Transcript
Speaker: Bonjour et bienvenue dans Grande Bleue, le podcast qui vous emmène en Méditerranée à la découverte du patrimoine et des gens du Sud.
Speaker: Je m'appelle Ange, et dans cet épisode qui sort un peu de l'ordinaire, on va aborder un sujet d'importance capitale, la pollution plastique dans le bassin méditerranéen.
Speaker: Selon les derniers chiffres de Greenpeace, plus de 600 000 tonnes de déchets plastiques finissent leur course dans la Méditerranée chaque année.
Speaker: La Méditerranée détiendrait même une concentration de microplastiques quatre fois plus importante que le 7ème continent, le tristement célèbre amas de plastique océanique.
Speaker: Alors pour mieux prendre la mesure de ce fléau et agir à la source,
Speaker: Tous ensemble, je suis avec Muriel Papin, déléguée générale de l'association No Plastic in My Sea.
Speaker: Bonjour Muriel.
Speaker: Bonjour.
Speaker: Déjà merci de t'être rendue disponible, je sais que t'étais un peu sur tous les fronts avec l'association ces derniers mois, c'est ce qu'on s'est dit, mais est-ce que tu peux commencer par nous parler de cette association justement, d'où est-ce qu'elle vient, comment est-ce qu'elle nous dit concrètement?
Speaker: Ok, avec plaisir.
Speaker: L'association No Plastic in Macy a été créée en 2018 sur la base d'un constat qui est tout simple, qui est de se dire que pour faire face à la pollution plastique, il faut réduire les volumes de plastique qui sont mis sur le marché et qui finissent très rapidement en déchets et aussi en pollution, comme on le constate tous.
Speaker: Et cette intuition, on l'a confirmé très vite en regardant les études scientifiques parce que ça nous montre en fait que le volume de plastique mis sur le marché, il a augmenté de manière phénoménale au cours des dernières décennies.
Speaker: Je vais te donner juste un chiffre.
Speaker: En fait, on a produit et consommé plus de plastique depuis l'an 2000 que dans le siècle précédent et que finalement dans toute l'histoire de l'humanité.
Speaker: Et donc, on est vraiment sur une courbe exponentielle.
Speaker: C'est vraiment terrible.
Speaker: Et en fait, ça serait un matériau biodégradable, ça ne poserait pas autant de problèmes en termes de pollution.
Speaker: Mais le plastique, pour faire simple, c'est l'issue de ressources fossiles, majoritairement du pétrole, auxquelles on ajoute des additifs chimiques.
Speaker: Donc, c'est une matière qui est à la fois non biodégradable et qui est toxique du fait des additifs chimiques.
Speaker: Voilà, donc, sur tout le volume qui est mis sur le marché, 400 millions de tonnes à l'échelle mondiale par an,
Speaker: il y a une partie qui va dans l'environnement et comme c'est pas biodégradable c'est une pollution qui est pérenne et qui crée des toxicités c'est très clair je sais que vous abordez le problème du coup c'est un peu ce que tu dis là vous abordez le problème de façon globale autour du plastique c'est ce qu'on s'est dit quand on s'est appelé la première fois
Speaker: Mais dans ce podcast, forcément, tu as bien compris, on se concentre sur la Méditerranée.
Speaker: Surtout que c'est quand même la première destination mondiale touristique, ça va continuer, on sait, les Nations Unies nous disent que d'ici à 2030, on va faire plus de 70% encore de flux touristique sur la Méditerranée.
Speaker: Donc cette activité-là, si on regarde les chiffres qui sont donnés par quasiment toutes les ONG aujourd'hui, elle génère environ 40% de déchets plastiques en plus, juste le tourisme.
Speaker: On est dans quelle situation en termes de pollution plastique dans le Sud aujourd'hui?
Speaker: Ce qu'on sait, c'est que globalement, en effet, la Méditerranée est extrêmement polluée, que c'est une mer qui est un peu fermée.
Speaker: Et en fait, on a beaucoup d'installations urbaines, mais aussi d'installations touristiques sur tout le pourtour méditerranéen.
Speaker: Et en fait, pendant un moment, on pensait que la pollution pouvait peut-être venir peut-être plus des pays du Sud.
Speaker: En l'occurrence, il y a une étude qui démontre qu'il y a une pollution assez importante de la France, avec 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques déversés dans la mer Méditerranée.
Speaker: Et c'est aussi parce que la France est très urbanisée sur toute sa côte méditerranéenne et que c'est aussi une destination touristique majeure.
Speaker: Et ça, c'est un point important parce que
Speaker: Finalement, on est en train de siller la branche sur laquelle on est assise, puisque c'est aussi la Méditerranée, elle vit aussi une économie liée au tourisme.
Speaker: Mais plus on a le tourisme, plus on aggrave le problème de création des déchets, notamment déchets plastiques à usage unique et de pollution.
Speaker: Et donc, on abîme finalement ce capire.
Speaker: qui est le capital de beauté, de plaisir, de l'allié à la péditerranée, avec cette pollution plastique.
Speaker: Donc on est vraiment dans un cercle vicieux.
Speaker: Alors pour avoir une note un peu plus optimiste, il y a quand même beaucoup de choses qui se passent.
Speaker: Et je voudrais parler de l'exemple des baléares.
Speaker: Il y a beaucoup d'actions dans les baléares, qui sont des actions que nous on porte, puisque je le disais, on veut agir à la source dès la production, et donc réduire
Speaker: l'usage des plastiques à usage unique.
Speaker: Et au Balear, il y a tout un programme avec de nombreuses interdictions sur les plastiques à usage unique.
Speaker: Ça va jusqu'au rasoir jetable de Monsieur.
Speaker: Voilà, donc ça va plus loin que les lois françaises aujourd'hui sur l'interdiction des plastiques à usage unique.
Speaker: Et ça, c'est très bien.
Speaker: Voilà, donc si on veut continuer à profiter de la Méditerranée, à éviter de rajouter de la pollution plastique, il faut vraiment revoir nos modes de production et de consommation.
Speaker: Il faut être très attentif dans les zones touristiques.
Speaker: Il faut savoir aussi jouer les périodes avec des changements de flux, des périodes où on est en période hors saison.
Speaker: Et là, il faut être vraiment optimal sur le fait qu'il n'y ait aucun plastique qui finisse à la mer.
Speaker: Et puis, savoir adapter aussi la gestion des déchets en période d'afflux touristiques.
Speaker: Beaucoup de défis pour la méditerranée.
Speaker: Ce qui d'ailleurs sous-entend que les infrastructures locales soient bien adaptées pour le traitement des déchets.
Speaker: Si je prends le cas de la Corse par exemple, c'est un combat, un serpent de mer depuis des décennies quasiment, ils n'arrivent pas à trouver d'accord.
Speaker: Vraiment il y a un système archaïque en termes de traitement des déchets, donc ça y contribue à cette pollution.
Speaker: Et puis moi j'ai une amie qui vit à Marseille qui a vu quelque chose d'assez incroyable il y a...
Speaker: Je pense que c'était il y a un an et demi, deux ans, il y a eu des inondations à Marseille.
Speaker: Mais ça s'est couplé à la crise.
Speaker: Il y avait une grève à ce moment-là, donc ça arrive souvent à Marseille au niveau des éboueurs.
Speaker: Et donc, toutes les poubelles, elle m'a dit, toutes les poubelles descendaient et partaient dans la mer.
Speaker: Donc, si en plus, on ajoute à ça l'inertie au niveau local, ça peut effectivement être terrible.
Speaker: Donc, je regarderai du côté des baléars, c'est une note d'espoir.
Speaker: Comme tu dis, j'espère que les autres îles, en tout cas, prendront la mesure de ce que font les baléars.
Speaker: C'est intéressant ce que tu dis sur le problème de la gestion des déchets en Corse.
Speaker: D'autant plus si on a un problème de gestion des déchets, on a intérêt à réduire la production de déchets et aller de plus en plus vers des systèmes où on sort de l'usage unique.
Speaker: Alors les plastiques à usage unique, mais par exemple, parfois ils sont remplacés par des goblets en carton, mais il y a toujours une conche de plastique et de toute façon c'est de l'usage unique et de la création de déchets.
Speaker: Donc vraiment, nous, notre combat, c'est de réduire l'usage des plastiques, la production de manubastique, l'usage des plastiques, mais aussi, finalement, l'usage unique de manière globale pour qu'on soit dans des choses qu'on réutilise et qui génèrent beaucoup moins de déchets.
Speaker: Tu veux évoquer un autre sujet, ce que tu m'avais évoqué à l'heure d'un fois, c'est-à-dire que parmi toutes les sources de pollution plastique, il y a différentes matières.
Speaker: On retrouve quoi en mer, en fait, aujourd'hui?
Speaker: Alors déjà, majoritairement, il y a une étude de la Commission européenne sur environ 200 plages qui montre que ce qu'on retrouve sur les plages, c'est à 80% du plastique.
Speaker: Donc, on a un vrai problème avec le plastique.
Speaker: Ensuite, ce qu'on voit, c'est qu'on a à peu près quand même un cap qui sont des déchets liés à l'activité de pêche.
Speaker: Voilà, c'est exactement les mêmes chiffres en Méditerranée, mais l'activité de pêche, les filets sont en plastique et ça génère aussi une pollution.
Speaker: Tout ce qui est aussi activité autour des huilitres, autour des moules, etc.
Speaker: Tout ce matériel est en plastique, donc ça génère aussi une pollution directe dans la mer.
Speaker: Mais la grosse partie, c'est vraiment la moitié de tous les déchets qu'on retrouve en mer, ce sont les plastiques à usage.
Speaker: Et là, ce qu'on retrouve, parce qu'après, il y a un espèce de classement des plastiques où on retrouve le plus, le premier, c'est la bouteille plastique ou le bouchon de bouteille plastique.
Speaker: Donc ça, c'est vraiment, nous, on milite vraiment pour que les gens, partout où l'eau est de qualité, que les gens passent à l'eau du robinet.
Speaker: Buvez l'eau du robinet, c'est là le savoir.
Speaker: Numéro 1, partout où c'est possible, et si jamais on a un peu de chlore, on met un filtre, enfin peu importe, on a 2000 solutions, mais vraiment, il faut abandonner la bouteille plastique pour l'eau et pour les boissons.
Speaker: C'est le premier déchet plastique et le monde qu'on retrouve sur les plages.
Speaker: Le deuxième, et ça, il y a peu de gens qui savent que c'est un déchet plastique,
Speaker: C'est le mégot.
Speaker: Et puis en fait, comme c'est petit, il y a une espèce de négligence par rapport au mégot.
Speaker: Tous les fumeurs sont habitués, une grande majorité, à jeter leur mégot.
Speaker: Franchement, ça c'est un geste.
Speaker: Il devrait y avoir plus de campagne pour condamner ce geste-là.
Speaker: Il devrait y avoir aussi des amendes parce que c'est un risque critique, c'est un risque d'incendie, c'est un risque chimique, c'est une pollution plastique.
Speaker: Le mégot, si vous voulez stop, vraiment, message aux fumeurs, si vous avez le temps de flipper, ce n'est pas pour votre santé, mais c'est votre responsabilité.
Speaker: Mais surtout, n'ayez aucun impact vis-à-vis des autres, vis-à-vis de l'environnement.
Speaker: On n'y pense pas, c'est vrai qu'on n'y pense pas.
Speaker: Je ne savais pas qu'il y avait du plastique dans les mégots.
Speaker: Non, c'est pas connu et puis on se rend pas compte parce que comme c'est un petit déchet, on fait pas attention.
Speaker: Et en fait, faut imaginer que sur tout le territoire français, il y a 30 milliards de mégots qui sont jetés par an.
Speaker: 30 milliards.
Speaker: C'est énorme.
Speaker: C'est énorme.
Speaker: Ouais, tout d'un coup, on se rend compte de ce que ça peut faire comme pollution.
Speaker: C'est énorme comme pollution.
Speaker: Donc vraiment le mégot c'est le deuxième plastique à l'usagerie qu'on retrouve.
Speaker: Après il y avait les coton-tiges maintenant ils ont été interdits.
Speaker: En revanche on retrouve beaucoup de déchets liés à la restauration nomade ou simplement au snacking.
Speaker: C'est-à-dire c'est le paquet de bonbons, le paquet de chips, ma boîte de kebab.
Speaker: Normalement elles sont interdites mais voilà.
Speaker: Tout ce qui est restauration nomade c'est très sympa de mordre en extérieur pour qu'on recueille beaucoup.
Speaker: Mais ça c'est un risque majeur de potions.
Speaker: Ok, donc on a tout ça.
Speaker: Alors, moi, j'avais vu passer une opération qui avait été faite sur le littoral corse avec des universités, donc ça avait été conjointement entre des acteurs italiens et des acteurs insulaires, autour des biomédias.
Speaker: On parle aussi beaucoup, comme le faisait un média vacuita, c'est un étant de l'arme de sirène.
Speaker: Tout ça, c'est des choses dont on en parlait depuis peu, finalement, et qui, visiblement, arrivent massivement sur certaines côtes, en fonction des courants marins, aussi.
Speaker: C'est quoi, tout ça, en fait?
Speaker: Alors, un biomédia, ce n'est pas un média qui parle d'agriculture biologique.
Speaker: Un biomédia, c'est un rouage qui est en plastique, qui est dans les systèmes d'assainissement de l'eau, dans les systèmes de filtration.
Speaker: Et en fait, quand il y a des périodes de crues, il y a une partie de ces rouages qui ressemble, en fait, ça ressemble, pour ceux qui connaissent le trivial poursuite, au petit camembert de trivial poursuite, mais ils sont en plastique.
Speaker: Ils sont un peu translucides et tout d'un coup, ils s'échappent du système de filtration quand il y a des périodes notamment de crues.
Speaker: Et donc, ils vont être véhiculés via des rivières et se retrouver sur les plages.
Speaker: Quant aux larmes de sirène, là, c'est complètement autre chose.
Speaker: En fait, c'est des petits granulés de plastique.
Speaker: qui sont la matière première de tous nos emballages, de tous nos objets en plastique, et qui vont être fondus et transformés pour faire des emballages.
Speaker: Et donc cette matière première finalement, elle est transportée, puisqu'on utilise, nos économies utilisent beaucoup de plastique, il faut transporter cette matière première.
Speaker: Et lors du transport, comme ce sont des petits granulés de moins de 5 mm qui sont dans des sacs, si jamais il y a un sac qui est ouvert, eh bien tous les petits granulés disparaissent dans l'environnement.
Speaker: Si jamais il y a un conteneur qui tombe en mer, et c'est ce qui est arrivé notamment cette année sur la façade atlantique, mais ça peut arriver en Méditerranée, eh bien là du coup ce sont des...
Speaker: des milliards de gras de plastique qui arrivent sur les plages.
Speaker: Et là, on n'est pas sur du déchet, en fait.
Speaker: On est en amont du produit.
Speaker: Et c'est ça qui est important d'avoir en tête, c'est qu'en fait, le plastique, il pollue sur ce qu'on appelle l'ensemble de son cycle de vie.
Speaker: C'est-à-dire, avant même qu'il soit un produit, dans la phase industrielle et lors des phases de transport, quand on utilise un plastique, ça, c'est important aussi de le savoir, parce qu'on n'a pas parlé trop des microplastiques, mais
Speaker: Par exemple, si on prend une veste polaire qui est faite à partir de bouteilles plastiques, elle va relarguer des millions de microplastiques au lavage.
Speaker: Et ça aussi, ça va venir terminer en Méditerranée.
Speaker: Voilà, donc on a aussi, lors de l'usage des produits en plastique, une pollution.
Speaker: Puis après, quand ils sont déchiles, ben là, voilà, c'est tout ce qu'on peut voir en termes de déchir et qu'on a vu quand on a parlé des bouteilles, des mégots, etc.
Speaker: et snacking, etc.
Speaker: Et on a des formes un peu particulières comme les biomédia également.
Speaker: Donc ça pollue à tous les niveaux, toutes les étapes du cycle de vie du plastique.
Speaker: Et en plus, on n'évoque même pas, déjà, ne soit-ce que les émissions de CO2 nécessaires et la pollution émise par la transformation du plastique.
Speaker: Fensez-moi, il y a ça aussi.
Speaker: Bien sûr.
Speaker: Il y a un autre aspect auquel on pense moins, et tu l'as un peu évoqué par rapport au lavage,
Speaker: C'est lié, c'est la santé humaine.
Speaker: Tu me disais que la pollution plastique avait un impact ultra négatif à ce niveau-là.
Speaker: Expliquons-nous, c'est quoi?
Speaker: Quel impact, ça?
Speaker: Alors, en fait, le plastique a un impact sur la santé, qu'il soit sous forme de produits ou sous forme de déchets de pollution.
Speaker: Dans les plastiques, il y a des allétypes chimiques.
Speaker: Ces allétypes chimiques sont perturbateurs en recrime.
Speaker: Donc, ces allétypes chimiques, c'est quoi?
Speaker: C'est des bisphénols, des phtalates et d'autres types d'allétypes chimiques.
Speaker: Donc on a entendu ces mots-là, phtalade, bisphénol, on sait que le bisphénol A est interdit mais pendant longtemps il n'a pas été.
Speaker: Le bisphénol S est toujours dans beaucoup de produits plastiques et il pose aussi des problèmes de santé.
Speaker: Donc la perturbation endocrinienne c'est quoi?
Speaker: C'est une perturbation du système hormonal et derrière c'est un ensemble de pathologies.
Speaker: Dans les pathologies c'est notamment la chute de la fertilité.
Speaker: Donc de manière très claire, il y a des liens entre l'utilisation de plastique, je parle même pas de pollution, et la baisse de la fertilité, des cancers, des maladies aussi type obésité, et également même des retards intellectuels.
Speaker: Quand des jeunes enfants ou les mères de jeunes enfants pendant leur process sont exposées à des phtalates, on a mesuré dans des études des conséquences pour le développement, l'acquisition du langage, le développement intellectuel.
Speaker: Ça, c'est tout le pôle adétif chéri du plastique.
Speaker: Après, il y a énormément de microplastiques autour de nous.
Speaker: On a parlé du lavage des tissus, mais il y en a qui sont liés aussi à la fragmentation des déchets.
Speaker: Donc, les microplastiques, en fait, ils sont partout.
Speaker: Ils sont dans l'air, ils sont dans l'eau, ils sont dans les sols, ils rentrent dans la chaîne alimentaire.
Speaker: Et ce qu'on dit, c'est qu'un être humain aujourd'hui, un GF, où il a environ 5 grammes de plastique par semaine, de microplastique.
Speaker: C'est l'équivalent d'une carte bancaire.
Speaker: Moi, je trouve que l'image, elle est très parlante.
Speaker: Alors, c'est la faute haute, mais quand même, 5 grammes, une carte bancaire, que ce soit sur une semaine ou sur un mois, ça fait beaucoup.
Speaker: Et donc, c'est du plastique et des alétypes chimiques qui passent dans l'autre corps, qui doivent être véhiculés dans différents organes.
Speaker: Et ça, aujourd'hui, ça inquiète de plus en plus les scientifiques parce que ça peut créer des inflammations.
Speaker: Et par exemple, on a trouvé des microplastiques dans le cerveau, dans le sang, on a trouvé, ça c'est horrible, dans le placenta, du côté fœtale.
Speaker: Donc c'est-à-dire que le bébé, il est exposé aux microplastiques avant même d'arriver sur Terre.
Speaker: Et on en a aussi dans les poumons.
Speaker: Et ça, les scientifiques disent, ça ressemble à la niante.
Speaker: Donc c'est un paquet assez inquiétant, hein?
Speaker: que je vous ai délivré en quelques minutes.
Speaker: Mais globalement, il faut avoir conscience de ça et il faut mettre à distance pour sa santé aussi l'usage de plastique.
Speaker: Alors, moi, ce qui me surprend un peu quand j'entends ça, c'est qu'on sait déjà depuis longtemps que le plastique est toxique pour la santé humaine, puisque les biberons, déjà, ne sont plus en plastique.
Speaker: Malheureusement, ma fille a bu au début dans des biberons en plastique, parce que je n'avais pas conscience de ça.
Speaker: Depuis, ce n'est plus possible, bien sûr.
Speaker: Pourquoi ce n'est pas devenu un enjeu de santé publique, à tel point qu'on légifère plus drastiquement, en fait?
Speaker: Alors, en France, on a été assez pionnié sur le bicephénol A. C'est la France qui a publié des études, qui a le premier pays qui a légiféré sur le sujet.
Speaker: C'est remonté au niveau européen.
Speaker: Mais je vais quand même dévoiler quelque chose qui est la réalité dans laquelle on vit.
Speaker: Il y a des lobbies.
Speaker: Et donc, par exemple, l'interdiction de bicephénol A au plan européen, les lobbies de l'industrie plastique se sont battus pendant des années pour que cette interdiction n'ait pas lieu au plan européen.
Speaker: qu'on a réussi pour la France, qu'on a finalement réussi au plan européen, mais ils ont utilisé tous les recours juridiques possibles pour empêcher cette interruption.
Speaker: Donc quand on se bat contre des additifs chimiques, comme quand on se bat contre les pesticides, on se bat contre des lobbies ultra-puissants.
Speaker: Et donc ça repousse les réglementations dont on a besoin.
Speaker: C'est malheureux, mais c'est comme ça.
Speaker: Et pour autant, en Europe et en France, on est dans un environnement où finalement, on va plus loin sur la protection de la santé humaine par rapport au lobby.
Speaker: Mais c'est insuffisant, ça c'est absolument ça.
Speaker: Clairement.
Speaker: Et alors du coup, maintenant qu'on sait tout ça, qu'est-ce qu'on peut faire à notre niveau?
Speaker: Je sais qu'il y a des marques, par exemple je pense à une marque de chaussures qui s'appelle Corail, qui reprend les filets de pêche et qui transforme ça en chaussures, et ça paraît tellement minime en termes d'action.
Speaker: C'est beau, c'est une belle action entrepreneuriale, mais qu'est-ce qu'on peut faire nous pour que ça aille plus vite?
Speaker: Alors, ce qu'on peut faire nous, moi je pense que vraiment les gestes individuels, ça demande un effort aux consommateurs, mais ils sont absolument indispensables parce que, un, déjà on peut protéger sa santé, on peut protéger la santé de ses enfants, donc déjà soyons purement égoïstes.
Speaker: Deuxièmement, ça va avoir un impact sur aussi l'environnement, sur notre entourage.
Speaker: Parce qu'en fait, finalement, il faut toujours des pionniers qui commencent à changer, qui commencent à réduire, qui commencent à sortir de l'usage unique, à se promener toujours avec leurs gourdes, à amener leur boîte chez leurs commerçants plutôt que d'avoir une boîte en plastique à usage unique.
Speaker: Il y a toujours des pionniers qui font ça.
Speaker: Soyez pionniers, rejoignez ceux qui sont pionniers, encouragez-les.
Speaker: Du côté des commerçants, des restaurateurs, encouragez aussi ce type d'action.
Speaker: Le problème est absolument immense, on a en fait, c'est comme pour le climat, on a quelques dizaines d'années, on n'a pas 100 ans, on a moins de 50 ans pour résoudre le problème.
Speaker: Donc on n'a pas de temps à perdre.
Speaker: Ça que je te compte, et en plus, plus on est de consommateurs, à le faire et à le faire savoir,
Speaker: C'est pour ça que c'est important qu'il y ait des podcasts, mais c'est aussi pour ça que c'est important de militer sur les réseaux sociaux, de dire « moi, je fais ce choix de consommation-là ».
Speaker: Nous, par exemple, on fait une opération qui est le No Plastic Challenge.
Speaker: On invite, pendant un mois, les gens à réduire leur usage de plastique et à le dire sur les réseaux sociaux.
Speaker: Ça envoie un message aux marques.
Speaker: Ça montre qu'il y a des mouvements de consommateurs qui veulent des offres qui soient moins emballées, moins prestifiées, qui soient réutilisables, qui soient loin de l'usage unique.
Speaker: Donc, c'est très important.
Speaker: Après, il faut arriver à faire bouger les marques.
Speaker: Et donc, c'est par ce mouvement de consommateur, mais c'est aussi par ce qu'on va faire, nous, associations, où on va essayer, et on y arrive, de pousser des réglementations qui fassent bouger les entreprises.
Speaker: Et puis après, pour vraiment finir sur une note d'espoir, parce qu'honnêtement, les enjeux sont immenses, je le répète, on a moins de 50 ans pour arriver à résoudre le problème, vraiment.
Speaker: Et surtout, il faut agir très vite.
Speaker: En fait, l'espoir qu'on a, parce que c'est un problème mondial, c'est un problème pour la Méditerranée, pour la France, mais c'est surtout un problème mondial, c'est qu'en ce moment, il y a des négociations pour qu'il y ait un traité international, et donc tous les pays membres de l'ONU ont déjà conscience du problème.
Speaker: Parce que déjà, pour...
Speaker: aller la retraiter, il faut reconnaître qu'il y a un problème.
Speaker: Ils sont plus ou moins ambitieux.
Speaker: En France, en Europe, on est ambitieux.
Speaker: On dit, dans ces négociations, il faut réduire la production de plastique.
Speaker: Et réduire tous les plastiques problématiques, les plastiques à usage unique, les adéquations chimiques toxiques, etc.
Speaker: Tous les plastiques qui se recyclent mal, parce qu'il y a toute une partie qui se recycle mal.
Speaker: Voilà, il faut réduire tout ça.
Speaker: Est-ce qu'on arrivera à convaincre tout le monde?
Speaker: Je ne sais pas.
Speaker: Je l'espère, parce que si on arrive à convaincre tout le monde, dans ce cas-là, on veut avoir l'espoir d'avoir un traité
Speaker: vraiment ambitieux, qui nous permettent de réduire cette production et de réduire toutes ces pollutions.
Speaker: Si on n'a pas traité, ce sera très compliqué.
Speaker: En espérant qu'ils ne fassent pas comme à la COP chaque année.
Speaker: En fait, la dernière était très décevante.
Speaker: Donc je croise les doigts pour ça, effectivement.
Speaker: Bah voilà, sinon moi je dirais que les actions individuelles sont indispensables mais elles ne suffiront pas si on n'a pas se traité.
Speaker: Donc voilà, c'est important qu'on arrive, qu'on soit... Il faut vraiment être à toutes les échelles, à tous les fonds.
Speaker: C'est systémique et individuel.
Speaker: C'était la question finalement que j'allais te poser puisqu'on arrive au bout de ce podcast, il y aurait plein de questions, on pourrait prendre beaucoup de temps là-dessus, mais en tout cas je pense que t'as dit l'essentiel et c'est dit simplement, donc c'est important.
Speaker: Ma question c'était est-ce que les gestes individuels sont suffisants pour changer la donne?
Speaker: Non, parce que ça vaut au niveau des entreprises, au niveau de la société au sens large.
Speaker: Tu l'as dit, il faut aussi légiférer, il faut qu'il y ait des choses plus structurantes.
Speaker: Écoute...
Speaker: Mais je ne veux pas encourager les gestes individuels non plus.
Speaker: Tu vois, c'est pas mon propos.
Speaker: Parce que si on est passif, on va avoir la catastrophe.
Speaker: Très bien.
Speaker: Eh bien écoute, le message est passé, je pense.
Speaker: Bon, moi j'étais déjà convaincu, donc c'est surtout les personnes qui nous écouteront qui se prend leur idée.
Speaker: On arrive à la fin de ce podcast.
Speaker: Merci beaucoup Muriel pour ta participation.
Speaker: J'espère que la prise de recul qu'on a eue là aura donné envie de passer à l'action.
Speaker: chez toutes les personnes qui nous écoutent et de sensibiliser nos proches, vos proches, à ce problème vital.
Speaker: Merci de nous avoir écoutés jusqu'au bout et si vous avez envie d'aller plus loin, je vous invite bien sûr à soutenir l'association No Plastic in My Sea sur son site web et dans la continuité à découvrir nos autres épisodes ainsi que tous nos reportages sur horizonte.fr.
Speaker: Merci et à très bientôt.
Speaker: Sous-titrage Société Radio-Canada





