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Réseaux d'eau - Partie 2

Infrastructure Décompilée
Infrastructure Décompilée

58 plays · Feb 4, 2024

Et glou et glou et glou Avec Rémy

Transcript

Speaker: Est-ce que c'est bon pour toi?

Speaker: C'est parti!

Speaker: Bonjour!

Speaker: Bonjour!

Speaker: Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Infrastructures Décompilées où on va continuer ce qu'on avait commencé la dernière fois sur les réseaux d'eau.

Speaker: La voix de l'eau?

Speaker: Oh!

Speaker: Pas de référence écologique ici, s'il te plaît.

Speaker: Ah mais, je suis bon, dans ma tête c'était Avatar mais l'autre Avatar.

Speaker: Je pensais que c'était le nom d'une série du dernier mètre de l'air et c'était la voix de l'eau.

Speaker: Ah ben non, c'est l'écologie mais seulement sur les autres planètes.

Speaker: Je me suis dit que ça allait te plaire comme ref et tout, mais moi je l'ai pas vu donc je sais pas.

Speaker: C'est beau quoi Non mais l'autre, le dernier mètre de l'air Ah il est pas sorti encore Ouais mais même la voix de l'eau du coup c'est pas ça Mais il y a une autre série qui va sortir je crois C'est une série ou c'est un film?

Speaker: Ah c'est peut-être un film Je sais plus qui est réel Je suis curieux de voir ce que ça va donner Moi de ouf On va voir

Speaker: Enfin.

Speaker: C'est ça le sujet en plus de ce soir.

Speaker: De toute façon, on ne peut pas être déçu du film précédent.

Speaker: Oui, aujourd'hui on va parler de l'eau, on va parler des films.

Speaker: Alors, comment développer une péloche?

Speaker: Comment l'être humain a développé la maîtrise de l'eau?

Speaker: J'avoue.

Speaker: Bref, j'ai envie de revoir le dessin du livre.

Speaker: On est parti.

Speaker: Je m'appelle Valentin, je suis votre hôte aujourd'hui encore.

Speaker: Avec moi aujourd'hui toujours.

Speaker: C'est moi, c'est Rémi.

Speaker: Incroyable.

Speaker: La dernière fois, on a vu en gros toutes les étapes du cycle de l'eau dans un réseau d'eau.

Speaker: Aujourd'hui on va avancer époque par époque et on va s'attarder sur des petits trucs intéressants que j'ai pioché à chaque époque que je trouvais intéressant en lien avec les réseaux d'eau.

Speaker: On va donc commencer à l'Antiquité.

Speaker: On va parler de Londres, alors.

Speaker: Après.

Speaker: En vrai, je crois qu'on a dit la plupart des choses pour Londres.

Speaker: Ouais, je pense que j'ai l'impression qu'on m'appelle tôt.

Speaker: Ouais, ouais.

Speaker: Non, l'Antiquité, bon, bah, les Grecs, les Romains, on en a parlé.

Speaker: On a parlé du fait qu'il y avait des tuyaux en bois.

Speaker: On a aussi trouvé pas mal de tuyaux en tirecuites.

Speaker: Les tuyaux en plomb, on en a trouvé quelques-uns mais comme je disais c'était surtout pour les joints qu'on utilisait.

Speaker: En fait on avait des tuyaux en tirecuites et on faisait des joints en plomb.

Speaker: Mais on en a quand même trouvé quelques-uns.

Speaker: Le mythe que l'Empire romain s'est effondré parce qu'ils avaient des canalisations en plomb et du coup après quatre siècles ils étaient trop cons à force de manger du plomb.

Speaker: C'est un peu exagéré.

Speaker: C'est un vrai mythe.

Speaker: C'est un vrai mythe.

Speaker: Trop bizarre.

Speaker: Comme ils avaient eu des canalisations en plomb, et que le plomb, sur plusieurs générations, ça rend stupide, en fait, que ce serait pour ça que l'Empire se serait effondré.

Speaker: Ok.

Speaker: C'est un peu tiré par les cheveux.

Speaker: C'est dépolitisant, on va dire.

Speaker: Mais il y avait un truc intéressant, c'est qu'en Grèce, il y avait la cité-état de Mycène.

Speaker: qui était construite un peu dans les terres en hauteur, qui était une ville fortifiée qui a grossi à plusieurs reprises.

Speaker: Alors, on parle de ville de l'époque antique, donc la ville fortifiée a fait, je sais pas, un kilomètre carré, c'est pas gigantesque.

Speaker: Il y a quoi, il y a 500 personnes qui vivent là-dedans?

Speaker: Il devait être 2000 en tout cas.

Speaker: Ah, 2000.

Speaker: Peut-être un peu moins.

Speaker: Mais c'était pas énorme.

Speaker: Elle a grossi à plusieurs reprises la ville avant de complètement être abandonnée.

Speaker: Mais c'est quand même peu de gens malgré tout.

Speaker: C'est une grande cité-état de l'époque, mais il faut comprendre que l'Antiquité, une grande cité-état, c'est pas non plus d'une million de personnes.

Speaker: À notre échelle de nous.

Speaker: Ouais, voilà.

Speaker: Ce qui est intéressant avec la ville de Missan, c'est qu'elle a été construite pour résister à des sièges.

Speaker: Et du coup, dans la ville, il y avait une citerne.

Speaker: d'une capacité incroyable de 5 mètres cubes mais qui avait quand même pour particularité du fait qu'elle était alimentée par un ruisseau qui passait à une centaine de mètres de la ville et du coup il y avait une dérivation du ruisseau faite dans des tuyaux en terracotta enterrés qui venait alimenter la citerne et ensuite tu avais un escalier d'une centaine de marches

Speaker: un peu moins, qui permettait d'accéder à la citerne depuis l'intérieur de la ville fortifiée.

Speaker: Pour aller chercher de l'eau.

Speaker: Et j'imagine que c'était en mode top secret, ils vont venir nous assiéger, mais ils se rendent pas compte qu'en fait, on a de l'eau qui arrive.

Speaker: C'est ça.

Speaker: C'est trop cool.

Speaker: Donc, il y avait quand même déjà, à l'époque, on était capable, tu vois, de...

Speaker: Il y avait des puits, c'était un peu archaïque, par rapport à nous aujourd'hui forcément, mais il y avait ce truc de, quand on veut faire de l'infrastructure défensive, qui était la seule réelle infrastructure de l'époque, on sait faire, on peut mettre les moyens, on est capable de faire 100 mètres de canalisation pour une citerne creusée dans la roche.

Speaker: C'est vrai, c'est vrai.

Speaker: Et c'est aussi à cette époque là qu'est apparue la fameuse théorie des miasmes.

Speaker: Parce que notre grand Hippocrate, c'est lui qui l'a théorisé, en partie.

Speaker: Enfin la base de ça quoi.

Speaker: Donc ça vient de là.

Speaker: Parce que je suis en train de dire qu'en fait on a déjà tout dit là dessus la dernière fois, donc pas besoin d'aller plus loin.

Speaker: Du coup c'est le roi des médecins quoi qui a découvert ça, enfin qui a inventé ça.

Speaker: Oui, c'est médecine, médecine.

Speaker: Ah bah oui, écoute.

Speaker: T'as-tu fait à saigner ce matin?

Speaker: Il faut le temps que la science se fasse.

Speaker: Mais sinon, on arrive tout de suite aux Romains, qui eux ont quand même de l'infrastructure stylée.

Speaker: Notamment, les Romains étaient devenus très très bons dans tous les concepts d'acduc.

Speaker: Oui, bah oui.

Speaker: Un acduc ne veut pas dire que c'est un pont.

Speaker: Oui, pardon, moi je vois ça.

Speaker: Oui, mais moi, tout le monde me dit un act-duque, je suis là en mode, ah oui, le viaduc de Garabie.

Speaker: Oui, c'est ça.

Speaker: Le pont du Gard, c'est quand même beau.

Speaker: C'est ça, mais en fait, quand c'est aérien, c'est un viaduc?

Speaker: Si je dis pas de bêtises, sinon ce sont des souterrains, mais qu'en fait un aqueduc c'est juste quelque chose qui transporte de l'eau.

Speaker: Moi je sais que le choc, ma réalisation que, oh mon dieu, c'est pas un pont en pierre, c'est quand il y avait la ville de Montréal qui parlait du fait qu'ils remplaçaient les canalisations d'eau, et qu'ils parlaient d'aqueduc en fait.

Speaker: Oui, bah oui, en fait c'est des tuyaux quoi, ça te déplace de l'eau, c'est un aqueduc quoi.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Les Romains, ils étaient très bons sur les aqueducs, ils en ont fait des centaines de kilomètres.

Speaker: C'est une agrée.

Speaker: Et à Londres, à Londres,

Speaker: à Rome au pic de la Rome antique il y avait 11 agducs qui amenaient de l'eau dans la ville ok mais toujours pas de pont si si si avec des ponts des souterrains des trucs qui vont dans la vallée des siphons inversés ok c'est les vases communicants comme ça des siphons inversés il y a eu aussi à certains endroits on a vu l'utilisation de vis d'archimède ok

Speaker: C'est le fait d'avoir comme une grosse vis qui tourne sur elle-même et qui fait monter de l'eau.

Speaker: Il n'y en a pas beaucoup parce que ça demande de l'énergie pour fonctionner.

Speaker: C'était des pélos qui couraient derrière, j'imagine?

Speaker: Non, mais je crois qu'il y avait un truc que tu le faisais à la main, mais c'était uniquement au centre de puits.

Speaker: Je n'ai pas trop compris, mais j'ai vu que c'était mentionné.

Speaker: Après les aglucs, il y avait ce truc de... C'était quand même un truc très important dans l'Empire romain.

Speaker: Dans le sens où tu avais des droits d'eau qui pouvaient être donnés.

Speaker: Et en fait, par exemple, toi tu es un notable du monde romain, tu as rendu service à l'Empire.

Speaker: L'Empire va te donner un droit d'eau.

Speaker: Donc c'est une quantité d'eau que tu as le droit de tirer d'un agluc.

Speaker: Un bourgeois antique quoi.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et en fait ça te donne le droit à là où tu habites.

Speaker: d'aller chercher de l'eau à l'acduc pour avoir de l'eau directement chez toi.

Speaker: C'est l'apparition de l'eau courante.

Speaker: Waouh, mais c'était conditionnel quoi.

Speaker: C'était conditionnel et généralement les droits d'eau... Mais ils avaient quand même la possibilité de faire de l'eau courante ce style.

Speaker: l'eau arrivait à domicile.

Speaker: Tu pouvais avoir une petite fontaine dans ton patio, des trucs comme ça, t'as pas le robinet au-dessus de la cuisine.

Speaker: Mais t'avais quand même cette idée de amener l'eau au domicile des gens, et pas juste à la fontaine, aux fontaines ou aux trucs comme ça.

Speaker: Pas marcher avec le peuple, avec ton seau dans la fontaine.

Speaker: Ça ne s'agirait pas de mélanger les classes sociales.

Speaker: Ah non, ça ne manquerait plus que ça.

Speaker: On va avoir...

Speaker: Et même dans la conception des acducs, il y a les acducs souterrains qui passent sous des collines, des choses comme ça, il y a les acducs aériens sur des ponts, mais il y a aussi des acducs au niveau du sol qui vont être recouverts de terres cuites, des choses comme ça pour les protéger des éléments.

Speaker: Et il y avait des choses qu'il était interdit de faire quoi que ce soit sur le tracé d'un acduc.

Speaker: C'est-à-dire que si le tracé passait au milieu d'un champ, l'agriculteur n'avait pas le droit d'exploiter la terre juste à côté de l'acduc.

Speaker: Parce qu'on avait trop peur.

Speaker: Trop peur de l'abîmer, genre?

Speaker: Ouais, de l'abîmer et qu'il y ait des choses qui tombent dedans.

Speaker: Forcément.

Speaker: C'était vraiment très très très important et très sérieux, en fait.

Speaker: Même si ça s'étendait à des dizaines de kilomètres à l'extérieur de la ville, c'était quand même important et on faisait attention.

Speaker: C'est logique, en vrai.

Speaker: Non, non, c'est quand même un bon col.

Speaker: Ouais, non, vraiment.

Speaker: Mais c'est ça.

Speaker: Déjà, à l'époque, il y a des problèmes de...

Speaker: Il y a des personnes qui allaient choper de l'eau dans les act-ducs alors qu'ils avaient pas le droit de le faire.

Speaker: Ouais.

Speaker: Tu sais, des personnes qui venaient brancher leur tuyau sur la rigole pour choper de l'eau, ce genre de choses.

Speaker: Les gens essaient de boire, quoi.

Speaker: Ils osent.

Speaker: Ils osent, quoi, la honte.

Speaker: Et t'avais aussi, déjà, à l'époque, des trucs de... Une fontaine était construite pour un act-duc, puis en fait, on en crée un autre, et du coup, on va changer... La fontaine va être toujours là, mais on va brancher un autre act-duc à la place.

Speaker: Puis il y a des notions aussi de quel act-duc amène l'eau la plus pure...

Speaker: parce que toutes les sources d'eau ne sont pas nées égales.

Speaker: Et du coup, il y a aussi ces notions de pureté de l'eau qui n'est pas la même d'un acduc à l'autre dans la ville de Rome.

Speaker: Il y a des notions de ça.

Speaker: Il y a des notions aussi de rerouter de l'eau constamment.

Speaker: Il y a vraiment un réseau de distribution de l'eau dans la ville de Rome qui est quand même poussé pour...

Speaker: ce à quoi on pourrait s'attendre aujourd'hui.

Speaker: Ouais.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais c'est à peu près ça, après.

Speaker: C'est quand même cool, mais il n'y a pas non plus des milliards de choses à dire.

Speaker: Après, sur le concept, le concept est simple, c'est juste très bien fait dans la réalisation, mais ça reste à portée de l'eau, quoi.

Speaker: Et puis il y a surtout que... Il n'y a pas d'ennigrer les romains.

Speaker: Jusqu'à...

Speaker: La Renaissance, les Romains, c'est à peu près le seul peuple au nord de la Méditerranée qui va mettre de l'effort dans un réseau d'approvisionnement en eau potable et de gestion des eaux usées derrière.

Speaker: Les seuls comparables après le monde romain, ça va être tout le monde arabe.

Speaker: Au sud de la Méditerranée, du coup, et à l'Est.

Speaker: Parce que, à l'inverse de l'église catholique qui dit « Tuez les autres, tuez les hérétiques », l'islam porte l'importance sur la propreté de l'eau et sur l'hygiène personnelle.

Speaker: On parle notamment des ablutions.

Speaker: Et en fait, le fait que pour pouvoir performer certains rituels, il faut que tu aies atteint le tahara, qui est la pureté en arabe.

Speaker: La prononciation est horrible, je suis désolé, excusez-moi.

Speaker: Mais c'est un état de pureté qui est nécessaire pour effectuer certains rites.

Speaker: Donc on veut que les gens soient propres.

Speaker: Le fait que l'eau soit disponible en quantité suffisante pour pouvoir se rincer, se laver, faire des ablutions est vraiment important dans la culture des civilisations arabes.

Speaker: Et ça va faire que toutes ces villes vont mettre une importance bien plus importante sur leur réseau d'eau jusqu'à la Renaissance, à l'inverse du monde occident.

Speaker: européen, classique, ou à partir du Moyen-Âge, on s'en fout, c'est beaucoup moins important.

Speaker: Ouais, ouais, ouais.

Speaker: Ça me fait rire, ça me fait penser près de... Enfin, dans le Pas-de-Calais, près de chez mes grands-parents, il y a la chapelle de Sainte-Gaudelaine.

Speaker: C'est ma grand-mère qui m'emmenait là.

Speaker: Et en fait, c'est genre un truc du Moyen-Âge, je sais pas trop de quelle année ça date, mais juste une dame qui creusait, qui creusait, et elle a trouvé de l'eau, et genre son... Elle était aveugle, un truc comme ça, et du coup, l'eau lui a rendu la vue, lui aurait rendu la vue.

Speaker: Et donc du coup cette source d'eau, elle est toujours là mais il y a une chapelle autour et c'est de l'eau bénite et donc du coup tu peux pas l'utiliser pour la consommation des gens du village c'est vraiment... bah ils ont privatisé entre guillemets la source parce que du coup on a mis la chapelle autour parce que c'est de l'eau magique genre.

Speaker: C'est comme Lourdes hein.

Speaker: Ouais comme à Lourdes tu vois.

Speaker: Et déjà je trouve ça abusé tu sais c'est comme bah l'eau il y en a pas pour tout le monde c'est pas illimité et tout et on va encore réussir à la privatiser l'eau au nom de la religion.

Speaker: Oui mais c'est pour dieu

Speaker: Ouais mais bon on a pas envie que tous les aveugles soient guéris Moi j'ai toujours souvenir Elle est sympa le parc et tout et la chapelle c'est mignon Moi j'ai souvenir quand j'étais au catéchisme On nous avait montré un dessin animé sur la sainte de Lourdes Là j'ai oublié son nom Et il y a ce truc de à un moment à découvrir une source d'eau qui guérit tout C'est la source de Lourdes Et genre dans le dessin animé elle est en train de creuser Elle est à genre

Speaker: 4 mètres d'un cours d'eau.

Speaker: Et à Creuse, il y a de l'eau qui sort et tout le monde est là en mode « Oh, c'est un miracle!

Speaker: » Et aller sur un banc de terre à 4 mètres de la rivière, et j'ai vraiment ce souvenir de « Bah, oui.

Speaker: » « Oui?

Speaker: » « Oui!

Speaker: » Mais ouais.

Speaker: Euh...

Speaker: Ouais, et du coup, par exemple, là, ce qu'on disait dans l'eau pour l'islam, on parle, par exemple, de Bagdad, la capitale du califat de Abbasid.

Speaker: Bagdad, c'est une ville qui mériterait qu'on passe 10 heures à juste en parler.

Speaker: Parce que, historiquement, c'est tellement intéressant, tout ce qui s'est passé à Bagdad.

Speaker: Trop cool.

Speaker: Entre le 8e et le 13e siècle, à Bagdad, on dénombrait 65 000 bains.

Speaker: C'est une des premières villes à atteindre un million d'habitants si je dis pas de bêtises.

Speaker: Il y avait aussi un système d'égout qui était déjà présent et qui fonctionnait parce qu'avec tous les bains il fallait que l'eau se circulait.

Speaker: Et en fait tout au long du Moyen-Âge, toutes les villes du monde islamique avaient un système d'approvisionnement en eau et en évacuation bien plus avancé que les vicétés européennes.

Speaker: Les guides de voyage de l'époque, parce que ça existait,

Speaker: Ils incluaient la qualité des bains publics dans leur notation des villes.

Speaker: Ok.

Speaker: Dans le guide du routard de l'époque.

Speaker: Dans tous les pays arabes.

Speaker: Parce que ça faisait partie de ton tourisme.

Speaker: Trop marrant.

Speaker: Petit apparté sur les guides de tourisme.

Speaker: Bah ouais, mais ouf.

Speaker: Attends, parle-en.

Speaker: Il y avait des bourgeois, en fait, qui voyageaient.

Speaker: Et quand ils revenaient, ils écrivaient des bouquins pour dire ce qu'ils avaient vu.

Speaker: Et ça devenait des guides de voyage.

Speaker: Trop marrant.

Speaker: Ce qui est intéressant, c'est qu'il y en avait qui écrivaient des guides de voyage, mais qui voyageaient pas

Speaker: qui disait je suis pas allé là-bas mais voilà ce que j'aurais pu y voir

Speaker: Et ça parle de, par exemple, les jardins suspendus de Babylone.

Speaker: L'origine de la légende, c'est un guide de voyage.

Speaker: Alors, c'est pas des guides de voyage comme le routard aujourd'hui avec des petites étoiles.

Speaker: C'est des romans.

Speaker: Oui, j'imagine que c'est un journal intime, en fait.

Speaker: C'est plus ça, où la personne note ses observations au fur et à mesure.

Speaker: Le mec qui a noté ses... Les observations les plus anciennes qu'on a des jardins de Babylone, c'est un type qui a jamais mis les pieds à Babylone.

Speaker: Il parle du fait que quelqu'un lui a raconté avoir vu des choses à Babylone.

Speaker: Super.

Speaker: Donc, c'est...

Speaker: quand même des pincettes.

Speaker: Donc tu vois, les 65 000 bains de Bagdad, oui, il y en a plein, mais il n'y en a peut-être pas 65 000.

Speaker: 60 000 bains pour un million d'habitants?

Speaker: J'avoue, j'espère qu'il y en a au moins 65 000.

Speaker: Après, tu te dis que c'est des bains qui servent surtout à des rituels, donc c'est des bains qui sont partagés par plein de personnes, qui servent de bains publics au final.

Speaker: Mais les guides de voyage à l'époque, c'est intéressant, et il y en a plein qui ont été écrits par des gens qui n'ont jamais voyagé.

Speaker: D'accord.

Speaker: C'est, ah ben on m'a raconté des choses sur Berlin, voilà comment à quoi ça ressemble.

Speaker: J'ai pas trouvé ça ouf.

Speaker: Ouais.

Speaker: Aujourd'hui au moins t'as des images, tu peux faire semblant un peu plus.

Speaker: Tu vas voir Bagdad sur Google Maps, tu te dis ouais.

Speaker: J'avoue.

Speaker: Ouais, c'est une ville très pixelisée.

Speaker: Alors, on arrive, 3ème, 4ème siècle, chute de l'Empire romain.

Speaker: Chute de l'Empire romain.

Speaker: À cause du plomb, on a dit, du coup.

Speaker: Exactement.

Speaker: Alors, à ce moment-là, on va parler de changement dans les priorités des civilisations.

Speaker: parce que j'ai vu des textes qui parlent de régression dans les techniques d'amélioration de l'eau et je sais que si je dis sérieusement qu'il y a des régressions je vais avoir tous les moyenagistes qui vont me tomber dessus à juste titre moi aussi je vais crier donc voilà mais ouais on parle du fait que c'est pas qu'on a perdu les connaissances c'est juste qu'on n'y apportait pas le même intérêt ouais c'est ça

Speaker: Et quand Rome construisait des canaux spécifiques pour évacuer les eaux usées, en Europe on va juste prendre les petites rivières et les petits canaux existants et les transformer en égouts à ciel ouvert.

Speaker: Ce dont on parlait déjà.

Speaker: La rivière Flit à Londres justement, qui sert aujourd'hui d'ailleurs, encore aujourd'hui, à transporter les eaux usées.

Speaker: à Paris en 1370 on va recouvrir la rigole qui sert à évacuer les eaux usées de la rue Montmartre à Paris et du coup c'est un des premiers égouts souterrains de la ville en sachant qu'à ce moment là le but c'est pas d'avoir

Speaker: une séparation pour des raisons d'hygiène.

Speaker: C'est vraiment purement pour les odeurs.

Speaker: Oui, ok.

Speaker: Ce qui va ensemble quand même un petit peu, mais c'est juste... Au Moyen-Âge, en Europe, la gestion des égouts, c'est pas parce que c'est sale, c'est parce que ça pue.

Speaker: C'est purement ça.

Speaker: C'est bien.

Speaker: C'est quand même un bon début.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Qu'est-ce qu'on a raté aussi?

Speaker: Ah oui, il y avait les Incas.

Speaker: On a retrouvé au Machu Picchu.

Speaker: Tout un réseau de fontaines dans des conduites en pierre.

Speaker: En fait, l'eau était récoltée en eau par accumulation, que ce soit de la pluie, que ce soit bruscellement et tout.

Speaker: Et en fait, tu avais des petits ruisseaux.

Speaker: Enfin, des petites... Des gouttières.

Speaker: Des petites gouttières en pierre, merci.

Speaker: Au sol.

Speaker: En fait, qui canalisaient l'eau au sol, qui la faisaient...

Speaker: qui la faisait descendre, à tomber dans des petits bassins, puis ensuite ça reprenait dans un conduit similaire, un autre petit bassin, et en fait ça faisait des enchaînements en marche, qui descendaient une partie de la ville.

Speaker: Ouais, je veux dire, au Machu Picchu ça devait être un délire l'eau, parce que c'est très vallonné et très en hauteur.

Speaker: Ils sont déjà tout en haut.

Speaker: Mais du coup on a retrouvé des traces de petits réseaux de fontaines comme ça, dans des conduites en pierre.

Speaker: Et on en a vraiment retrouvé partout, et ce qu'on a mentionné aussi avant, tu vois, c'était les...

Speaker: les puits à escaliers où en fait on creuse des grands trous dans le sol sur le profond, les quatre murs c'est des escaliers et on descend chercher l'eau qui s'accumule au fond qui a aussi pour avantage de collecter les eaux de pluie dans des régions arides c'est quand même pratique de pouvoir collecter ça

Speaker: Mais après, comme on avait déjà dit, ça reste très stagnant tout le Moyen-Âge.

Speaker: Et c'est vraiment à partir de la Renaissance qu'il commence à nouveau à se passer des choses.

Speaker: Parce que l'urbanisation des villes, parce que l'industrialisation, parce que l'évolution des technologies.

Speaker: Fin du XVIe siècle, à Londres, on a le tout premier réseau d'eau alimenté par des pompes.

Speaker: à grande échelle, pas juste quelques bâtisses ou une usine.

Speaker: On arrive à récupérer de l'énergie hydraulique de la Tamise qui actionne des pompes.

Speaker: Ah, c'était ça ma question.

Speaker: C'était comment fonctionnent les pompes?

Speaker: C'est grâce au courant.

Speaker: Le courant actionne des pompes, enfin, actionne des roues qui actionnent des pompes.

Speaker: En fait, on a repris le principe déjà des premiers... pas des usines, mais des premiers...

Speaker: ateliers qui allaient exploiter le moulin en fait.

Speaker: C'est des moulins en fait.

Speaker: Des moulins à eau.

Speaker: Euh...

Speaker: Mais il y a surtout, en fait, un truc qui apparaît, c'est qu'on arrive dans ce qu'on appelle l'ère des brevets.

Speaker: Ok.

Speaker: Et qu'avec l'ère des brevets, on peut tracer l'évolution des technologies.

Speaker: Ah ouais.

Speaker: Donc à partir du fin du 18e siècle, on commence à avoir vraiment un historique plus précis de l'évolution des technologies liées à l'eau.

Speaker: Et quand on parlait de brevets, il y avait déjà ce truc de c'est moi qui l'ai inventé, c'est moi qui le fais?

Speaker: Ouais.

Speaker: Ok.

Speaker: Et si tu veux le faire, il faut que tu me payes.

Speaker: Ok.

Speaker: Ok.

Speaker: C'était pas juste pour l'archivage?

Speaker: Non, purement économique.

Speaker: Ah, super.

Speaker: Ah bah non!

Speaker: En Écosse, en 1804, il y a une première expérimentation de filtration d'eau publique.

Speaker: Où l'eau qui sert à approvisionner la ville, les différents puits, fontaines, va passer par des filtres avant.

Speaker: Et du coup c'est fait à l'échelle de la ville.

Speaker: C'est en Ecosse, on n'a jamais vu ça avant, c'est tout nouveau.

Speaker: Ça peut être donné des idées à d'autres, on ne sait pas.

Speaker: Ouais, probablement.

Speaker: Arrivée de l'ère industrielle, accroissement de la densité dans les villes, surtout.

Speaker: C'est pas juste qu'il y a plus de monde dans les villes, c'est que les villes sont plus denses.

Speaker: Il y a plus de monde dans une même surface.

Speaker: En plus de petits endroits, ouais.

Speaker: A ce moment là, toujours les fontaines, 18ème siècle, c'est les fontaines qui reçoivent de l'eau, les gens vont puiser dans les fontaines, les fontaines reçoivent de l'eau par les acducs.

Speaker: A Paris, à cette époque, une grosse partie de l'eau vient de la Seine, qui était déjà polluée par les rechets, pardon, des industries, telles que les tanneries.

Speaker: Forcément.

Speaker: Donc il y avait déjà ce truc de « on boit l'eau de la Seine » et en fait les parisiens... En fait le fait que les villes à cette époque avaient vraiment cette réputation d'être insalubres et pleines de maladies et tout ça, c'est parce que les gens buvaient l'eau des rivières qui étaient là, qui servaient aussi de rejet pour les usines.

Speaker: Et en fait les gens étaient constamment malades parce que tu bois les produits chimiques utilisés dans les tanneries, dans les machins, dans les... ça vient de là en fait.

Speaker: C'est terrible hein, c'est terrible.

Speaker: Ouais ouais, c'était vraiment intense.

Speaker: et moi la question que je me suis posée c'est ok mais tu sais dans une ville il y a plein de monde il y a des fontaines pour prendre de l'eau tu sais mais tout le monde va pas à la fontaine enfin tu sais il y a quand même des centaines de milliers de personnes déjà à cette époque c'est des villes de 200 000 personnes oui c'est déjà plus complexe ouais

Speaker: Et en fait, il y avait ce qu'on appelait les marchands de rue.

Speaker: Et on va dénombrer à l'époque plus d'une centaine de métiers différents de marchands de rue.

Speaker: C'est des métiers qui sont apparus avec le grandissement des villes et qui n'existent que dans les villes.

Speaker: Par exemple aussi.

Speaker: Donc on va parler par exemple des laitières.

Speaker: C'est les femmes qui vendent du lait.

Speaker: On a les arracheurs de dents.

Speaker: On a les vitriers, les aiguiseurs de couteaux.

Speaker: Tous ces métiers qui en fait n'existent que dans la rue.

Speaker: Avec des personnes qui se déplacent et tout ça.

Speaker: Et parmi tout cela, on trouve les porteurs d'eau.

Speaker: Ok, ouais c'est ça.

Speaker: Et les porteurs d'eau, ils vendent de l'eau à domicile.

Speaker: Ok, donc ils te la livrent en fait.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et c'est leur responsabilité de monter les étages.

Speaker: Forcément.

Speaker: Jusqu'au logement des acheteurs.

Speaker: Oh là là, le métier est fou.

Speaker: Ouais.

Speaker: Alors c'est un métier qui est encadré.

Speaker: Ok.

Speaker: C'est-à-dire qu'ils payent un droit à la ville pour puiser de l'eau dans les fontaines.

Speaker: Ok.

Speaker: Parce que les gens payent des impôts à la ville.

Speaker: Pour avoir de l'eau.

Speaker: Qui sert à payer les fontaines.

Speaker: Ouais, ouais.

Speaker: Donc eux qui puisent dedans doivent aussi payer à la ville.

Speaker: C'est logique.

Speaker: Et ils sont enregistrés auprès de la police.

Speaker: Parce que... Ils ont une réputation de merde.

Speaker: Y'a des vols d'eau, j'imagine.

Speaker: Non, mais ils sont considérés comme feignants.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Et nuisibles.

Speaker: Mais ils ont l'air d'avoir le pire métier, ils montent les escaliers pour les gens.

Speaker: Ouais, mais tu comprends, pour annoncer qu'ils sont dispo et qu'ils sont prêts à donner de l'eau, ils crient dans les rues.

Speaker: Ah là là, les petits cons, hein.

Speaker: Ouais, hein.

Speaker: Euh... C'est aux arracheurs de dents d'avoir mauvaise réputation, pas aux gens qui livrent de l'eau.

Speaker: Généralement, ça fonctionne quand même par abonnement.

Speaker: C'est-à-dire que t'as ton livreur d'eau à ton...

Speaker: Tu lui donnes de l'argent au début du mois.

Speaker: À cette époque, on estime que le salaire de deux journées de travail est nécessaire pour acheter un mètre cube d'eau et te le faire livrer.

Speaker: Ok, ah oui.

Speaker: C'est quand même beaucoup trop cher.

Speaker: C'est quand même cher.

Speaker: C'est-à-dire que tout le monde ne peut pas se les payer.

Speaker: C'est vraiment pour les petits bourgeois.

Speaker: C'est, ouais.

Speaker: Ok, ok, ok, ok.

Speaker: Les femmes de chambre ne payent pas des porteurs d'eau pour elles-mêmes.

Speaker: Bon, voilà, c'est ça.

Speaker: C'est des merdes.

Speaker: Ouais.

Speaker: Au 18e siècle, à Paris, c'est 20 000 porteurs d'eau.

Speaker: Ça devait être trop chiant.

Speaker: Pour 700 000 habitants.

Speaker: Combien t'as dit, 20 000?

Speaker: Au 18e siècle, Paris, 700 000 habitants, 20 000 porteurs d'eau.

Speaker: Ah ouais?

Speaker: Ouais.

Speaker: Et il y avait tout un truc de... À une époque, ils livraient aussi de l'eau chaude pour les bains.

Speaker: Donc, ils devaient la monter tout en haut.

Speaker: Ils devaient attendre à l'extérieur de l'appartement que la personne prenne son bain pour ensuite récupérer l'eau et la jeter dehors.

Speaker: Ok, d'accord, ouais.

Speaker: Ah c'est mon saut en fait!

Speaker: Ouais!

Speaker: Et il y avait aussi après, tu vois, quand l'eau... En fait il faudra attendre, pour Paris en tout cas, il faudra attendre les travaux haussmanniens.

Speaker: Pour qu'on commence à avoir un début de démocratisation de l'eau courante.

Speaker: C'est l'apparition des panneaux eau-gaz à tous les étages.

Speaker: Ah oui, j'avoue!

Speaker: En sachant que ça ne veut pas dire forcément qu'il y avait l'eau...

Speaker: dans l'appartement.

Speaker: Ça pouvait prendre la forme de bac sur les paliers.

Speaker: Parce qu'à ce moment-là, on commence à avoir de l'eau courante, mais on a très peu de pression.

Speaker: Parce que oui, on a des châteaux d'eau en hauteur, mais le problème, c'est que pour avoir une pression jugée satisfaisante en France aujourd'hui, on considère qu'il faut 3 barres de pression au robinet.

Speaker: Si tu veux 3 barres de pression au rez-de-chaussée, il faut qu'il y ait une différence de niveau de 30 mètres.

Speaker: Parce que 10 mètres par barre.

Speaker: Ok.

Speaker: Ah ouais.

Speaker: Donc, si tu prends des bassins qui sont placés sur la butte Montmartre ou au sud de Paris où il y a un peu de relief, tu arrives à avoir des dénivelés au rez-de-chaussée qui sont intéressants.

Speaker: Ok.

Speaker: Mais dans les étages, pas du tout.

Speaker: Ce qui se passe, c'est qu'on va avoir des bassins, des bassines dans les étages des immeubles

Speaker: qui vont récupérer de l'eau qu'on peut remplir avec l'arrivée de l'eau courante pour remplir ses bassines mais quand c'est dans les étages bah du coup ça remplit tout doucement ouais bah ouais du coup c'est chiant et du coup c'est chiant parce que généralement bah y'a quelqu'un qui oublie de la remplir ou quoi et en fait ton voisin il a pris de l'eau et toi tu veux de l'eau faut que t'attendes 25 minutes tu vois aïe aïe aïe c'est déjà mieux qu'aller chercher la fontaine je suis d'accord mais ça reste encore bah on est encore à attendre pour de l'eau

Speaker: Et qui est quand même quelque chose qui, économiquement parlant, n'est pas bon pour la société.

Speaker: Mais on a quand même de l'amélioration qui se fait de « Ah oui, l'eau est chez moi quand même.

Speaker: » C'est ça.

Speaker: Et puis c'est surtout qu'en fait, avec les villes, on a vraiment pris conscience que

Speaker: rendre l'accès à l'eau pas une question.

Speaker: Le rendre évident et le faciliter le plus possible.

Speaker: On se rend compte que c'est utile.

Speaker: Bah oui, c'est évident.

Speaker: Et donc ça va commencer à switcher par là.

Speaker: En 1940 en France, c'est 30% des foyers qui ont l'eau courante.

Speaker: C'est déjà beaucoup.

Speaker: On estime que les derniers foyers ont été raccordés en France dans les années 80 à l'eau courante.

Speaker: C'est très tard.

Speaker: L'électricité, je crois que c'est début 2000 les derniers logements en France.

Speaker: Pardon?

Speaker: Ouais.

Speaker: Après y avait des réfractaires.

Speaker: Non, non, je sais bien, je sais bien.

Speaker: On se rend pas compte.

Speaker: Y a des amiches en France?

Speaker: Bah y a des amis, oui.

Speaker: Non, y a pas d'amis, je crois pas.

Speaker: Y a peut-être des communautés.

Speaker: Y a peut-être des amiches.

Speaker: J'avoue, y a peut-être une petite communauté qui traîne quelque part.

Speaker: Ok, ouais, putain, 2000, pas d'électricité en 2000, quoi.

Speaker: Mais c'était genre, il devait rester 4 maisons.

Speaker: J'imagine bien, j'imagine bien.

Speaker: Mais ouais, mais c'est vraiment ce truc de...

Speaker: Bah c'est arrivé... J'y pense là.

Speaker: Mais tu sais, du jour au lendemain, je sais pas si du jour au lendemain, mais tu sais, t'habites quelque part, et deux ans plus tard, t'es au même endroit, mais il y a de l'électricité et de l'eau courante, tu sais.

Speaker: Le changement de vie que ça fait.

Speaker: En vrai, le fait de pas avoir de robinet, d'aller chercher des bacs, et dans ce coup, tu le lâches chez toi, ça va être... Waouh.

Speaker: La génération de nos grands-parents, ils ont tellement vécu des changements dans leur vie.

Speaker: Mais ouais, et... Ouais.

Speaker: Mais ce qu'on voit, c'est que le passage d'aller chercher de l'eau à la fontaine et avoir de l'eau au robinet,

Speaker: C'est vraiment quelque chose qui a été déclenché par les grands travaux d'urbanisation de la fin du 19ème, début du 20ème, où les grandes capitales du monde se sont rendues compte qu'on ne peut pas rester insalubre.

Speaker: Parce que ce n'est pas tenable, il faut faire des travaux, et ça a donné ça.

Speaker: À Paris, aujourd'hui, il y a, si je ne fais pas de bêtises, six énormes bassins.

Speaker: en périphérie de la ville, dans la ville mais en périphérie, qui collecte l'eau avant de la distribuer dans les réseaux.

Speaker: Pour assurer, je crois que Paris a quelque chose comme 36 heures d'autonomie en eau si demain toute l'alimentation a été coupée.

Speaker: Pour tout le monde.

Speaker: Ce n'est pas beaucoup mais c'est quand même bien.

Speaker: C'est déjà ça.

Speaker: Puis il y a surtout aussi qu'avec l'évolution du temps, on consomme de plus en plus d'eau.

Speaker: Enfin, c'est des trucs tout cons, mais tu prends des latrines versus des toilettes.

Speaker: Oui, non, c'est bien ça.

Speaker: Les toilettes, c'est 15 litres d'eau à chaque fois, tu sais, ça va vite.

Speaker: Après, jusqu'au retour peut-être des toilettes sèches plus tard, qui sait?

Speaker: Qui sait, peut-être.

Speaker: On aura peut-être la... comment?

Speaker: La sûre courante chez nous pour mettre dans nos toilettes.

Speaker: Non, mais tu vois ce que je veux dire?

Speaker: Ouais, c'est pas con ce que tu dis.

Speaker: Bah ouais.

Speaker: Mais ça fait partie de tout ça.

Speaker: Et moi ce qui me fascine vraiment là-dedans, c'est de se dire qu'en 1940, c'est même pas 30% des foyers en France qui ont l'eau courante.

Speaker: Et que ça arrivait après.

Speaker: Mais c'est ce truc de, bah oui, c'était les bassins dans les étages, c'était les puits, il y a quand même eu cet entre-deux où ça commençait à se démocratiser.

Speaker: Ouais, c'est ça, il y a eu une étape après l'autre.

Speaker: Après 1800 ans de stagnation.

Speaker: Ouais.

Speaker: C'est un peu l'histoire du XXème siècle, j'ai l'impression.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et on arrive à aujourd'hui, puis à 27, puis tu as eu aussi du coup, ça tu te connais mieux que moi, mais tu sais, la mise en place des compagnies d'eau.

Speaker: Oui.

Speaker: La mise en place de tout ça pour gérer en fait, parce que gérer à l'échelle d'une ville, tu peux t'en sortir avec un département, tu vois.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Mais quand tu te retrouves avec des enjeux qui deviennent nationaux, en fait, parce que je pense à toutes les constructions de barrages dans les Alpes et tout ça, qui servent à l'électricité, mais qui servent aussi à l'approvisionnement en eau, d'un seul coup, l'eau peut parcourir des centaines de kilomètres.

Speaker: C'est clair, c'est clair.

Speaker: De ce que j'ai lu sur les compagnies d'eau, ça a commencé comme ça, en mode, bah, t'as la compagnie lyonnaise des eaux, la compagnie parisienne des eaux, etc., qui sont devenues d'autres choses après, quand c'est devenu public, là, l'utilisation de l'eau, tu vois.

Speaker: J'ai pas lu plus que ça sur des trucs, c'est juste que...

Speaker: Certaines grosses entreprises multinationales qu'on connaît aujourd'hui ont commencé en tant que compagnies d'eau.

Speaker: Notamment Suez par exemple, ou Vivendi.

Speaker: Et ça, ça nous amène en fait à notre eau moderne aujourd'hui.

Speaker: Où on a de l'eau aux robinets, on a les naves phréatiques sous la terre, on va chercher l'eau, on a l'évacuation des zones, on a nos grandes stations d'épuration, on a tout ça.

Speaker: et qui marche sans problème, voilà, on a tout dit, tout va très bien.

Speaker: Sans problème, tout va bien?

Speaker: Et ouais, nickel.

Speaker: Y'a pas de problème.

Speaker: Ah, sans problème.

Speaker: Non, non, on a des enjeux aujourd'hui.

Speaker: Au-delà de tout ce qui est entretien du réseau, c'est-à-dire que, comme on l'a dit, l'eau, ça érode.

Speaker: Ou ça fait rouiller.

Speaker: Ou ça rouille, ouais, c'est ça.

Speaker: Donc les canalisations, il faut constamment les entretenir.

Speaker: Les actes d'UQ, généralement, tous les 40-60 ans, il faut les changer.

Speaker: Ouais.

Speaker: On a aussi des questions dans les égouts, ce qu'on disait la dernière fois, le fait de mettre de la graisse dans les égouts, ça peut créer des problèmes.

Speaker: Il y avait eu quelques années, ils en parlaient à Londres, un fatberg, un iceberg de graisse qui s'était formé dans les égouts et qui bouchait des tuyaux.

Speaker: What?

Speaker: Ouais, ouais, ouais, parce qu'on disait que c'était trop de graisse accumulée.

Speaker: Le cholestérol de la ville.

Speaker: Exactement.

Speaker: On a bouché les artères.

Speaker: Non, et puis, je ne suis pas vraiment allé dans les détails, mais en vrai, c'est intéressant, c'est la symbiose des rats dans les égouts.

Speaker: Ok.

Speaker: Le fait que, pourquoi il y a autant de rats dans les égouts?

Speaker: Parce que les rats mangent les déchets dans les égouts.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et en fait,

Speaker: les égouts des grandes villes telles qu'on les connaisse aujourd'hui ne pourraient pas fonctionner sans les rats.

Speaker: Ah parce qu'ils sont nettoyés par les rats?

Speaker: Parce que ouais, les rats éliminent des centaines de tonnes de déchets en fait.

Speaker: Merci les rats!

Speaker: Mais sinon ouais, y a tout l'entretien des égouts qui a lieu constamment, qu'on voit pas, qu'on parle pas, parce que de toute façon c'est moche et ça pue, donc on a pas envie d'en entendre parler, mais c'est là constamment.

Speaker: Aujourd'hui aussi avec... Vas-y?

Speaker: Non, j'allais dire, il y a un petit... Je sais pas, moi quand j'étais petit, j'avais le DVD de Ratatouille.

Speaker: Et dans le DVD de Ratatouille, t'as un bonus qui est un petit documentaire sur les rats.

Speaker: Et à quel point les rats, ils ont été utiles à la civilisation humaine depuis l'Antiquité jusqu'à maintenant.

Speaker: Et du coup, t'as Rémi et son frère qui te racontent ça.

Speaker: C'est trop beau.

Speaker: Ah, je serais chaud de leur voir.

Speaker: Je serais curieux de voir ça aussi.

Speaker: Si vous avez le DVD de Ratatouille chez vous, regardez.

Speaker: Regardez les bonus.

Speaker: En fait, c'est difficile à trouver, je crois.

Speaker: Non.

Speaker: Mais il y a eu les rats qui faisaient ça et en parallèle de ça, on en a un peu parlé, il y a toute la gestion des eaux de pluie, tu sais.

Speaker: Et aujourd'hui, en fait, avec nos villes urbaines, bitumées, bétonnées de partout, on a le problème de l'imperméabilisation des sols qui est que s'il pleut à la campagne,

Speaker: L'eau, elle va dans le sol.

Speaker: Parce que c'est de la terre et ça absorbe.

Speaker: S'il pleut dans une ville, l'eau, elle ne peut aller que dans les égouts.

Speaker: Parce que, à cause du béton, le sol ne peut plus absorber.

Speaker: C'est comme l'économie, ça ne revisselle pas.

Speaker: J'aime beaucoup!

Speaker: Très bien, c'est bon, ça me va!

Speaker: Et en fait, les villes aujourd'hui qui sont de plus en plus grandes... Parce que si ta ville est petite, tu vois, l'eau va couler, tu l'envoies au bord de ta ville, c'est pas très loin, ça va, ça marche, et la surface imperméable est limitée à la surface de ta ville, donc ça va.

Speaker: Sauf qu'aujourd'hui, quand on a des villes comme par exemple, je prends l'exemple de la mégalopole de Tokyo, qui regroupe 33 millions d'habitants sur une surface gigantesque,

Speaker: 50 km pour sortir quoi.

Speaker: C'est ça en fait.

Speaker: Et du coup la surface de collecte de l'eau est aussi énorme.

Speaker: En plus de la distance à laquelle il faut l'emmener.

Speaker: Pour la sortir.

Speaker: Et donc t'as ça, y'a Chicago qui a des problèmes similaires aussi.

Speaker: Paris.

Speaker: Et en fait toutes ces villes ont construit ou construisent en ce moment des immenses bassins souterrains.

Speaker: pour collecter les eaux de pluie en cas de fortes pluies, pour pouvoir créer un buffer et ensuite les expulser.

Speaker: Parce que sinon, ça crée des inondations.

Speaker: En fait, on attend qu'ils fassent secs pour pouvoir les virer.

Speaker: C'est ça, parce que le problème qu'il y a, c'est que les réseaux d'égouts ne sont pas suffisants pour évacuer les fortes crues.

Speaker: Et qu'en plus, il faut trop de temps pour que ça sorte, vu que c'est trop loin.

Speaker: C'est ça, puis Paris, on veut aussi éviter de tout déverser dans la Seine.

Speaker: Parce que tu fais déborder la Seine.

Speaker: Tu fais déborder la Seine et tu balances les égouts dans la Seine quand il y a trop d'eau.

Speaker: Ouais, en plus.

Speaker: Donc à Paris, on a construit des bassins souterrains, en fait, qui servent à récolter les autres pluies souterraines.

Speaker: Pardon, les eaux de pluie en souterrain, en surplus, pour ensuite les évacuer quand il y a moins de demandes en évacuation d'eau.

Speaker: Tokyo, il y a des photos incroyables sur internet du réseau d'évacuation des eaux de pluie.

Speaker: Ce sont des halls immenses où tu pourrais mettre plusieurs terrains de football, qui sont 25 mètres de haut.

Speaker: C'est magnifique.

Speaker: C'est une dingue, ça doit être des... C'est des cathédrales souterraines.

Speaker: Des liminal spaces un peu, genre... Exactement.

Speaker: C'est assez impressionnant et en fait, je trouve que ça met bien en perspective les efforts qui sont nécessaires pour

Speaker: Non, pas ça.

Speaker: Ça met en perspective à quel point nos villes ne font pas de sens telles qu'elles existent aujourd'hui.

Speaker: Oui, c'est vrai.

Speaker: Tout ce qu'on est nécessaire de faire juste pour qu'elles puissent survivre au jour le jour.

Speaker: De ouf.

Speaker: Parce que sinon, on serait constamment inondés.

Speaker: C'est fou.

Speaker: Et du coup, pour revenir à ce que tu disais la dernière fois, le fait que nous, on a un demi-sous-sol avec une salle de bain, quand il y a des grosses pluies, on a des reflux d'eau.

Speaker: C'est quand même bête.

Speaker: C'est con, mais quand c'est une ville où la moitié des logements, on est demi-sous-sol, te dire que ne pas avoir de reflux d'eau dans une salle de bain demi-sous-sol, ce serait quand même le minimum, tu vois.

Speaker: Oui, que tout ça n'est pas naturel, mais on réussit à trouver des façons de rendre que ça marche quand même.

Speaker: Est-ce que ce sera toujours possible?

Speaker: C'est ça la question.

Speaker: À un moment donné, ce sera peut-être plus possible de trouver des solutions pour que la physique et l'univers.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et on va parler de ça, en fait.

Speaker: On va parler des enjeux modernes sur les réseaux d'eau.

Speaker: Oh putain, ça m'angoisse.

Speaker: Oui, angoisse.

Speaker: Qui est que...

Speaker: Les sécheresses et les pénuries d'eau, ça a toujours existé.

Speaker: Il y en a dans toute l'histoire.

Speaker: Oui, c'est normal.

Speaker: Ça a ralenti des civilisations, ça en a fait tomber d'autres.

Speaker: Mais ça a toujours existé, c'est quelque chose qu'on connaît.

Speaker: Et aujourd'hui, quand on construit nos infrastructures, c'est des choses qu'on cherche à prendre en compte.

Speaker: Oui.

Speaker: Parce qu'on sait que ça va arriver.

Speaker: Quoi qu'il arrive, ça arrivera.

Speaker: Le problème, c'est qu'une grosse partie de nos infrastructures ont commencé à être construites au XIXe siècle.

Speaker: Oui.

Speaker: Pour ensuite vraiment avoir été terminées dans les années 50 à 70.

Speaker: Et que jusqu'à ces époques-là, le réchauffement climatique, on ne le savait pas, vu que Exxon ne voulait pas le dire, et qu'il gardait tout pour eux.

Speaker: Putain, les salauds!

Speaker: On aurait pu réagir plus tôt si on avait su!

Speaker: On aurait eu au moins 30 ans d'avance, mais c'est pas grave.

Speaker: On ne l'aurait pas fait.

Speaker: Non, on n'aurait rien fait.

Speaker: C'est sûr.

Speaker: Et en fait, ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'il y a beaucoup de zones dans le monde, notamment des grandes villes, qui voient leur approvisionnement en eau remis en question, en fait.

Speaker: Parce qu'il y a des problèmes, en fait, à ce moment-là.

Speaker: Enfin, on commence à avoir de plus en plus de problèmes, généralement liés au changement climatique, ainsi qu'à leurs évolutions démographiques.

Speaker: J'ai sélectionné quelques exemples.

Speaker: Le premier, c'est la ville du Cap en Afrique du Sud.

Speaker: Il y a une notion pour ce genre de situation, c'est le concept du jour zéro, le zero day.

Speaker: C'est le jour où la ville n'aura plus d'eau, plus d'approvisionnement.

Speaker: Et on peut créer des décomptes par rapport à ça.

Speaker: La ville du Cap en Afrique du Sud,

Speaker: C'est une ville, l'approvisionnement en eau du cap, c'est basé très majoritairement sur la collecte des eaux de pluie.

Speaker: Donc autour de la ville, dans le relief, tu as des bassins de rétention qui sont créés, qui sont là pour collecter les eaux de pluie, et cette eau sert ensuite à alimenter la ville.

Speaker: Ça marche.

Speaker: Le problème qu'il y a eu... Tout va bien tant qu'il pleut, quoi.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Le problème qu'il y a eu, c'est que de 2015 à 2018, il y a eu une importante sécheresse dans la région.

Speaker: En 2014, le niveau moyen des réservoirs qui alimentait la région, c'était de 72%.

Speaker: Ok.

Speaker: On était bien.

Speaker: La sécheresse commence en 2015.

Speaker: Ok.

Speaker: En 2017, le niveau moyen des réservoirs est à 21%.

Speaker: Waouh.

Speaker: En sachant qu'on ne peut pas alimenter la ville s'il y a moins de 13% dans les réservoirs.

Speaker: Ok.

Speaker: À ce moment-là, à partir de 2016, 2017 surtout, quand les niveaux ont vraiment baissé, il y a eu une grosse campagne qui a été mise en place pour « il va falloir qu'on conserve de l'eau ».

Speaker: Il faut qu'on sauvegarde l'eau, ouais.

Speaker: Parce qu'ils ont lancé un décompte jusqu'au jour zéro en disant « à l'heure actuelle, comment on vend les choses?

Speaker: » Avec notre consommation et le climat, la sécheresse en commun, il nous reste tant de jours et on va devoir couper les vannes après.

Speaker: Ça fait si peur!

Speaker: Ouais.

Speaker: Donc ce qui s'est passé, c'est qu'ils ont mis en place une énorme campagne de limitation de la consommation.

Speaker: Ça a commencé par des recommandations aux gens.

Speaker: Éviter de faire ci, éviter de faire ça, on laisse pas couler l'eau quand on fait des choses, tout ça.

Speaker: C'est logique.

Speaker: Certaines de ces recommandations sont ensuite devenues des restrictions.

Speaker: J'imagine.

Speaker: Au plus fort de la crise, on a limité la consommation d'eau par personne à 50 litres.

Speaker: Par jour?

Speaker: Par jour.

Speaker: En France, on estime qu'un Français moyen, et en Europe c'est à peu près la moyenne européenne aussi, consomme 150 litres d'eau par jour.

Speaker: Là, on parle de la consommation par personne.

Speaker: Vraiment, c'est la consommation personnelle.

Speaker: Parce que tu peux trouver des statistiques de consommation par personne, mais qui incluent aussi les consommations industrielles.

Speaker: Là, on parle vraiment de la consommation personnelle.

Speaker: Par les gens, ouais.

Speaker: Et en fait, tu prends une douche, c'est 60 litres d'eau en moyenne.

Speaker: C'était ça ma question, j'allais dire, j'ai pas l'impression d'utiliser 150 litres d'eau dans ma... Mais en fait, une chasse d'eau, c'est 15 litres d'eau.

Speaker: Une douche, c'est 60 litres d'eau.

Speaker: Tu vas 4 fois aux toilettes dans ta journée, tu prends une douche, t'as déjà fait 120 litres.

Speaker: Ouais, tu fais la lessive.

Speaker: Tu fais une lessive, tu rajoutes 10 litres.

Speaker: Tu fais la vaisselle à la main, tu rajoutes 12 litres.

Speaker: C'est une dingue.

Speaker: Ça va très très vite.

Speaker: Ça te fait trop peur.

Speaker: Je vais arrêter les douches.

Speaker: Meilleure décision.

Speaker: Alors après, en Europe, on n'est pas les pires.

Speaker: À Montréal, au Québec, la consommation moyenne est de 400 litres par jour par personne.

Speaker: Et aux Etats-Unis, on est au-dessus d'un peu plus de 500.

Speaker: On sait pourquoi c'est plus ici qu'en Europe?

Speaker: Alors, les détracteurs diront que c'est parce qu'à Montréal, l'eau est gratuite.

Speaker: Ah, oui, oui.

Speaker: Alors, c'est pas vrai.

Speaker: Pas forcément vrai, mais dans le sens où la ville de Montréal a baissé de 25% sa consommation d'eau par personne au cours des 20 dernières années.

Speaker: Donc,

Speaker: C'est peut-être une question de conscience collective aussi, de en fait c'est en train de changer et d'aller dans le sens de l'Europe aussi.

Speaker: C'est ça, puis je pense qu'il y a aussi le fait que, c'est culturel, comme tu dis la conscience, c'est le fait que, en France on a toujours dû faire attention parce que l'eau on va toujours la chercher, ici l'eau elle est là, elle est partout.

Speaker: Donc il y a ce truc aussi de, les gens fonctionnent pas de la même manière.

Speaker: Puis, vous avez vu la taille de nos laveuses sécheuses?

Speaker: Oui c'est vrai.

Speaker: C'est pas si lit dans nos laveuses sécheuses là, on est dans la liste vraiment chapul.

Speaker: Enfin tu sais, ça va vite en fait quand on y réfléchit les différences.

Speaker: Puis il y a aussi le fait que ici les gens arrosent leur jardin.

Speaker: J'allais dire, les gens ont des jardins ici, des bases.

Speaker: En Amérique du Nord, les gens ils arrosent leur parking.

Speaker: Quoi?

Speaker: Quand tu fais ton driveway, tu sais, quand tu as une maison pavillonnaire et que tu as une allée en béton pour ton garage, certains constructeurs recommandent aux gens d'arroser quand il fait chaud ton béton.

Speaker: pour éviter que la chaleur ne l'abîme trop.

Speaker: C'est pas une connerie.

Speaker: C'est une mergueille.

Speaker: Et ça fait partie des campagnes d'éducation qu'il y a dans certaines villes de banlieue, ou au Québec, qui aident, quand il y a de la sécheresse, n'arrosez pas votre parking.

Speaker: Ça sert à quoi?

Speaker: Putain, je suis mort.

Speaker: À la limite, tu gardes de la neige, tu te fais 50 kg de neige, tu la gardes, et tu l'utilises l'été pour arroser ton parking.

Speaker: Ouais, avec le congélateur qui tourne à plein régime pour garder ta neige, ouais.

Speaker: Ouais, bah ça prend pas d'eau.

Speaker: C'est une dingue idée.

Speaker: Et du coup, au cap, au plus fort de la crise, on limitait la consommation des gens à 50 litres par personne par jour.

Speaker: Pour les personnes qui... les foyers qui étaient repérés comme ne respectant pas cela, ce sont des régulateurs d'eau qui ont été installés chez les gens, qui, au-delà d'une certaine consommation d'eau par jour, juste coupaient.

Speaker: Pour forcer à ça.

Speaker: Et il y a eu carrément des campagnes de pointage de doigts, en mode « cette famille n'a pas respecté ».

Speaker: Ouah, voisin vigilant.

Speaker: Ouais, mais parce qu'il y avait ce truc de « c'est une ressource commune, tout le monde doit faire des efforts, et s'il y en a un qui ne participe pas à la communauté, on va le pointer du doigt parce qu'il pénalise tout le monde ».

Speaker: Ouais.

Speaker: La ville n'a pas non plus juste donné des restrictions.

Speaker: Ok.

Speaker: Il y a eu... A été envisagée l'installation d'une centrale de désalination, donc d'eau de mer.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais le projet a avancé à toute l'étape de la conception mais au final ça a été abandonné car trop coûteux parce que ça aurait coûté quelque chose comme un milliard de dollars pour avoir une centrale suffisamment puissante pour servir à quelque chose.

Speaker: Autant acheter de l'eau tant qu'à faire ça.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Le compte Arnbourg qui a été mis en place de combien de jours avant la fin de l'alimentation en eau, il a été très intéressant parce qu'il a permis de mettre en évidence l'effet des efforts qu'ont fait les gens en termes de consommation d'eau.

Speaker: Parce que tu vois le jour qui recule à chaque fois, j'ai imaginé.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et à partir de fin 2018, la sécheresse s'est terminée.

Speaker: Et en fait, le compteur a repart...

Speaker: Le jour 0 était tellement dans le futur qu'on a fini par arrêter le compteur en fait.

Speaker: Le danger est passé.

Speaker: Bravo.

Speaker: Est-ce que les gens ont all-in depuis ou ils ont continué à respecter un peu ces trucs-là?

Speaker: La consommation est quand même meilleure depuis.

Speaker: Il y a des trucs qui sont revenus parce que forcément il y a des bourgeois qui se sont mis à re-remplir leur piscine.

Speaker: Oui, c'est vrai.

Speaker: Mais c'est quand même mieux.

Speaker: Parce que ça fait partie de ces retombées.

Speaker: Maintenant il y a quand même beaucoup moins de gaspillage en eau parce que les gens ont pris conscience

Speaker: que l'autre n'en aura pas tout le temps et que ça a une valeur et que la gaspiller, ce n'est pas bien.

Speaker: Il y a une meilleure responsabilisation aussi bien des populations que des industries en termes de leur consommation de l'eau, ce qui est très bien.

Speaker: Cependant, il y a quelque chose... Je vais te le dire et tu vas essayer de voir pourquoi ce n'est pas forcément très bien.

Speaker: Il y a pas mal de personnes qui avaient des terrains

Speaker: genre un bout de jardin, qui se sont mis à... qui ont fait installer des puits dans leur jardin.

Speaker: Pour aller pomper eux-mêmes dans les nappes en sous-sol.

Speaker: Pourquoi c'est pas ouf?

Speaker: Parce que c'est de l'eau qui est à tout le monde.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et que tu la privatises en la mettant dans ton jardin.

Speaker: C'est ça.

Speaker: I guess.

Speaker: C'est que... I guess, pas I guess, c'est mon avis, quoi.

Speaker: C'est...

Speaker: En mode, il y a plein de gens... Alors déjà, il y a un truc bien par contre, il y a plein de gens qui se sont mis à avoir de quoi collecter de l'eau de pluie sur leur terrain.

Speaker: Ça, c'est nickel.

Speaker: Ça, c'est très bien.

Speaker: Tu sais, sur les toits des bâtiments et tout ça.

Speaker: Mais en fait, toutes les personnes qui ont fait creuser des puits dans leur jardin...

Speaker: Le problème, c'est que ça ne permet pas d'avoir le contrôle régional sur la consommation d'eau.

Speaker: Ok, ouais.

Speaker: Ah oui, parce que tu ne sais même pas ce que les gens récupèrent en plus.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et comme tu l'as dit, en plus, c'est privatisé de l'eau de la communauté.

Speaker: Et en fait, ça fait ce truc aussi que chaque puits rajoute de la pression sur la nappe phréatique.

Speaker: Ah, oh, j'avoue, j'avoue, j'avoue.

Speaker: Parce que chaque personne qui pompe en plus, et comme c'est des puits privés, tu ne peux pas les réguler aussi facilement.

Speaker: Et puis tu n'es même pas à l'abri qu'il y a un doud qui balance ses poubelles dedans, ou tu sais, genre... Alors, les puits modernes, c'est un tuyau.

Speaker: Ah ok ok ok C'est pas un puits, un puits modernes aujourd'hui J'imaginais directement un puits dans mon jardin et bah t'es un peu bourré le soir tu vas pisser dans le puits, enfin je sais pas tu vois un truc bizarre comme ça Non non non non

Speaker: C'est ça.

Speaker: Et c'est surtout que pour une région qui a la majorité de son approvisionnement en eau par des réservoirs et des lacs de rétention, elle est puisée dans la nappe phréatique, ça veut dire qu'elle est probablement déjà pas forcément suffisante.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: J'imagine que les gens ont déjà émis cette idée.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et...

Speaker: Après, là où j'ai envie de les défendre, c'est ce qui ne suffit pas à la consommation globale peut, toi, suffire à arroser ton jardin, tu vois.

Speaker: Ouais, mais quand tout le monde doit faire des efforts, se dire « non, moi je vais épuiser moi-même mon eau comme ça, j'aurai pas à faire d'efforts », ça la fout quand même un peu mal.

Speaker: Et pour parler des naves phréatiques, et du fait que le risque d'assèchement des naves phréatiques est réel, on a une super ville exemple,

Speaker: Mexico City, la capitale du Mexique, qui a aussi des problèmes avec l'eau aujourd'hui.

Speaker: Donc très graves problèmes, pour être un peu dramatique.

Speaker: Juste pour conclure, sur le cap, tout va bien maintenant au cap... Aujourd'hui ça va beaucoup mieux, la sécheresse est passée.

Speaker: Il y a quand même encore des problèmes liés au fait que l'alimentation en eau de la ville est basée majoritairement sur les eaux de pluie.

Speaker: Oui, malgré tout.

Speaker: Et il y a quand même ce truc de qu'est-ce qu'on fait si une sécheresse se représente à nouveau.

Speaker: Et que ça dure 20 ans au lieu de 5, déjà.

Speaker: Ouais voilà.

Speaker: Même si le fait qu'aujourd'hui la ville s'est beaucoup plus responsabilisée, et comme c'est une crise que la ville a déjà traversée une fois, la ville est prête si ça se répète.

Speaker: Et comme la consommation des gens a diminué parce que les gens se sont responsabilisés, le risque est aussi plus loin.

Speaker: C'est vrai.

Speaker: Mais c'est ça.

Speaker: On va prendre l'avion, passer au-dessus de l'eau.

Speaker: Mexico.

Speaker: Mexico City.

Speaker: C'est parti.

Speaker: Hop, on met le petit filtre orange.

Speaker: Pendant ce temps-là au Mexique!

Speaker: Alors, déjà Mexico City, c'est une ville quand même très intéressante, parce que c'est une ville qui est construite sur d'anciens lacs.

Speaker: Ah, ok!

Speaker: Mexico City, c'est l'ancienne capitale aztèque, Tenochtitlan, qui avait été fondée au 14e siècle par les aztèques.

Speaker: C'est au fond d'une vallée, et cette vallée, elle est en haute altitude.

Speaker: Ok!

Speaker: Il y avait 48 rivières qui alimentaient les différents lacs qui étaient là.

Speaker: Et en fait, l'ancienne capitale des Aztèques, Ténoctitlan, elle était construite sur des îles au milieu de ces lacs.

Speaker: Et on avait de l'agriculture flottante.

Speaker: Et en fait la ville s'étendait en rajoutant des éléments flottants au-dessus des lacs.

Speaker: Et c'était tout un concept d'irrigation qui avait été mis au point par les Aztèques, qui permettait qu'en période de fonte, quand il y avait beaucoup d'eau qui arrivait, pour éviter les inondations, ils étaient capables de rediriger l'eau en dehors de la vallée, et tout ça, de gérer pour ne pas être inondés, pour alimenter leur culture, et pour que aussi dans les périodes sèches, ils puissent utiliser les eaux des lacs sans les assécher et tout ça.

Speaker: C'était quand même un très beau truc d'ingénierie.

Speaker: Bravo.

Speaker: Fast forward les conquistadors.

Speaker: Conquistadors.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Hop, tous les aztèques sont morts.

Speaker: Plus personne ne sait comment faire fonctionner cette ville.

Speaker: Ah putain.

Speaker: Donc les aztèques, ils se disent, bon, il n'y a que des inondations, c'est chiant.

Speaker: On va assécher les lacs, ce sera plus simple.

Speaker: Ah ouais, les colons, tu voulais dire.

Speaker: Donc, au fil du temps, tous les lacs vont être asséchés.

Speaker: 47 des 48 rivières sont aujourd'hui dans des conduits qui servent à transporter les eaux usées.

Speaker: What the fuck?

Speaker: Attends, ils ont... Ça devait être magnifique en mode méga lac et tout.

Speaker: Des représentations d'artistes de qu'est-ce que c'était que Tenochtiton.

Speaker: Et il y a encore quelques restes dans d'autres régions du Mexique, si je dis pas de bêtises, de cultures flottantes et tout ça, et c'est une dingue.

Speaker: C'est fou.

Speaker: La ville va aussi se développer, croître à une vitesse délirante.

Speaker: Au début, assez calme, mais tu vois, en 1950, Mexico City, c'est 3 millions d'habitants.

Speaker: Aujourd'hui, c'est 22 millions.

Speaker: Ok, waouh!

Speaker: Déjà, 22 millions, une ville, j'ai jamais vu ça.

Speaker: Ouais, ben on est dans la gamme de... dans le même... on est dans la même catégorie que Tokyo, tu vois, 23 millions, 22 millions.

Speaker: La ville, aujourd'hui, du coup, le sol de la ville, ça se partage entre des régions argileuses, qui sont le fond des anciens lacs, secs, et des régions de roches volcaniques.

Speaker: Ok.

Speaker: Donc il y a des endroits où le sol est très très meuble, et des endroits où le sol, c'est de la roche.

Speaker: Ok.

Speaker: Super!

Speaker: C'est ça.

Speaker: Comme on est dans une vallée en haute altitude et que les rivières c'est que des égouts aujourd'hui, l'eau de la ville vient en extrême majorité de la nappe phréatique.

Speaker: La ville puise son eau dans le sous-sol.

Speaker: C'est en dessous, c'est sous nos pieds, parce qu'avant il y avait des lacs, donc il y a encore l'eau, il y a toujours l'eau.

Speaker: On pompe.

Speaker: On pompe tout ce qu'on peut là-dedans parce que c'est tout ce dont on a besoin.

Speaker: Tout ce qu'on peut, il fait peur.

Speaker: Ouais.

Speaker: Euh...

Speaker: on pompe beaucoup plus d'eau dans la nappe que ce qu'il y a d'eau qui rentre dans la nappe.

Speaker: Forcément.

Speaker: En sachant qu'en plus, comme la ville est immense, parce que 22 millions d'habitants, le bétonnage massif, l'imperméabilisation qui va avec, le sol n'absorbe plus d'eau de pluie.

Speaker: J'imagine en plus le climat du Mexique un peu sec, je sais pas, je connais pas.

Speaker: Et en fait, ce qui se passe, c'est que la ville...

Speaker: Dans une vallée, les eaux ruissent seules.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais la ville, le sol ne peut plus rien absorber.

Speaker: Du coup, c'est juste inondé.

Speaker: Donc la ville s'inonde.

Speaker: Ah putain.

Speaker: Ça fait des reflux d'égout.

Speaker: Oh.

Speaker: Et toute cette eau quitte la vallée ensuite.

Speaker: Ok, super.

Speaker: Et ne recharge pas la nappe phréatique.

Speaker: Et même si elle la rechargeait, ce serait de l'eau dégueulasse.

Speaker: Ce serait filtré par les roches.

Speaker: C'est la beauté d'un phréatique, elles ne sont pas parfaitement propres, mais beaucoup de déchets sont filtrés par la terre, tout bêtement.

Speaker: Mais il y a ce truc de... On pompe de l'eau de la nappe, on la consomme, on la met dans les égouts, les égouts l'emmènent à l'extérieur de la vallée.

Speaker: Quand il y a des pluies,

Speaker: l'eau ruisselle dans la vallée jusque dans la ville.

Speaker: La ville ne peut pas absorber l'eau, parce que les égouts débordent.

Speaker: La ville est inondée.

Speaker: Et l'eau est évacuée de la vallée.

Speaker: La nappe phréatique n'est pas rechargée.

Speaker: Et en fait, j'imagine que l'eau est inondée parce que le lac se reforme, en fait.

Speaker: Et du coup, il faudrait juste qu'il rehausse tout le monde pour recréer un lac autour, genre.

Speaker: Et en parlant de rehaussement... C'est pour ça qu'il y avait un lac, en fait, parce que c'est une zone inondable.

Speaker: Plusieurs, même.

Speaker: Et en parlant de rehaussement, on va parler d'affaissement.

Speaker: Ah bah allons-y.

Speaker: L'assèchement de la nappe, parce qu'il y a de moins en moins d'eau dans la nappe.

Speaker: Le sol se tasse.

Speaker: Ah du coup la ville, c'est encore pire alors.

Speaker: Donc en fait la ville s'enfonce par endroit.

Speaker: Enfin, tous les endroits meubles de la ville s'enfoncent.

Speaker: Et on parle de parfois 50 cm par an.

Speaker: Ah ouais!

Speaker: D'affaissement.

Speaker: Il y avait un article où ils interviewaient un gars de la ville, un ingénieur, qui disait en fait, toute la ville, en toute entière, serait construite sur un seul meuble.

Speaker: Ce serait pas un problème.

Speaker: Parce que toute la ville s'enfonce en même temps.

Speaker: Sauf qu'en fait, la ville est construite et sur les anciens lacs, et sur de la roche.

Speaker: Donc certaines parties de la ville s'enfoncent mais pas d'autres.

Speaker: Un des exemples c'est que en 1910 quelque chose comme ça il y a la statue de l'ange de l'indépendance qui a été inaugurée.

Speaker: Une grande statue sur une colonne au centre-ville au milieu d'une belle place et tout ça.

Speaker: Et pour accéder à... Et en fait tu pouvais monter dans la colonne et tu as un balcon en haut.

Speaker: Pour accéder au piédestal, sur le piédestal en fait il y avait 9 marches, 9 petites marches qui t'amènent au pied de la colonne.

Speaker: Il y a quelques années, en début 2000, il a fallu rajouter 14 marches supplémentaires.

Speaker: Parce que la colonne sur ses fondations n'a pas bougé, mais la place autour s'est enfoncée.

Speaker: C'est incroyable!

Speaker: à cause de l'enfoncement ah j'ai envie d'aller voir des photos tu as des quartiers de la ville où tu as des failles qui se sont formées bah j'imagine que ça a créé des époux ç a a avalé un gamin il y a quelques années bah ah qui est tombé dedans tu m'étonnes euh

Speaker: Ouais, ça doit y avoir des maisons qui s'effondrent et tout, genre... Ouais, puis il y a des trucs aussi que... Tout le réseau d'alimentation en eau de la ville, il se pète constamment.

Speaker: On estime que plus de 40% du volume d'eau transporté est perdu par des fuites.

Speaker: On parle de 1000 litres par seconde d'eau qui sont déversés dans les souterrains de la ville.

Speaker: Parce que, à cause des mouvements de sol, les canalisations se brisent.

Speaker: Ça doit pas aider à l'affaissement, en plus?

Speaker: Non.

Speaker: Il y a un canal géant qui avait été construit pour évacuer les eaux usées de la ville.

Speaker: Un grand truc, tu vois.

Speaker: Sauf qu'en fait, à cause des affaissements, il n'est plus en pente vers l'extérieur de la ville.

Speaker: Donc à mi-chemin, ils ont dû installer une station de pompage.

Speaker: Parce que le canal est... Ah, c'est désastreux!

Speaker: Et même aujourd'hui, la station pose des problèmes parce que depuis qu'elle a été construite, le terrain a continué de s'affaisser.

Speaker: Et elle est de moins en moins efficace à faire évacuer les déchets.

Speaker: Enfin, les égouts.

Speaker: Ouais, la ville fissurée aussi.

Speaker: Et en fait, c'est quoi la solution à ça, en fait?

Speaker: C'était ma question que j'allais poser.

Speaker: Ouais, la solution, ce serait d'aller chercher de l'eau autre part.

Speaker: Parce que la nappe phréatique, on est juste en train de tuer la ville.

Speaker: Il faut qu'on arrête, ouais.

Speaker: Il faut arrêter de piocher là-dedans.

Speaker: Le problème, c'est que la ville, elle est à 2240 mètres d'altitude.

Speaker: Ah ouais.

Speaker: Il n'y a pas beaucoup d'eau très proche.

Speaker: Ouais.

Speaker: Euh...

Speaker: Il y a de l'eau qui vient de sources plus basses en altitude, qu'on achemine via des conduits et des ponts.

Speaker: Faire des ascenseurs à eau, genre.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Sauf qu'aujourd'hui, alors que ça ne représente qu'une petite partie de l'alimentation en eau de la ville, ça consomme autant d'énergie que la métropole de Puebla, au Mexique aussi, qui est une métropole qui a une population similaire à celle de Philadelphie.

Speaker: On consomme autant d'énergie qu'une autre métropole juste pour alimenter un peu d'eau.

Speaker: What the fuck?

Speaker: Ouais, pour Mexico, parce qu'ils sont 22 millions, quoi.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Ça fait trop peur.

Speaker: Et en fait, ce qui se passe, c'est que puiser dans la nappe phréatique, c'est la seule solution qui fait sens.

Speaker: Ouais, c'est logique.

Speaker: C'est la seule manière qu'il y a qui fait sens.

Speaker: Moi, je dirais qu'on accepte l'inondation de la ville, on se reconstruit plus haut.

Speaker: Enfin, on refait tes doctites-là, en fait, tu vois, genre... Et il y a...

Speaker: Et il y a surtout un autre problème, c'est qu'on pompe tellement dans la nappe qu'elle diminue en quantité.

Speaker: Et du coup, il faut constamment refaire les puits plus profonds.

Speaker: Bah oui, il faut recreuser les puits, c'est logique.

Speaker: Donc c'est... Il y a eu des effets intéressants, par exemple, c'est que tous les égouts de la ville sont envoyés dans une vallée plus basse, qui du coup était semi-désertique, et qui aujourd'hui est une grande vallée agriculturelle magnifique.

Speaker: Genre florissante, trop marrant.

Speaker: Et là-bas, par contre, il y avait une nappe phréatique très petite,

Speaker: qui est en train de prendre des proportions délirantes parce qu'elle reçoit toute l'eau évacuée de la ville de Mexico.

Speaker: Ah mais ils vont déménager la ville.

Speaker: Alors déménager 22 millions d'habitants, j'aimerais bien les voir.

Speaker: En fait, il faudrait deux villes.

Speaker: Une ville dans celle-là, une ville dans l'autre.

Speaker: Pendant que tu vis dans l'une, t'envoies ton eau dans l'autre et vice versa.

Speaker: J'avoue.

Speaker: Et du coup, tu peux, je sais pas, vivre dix ans à un endroit, dix ans à un peu.

Speaker: On dirait un prémice de bouquin.

Speaker: Ouais, il y a un truc de dystopie bizarre.

Speaker: Mais ouais.

Speaker: Donc il y a des projets qui commencent à apparaître dans la ville de Mexico pour...

Speaker: Le premier projet, l'idée principale, c'est traiter les égouts sur place et l'eau traitée, l'envoyer directement dans la nappe.

Speaker: Et créer un circuit fermé.

Speaker: C'est une bonne idée.

Speaker: Sauf que, en fait, c'est...

Speaker: C'est un problème qui devient politique.

Speaker: Ouais, toujours.

Speaker: Et du coup, c'est... Bah, à un moment, je crois, la mairesse ou le maire de Mexico était là en mode, on va faire ça.

Speaker: Sauf qu'en fait, il était aussi intéressé pour être à la présidence, c'était un autre parti.

Speaker: Donc la présidence a tout bloqué pour pas qu'il le fasse, pour pas qu'il soit candidat.

Speaker: Puis ensuite, c'était l'inverse.

Speaker: En vrai, c'est toujours ça qui se passe.

Speaker: Et du coup, ça n'avance pas.

Speaker: Il y a eu des projets intéressants.

Speaker: On est toujours capable, c'est juste qu'on est bloqué.

Speaker: Il y a des projets qui ont été mis en place, il y a des parcs qui ont été construits qui incluent des stations d'épuration, qui incluent des trucs d'assainissement, des bassins d'aération et tout ça.

Speaker: Il y a des projets qui essayent, mais c'est ridicule à l'échelle de la ville, et surtout par rapport à l'urgence des besoins.

Speaker: Oui, et puis là, c'est un problème qui est limite national, j'imagine que...

Speaker: Enfin c'est au Mexique aussi de faire de quoi pour aider.

Speaker: Généralement un pays s'occupe de sa capitale.

Speaker: Ouais c'est ça, bien sûr.

Speaker: Mais c'est ce que t'as dit, le maire ou la mairesse, même si t'es président tu t'en occupes en fait, genre à ce niveau-là.

Speaker: Ouais mais y'a toujours des tensions je trouve.

Speaker: Même en France c'est pareil, entre la mairie de la capitale et les gouvernements.

Speaker: Parce qu'ils s'habitent au même endroit.

Speaker: Mais du coup ça pose des problèmes en termes de précarité d'accès à l'eau.

Speaker: Parce qu'en fait ce qui se passe c'est que...

Speaker: Comme toujours, dans les quartiers riches, l'approvisionnement en eau arrive à être assuré en eau courante.

Speaker: Alors, dans les quartiers pauvres, il n'y a pas d'eau courante.

Speaker: Ou quand il y en a, c'est genre deux heures par jour, mais du coup, c'est de l'eau boueuse.

Speaker: Du coup, il faut faire venir des camions-citernes

Speaker: pour avoir de l'eau chez soi pour remplir ses propres citernes.

Speaker: Sauf que ça cause des problèmes de « il n'y a pas assez de camions-citernes », puis ensuite il y a des problèmes de corruption, puis il y a des problèmes de « tu vas payer un camion pour qu'il vienne chez toi, mais des fois il ne vient pas, mais il a pris ton argent ».

Speaker: Mais toi t'as pas d'eau?

Speaker: C'est ça, et en plus de ça c'est une tâche qui du coup retombe sur les femmes parce que c'est elles qui ne travaillent pas donc c'est elles qui doivent s'assurer de l'approvisionnement en eau du foyer sauf que du coup c'est ce truc de aller négocier avec des camionneurs pour qu'ils viennent bien chez toi pour t'apporter ton eau, ton machin Surtout si c'est des mafieux du coup Et du coup ça parle du fait que les populations les plus pauvres de Mexico sont celles qui dépensent le plus en valeur absolue, en argent, pour l'eau Ça fait sens, c'est toujours pareil C'est toujours ça

Speaker: Donc c'est vraiment une situation qui est assez catastrophique je trouve parce que je la vis pas à Mexico.

Speaker: Cette histoire là elle est moins agréable que celle de Le Cap en fait genre... Ouais hein, bah Le Cap y a une fin heureuse tu vois.

Speaker: Ouais c'est ça, Le Cap ça va bien finir que là... Ouais non Mexico c'est quand même intense hein.

Speaker: Ça fait chier parce que ouais ça reste un problème qui est politique en fait.

Speaker: Pas que.

Speaker: 22 millions d'habitants à cet endroit, c'est pas tenable.

Speaker: Mais il y a quand même un gros problème politique.

Speaker: Il y aurait moyen de rendre ça un peu tenable.

Speaker: Mais ça, c'est le truc de... Une canalisation souterraine dans toutes les parties de la ville qui sont sur un seul meuble, c'est pas possible.

Speaker: Sauf qu'il y a quand même des grosses parties de la ville qui sont sur ces parties-là.

Speaker: Donc c'est pas ouf.

Speaker: C'est difficile, ouais.

Speaker: Donc c'est... Ouais, les enjeux aujourd'hui de l'eau... Puis le problème, c'est que ça va pas aller en s'arrangeant.

Speaker: Ouais, c'est sûr que non.

Speaker: On parlait de la privatisation de l'eau.

Speaker: Et on va parler 2-3 minutes des retenues de substitution...

Speaker: Ou plus communément appelé dans les médias bassine ou méga-bassine.

Speaker: Ah, c'est les méga-bassine!

Speaker: Comment ça s'appelait?

Speaker: Une retenue de substitution.

Speaker: Une retenue de substitution.

Speaker: C'est le terme officiel de la chose.

Speaker: La méga-bassine.

Speaker: Ouais.

Speaker: Alors, le terme bassine et méga-bassine sont utilisés à la base par les personnes qui sont contre les retenues de substitution.

Speaker: Parce que c'est considéré comme péjoratif.

Speaker: Ouais, ouais, ça j'aime bien.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Mais alors, qu'est-ce que c'est, une retenue de substitution?

Speaker: Le but d'une retenue de substitution, telle qu'on l'utilise en Europe, c'est de collecter de l'eau en période de forte disponibilité, notamment en hiver, pour pouvoir ensuite l'utiliser en période de tension hydrique, donc en été.

Speaker: En été.

Speaker: Jusque là ça fait sens.

Speaker: Jusque là pourquoi pas.

Speaker: Donc on va par exemple pouvoir collecter de l'eau de pluie, on va pouvoir pomper dans la nappe phréatique quand elle est pleine l'hiver ou dans des ruisseaux quand ils sont au plus haut niveau en hiver et à l'inverse ne pas avoir à pomper dans les ruisseaux l'été et utiliser de l'eau qu'on a récupéré en avance.

Speaker: Ça permet de faire de l'agriculture dans des milieux qui seraient peu favorables.

Speaker: Et ça permet aussi de faire de l'agriculture intensive dans des milieux qui ne supporteraient pas de base.

Speaker: Encore plus intensifs, quoi.

Speaker: Par exemple.

Speaker: Le problème qu'il y a, c'est que ça pose la question de l'appartenance de l'eau.

Speaker: La propriété de l'eau, en fait.

Speaker: C'est la même chose que le puits dans le jardin, en fait.

Speaker: C'est exactement ça.

Speaker: mais à une autre échelle.

Speaker: Ouais.

Speaker: Et c'est une question qui est quand même assez complexe parce que y'a ce truc de... Bah pour un agriculteur qui fait son champ, se dire que l'été quand il va faire chaud il va pouvoir arroser son champ, bah la question se pose pas en fait.

Speaker: C'est ouais, de ouf.

Speaker: Mais en même temps, tu as ce truc de quand c'est dans des régions où des efforts sont demandés à tout le monde, quand tu as un agriculteur qui d'un seul coup s'approprie une partie de l'eau de pluie qui normalement irait dans la nappe phréatique, pour son usage personnel, parce que c'est son industrie, ça pose un problème.

Speaker: Et ce qui est intéressant, c'est que l'Espagne a énormément de réserves de retenues de substitution.

Speaker: Sauf qu'en Espagne, les retenues ne sont pas faites pour un agriculteur ou un collectif d'agriculteurs.

Speaker: Ils sont faites pour des communautés qui regroupent agriculteurs, industries et particuliers citoyens.

Speaker: Ouais, puis pour la commune, en fait, tout simplement.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Mais ouais, moi c'était ça la question que je posais, c'était aussi, je ne mettais pas tant la faute sur les agriculteurs que cette eau, qui a accès et comment tu y as accès, parce que si c'est une nouvelle façon de privatiser de l'eau, et qu'en fait ton agriculteur il va être victime de ça, parce qu'en fait pour pas qu'il y ait la sécheresse en été, il doit payer 500 balles pour avoir accès à 2 litres d'eau, tu sais.

Speaker: Je ne me suis pas trop renseigné sur la question des méga-bassines, mais j'ai l'impression que ça va être public, ça va être privé, c'est quoi le projet en fait?

Speaker: En fait, généralement, en France, en tout cas, elles sont payées par de l'argent public, la construction.

Speaker: Et ensuite, l'usage est réservé aux agriculteurs associés au projet.

Speaker: C'est pas... Si la ville à côté a besoin d'eau, c'est pas pour elle.

Speaker: C'est pas pour elle, ok.

Speaker: Donc ouais, il va être là le problème, quoi.

Speaker: En fait, c'est ça le truc.

Speaker: Parce que que ce soit... En vrai, moi, les agriculteurs, je suis dans leur camp, et du coup, s'ils ont besoin d'eau, je suis en mode, ben, prenez de l'eau, parce qu'on a besoin de bouffer aussi, nous autres.

Speaker: Ben oui, en fait.

Speaker: Mais...

Speaker: Ouais.

Speaker: C'est quand même un... Bah c'est un truc compliqué parce que c'est ce truc de... L'argument en face c'est, bah oui mais si on fait rien, l'eau va dans le sol, elle s'évapore.

Speaker: C'est pas vrai.

Speaker: C'est pas vrai parce qu'une grosse partie va dans la nappe phréatique.

Speaker: Et que c'est ça en plus, si tu la prends en hiver pour l'utiliser en été, bah en fait ta nappe n'est plus pleine en hiver non plus, donc tu vises juste ta nappe phréatique.

Speaker: Puis elle va être encore plus basse en été.

Speaker: Parce que le problème, c'est qu'en été, on interdit de pioncher dans la nappe parce que le sol est tellement sec que de base, la nappe est en tension.

Speaker: Elle est en galère, ouais.

Speaker: Parce qu'elle est là à essayer de réhydrater le sol qui s'achache parmi... Ouais, ouais, c'est ça.

Speaker: Non, c'est vraiment un sujet complexe, en fait.

Speaker: Parce que si l'eau de l'hiver était gâchée, oui, mais là, elle n'est pas gâchée, elle finit quand même dans la nappe.

Speaker: D'accord.

Speaker: Donc c'est bête.

Speaker: Ouais.

Speaker: C'est... C'est vraiment un problème.

Speaker: Bah, c'est... En fait, c'est... Pour faire un comparatif avec l'Espagne, c'est vraiment une question de planification, je pense.

Speaker: Ouais.

Speaker: Plus qu'autre chose.

Speaker: Parce que c'est des projets qui sont faits pour des acteurs privés, financés par de l'argent public, pour une captation de ressources publiques.

Speaker: Ouais, en fait, ça va être ça.

Speaker: Puis du coup, ton agriculteur...

Speaker: Enfin, il va galer... Enfin... On fait semblant... Je trouve, c'est vraiment... On fait semblant d'aider les agriculteurs alors qu'on ne les aide pas du tout, tu sais, dans tous les autres domaines que... Ah ben là, vous aurez de l'eau.

Speaker: En fait, on aide les industriels qui achètent les... les céréales, on n'aide pas les agriculteurs.

Speaker: Complètement, parce qu'il y a un problème aussi, je trouve, là-dedans, c'est que... Je peux comprendre qu'il y en ait de temps en temps quand tu as des régions où une fois tous les 10 ans, il y a une sécheresse.

Speaker: Ouais, grave.

Speaker: Et que, bah, tu ne sais pas quelle année ça va tomber, donc tu veux en avoir une.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Le problème, c'est que...

Speaker: quand c'est quelque chose qui n'est pas là pour une fois toutes les X années, quand il y a un problème, au cas où, mais que c'est là parce que tous les ans, le problème est là, ça vient, je trouve, éviter de remettre en question l'agriculture qui est faite.

Speaker: Dans le sens où, si dans une année normale, sans bassine, tu n'es pas capable de cultiver...

Speaker: ce que tu cultives sur ce champ, il faut peut-être cultiver autre chose en fait.

Speaker: Et je trouve que le délire des bassines ne vient pas poser cette question, il vient juste dire, non, ça fait 20 ans que je fais du blé ici, ou du maïs, parce que voilà, pour prendre une céréale de merde là, ça fait 20... Non mais c'est... On n'a aucune raison de cultiver du maïs en France, il ne faut pas n'en parler.

Speaker: Ça fait 20 ans qu'on cultive du maïs sur ce champ, bah là, maintenant, à cause du réchauffement climatique, mon maïs meurt tous les étés si je n'ai pas une bassine à côté, bah je vais construire une bassine.

Speaker: Non, tu vas peut-être cultiver autre chose, en fait.

Speaker: Ouais, fais ça bizarrement.

Speaker: Ouais, fais ça étrangement mieux, genre.

Speaker: Ouais, ouais, et puis, enfin, c'est sûr que ça va poser d'autres problèmes, quoi, genre... Parce que si, en plus, à sécher les nappes phréatiques, ça affaisse les sols, ça va affaisser le sol?

Speaker: Est-ce que ça va marcher?

Speaker: Bah, c'est ça, en fait.

Speaker: Ça va causer d'autres problèmes à d'autres endroits.

Speaker: Puis la forêt, à côté, elle peut pas piocher dans la méga-bassine, elle, du coup, elle est en mode, bah, j'ai pas d'eau, moi, non plus, genre.

Speaker: Exactement.

Speaker: Ouais, hein.

Speaker: Ça part d'une bonne intention.

Speaker: Ça part d'une bonne intention.

Speaker: J'ai envie de leur donner ça, mais c'est désastreux.

Speaker: Ça vient cacher la vraie question qu'il faudrait poser derrière.

Speaker: Ouais, de comment on fait de l'agriculture.

Speaker: Waouh.

Speaker: Enfin.

Speaker: Et j'ai un dernier petit exemple.

Speaker: Un dernier petit exemple.

Speaker: Un dernier petit exemple qui, je pense, pourrait être intéressant aussi.

Speaker: Parce que... Alors, on va parler des États-Unis d'Amérique.

Speaker: Oh non!

Speaker: Ouais mais c'est intéressant parce qu'ils ont encore fait des conneries.

Speaker: Et du coup c'est drôle.

Speaker: Aux Etats-Unis d'Amérique, il y a des fleuves.

Speaker: Il y a de l'eau.

Speaker: Oui.

Speaker: Parce que ça reste un bout de la terre comme les autres.

Speaker: C'est, ouais.

Speaker: Un très grand bout de la terre.

Speaker: Et il y a notamment, pas seulement aux Etats-Unis mais aussi au Mexique, le fleuve Colorado.

Speaker: Ok.

Speaker: Le fleuve Colorado, il coule du Colorado jusqu'au Mexique.

Speaker: Ouais.

Speaker: Il passe par l'Utah, l'Arizona, le Nevada,

Speaker: La Californie.

Speaker: Il fait la frontière du Nevada et il passe un peu en Californie.

Speaker: Avec des affluents qui viennent du Wyoming, au nord, et du Nouveau-Mexique.

Speaker: Et ensuite, il va finir sa course au Mexique, avant de se jeter dans le Pacifique.

Speaker: Et ils aident dans le Pacifique, ça va.

Speaker: C'est bon.

Speaker: C'est un gros, gros fleuve avec beaucoup, beaucoup d'eau.

Speaker: Et du coup, tout le monde va un peu piocher dedans.

Speaker: Forcément.

Speaker: En 1922, les 7 états américains qu'on a mentionnés,

Speaker: Colorado, Utah, Arizona, Nevada, Californie, Wyoming, Nouveau-Mexique, ils se sont mis d'accord, après des années de débat et d'engueulade, sur qui a le droit de prendre quoi dans le fleuve.

Speaker: D'accord.

Speaker: Parce que, en fait, c'est comme... Il y avait eu ça, c'était pas l'Egypte et le Sinaï, un truc comme ça?

Speaker: Non, c'est la Turquie et la Syrie, je sais plus.

Speaker: Ah, peut-être.

Speaker: Ou la Turquie n'arrête pas de construire des barrages sur ses fleuves, sauf que les fleuves, ensuite, ils descendent en Syrie et tout ça.

Speaker: Ah, mais les fleuves, ils vont en Syrie, bah oui, non, ouais.

Speaker: Et après, il n'y a plus d'eau derrière, et du coup, ça gueule.

Speaker: Bah là, c'est un peu la même chose, en fait.

Speaker: C'est que si le Colorado, demain, il pompe toute l'eau du fleuve, il n'y a plus d'eau pour laquelle il faut revenir.

Speaker: Les cinq autres états derrière, ils n'ont plus d'eau.

Speaker: Make sense.

Speaker: Donc en 1922, après des années de concertation, d'engueulades et de tout ce qui va avec... Ils ont quand même réussi.

Speaker: Ils ont réussi à se mettre d'accord.

Speaker: Ils ont signé ce qu'on appelle le Colorado River Compact, qui est un accord sur le partage de l'eau du fleuve.

Speaker: Le partage, il est fait en valeur absolue.

Speaker: Chaque état a le droit de tirer un débit maximum d'eau du fleuve.

Speaker: Pas un débit en pourcentage, un débit en mètre cube.

Speaker: Alors, pas en mètre cube.

Speaker: En... En hectares impériaux par pied par an.

Speaker: C'est bon, avec leurs unités, là.

Speaker: Un hectare au sol... J'ai toute la suite en mètre cube, mais je vais expliquer ça parce que ça m'a fait chier et je refuse d'être le seul à travailler là-dedans.

Speaker: Tu prends un hectare impérial au sol.

Speaker: Un hectare impérial.

Speaker: Oui, parce que ce n'est pas un hectare à nous, c'est un acre et pas un octare.

Speaker: C'est A-C-R-E-S.

Speaker: Donc ça fait une surface au sol.

Speaker: Tu prends cette surface.

Speaker: Tu prends un pied de hauteur.

Speaker: Donc tu en fais un volume.

Speaker: Et ça, c'est une unité de volume d'eau.

Speaker: Et ça correspond à peu près à 3 à 5 foyers en consommation d'eau par an.

Speaker: Ok, d'accord.

Speaker: Ah oui, c'est quand même des belles unités, ouais.

Speaker: Je crois que c'est pas par an.

Speaker: Je sais plus.

Speaker: Mais du coup, c'est ce volume-là à la con, par an, que chaque État a le droit de puiser.

Speaker: Tout est converti en mètre cube par seconde ici.

Speaker: Super.

Speaker: Ce sera plus simple.

Speaker: Soit combien de mètre cube?

Speaker: Donc c'est ça.

Speaker: Au moment où ils ont fait le compact en 1922, ils ont estimé que le débit du fleuve était de 641 mètre cube par seconde.

Speaker: Ok.

Speaker: C'est pas mal.

Speaker: Mais c'est un débit moyen, du coup?

Speaker: Oui.

Speaker: Les 7 états se sont partagés... Alors, non, c'est pas un débit moyen parce que le compact ne va pas suffisamment dans les détails et on va en parler.

Speaker: Ce que je veux dire, c'est pas le même débat partout.

Speaker: Débit partout dans un fleuve, genre.

Speaker: En gros, ils estiment que le fleuve a en tout 641 m3 disponibles par seconde.

Speaker: D'accord.

Speaker: Et on va se dispatcher.

Speaker: Et ils se sont dispatchés 586 m3 par seconde sur les 641.

Speaker: Le reste étant pour le Mexique.

Speaker: Ah d'accord.

Speaker: Donc le Colorado a reçu 150 m3 par seconde.

Speaker: Ok d'accord.

Speaker: L'Utah 67 m3 par seconde, la Californie 172, et ainsi de suite, et ainsi de suite, et ainsi de suite.

Speaker: C'est bizarre comme idée.

Speaker: En fait ce qu'ils ont fait c'est que sur les 7 états, ils les ont divisés en 2 blocs, 4 états du nord, 4 états du sud, et chacun s'est partagé la même quantité d'eau entre leurs états.

Speaker: Donc la moitié pour les 3 états du sud, la moitié pour les 3 états du nord.

Speaker: On peut soustraire un débit et un débit.

Speaker: Ah non ok pardon, je sais pas.

Speaker: Non, c'est... Non mais c'est... Tu poses des questions trop intelligentes là.

Speaker: Parce qu'en fait ce qui se passe c'est que du coup la Californie 172 m3 par seconde.

Speaker: Ils mettent des pompes sur le flum et ils ont le droit d'aller au maximum à 172 m3 par seconde.

Speaker: Et visiblement, c'est censé fonctionner.

Speaker: Parce qu'à la fin, quand le fleuve passe la frontière, si tout le monde a pompé toute l'eau qu'il voulait, il est censé rester quelque chose comme... 70 mètres cubes par seconde.

Speaker: Donc il est quand même censé rester de l'eau à la fin.

Speaker: Sauf que les mesures utilisées pour définir le 641 mètres cubes par seconde... Ah, c'était ça directement.

Speaker: Ça a été fait dans une année où le fleuve était anormalement haut.

Speaker: Ah merde!

Speaker: Eux ils se sont dispatchés 586 mètres cubes par seconde sur les 641.

Speaker: En réalité on est plus aux alentours de 520 mètres cubes dans le fleuve.

Speaker: Et du coup ils se sont partagés plus d'eau que ce qu'il y a réellement dans le fleuve.

Speaker: De base.

Speaker: Mais au début c'était pas trop grave parce qu'en 1922 les besoins en eau de tous les états, aucun des états n'utilisait le maximum d'eau qu'il avait le droit.

Speaker: Donc c'était pas encore catastrophique.

Speaker: Sur ce fleuve, c'est là où on trouve par exemple Lake Mead avec le barrage Hoover.

Speaker: Ah wow ok!

Speaker: Transformers!

Speaker: C'est ce genre de truc, c'est les énormes barrages, c'est tout ça le fleuve Colorado.

Speaker: Ah oui c'est un beau fleuve le Colorado c'est la classe.

Speaker: Depuis le début des années 2000 par contre, on a l'arrivée de... on a des apparitions de pénuries en fait.

Speaker: Parce que y'a la surexploitation de l'eau, parce que

Speaker: Tous les états ont grandi parce qu'avec un tel approvisionnement en eau ils ont pu se permettre d'étendre leur ville et tout ça.

Speaker: Sauf que maintenant ils arrivent tous près de leur maximum d'exploitation.

Speaker: Mais c'est plus que ce que le fleuve est capable de donner.

Speaker: Et en plus il y a des sécheresses de plus en plus longues et sévères.

Speaker: Ils ont corrigé les erreurs de calcul depuis ou pas?

Speaker: On y arrive.

Speaker: Pardon.

Speaker: Non, on arrive à ça.

Speaker: Mais du coup il y a ce truc de... Il y a de moins en moins d'eau dans le fleuve en fait.

Speaker: De base parce qu'il y a des sécheresses de plus en plus longues et sévères.

Speaker: Et en plus de base ils prennent plein d'eau puisque c'est des valeurs absolues, c'est pas des pourcentages.

Speaker: Oui.

Speaker: Et ça cause le problème qu'on a vu il y a un an et demi où il y avait des photos du Lake Mead

Speaker: où tu voyais le fait qu'il était super bas par rapport à la normale.

Speaker: Et on disait « Regardez, on voit la différence sur les roches.

Speaker: Qu'est-ce qu'on va faire?

Speaker: C'est le bordel et tout ça.

Speaker: » C'est ce fleuve-là, c'est ce problème-là dont on parle.

Speaker: Et en fait, depuis... En 2021-2022, les sept États, le fédéral leur a imposé de revoir leur accord.

Speaker: Cool.

Speaker: en disant vous avez deux ans pour revoir votre accord et trouver autre chose sinon c'est moi le fédéral qui vais prendre la main et qui vais décider où je fais des coupures qui prend de l'eau qui surtout va devoir arrêter d'en prendre

Speaker: Bah après il y aura des histoires d'argent et... Ah oui oui c'est ça!

Speaker: Mais il y a quand même eu ce truc de... À un moment il y en a qui ont commencé à dire, il va falloir dans les états demander à ce que les gens fassent attention.

Speaker: L'Arizona était extrêmement touché, parce que l'Arizona est quand même un état assez désertique, et qui en fait utilise l'eau du fleuve Colorado pour faire de l'agriculture dans le désert, pour faire pousser de la falpha,

Speaker: qui sont des pousses qui servent à nourrir du bétail, qui est extrêmement consommatrice en eau.

Speaker: Et la falpha qui pousse en Arizona, en fait, ensuite, il est mis dans des avions et il sert à nourrir le bétail au Qatar.

Speaker: Le Mexique fait la même chose avec son bout d'eau du Colorado, près de la frontière aussi.

Speaker: Où en fait on fait pousser de la Falfa qui est une plante extrêmement consommatrice d'eau dans des raisons de l'Ajarty.

Speaker: Mais en fait le point qui s'est passé... En Arizona, le gouverneur pour pallier à la sécheresse il a appelé à la prière.

Speaker: Parce qu'il est hors de question de remettre en question les habitudes.

Speaker: Et l'agriculture qui est faite.

Speaker: Mais du coup, il y a eu ce besoin de réduire la consommation d'eau.

Speaker: Le fédéral a mis un ultimatum en disant si en mai 2023 vous n'avez pas trouvé une solution, c'est moi qui vais définir comment on va s'en sortir.

Speaker: Ok.

Speaker: Mai 2023, ils ont trouvé un accord temporaire... Pour éviter l'amende.

Speaker: C'est ça.

Speaker: Signé par les trois états du bloc bas.

Speaker: Ok.

Speaker: Donc, Californie, Arizona, Nevada.

Speaker: Ok.

Speaker: imposant une réduction totale de consommation de 40 mètres cubes d'eau par seconde, ce qui ramènerait le total de consommation de 586 à 546.

Speaker: C'est toujours au-dessus du débit réel du fleuve dans les années 20.

Speaker: De ce qu'on avait dit, ouais.

Speaker: Donc c'est un accord de 3 ans.

Speaker: Ok, donc on a jusqu'à mai 2026.

Speaker: C'est un accord temporaire parce qu'on n'a pas réussi à faire un accord global, en fait.

Speaker: C'est juste pour éviter l'amende, comme tu as dit.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Et c'est surtout que la réduction proposée n'est pas suffisante pour ramener au débit normal du fleuve sans les sécheresses.

Speaker: Et pourquoi il n'y a que 3 états et pas les 6 du début?

Speaker: Parce que les 4 états du haut, ils ont dit que, comme eux sont sur la source du fleuve, ils ne sont pas impactés de la même manière.

Speaker: Dans le sens où le Colorado, le fleuve naît là, c'est leur source d'eau, eux ça va, on n'y touche pas parce que ça va en vrai.

Speaker: Puis il y a une différence aussi, c'est que

Speaker: La Californie, ils font pousser des oranges dans des régions montagneuses pleines de roches.

Speaker: Et du soleil.

Speaker: L'Arizona fait pousser de la falpha dans le désert.

Speaker: Et le Nevada fait des terrains de golf dans le désert.

Speaker: Ah, let's go!

Speaker: Donc c'est un peu sur eux qu'on a mis la pression.

Speaker: Ça fait sens.

Speaker: Le problème de l'accord, c'est qu'ils parlent de faire une réduction de 40 mètres cubes par seconde, cumulée.

Speaker: Mais chaque état, ce qu'ils ont annoncé pour atteindre une partie de cet objectif de leur côté, est uniquement basé sur le volontariat.

Speaker: Ok, ouais.

Speaker: On va aller voir les agriculteurs, on va leur dire est-ce que tu veux réduire ta production s'il te plaît?

Speaker: Ouais.

Speaker: Bien sûr, on va faire ça.

Speaker: Donc, grosse ambiance.

Speaker: Donc pour l'instant, il n'y a pas de solution à long terme.

Speaker: Non, bah non.

Speaker: Et là, on attend juste qu'il pleuve énormément pendant 20 ans, en fait.

Speaker: Parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Et ça vient en plus se rattacher, pour la Californie en tout cas, à tous les problèmes d'alimentation en eau de la région de Los Angeles.

Speaker: Ça, ça mériterait un épisode entier aussi.

Speaker: Je voulais en parler, je me suis rendu compte que c'est beaucoup trop dense, on en parlera une autre fois.

Speaker: Mais c'est que Los Angeles, c'est une ville qui n'a pas assez d'eau pour se cacher.

Speaker: Ah ouais, ok.

Speaker: Comme Las Vegas aussi, j'imagine.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et Las Vegas, par contre, ce qui est intéressant, c'est que Las Vegas, ça fait...

Speaker: terrain de gold dans le désert.

Speaker: Oui, oui, non, non, bien sûr.

Speaker: Mais Las Vegas, ils payent les gens pour qu'ils retirent leur gazon de leur jardin.

Speaker: Ah.

Speaker: En mode, arrêtez d'avoir du gazon manucuré en plein milieu du désert, en fait, c'est stupide.

Speaker: Ok.

Speaker: La ville fait des efforts et incite les gens à faire des efforts.

Speaker: Genre...

Speaker: C'est pas à la vie l'exemple, mais ils ont le mérite de faire quelque chose.

Speaker: C'est marrant.

Speaker: Et de prendre le problème un petit peu au sérieux.

Speaker: Par rapport à d'autres endroits.

Speaker: Ouais.

Speaker: Moi ça me fait rire parce que Las Vegas, j'ai l'impression que c'est une ville où il n'y a personne qui habite.

Speaker: Genre tu sais, dans le cliché qui t'as, tu sais, c'est comme... Ah ouais, il y a des gens qui habitent là et qui ont des jardins.

Speaker: Ah oui, bah oui, ça fait sens.

Speaker: Ouais, parce qu'en fait, t'as...

Speaker: les immeubles, les casinos, et après tu as le sprawl des maisons individuelles classiques.

Speaker: Et les gens qui devaient travailler au casino, en fait, j'imagine.

Speaker: Mais du coup, c'est que des maisons individuelles classiques tout autour.

Speaker: Il y a quelques petits quartiers bas revenus avec des petits bâtiments, c'est eux qui font le centre-ville originel.

Speaker: Mais sinon, c'est que de la banlieue américaine classique avec des maisons, un bout de jardin et des golfs.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Et des golfs.

Speaker: Bah ouais.

Speaker: Et Los Angeles, c'est ça.

Speaker: Pourquoi Los Angeles est gigantesque?

Speaker: C'est que de la maison individuelle.

Speaker: Tu vas sur Google Maps ou n'importe quel truc de cartographie, tu zooms sur Los Angeles.

Speaker: On avait vu, on avait regardé.

Speaker: Moi, ça me terrifie.

Speaker: Les maisons individuelles les unes sur les autres à perte de vue.

Speaker: En plus, c'est pas...

Speaker: Enfin, elles ont tout un carré de jardin, donc elles sont même pas en collées les unes aux autres.

Speaker: Ah oui, ok, d'accord.

Speaker: Moi, c'est ça qui me terrifie sur les banlieues américaines.

Speaker: Parce que moi, quand tu me disais banlieues américaines, j'imaginais les banlieues américaines que tu vois dans les séries télé.

Speaker: Ouais, en mode pavillon, tu vois.

Speaker: Et c'est le pavillon avec son carré de jardin, avec de l'espace, tu sais, où tu peux faire des choses, t'es pas collé à tes voisins, tout ça.

Speaker: Tu regardes... Ah attends, excuse-moi.

Speaker: Tu regardes les constructions récentes de lotissement, ou tu regardes Los Angeles, justement.

Speaker: Il y a 50 cm entre les maisons, en fait.

Speaker: Les bouts de jardin, c'est un balcon, en fait.

Speaker: Ah oui, ok, waouh.

Speaker: Les maisons sont les unes sur les autres.

Speaker: Et les développements récents, quand je regarde des photos aériennes de nouvelles banlieues américaines qui se construisent, les maisons sont les unes sur les autres.

Speaker: Il n'y a quasiment pas de jardin.

Speaker: Notre jardin, c'est une table.

Speaker: T'as pas de quoi faire une piscine comme on le voit dans les séries, c'est... Je dis pas qu'il faut une piscine, mais c'est... Dans ma tête, il y a suffisamment de terrain pour courir avec le chien et faire du frisbee avec le gamin, tu sais.

Speaker: Exactement.

Speaker: Et c'est genre non, non, non, non.

Speaker: Ouais, non, non, non, c'est à la place pour une terrasse pour manger et 3 mètres après, c'est le mur arrière de l'autre maison, tu vois.

Speaker: C'est le mur d'en face, ouais.

Speaker: Les maisons sont les unes sur les autres.

Speaker: C'est vraiment terrifiant parce que... C'est un enfer.

Speaker: Il y a ce truc de...

Speaker: Il y a toujours plein de places aux Etats-Unis, mais on n'a plus envie d'être aussi loin des villes qu'avant.

Speaker: Donc on veut que les nouvelles banlieues soient plus compactes aussi, parce qu'on veut dépenser moins d'argent en route.

Speaker: Donc on tasse.

Speaker: Mais on veut quand même ce délire de la maison individuelle beaucoup trop grande.

Speaker: Donc en fait, qu'est-ce qu'on fait?

Speaker: On retire le jardin.

Speaker: Et on colle les maisons les unes aux autres.

Speaker: Mais pas de maison mitoyenne, attention, ça c'est sacrilège.

Speaker: C'est pas mitoyen, attention.

Speaker: Non, non, non, faut pas que ce soit mitoyen.

Speaker: C'est pas collé.

Speaker: Mais tu sais quand tu regardes des séries policières à Los Angeles et que t'as des courses-poursuites dans les ruelles, dans les maisons, où ils passent de rue en rue et y'a pas de jardin.

Speaker: Ils passent au-dessus des barricades, y'a des barricades en bois, et faut passer... Ouais, c'est ça.

Speaker: Mais tu vois que tout est collé, en fait.

Speaker: Les rues sont ultra larges.

Speaker: Mais sinon, tout est collé les uns aux autres.

Speaker: Moi, j'ai vraiment la vision un peu malcolme de... Ah, il y a des carrés de jardin que t'arroses, tu vois, et puis... Ils ont de la place, tu vois, quand même, malgré tout.

Speaker: Voilà.

Speaker: Moi, j'avais encore une question par rapport au Colorado.

Speaker: Oui.

Speaker: Parce que...

Speaker: j'essaie de comprendre comment tu peux calculer un débit que chacun a le droit de prendre sachant que quand toi t'es en amont du fleuve, enfin tu sais si on divise en 5, que moi je prends mon cinquième du débit, ben il reste pas 4-5ème du débit après que moi j'ai pris, il reste moins, enfin l'eau, enfin...

Speaker: Moi j'habite à la source, à la montagne, du coup j'ai pas le fleuve, j'ai un ruisseau qui coule de la... truc.

Speaker: Bah si je prends toute l'eau de ça, y'a plus de fleuve derrière.

Speaker: Oui mais y'a les affluents.

Speaker: Oui mais ça a quand même un impact du coup.

Speaker: Oui oui oui, je vois ce que tu veux dire.

Speaker: Euh... Ouais, je sais pas, j'ai pas tous les détails de comment ils ont fait leur calcul, mais je sais que y'a ce truc de... Ils ont divisé en deux déjà.

Speaker: Il y a un bloc nord, un bloc sud.

Speaker: Et chaque bloc a le droit à autant d'eau l'un que l'autre.

Speaker: Et ensuite, il y a ce truc de... Je pense qu'il y a les affluents qui doivent jouer là-dedans.

Speaker: Parce que moi, je suis vraiment... Plus tu es en amont, moins tu as le droit d'utiliser d'eau.

Speaker: Parce que si toi, tu prends un cinquième, il ne va rester que 4-5ème à se diviser en 4 autres.

Speaker: Et du coup, leur 4-5ème est plus petit que mon 1-5ème.

Speaker: Comme quand... Vraiment, moi j'ai l'image de...

Speaker: Ok, on coupe le gâteau en deux, tu prends une moitié, je prends une moitié, je le coupe en deux, je le donne à quelqu'un d'autre, etc.

Speaker: Moi, j'ai un quart et lui, il a un... Tu vois, il a un quart, mais il va le couper, il aura un huitième, tu vois.

Speaker: Et du coup, je trouve que...

Speaker: C'est pour ça que je dis qu'il y a les affluents.

Speaker: C'est-à-dire que toi, tu prends un quart du gâteau complet, puis quand tu le passes au suivant, il y a un affluent qui est arrivé, donc tu rajoutes un petit morceau.

Speaker: Il ne remplit pas au max, mais il rajoute un petit morceau.

Speaker: Puis le suivant, il y a des affluents qui rajoutent un petit morceau.

Speaker: Par exemple, le Wyoming, le fleuve Colorado ne passe pas par le Wyoming.

Speaker: Oui, c'est vrai, mais ils sont quand même influencés.

Speaker: Mais comme ils ont des affluents, ils sont considérés comme faisant partie du bassin du fleuve Colorado, et du coup, ils sont dans les calculs.

Speaker: Mais eux ne puissent que dans les affluents.

Speaker: Oui.

Speaker: Mais ils ont quand même un impact sur le Colorado à terme parce que ce qu'ils prennent ne finit pas dans le Colorado.

Speaker: Je ne sais pas, dans ma tête ça ne fonctionne pas.

Speaker: Je n'arrive pas à l'expliquer.

Speaker: En vrai, il faut regarder le détail exact du compact.

Speaker: Il s'est noté que le compact, les calculs ne sont pas bons.

Speaker: De base, les calculs ne sont pas bons.

Speaker: Et de base, les états se sont donnés plus d'eau qu'il y en a réellement dans le fleuve.

Speaker: Oui, ça c'est déjà... Il y a eu des moments où le fleuve n'atteignait plus le Mexique.

Speaker: C'est ouf, hein?

Speaker: Et en plus, on pense même pas aux Mexicains en bas qui, eux... Ils sont pris en compte parce qu'il y a un truc de... Ils ont le droit à de l'eau parce que... C'est des êtres humains.

Speaker: S'il y a un surplus d'eau, les états du compact sont obligés de leur en donner un peu.

Speaker: Oui, d'accord.

Speaker: Merci.

Speaker: Mais il a fallu négocier violemment pour qu'ils aient quoi que ce soit.

Speaker: C'est terrible.

Speaker: Et moi, c'est surtout ce qui m'avait fasciné avec ça, c'est cette idée que...

Speaker: On peut tellement puiser dans un fleuve, pas une rivière, un fleuve, qu'il ne va plus jusqu'au bout.

Speaker: Dans ma tête, je vois la Seine et je suis là en mode, putain, on arrive à piocher tellement d'eau dans un truc comme ça.

Speaker: Qu'il n'y a plus de Seine à Rouen.

Speaker: Qu'il n'y a plus de Seine à Rouen, ouais.

Speaker: C'est genre, quoi?

Speaker: J'avoue.

Speaker: Mais ouais, non, c'est un bordel.

Speaker: Et là, c'est des cas précis, mais en vrai, il y a des problèmes partout.

Speaker: Je me jume qu'il y a des exemples dans tous les sens, ouais.

Speaker: Ouais, ouais, ouais.

Speaker: Mais du coup, moi, ça me donne envie de me renseigner, tu sais, un peu à chaque endroit où je vais vivre, d'être comme « Ok, d'où vient l'eau que je bois, tu sais?

Speaker: » Ouais, c'est ça qui est intéressant.

Speaker: Alors après, par exemple, tu vois, en France, l'eau du robinet en France est la seule eau parfaitement équilibrée.

Speaker: C'est-à-dire que quand tu bois de l'eau, elle contient des saines minéraux.

Speaker: Ah oui, ok.

Speaker: Et ce que tu veux, c'est boire une eau qui a tous les sels minéraux nécessaires pour que tu n'aies jamais de carences dans ces sels minéraux.

Speaker: Parfait.

Speaker: Et qu'il n'y en ait pas non plus qui soient trop en excès, qui pourraient te causer des maladies.

Speaker: Parce qu'une eau trop riche en fer, tu peux avoir des problèmes.

Speaker: C'est normal.

Speaker: En France, la seule eau équilibrée, c'est l'eau du robinet.

Speaker: Les autres sont trop minérales.

Speaker: Toutes les eaux en bouteille sont trop minérales.

Speaker: Les plus proches, c'est la cristalline et l'alérian.

Speaker: Mais toutes les autres ont toujours des minéraux beaucoup trop importants dans un sens ou dans l'autre.

Speaker: Est-ce que c'est à cause du fait qu'on les embouteille ou c'est juste naturellement comme ça?

Speaker: Je crois que c'est parce que c'est naturellement comme ça.

Speaker: C'est l'autre source de montagne, du coup, c'est minéralisé.

Speaker: Oui, en vrai, c'est ça.

Speaker: Et au-delà de ça aussi, aujourd'hui, parce que ces dernières semaines, il y a eu des études qui sont faites sur les microplastiques, récemment.

Speaker: Ils se sont mis à analyser les quantités de microplastiques dans tout, en ce moment-là.

Speaker: C'est très déprimant à chaque fois que ça tombe.

Speaker: Le composant principal de l'eau en bouteille, c'est des microplastiques derrière.

Speaker: Il y a des quantités de microplastiques là-dedans qui sont complètement délirantes.

Speaker: C'est pire que tout.

Speaker: Donc si vous avez de l'eau au robinet et que personne ne vous dit qu'elle n'est pas bonne, qu'il n'y a aucune entité locale qui vous dit qu'elle est mauvaise, du vélo du robinet en fait,

Speaker: Même si apparemment, à ce qui paraît, elle a mauvais goût.

Speaker: Moi, j'ai entendu des gens dire ça.

Speaker: Oui, parce que l'eau, dès qu'il y a un goût, après, on t'en boit suffisamment, tu l'oublies.

Speaker: Le goût de l'eau s'oublie très vite.

Speaker: J'avoue, je n'ai pas du tout parlé de ça, mais il y a la notion du chlore dans l'eau, qui était intéressant.

Speaker: Quand on parlait de piscine, j'ai failli en parler.

Speaker: Ouais, le chlore s'est apparu fin du 19e.

Speaker: On a commencé à vouloir l'utiliser.

Speaker: Parce qu'on s'est rendu compte que ça permettait de tuer les bactéries dedans.

Speaker: On a dit, c'est trop bien, ça enlève toutes les bactéries, on va en mettre plein.

Speaker: On va boire du chlore.

Speaker: Ouais, on va mettre plein de chlore dans l'eau.

Speaker: Après 10 ans, une dizaine d'années, où les gens disaient, on prend des douches et la peau brûle.

Speaker: Ouais, vraiment, ça gratte.

Speaker: Ça gratte, les enfants sont malades et tout ça.

Speaker: On s'est dit, on va peut-être mettre...

Speaker: moins de chlore.

Speaker: Ça c'est une dinguerie quand t'es dans une piscine ou quoi et qu'il y a trop de chlore comment ça gratte après?

Speaker: C'est horrible.

Speaker: Mais du coup pendant un moment c'était l'eau du robinet qui était comme ça.

Speaker: Enfin l'eau d'approvisionnement... Tu peux même pas aller te laver pour trincer du chlore quoi.

Speaker: Ouais, y a eu des problèmes comme ça début du 20ème siècle en France en Angleterre.

Speaker: Depuis on a revu les taux en chlore.

Speaker: Et ce qui se passe en fait en France c'est que quand l'eau arrive dans le début du réseau d'eau pour le traitement, elle est chlorée à hauteur de

Speaker: Alors, mes chiffres viennent de ces pas sorciers, je suis désolé.

Speaker: Une goutte de chlore pour 200 litres d'eau.

Speaker: Et à la fin des traitements, le taux de chlore a été réduit à une goutte de chlore pour 1000 litres.

Speaker: Une goutte pour 200, c'était déjà trop.

Speaker: Ouais, et en fait, on réduit par 5 la quantité à la fin des traitements.

Speaker: Et on arrive à l'eau qui arrive au robinet.

Speaker: Et en fait, ce qu'ils disent, c'est qu'on peut pas...

Speaker: ne pas chorer l'eau du... On ne peut pas retirer complètement le chlore.

Speaker: Parce qu'en fait, il y a le fait qu'il peut y avoir des bactéries dans toutes les canalisations pour aller jusqu'à chez vous, jusqu'aux maisons.

Speaker: Du coup, on en laisse toujours un peu.

Speaker: Mais aujourd'hui, les quantités de chlore qu'on a dans l'eau sont ridicules.

Speaker: On ne se crame pas quand on boit, ni quand on se flamme.

Speaker: Non, c'est ça.

Speaker: Il y a toujours le truc de... Les nouveaux-nés, c'est quand même bien de l'eau en bouteille parce qu'on évite le chlore les premiers mois.

Speaker: Du coup, c'est trop

Speaker: minéralisé, plein de plastique, alors bon.

Speaker: Oui, mais pour le gamin, c'est pas trop grave.

Speaker: Du plastique pour le petit ou du chlore?

Speaker: C'est le problème du plastique, par contre.

Speaker: Mais ça, du micro-plastique, c'est... J'ai l'impression qu'on vient de...

Speaker: ouvrir le dessus du... je sais plus ce que c'est l'expression là... La boîte de Pandore?

Speaker: Ouais, c'est la boîte de Pandore.

Speaker: Pas la boîte de Pandore mais c'est en anglais c'est... On vient d'arriver au début du baril, tu sais, c'est genre... On commence à voir ce qui se passe, tu sais, et... Ouais, ouais, ouais.

Speaker: Comme quand on a découvert que le tabac ça donnait des cancers quoi.

Speaker: Ouais, c'est ça hein.

Speaker: C'est en mode merde, on a fait ça toutes nos vies.

Speaker: Ils ont fait des analyses de fruits et légumes, il y a des microplastiques dedans, on le sait, c'est genre... C'est fou, ça vient d'où ces trucs là?

Speaker: Je sais pas.

Speaker: D'où ça peut venir le plastique?

Speaker: Du plastique?

Speaker: Je sais pas.

Speaker: Est-ce que tu penses à tous les sacs plastiques à usage unique qu'on a utilisé pendant 45 ans en France?

Speaker: Non, c'est ouf.

Speaker: Ouais.

Speaker: Non, c'est la méga merde.

Speaker: En fait, c'est la façon dont on a fait le plastique.

Speaker: On s'est toujours dit que c'était bien alors qu'en fait, ça se délite petit à petit dans tout ce qu'on utilise.

Speaker: On s'est jamais dit que c'était bien.

Speaker: Comment ça?

Speaker: Le plastique, c'est trop bien.

Speaker: Non, le plastique, c'est trop bien à utiliser.

Speaker: Mais l'après-vie du plastique n'a jamais été pensé.

Speaker: Oui, mais là, ce n'est pas l'après-vie, c'est la pendant-vie.

Speaker: Je veux dire, c'est trop bien, je peux mettre de l'eau dans une bouteille en plastique sans se rendre compte qu'en fait, dans la façon dont le plastique existe, en fait, il se délite dès qu'il l'utilise, tu vois.

Speaker: Oui, c'est le fait que la date d'expiration sur les bouteilles d'eau, c'est pour le plastique, ce n'est pas pour l'eau.

Speaker: Oui, exactement.

Speaker: Ouais... Non, belle merde.

Speaker: Et du coup, choisissez... Choisissez votre poison.

Speaker: Ouais, est-ce que ce sera la bouteille d'eau en plastique ou la poêle en téflon?

Speaker: Ah ah!

Speaker: Mais ouais.

Speaker: Donc c'est un peu... Je pense qu'on a fait le tour pas mal.

Speaker: C'est pas mal.

Speaker: Toutes les complexités autour des réseaux d'eau.

Speaker: C'est difficile.

Speaker: C'est surtout que c'est déjà compliqué de sourcer l'eau.

Speaker: C'est compliqué de la traiter.

Speaker: C'est compliqué de la déplacer.

Speaker: C'est compliqué de gérer les eaux usées.

Speaker: C'est compliqué de gérer aussi les eaux de pluie en rappel avec tout ça.

Speaker: Et maintenant, on rajoute en plus le fait que

Speaker: Toutes ces choses qu'on a mises 300 ans à construire, à mettre en place, à perfectionner, tout est remis en question aujourd'hui.

Speaker: Parce qu'il y a des choses qu'on n'a pas très bien faites.

Speaker: Je pense à Mexico où s'approvisionner exclusivement son appréhétique, c'est pas bon du tout.

Speaker: Ouais, même sans savoir, tu vois.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Et c'est pas un blâme en mode « cette personne a pris une mauvaise décision ».

Speaker: C'est vraiment en mode « on pensait bien faire et en fait non ».

Speaker: Ouais, puis c'est difficile de revenir à zéro, ouais.

Speaker: Ouais, puis c'est surtout... On se retrouve aussi dans des situations où il n'y a pas forcément de solution qui permettrait de ne pas remettre en question nos habitudes.

Speaker: Tu sais ce qu'on disait avec les retenues de substitution, c'est ce truc de... Soit on remet en question notre agriculture, soit on remet en question la propriété de l'eau, en fait.

Speaker: Ouais, vraiment.

Speaker: Et le débat aujourd'hui, il va dans la question de la propriété de l'eau, en fait.

Speaker: Ouais.

Speaker: Alors que peut-être que si on mettait en question l'agriculture, on arriverait à d'autres choses.

Speaker: Mais c'est un autre débat.

Speaker: Si on crée de la propriété privée sur l'eau, c'est finito.

Speaker: Ça fait plaisir au PDG de Nestlé.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Lui qui l'avait dit.

Speaker: Ouais, c'est lui qui... Que l'eau n'est pas une ressource publique.

Speaker: Il faut privatiser l'eau.

Speaker: C'est des dingueries.

Speaker: Ouais.

Speaker: Ouais, ouais.

Speaker: Puis c'est... Il y avait ce truc, je lisais, ça parlait de...

Speaker: quand il y avait eu les pénuries justement au cap, il y avait eu la question d'augmenter le prix de l'eau.

Speaker: De limiter la consommation non pas en incitant, mais en imposant une augmentation du prix de l'eau.

Speaker: Et en fait, ce qui était passé, c'est en mode, on ne peut pas se permettre d'augmenter le prix de l'eau parce que... Comment font les gens pour boire, en fait?

Speaker: C'est un effort collectif et là, tu empêches seulement une certaine catégorie de personnes...

Speaker: ça fait partie de ces ressources qu'on peut pas contrôler par le prix et du coup ça rajoute de la difficulté parce que ça fait 40 ans qu'on ne sait réfléchir que comme ça sachant qu'en plus c'est souvent les gens qui ont le plus d'argent qui consomment le plus parce que tard la piscine et le golf oh oui je le dis je le dis non mais moi j'ai vu quelqu'un une fois il a laissé le robinet allumé quand il se brossait les dents bien sûr enfin c'est tout ça

Speaker: Encore beaucoup de choses.

Speaker: Puis, ouais, une femme bien déprimante comme on l'aime.

Speaker: Vous me remercierez plus tard.

Speaker: J'adore.

Speaker: Vous aussi, racontez-nous comment vous détestez, comment l'eau est un problème chez vous.

Speaker: Pensez-y sous la douche quand ça fait 25 minutes que vous profitez de l'eau chaude.

Speaker: J'avoue.

Speaker: Mettez un métronome quand vous prenez votre douche.

Speaker: Un chrono.

Speaker: Non, mettez un métronome qui va de plus en plus.

Speaker: Non mais pendant qu'on le faisait je me suis dit ça, je me suis dit ouais je pourrais peut-être prendre des douches un peu moins longues.

Speaker: Finalement.

Speaker: Bah après tu sais c'est le problème aussi qui est que c'est un truc de conscience collective, tu sais qu'il va falloir que tout le monde s'éduque et que tout le monde évolue en même temps, mais en même temps t'as ce truc aussi de...

Speaker: Ici, il y a plein d'eau, c'est pas un problème.

Speaker: Je ne ressens pas le besoin imminent de le faire, mais en même temps, tu te dis que c'est comme ça que rien ne change.

Speaker: C'est le président des Bermudes qui avait fait son speech à l'ONU dans un bureau, les pieds dans l'eau auprès de la plage, pour parler du fait que nous, on fait partie des plus petits pollueurs, mais on est les premiers impactés par le réchauffement climatique, donc ce serait bien que les gros pollueurs prennent en compte qu'on existe.

Speaker: S'il vous plaît, merci, au revoir.

Speaker: Au lieu de dire, la France, c'est juste 2% du monde, niquez-vous.

Speaker: Toutes ces questions sur l'eau, ça pose ce qu'on disait, le truc de conscience collective et de responsabilité collective.

Speaker: Mais du coup, c'est là d'où vient la complexité par extension, que vu que c'est une responsabilité collective, personne ne fait rien tant que tout le monde ne le fait pas.

Speaker: Ouais, c'est ça.

Speaker: Mais le problème, c'est qu'il faut que tout le monde fasse des efforts.

Speaker: Mais les habitants du Cap nous ont montré que c'était possible.

Speaker: Ils nous ont montré que c'était possible.

Speaker: C'est ça qui est incroyable.

Speaker: C'est une trop belle histoire.

Speaker: Ouais, hein.

Speaker: Et... C'était au Cap.

Speaker: Ou c'était à Mexico.

Speaker: Je sais plus.

Speaker: Il y avait eu un truc, je sais plus lequel des deux c'était, où tu avais une...

Speaker: une politicienne locale qui était vraiment engagée pour le truc et qui avait aidé à ce qu'il y ait beaucoup de changements.

Speaker: Mais c'est parce qu'en fait, elle vivait dans un quartier où elle n'avait pas l'eau courante.

Speaker: Du coup, elle subissait tous les problèmes liés à approvisionnement en eau qui n'était pas régulière, au fait qu'elle devait aller chercher de l'eau, avoir de l'eau qui venait du puits, ce genre de truc.

Speaker: Et du coup, c'était la seule politicienne qui était vraiment active sur le sujet et qui était constamment à le rabâcher parce qu'en fait, c'était la seule qui le vivait et qui était impactée.

Speaker: Alors qu'en face, c'était « ça peut attendre, on peut s'arranger, blablabla », parce qu'en fait, ils connaissent pas la réalité.

Speaker: Enfin bref, c'est encore un autre débat.

Speaker: Enfin!

Speaker: Bon ben voilà!

Speaker: Ben voilà, on a fait un beau tour.

Speaker: En vrai, on a survolé pas mal de choses, mais c'est parce que, je pense que t'as pu le voir, là, c'est quand même très complexe dans plein de choses.

Speaker: Ouais, y a beaucoup d'aspects, hein.

Speaker: Ouais, moi je voudrais parler plus tard des barrages, parce que je pense que ça va être cool.

Speaker: Ouais.

Speaker: Mais les barrages, la question, c'est... Y a deux manières de l'aborder.

Speaker: Est-ce que tu l'abordes du côté hydroélectrique?

Speaker: Est-ce que tu l'abordes du côté eau?

Speaker: Ou est-ce que tu l'abordes même du côté environnement?

Speaker: Architecture!

Speaker: Aussi!

Speaker: Et enfin, tu sais, c'est ce truc de... J'ai pas encore décidé sur quel aspect je veux vraiment aborder les barrages.

Speaker: Donc on va voir.

Speaker: Il faut que je trouve le prochain sujet aussi.

Speaker: Mais on va trouver.

Speaker: Bah oui!

Speaker: Enfin!

Speaker: Enfin, c'est ça.

Speaker: Super.

Speaker: Merveilleux.

Speaker: Bravo.

Speaker: Merci à toi aussi.

Speaker: Merci à toi d'être venu pour participer.

Speaker: C'était le fun.

Speaker: J'espère que vous aussi, ça vous a plu, que vous avez appris des choses, peut-être.

Speaker: Et... Puis on va se retrouver une prochaine fois pour un autre sujet, puis on va continuer de discuter de toutes ces belles choses.

Speaker: Merci encore d'avoir écouté.

Speaker: À la prochaine.

Speaker: Bah oui, bisous, à la prochaine.

Speaker: Des bisous.

Speaker: Bye bye.

Speaker

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