Transcript
lpaltiguzman: Bienvenue à Energy Vista !
lpaltiguzman: un podcast sur les problèmes d 'énergie où nous rendons les experts géniaux et contribuons activement au débat public et à la politique sur les commodités, la géopolitique de l 'énergie et le trade.
lpaltiguzman: I'm your host, Leslie Peltier -Guzman. It's October 2.
lpaltiguzman: 2026 et c 'est le moment d 'un nouvel épisode d 'Energy Vista.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Avant de commencer notre conversation aujourd 'hui, je voudrais prendre un moment pour mettre en place la scène.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Et regardez où nous sommes au Moyen -Orient.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Nous sommes maintenant plusieurs mois dans cette confrontation entre les États -Unis et l 'Iran.
lpaltiguzman: Et la région du Moyen -Orient reste attaquée dans ce que j 'appelle un moment sans guerre, sans paix.
lpaltiguzman: The Strait of Hormuz remains the battlefield.
lpaltiguzman: le focus et le prix de la guerre.
lpaltiguzman: plus d 'énergie est tricotée
lpaltiguzman: We know that barrels of oil are making their way.
lpaltiguzman: grâce à l 'escorte que les États -Unis et la CENTCOM offrent.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Mais ce n 'est pas un retour au normal.
lpaltiguzman: And we should not assume that Hormuz will ever...
lpaltiguzman: retourne à son original
lpaltiguzman: pré -war business as usual status.
lpaltiguzman: Il y a eu une rupture et les calculs pour les joueurs d 'énergie ont changé, ainsi que pour les gouvernements.
lpaltiguzman: La ligne basse signifie que le transit à travers les hormones peut continuer à expérimenter des disruptions périodiques.
lpaltiguzman: As long as the US and Iran remain fundamentally opposing views, I mean have still opposing views about the future of the waterway.
lpaltiguzman: Et peut -être que ce n 'est pas une mauvaise chose, selon où vous vous asseyez.
lpaltiguzman: et on peut en discuter plus tard.
lpaltiguzman: Mais une chose qui m 'a frappée depuis le début de cette deuxième round qui a commencé en février,
lpaltiguzman: c 'est le fait que l 'Europe manque en action.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Et le porteur Charles de Gaulle, qui était au début de la région, est sorti en juin après avoir signé le mémorandum de compréhension.
lpaltiguzman: Nous savons que ce mémorandum de compréhension n 'a pas été un grand succès.
lpaltiguzman: Mais qu 'est -ce qui s 'est passé avec les efforts multinationaux ? Après le début de la deuxième ronde, il y a eu une discussion sur si les Britanniques et les Français pouvaient lider.
lpaltiguzman: une coalition au support de la liberté de navigation.
lpaltiguzman: Mais l 'idée que telle force opère
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: The idea floated only when things would have calmed down.
lpaltiguzman: ou quand la voie d 'eau aurait été réouvrie.
lpaltiguzman: Mais si les choses ne vont pas...
lpaltiguzman: countdown and if it's not never reopen that raise a difficult question for europe but also for asia
lpaltiguzman: Oui, l 'Europe n 'a pas choisi cette guerre.
lpaltiguzman: Mais ce sont ceux qui souffrent.
lpaltiguzman: its consequences right now, notably with elevated energy prices. So the question becomes...
lpaltiguzman: Plus tôt ou plus tard, quel est le prix de l 'action délayée ?
lpaltiguzman: Et comment nous nous ajustons à cette nouvelle réalité ? Et qu 'est -ce que nous faisons ?
lpaltiguzman: Peut -être que les pays européens n 'ont pas les capacités militaires pour faire quelque chose.
lpaltiguzman: Peut -être qu 'il n 'y a pas d 'appétit politique. Et peut -être que la Russie est une plus grande préoccupation immédiate.
lpaltiguzman: Mais si la disruption du Hormuz devient une feature durable du paysage,
lpaltiguzman: Est -ce que l 'Europe et les consommateurs asiatiques restent vraiment sur les frontières ?
lpaltiguzman: Donc...
lpaltiguzman: c 'est
lpaltiguzman: Aussi sur...
lpaltiguzman: Who is going to ensure?
lpaltiguzman: l 'architecture de sécurité des chaînes d 'électricité dans le futur.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Et cela me ramène à la conversation d 'aujourd 'hui. Je suis très heureuse de vous accueillir, Michael.
lpaltiguzman: Benhamou.
lpaltiguzman: He is a military expert. He is co -director at...
lpaltiguzman: qui est basée à Bruxelles.
lpaltiguzman: une consultation sur le plan militaire et la défense.
lpaltiguzman: Et il enseigne une classe à...
lpaltiguzman: Paris Dauphine, Université, introduction to military planning.
lpaltiguzman: Il est aussi un ancien conseiller politique pour les armées armées françaises, pour le NATO.
lpaltiguzman: et de l 'UE pendant les opérations militaires.
lpaltiguzman: notamment au Kosovo, l 'Afghanistan, la Libye et le Golfe Persien. Et il a juste...
lpaltiguzman: authored a book.
lpaltiguzman: félicitations
lpaltiguzman: qui s 'appelle « Un guide pratique sur la diplomatie armée pour le 21ème siècle ».
Michael: Merci.
lpaltiguzman: So with Michael, I'm very excited to have you join the podcast today. And we're going to look at energy from the perspective.
lpaltiguzman: d 'une perspective que nous n 'entendons pas assez, je pense, qui est la perspective de l 'armée en elle -même.
lpaltiguzman: parce que nous savons que
lpaltiguzman: Pour pouvoir l 'armée, vous avez besoin...
lpaltiguzman: l 'énergie, le carburant, l 'avion, le véhicule, les bases, la communication.
lpaltiguzman: Tout cela se passe pendant que...
lpaltiguzman: quand les forces sont sous stress.
lpaltiguzman: So, we'll ask...
lpaltiguzman: Floor aussi, pas seulement la situation de Hormuz maintenant, mais aussi comment les militaires pensent sur la sécurité énergétique.
lpaltiguzman: Hi, welcome Michael.
lpaltiguzman: On va changer.
lpaltiguzman: Et on va continuer la conversation en français.
lpaltiguzman: Bonjour Mickaël !
Michael: Bonjour Leslie.
lpaltiguzman: Merci de me joindre aujourd 'hui sur le Energy Vista Podcast. Comme je l 'ai mentionné, on a...
lpaltiguzman: On va discuter de plein de choses.
lpaltiguzman: J 'ai vu dans ta biographie que tu es montée sur le Charles de Gaulle Aircraft Carrier.
lpaltiguzman: et que tu as...
lpaltiguzman: Parle -nous un peu de ce moment dans ta vie, mais surtout, où est ce aircraft carrier maintenant ?
lpaltiguzman: ce porte -avions.
lpaltiguzman: Et pourquoi il n 'est pas resté dans la région alors que les Français et les Anglais paraissaient déterminés à...
lpaltiguzman: se positionner pour maintenir une certaine sécurité dans la mer Rouge par rapport au Russie.
lpaltiguzman: ou une fois que le Strait of Hormuz serait ouvert, peut -être d 'avoir une présence dans la région.
Michael: Merci pour ces questions, c 'est vrai j 'étais à bord l 'an dernier.
Michael: de Toulon jusqu 'à Lombok, l 'Indonésie. C 'était une mission passionnante.
Michael: Et c 'est un moment très fort dans une carrière.
Michael: Parce que le porte -avions pour la France, comme pour d 'autres pays, c 'est...
Michael: le fleuron technologique d 'une armée, c 'est là où se concentre
Michael: le meilleur de l 'aviation, des forces spéciales.
Michael: du renseignement.
Michael: Merci.
Michael: du naval bien sûr, des forces navales, puisque le porte -avions est escorté de frégates, de bâtiments ravitailleurs, de sous -marins, donc c 'est un dispositif qui est assez impressionnant.
Michael: Qu 'ils soient Français ou Américains, bien sûr que les Américains ont des capacités encore supérieures.
Michael: Et leurs vaisseaux, leurs navires sont en général 40 à 50 % plus gros que ceux des Français.
Michael: Pour ensuite répondre à ta question, ce qui s 'est passé cette année, c 'est que...
Michael: Nous n 'avons pas fait partie, nous Français et Européens, de la planification américaine et israélienne.
Michael: contre l 'Iran le 28 février.
Michael: C 'est très important ce travail de planification, c 'est là où se bâtit la confiance d 'une coalition.
Michael: Sous -titrage FR ?
Michael: C 'est par exemple ce qui s 'était passé dans les Balkans dans les années 90, ce qui s 'était passé aussi en Afghanistan.
Michael: européens et américains s 'étaient rassemblés à Bruxelles et ailleurs, à Londres, à Paris, à Washington, pour parler.
Michael: des opérations qui allaient commencer.
Michael: et pour faire ce qu 'on appelle une génération de forces, c 'est -à -dire une répartition des moyens qui sont alloués.
Michael: sur le théâtre qui va bientôt s 'ouvrir, que ce soit le Kosovo, la Bosnie, l 'Afghanistan et même l 'Irak de George W. Bush.
Michael: Et si tu veux...
Michael: Ce travail -là de planification en collectif n 'a pas été fait.
Michael: par Donald Trump et aussi par Benjamin Netanyahou, et donc c 'est extrêmement compliqué pour un pays.
Michael: de s 'insérer dans un dispositif militaire
Michael: dont on ne connaît même pas le cadre juridique dont on ne connaît pas
Michael: l 'objectif, les effets recherchés, comme on dit à l 'armée.
Michael: et dans une région qui est une région extrêmement stratégique pour les intérêts français, voire même vitale, et on le voit aujourd 'hui en station essence et au supermarché.
Michael: Et donc on ne peut pas en tant que...
Michael: – Sous -titrage FR 2021
Michael: France ou même Angleterre ou Allemagne, se lancer dans une aventure.
Michael: dont on n 'a même pas été prévenu
Michael: Et face à un pays, l 'Iran, qui n 'est certainement pas un pays ami,
Michael: mais qu 'on ne peut pas se mettre à dos comme ça.
Michael: sur un coup de tête parce que nous, Français et Européens,
Michael: On sait.
Michael: Quel est le pouvoir de nuisance de l 'Iran ?
Michael: Nous avons une mémoire qui est celle des années 80.
Michael: qui ont été dramatiques au Moyen -Orient dans le rapport de force avec l 'Iran.
Michael: Merci.
Michael: Et donc c 'est un pays que...
Michael: Les Français et les Européens connaissent très bien, c 'est un régime.
Michael: que nous connaissons très bien.
Michael: que nous essayons de gérer.
Michael: comme on peut.
Michael: et cette opération du 28 février.
Michael: très clairement n 'est pas du tout une bonne idée.
Michael: pour une future architecture sécuritaire et énergétique.
Michael: – Sous -titrage FR 2021
Michael: dans les années à venir. Et donc la France aujourd 'hui, elle est dans une situation d 'incertitude, l 'Europe en général.
Michael: Parce qu 'effectivement...
Michael: Nous n 'avons pas aujourd 'hui les moyens, je pense, suffisants
Michael: et aéronavale pour vraiment...
Michael: peser au Moyen -Orient actuellement, sachant que nous sommes extrêmement pris en Ukraine, autant plus que les Américains ont quasiment abandonné l 'Ukraine. C 'est depuis 18 mois. Le Congrès américain...
Michael: Le Pentagone ne donne quasiment plus aucun fonds à l 'Ukraine et donc c 'est l 'Europe aujourd 'hui qui complète cette addition -là.
Michael: à hauteur d 'à peu près 80 -90 milliards chaque année.
Michael: ...
Michael: Et...
Michael: Pour le Moyen -Orient, il reste effectivement des moyens qui sont assez contraints face à un pays, encore une fois, qui est très grand, très organisé militairement.
Michael: – Sous -titrage FR 2021
Michael: Voilà.
Michael: Et...
Michael: et dont il n 'est pas facile d 'imaginer une parade militaire aisée.
Michael: Et donc oui, la France aujourd 'hui, elle parle beaucoup aux Américains.
Michael: Elle est présente, mais certainement pas dans une opération.
Michael: Offensive.
Michael: et qui a été décidé, encore une fois, sans aucune coordination avec Paris, Londres ou Berlin.
lpaltiguzman: Alors, je ne connais pas le...
lpaltiguzman: Je ne connais pas la façon dont les États -Unis et Israël ont décidé de...
lpaltiguzman: militairement de planifier et s 'il y avait un élément de surprise qu 'ils voulaient garder, pas inclure, inclure, prévenir, pas prévenir qui.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Mais une fois que c 'est la nouvelle réalité sur le terrain,
lpaltiguzman: Est -ce que tu crois que...
lpaltiguzman: Sachant que les Européens et les Américains ont longtemps travaillé ensemble avec l 'OTAN,
lpaltiguzman: et ils ont des expériences de collaboration, d 'intégration de leur armée.
lpaltiguzman: Est -ce que tu penses que l 'Europe est amenée ou l 'OTAN est amenée à...
lpaltiguzman: être plus impliquée,
lpaltiguzman: Parce que voilà, on voit que l 'escorte américaine actuelle des bateaux
lpaltiguzman: fonctionne.
lpaltiguzman: Le blocus économique fonctionne.
lpaltiguzman: Euh...
lpaltiguzman: Et donc c 'est peut -être amené à durer.
lpaltiguzman: Est -ce que tu crois qu 'une frigate française, et je pense que j 'ai vu un...
lpaltiguzman: une nouvelle récente.
lpaltiguzman: qu 'il y avait une frégate française sur le terrain.
lpaltiguzman: peut -être pour aider plus de bateaux à passer.
lpaltiguzman: à travers Hormuz, est -ce que tu crois que c 'est quelque chose qui peut être amené à se multiplier ?
lpaltiguzman: Durée.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Et je crois que ce sera le bienvenu par les Américains qui ont demandé de l 'aide depuis le début de ce...
lpaltiguzman: second heure.
lpaltiguzman: Second passage à la guerre.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: Oui, on a l 'impression qu 'il y a une répartition des tâches entre américains et européens.
Michael: Les Américains ont dit depuis à peu près deux ans que la mer Rouge, ça ne les intéressait pas. Qu 'est -ce que c 'est la mer Rouge ? C 'est ce couloir qui...
Michael: et au sud du canal de Suez et qui permet
Michael: aux Européens d 'accéder à l 'Asie et aux Asiatiques d 'accéder à l 'Europe.
Michael: Donc ce couloir -là, en fait, il impacte très peu l 'économie américaine puisque seulement 2 à 3 % des flux marchands américains passent par la mer Rouge.
Michael: Mais par contre, 30 % à peu près.
Michael: des flux marchands asiatiques et européens passe par la mer. Donc les Américains ont dit...
Michael: Il y a à peu près deux ans, écoutez, nous allons bientôt nous désinvestir de ce couloir -là.
Michael: Sous -titrage FR ?
Michael: Merci.
Michael: Ce qui ne fait pas du tout les affaires d 'Israël, au passage, et bien évidemment ce qui ne fait pas les affaires...
Michael: des Européens qui du coup doivent aussi...
lpaltiguzman: Sur ça, si je peux t 'interrompre, quand les Américains ont signé bilatéralement avec les Roussis du Yémen en mai 2025,
Michael: Merci.
lpaltiguzman: Je pense que tout à fait Israël n 'était pas très content d 'avoir été exclu parce qu 'ils étaient encore en train de se recevoir des missiles.
lpaltiguzman: Donc les États -Unis ont fait ce...
lpaltiguzman: ce deal bilatéral. Et là, de nouveau, une fois que l 'Arabie saoudite a été touchée cette année par les Russies...
lpaltiguzman: De même, les États -Unis ont refusé d 'aider l 'Arabie saoudite.
lpaltiguzman: Et on était directement parlé au Roussi pour dire que le deal bilatéral américain -Roussi est encore en vigueur.
lpaltiguzman: Voilà.
Michael: Oui, c 'est à dire que...
Michael: On pourrait en parler pendant un certain temps, mais j 'essaie d 'abord de répondre à tes premières questions.
lpaltiguzman: Au revoir.
Michael: Euh...
Michael: sur ce que tu as dit sur les nouvelles réalités.
Michael: les nouvelles réalités en fait on sait pas justement quelle est la nouvelle réalité aujourd 'hui et on a plutôt l 'impression que dans le monde actuel
Michael: Les nouvelles réalités sont régionales.
Michael: puisque la puissance américaine est sur le déclin et que l 'armée américaine se retire du monde.
Michael: Il y avait...
Michael: 500 -600 000 soldats américains.
Michael: dans le monde présent, expatriés, il y a à peu près 30 ans.
Michael: Aujourd 'hui, il n 'y a plus qu 'à peu près 200 000 soldats américains expatriés, répartis dans différentes bases, donc il y a une division par trois.
Michael: Sous -titrage FR ?
Michael: Et avec Trump, évidemment, ce chiffre est encore baissier.
Michael: Merci.
Michael: comme cette couverture militaire américaine est en train de se retirer de toutes les régions.
Michael: En fait, chaque géographie revient à elle -même, et c 'est le cas en Europe.
Michael: De plus en plus, les Européens sont face aux Russes.
Michael: Et au Moyen -Orient, sans les Américains, on retrouve des tensions régionales et aussi des opportunités régionales. On le voit avec ce deal entre...
Michael: cette alliance militaire entre Pakistan saoudien et turc.
Michael: La nouvelle réalité, c 'est ça.
Michael: C 'est...
Michael: en fait une région qui maintenant négocie entre elles mêmes et ça a commencé dès le mois de mars ça j 'en ai parlé
Michael: tout de suite en public dès le mois de mars, qu 'en vérité, la vraie négociation n 'a plus lieu.
Michael: je pense, entre américains et iraniens, elle a lieu en fait entre acteurs régionaux.
Michael: c 'est -à -dire iranien d 'un côté
Michael: Et puis de l 'autre côté, saoudien, pays golfique.
Michael: et puis l 'Égypte aussi un peu plus loin, et Israël bien sûr, qui cherche à peser dans ces conversations, même si c 'est compliqué pour Israël, puisque ça reste un pays...
Michael: de relativement petite taille et qui est très peu appréciée dans la zone.
Michael: Mais forcément...
Michael: Merci.
Michael: saoudiens et aussi iraniens ont quand même intérêt à ce qu 'Israël ne soit pas trop exclu de ces dialogues -là, de façon à préserver une relative stabilité.
Michael: de long terme donc en fait c 'est ça qui est en train de se passer et dans ce cadre là
Michael: Tout le monde se demande...
Michael: Deux choses, combien de temps les Américains peuvent tenir ce rythme aéronaval ?
Michael: C 'est vrai, il y a un effort qui est fait, qui va continuer, qui je pense est conjoncturel, qui est dû aux élections à venir du 3 novembre. Effectivement, Trump remet un troisième porte -avions.
Michael: Mais je pense que c 'est pour faire passer le message aux Iraniens qu 'il ne faut pas faire de bêtises.
Michael: avant les élections.
Michael: en Israël le 27 octobre et puis ensuite les élections américaines du 3 novembre. Je ne sais pas si cet effort peut être maintenu vraiment dans la durée.
Michael: Et puis effectivement, côté iranien, une inconnue sur cette économie qui s 'est...
Michael: Merci.
Michael: Euh...
Michael: qui s 'est contracté.
Michael: à hauteur de 20 à 30 % à peu près. C 'est quand même une baisse de pouvoir d 'achat très conséquente pour les Iraniens.
Michael: – Sous -titrage FR 2021
Michael: mais qui pour l 'instant ne se révoltent pas puisqu 'ils ont été...
Michael: – Sous -titrage FR 2021
Michael: violemment massacrés en début d 'année par le régime. 30 à 40 000 personnes ont été tuées, ce qui...
Michael: a tendance aujourd 'hui à calmer encore certaines ardeurs.
Michael: Merci.
Michael: Donc voilà, des inconnus bien sûr, comme dans toute guerre.
Michael: mais on a en fait dans l 'ensemble surtout l 'impression que la tendance est régionale et que nous allons avoir
Michael: un accord...
Michael: principale, ça va être entre iraniens d 'un côté et puis...
Michael: pays sunnite, pétro -monarchie sunnite de l 'autre. Mais effectivement, il faudra que cet accord soit...
Michael: validé d 'une façon ou d 'une autre par les américains
Michael: à un moment donné, soit par Trump
Michael: Et si ce n 'est pas Trump, parce qu 'il n 'aura pas la...
Michael: la modestie ou l 'humilité de le faire, par le prochain président américain.
Michael: qui à ce moment là
Michael: d 'une certaine façon, concèdera une défaite stratégique américaine en acceptant un tel accord.
lpaltiguzman: C 'est très intéressant tout ce que tu dis. Je pense que laisser l 'Iran en fait...
lpaltiguzman: être aux manettes de négocier un accord avec ses voisins.
lpaltiguzman: En fait, c 'est ce que l 'Iran cherche. L 'Iran cherche à mettre à l 'écart les États -Unis et veut un retrait américain de la région.
lpaltiguzman: Depuis le début, l 'Iran cherche à négocier bilatéralement avec Oman, par exemple.
lpaltiguzman: ou à attaquer chaque pays de la région.
lpaltiguzman: de façon stratégique.
lpaltiguzman: pour après avoir des accords.
lpaltiguzman: bilatéraux de 1 à 1.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: et a été très intelligent par rapport à ça. Je pense que depuis...
lpaltiguzman: Il y avait quelques semaines, on parlait de cet accord potentiel entre l 'OMAN et...
lpaltiguzman: diront...
lpaltiguzman: C 'est un échec pour le moment.
lpaltiguzman: Mais aussi, ce qu 'il faut rappeler, c 'est que tous les pays de la région ne s 'entendent pas et ont différentes stratégies et objectifs.
lpaltiguzman: L 'Arabie saoudite a sa propre vision, les Émirats aussi.
lpaltiguzman: Bahreïn, chaque pays en fait, ça ne va pas être facile je pense de mettre tout le monde d 'accord.
lpaltiguzman: Et c 'est surtout qu 'un accord qui mettrait l 'Iran au centre...
lpaltiguzman: dans le sens où c 'est eux qui pourront encore avoir un contrôle.
lpaltiguzman: sur le trafic ou sur les revenus.
lpaltiguzman: va perpétuer cette situation d 'imprévisibilité et d 'incertitude.
lpaltiguzman: Donc je pense que...
lpaltiguzman: Et après, qui va garantir l 'architecture et la sécurité de cet accord ?
lpaltiguzman: du passage.
lpaltiguzman: Mais je pense que pour en revenir aux Européens, les Européens ne veulent pas d 'un Iran nucléaire.
lpaltiguzman: avec l 'arme nucléaire et veulent un retour à un passage ouvert.
lpaltiguzman: parce qu 'aussi ça ouvre une boîte de Pandore pour d 'autres eaux internationales.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Et de nouveau, comme tu l 'as mentionné, ce n 'est pas les Américains qui... Les Américains voient une augmentation...
lpaltiguzman: du prix de l 'essence, etc., mais beaucoup moindre que ce qu 'on voit en Asie ou en Europe.
Michael: Merci.
lpaltiguzman: Et les États -Unis ont une abondance d 'énergie. On est vraiment dans un...
lpaltiguzman: – Sous -titrage FR 2021
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: dans une situation différente parce qu 'on n 'est pas aussi importateur que ça dépend pour quel fuel, etc. Mais c 'est un marché global, bien sûr, mais la situation n 'est pas la même.
lpaltiguzman: en termes d 'importance stratégique.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Et aussi, il y a
lpaltiguzman: On a beaucoup d 'expérience.
Michael: Non, c 'est vrai tout ça.
lpaltiguzman: Mets.
Michael: Salud.
Michael: Mais pour reprendre ce que tu as dit depuis le début, commenter ton commentaire.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: en fait le
Michael: C 'est une situation surprenante au moins, parce que les Américains étaient en train de planifier leur retrait.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: quasiment finale du Moyen -Orient avant cette attaque du 28 février.
Michael: Il n 'y avait plus que 30 000 soldats américains au mois de janvier.
Michael: En 2026, au Moyen -Orient, les Américains parlaient du retrait
Michael: d 'Irak, qui d 'ailleurs a été effectuée il y a quelques jours, il n 'y a plus de force américaine permanente maintenant en Irak, il y a...
lpaltiguzman: Oui.
Michael: quelques consultants, ça et là, mais...
Michael: Même chose en Syrie.
Michael: En Jordanie aussi on voit quand même une force américaine en réduction.
Michael: On a des bases américaines qui sont maintenant attaquées par les Iraniens et dont on ne sait pas trop si elles vont...
Michael: Merci.
Michael: être réhabilité.
Michael: Beaucoup de commentateurs américains disent que ça ne vaut pas le coup de reconstruire ces bases.
Michael: En fait...
Michael: Cette opération du 28 février accélère une planification qui était déjà en cours, qui était une planification de quasi -retrait, en fait de retour aux années 80.
Michael: Merci.
Michael: de retour à ce que les américains avaient au moyen -orient avant
Michael: la fin de la guerre Iran -Irak, dont je rappelle que l 'enjeu était déjà hors mousse en 88.
Michael: Il y avait déjà des tensions.
Michael: exercé par les rangs sur remous en 88,
Michael: Et puis évidemment l 'opération en 1991 au Koweït qui a vraiment à accélérer l 'arrivée de l 'armée américaine dans cette région.
Michael: Et là, aujourd 'hui, on a un retour à une situation pré -88 où on avait des bases américaines.
Michael: ça et là, répartis pour des raisons logistiques, mais qui n 'ont pas vraiment le même poids opérationnel qu 'avant.
Michael: Alors encore une fois, ça donne un Moyen -Orient effectivement différent.
Michael: qui revient à ces rapports de force classiques, historiques.
Michael: avec quatre pays quand même dominants.
Michael: comme depuis...
Michael: longtemps je dirais, les Iraniens.
Michael: les Turcs, les Égyptiens.
Michael: Les Saoudiens.
Michael: Et puis un cinquième pays qui a du mal à se positionner, qui est Israël.
Michael: avec une taille bien différente des 4 premiers.
Michael: et un positionnement
Michael: bien particulier dans cette région. Donc voilà où on en est, en fait, on est dans une situation...
Michael: ou les pays moyens de la région.
Michael: redeviennent des pays dominants.
Michael: Et le reste est périphérique en fait. Et le Golfe Persique...
Michael: quelque part redevient périphérique.
Michael: avec le départ américain. C 'est -à -dire que pendant...
Michael: 10 ou 20 ans, les pays du Golfe Persique étaient des acteurs diplomatiques dominants du Moyen -Orient, par défaut.
Michael: Puisqu 'en fait, les grands pays étaient mis en chaos par les guerres, que ce soit les Iraniens, les Irakiens.
Michael: Et là, on a maintenant un retour de ces pays, de ces puissances moyennes.
Michael: et on va voir si elles arrivent à s 'entendre et à éviter une guerre trop puissante.
Michael: Moi, je ne crois pas nécessairement qu 'il y aura de l 'instabilité.
Michael: avec ce nouveau Moyen -Orient à 4 ou à 4 ,5 avec Israël.
Michael: – Sous -titrage FR 2021
Michael: C 'est pas nécessaire, la guerre n 'est pas...
Michael: peut être évité. Je pense qu 'il faut inventer de nouveaux formats de conversation.
Michael: Sous -titrage FR ?
Michael: Il faut faire preuve aussi d 'une certaine souplesse.
Michael: On est dans un siècle...
Michael: quand même de stagnation, voire de déclin, où en fait on n 'a plus les moyens d 'avant, on n 'a plus de croissance, on a le changement climatique.
Michael: On a des budgets qui sont quand même très contraints et donc en fait, on ne peut pas...
Michael: planifié en grand et on ne peut pas non plus...
Michael: diplomatiquement utiliser des mots trop absolus.
Michael: trop trop ambitieux il faut
Michael: Merci.
Michael: faire des compromis, parler à des gens qu 'on n 'aime pas forcément.
Michael: Merci.
Michael: Et c 'est ça la clé, je pense, pour un Moyen -Orient qui...
Michael: Sous -titrage FR ?
Michael: Merci.
Michael: Merci.
Michael: qui évite la guerre et qui permet toujours le commerce entre les différentes régions du monde.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: On va définitivement voir des nouvelles alliances.
lpaltiguzman: Oui, des vainqueurs, des perdants dans tout ça.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Je suis plutôt d 'accord sur le fait que le détroit d 'Hormuz peut devenir aussi moins stratégique.
lpaltiguzman: Et...
lpaltiguzman: Je pense que les pipelines, par exemple, les gazoducs, les...
lpaltiguzman: Ce sont aussi potentiellement des cibles dans la guerre, mais il va y avoir beaucoup plus de...
lpaltiguzman: De... Oui.
lpaltiguzman: d 'essayer de contourner le passage.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Que ce soit l 'Irak...
lpaltiguzman: où les Émirats vont construire d 'autres alternatives. Moi, ça va prendre du temps.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Non mais ça c 'est... bon.
lpaltiguzman: On est encore au début, je pense qu 'on n 'a pas du tout écrit...
lpaltiguzman: les prochaines pages encore.
lpaltiguzman: Je pense que la puissance américaine se reconcentre aussi sur l 'hémisphère ouest.
lpaltiguzman: Et ça, c 'est un concept
lpaltiguzman: qu 'on entend beaucoup et de plus en plus aux États -Unis.
lpaltiguzman: Et donc il va y avoir beaucoup de synergies entre les différents pays de l 'hémisphère ouest, que ce soit pour les ressources énergétiques.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: ou aussi d 'un point de vue sécurité, et donc c 'est à regarder de plus près.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Je te propose, Mickaël, de passer...
lpaltiguzman: à la deuxième partie de notre podcast qui est de comprendre mieux comment les militaires
lpaltiguzman: planifient leur opération et comment ils pensent l 'énergie quand ils sont en guerre en fait. Et même avant la guerre, comment être sûr d 'avoir assez d 'approvisionnement.
lpaltiguzman: pour mener toutes les opérations à bien.
Michael: Oui, c 'est une question très importante de soutien.
Michael: plus valorisé dans l 'armée américaine, qui est une armée d 'ingénieurs, beaucoup plus que les armées européennes, qui sont plus littéraires.
Michael: Quand on est en tête de promo dans une armée européenne, on choisit les opérations, on choisit le renseignement.
Michael: On ne choisit pas le soutien logistique et énergétique en premier.
Michael: Mais ces choses -là changent. Pourquoi, Leslie ?
Michael: Il y a 30 ans, le baril était à 20 dollars.
Michael: Quand on a par exemple planifié l 'opération en Afghanistan,
Michael: qui est un pays enclavé, montagneux, difficile d 'accès, on l 'a planifié avec un baril à 20.
Michael: Et je parlais avec un colonel d 'une armée européenne qui me disait qu 'on ne pourrait pas faire l 'Afghanistan aujourd 'hui en 2026 avec un baril à 90.
Michael: Ça coûterait trop cher en fait parce qu 'il faudrait transporter trop de choses en avion.
Michael: en camion, et donc en fait on ne pourrait pas se permettre l 'Afghanistan tel qu 'on l 'a fait il y a 20 ans avec 150 000 hommes.
Michael: Et aussi femmes, rappelons qu 'il y avait...
Michael: à peu près 5 à 10 % de femmes.
Michael: Donc ces questions énergétiques sont de plus en plus...
Michael: importantes et font l 'objet de plus d 'attention aussi des politiques.
Michael: Alors après sur le terrain c 'est toujours intéressant, il y a des zones où effectivement les contacts humains sont très importants.
Michael: où on rencontre, nous militaires, beaucoup d 'ingénieurs de sociétés de pétrole, c 'est vrai qu 'il y a, ou de gaz, c 'est vrai qu 'il y a 20 ans...
Michael: Ces sociétés -là nous prenaient assez peu au sérieux, elles avaient leurs propres équipes de sécurité, elles ne voyaient pas trop l 'intérêt de cette présence militaire.
Michael: Merci.
Michael: Il y a des exercices qu 'on faisait, notamment dans le Golfe Persique. Les choses ont beaucoup changé, bien sûr, depuis six mois.
Michael: et les contacts maintenant sont très importants entre les ministères des armées et les entreprises
Michael: pétrolière et aussi de transport.
lpaltiguzman: Donc tu parles d 'anthropo...
Michael: Donc là on a un rapprochement vraiment important.
lpaltiguzman: Tu parles d 'entreprise privée.
lpaltiguzman: qui assistent.
Michael: Oui, d 'entreprises privées, bien sûr.
lpaltiguzman: Dans la logistique.
lpaltiguzman: Est -ce qu 'il y a des risques là dans la chaîne d 'approvisionnement ?
Michael: Oui.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Disons qu 'il y a un...
lpaltiguzman: En tant que...
lpaltiguzman: qui transporte du pétrole.
lpaltiguzman: Mais la propriété du tanker est chinoise, disons.
lpaltiguzman: Est -ce qu 'il y a des questions qui se posent ?
lpaltiguzman: Est -ce qu 'à tout moment, on est garanti que le cargo de pétrole va arriver en tant que guerre ? Et si jamais on est en guerre avec la Chine ?
lpaltiguzman: Est -ce qu 'il y a un risque que ce cargo soit détourné et n 'arrive pas à...
lpaltiguzman: pour approvisionner nos forces.
Michael: Oui, il y a toujours ce souci là, même si cette situation n 'est pas arrivée.
Michael: Merci.
Michael: récemment, en tout cas sur ces questions -là pétrolières, on a...
Michael: de la part des chinois un jeu.
Michael: de raréfaction d 'approvisionnement sur les minerais rares ça on le sait déjà pour l 'instant ça n 'est pas le cas sur le pétrole aussi parce que les chinois ne maîtrisent pas ce marché ils maîtrisent 80 % du marché des minerais rares donc ils peuvent se permettre de jouer
Michael: rapport de force là -dessus.
Michael: mais pas trop sur le pétrole.
Michael: Non, par contre, ce qu 'on voit à cause des guerres, Leslie, c 'est que les navires marchands font des détours qui coûtent extrêmement cher.
Michael: Par exemple, des tankers qui sont partis d 'Arabie Saoudite récemment n 'ont pas pu passer par Bamal Mandem à cause des outils. Alors, qu 'est -ce qu 'ils ont fait ?
Michael: Ils ont fait tout le détour, ils ont passé le canal de Suez.
Michael: Gibraltar et ensuite l 'Afrique du Sud pour aller vendre leurs marchandises en Asie.
Michael: Merci.
Michael: Alors ça, ça a impliqué un surcoût, moi, que j 'évalue à peu près à 3 millions de dollars.
Michael: C 'est 3 millions de dollars parce qu 'il faut payer le passage au...
Michael: au canal de Suez, donc ça c 'est à peu près 400 -500 000 dollars.
Michael: Merci.
Michael: Et puis après il y a l 'essence.
Michael: Il y a les frais d 'assurance, il y a les salariés qu 'il faut payer sur le tanker. Et donc ça, c 'est un surcoût.
Michael: pour un pétrolier d 'à peu près 3 millions, voire 3 ,5 millions, c 'est à peu près...
Michael: 2 % de la valeur de la cargaison.
Michael: Et ça c 'est un des facteurs qui expliquent l 'inflation.
Michael: aux pompes à essence et dans nos supermarchés.
Michael: Un facteur parmi d 'autres.
lpaltiguzman: Je peux te dire que...
Michael: Mais c 'est un facteur important quand même.
lpaltiguzman: Du côté du...
lpaltiguzman: Au revoir.
lpaltiguzman: Du côté du gaz, depuis février 2024, les cargos de GNL n 'ont pas utilisé la route.
lpaltiguzman: Canal Suez.
lpaltiguzman: Mère Rouge.
lpaltiguzman: et ont dû contourner
lpaltiguzman: l 'Afrique.
lpaltiguzman: Pardon.
lpaltiguzman: Et ça rajoute 10 jours de voyage.
Michael: Ça rajoute des jours, il faut payer les gens, et il y a aussi les primes de risque.
Michael: Quand on regarde aujourd 'hui le Containerized Rate Index, j 'imagine que tu connais cet indicateur, il n 'est pas du tout ce qu 'il était quand j 'ai commencé ma carrière.
Michael: Quand j 'ai commencé ma carrière, il était à 800 -900 points.
Michael: Aujourd 'hui, il est à 3000 ou 3500, je crois.
Michael: Donc aujourd 'hui, un cargo qui va d 'Europe...
Michael: A l 'Asie, si on veut, nous, entreprise, par exemple, mettre un container sur un...
Michael: Un navire marchand, aujourd 'hui, pour aller d 'Europe à l 'Asie, ça coûte 6 à 7 000 dollars.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: alors qu 'il y a 20 ans...
Michael: ça coûtait 1500 quoi.
Michael: 1 500, 2 000 dollars maximum.
Michael: Merci.
Michael: Donc oui effectivement ces guerres nous coûtent de l 'argent.
Michael: Et c 'est une des façons dont...
Michael: l 'énergie pèse dans les décisions militaires. Ce n 'est pas la seule, il y a aussi...
Michael: cette question du ciblage. Si tu veux, je peux aussi t 'en parler.
lpaltiguzman: En termes d 'autonomie et de souveraineté, est -ce que les armées européennes pensent plus aux renouvelables, aux nucléaires ?
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Est -ce qu 'il y a un...
lpaltiguzman: une évolution potentielle des sources.
lpaltiguzman: que l 'armée utilisera dans le futur.
Michael: Pas vraiment en fait.
Michael: J 'en parlais récemment avec pas mal de militaires.
Michael: On estime dans beaucoup d 'armées que ces technologies renouvelables, solaires, hydrogènes...
Michael: éoliens ne sont pas matures.
Michael: Elles sont matures pour des emplois civils.
Michael: mais pas pour des emplois militaires. Pourquoi ? Parce qu 'à l 'armée, on a besoin de confiance, on a besoin de continuité, on a besoin de certitude.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: On ne peut pas dépendre de systèmes.
Michael: qui ne sont pas fiables à 100%.
Michael: et qui aussi peuvent être ciblées et repérées.
Michael: Le problème, c 'est que certaines batteries sont aisément repérables. L 'éolien, évidemment, c 'est repérable. Et le pétrole est intéressant parce que c 'est quelque chose qu 'on peut enterrer, qu 'on peut transporter en...
Michael: en petit bidon qui ne se voit pas depuis l 'espace, qui n 'émet pas de signaux quelconques.
Michael: Et c 'est une des raisons pour lesquelles c 'est toujours l 'énergie dominante aujourd 'hui à l 'armée.
Michael: Pour tout te dire, on ne planifie pas de changement capacitaire en la matière ces 20 prochaines années. C 'est -à -dire que les armées...
Michael: française et même américaine.
Michael: continue à horizon 2050.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: à imaginer des véhicules ou des navires qui fonctionnent à l 'essence.
Michael: avec un essence qui est raffiné, qui n 'est pas le même que celui qui est utilisé dans les voitures.
Michael: Mais ce n 'est pas...
Michael: Aujourd 'hui, il n 'y a pas de solution énergétique alternative.
Michael: Merci.
Michael: à l 'essence.
Michael: Et donc, oui...
Michael: L 'armée...
Michael: Le monde de la défense en général n 'est pas un monde qui sera facilement décarbonable.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: et qui par ailleurs, bien sûr, crée de la pollution en soi puisque...
lpaltiguzman: Très intéressant.
lpaltiguzman: Merci.
Michael: Certaines frappes créent beaucoup de pollution, elles sont parfois nécessaires.
Michael: réussir à combattre l 'adversaire mais à le créer en soi aussi de la pollution.
lpaltiguzman: On espère qu 'on sera en guerre éternelle, mais pour le moment...
lpaltiguzman: Qu 'est -ce que tu penses que...
lpaltiguzman: Les leçons vont être...
lpaltiguzman: de ce dernier conflit avec l 'Iran pour les armées et pour leur...
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: leur approvisionnement énergétique. On sait que les drones jouent de plus en plus un rôle.
lpaltiguzman: Comment ils sont propulsés, ces drones ?
Michael: Il y a différents types, il y a du drone aérien, du drone maritime.
Michael: et la France là -dessus a quand même un petit peu d 'expérience.
Michael: Merci.
Michael: La suite, ça va être...
Michael: En ce moment, on est...
Michael: L 'armée française, en tout cas, je peux t 'en parler de ça, est déployée comme rarement. On n 'a jamais été...
Michael: au temps opérationnel, je dirais.
Michael: C 'est un pic opérationnel rarement vu depuis 15 ans, même jamais vu depuis 15 ans.
Michael: 80 % de la marine française était déployée il y a 3 mois, 4 mois.
Michael: L 'armée Terre aussi est déployée sur le front Est à côté de...
Michael: dans beaucoup de pays européens pour renforcer la sécurité européenne, déployer aussi...
Michael: en Afrique, en Asie...
Michael: C 'est un moment quand même assez intense pour nos armées.
Michael: très compliqué pour un président français et aussi pour beaucoup de pays européens.
Michael: Sous -titrage FR ?
Michael: de faire une priorisation géographique.
Michael: actuellement.
Michael: On a du mal à comprendre aussi ce que veulent les Américains sur le long terme.
Michael: Merci.
Michael: quand même beaucoup d 'incohérences côté Washington.
Michael: Et puis aussi au Moyen -Orient, une difficulté à cerner la position iranienne.
Michael: qui a été quand même assez agressive vis -à -vis de la France.
Michael: et de l 'Europe malgré la neutralité de la France et de l 'Europe.
Michael: Donc ça c 'est quand même quelque chose qu 'il faut noter. On sait bien qu 'on a affaire à un régime qui peut être vindicatif.
Michael: et donc de la difficulté aussi à comprendre comment ce rapport va évoluer.
Michael: Ça dépend aussi beaucoup, bien sûr, de ce que les Américains vont faire dans cette zone. En tout cas, c 'est très compliqué pour les Européens.
Michael: pour accéder aujourd 'hui au Golfe Persique, il y a...
Michael: maintenant une marine américaine qui est conséquente, d 'à peu près 15 à 20 navires.
Michael: une fois qu 'on a passé
Michael: Cette marine américaine conséquente, on a des systèmes défensifs iraniens qui peuvent vous tirer dessus.
Michael: sans véritable coordination avec l 'échelon stratégique et politique.
Michael: Merci.
Michael: beaucoup d 'incertitudes aussi à ce niveau -là. Et puis après, on arrive dans un golfe persique qui est extrêmement tendu.
Michael: avec des pays, des pétroméarchistes unis.
Michael: qui bien évidemment ont beaucoup de demandes, beaucoup de trous dans la raquette sur le plan militaire, qui ne savent pas elles -mêmes comment penser le futur.
Michael: mais qui quand même...
Michael: Merci.
Michael: ont la tentation d 'une négociation avec les Iraniens.
Michael: Donc voilà la situation actuelle. Comment placer ?
Michael: Merci.
Michael: Euh...
Michael: la France, l 'armée française et les armées européennes dans cette situation.
Michael: Je crois qu 'actuellement il y a trop d 'inconnus pour vraiment poser un système.
Michael: sur le long terme.
lpaltiguzman: Ok.
lpaltiguzman: Donc...
lpaltiguzman: Maintenant, je vais te demander quelques questions plus personnelles.
Michael: Oh.
Michael: Bien sûr.
lpaltiguzman: Merci.
lpaltiguzman: Comment tu t 'es intéressée aux militaires, à l 'armée ? Comment c 'est devenu ton...
lpaltiguzman: ton sujet professionnel.
Michael: C 'est mon grand -père, mon grand -père qui a combattu pendant la seconde guerre mondiale.
Michael: dans les forces gaullistes en Italie, puis après débarquement en Provence et il a fini je crois...
Michael: je crois dans la sarre en 45 donc c 'est vrai que ça m 'a beaucoup impressionné puis après
Michael: Je me suis du coup intéressé à la diplomatie, je lisais beaucoup ça.
Michael: à la fin des années 90 Kissinger
Michael: Et puis ensuite, il y a eu un événement qui a beaucoup affecté ma génération, qui est le 11 septembre 2001. J 'étais dans la Tour Nord.
Michael: du World Trade Center au mois de juillet 2001.
Michael: J 'étais un adolescent, j 'avais 15 ans.
Michael: Et donc quand j 'ai assisté...
Michael: Comme beaucoup de gens à la télévision, à l 'effondrement de ces deux tours, j 'ai été très choqué parce que j 'y étais six semaines avant.
Michael: Et donc j 'ai pu mesurer en tant qu 'adolescent l 'ampleur de ce qui était en train de se passer et je me suis dit bon...
Michael: Il fallait que j 'en fasse une carrière, parce que tout m 'y...
Michael: tout concorder en fait, à la fois mes lectures...
Michael: Merci.
Michael: mon passé familial et puis aussi cet événement massif qui a quand même...
Michael: je pense défini le début de ce siècle, alors du coup je me suis lancé dans ce chemin -là.
lpaltiguzman: Très intéressant.
lpaltiguzman: Merci beaucoup, Mickaël. C 'était une conversation passionnante. J 'ai beaucoup appris.
lpaltiguzman: Euh...
lpaltiguzman: j 'espère qu 'on aura d 'autres conversations parce que je pense que
lpaltiguzman: Ce n 'est pas fini, ce n 'est pas la fin du conflit.
lpaltiguzman: Et donc, on est amenés à peut -être se reparler.
lpaltiguzman: sur le rôle des Européens.
lpaltiguzman: dans...
lpaltiguzman: dans le golf.
Michael: Quand tu veux, Leslie. Merci de ton invitation.
lpaltiguzman: Merci beaucoup.
lpaltiguzman: This episode was recorded on October 2nd, 2026. This is Leslie Peltier -Guzman saying good day.
lpaltiguzman: And good luck!






