aujourd'hui.

Speaker: Mais tu vois, on a pensé à l'avance que ça allait évoluer.

Speaker: On avait anticipé ça.

Speaker: Ensuite, il y a deux bits de données qui servent pour la congestion.

Speaker: Un bit qui est censé dire si le paquet est urgent ou non, mais ça, ce n'est pas utilisé non plus.

Speaker: Un bit qui dit si le message est un accusé de réception.

Speaker: Et ensuite, deux ou trois autres bits un peu spécifiques sur la mise en cache des paquets à la réception, mais on va les passer.

Speaker: Ensuite, dans l'entête, on trouve la taille de données que le récepteur est capable d'accepter en une fois.

Speaker: Hum hum.

Speaker: parce que peut-être que c'est un tout petit buffer à l'arrivée ou un très gros buffer, mais du coup il te le dit, comme ça tu sais quelle taille maximale tu peux tenter d'envoyer.

Speaker: Des options, un peu de padding selon la taille, c'est pour que les headers aient tous exactement la même tête.

Speaker: Et enfin les données.

Speaker: Et là les données, il n'y a plus de limite, vu que la limite est imposée par IP.

Speaker: Et du coup l'ensemble de toute l'information que tu as énumérée d'IP, elle est indiquée sur tous les paquets?

Speaker: Tous.

Speaker: Ok.

Speaker: Et est-ce que c'est un gros deal de rajouter une taille?

Speaker: Parce que j'imagine que ça doit démultiplier... Alors déjà, ça démultiplie la quantité de données nécessaires et ça veut dire qu'il faut mettre à jour tous les appareils du réseau.

Speaker: Et du coup, c'est pour ça que tu vois que par exemple il y a des bits non utilisés.

Speaker: Il y a quatre bits non utilisés, c'est quatre espaces vides.

Speaker: qui sont pas utilisés.

Speaker: Ouais, un jour on pourra juste faire que, bah, lisez-les.

Speaker: Ouais.

Speaker: Genre à la réception, on les lit et puis on fait un truc avec.

Speaker: Et puis on fera en sorte que ce qu'on rajoute est compatible avec l'existant.

Speaker: Mais elles sont pas utilisées, mais est-ce qu'il y a quand même déjà des utilisations marginales en mode, bah, je rajoute une information sur un bit et dès que je la reçois, ça réenvoie à un serveur précis en Antarctique.

Speaker: Il y a sûrement des gens qui l'ont fait, mais c'est... On insiste vraiment sur le fait de pas le faire.

Speaker: Parce que tu ne sais pas comment ça va être utilisé plus tard, et ça va créer des incompatibilités, c'est le problème.

Speaker: C'est tout ça.

Speaker: Mais c'est pour ça, je me dis que ça pourrait être des utilisations éphémères, genre.

Speaker: Ouais, full, full, full.

Speaker: Mais c'est tellement complexe... Mais Dura, ouais, ouais, ouais.

Speaker: Tu vas en mettre en place, en vrai.

Speaker: Et du coup, la taille des données que transmettent ECP, ils sont calculés pour limiter la congestion du réseau.

Speaker: C'est pour ça que je te disais, dans un téléchargement, ça commence lentement, puis ça accélère très vite.

Speaker: Parce qu'on teste ce qui est possible.

Speaker: Ouais.

Speaker: Si jamais on se rend compte que le réseau est déjà très chargé, et que les routeurs ont trop de choses à faire, et qu'ils abandonnent certains paquets parce qu'ils ont déjà trop de demandes, parce qu'ils ont le droit de faire ça, les routeurs, peut-être que tu vas avoir beaucoup d'échecs dans ta transmission, et tu vas envoyer des paquets plus petits.

Speaker: Et du coup, naturellement, la congestion va réduire, parce que les paquets de données, il y en a peut-être plus, mais ils sont plus petits, donc on arrive à des trucs plus gérables pour les routeurs.

Speaker: Les algorithmes qui gèrent la taille des paquets de données qui sont transmis et l'évolution, c'est des algorithmes ultra complexes, ultra sophistiqués, qui sont là pour tenter d'augmenter la taille du paquet le plus vite possible, mais en faisant attention à ce que si j'atteins un niveau où ça ne passe plus, que je n'ai pas à faire un gros retour en arrière ou des choses comme ça.

Speaker: C'est une algorithmique assez poussée.

Speaker: Et par exemple, TCP, il a le problème qu'il induit beaucoup de transmissions.

Speaker: Parce que pour chaque paquet envoyé, il y a un accusé de réception qui est reçu.

Speaker: Donc, quand on a certains autres types de transmissions qui ont besoin d'être beaucoup plus rapides et de ne pas souffrir de latence, on va utiliser d'autres protocoles, notamment le protocole UDP, où lui envoie de la donnée, mais ne fait pas de gestion des erreurs.

Speaker: Il n'y a pas d'accusé de réception en UDP.

Speaker: Et du coup, par exemple, ça marche super bien pour la transmission de vidéos en live.

Speaker: Parce que s'il y a un paquet qui manque, ton image est moche pendant une seconde.

Speaker: Et tu arrives à la suivante et puis on l'a oubliée.

Speaker: Puis ça reprend, puis comme ça, tu n'as pas de latence et c'est en direct.

Speaker: C'est une utilisation, par exemple.

Speaker: Oui, je vois.

Speaker: Donc c'est pour ça.

Speaker: Maintenant qu'on a tout ça, on a notre transmission qui est en place, mais c'est international.

Speaker: L'Internet, c'est bénéfique à tout le monde.

Speaker: Tout le monde veut le contrôler, mais personne ne veut que ce soit les autres qui le contrôlent.

Speaker: Parce que tout le monde a un intérêt dans le bordel.

Speaker: Donc, on va se mettre d'accord sur des entités supranationales.

Speaker: Il faut un droit international.

Speaker: C'est une sorte de droit international.

Speaker: En gros, il y a deux entités qui vont être mises en place pour contrôler Internet.

Speaker: Une au niveau physique, une au niveau utilisation.

Speaker: Ce sont deux entités ouvertes.

Speaker: On parlait des RFC que toi, moi, on pouvait y participer.

Speaker: Ces entités-là, toi, moi, on a le droit d'y participer.

Speaker: C'est public.

Speaker: Public dans le sens où c'est ouvert à tous.

Speaker: Les gens qui bossent là-dedans et qui prennent des décisions aujourd'hui, ce sont des représentants d'États, de compagnies, d'entreprises qui gèrent des câbles sous-marins, des gros câbles qui relient les pays.

Speaker: C'est un regroupement d'intérêts communs.

Speaker: On trouve deux entités aujourd'hui, les principales.

Speaker: On a l'IETF, c'est la Internet Engineering Task Force.

Speaker: Leur mission, c'est faire mieux fonctionner Internet.

Speaker: Officiellement, « Make Internet Work Better », selon la RFC 3935 qui les définit.

Speaker: Ça fonctionne avec des listes d'emails, tout le monde peut y participer.

Speaker: Ça définit les protocoles de l'Internet, donc IP, TCP et tout ça.

Speaker: En gros, ça définit comment le réseau fonctionne.

Speaker: d'un point de vue technique.

Speaker: Ok.

Speaker: Et en fait, c'est des gens qui s'échangent des mails pour discuter?

Speaker: Et définir les standards.

Speaker: Et les évolutions des programmes, et tout ça.

Speaker: L'IPv6, ça sort de chez eux.

Speaker: Mais ça fonctionne toujours avec le système des RFC, dont on a déjà discuté.

Speaker: C'est juste qu'il y a une entité principale qui les représente, et qui est là pour aider à la coordination.

Speaker: Et à côté de ça, tu as l'ICANN,

Speaker: L'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, la Corporation Internet pour les noms et numéros assignés.

Speaker: C'est une évolution de l'IANA qui existait jusqu'aux années 90.

Speaker: Mais l'ICANN est venu manger l'IANA aujourd'hui.

Speaker: Ça gère les adresses IP, les noms de domaines, ainsi que tous les protocoles basés sur TCPIP.

Speaker: Quand je dis que ça gère les adresses IP, c'est par exemple, l'ICAN ne gère pas toutes les adresses IP de la planète.

Speaker: C'est pas possible.

Speaker: Donc l'ICAN donne des ensembles d'adresses IP à des entreprises et leur donne la responsabilité d'assigner ces adresses IP.

Speaker: Et ces entreprises apprennent ces ensembles d'adresses IP, elles les découpent en petits morceaux et elles les donnent aux fournisseurs d'accès à Internet qui utilisent ces adresses IP pour les donner à nos box.

Speaker: Par exemple, l'ICAN va dire que toutes les adresses IP, je dis des bêtises, de 100 à 115, c'est pour l'Europe.

Speaker: Donc ça va donner à une entité qui s'appelle un REIR, un registre d'Internet Régional, qui va recevoir ces 15 ensembles d'adresses IP.

Speaker: Et Orange, par exemple, en France, va aller voir le REIR, dire que je veux donner Internet à mes clients, j'ai 25 000 clients, je pense que ça va augmenter, je voudrais 40 000 adresses IP.

Speaker: Et du coup, le REER pour l'Europe va donner 40 000 adresses IP orange qui vont ensuite les donner au box.

Speaker: Ok.

Speaker: Mais du coup, l'entité que tu parlais... L'ICAN?

Speaker: Ouais.

Speaker: En vrai, ça n'a rien.

Speaker: Si.

Speaker: Non mais ce que je veux dire c'est que ça permet de donner des attributions mais c'est pas une boîte.

Speaker: Non non non c'est pas une boîte.

Speaker: C'est juste... C'est une structure.

Speaker: C'est une structure de gens qui sont là pour checker.

Speaker: Ouais c'est de l'organisation.

Speaker: C'est purement organisationnel.

Speaker: Mais ces gens là ils ont des salaires pour leur travail.

Speaker: Ouais.

Speaker: C'est qui qui paye?

Speaker: Bah quand Orange ils prennent des adresses IP ils leur payent un peu d'argent.

Speaker: Ok ils leur font une facturation genre.

Speaker: Ouais.

Speaker: Ok ok.

Speaker: pour le travail de manutention, d'aiguiller tous les trucs et tous les machins.

Speaker: Ouais, parce qu'ils aiguillent pas tout eux-mêmes.

Speaker: Mais eux, ils ont un intérêt.

Speaker: Eux, ils pourraient faire grève et shut down Internet, en fait.

Speaker: Ouais, mais eux, ils ont aucun intérêt à le faire.

Speaker: Leur mission, c'est de faire fonctionner Internet.

Speaker: Et ils sont payés.

Speaker: Ouais, mais je sais pas, mais si, par exemple, ils se disaient, on veut qu'il y ait une guerre qui s'arrête, on coupe Internet.

Speaker: Ouais, mais non, parce que... Non, mais ce que je veux dire, c'est que ce serait un moyen de pression puissant.

Speaker: Ouais, mais c'est... Ils ont... Ils y cannent, ils prennent des décisions, ils disent qui est responsable de quelle adresse IP, mais c'est pas eux qui possèdent le matériel.

Speaker: Chaque pays a ses propres entreprises et entités publiques qui possèdent le matériel.

Speaker: Il faudrait que ça soit dans une démarche de hacker et d'envoyer des fausses informations.

Speaker: Ouais, mais eux, ils font pas tout ça à l'ICAN.

Speaker: L'ICAN, ils ont des papiers et sur le papier, ça dit que telles IP, c'est telle entreprise qui les utilise et ça s'arrête là.

Speaker: Ouais, ils mettent une estampe un peu.

Speaker: C'est un peu ça.

Speaker: On a ce qu'on appelle les « backbone », c'est les entreprises qui posent les capes transatlantiques, qui posent les capes partout dans le monde, qui viennent relier les réseaux des opérateurs entre eux.

Speaker: C'est-à-dire que nous, avec Notebox, ici, on est chez Fizz, tu vois.

Speaker: Nous, on n'est que reliés au réseau Fizz, donc c'est Vidéotron, et Vidéotron est relié à un opérateur backbone qui va relier tout le Canada au reste des États-Unis, par exemple.

Speaker: Et en général, c'est des monopoles dans les pays, j'imagine?

Speaker: Pas forcément.

Speaker: Ou à l'international?

Speaker: C'est rarement des monopoles.

Speaker: Ça peut l'être, mais pas obligatoirement.

Speaker: Par exemple, en France, on a des backbones en interne.

Speaker: On a plusieurs, parce qu'en Europe, il y en a plein.

Speaker: Et par exemple, pour l'éducation en France, on a un réseau spécifique.

Speaker: On a le réseau Renater, qui fait le lien entre toutes les universités en France.

Speaker: Et qui vient se mettre en parallèle de tous les autres.

Speaker: Donc même si demain, il y avait un opérateur de backbone en France qui disait « moi je coupe mon réseau parce que je ne suis pas content », les universités continueront de communiquer.

Speaker: Tu vois, c'est ce genre de choses.

Speaker: L'ICAN, en fait, quand l'IETF dit comment fonctionne l'Internet, l'ICAN définit comment on se coordonne sur l'Internet.

Speaker: C'est lui qui attribue, du coup on disait les adresses IP aux entreprises, aux RIR, puis aux entreprises.

Speaker: Pour les noms de domaine, c'est eux qui disent « Ah bah le.fr c'est la France.

Speaker: » Depuis début 2010, on peut faire des demandes pour créer des nouvelles extensions de noms de domaine.

Speaker: C'est pour ça qu'on a vu les extensions «.space,.bzh,.work »

Speaker: Mais du coup, c'est l'ICAN qui gère tout ça.

Speaker: Quand je disais aussi que c'est eux qui définissent... Ils ont un registre de tous les protocoles fonctionnant avec TCPIP.

Speaker: Et du coup, ça permet d'avoir une liste exacte de quels sont les protocoles qui utilisent TCPIP pour qu'ils puissent se référencer entre eux.

Speaker: En 2015, on avait 2800 protocoles d'enregistrés.

Speaker: C'est eux qui gèrent la base de données des fuseaux horaires.

Speaker: Tous les ordinateurs dans le monde, pour se coordonner au niveau du temps et de l'heure, ils se basent sur une unique base de données des fuseaux horaires, qui contient la définition de tous les fuseaux horaires du monde, avec l'heure décalage les uns par rapport aux autres, la synchronisation par rapport au temps zéro de l'informatique, la gestion des secondes invisibles, les secondes intercalaires, et les changements d'heures d'été et d'hiver.

Speaker: Aujourd'hui, cette base de données, c'est un type qui s'en occupe.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Ouais.

Speaker: Genre c'est un type qui fait l'horloge mondiale.

Speaker: Grosso modo.

Speaker: Depuis 2005, c'est Paul Egert, un informaticien à l'université de Californie à Los Angeles qui s'en occupe.

Speaker: Lui, il s'occupe de la base de données.

Speaker: Et avant, il était aussi assisté par Arthur David Olson, mais lui a pris sa retraite.

Speaker: Mais sinon, il n'y a qu'un seul mec.

Speaker: Mais après, il sait juste s'il y a la base de données et puis il sait tout quoi.

Speaker: Et tout le monde tape dans le même fichier.

Speaker: Mais voilà quoi.

Speaker: Tu vois la bail?

Speaker: Et tout ça, ça nous permet de faire fonctionner l'Internet qu'on connaît aujourd'hui avec le World Wide Web, avec HTTP, HTTPS, avec tous nos emails, avec les protocoles SMTP, POP, IMAP, toute la sauce, les transferts de fichiers FTP, SFTP.

Speaker: Aujourd'hui, avec la vidéo, le streaming en ligne en temps réel, il y a des nouveaux protocoles d'échange pour la vidéo en temps réel qui commence à avoir le jour, qui existent déjà, mais on en réimplante d'autres.

Speaker: Il y a des protocoles pour l'échange de médias, genre sur un réseau local.

Speaker: Il y a des protocoles pour tout.

Speaker: Des protocoles pour la pub?

Speaker: Non, ils utilisent des protocoles existants.

Speaker: T'es fou, tu penses que la pub va mettre de l'argent dans l'infrastructure publique?

Speaker: Non, mais je sais pas pourquoi, j'imaginais que c'était une affaire de protocole, le fait d'un affichage publicitaire pour pouvoir le reconnecter indépendamment du site.

Speaker: Non, ça utilise un HTTP derrière.

Speaker: Oui, c'est juste un... OK, c'est...

Speaker: Mais du coup, c'est ça.

Speaker: Et tout ça, ça tourne sur la TCPIP, la suite de protocoles de l'Internet, qui est utilisée partout dans le monde.

Speaker: C'est elle qui est utilisée partout, que ce soit sur des réseaux locaux, que des réseaux à la taille de ville, de pays ou internationaux.

Speaker: Même si ça garde cette structure qui est que chaque réseau peut, s'il le souhaite, fonctionner en interne comme il le veut.

Speaker: tant qu'il reste extérieurement, en tout cas, compatible avec TCPIP.

Speaker: Si nous, demain, à l'intérieur de la maison, on veut créer notre propre réseau, tant que notre box est capable de convertir, de traduire entre notre réseau et notre propre protocole de communication, tant que notre box, avec Internet, est capable de traduire les messages de notre protocole en messages TCPIP, on a le droit.

Speaker: Mais il faut qu'on crée cette manière de le traduire?

Speaker: Il faudra le créer, bien sûr.

Speaker: Mais tant que...

Speaker: Si on veut communiquer avec l'extérieur, on est capable de communiquer en TCPIP.

Speaker: On pourra faire ce qu'on veut à l'intérieur.

Speaker: La suite de protocole de l'Internet, ça définit tout ça.

Speaker: C'est TCPIP, ça définit comment on impacte l'information, comment on la transmet, comment on la route.

Speaker: Et elle se fiche complètement de savoir si c'est de l'Ethernet, de la fibre optique, du Wi-Fi, des pigeons.

Speaker: En 1999, il y a eu une RFC marrante pour le 1er avril, qui s'appelait IP over Avian Carriers.

Speaker: Donc IP au travers de porteurs aviaires.

Speaker: Et c'était en gros comment on pourrait transmettre des paquets IP avec des pigeons voyageurs.

Speaker: Ce genre de choses.

Speaker: C'était des vannes.

Speaker: J'avais pas vu que les informaticiens font des vannes.

Speaker: J'imagine en mode, ok le pigeon il envoie un message genre bonjour et quelqu'un lit bonjour et il écrit dans un mail et appuie sur entrée.

Speaker: Ah bah ça passe par le protocole.

Speaker: Il y a eu la vanne aussi avec les RFC pour le protocole HTTP où quelqu'un avait proposé le code d'erreur 418 pour HTTP.

Speaker: Grosso modo, c'était aussi une RFC pour le 1er avril.

Speaker: Et l'idée, c'était, comme HTTP était présent sur toutes les machines maintenant, il y avait cette idée de « Ah, mais bientôt, je pourrais communiquer avec ma cafetière en HTTP ».

Speaker: Et du coup, il y a quelqu'un qui a fait une RFC pour proposer comment une cafetière pourrait parler en HTTP.

Speaker: Et ça introduisait le code d'erreur 418 qui répondait « Ah, il me teapote, je suis une théière ».

Speaker: Grosso modo, c'était le code d'erreur pour dire « Ah, mais là, tu ne parles pas avec une cafetière, tu parles avec une théière ».

Speaker: Ah le fait.

Speaker: Et du coup, tous les réseaux sont, comme on l'a dit, découpés en différentes strates.

Speaker: Les réseaux les plus faibles, les réseaux privés, les LAN, c'est les réseaux chez nous.

Speaker: Puis ensuite on a les réseaux opérateurs.

Speaker: Et enfin, ce que j'appelle moi la backbone, ce qui s'appelle la backbone en anglais, c'est la colonne vertébrale de l'Internet.

Speaker: C'est elle qui relie les réseaux aux réseaux entre eux, mais qui sont eux-mêmes des réseaux reliés entre eux.

Speaker: Tu sais, tu vas avoir des gros réseaux à l'échelle européenne qui vont être reliés par des câbles aux gros réseaux nord-américains.

Speaker: Mais quand... Moi, j'ai du mal à m'imaginer la manière, tu vois, dont les entreprises se disent « Ok, ben moi, je peux, je vais investir pour planter un câble que je vais gérer. »

Speaker: et ensuite faire les trucs et tout qui qui amène l'argent et comment il lui fait parce que ça doit être extrêmement lucratif d'être dans un business comme ça ouais vu que tu as une quantité de données mais en même temps qui paye parce que tu sais nous on paye notre opérateur notre opérateur il doit payer à quelque part la manutention du réseau

Speaker: L'opérateur cherche son propre réseau et il va s'interconnecter avec les autres réseaux dans ce qu'on appelle des Internet Exchange Points, des EXP.

Speaker: Et ça, on va en trouver à peu près dans tous les pays du monde.

Speaker: Et c'est des endroits où les opérateurs se regroupent pour communiquer entre eux.

Speaker: Et là, tu payes pour être présent là-dedans.

Speaker: Et c'est à ce moment-là.

Speaker: Et ensuite, tu as d'autres opérateurs qui se relient les EXP entre eux.

Speaker: qui ne vont pas chercher à te vendre de l'internet à toi, petit consommateur, dont leur business, c'est juste relier des points d'échange de l'internet entre eux et recevoir des financements là-dedans parce que tu fournis le service des changements.

Speaker: Et tu en as certains qui sont des initiatives étatiques, d'État, qui reconnaissent l'intérêt.

Speaker: Tu en as, c'est des compagnies privées qui se sont lancées là-dedans au début parce qu'ils voyaient l'intérêt financier.

Speaker: Il y a plein d'origines, mais ils ont tous le même but.

Speaker: Du coup, ça détermine aussi le fait que d'un pays à un autre, le

Speaker: le prix de l'internet peut être complètement variable à cause de ça en vérité.

Speaker: Aujourd'hui dans le monde, il y a 60 000 fournisseurs d'accès internet.

Speaker: Fournisseur, c'est le dernier maillon.

Speaker: C'est le maillon que nous les consommateurs, on connaît.

Speaker: Et d'ailleurs, je me demandais, on n'a pas parlé de rapidité de l'Internet aussi, mais ce qui détermine, c'est les câbles.

Speaker: Mais j'imagine que c'est... Admettons, quand on dit « j'ai la fibre chez moi », c'est juste la ligne finale, en fait.

Speaker: mais c'est elle qui ralentissait drastiquement tout ouais parce que ce que je disais au début c'est que c'était des fils téléphoniques on utilisait toujours les fils téléphoniques en cuivre ensuite par exemple en France on a amélioré on a eu la DSL où il y a plusieurs câbles mais ça reste des câbles de cuivre et tout ça et maintenant aujourd'hui en 2020 on est en train d'installer la fibre optique jusqu'à la maison des gens

Speaker: Alors qu'avant, la fibre optique, généralement, il y en avait une au milieu de la ville où tous les réseaux allaient là et c'est elle qui allait relire le reste de l'Internet.

Speaker: Et maintenant qu'on a fini de faire tout le reste de la backbone, on peut commencer à foutre de la fibre optique au reste parce qu'on peut se concentrer sur ça.

Speaker: Et là, ça va beaucoup plus vite parce qu'avec la fibre optique, c'est quasiment la vitesse de la lumière.

Speaker: Le problème qu'on va avoir après, ça va être au niveau des routers qui, à ce moment-là, peuvent devenir des bottlenecks, des goulots d'étranglement s'ils ne sont pas assez rapides face aux câbles, mais ce n'est pas le problème aujourd'hui.

Speaker: Ouais, ouais.

Speaker: Et ouais.

Speaker: Quand je parlais de l'épuisement des adresses IPv4, il y en a 4 294 967 296 adresses.

Speaker: On les a épuisées en 2019.

Speaker: C'est pour ça qu'on a IPv6 qui existe depuis un bon paquet d'années maintenant, qui est là pour le remplacer.

Speaker: L'IPv6, c'est 340 trillions de trillions de trillions d'adresses disponibles.

Speaker: On s'est pris une bonne marge.

Speaker: Maintenant, il faut réussir à ce que tout le monde accepte de l'utiliser.

Speaker: Et aujourd'hui, Internet, c'est tellement bien acquis que les autres questions qu'on se pose maintenant, ce n'est plus des questions de comment faire transiter l'information en tant que telle.

Speaker: C'est des questions de sécurité avec le cryptage.

Speaker: C'est des questions aussi de qu'est-ce qu'on peut transmettre avec la neutralité du web?

Speaker: Le fait qu'aujourd'hui, nos opérateurs d'internet sont reliés aux backbones.

Speaker: Les backbones laissent passer les données indifféremment.

Speaker: Elles s'en fichent que tu regardes Netflix, que tu sois en train de faire tes comptes ou que tu sois en train d'acheter des armes.

Speaker: Ça fait partie de la neutralité du web qui est qu'ils ne servent que de transport.

Speaker: Ils n'ont pas le droit de regard sur ce qu'ils transportent.

Speaker: La Notre-Denis du Web est toujours attaquée par tous les gouvernements autoritaires.

Speaker: Si tu contrôles ce qui se passe sur tes lignes, tu peux dire que tu peux bloquer l'accès à des trucs.

Speaker: On a le Dark Web qui est toujours une question et qui existe.

Speaker: C'est le web émergé, c'est celui qu'on voit au travers de Google, ce que la plupart des gens utilisent.

Speaker: Mais il y a aussi tout le web derrière, qui n'est pas forcément indexé, qu'on ne voit pas, où il se passe plein d'autres choses.

Speaker: On parlera notamment à l'époque du dark web, enfin à l'époque...

Speaker: Non, c'est toujours présent.

Speaker: Tu as le Dark Web où tu avais des sites de vente exclusivement d'armes ou de produits illégaux.

Speaker: Mais du coup, tu vois, avec Thor, pour te connecter au Dark Web, en fait, Thor, c'est un DNS parallèle.

Speaker: Oui, précisément.

Speaker: Exactement, ok, d'accord.

Speaker: Mais du coup, il y a quelqu'un qui a le monopole de Thor, qui le crée.

Speaker: Non, parce qu'en fait, c'est des modems.

Speaker: Ah, c'est chez les gens.

Speaker: C'est des gens qui se mettent dessus.

Speaker: Il n'y a pas d'entité.

Speaker: C'est-à-dire que nous, demain, si on veut... Après, il donne un arbre beaucoup moins.

Speaker: il y en a beaucoup moins c'est moins rapide que le reste de l'internet évidemment mais si nous demain on voulait on pourrait avoir un serveur tor à la maison et on a une copie des autres serveurs pour le routage et on participe à rendre ça disponible ah j'ai jamais testé encore d'aller sur tor et tout il faut savoir ce que tu vas y faire parce que finalement si tu l'ouvres et t'as ouvert un navigateur web ouais tu peux pas atteindre les trucs il faut que tu saches que tu veux arriver un peu plus crypté enfin plus ouais à la connaissance c'est ça trop bizarre et ouais et c'est notre internet d'aujourd'hui

Speaker: Chapeau de traverser toute cette complexité de fou.

Speaker: C'était hyper intéressant.

Speaker: C'est le bordel.

Speaker: Il y a plein de choses qu'on n'a pas abordées.

Speaker: Aujourd'hui, ce qu'on appelle l'internet mobile, avec toutes nos antennes qui fonctionnent, qui permettent de faire tout ça.

Speaker: Le fait que nos téléphones soient reliés à Internet aujourd'hui.

Speaker: Il y a tout un câblage parallèle par les antennes qui s'obtient sur le téléphone.

Speaker: Ouais, bah puis ça pose aussi des questions... Parce que du coup, ça doit recentraliser l'endroit des antennes qui recâble la backbone d'une autre manière.

Speaker: Ouais, puis t'as aussi aujourd'hui, tu vois, on parlait de l'épuisement des adresses IP, l'internet des objets.

Speaker: Le fait qu'aujourd'hui, tu mets un thermomètre dans ton aquarium, il y a moyen qu'il soit à qui il ait une adresse IP, en fait.

Speaker: Mais ça, c'est une grossière erreur d'aller là-dedans, non?

Speaker: Moi, je suis full d'accord que c'est un peu de la connerie.

Speaker: Enfin, en fait, ouais.

Speaker: Ça prend de l'espace, en fait.

Speaker: Ouais, puis c'est aussi un gros problème, par exemple, de... Tu vois, je mets un téléphone connecté qui me permet de suivre la température de mon aquarium sur mon téléphone.

Speaker: Tu vois?

Speaker: C'est un thermomètre, je m'en fiche qu'il soit sécurisé ou pas, juste une température.

Speaker: Il y a un casino à Las Vegas qui s'est fait hacker au travers d'un de ses thermomètres.

Speaker: Parce que le thermomètre n'était pas sécurisé.

Speaker: La personne a réussi à rentrer dans le réseau privé du casino au travers du thermomètre de l'aquarium, qui n'était pas sécurisé, et à pomper des données.

Speaker: Et ça pose des niveaux de sécurité à tous les... Ouais parce que l'idée, le cœur du hacking dans l'internet, c'est de réussir à aller dans un réseau, à un endroit et à contrôler les paquets.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et ensuite d'abord t'as la lecture, et ensuite t'as le fait d'agir si tu veux... Et puis même parfois, pas besoin de contrôler, mais juste de pouvoir lire tous les paquets qui passent à un endroit, ça permet de choper de l'information.

Speaker: Ouais, et après tu chopes notamment un code, par exemple.

Speaker: Ouais, par exemple, c'est ça.

Speaker: Et t'as ouvert, t'es passé par la porte arrière.

Speaker: Mais ouais, c'est ça qui est le plus intéressant, c'est... On a besoin à tout prix des hackers pour se limiter et comprendre la dangerosité de ce que c'est de créer un monde digital du monde réel un peu, parce que ça tend vers ça, Internet, en fait.

Speaker: Ouais.

Speaker: Au final, on pourrait penser que c'est juste de la communication, mais derrière, ça devient des serveurs et ça devient des traces.

Speaker: Aujourd'hui on parle de cloud et tout ça.

Speaker: Non, non, non, le cloud c'est un bâtiment qui fait 20 000 m² qui est paumé près d'une rivière aux Etats-Unis.

Speaker: Le cloud, il y a des gens qui passent à côté du serveur tous les jours sur lequel tu as mis des photos que tu veux que personne ne voit.

Speaker: C'est un truc très physique.

Speaker: et très très concret, même si on nous le vend constamment comme quelque chose d'un peu nébuleux, qui est là pour s'adapter à tous tes besoins.

Speaker: Non, non, c'est des disques durs dans des armoires dans un bâtiment, avec un mec qui passe devant toutes les demi-heures pour vérifier que tout va bien, tu vois.

Speaker: Ouais, c'est ouf.

Speaker: Ah mince, je voulais dire un autre truc.

Speaker: Ah, j'ai oublié.

Speaker: Mais ouais, c'est une folie.

Speaker: C'est ça que je me disais, c'est incroyable de voir cette utilisation parallèle et complètement logique et double d'Internet d'être soit le côté terminal d'interaction avec l'autre, et l'autre c'est, bah t'as une utilisation dans ta machine chez toi, et cette utilisation, ces données qui sont là vont avoir une interaction avec d'autres données autre part.

Speaker: Et c'est vraiment intéressant parce que c'est deux philosophies et deux usages tellement différents et tellement liés en même temps.

Speaker: C'est une folie.

Speaker: Oui, et puis c'est vraiment le fait que tu joues à des jeux vidéo et tu as besoin que ton temps de réponse avec le serveur du jeu vidéo soit ultra rapide.

Speaker: Mais on ne se rend pas compte qu'entre toi et le serveur du jeu vidéo, il y a peut-être 40 ordinateurs différents qui vont transiter l'information.

Speaker: Mais elle arrive à faire les retours en 20 millisecondes.

Speaker: des fois c'est assez absurde les vitesses et les capacités qu'on a réussi à mettre au point pour faire fonctionner internet on parle du fait qu'aujourd'hui c'est aussi utilisé pour la bourse en ligne

Speaker: Et il y avait eu cet exemple par exemple de... Oui, ça a changé le monde d'avoir une rapidité là-dedans.

Speaker: On a eu les premiers crashs boursiers grâce à ça.

Speaker: Enfin les premiers crashs boursiers, non, mais les crashs boursiers modernes, il y en a certains qui sont liés à ça.

Speaker: Mais il y avait eu par exemple cet exemple d'une compagnie qui s'était installée dans un immeuble en face de Wall Street pour faire du trading à haute fréquence.

Speaker: Et en fait, les gens de Wall Street, ils ont dit « Ouais, mais en fait, vous, vous êtes beaucoup trop près. »

Speaker: par rapport aux autres personnes, parce que vous êtes littéralement dans le bâtiment d'en face, donc pour tous ceux qui font du trading, ce qu'on appelle à haute fréquence, où ça joue avec des... Achète, vend, vend, vend, achète, vend, vend!

Speaker: Oui, oui, il y a plusieurs milliers d'échanges toutes les secondes, on leur a dit, vu que vous êtes vraiment à côté des serveurs de Wall Street, vous êtes super avantagés.

Speaker: Donc,

Speaker: Tu as des vidéos sur Internet, tu peux le voir, et te montre que dans leur local technique, dans le sous-sol de leur bâtiment, là où ils ont les arrivées des câbles qui viennent de chez Wall Street, il y a des bobines de câbles qui servent juste à créer de la distance.

Speaker: De manière à ce qu'au lieu d'avoir 300 mètres de câbles, il y a une bobine de 5 km de câbles qui simule le fait qu'il soit plus loin.

Speaker: Ça montre l'absurdité d'un système de spéculation.

Speaker: Je suis extrêmement d'accord avec toi.

Speaker: C'est vraiment en mode, mais niquez-vous!

Speaker: Il y avait des arguments aussi à une époque, je ne sais pas vraiment si c'est vrai.

Speaker: C'est genre en mode, on va y avoir de la compétition, mais où est-ce qu'on le fixe?

Speaker: Est-ce qu'on se fait la guerre?

Speaker: Est-ce qu'on fait un match de foot?

Speaker: Est-ce que c'est la rapidité?

Speaker: Et là, c'était juste en mode, ça va juste être la rapidité, parce que la mécanique, c'est acheter et revendre à un autre prix.

Speaker: Ouais, c'est une folie.

Speaker: C'est absurde de fou, quoi.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et ouais.

Speaker: C'était l'histoire d'internet.

Speaker: C'était l'histoire d'internet.

Speaker: Voilà.

Speaker: On a encore du travail à faire, je pense, sur le découpage des épisodes.

Speaker: Mais si vous êtes encore là, j'espère que ça vous a plu et que ça vous a intéressé.

Speaker: En tout cas, moi, j'ai pris beaucoup de plaisir à faire toutes ces recherches pour les présenter.

Speaker: J'espère que tu en as eu autant que moi.

Speaker: C'était un plaisir d'écouter et de réfléchir.

Speaker: Super.

Speaker: Moi, je trouve que c'est important.

Speaker: C'est très intéressant d'imaginer la complexité que ça a. C'est aussi cet outil-là qui a fait une accélération de tellement de choses dans le monde.

Speaker: C'est allé tellement plus vite tout de suite.

Speaker: C'est une folie quoi, c'est une folie.

Speaker: Et de comprendre quelle est sa matière, sa corporalité, ça permet aussi de voir un peu, bah, est-ce que ça peut être un danger ou quoi, et qu'est-ce qu'il y a derrière.

Speaker: Et puis il y a même des idées philosophiques, je trouve, de comment... Enfin, juste de l'usage d'Internet et de quel intérêt ça a d'augmenter l'interconnexion des gens, tu vois.

Speaker: Ouais, fou.

Speaker: Il y avait un truc, c'était un pote qui m'avait dit ça, que je ne me souviens plus du détail, mais c'était un peu en mode, quand la voiture est apparue, avant la distance moyenne qu'on parcourait physiquement c'était 30 mètres, ou je ne sais plus, un truc comme ça, et que ça avait évolué, mais d'une manière absurde avec la voiture, tu vois.

Speaker: Et juste que nos yeux voient plus d'endroits.

Speaker: et on interagit plus avec le monde.

Speaker: Ouais, et puis il y a ce truc aussi que la quantité d'informations que nous on a accès en un an est probablement supérieure à la quantité d'informations que certaines personnes pouvaient rencontrer dans une vie entière.

Speaker: C'est clair, c'est clair, c'est clair.

Speaker: Et pourtant, à travers ça, on reste des bêtes formées d'oubli, et on oublie tout pareil.

Speaker: On reste pareil que nos ancêtres à avoir des... Mais il y a ce truc aussi, vu que l'information est toujours accessible, on n'a plus ce besoin de la retenir.

Speaker: j'ai pas besoin de retenir la date de naissance d'une personnalité ou d'un président parce que de toute façon je fais une recherche sur internet j'ai récupéré sur Wikipédia j'ai l'information tout de suite j'ai pas besoin de la retenir et c'est intéressant toutes ces personnes qui étudient tous ces patterns et comment ça évolue sur notre manière d'aborder l'information de la retenir et de la processer non

Speaker: Mais c'est pour ça que je trouve ça vraiment formidable, Internet.

Speaker: Et là, avec la période actuelle, avec le conflit entre Palestine et Israël, j'entendais des gens qui disaient, là, le plus important, c'est que maintenant, il faut que tout le monde ouvre les pages Wikipédia, il faut que tout le monde s'informe et tout.

Speaker: Et l'accès à l'information, au contexte de ce conflit-là, permet d'avoir une très grande compréhension du monde, ce qui était inaccessible avant.

Speaker: Et on nous impose ça, à cause des médias, on nous impose ça, parce qu'on est dans Internet aussi.

Speaker: On est dans cette ère-là.

Speaker: C'est vraiment fascinant.

Speaker: Ouais.

Speaker: En tout cas.

Speaker: Eh bien, super.

Speaker: Et bien merci à tous, à vous, de nous avoir écoutés.

Speaker: C'était vraiment un plaisir.

Speaker: Comme pour l'épisode précédent, Benoît, les liens sont dans la description.

Speaker: Ouais, les liens, let's go.

Speaker: Ouais, parce que moi j'ai une grosse présence sur le web.

Speaker: Présence artistique principalement.

Speaker: Mais ouais, trop intéressant ce type de discussion.

Speaker: T'as une idée de qui ensuite pour tous les épisodes?

Speaker: Je sais pas encore.

Speaker: Parce que je me suis dit... Parce que moi, le sujet, je trouvais ça très très intéressant.

Speaker: Moi, ça m'émerveille.

Speaker: Et je pense que si tu trouves des gens qui sont émerveillés dans les sujets que tu as, à chaque fois, ça sera tellement cool.

Speaker: C'est pour ça que l'idée, c'est pour chaque sujet, c'est de trouver quelqu'un d'autre.

Speaker: Mais j'ai pas encore trouvé pour le prochain.

Speaker: J'aime beaucoup ton idée d'avoir tout le temps quelqu'un en face de toi pour parler et tout.

Speaker: Même si je t'avoue que le format... À un moment, j'étais vraiment en mode, OK, faut que je me concentre parce que c'est technique.

Speaker: Tous ces trucs et tout, c'est vraiment difficile.

Speaker: Mais trop intéressant, oui.

Speaker: Trop intéressant.

Speaker: Super.

Speaker: Eh bien, merci à vous.

Speaker: On se retrouve une prochaine fois pour un nouvel épisode sur un nouveau sujet.

Speaker: J'espère vraiment que ça vous a plu.

Speaker: Et à la prochaine.

Speaker: Au revoir.

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