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Travailler - Pendant le covid. Ep 2

Pendant le Covid
Pendant le Covid

24 plays · Jun 1, 2026

On discute d'Ebola et de travailler en tentant de ne pas attraper le covid

Transcript

Speaker: Bonjour, on est le 26 mai 2026 et comme on l'avait prédit à la fin de l'épisode précédent, on est toujours pendant le Covid.

Speaker: Et comme dans l'épisode précédent, même si on est censé faire un podcast sur le Covid, on va commencer par parler d'un autre virus.

Speaker: Ah, tu vas nous parler de l'épidémie d'Ebola qui s'est déclarée au Congo et qui menace déjà les pays environnants.

Speaker: Ce que j'ai appris, il y a déjà au moins trois cas en Ouganda.

Speaker: Oui, tu as vu au moins 900 cas et 200 morts.

Speaker: Apparemment, il y a eu un peu du retard pour détecter l'épidémie, à peu près deux semaines de retard.

Speaker: On imagine, on calcule.

Speaker: C'est très probablement lié à la suppression du financement USAID qui venait des États-Unis.

Speaker: que le gouvernement Trump a décidé d'arrêter.

Speaker: Et ça a produit des pénuries des tests, des gants, des masques, des personnels.

Speaker: Et du coup, tout ça fait que c'est moins rapide de détecter une nouvelle épidémie.

Speaker: Là, par exemple, apparemment, ce qui s'est passé, c'est qu'il y avait des cas et les tests qu'ils avaient,

Speaker: n'étaient pas les tests pour le bon type d'Ebola.

Speaker: Et du coup, ils revenaient négatifs.

Speaker: Donc, ils étaient en mode « Ok, donc ce n'est pas l'Ebola ».

Speaker: Et après, ils les ont envoyés dans une autre ville où ils avaient un peu des tests qui peuvent tester un peu pour plusieurs types d'Ebola.

Speaker: Et là, ils se sont dit « En fait, oui, c'est l'Ebola et c'est tel type ».

Speaker: Et du coup, ça a retardé aussi les choses.

Speaker: Plus, il y a tout un truc de conflit armé qui rend les choses encore plus difficiles.

Speaker: Oui, donc la suppression des financements a retardé la détection et ça a forcément retardé la prise en charge des patients.

Speaker: Comment ça s'est transformé, l'Ebola?

Speaker: Ben, apparemment, ça se transmet par le contact avec les sécrétions corporelles, comme le sang, la salive, la sueur, le vomi, les sels, les urines ou le sperme.

Speaker: Mais il y a des gens qui disent que si ça se transmet par la salive, c'est parce que c'est aéroporté.

Speaker: Du coup, pas une bonne nouvelle.

Speaker: Non, en effet.

Speaker: Et tu as vu le graphe des transmissions des nombres de cas par jour?

Speaker: Alors, je suis en train de le regarder et en effet, on voit les différentes épidémies d'Ebola et l'actuelle.

Speaker: Et oui, c'est impressionnant.

Speaker: Il faut s'imaginer plusieurs lignes quasiment horizontales.

Speaker: Pour les précédentes épidémies.

Speaker: Et l'actuelle, c'est quasiment une verticale.

Speaker: Oui, et apparemment c'est déjà la quatrième ou troisième pire épidémie d'Ebola jusqu'à maintenant.

Speaker: D'accord.

Speaker: Et il y a des gens qui disent qu'une trajectoire de nombre de cas aussi verticale, aussi rapide, ça peut correspondre à une trajectoire d'une maladie aéroportée.

Speaker: D'accord, donc tout pointe vers la piste de l'aéroportier.

Speaker: Ouais, et là encore pas bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de vaccin ni de traitement pour ce virus d'Ebola.

Speaker: La situation apparemment est très compliquée.

Speaker: Les gens ont peur d'aller au travail, mais ils ne peuvent pas se confiner parce qu'ils dépendent de leur travail quotidien.

Speaker: Les gens ont aussi peur d'aller à l'hôpital, parce que c'est là où il y a l'ébola.

Speaker: Et apparemment, dans des épidémies précédentes, il y a aussi beaucoup de gens qui sont morts, par exemple du paludisme, parce qu'ils ne sont pas allés à l'hôpital pour chercher des soins.

Speaker: Et du coup, c'est une catastrophe à tous les niveaux, quoi.

Speaker: Et pour toi, c'est comment de travailler pendant le Covid?

Speaker: Voilà, c'est compliqué.

Speaker: C'est compliqué de travailler pendant le Covid quand tu essayes de ne pas attraper cette maladie.

Speaker: Surtout quand tu es le seul dans ton établissement à avoir cette préoccupation.

Speaker: Et dès le début, tu étais le seul?

Speaker: Alors, dès le début, il y avait les mesures qui ont été imposées, donc le port du masque, par exemple.

Speaker: Mais bon, comme on l'a dit dans l'épisode précédent, c'était des masques chirurgicaux ou en tissu.

Speaker: On ne le savait pas encore à l'époque, mais ce n'est pas très efficace, sans compter que la ventilation de l'établissement n'est pas terrible non plus.

Speaker: Là, quand il m'arrive d'y aller...

Speaker: Je fais des relevés maintenant que j'ai mon capteur de CO2.

Speaker: Et non, la qualité est vraiment horrible.

Speaker: Je ne le savais pas non plus à l'époque, encore une fois, mais je me rends compte maintenant.

Speaker: On nous recommandait surtout de se laver les mains au gel hydroalcoolique et de désinfecter les surfaces.

Speaker: Encore une fois, on sait que ce n'était pas vraiment les mesures les plus efficaces.

Speaker: Mais bon, à l'époque, tu pensais que tu étais en train de faire...

Speaker: Le max pour la santé.

Speaker: C'est ça le pire, c'est qu'à l'époque, je me croyais bien protégé comme ça.

Speaker: Et après réflexion, je pense qu'il est impossible que je n'ai pas attrapé le Covid à cette époque-là.

Speaker: J'ai sûrement eu une ou plusieurs formes asymptomatiques, mais le temps qu'on a passé à s'exposer avec ces mesures ridicules, je ne peux pas imaginer ne jamais l'avoir attrapé.

Speaker: Mais du coup, tu avais peur d'aller au travail?

Speaker: Malgré tout, même si je me pensais protéger au meilleur des possibilités techniques, ça restait flippant parce qu'on sait que rien n'est infallible.

Speaker: On partageait l'espace, j'étais dans un open space avec les collègues, je devais aussi intervenir dans tout l'établissement, dans les différents services, donc j'étais en contact avec énormément de personnes au final.

Speaker: En plus de ça, disons que j'étais le plus sérieux dans mes mesures sanitaires.

Speaker: Certains collègues les prenaient beaucoup moins sérieusement.

Speaker: J'ai souvenir, par exemple, d'un collègue qui avait son bureau à côté du mien et il était orienté directement vers moi.

Speaker: Et c'est arrivé qu'ils toussent fortement dans ma direction, sans masque, sans mettre la main, sans mettre le coude ou quoi que ce soit.

Speaker: Mais pour faire exprès?

Speaker: Ou juste par hasard, il se trouve qu'il voulait pousser?

Speaker: Les deux cas sont arrivés, je pense.

Speaker: Je pense qu'on m'a déjà toussé dessus exprès.

Speaker: Mais cette anecdote-là, ce n'était pas le cas.

Speaker: Je pense qu'il toussait simplement.

Speaker: Mais quand il a vu que je l'ai regardé avec les yeux écarquillés,

Speaker: Il m'a juste dit, t'inquiète pas, j'ai pas le Covid, c'est parce que je fume que je tousse.

Speaker: Alors que, est-ce que tu viens de faire un test PCR?

Speaker: Non, donc tu sais pas si t'as le Covid.

Speaker: Et du coup, est-ce que vous aviez un accès un peu privilégié au test PCR ou pas?

Speaker: De saut de mémoire, il me semble qu'on nous en a fait faire un.

Speaker: Il y a eu un test PCR obligatoire, je crois bien.

Speaker: J'ai souvenir que de ça.

Speaker: Après, est-ce que sur demande, on pouvait... Je ne suis pas certain.

Speaker: C'est possible, mais je ne suis pas certain.

Speaker: Mais malgré ça, ça restait... Si c'est arrivé, ça reste sur demande.

Speaker: Donc, ce n'est pas suffisant.

Speaker: Il faut imposer les choses dans ce genre de cas.

Speaker: Et non, là, non.

Speaker: Et du coup, les gens allaient au boulot malade?

Speaker: Oui, on peut supposer que des personnes allaient travailler malade.

Speaker: Encore une fois, quand tu vois les personnes toussées et qu'elles ne font pas de test PCR, on ne sait pas ce qu'elles ont et il y a les formes asymptomatiques.

Speaker: Donc,

Speaker: Oui, c'est ça.

Speaker: Tant que l'accès aux locaux n'est pas soumis à un PCR négatif, on ne peut pas être sûr qu'il n'y a personne de malade.

Speaker: Et en plus de ça, tu sais qu'on a les jours de carence.

Speaker: Donc, même si tu sais que tu es malade, peut-être que tu vas dire « je n'ai pas envie de rater trois jours de travail sans paye ».

Speaker: Mais ça n'a pas été supprimé en 2020?

Speaker: Il me semble que ça a été supprimé à cette époque-là, mais peut-être pas dès le début, et en tout cas pas éternellement, puisqu'ils ont été rétablis au bout d'un moment.

Speaker: Et du coup, c'est à quel moment que vous avez fait du télétravail?

Speaker: Là, tu me poses une colle.

Speaker: Je ne sais plus exactement quand le télétravail a été mis en place.

Speaker: Et je ne suis pas tout à fait certain qu'il ait été mis en place cinq jours par semaine, puisqu'on est censé intervenir sur le terrain.

Speaker: Donc, il y a quand même besoin de quelqu'un sur place.

Speaker: On a possiblement eu quelques jours de télétravail par semaine, mais je ne suis vraiment plus très sûr.

Speaker: Attends, donc pendant le confinement généralisé, toi, tu n'étais pas 100% en télétravail?

Speaker: Non, nous, on n'était pas confinés comme tout le monde, puisqu'il fallait qu'on fasse tourner l'hôpital.

Speaker: Et du coup, quand on allait travailler, les trajets étaient assez étranges, puisque tout était très vide.

Speaker: Les rues, les transports, il n'y avait pas grand monde.

Speaker: Ah, ok, je ne savais pas.

Speaker: Je pense que je ne t'avais jamais posé cette question-là.

Speaker: C'est possible.

Speaker: Et donc, en fait, avec le traitement un peu compliqué de mes collègues et le fait que je me suis rendu compte que je n'étais pas du tout en sécurité, j'ai développé un trouble d'anxio-dépressif.

Speaker: Et mon médecin traitant m'a fait un certificat qui indiquait que mon état psychologique nécessitait un isolement ou du télétravail dans le contexte de la pandémie.

Speaker: Alors, quelque part, c'est bien que mon médecin traitant ait demandé à ce que je sois plus en sécurité, mais d'un autre côté, c'est frustrant de se rendre compte qu'il faut passer par la psychologisation de la volonté de ne pas attraper le Covid.

Speaker: Le fait de ne pas vouloir attraper une maladie très contagieuse, et à l'époque qui tuait encore beaucoup, même si c'est moins le cas maintenant,

Speaker: ça ne suffit pas.

Speaker: Ça ne suffit pas.

Speaker: Et si c'est que ça, non, non, tu vas travailler.

Speaker: Donc voilà, il a fallu que mon médecin estime que c'est mon état psychologique qui fait que je ne peux pas être dans mon open space avec tous mes collègues qui me toussent dessus.

Speaker: Et du coup, là, tu as été en arrêt, pas en télétravail?

Speaker: Non, alors il y a eu ce certificat et de mémoire, il n'a pas été suivi par mon employeur qui m'a laissé en présentiel.

Speaker: Et en fait, le fait que la situation dure, que je ne me sente pas du tout en sécurité, que je sois angoissé,

Speaker: Ça a mené à un arrêt de travail en effet, j'ai pas pu continuer.

Speaker: Donc j'ai eu cet arrêt de travail, j'ai été suivi par un psychiatre et j'ai eu un traitement à base d'antidépresseurs et d'anxiolytiques pendant plusieurs mois.

Speaker: Mince!

Speaker: Et tu ne pouvais pas exercer ton droit de retrait par exemple?

Speaker: Alors, le droit de retrait, je ne suis pas bien renseigné dessus, mais je ne suis pas certain que ça puisse s'appliquer à cette situation.

Speaker: Je pense qu'il faut que... La définition mentionne un danger grave et imminent pour la santé ou pour la sécurité.

Speaker: Et je pense que le Covid n'est pas considéré comme tel

Speaker: en tout cas quant à des masques chirurgicaux donc j'ai pas essayé de faire jouer mon droit de retrait mais j'ai aucune j'ai jamais entendu parler de quelqu'un qui l'avait fait et pour qui ça avait abouti en tout cas

Speaker: Ah, ok.

Speaker: Est-ce que du coup c'est, enfin, peut-être que tu ne sais pas, mais du coup c'est quelque chose qu'on peut faire tout seul ou il faut le faire avec un syndicat qui t'accompagne ou un avocat?

Speaker: Je ne veux pas trop m'avancer, mais non, je pense qu'il n'y a besoin de personne pour l'exercer.

Speaker: Par contre, à mon avis, encore une fois, sans m'avancer, sans connaissance du droit du travail, je pense que si tu exerces ton droit de retrait et qu'au final, on se rend compte que ce n'était pas justifié, là, tu peux avoir des problèmes, j'imagine.

Speaker: Parce que moi, je me rappelle avoir entendu parler... J'ai beaucoup entendu parler en 2020...

Speaker: J'avais une copine qui était dans un syndicat qui parlait de ça tout le temps.

Speaker: Il y a des collègues à elle qui l'exerçaient?

Speaker: En tout cas, ils essayaient de faire que les gens le fassent.

Speaker: D'accord.

Speaker: Mais je ne sais pas s'ils l'ont fait en fait.

Speaker: En discutant avec toi, ça me fait penser que je ne sais pas.

Speaker: Peut-être que j'aurais dû.

Speaker: Ok, du coup, là, tu étais en arrêt, tu étais avec un traitement... C'est ça, ouais.

Speaker: Donc, antidépresseur et anxiolytique, ça m'a fait du bien.

Speaker: Mon état s'est stabilisé, je me sentais mieux.

Speaker: Et donc, mon psychiatre m'a dit, il va bien falloir y retourner à un moment.

Speaker: Et j'ai pas compris puisque qu'est-ce qui a changé entre temps, à part que, ok, je vais mieux, mais si j'y retourne, je vais retomber dans le même schéma.

Speaker: Donc non, non, mais c'est comme ça, il va falloir y retourner.

Speaker: Il n'y a eu aucun aménagement, mais c'est comme ça.

Speaker: Et ça, c'était en quelle année, à peu près?

Speaker: Là, on est en 2021, courant 2021.

Speaker: Et donc là, j'avais quand même droit à deux jours de télétravail par semaine.

Speaker: Encore une fois, je ne suis plus très sûr.

Speaker: Ça devait être le psychiatre qui a demandé ça de façon transitoire pour que je revienne doucement à la normale.

Speaker: Mais quand il réfléchit, dans le contexte du Covid, deux jours de télétravail par semaine, je vois pas bien l'intérêt, puisque si je suis en télétravail jeudi et vendredi, mettons, si mon collègue est contaminant le jeudi, je suis pas là, je suis pas là le vendredi non plus, mais il sera toujours contaminant le lundi.

Speaker: Donc, je vois pas bien l'intérêt.

Speaker: C'est vraiment histoire de dire, on fait un petit geste, mais il a pas de sens.

Speaker: Voilà.

Speaker: Et bon, un autre petit geste que mon employeur a fait, c'est que j'ai été mis en isolation partielle, on va dire.

Speaker: C'est-à-dire que je n'étais plus dans l'open space, mais j'avais un bureau dédié.

Speaker: Donc c'était appréciable.

Speaker: Ça réduit les risques, clairement.

Speaker: Mais encore une fois, ce n'est pas non plus infaillible et ça reste difficile.

Speaker: C'est-à-dire que tu ne passes pas la journée dans ton bureau individuel avec ta fenêtre ouverte.

Speaker: Il faut bien que tu passes par les parties communes, il faut que tu passes aux toilettes dont on sait que c'est un lieu qui est très propice aux infections.

Speaker: En plus de ça, même si les collègues savent que t'es là et que t'es censé être isolé, ils vont souvent trouver que c'est quand même plus simple de passer la tête par la porte une minute pour te demander un truc plutôt que d'envoyer un message sur Teams ou de t'appeler.

Speaker: Sauf que la minute, elle dure jamais une minute.

Speaker: Et bon...

Speaker: Donc voilà.

Speaker: Et puis il y a des petits problèmes d'ordre très très pratiques qui se posent quand tu es dans cette situation-là.

Speaker: C'est-à-dire que, évidemment, je ne vais pas aller manger au self avec je ne sais pas combien de personnes.

Speaker: Donc j'allais manger dehors tout seul, ce qui est plutôt agréable quand il fait beau.

Speaker: Mais quand il pleut ou quand il fait très froid,

Speaker: C'est bien compliqué.

Speaker: En particulier, j'ai ce souvenir.

Speaker: Donc, il y a un parc à côté de l'établissement où je travaille, avec des bancs, mais il n'y a aucun endroit couvert, à part un tout petit abri.

Speaker: Je ne sais pas ce qu'il fout là, mais peut-être un mètre sur deux, avec une sorte de toit en pente.

Speaker: Et je ne sais pas à quoi il sert.

Speaker: Mais voilà, quand il pleuvait, je mangeais debout là-dessous comme un con, avec ma petite gamelle mal décongelée parce que le micro-ondes, il ne marche pas très bien et puis la pause, elle est courte, donc il faut quand même se dépêcher.

Speaker: Donc voilà, je mangeais ma glace au curry de je ne sais pas quoi.

Speaker: sous mon petit abri, debout.

Speaker: C'était ridicule.

Speaker: Et voilà.

Speaker: En plus de ça, quand tu travailles, parfois, tu as besoin de boire un petit peu d'eau, tu as besoin de te moucher quand tu es enrhumé.

Speaker: Je ne peux pas enlever mon masque et faire ça à mon poste.

Speaker: Donc, à chaque fois, il faut que je parte, il faut que je sorte.

Speaker: imaginons que t'es au cinquième étage ah vite j'ai le nez qui coule je vais aller jusqu'à l'ascenseur attendre qu'il arrive descendre au rez-de-chaussée traverser le couloir et sortir c'est ridicule tu mets 3 minutes à arriver dehors et pouvoir te boucher ou boire

Speaker: Ça n'a pas de sens.

Speaker: Et puis pareil, tout à l'heure, je disais que quand j'avais mon petit bureau individuel, j'avais la fenêtre ouverte.

Speaker: C'est bien.

Speaker: Encore une fois, sauf quand il fait froid, sauf quand il y a du bruit.

Speaker: En particulier, il y a eu des travaux de grande envergure dans l'établissement, dans un bâtiment voisin.

Speaker: La fenêtre ouverte, c'était extrêmement bruyant, c'était compliqué.

Speaker: Voilà, donc tous les problèmes qui se posent en plus du fait que tu te sens en danger d'attraper le Covid.

Speaker: Ouais, ouais, horrible.

Speaker: Et avec tout ça qui s'est cumulé, un beau jour, fin 2021, je me suis retrouvé incapable de mettre un pied dehors.

Speaker: Je n'arrivais pas psychologiquement, c'était impossible pour moi de retourner dans cet environnement.

Speaker: J'ai bien pris sur moi pendant longtemps.

Speaker: C'était compliqué de le faire et je l'ai fait, mais à un moment, je n'arrivais plus.

Speaker: Oui.

Speaker: Et donc j'ai prévenu mon responsable direct.

Speaker: Je n'arrive pas, je ne peux pas venir, ce n'est pas possible.

Speaker: Est-ce que je peux télétravailler aujourd'hui?

Speaker: Juste aujourd'hui, on voit demain.

Speaker: Et à l'époque, il y avait encore des masques?

Speaker: À l'époque, je ne suis même pas sûr.

Speaker: Vraiment, je ne sais plus.

Speaker: Je ne suis même pas sûr.

Speaker: Ok.

Speaker: Mais même s'il y avait des masques, ce dont je me souviens, c'est que c'était pas du tout respecté.

Speaker: C'était pas assez respecté.

Speaker: Donc ouais, ça a jamais été un endroit où tout on démasquait, même avec des chirurgicaux?

Speaker: C'est ça.

Speaker: Dès le début, c'était pas bien, quoi.

Speaker: Ce dont je parlais tout à l'heure, boire, se moucher, j'étais le seul à sortir pour faire ça.

Speaker: Donc déjà, ça fait que l'environnement n'était pas du tout sûr.

Speaker: Et en plus de ça, je crois bien qu'il y avait certains collègues qui portaient jamais le masque ou presque jamais.

Speaker: Et on ne pouvait rien leur dire, évidemment.

Speaker: T'inquiète pas, je n'ai pas le Covid.

Speaker: Et donc, je ne me trouve pas à réussir à sortir de chez moi pour aller travailler.

Speaker: Je demande à mon chef, est-ce que je peux rester en télétravail pour aujourd'hui?

Speaker: Il me dit d'accord.

Speaker: Et il se trouve qu'à ce moment-là, c'était une situation un petit peu compliquée en termes de management.

Speaker: Je crois que le directeur du département était parti.

Speaker: On était un petit peu sans chef.

Speaker: Et tout le monde était assez débordé.

Speaker: Et du coup, on n'en a pas reparlé.

Speaker: On devait en reparler pour que je revienne.

Speaker: On n'en a pas reparlé.

Speaker: je me suis fait tout petit.

Speaker: Je suis resté chez moi à télétravailler discrètement.

Speaker: Et en fait, ça a duré.

Speaker: Mais ça a duré, je crois, plus de deux ans.

Speaker: Je ne suis plus sûr, mais... Ce petit...

Speaker: Le jour de télétravail qu'on m'a accordé, c'est bien prolongé et tant mieux.

Speaker: Mais il y a quand même eu des tentatives régulières pour que je revienne.

Speaker: Comme je disais, le directeur de département était parti, au bout d'un moment il a été remplacé.

Speaker: Le nouveau, il s'est quand même dit « mais c'est qui ce mec qui vient jamais en présentiel?

Speaker: C'est bizarre ».

Speaker: Et voilà.

Speaker: Et en fait, il y a eu beaucoup de turnovers.

Speaker: On a eu plusieurs directeurs de départements qui se sont succédés.

Speaker: Et à chaque fois, il arrivait et il se disait « Mais c'est qui ce mec?

Speaker: Pour qui il se prend?

Speaker: » C'est ce que je peux comprendre.

Speaker: Mais bon...

Speaker: Et donc voilà, il y a eu plusieurs, moi j'appelle ça des assos, plusieurs assos pour me faire revenir en présentiel, auxquels j'ai réussi à échapper une fois par mon médecin traitant qui a fait un certificat, la fois suivante par le médecin du travail qui a fait un certificat, et puis ça finissait par se calmer et on me laissait tranquille quelques mois.

Speaker: Très bien.

Speaker: Et récemment, ça devait être à l'été, à l'automne 2025, il y a eu une note de la direction à tout le personnel qui disait « Maintenant, le télétravail, c'est un jour par semaine, point ».

Speaker: Évidemment, ça a recommencé.

Speaker: Ça a recommencé.

Speaker: On m'a convoqué à la métier du travail.

Speaker: Mais là, l'assaut était un petit peu plus fort.

Speaker: Donc, à la consultation, j'ai bien compris qu'il y avait une pression forte.

Speaker: Disons, on m'a fait comprendre que mon cas est un sujet.

Speaker: Mon cas est un sujet pour la direction, pour les RH.

Speaker: Ah.

Speaker: On parle de moi.

Speaker: En plus de ça, le médecin du travail qui était sur le départ, et c'est une chance, m'a dit clairement qu'on lui mettait la pression pour que je revienne en télétravail.

Speaker: Je pense que ça ne devrait pas exister, ce genre de choses.

Speaker: Je pense que la direction et les RH n'ont rien à dire à la médecine du travail.

Speaker: C'est l'inverse qui doit se passer.

Speaker: Mais là, c'était le cas.

Speaker: Et voilà, il se trouve que le médecin n'allait plus rester longtemps avec nous.

Speaker: Et elle m'a dit certaines choses, dont ça, qui m'a beaucoup marqué.

Speaker: Elle m'a dit aussi, si c'était à moi de choisir, pour votre bien-être, c'est évident qu'il faut vous laisser en télétravail.

Speaker: Donc quelque part ça m'a fait beaucoup de bien d'entendre ça du médecin du travail, mais c'est de me dire qu'elle avait forcément dit ça aussi à la direction et au RH et que ça ne les a pas empêchés de continuer à me harceler, j'appelle ça aussi du harcèlement, ça fait mal.

Speaker: Et donc, en plus de cette consultation, il a été exigé que je passe une évaluation psychiatrique.

Speaker: Encore une fois, psychologisation et psychiatrisation.

Speaker: Et donc, j'ai discuté avec un psychiatre qui m'a posé des questions, qui m'a écouté.

Speaker: Bon, il avait l'air à l'écoute.

Speaker: J'étais pas...

Speaker: J'étais assez content à la fin de l'entretien.

Speaker: Et puis, au bout d'un moment, le médecin du travail me dit « J'ai reçu le compte-rendu du psychiatre, je vous le fais suivre.

Speaker: » C'est anecdotique, mais déjà, il y avait des citations.

Speaker: Le psychiatre avait marqué des citations de moi, de mes propos.

Speaker: Qui était complètement altérée, en fait.

Speaker: Il y a eu des choses qu'il avait rapiécées.

Speaker: C'est-à-dire que quelque chose que j'avais répondu à une question et quelque chose que j'avais répondu à une autre question qu'il avait mis dans une même citation, comme si j'avais dit précisément cette phrase, et ça ne faisait plus aucun sens.

Speaker: Ça, il y en avait plein.

Speaker: Et il y avait aussi des propos que j'avais absolument jamais tenus.

Speaker: Et du coup, en lisant ce rapport, en effet, j'avais l'air complètement à la masse, voire complètement stupide.

Speaker: Donc c'était assez perturbant.

Speaker: Je ne sais pas trop quel était le but.

Speaker: Bref.

Speaker: En tout cas, la conclusion de l'évaluation psychiatrique, il disait que si on me faisait revenir en présentiel, il fallait s'attendre à un effondrement psychologique.

Speaker: Et donc, il disait qu'il ne s'opposait pas à ce retour en présentiel.

Speaker: J'ai du mal à comprendre.

Speaker: J'ai du mal à comprendre.

Speaker: Ouais, il va péter les plombs, il va aller très mal.

Speaker: Allons-y, on n'a qu'à faire ça.

Speaker: Je ne comprends pas.

Speaker: C'est incroyable.

Speaker: Ok, c'est incompréhensible.

Speaker: Voilà.

Speaker: Donc, de là, moi, j'attends avec énormément d'angoisse, bien sûr, que les informations remontent à la direction EURH.

Speaker: Et puis, curieusement, je n'ai pas eu de nouvelles.

Speaker: J'ai pas une nouvelle jusqu'au changement de la médecine du travail.

Speaker: Donc, un nouveau médecin qui m'a à nouveau convoqué, on a dû tout reprendre du début, j'ai dû tout réexpliquer.

Speaker: Et...

Speaker: Et bon, elle a choisi de me laisser en télétravail encore quelques mois et de revoir dans quelques mois où on en est.

Speaker: Parce que, encore une fois, ce que je comprends en sous-texte,

Speaker: C'est aussi qu'elle pense que c'est psychologique et qu'avec le temps, ça va s'arranger.

Speaker: Elle m'a dit aussi une phrase que j'entends beaucoup et qui est blessante de la part d'un médecin.

Speaker: Elle m'a dit « c'est aussi pour vous qu'on cherche à vous faire revenir en présentiel, c'est pas bon d'être isolé ».

Speaker: C'est pas bon d'être malade non plus.

Speaker: Pourtant là vous cherchez à me rendre malade.

Speaker: Je suis isolé par rapport à mes collègues mais pas dans ma vie personnelle où j'ai des amis qui font attention à ne pas se contaminer et à ne pas contaminer les autres.

Speaker: Donc si la préoccupation c'est juste le fait que je suis peut-être isolé, non.

Speaker: Non, non, ça va, merci.

Speaker: Je m'occupe de deux mois avec mes cercles d'amis et je n'ai pas besoin de voir mes collègues pour ne pas me sentir isolé.

Speaker: Parce que tes relations sociales avec tes collègues, est-ce que ça a été affecté par tout ça?

Speaker: Est-ce qu'eux, ils comprennent que tu fasses attention au Covid?

Speaker: Est-ce qu'eux, ils savent c'est quoi le Covid en fait?

Speaker: On n'en a jamais vraiment parlé.

Speaker: Je ne pense pas qu'ils comprennent ma démarche.

Speaker: Je ne pense pas qu'ils comprennent ma démarche.

Speaker: Ou alors ils la comprennent, mais ils ne la valident pas.

Speaker: Ils comprennent ce que je suis en train de faire, mais ils ne sont pas d'accord.

Speaker: C'est l'un ou l'autre.

Speaker: Mais je ne pense pas qu'ils soient en train de se dire qu'ils ont raison et qu'ils viennent bosser sans masque.

Speaker: Et ouais, du coup, ça a altéré en effet la relation, puisque ça met une distance.

Speaker: Ça met une distance comme ça met une distance avec toute personne qui ne comprend pas et qui n'accepte pas.

Speaker: Que ce soit collègue, famille, amis.

Speaker: Mais ce sera peut-être un sujet pour un autre épisode.

Speaker: Mais est-ce que du coup ton rapport au travail, à ton travail, a changé?

Speaker: Disons qu'il y a un petit peu d'animosité du fait que c'est si difficile, si compliqué et si douloureux de continuer à travailler en essayant de ne pas tomber malade.

Speaker: Mais d'un autre côté, je sais que ça reste une chance incroyable que j'ai d'être en télétravail actuellement.

Speaker: Je pense qu'on est vraiment très peu dans ce cas parmi les gens comme moi qui essaye de ne pas attraper le Covid.

Speaker: Et du coup, c'est un peu paradoxal, mais j'ai une certaine reconnaissance quelque part du fait de pouvoir travailler de chez moi, même si ça reste le fruit d'un combat et même s'ils cherchent à tout faire pour que ça ne dure pas.

Speaker: Mais voilà, il y a ce côté un peu étrange où je suis content d'être dans cet établissement et d'être dans cette situation assez exceptionnelle.

Speaker: Est-ce que les tâches que tu fais aujourd'hui, c'est les mêmes que tu faisais avant?

Speaker: Ou est-ce que les tâches que tu pouvais faire en présentiel te manquent?

Speaker: Ou pas du tout, au contraire?

Speaker: Alors, c'est marrant que tu demandes ça parce que quand je suis allé voir le dernier médecin du travail en date, justement, elle venait d'arriver et elle avait des problèmes informatiques.

Speaker: Et je m'en suis occupé.

Speaker: Je n'étais pas là pour ça, mais j'aime mon métier, en fait.

Speaker: Et elle l'a remarqué, elle me l'a fait remarquer.

Speaker: Elle m'a dit, mais vous voyez, ça vous plaît, ça doit vous manquer.

Speaker: Oui, mais ce n'est pas pour autant que je veux aller risquer ma santé.

Speaker: Donc, ouais, le travail en présentiel, il me manque.

Speaker: Mais voilà, j'ai fait ça.

Speaker: Elle n'avait pas de masque, la fenêtre était fermée, il n'y a aucune mesure qui est en place pour limiter les risques de contamination.

Speaker: Donc là, j'ai fait ce que j'avais à faire parce que de toute façon, j'étais là.

Speaker: Et puis même, si je ne le faisais pas, ça allait prolonger l'entretien et donc mon exposition.

Speaker: Donc,

Speaker: C'était la chose la plus intelligente à faire, même si ce n'était pas ça ma réflexion.

Speaker: Mais voilà.

Speaker: Et en effet, j'avais des tâches en présentiel de ce genre-là.

Speaker: Comme je disais tout à l'heure, j'étais amené à intervenir dans les différents services de tout l'établissement.

Speaker: Et c'est chouette.

Speaker: C'est quelque chose que j'aime parce qu'on voit plein de gens, on parle avec plein de gens.

Speaker: C'est du contact.

Speaker: Et moi, j'adore dépanner les gens.

Speaker: J'avoue quand les gens ont un problème et je le résous.

Speaker: C'est quelque chose que j'aime faire.

Speaker: Mais voilà, le côté sur site, je ne le fais plus et je le fais maintenant par téléphone.

Speaker: Ce n'est pas pareil.

Speaker: Ce n'est pas pareil, il n'y a plus de contact visuel.

Speaker: Ça me manque un petit peu, mais c'est un faible prix à payer, je trouve, pour ma sécurité.

Speaker: Et donc, oui, alors, il y a eu un peu une... En fait, il y a eu une réorganisation des tâches qui s'était déjà mise en place avant le Covid.

Speaker: Et disons qu'elle a...

Speaker: On m'a donné plus de tâches que mes collègues qui puissent se faire sans être en contact avec les gens.

Speaker: Et disons que c'était peut-être censé être temporaire, ça s'est éternisé.

Speaker: Et au final, a priori, encore une fois, j'en ai jamais parlé avec eux réellement, mais je pense que ça arrange tout le monde puisque ces tâches-là, c'est des tâches ingrates.

Speaker: C'est des tâches stupides, mécaniques, qui ne demandent aucune réflexion.

Speaker: Donc je pense qu'ils sont bien contents de ne pas avoir à les faire eux.

Speaker: Et moi, je suis bien content d'être chez moi pour les faire.

Speaker: Donc voilà, il y a ce déséquilibre là, mais qui a priori arrange tout le monde, sauf le tout dernier directeur qui lui voudrait que chaque personne dans l'équipe fasse la même proportion des différentes tâches que les autres.

Speaker: Ce que, encore une fois, je peux comprendre...

Speaker: mais ça ne tient pas compte de la situation particulière dans laquelle je suis.

Speaker: Voilà, donc pour moi, c'est pas grave.

Speaker: Si moi, je fais moins de terrain et mes collègues font moins de tâches stupides.

Speaker: J'espère qu'il comprendra ça et qu'il sera d'accord.

Speaker: Est-ce que ça impacte un peu ton évolution professionnelle?

Speaker: Je pense que oui.

Speaker: C'est dur à affirmer, mais oui, je pense qu'ils ont... Comme on est quand même en conflit, je pense qu'ils n'auraient pas envie de me faire évoluer, de m'accorder cette faveur, on va dire.

Speaker: Moi, j'ai demandé à plusieurs reprises depuis quelques années, non pas une évolution, mais un changement de mon poste.

Speaker: En fait, j'ai découvert...

Speaker: J'ai découvert une autre vocation et je pense qu'elle pourrait énormément servir à l'établissement.

Speaker: Et voilà, j'en ai parlé à mon manager qui a l'air de penser que c'est une bonne idée.

Speaker: Mais a priori, au-dessus, les différents directeurs de départements qui se sont succédés, on ne partage pas cet avis.

Speaker: Donc voilà, je reste avec mes tâches stupides et mécaniques

Speaker: Et tant pis.

Speaker: Et encore une fois, c'est un prix que j'accepte de payer pour être plus en sécurité que si je devais être en présentiel.

Speaker: Et comment tu imagines l'avenir pendant le Covid?

Speaker: Pour l'instant, j'espère que ça va continuer comme ça, aussi longtemps que possible.

Speaker: Mais je pense que ça ne durera pas indéfiniment.

Speaker: Je pense qu'au bout d'un moment, ils vont y arriver.

Speaker: C'est le médecin du travail qui fait en sorte que je suis encore en télétravail.

Speaker: Au bout d'un moment, je pense qu'il va arrêter.

Speaker: Comme le psychiatre, il va me dire « bon, il faudra bien y retourner à un moment ».

Speaker: Si ça arrive, je vais essayer de trouver un autre travail.

Speaker: Mais c'est difficile de trouver un travail à 100% dans les travails.

Speaker: Donc ça va être compliqué.

Speaker: L'autre possibilité, j'ai parlé aussi avec des syndicats qui n'ont pas été très utiles.

Speaker: Mais bon, on a échangé.

Speaker: Et eux m'ont dit une chose que m'a dit aussi un des anciens médecins du travail, c'est que ma situation, elle risque d'aboutir sur une déclaration d'inaptitude.

Speaker: C'est-à-dire que si on estime que mon travail nécessite que j'intervienne en présentiel,

Speaker: peut-être qu'on va me déclarer inapte à faire mon travail.

Speaker: Si je suis déclaré inapte, mon employeur a une obligation d'essayer de me reclasser, c'est-à-dire de me trouver un autre poste.

Speaker: Et s'il n'y arrive pas, ou s'il déclare ne pas y arriver, je pense qu'on peut aussi un petit peu jouer avec les limites, ça peut aboutir à un licenciement.

Speaker: Donc voilà, pour rester encore une fois en sécurité, le prix à payer peut être un licenciement à terme.

Speaker: Ok, et du coup, je ne sais pas, mais j'imagine que tu es le seul à être 100% en télétravail?

Speaker: dans ton établissement, c'est ça?

Speaker: Ou tu ne sais pas, tu n'as pas accès à cette information?

Speaker: Je ne suis pas censé avoir accès à cette information.

Speaker: Ok.

Speaker: Un petit oiseau m'a dit, non, je crois que j'ai vu passer... Je crois que c'était un rapport du CSE ou quelque chose comme ça.

Speaker: Mais bon, j'ai appris sans faire quelque chose d'interdit.

Speaker: J'ai appris au moins une personne qui est aussi en télétravail à cinq jours par semaine.

Speaker: Je ne sais pas les raisons.

Speaker: Je n'ai pas à les savoirs.

Speaker: mais c'est bien, je pense, d'avoir cette info dans la poche.

Speaker: Hum, bah chouette!

Speaker: De ne pas se sentir tout seul.

Speaker: Voilà, et je suis très content pour cette personne.

Speaker: Encore une fois, je ne connais pas sa situation, mais tant mieux.

Speaker: Bravo à toi, tout mon soutien, et je suis avec toi.

Speaker: On nous écoute.

Speaker: Voilà.

Speaker: Ok, ok, waouh.

Speaker: Compliqué tout le combat à... Ouais, c'est dur....garder à... Enfin, parce que pour toi, en fait, il faudrait quoi pour que tu reviennes en présentiel?

Speaker: Eh bien, justement, c'était un peu ma conclusion, c'est de dire que voilà, depuis 2020, on me harcèle pour que je revienne en présentiel.

Speaker: On fait tout pour m'y contraindre, mais on ne fait rien pour m'y encourager, on ne fait rien pour m'y aider.

Speaker: Il n'y a rien qui a été mis en place dans l'établissement ou dans mon service même pour que je sois serein à l'idée de travailler en présentiel.

Speaker: Et je parlais de ça justement avec le dernier médecin du travail et je lui disais

Speaker: S'ils mettent en place le port du masque obligatoire, s'ils mettent des purificateurs, s'ils obligent à aérer régulièrement, et peut-être, pourquoi pas, la désinfection de l'air par UV, je peux revenir.

Speaker: Je peux revenir dans ces conditions-là.

Speaker: Mais le médecin du travail n'a même pas réussi à me laisser finir ma phrase et à éclater de rire.

Speaker: en disant, mais ça n'arrivera jamais.

Speaker: Mais c'est une horreur!

Speaker: Mais elle a raison.

Speaker: Elle a raison, ça n'arrivera jamais, j'en suis convaincue.

Speaker: Oui, je sais, c'est horrible.

Speaker: C'est horrible et c'est pas normal.

Speaker: Et c'est ça la réalité de la situation.

Speaker: Pour moi, c'est ça le pire dans toute cette histoire.

Speaker: C'est que c'est pas grand-chose à mettre en place.

Speaker: Ça servirait à tout le monde, mais non, on va pas faire ça.

Speaker: Merci de nous avoir écoutés.

Speaker: Comme d'habitude, on ne sait pas quand le prochain épisode sera disponible, mais en tout cas, ce sera toujours pendant le Covid.

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