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Réglementation et Greenwashing

Bonjour, Bienvenue sur le podcast de Masse Critique. Mon nom est Valérie Vedrines et aujourd’hui j’ai l’honneur d’accueillir sur le podcast Fabien Durif, avec qui nous allons parler de Greenwashing et de règlementation. Fabien est professeur titulaire au département de marketing de l’ESG UQAM et dirige l'Observatoire de la consommation responsable ainsi que le GreenUXlab. Chroniqueur à Radio-Canada, spécialisé sur la consommation à impact positif, il diffuse son expertise autant dans le milieu académique que professionnel, via notamment la publication d'indices reconnus comme le Baromètre de la consommation responsable au Québec et l'Indice Kijiji de l'économie de seconde main. Récipiendaire de nombreuses subventions, Fabien collabore également avec les organisations publiques, privées et associatives via des contrats de recherche.

Transcript

Speaker: Bienvenue sur le podcast Mass Critique.

Speaker: Chaque semaine, nous nous pencherons sur les solutions pour transformer le marketing et la communication à une pratique plus responsable et durable.

Speaker: Comment pouvons-nous nous transformer pour être au service de la planète?

Speaker: Alors bonjour, bienvenue sur le podcast de Mass Critique.

Speaker: Mon nom est Valérie Védrine.

Speaker: Aujourd'hui, j'ai l'honneur d'accueillir sur le podcast Fabien Durif, avec qui nous allons parler de greenwashing et de réglementation.

Speaker: Alors Fabien Durif est professeur titulaire au département de marketing de l'ESG UCAM et dirige l'Observatoire de la consommation responsable ainsi que le Green UX Lab.

Speaker: Chroniqueur à Radio-Canada, spécialisé sur la consommation et impact positif, il diffuse son expertise autant dans le milieu académique que professionnel, notamment via la publication d'indices reconnus comme le baromètre de la consommation responsable au Québec et l'indice qui gégit de l'économie de seconde main.

Speaker: Alors bonjour Fabien.

Speaker: Bonjour.

Speaker: Merci d'être avec nous aujourd'hui.

Speaker: Un vrai plaisir de t'avoir avec nous.

Speaker: Alors, peut-être avant qu'on commence sur notre sujet de greenwashing et de réglementation, j'aimerais juste qu'on prenne quelques minutes pour te présenter à nos auditeurs.

Speaker: Alors, tu es cofondateur et directeur de l'Observatoire de la consommation responsable.

Speaker: Un titre qui en dit long, mais peux-tu nous décrire exactement ce que fait l'Observatoire et quel est ton rôle?

Speaker: L'Observatoire de la consommation responsable dans les unités, c'est ce qu'on appelle des unités de veille de transfert.

Speaker: Donc, c'est une cellule d'études et de veille stratégique qui est basée à l'École de sciences de gestion de l'UQAM, qui est axée sur la recherche, l'innovation et le transfert de connaissances dans le domaine de la consommation responsable.

Speaker: C'est en tout et pour tout une dizaine, quinzaine d'experts, plus tous nos étudiants de baccalauréat, maîtrise, doctorat et post-doctorat.

Speaker: Et nous travaillons et collaborons avec différentes organisations du milieu public, privé, aussi associatif, bien entendu, sur des contrats de recherche, mais aussi les...

Speaker: subventions de recherche et nous disposons d'un magasin expérimental connecté qui est orienté sur le machico-responsable qui s'appelle le Green Slav.

Speaker: C'est un laboratoire qui a été financé par la Fondation canadienne de l'innovation.

Speaker: Excellent.

Speaker: Alors, on est aujourd'hui ensemble pour parler d'éco-blanchiment, de greenwashing.

Speaker: On sait qu'il n'y a pas vraiment de définition précise qui réglementait ça au Canada.

Speaker: Toi, quelle est ta définition du greenwashing?

Speaker: Alors, c'est le constat majeur, pas de définition acceptée et donc pas de valeur légale qui existe.

Speaker: Donc, l'absence de cadre, elle va contribuer à rendre l'éco-blanchiment difficile à détecter et à réprimer.

Speaker: Donc, il faut arriver à avoir une définition qui va être communément acceptée par l'ensemble des parties prenantes et pour pouvoir ensuite sanctionner.

Speaker: Donc, nous avions travaillé sur ce sujet, notamment pour le gouvernement du Québec.

Speaker: Nous avions remis un rapport

Speaker: qui nous avait été commandé par le ministère de l'économie et d'innovation en 2016.

Speaker: Et nous avions défini à ce moment-là le concept comme

Speaker: un concept qui décrivait la mise en avant de façon explicite ou implicite, ça c'est important, des caractéristiques écologiques, ça peut être d'un produit, d'un service, de la démarche de l'entreprise, d'une façon qui est disproportionnée par rapport à la réalité ou qui est non argumentée de nature à induire finalement en erreur le consommateur.

Speaker: Alors quand on voit cette définition,

Speaker: Ça peut inclure tout type de communication environnementale qui cherche à induire en erreur le consommateur sur la qualité écologique réelle du produit ou de la démarche de l'entreprise.

Speaker: Alors, ça peut être une faute volontaire ou non de la part de l'entreprise, ça c'est très important.

Speaker: Ça peut être totalement non volontaire, ça peut être une forme ou une autre de tromperie, faux argument, omission, exagération, d'un argument, ou une allégation ou une image implicite qui va être véhiculée par le message, des images ou du son.

Speaker: Donc, on le voit dans la définition, c'est pas si facile que ça à imaginer et donc ensuite à détecter lorsqu'on n'est pas forcément un expert et même lorsqu'on est un expert, ce n'est pas aisé.

Speaker: Je comprends.

Speaker: Alors, cet été, été 2022, on a beaucoup entendu parler de la campagne de H&M, qui a créé un gros scandale.

Speaker: Et évidemment, la campagne a été accusée de greenwashing.

Speaker: Est-ce que tu peux nous en parler?

Speaker: Qu'est-ce que tu en penses?

Speaker: Quelle est leur erreur ou leur mauvaise intention?

Speaker: Alors, c'est parti de manière assez classique.

Speaker: H&M est quand même une compagnie internationale relativement connue qui, depuis quelques années, avec sa marque et sa ligne consciencieuse, qui joue sur le...

Speaker: la mode finalement du slow fashion, donc de la mode qui va être plus lente, avec notamment des labels responsables qui sont choisis par la marque.

Speaker: Et donc, il y a eu une enquête qui a été faite par un site Quartz et puis notamment plusieurs types de consommateurs et notamment d'experts qui ont fait une proposition de plainte en recours collectif.

Speaker: La plainte, elle est de deux ordres finalement.

Speaker: Alors, il critique tout d'abord les fiches d'évaluation environnementale qui sont utilisées par la marque.

Speaker: Donc, on montre que finalement, il y aurait des erreurs, c'est-à-dire que la marque aurait surestiné ou mal évalué finalement l'impact environnemental de ses produits, notamment sur la question de l'eau.

Speaker: Donc là, on voit que soi-disant, les chiffres auraient été inversés entre les plus et les moins.

Speaker: Donc là, on aurait véritablement un problème entre les chiffres énoncés par la marque et la réalité lorsque les tests sont faits par des organismes indépendants.

Speaker: Et par rapport à la gamme Conscious, qui est la gamme la plus connue et qui est véhiculée depuis longtemps par l'entreprise, là, on voit aussi une problématique par rapport aux allégations qui sont mises en avant.

Speaker: Et ça, c'est ce qu'on retrouve chez beaucoup de marques, notamment avec des fameux

Speaker: notamment là, c'est par rapport à des slogans sur fabriqués avec au moins 50% de matériaux durables, etc.

Speaker: Où là, ça a été démontré qu'il y aurait des problématiques, notamment dans les circuits, et les solutions ne seraient pas réelles.

Speaker: Donc là, on voit, je vous dirais, une problématique entre les allégations et les possibles réalités.

Speaker: Donc là, on aurait un problème assez classique, c'est-à-dire les arguments qui sont mis en avant, est-ce qu'ils sont réellement...

Speaker: probant, est-ce que la marque est capable de le démontrer concrètement?

Speaker: Alors, est-ce que ce sont des erreurs volontaires, des erreurs involontaires, des maladresses?

Speaker: Mais là, on voit concrètement le cas typique, lorsque l'on communique, lorsqu'on met en avant des informations,

Speaker: c'est évident qu'on va toujours avoir des associations, des regroupements de consommateurs qui vont aller regarder ces informations et on a aussi des grosses enquêtes qui vont tester ces informations-là.

Speaker: Donc, est-ce que la marque a été imprudente?

Speaker: Peut-être.

Speaker: C'est toujours ces questions-là qui sont assez difficiles.

Speaker: Je vous dirais que c'est assez dommage parce que la ligne, cette gamme de produits était quand même utilisée depuis longtemps.

Speaker: Après, toujours est la question, c'est quel est l'impact?

Speaker: Lorsqu'il y a ce type de scandale qui ressort, est-ce que ça a réellement des impacts?

Speaker: Il faut attendre de voir sur les questions de vente et les questions de popularité de la marque.

Speaker: Mais ça reste quand même relativement dommageable.

Speaker: Il y a plusieurs études qui sont sorties qui ont démontré quand même que ça avait un impact sur le manque de confiance au niveau des consommateurs.

Speaker: Oui, effectivement.

Speaker: Donc, on a eu ce cas au niveau mondial avec H&M.

Speaker: Si on se rapproche de nous au Canada, début de l'année, que RIG a reçu une sanction de 3 millions de dollars du Bureau de la concurrence pour déclaration environnementale trompeuse.

Speaker: Qu'est-ce que tu en penses?

Speaker: Est-ce que tu penses qu'on est dans le même genre de situation?

Speaker: Alors, c'est l'un des premiers qu'on voit au Canada sur la question de déclarations environnementales trompeuses.

Speaker: Là, c'était sur les déclarations environnementales fausses ou trompeuses faites aux consommateurs sur la recyclabilité de ces capsules.

Speaker: C'est quand même une relativement grosse amende.

Speaker: Elle a fait parler d'elle.

Speaker: Ce qui est assez complexe, c'est qu'en fait, il y a une entente qui a été passée entre le bureau de la concurrence et Curie.

Speaker: C'est ce qu'on met en avant, c'est que

Speaker: La déclaration est trompeuse par rapport aux indications sur les étapes à suivre pour préparer les capsules destinées au recyclage dans certaines municipalités.

Speaker: C'est-à-dire que ce qu'on reproche à la marque, c'est que c'est possible dans certaines municipalités et pas dans d'autres au Canada.

Speaker: Donc, en fait, par rapport à ce qu'aurait mentionné l'entreprise, ça ne peut pas se faire partout.

Speaker: Donc, je vous dirais que c'est quand même assez...

Speaker: C'est vrai que peut-être que la marque a, dans ses indications, a peut-être trop ambitionné dans son programme, finalement, de recyclage.

Speaker: Mais je vous dirais que c'est... Peut-être que c'est un peu... C'est un peu loin lorsque l'on va dans ce type d'amende-là parce que là, on a le cas typique d'une entreprise qui met en place un gros programme de recyclage, qui fait des efforts et qui se fait pénaliser pour peut-être une maladresse, finalement.

Speaker: Et cette maladresse-là, elle peut avoir un impact majeur sur d'autres entreprises qui mettraient en place des programmes aussi importants au niveau du recyclage.

Speaker: Donc là, c'est un peu la difficulté entre je travaille en tant que marque pour véritablement faire des efforts

Speaker: Et à un moment donné, je peux faire une petite erreur au niveau de mes indications et je peux la payer très cher.

Speaker: Mais est-ce qu'on s'attaque des fois à certains bons arguments?

Speaker: C'est un peu là que je trouve ça un peu complexe.

Speaker: Donc, je pense que des fois, on ne va pas forcément s'attaquer à toutes les bonnes choses.

Speaker: Mais là, c'est sûr que ça peut faire mal et ça peut refroidir finalement d'autres entreprises qui voulaient.

Speaker: Parce que c'est sûr que le système de recyclage dans toutes les municipalités, dans toutes les provinces du Canada,

Speaker: c'est extrêmement complexe à maîtriser.

Speaker: C'est clair.

Speaker: C'est clair.

Speaker: Et justement, basé là-dessus, j'ai lu dernièrement un article qui dit que les entreprises maintenant, ça vend du greenwashing ou greenwashing, c'est-à-dire qu'on a peur de parler de ses ambitions, des choses qu'on met en place.

Speaker: Alors, nous, notre auditoire, c'est l'industrie de la communication, du marketing.

Speaker: Alors, c'est quoi la solution?

Speaker: On en parle quand?

Speaker: On n'en parle pas?

Speaker: Qu'est-ce qu'on fait?

Speaker: C'est sûr, c'est très complexe parce qu'il y a eu beaucoup d'études au niveau de la recherche qui ont été faites sur est-ce qu'on communique, est-ce qu'on ne communique pas.

Speaker: Lorsqu'on communique, à quel moment c'est finalement la meilleure étape de communiquer.

Speaker: On a aujourd'hui des citoyens consommateurs qui sont extrêmement sceptiques

Speaker: Donc, c'est très difficile.

Speaker: Je vous dirais que lorsqu'on communique, la meilleure façon, c'est de communiquer lorsque l'on est prêt.

Speaker: C'est-à-dire que lorsque la promesse que l'on met en avant, elle est exacte, elle est proportionnée et elle est pertinente.

Speaker: Lorsque le contenu que l'on met en avant est clair et lorsqu'on peut s'assurer qu'il n'est pas trompeur et surtout que toutes les promesses qu'on met en avant soient vérifiables.

Speaker: Donc, je pense que lorsqu'on est une marque, une entreprise, lorsqu'on possède plusieurs marques à l'intérieur de son entreprise, il faut s'assurer

Speaker: que le processus entier soit maîtrisé au niveau de ces allégations lorsqu'on est au niveau de l'éco-responsabilité, si c'est des arguments plus axés sur l'environnement, etc.

Speaker: Parce qu'aujourd'hui, c'est très délicat, aussi bien au niveau des médias, des ONG, des associations de consommateurs.

Speaker: Tout va être décortiqué.

Speaker: Donc, souvent, on va avoir de plus en plus d'entreprises qui vont attendre.

Speaker: qui vont y aller de manière progressive et qui vont souvent sur leur site web expliquer les étapes qu'elles font.

Speaker: Et je pense que lorsqu'on voit ça, c'est souvent peut-être la bonne façon.

Speaker: C'est de dire voici ce que nous faisons et voici vers là où nous avons et les efforts qu'on continue à faire sans forcément avoir des campagnes de communication ou de faire un positionnement très fort sur les co-responsabilités, mais de dire

Speaker: On s'engage, mais on sait tout le chemin qu'il nous reste à faire.

Speaker: Je pense qu'il faut faire preuve d'humilité.

Speaker: L'humilité, elle va être bien perçue par le consommateur parce que le consommateur, à un moment donné, il est aussi conscient de lui-même et des efforts que lui-même a fait pour être éco-responsable.

Speaker: Je pense qu'à un moment donné, le consommateur, il en demande énormément aux entreprises par rapport à ce que lui, il est capable de faire aussi.

Speaker: Donc, je pense qu'il y a un juste retour et je pense que d'être humble, ça met en face de confiance et d'authenticité entre le consommateur et les entreprises et les autres parties prenantes qui interagissent avec les entreprises.

Speaker: Pas facile tout ça.

Speaker: Donc, au Canada, dans le fond, il n'y a pas vraiment, comme tu le disais au début, d'instance qui régule l'éco-blanchiment, cette définition-là.

Speaker: En mars 2022, la Commission européenne a proposé de mettre en place de nouvelles règles pour protéger le consommateur, pour aussi qu'il puisse agir en faveur de la transition écologique.

Speaker: Est-ce que c'est la réglementation qui va nous sauver?

Speaker: Est-ce que c'est ce que le Québec devrait mettre en place, le Canada?

Speaker: Est-ce qu'il y a des normes qu'on devrait suivre?

Speaker: La réglementation n'est pas la solution unique.

Speaker: On le voit, ce qui s'est passé en France, ce qui s'est passé en Grande-Bretagne, ça a d'abord été, je dirais, une autorégulation par l'industrie.

Speaker: Ensuite, il y a eu la régulation par la Commission européenne, par les lois en France.

Speaker: Là, c'est sûr que ce qui est intéressant au niveau de la Commission européenne, c'est qu'on cherche finalement à renforcer la protection du consommateur, notamment contre les régulations environnementales qui sont peu fiables ou fausses.

Speaker: Parce que c'est à peu près là qu'on voit le plus de problématiques.

Speaker: Parce qu'on cherche finalement à faire en sorte qu'il n'y ait pas des allégations environnementales qui soient génériques, qui soient vagues.

Speaker: On cherche finalement que lorsqu'une marque présente une allégation environnementale, elle puisse finalement ne concerner qu'une des caractéristiques du produit, qu'on ne soit pas mêlé en tant que consommateur.

Speaker: Donc, c'est évident que la réglementation, elle permet de mieux cadrer les entreprises et de les guider et de les aider.

Speaker: Mais il faut aussi...

Speaker: je dirais, aider le marché, c'est-à-dire éduquer, sensibiliser, faire en sorte que l'industrie elle-même s'auto-organise, s'auto-régule.

Speaker: Donc, finalement, c'est les différents types d'acteurs.

Speaker: Et la problématique majeure aussi, c'est qu'il faut que les citoyens et les consommateurs aient une meilleure éducation et sensibilisation des pratiques environnementales.

Speaker: Parce que ce qu'on voit dans nos études, c'est que

Speaker: La plupart des citoyens ne savent pas faire la différence entre des communications environnementales et des cas d'éco-blanchiment.

Speaker: Donc, il y a vraiment un mélange qui se fait.

Speaker: Donc, souvent, les consommateurs vont accuser d'éco-blanchiment, des campagnes de communication qui ne le sont pas.

Speaker: Donc, la frontière entre « je me positionne en tant qu'entreprise qui est

Speaker: à des engagements environnementaux ou proposent des produits et des allégations environnementales et les co-blanchiments, la frontière souvent est très fine pour les consommateurs.

Speaker: Donc, là aussi, on a des problématiques parce que ce n'est pas du tout la même chose.

Speaker: Donc, c'est sûr qu'il faut un ensemble de barrières qui vont permettre de protéger à la fois le consommateur, mais aussi protéger les entreprises qui veulent agir et participer à la transition écologique.

Speaker: Très bien.

Speaker: Évidemment, nous, l'industrie des communications, du marketing, on est un acteur majeur de la surconsommation.

Speaker: C'est la problématique qu'on essaie d'adresser justement au sein de l'industrie.

Speaker: Alors, d'une certaine façon, est-ce que chaque fois qu'on fait de la publicité, on fait du greenwashing parce qu'on pousse?

Speaker: plus de consommation, comment on s'en sort?

Speaker: Comment on se sort un peu de cette spirale infernale de dire, au fur et à mesure que je communique, je pousse à consommer plus.

Speaker: Donc, quelque part, peu importe le produit que je promouvois, je suis dans une stratégie indirectement de greenwashing.

Speaker: T'en penses-tu?

Speaker: Non, je ne crois pas parce que je pense qu'aujourd'hui, ce qu'attendent les consommateurs, c'est de se dire, une marque,

Speaker: Aujourd'hui, pour qu'elle me plaise et qu'elle me séduise, c'est sûr qu'on est dans un contexte très complexe avec l'inflation.

Speaker: On voit le retour de comportement d'aller chercher des produits à bas prix, de moins peut être regarder la pertinence de certaines marques.

Speaker: Mais quand même, ce qui essentiellement va rechercher un consommateur aujourd'hui, c'est une marque qui va être pertinente, qui va être essentielle pour lui.

Speaker: Donc, il est exigeant le consommateur.

Speaker: Il est socialement éveillé, il est de plus en plus écologiquement conscient.

Speaker: C'est sûr que là, on est dans une période un petit peu complexe là-dessus.

Speaker: Et il est sensible au respect de ses valeurs.

Speaker: Donc, ce qu'il va rechercher, c'est de se dire, est-ce que la marque aujourd'hui, les marques, est-ce qu'elles vont aller au-delà de répondre?

Speaker: aux besoins de base aux attentes des consommateurs, est-ce qu'elles vont être inspirantes?

Speaker: Est-ce qu'elles vont être innovatrices?

Speaker: Est-ce qu'elles vont proposer des vecteurs de réflexion sociale?

Speaker: Est-ce qu'elles vont mobiliser des changements environnementaux et sociaux?

Speaker: Est-ce qu'elles vont refléter les valeurs et les enjeux identitaires d'aujourd'hui et de demain?

Speaker: Donc, est-ce que cette marque-là, elle va être davantage qu'une marque?

Speaker: Est-ce qu'elle va être pertinente?

Speaker: Est-ce qu'elle va m'accompagner dans mes préoccupations et dans mes aspirations fondamentales?

Speaker: Je pense qu'aujourd'hui, c'est bien au-delà de se dire que c'est une simple marque qui met en avant des produits et des services.

Speaker: Et ce qu'on voit aussi, c'est que je pense que le contexte, ce contexte actuellement de sobriété de consommation, mais aussi de sobriété énergétique, de sobriété environnementale, c'est aussi une place qui permet à des entreprises de s'exprimer et de dire, nous, on participe à cette transition écologique.

Speaker: On y participe.

Speaker: C'est évident, on n'a pas le choix de produire, mais on peut produire différemment.

Speaker: Alors, la difficulté, c'est d'arriver à démontrer, de faire accepter ce positionnement de sobriété de manière plutôt optimiste, de ne pas dire « nous faisons du greenwashing ».

Speaker: Non, nous essayons de changer le modèle en tant que marque, nous essayons d'être plus soutenable, nous cherchons finalement à augmenter la qualité de nos produits, nous cherchons à nous distinguer

Speaker: peut-être de certains de nos concurrents.

Speaker: Nous cherchons à faire une croissance par la sobriété.

Speaker: Mais je pense qu'aujourd'hui, c'est de cette façon-là qu'on voit de plus en plus de marques qui sont en train de se différencier.

Speaker: Alors, et on voit le succès de certaines marques et on voit aussi l'adhésion de certains consommateurs à certaines marques.

Speaker: C'est sûr que le contexte est complexe à l'heure actuelle, mais lorsqu'on va sortir de cette période de crise,

Speaker: post-pandémique, crise énergétique, crise inflationniste, je pense que les marques qui auront démontré ces enjeux-là vont encore mieux s'en sortir là-dessus.

Speaker: Donc, revenir peut-être à de la publicité, plus d'informations d'une certaine façon, plutôt que de surconsommation.

Speaker: D'informations, de contenus, qu'est-ce que la marque peut changer dans notre quotidien?

Speaker: En quoi elle est pertinente?

Speaker: En quoi, finalement, elle va nous permettre d'être

Speaker: fonctionnelle en tant que consommateur, d'être symbolique, sa pertinence sociale, sa pertinence environnementale, qu'est-ce qu'elle nous apporte finalement?

Speaker: Qu'est-ce qu'elle va nous donner dans notre quotidien en tant que citoyen aujourd'hui?

Speaker: Donc, c'est ce qu'on voit dans les études.

Speaker: Mais c'est sûr qu'on est face à des consommateurs qui sont de plus en plus exigeants, qui sont difficiles, qui sont sceptiques.

Speaker: qui ne pardonnent quasiment rien aux actions des marques.

Speaker: Pour une marque, c'est extrêmement compliqué dans les dernières années d'arriver à démontrer qu'elle s'engage, qu'elle a de véritables actions, qu'elle doit être profitable, mais qu'elle peut aussi avoir un modèle qui est plus soutenable.

Speaker: C'est ça qui est assez complexe.

Speaker: Oui.

Speaker: Est-ce que tu penses que le futur du marketing, est-ce que tu penses qu'on va vers justement une révolution du marketing?

Speaker: Tu sais, il y a 15 ans, c'était le web qui devenait quelque chose qu'on utilisait pour faire vraiment du business.

Speaker: C'est plus une vitrine.

Speaker: La donnée s'est rajoutée à ça.

Speaker: Donc, tu sais, on a quand même beaucoup évolué.

Speaker: Le métier a énormément évolué.

Speaker: Est-ce que tu penses que c'est ça la prochaine révolution?

Speaker: Où est-ce que tu penses qu'on va?

Speaker: C'est très compliqué parce que je suis sûr que

Speaker: Là, on parle beaucoup ces derniers temps de démarketing et de sobriété, mais est-ce que c'est envers ça que vont aller les consommateurs?

Speaker: Je dirais qu'en ce moment, c'est beaucoup plus contextuel.

Speaker: On est dans une période où on fait face à une diminution de la consommation, en particulier en Europe.

Speaker: L'Amérique du Nord subit moins la crise énergétique, subit moins la crise inflationniste.

Speaker: Donc, qu'est-ce qui va révolutionner aujourd'hui le consommateur?

Speaker: En fait, ce qui est extrêmement difficile, c'est que la pandémie avait commencé à bouleverser énormément de comportements.

Speaker: On était capable de les analyser.

Speaker: Avant la crise inflationniste, on était capable de voir vraiment ces changements, ces ralentissements des modes de vie.

Speaker: On était capable de mieux voir vers où allaient les consommateurs.

Speaker: Mais là, la crise inflationniste est en train de tout rebouleverser une autre fois.

Speaker: Donc, c'est extrêmement complexe de se dire qu'est-ce qui... En tant que marque, qu'est-ce que je dois mettre en avant?

Speaker: Qu'est-ce que je dois promouvoir?

Speaker: Parce que là, on voyait clairement dans toutes les études, on triangulait tout ce qui se passait dans le monde.

Speaker: Ralentissement des modes de vie, plus de temps...

Speaker: le télétravail, donc c'est-à-dire du service 24 heures sur 24, la ville des 15 minutes.

Speaker: Donc, on voyait vraiment arriver ça, mais on voyait vraiment une modification relativement profonde quand même.

Speaker: Donc, c'est sûr, c'était digitalisation, c'était plus d'éco-responsabilité.

Speaker: Mais là, l'inflation est en train de tout reconfigurer parce que là, si on regarde la plupart des études à l'heure actuelle, les co-responsabilités sont en train de prendre le bord.

Speaker: On ne peut pas, dans un contexte d'inflation aussi important, continuer à consommer de la même façon et promouvoir autant les marques qui vont s'engager parce que là, en ce moment, c'est les marques de distributeurs, les marques arabées.

Speaker: Donc,

Speaker: Là, le consommateur se retrouve perturbé par rapport à ce qu'il voulait mettre en avant.

Speaker: Donc, c'est extrêmement compliqué parce que finalement, les habitudes qui avaient été tristes depuis deux ans, un peu plus de deux ans et demi, qui semblaient vraiment prendre une récurrence à moyen et long terme, ça va dépendre de la longueur de la crise actuelle.

Speaker: Et je pense que tout pourrait être remis en question.

Speaker: C'est ça qui est difficile.

Speaker: C'est ça qui est vraiment difficile parce que c'est plus la pénurie de main-d'oeuvre, plus… Donc, c'est complexe.

Speaker: Mais c'est sûr que pour le marché des co-responsabilités,

Speaker: Les derniers chiffres sont un peu inquiétants parce que si on regarde les marchés, en particulier européens, c'est la première fois qu'on voit le bio sur l'alimentaire, c'est la première fois qu'on voit le bio diminuer.

Speaker: Donc, on sent vraiment qu'il y a une contraction extrêmement forte de la plupart des marchés co-responsables.

Speaker: Oui, la règle du portefeuille.

Speaker: Là, on sent vraiment que oui, le local, nous, on voit dans nos dernières études,

Speaker: Même depuis un an et demi, l'argument de localité, il est en train de s'effriter de plus en plus.

Speaker: Donc, toutes ces dimensions qui étaient remontées très fortement pendant la pandémie sont en train de partir petit à petit.

Speaker: Oui.

Speaker: Donc, ça, c'est délicat pour les entreprises parce que les marques, c'est sûr qu'elles avaient construit là-dessus et c'est normal.

Speaker: de construire sur la fabrication locale.

Speaker: Donc, on leur a demandé de fabriquer localement, donc de faire de la réindustrialisation locale, de réinvestir.

Speaker: Et là, maintenant, on leur demande d'avoir des prix les plus bas possibles.

Speaker: Oui, oui, bien sûr.

Speaker: Le consommateur, lui, à un moment donné, il ne va plus choisir.

Speaker: Il va choisir, c'est ce qu'il fait, les marques à bas prix.

Speaker: Non, c'est compliqué.

Speaker: Bon, bien écoute, on fera un prochain podcast dans un an pour voir où on est rendu.

Speaker: Merci énormément, Fabien, pour ta participation.

Speaker: Très intéressante.

Speaker: Puis, bien écoute, ça nous fera plaisir de continuer cette conversation une autre fois.

Speaker: Merci à toi, Fabien.

Speaker: Merci beaucoup.

Speaker: J'espère que cet épisode vous aura amené de la réflexion, mais aussi des solutions.

Speaker: N'hésitez pas à me contacter si vous avez des suggestions.

Speaker: Et je vous dis à la prochaine fois!

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