Transcript
Speaker: C'est Nano, bienvenue, Crossfader Confessions, podcast créé par DJTouda, Malfunk et moi-même Nano, où on parle de la culture DJ, de la culture Hip-Hop, lifestyle, de musique, tout ce qui va autour du DJing.
Speaker: Et puis voilà, le but c'est de passer un bon moment ensemble, partager nos expériences, nos impressions et se faire plaisir.
Speaker: Moi c'est DJ Nano, fondateur de Gone Up, membre de NM Scratchers, basé à Lyon, DJ depuis quinzaine d'années maintenant, actif, kiffeur de hip hop depuis le siècle dernier.
Speaker: Depuis que je suis gamin et voilà, passion pour la musique et le partage de la musique.
Speaker: C'est pour ça que l'idée de ce podcast est arrivée.
Speaker: Et avec moi, j'ai DJ Touda.
Speaker: Salut à tous, les auditeurs qui écoutent.
Speaker: DJ Touda, DJ depuis très longtemps, depuis le siècle dernier.
Speaker: Kiffer de son, kiffer de scratch, kiffer de hip-hop, kiffer de musique en règle générale.
Speaker: Là, c'était l'occasion de discuter un petit peu de nos univers et nos vies de DJ.
Speaker: Parce qu'il y a des multitudes de façons d'être DJ aujourd'hui.
Speaker: Et donc, c'est bien d'en discuter.
Speaker: Je fais partie du Upercut Crew, un crew de DJ aussi.
Speaker: On est quatre DJs à New York, à Paris, à Provins, un peu partout.
Speaker: On fait des mixtapes, on fait des soirées.
Speaker: On fait vivre le hip-hop comme on aime.
Speaker: Yes, yes.
Speaker: Et DJ Malfunk?
Speaker: Yes, DJ Malfunk, pareil.
Speaker: Tomber dans la culture hip-hop depuis bien longtemps maintenant, au début des années 90.
Speaker: Fan de musique, fan de graffiti, fan de DJ, fan de mix.
Speaker: Moi, c'est plutôt les mix radios et les soirées qui m'ont amené au DJing.
Speaker: Et puis voilà, co-fondateur de Gone Up aussi.
Speaker: Yes, sir.
Speaker: Yes!
Speaker: Donc voilà, Crossfader Confession.
Speaker: Là, pour ce premier épisode, on commence tranquillement.
Speaker: On va avoir deux parties principales.
Speaker: Après, peut-être, comme on a dit, on dérivera peut-être un petit peu à gauche, à droite, mais deux parties principales.
Speaker: Une première sur nos influences, justement, DJing, musique, voilà, comme on en est arrivé là, rentrer un peu plus dans le détail.
Speaker: Et puis, une deuxième partie, on va parler de la news,
Speaker: de l'évolution de la musique donc la musique qu'on écoute nous principalement forcément est ce qu'on va ce qu'on va aimer ou co écouter au quotidien parce que ça a pas mal changé depuis le début où on a commencé à écouter les grosses il ya eu des grosses périodes de milieu et ça change au fur et à mesure et voilà chacun le perçoit un peu à sa
Speaker: à sa manière et voilà but c'est d'échanger tranquille sur ça donc on va se lancer tranquillement donc influence dans le dans le dj ing et la musique je vais introduire comme ça ça permet ensuite chacun évidemment bah tout le monde réagit par rapport à ça je
Speaker: Ouais, l'affluence sur le DJing, ça a commencé quand j'étais gama, justement, que j'écoutais les émissions sur Skyrock, les émissions de la nuit, après le D-Full, là, il y avait à minuit, à partir de minuit, il y avait Cut Killer avec Bum Rush, il y avait Joe Star avec DJ Spank, Noti G qui faisait le Sky BOSS, il y avait Jackie, je crois qu'il y a Jackie et Benji, les deux, avec DJ Lordi Salle, mercredi soir, souvent.
Speaker: Tout à fait.
Speaker: qui s'entendent pas ou quoi?
Speaker: Couvre-feu, il s'appelait.
Speaker: La mission s'appelait Couvre-feu, exactement.
Speaker: Et bah, c'est la délire.
Speaker: crème des DJ à cette époque-là.
Speaker: Il y avait du lourd.
Speaker: En plus, il y avait des DJ sur le Dancehall avec DJ Lordiça.
Speaker: Il y avait le hip-hop, rap français, rap US.
Speaker: Il y avait des grosses équipes.
Speaker: C'était plus simple à l'époque.
Speaker: Tu as vu, tu as juste dit deux, trois styles de truc.
Speaker: Maintenant, aujourd'hui, c'est large.
Speaker: Ah ouais, il y en a plein.
Speaker: C'est ça, on n'est plus dans la même confine.
Speaker: Vraiment le truc qui raccroche à ça, puis t'écoutes, t'entends les scratchs, t'entends les passe-passe.
Speaker: Alors les passe-passe au début, t'es pas averti, bon voilà, quand les mecs ils en enchaînent trop, tu te dis bon c'est un peu spé et tout, puis c'était que de l'audio, vu que c'est de la radio.
Speaker: Donc forcément...
Speaker: Tu as une façon de l'entendre, mais après que tu commences à voir, tu commences à y avoir accès avec Internet, au début de YouTube et certaines vidéos, Dailymotion à l'époque, tu avais des vidéos, et là tu voyais la technique, tu voyais les trucs, tu fais « Ah putain, c'est... »
Speaker: Ça donne envie, ça a l'air bien.
Speaker: Puis tu digues, puis tu écoutes, puis tu découvres encore et ainsi de suite.
Speaker: Les influences, pour moi, ça a vraiment commencé avec ça.
Speaker: Et après, au fur et à mesure, tu découvres de nouveaux DJs avec des façons de mixer qui sont différentes, avec des styles de choix musicaux et des techniques aussi différentes.
Speaker: après que tu découvres certains américains et autres voilà un des ceux la façon d'anti-mix je pense que la façon d'anti-mix c'est une des plus proches c'est premier avec les comme le mixtape New York Reality Check voilà façon passe-passe envoyer les sons la façon d'introduire les sons ces trucs là c'est
Speaker: Ça ressemble beaucoup à comme je fais aujourd'hui parce que c'est vraiment le truc qui m'a vraiment fait kiffer.
Speaker: La Selecta aussi quand même.
Speaker: Ouais, ouais, bien sûr.
Speaker: La Selecta du DJ premier, là, elle était vraiment... Il avait une couleur aussi sur ce Selecta, je trouve.
Speaker: Ouais, ouais, carrément.
Speaker: Il était... Et puis même sur toutes les autres mixtes.
Speaker: Après, je suis retombé dessus bien plus tard où toutes les émissions qu'il faisait sur WBLS...
Speaker: L'émission s'appelait Thunderstorm aussi.
Speaker: Là, c'était la grosse époque justement.
Speaker: On va en parler après, l'évolution du son, mais là, c'était la grosse époque.
Speaker: Il enchaînait ce qu'on considère classique sur classique aujourd'hui en fait.
Speaker: C'était en 94, je crois, à peu près dans ces années-là, 94, 95, cette émission-là qu'il faisait.
Speaker: Et voilà, en écoutant ce genre de mix, ce genre de façon de mixer et tout, ça m'a nourri, ça m'a influencé.
Speaker: Mais qui fait d'autres DJ, d'autres façons de mixer et autres.
Speaker: Mais je pense que là, c'est le plus gros.
Speaker: Le plus gros influenceur, en tout cas pour moi, sur le DJing et sur le mix.
Speaker: Après, aujourd'hui...
Speaker: Il y a d'autres DJs qui m'influencent et tout ça, qui ont leur façon de faire, qui ont des choix de Selecta.
Speaker: Voilà, quoi.
Speaker: Je vais se parler.
Speaker: Allez-y, allez-y, parce que je suis bavard.
Speaker: C'est ça.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Je vais y aller.
Speaker: Pour ma part, moi, je suis un peu plus ancien quand même.
Speaker: J'ai quelques années de plus.
Speaker: J'ai commencé le hip-hop.
Speaker: Je faisais de la danse.
Speaker: J'étais un peu danseur.
Speaker: J'étais beatboxer.
Speaker: J'ai commencé comme ça et j'ai commencé à écouter Radio Nova.
Speaker: Je suis tombé sur Dynasty.
Speaker: C'est vraiment le Dynastyle qui m'a perturbé.
Speaker: Puisque mon père était DJ, donc à la maison j'avais déjà du matos, il y avait déjà une MK2 à la maison, une table de mixage, il y avait des grosses enceintes.
Speaker: Mais bon, j'ai écouté, j'enregistrais le Dina Style, tu vois.
Speaker: Dans mon Walkman, j'allais en cours et j'écoutais ça, tu vois.
Speaker: Donc les passe-passe que j'entendais, au début je ne savais pas que c'était des passe-passe.
Speaker: Tu vois?
Speaker: C'est quand j'ai commencé moi à mixer, à faire des passe-passe, en réécoutant les cassettes,
Speaker: Et je me suis dit, mais en fait, c'est des passe-passe qu'il était en train de faire Dynasty.
Speaker: Ah, d'accord.
Speaker: Et du coup, je suis tombé là-dedans.
Speaker: Après, voilà, que de killer, tu connais, comme tu as décrit.
Speaker: Mais moi, la plus grosse influence, c'est Dynasty qui m'a fait écouter le rap, en fait.
Speaker: En tout cas, pour la partie DJ, et après, Cutkillers, Cutkillers show, t'écoutais les trucs, après t'allais en magasin, puisque moi je suis à Paris, et donc on allait directement à Châtelet-Léal, comme il y avait là-bas qui avait les boutiques de vinyles, et on prenait la playlist, ce qu'il avait joué, et on allait tous là-bas acheter nos vinyles en double.
Speaker: Donc c'est un peu ça le petit parcours pour ma part.
Speaker: Ouais, alors moi pour ma part, je suis de province, je suis de Lyon, mais je suis un peu plus ancien que toi aussi, Nano, donc mes premières influences, c'est les radios, mais c'est les radios lyonnaises.
Speaker: Donc avec Bring the Noise, qui était une émission animée par DJ Chris Fader, qui était le DJ d'un groupe qui s'appelle IPM, qui était un des groupes lyonnais les plus connus.
Speaker: Il y avait aussi un DJ qui s'appelait Marco Giesel et qui avait une émission qui s'appelait La Rap FM.
Speaker: Alors il faut savoir que toutes ces émissions-là, à la base, ce n'était pas vraiment du mix.
Speaker: Donc c'était plus des découvertes musicales.
Speaker: Et à partir de là...
Speaker: je me suis dirigé vers le mix plutôt en allant en soirée.
Speaker: Là, en découvrant comment ça se passait en live, c'est là que j'ai vu les premiers scratchs, que j'ai vu les trucs comme ça, pareil, avec la scène locale, que ce soit Chris Fader, Iso, Sydney et d'autres.
Speaker: Et puis après, au milieu des années 90, grosse, grosse influence aussi avec la radio suisse Couleur 3,
Speaker: qu'on captait sur Lyon.
Speaker: Il y avait des grosses émissions là-bas, notamment Downton Boogie avec DJ Seb, qui, pour l'anecdote, et Seb Bach, qui est producteur aujourd'hui, qui fait pas mal de prod et tout.
Speaker: Lui, il était DJ à l'époque, et c'était un DJ vraiment à la fois technique et musicale,
Speaker: un peu dans le même genre que le DJ Clyde à Paris ou des choses comme ça.
Speaker: Donc là, ça a été ma première grosse claque en termes de DJing, sachant qu'à l'époque, moi, j'étais plutôt dans le graffiti.
Speaker: Et là, je me suis dit, waouh, entre le kiff que j'avais pour la musique et ce délire-là autour du DJing, je me suis dit, ouais, j'ai envie de me mettre là-dedans.
Speaker: Il faut savoir que j'avais déjà un pote dans mon crew de graffiti qui était lui-même DJ, donc ça a été facile de commencer à passer chez lui pour faire quelques scratchs, découvrir le truc, et puis après, c'était lancé, quoi.
Speaker: Yes.
Speaker: Beaucoup plus précis, Balboine.
Speaker: J'ai envie de refaire ma partie.
Speaker: Après, forcément, tu as
Speaker: tu as la façon de commencer.
Speaker: C'est ça.
Speaker: C'est ce qu'on a présenté là.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Pour faire plus actuel, moi, en termes d'affluence, DJing, là, j'ai écouté récemment un mix de... Alors, au niveau technique, c'est plus vraiment sur la Selecta, c'est pas sur la technique, mais un mix de Tony Touch.
Speaker: qui fait mixtap c'est hip hop je crois je suis appelé ça hip hop c'est la 137 c'est celle qui vient de sortir 136 j'ai écouté mais il a fait une nouvelle il a fait une nouvelle ah ok j'ai pas écouté encore la 136 au niveau de la Selecta Tony Touch il est plus sur la technique clairement il est plus du tout sur la technique
Speaker: Les enchaînements, ils sont... Ils sont vite faits.
Speaker: Classiques.
Speaker: Des fois, c'est mortel.
Speaker: Des fois, c'est bof.
Speaker: Des fois, tu te dis, mais qu'est-ce qu'il a fait?
Speaker: Mais par contre, il sort toujours des sons.
Speaker: C'est incroyable.
Speaker: C'est ça.
Speaker: C'est incroyable.
Speaker: Tony Tuck, il te sort des trucs.
Speaker: Franchement, voilà, big up.
Speaker: Et comme tu disais tout à l'heure, tu chopes la playlist.
Speaker: Avant, tu chopais les playlists comme ça.
Speaker: Maintenant, tu as Shazam, tu vois, qui sert à découvrir les sons.
Speaker: Shazamère!
Speaker: C'est un métier Shazamère.
Speaker: Je ne le connais pas.
Speaker: Des fois, tu reconnais la voix du MC.
Speaker: Tu disais, putain, c'est un morceau d'Intel et tout.
Speaker: Donc, en cherchant un petit peu, tu arrives à retrouver.
Speaker: et voilà c'est sur des mix comme ça après il y a d'autres DJ sur Miss Cloud je pense qu'on est tous pareil on écoute toujours plein de sons sur plein de mix sur Miss Cloud et autres bon il y a un DJ qui est sur la côte ouest mais genre vers Seattle côte ouest nord américaine c'est DJ Jason D qui fait une émission qui s'appelle The Break et lui c'est pareil spécialisé underground hip hop
Speaker: Donc, c'est souvent des morceaux.
Speaker: D'ailleurs, il parle des échanges avec straightfonderonderground.com, le site qui référence pas mal de morceaux d'artistes underground.
Speaker: Et il a toujours une bonne sélection.
Speaker: Pourtant, j'ai digué dans l'underground et tout.
Speaker: Des fois, c'est souvent un peu...
Speaker: un peu pareil ou un peu... Bon, c'est de l'ordre grand, tu vois.
Speaker: Donc, il y a des mecs qui sont des tueurs et puis tu as des trucs qui sont un peu plus moyens.
Speaker: Et lui, là, je pense que c'est les gars qui lui envoient tous ses sons et puis lui, il sélectionne par-ci, par-là et il a vraiment à avoir des bonnes sélections.
Speaker: une façon de mixer, il fait de moins en moins de passe-passe, c'est un truc que j'ai remarqué depuis quelques années que je l'écoute maintenant, il fait de moins en moins de passe-passe.
Speaker: Avant, il en faisait pas mal, tu vois, la technique hip-hop, un peu comme on avait nous, notre côté, mais il en fait de moins en moins.
Speaker: Mais les sélections restent toujours bonnes, vraiment cool.
Speaker: Donc ça fait partie des artistes que j'aime bien...
Speaker: DJ que j'aime bien écouter parce que dans la sélection, même dans l'approche de certains mix et autres.
Speaker: Et l'autre truc, je ne sais pas si vous l'avez écouté, mais regardez, c'est le...
Speaker: Jazzy Jeff avec Primo.
Speaker: Bien sûr, bien sûr.
Speaker: Il est lourd, l'épisode.
Speaker: Il est vraiment lourd.
Speaker: Je ne l'ai pas vu.
Speaker: Ah oui, il faut que tu vois ça.
Speaker: Il est bien.
Speaker: Il est vraiment bien.
Speaker: Et c'est là où tu vois, tu vois, moi j'ai dit, je parlais de Primo dès le départ, sur la façon de mixer, sur les trucs de l'époque.
Speaker: Mais sur cette émission-là, l'émission, elle est bien, du début à la fin.
Speaker: Mais tu vois quand même que Jazzy Jeff, il a un petit level en plus sur le mix, sur la façon d'amener les morceaux et autres.
Speaker: que Primo, ça ressemble beaucoup plus... J'ai l'impression que c'est un exercice qu'il a moins l'habitude de faire, mais ça ressemble beaucoup plus à ce qu'il fait en live.
Speaker: Moi, Primo, ce qui m'a toujours impressionné, c'est sa façon de faire des passe-passe.
Speaker: Il a une rythmique qui est... Moi, je n'ai pas du tout cette rythmique-là, tu vois, comme la plupart des... Et en fait, il a une façon de faire les passe-passe.
Speaker: Ils ne sont pas beaucoup à faire comme il fait.
Speaker: Voilà.
Speaker: Oui, par contre, il est reconnaissable.
Speaker: Oui, je vois ce que tu veux dire.
Speaker: Il a une façon de faire.
Speaker: Oui, et puis la musicalité dans les scratchs aussi.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Je trouve que sur ça, il arrive vraiment à aller trouver des trucs, des sonorités vachement intéressantes, des phrases.
Speaker: Laisse tomber.
Speaker: Il a vraiment sa touche.
Speaker: Il a une touche très particulière.
Speaker: Sur le show avec Jazzy Diaz, je trouve que c'est cool parce qu'il tend plein de trucs.
Speaker: Il y a des trucs un peu old school, mais il y a des trucs où tu reconnais vraiment les scratchs qu'il fait un peu sur les titres de gangsters, sur ses prods et tout.
Speaker: Ouais, il a refait le sampling avec le truc d'origine.
Speaker: Il refait des sampling, il refait... Ouais, et tu te dis, ouais, quand même, c'est fort.
Speaker: Tu sens qu'il est encore là, qu'il kiffe encore faire ça, qu'il bosse encore quand même ça, mine de rien, tu vois.
Speaker: Et c'est cool, ça reste une grosse influence primo, je crois, pour tout le monde, de toute façon.
Speaker: Ouais, carrément.
Speaker: Ça, c'est magique.
Speaker: Combien de prods il a fait dans sa vie?
Speaker: Le nombre que c'est... J'aimerais bien le savoir.
Speaker: Quand tu vois ce qui sort, il y a ce que tu as fait en amont, tu vois?
Speaker: Quand tu as trouvé le beat, quand tu l'as travaillé, tu l'as mis de côté, après tu le ressors...
Speaker: Combien?
Speaker: Comment il fait?
Speaker: J'aimerais bien lui poser toutes ses questions.
Speaker: C'est ça, c'est incroyable.
Speaker: On l'invitera au cross-modeur professionnel.
Speaker: Tu vois les mecs qui disent... Moi, je me rappelle d'un moment où, comme il s'appelle...
Speaker: Merde, j'ai oublié son nom.
Speaker: Bref, un rappeur, il n'avait jamais eu sa prod de primo.
Speaker: Et quand il l'a eu, il a fait « Voilà, enfin, j'ai eu ma prod de primo.
Speaker: » Parce que tout le monde veut sa prod de primo.
Speaker: Mais combien tu dois écouter?
Speaker: Comment tu choisis?
Speaker: Combien de prod de primo tu peux avoir à écouter pour dire « Vas-y, je prends celle-là, je pose dessus. »
Speaker: Tu vois?
Speaker: Comment ça se passe?
Speaker: À mon avis, en plus, j'ai remarqué quand même un truc chez Primo, c'est que ses prods vraiment patates, ils les gardent vraiment pour les gros projets.
Speaker: Je pense qu'il a plusieurs petits bacs.
Speaker: Il a bac pour… C'est ça.
Speaker: Il a le bac discount pour les MC étrangers, les petits indés qui veulent claquer une prod de Primo.
Speaker: Et je suis d'accord avec Malfunk, je pense que les grosses prods, ils les gardent sur des projets où en fait, ils vont en studio avec le mec.
Speaker: Ou même Gangstar, quand il a sorti l'album, le dernier Gangstar avec Guru, tu sens que les prods, il les avait peaufinés, il les avait gardés, c'était lourd.
Speaker: Après, je pense que... Parce que là, le projet qu'il a fait avec Nas,
Speaker: Tu vois, tu sens vraiment qu'ils ont été en studio.
Speaker: Nas a eu accès à toute la collection de Primo sur les prods qu'il a, même si Primo a dû faire des présélections, tu vois.
Speaker: Mais il a dû... Il va au studio, il écoute toutes les prods et il dit « Ouais, on va prendre ça là, on prend ça là, on prend ça là.
Speaker: » Après, il recrée.
Speaker: Peut-être qu'il les réédite.
Speaker: Enfin, il les modifie un petit peu selon la vibe sur le moment, quoi.
Speaker: Et il a le bac pour les artistes indés ou ceux qui sont loin et autres.
Speaker: On spécule, on spécule, on fait ça.
Speaker: On spécule, on sait pas.
Speaker: Mais tu vois quand même sur certains artistes, les prods qu'il y a pour le NAS ou comme le Gangstar.
Speaker: Tu vois quand même que c'est des prods que...
Speaker: quand tu vois des artistes indés qui sont produits par Primo, les astrus, elles sont pas toujours... Elles sont bien.
Speaker: Tu vois, ça ressemble beaucoup à d'autres.
Speaker: Alors que là, sur le NAS, il y a quand même plus d'originalité, il y a plus... Voilà, tu sens que c'est la version premium un peu des prods qu'il a, quoi.
Speaker: Ouais, de toute façon, avant de finir avec Primo, quand même, moi, il y a un truc, c'est mon avis personnel.
Speaker: Je trouve que Primo, sur ces 15 dernières années, parmi les projets qui m'ont les plus intéressé, c'est ceux qui l'avaient fait avec Royce Five Nine, avec Prime, avec le fameux groupe qu'ils avaient monté ensemble, parce que c'était des prods de Primo avec à chaque fois un autre producteur invité.
Speaker: Le premier, c'était Adrian Young, je crois, et le deuxième, je ne sais plus quel producteur c'était.
Speaker: Mais du coup, tu sentais que c'était du primo, mais pas que.
Speaker: Boosté par un autre producteur qui a mené une vibe différente.
Speaker: Et je trouve que là, il a sorti vraiment des produits intéressants.
Speaker: Et aujourd'hui, je trouve que primo, il est encore plus fort quand il est...
Speaker: aidé par un autre producteur qui justement lui permet de sortir un peu de ses patterns habituelles.
Speaker: Exactement, tout à fait.
Speaker: Je suis d'accord.
Speaker: Entièrement d'accord.
Speaker: En tout cas, je pense qu'on est d'accord.
Speaker: Primo fait partie des influenceurs.
Speaker: Ouais, majeur.
Speaker: Influenceurs de nouvelle génération Instagram en cul, mais influenceurs de beaucoup de DJ dans le monde.
Speaker: De parfaits.
Speaker: de par sa façon de faire quand les gens écoutaient et kiffaient je ne considère pas ce qu'a dit Nano moi j'aime bien les influenceurs Instagram j'ai besoin de sous donc s'il y a des marques qui sont intéressées envoyer des pertes basket ou des scud il n'y a pas de problème ça fait partie des grosses influences en tout cas pour beaucoup de DJs
Speaker: Sur le hip-hop, évidemment, parce que ça, pour le coup, pur hip-hop, direct à la source, c'est la référence.
Speaker: Après, on a parlé, Tony Touch, où je parlais de DJ moins connu, on va dire, en tout cas chez nous, Jason D, qui a une bonne émission qui est bien.
Speaker: Après, vos émissions aussi, comme disait tout à l'heure, voilà, c'est...
Speaker: c'est que j'écoute le Malfinest ah putain il a amené le truc comme ça il a tel morceau voilà ça je connais pas ça fait longtemps quand même qu'on a pas eu un nouveau ça va pas tomber ça va pas tomber
Speaker: Donc ça influence toujours.
Speaker: Et après, on a nos discussions.
Speaker: Ce qui, d'ailleurs, au fur et à mesure, m'a poussé à vous proposer d'ailleurs après de faire ce podcast sur ça, c'est que dans nos discussions, sur la façon dont on perçoit le son, quand on évolue dans notre façon de mixer, de découvrir la musique, d'explorer des nouvelles choses, on discute de tout.
Speaker: Là, moi, sur la...
Speaker: le funk, tu mixes de la funk depuis longtemps, mais même Touda aussi, t'as fait une émission House récemment, Touda aussi.
Speaker: Ouais, l'avant-dernière, c'est House.
Speaker: Voilà, donc forcément, vous allez chercher d'autres styles de musique,
Speaker: j'écoute après c'est pas forcément des trucs que tu mixes au quotidien que tu kiffes forcément ou en tout cas pas sur de longues périodes peut-être tu reviens moi je reviens toujours au hip hop en fait à un moment donné je reviens toujours au bout d'un moment bah tu
Speaker: vu que dans les nouveautés, dans les trucs, il n'y a rien qui te convient, tu écoutes les mixes des autres et « Ah ouais, putain, elle a mixé tel style, elle a mixé tel truc, puis tu vas chercher, diguer par-ci, par-là des morceaux, et puis tu te crées un peu un nouvel univers.
Speaker: Des fois, ça ne mène nulle part, tu reviens vite à quelque chose, puis des fois, tu tentes un peu plus, tu dérives un peu plus, et puis voilà.
Speaker: » « Ouais, mais ça aussi, c'est entièrement personnel, mais...
Speaker: Moi, les styles musicaux en dehors du hip-hop font partie de mon identité première depuis très très longtemps en fait.
Speaker: Et donc, en tant que DJ, c'est vrai qu'on parle principalement du hip-hop parce que c'est ce qui nous a fait venir au DJing pour la plupart.
Speaker: Mais aujourd'hui,
Speaker: J'ai envie de te dire que mes influences se sont aussi élargies dans mes influences DJ parce que je vais diguer aussi dans d'autres styles et qui m'intéressent aujourd'hui tout autant que le hip-hop.
Speaker: Moi, je suis comme Touda, la house, des styles parallèles.
Speaker: me font autant kiffer, je pense, aujourd'hui, que le hip-hop lui-même.
Speaker: Ça sera toujours mon premier amour, mais je n'ai aucun problème d'aller vers d'autres styles, parce que justement, peut-être qu'en vieillissant, j'ai besoin aussi de fraîcheur, j'ai besoin d'autres sonorités, et que ces styles un peu différents m'apportent aussi un renouveau, même dans ma vision, même du hip-hop, en fait, je pense.
Speaker: Les influences, d'ailleurs, on a parlé des premières influences.
Speaker: La petite introduction que j'avais faite, c'était les premières influences qui m'ont amené vers là.
Speaker: Mais il faut savoir qu'elles ont évolué au fil des ans, en fait.
Speaker: Après, il y a eu les mixtapes de Funk Master Flex, qui étaient sortis, la 16 minutes of Funk, qui m'ont vraiment influencé et inspiré.
Speaker: Après, il y a eu Evil D, après Jazzy Jeff, Cash Money.
Speaker: Et aujourd'hui, maintenant, depuis 10-15 ans, je suis obligé de le citer, G-Rock, des Beat Junkies, pour moi, et mon DJ qui m'inspire le plus, que ce soit en tant que...
Speaker: producteur mais aussi en tant que justement la diversité des musiques qu'il arrive à amener toujours avec son style et toujours sa pâte hip hop pour moi c'est une énorme influence aujourd'hui tu vois alors qu'il y a quelques années peut-être que j'aurais pas écouté de la même façon
Speaker: Yes, on est d'accord avec tout ça.
Speaker: Du coup, ça nous amène bien sur la transition pour la deuxième partie.
Speaker: Parce qu'on est dans les timings.
Speaker: Et puis, la deuxième partie, comme on avait dit, c'est l'évolution de la musique.
Speaker: Donc, ça va avec le DJing.
Speaker: Donc, on parlait de l'évolution
Speaker: des influences en tant que DJ, mais là du coup, on va parler plus de l'évolution du son, plutôt hip-hop sur la base, comme on disait, mais justement ce qui nous pousse à aller, pour moi, pour ma part en tout cas, d'aller explorer d'autres trucs, c'est qu'aujourd'hui, au niveau du hip-hop, c'est...
Speaker: Vraiment hip-hop, alors attention, c'est pareil, c'est la définition du hip-hop pour certains, en fonction de l'âge que t'as, on va pas avoir les mêmes références et le même cadre.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Voilà, mais on sait, nous, entre nous, de quoi je veux parler.
Speaker: Quand on parle de hip-hop, c'est vraiment le côté underground, le côté boom-bap, le côté... Enfin, pas que boom-bap d'ailleurs, mais voilà.
Speaker: C'est surtout, on va dire...
Speaker: tout ce qui n'est pas mainstream globalement, même si des trucs mainstream parfois sont vraiment bien aussi.
Speaker: Ce n'est pas underground et rien d'autre.
Speaker: Pas du tout.
Speaker: Il y a des trucs mainstream qui sont cools.
Speaker: Sauf que là, aujourd'hui, ça s'épuise.
Speaker: Donc, tu as toujours des courants underground qui sont productifs.
Speaker: Là, moi, j'ai le sentiment quand même de tout ce que j'écoute, tu réécoutes.
Speaker: Évidemment, tu as toujours des exceptions.
Speaker: Tu as des morceaux qui te déboîtent au milieu, qui sont vraiment bien, tant au niveau de la prod, tant qu'au niveau du flow, et ainsi de suite.
Speaker: Mais par contre, tu sens qu'on est vraiment à la fin d'une ère où on a eu des périodes où...
Speaker: c'était des avalanches de banger qui arrivait que ça soit dans l'endor grand donc dans le mainstream voilà on a eu des des des grosses des grosses périodes toi l'air de griselda elle est terminée enfin terminée à son parler mais
Speaker: Moi, pour moi, mon avis, c'est que déjà, la façon de faire de la musique, elle a changé.
Speaker: Tout a changé, en fait.
Speaker: La technologie a fait que la façon de faire de la musique a changé.
Speaker: C'est accessible à plus de monde.
Speaker: Donc, il y a plus de monde qui peut faire des prods, faire du son, faire écouter.
Speaker: C'est plus facile de faire un groupe.
Speaker: A l'époque, moi, déjà, quand j'ai commencé, j'avais une platine MK2.
Speaker: J'avais...
Speaker: ça coûtait une blinde.
Speaker: Pour avoir une bonne table, ça coûtait une blinde.
Speaker: Là aujourd'hui, tu n'as pas beaucoup d'argent, tu peux avoir un contrôleur et tu peux commencer à mixouiller.
Speaker: Nous à l'époque, même si tu étais un rappeur, pour avoir des instrus, tu faisais comment pour avoir des instrus?
Speaker: Si tu n'avais pas un pote DJ qui avait des phases B, tu ne pouvais pas rapper en fait.
Speaker: Donc, tu vois, aujourd'hui, tu vas sur Internet, tu tapes « Instru » et tu as des « Instru » et tu peux rapper, tu vois?
Speaker: Parce qu'il y a des mecs, dans leur chambre, ils font des bids.
Speaker: Donc, en fait, ça permet à plus de gens de faire de la musique.
Speaker: Donc, il y a beaucoup plus de trucs qui sortent, en fait.
Speaker: Ça sort, ça sort, ça sort dans tous les sens.
Speaker: Donc, du coup, pour diguer, aujourd'hui, tu fais comment?
Speaker: Tu passes des heures et des heures à écouter, à chercher, alors qu'à l'époque...
Speaker: les lundis, les nouveautés arrivaient.
Speaker: Tu arrivais, tu allais au magasin, tu achetais tes nouveautés.
Speaker: C'était beaucoup plus simple.
Speaker: C'était moins compliqué de faire son set et les classiques duraient plus longtemps.
Speaker: Aujourd'hui, on ne parle plus de classique, on parle de banger.
Speaker: Mais un banger, ça peut durer deux semaines.
Speaker: Après, le son, tu ne vas plus le jouer parce qu'il y a d'autres sons qui sont sortis.
Speaker: Mais il y a aussi sur des artistes qu'on a...
Speaker: ou des... comment dire... des petits groupes, des petites communautés d'artistes où tu sens qu'on est sur la... Je parlais de l'ère de Griselda.
Speaker: Griselda?
Speaker: T'avais Griselda, mais t'avais Flee Lord, t'avais Dagoth Faim, t'as tous les gars qui étaient autour qui étaient dans la même vibe.
Speaker: ils ont eu plein de bons morceaux, et au fur et à mesure, ils ont chopé une recette, la recette qui a été un peu vraiment mise en avant par Grisselda et tous leurs producteurs, avec les bits sales, assez lents, très dark et autres.
Speaker: Et...
Speaker: ils ont pris le concept et ils l'ont poncé sa mère.
Speaker: Et c'est tellement poncé que maintenant, dès qu'ils sortent quelque chose, ça ressemble tellement à tout ce qu'ils ont fait avant que ça tombe à plat.
Speaker: Donc, tu vas aller chercher notre petit environnement, notre petit groupe et tu te rends compte que ce n'est pas si fameux que ça, les nouveautés, les trucs qui sortent.
Speaker: Même des artistes auxquels tu as des attentes parce qu'ils t'ont toujours fait kiffer sur tous les albums, tu as une petite déception sur le morceau qui est sorti parce que, je ne sais pas, ça tombe à plat ou tu n'as pas le...
Speaker: T'as pas la vibe, tu vois.
Speaker: Ça, c'est dû aussi au rythme des sorties, déjà.
Speaker: Exactement, ça revient à ce que j'ai dit.
Speaker: C'est qu'il y a tellement trop de choses qui sortent qu'on n'écoute plus pareil, en fait.
Speaker: Avant, un album, tu l'écoutais mille fois, dix fois.
Speaker: Je sais pas, moi, je prends l'album d'Artifacts ou un Trap Cold Quest.
Speaker: Le truc, je le connais par cœur tellement je l'ai écouté et réécouté et réécouté.
Speaker: Aujourd'hui, t'as un truc qui sort, même un gros truc, même un as primo qui sort, tu vas pas l'écouter mille fois.
Speaker: Non.
Speaker: Non.
Speaker: Tu vas faire ta sélection des morceaux que tu aimes bien et puis il y en a que je te les ressors deux ans plus tard et tu te dis mais c'est quoi ça?
Speaker: C'est ça.
Speaker: On n'est plus dans une écoute d'album.
Speaker: C'est vrai.
Speaker: on n'a pas le droit de citer des marques mais Spotify Tidal c'est quoi?
Speaker: 3ème il en faut 3 je crois normalement pour que ça passe Amazon Amazon Amazon entre ça les diffuseurs audio et vidéo de son et les gens qui cadent la musique par ces biais là aujourd'hui ils n'écoutent plus les albums ils écoutent un titre après l'autre et donc déjà ça diffuse complètement la manière d'écouter le son tu n'écoutes plus un album comme avant donc les artistes
Speaker: ils sortent beaucoup d'albums pour continuer à exister, mais je pense que les sorties sont rapprochées, donc on ne peut plus écouter la musique de la même manière et la recevoir de la même manière, et donc forcément, je pense qu'il y a certains albums qui aujourd'hui
Speaker: peuvent nous paraître moyens parce qu'on n'a pas bloqué dessus.
Speaker: S'ils étaient sortis il y a 20 ans à l'époque, peut-être on aurait dit « mais c'est un classique de malade ».
Speaker: Exactement, c'est exactement ça.
Speaker: Donc je pense que c'est plus ça en fait, on est noyé un peu par tout ça.
Speaker: Et nous on se pose la question parce qu'on est des ans, pardon de vous mettre dans ma classe d'anciens, parce qu'on a cette façon de penser et d'écouter la musique, mais pour les jeunes, ils ne se posent même pas la question.
Speaker: Tu vois ce que je veux dire?
Speaker: C'est le truc qui sort, ils consomment, ah ouais, hop!
Speaker: ils passent à autre chose.
Speaker: Mais eux, ils sont habitués.
Speaker: C'est tout le qu'éphémère de swiper.
Speaker: Tout 10 secondes, 30 secondes, 2 minutes, c'est trop long.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Et en plus, dans certains styles, dans certains courants, je pense que c'est aujourd'hui la meilleure période.
Speaker: Aujourd'hui, les meilleurs artistes de certains courants, pour certains jeunes, c'est là, maintenant, leur baisse période.
Speaker: Exactement.
Speaker: C'est vrai.
Speaker: Sur...
Speaker: En fait, ça dépend des générations.
Speaker: Comme tu as dit, tout d'un, c'est générationnel.
Speaker: On a eu cette époque-là où on écoutait les albums du début à la fin parce que tu n'avais pas trop le choix, mais c'est comme ça que ça se consommait.
Speaker: On avait le temps.
Speaker: On avait le temps de consommer la musique.
Speaker: Il y avait une promo.
Speaker: J'ai quand même remarqué que
Speaker: Pendant des périodes, je sais qu'il y a une grosse période là, 2015, entre 2015 et 2020, il y avait plein de morceaux, même si c'était des singles, sortaient, tous les artistes faisaient des trucs qui vraiment voyaient bien.
Speaker: Et pourtant, il y en avait beaucoup déjà.
Speaker: C'était le début des plateformes,
Speaker: C'était le début des plateformes.
Speaker: On n'était pas encore avec toutes les plateformes de streaming qui permettaient de consommer la musique comme on le consomme aujourd'hui.
Speaker: Je pense que là, il y a encore un changement aussi.
Speaker: À partir du moment où Spotify et Tidal et autres ont explosé,
Speaker: et commencer à être le moyen de consommation de la musique unique, là, il y a encore eu un changement différent.
Speaker: Effectivement, comme vous l'avez dit, maintenant, c'est de la consommation éphémère ultra courte.
Speaker: Mais il y a quand même...
Speaker: pour des artistes où moi je sais que justement je ne veux pas diguer tous les jours tous les trucs je vois quand même que soit c'est une baisse de qualité ou alors c'est mon oreille qui s'est épuisée je ne sais pas tu vois j'ai pas eu de gros franchement le dernier grosse claque que j'ai eu
Speaker: J'ai acheté l'album de Primo et le vinyle de Primo et Nas, mais c'est même pas celui-là que je trouve qui est le meilleur de toute la série qu'ils ont fait, là, sur Massapil, c'est Suite de la Soul qui est le meilleur.
Speaker: Ouais, je suis d'accord sur le de la Soul, pour moi, c'est le meilleur, ouais.
Speaker: Parce que, musicalement, en plus, il y a une prod de Primo dedans qui vient, en plus, c'est ça?
Speaker: Plusieurs.
Speaker: Plusieurs, ouais, je m'en rappelle plus.
Speaker: Ah si, si, moi, 3-4, il a fait beaucoup de prods sur celui-là.
Speaker: Ouais, ouais.
Speaker: Mais le...
Speaker: Ils ont été chercher des... Je sais pas, c'est frais.
Speaker: Tu vois, t'écoutes, c'est frais.
Speaker: De la soul, ils ont beaucoup de musiciens.
Speaker: Ils ont... Ouais.
Speaker: Ils ont pas que des... C'est pas que du sample, tu vois.
Speaker: Ils ont tellement mangé avec le premier album, ils ont compris la leçon.
Speaker: Tu vois, ils ont pas gagné d'argent avec le premier album parce que tous, c'était des samples.
Speaker: Et tout ce qu'ils ont gagné, ils ont dû le reverser.
Speaker: Du coup, après, ils préfèrent prendre des musiciens qui vont jouer un morceau, rejouer un son, et comme ça, au moins, ils sont tranquilles.
Speaker: C'est pour ça que ça sonne que De La Soul, ils ont ce son.
Speaker: Ils ont ce son, et puis surtout, le dernier album de De La Soul avant, il date de 2010, il me semble.
Speaker: C'est 16 ans, là.
Speaker: C'est vrai, c'est vrai.
Speaker: Tu vois, ils ont pris 16 ans avant de sortir un nouvel album.
Speaker: Tu vois, un mec comme West Side Gun, en fait.
Speaker: Et pourtant, dans la clique Grisida, c'est vraiment un des gars que je kiffe le plus parce que j'adore son choix de prod.
Speaker: Par rapport à ses prods, je trouve qu'il est resté le plus fidèle possible à sa vibe de départ.
Speaker: Mais il a déjà une discographie qui est plus grande que celle d'un Public Enemy ou d'un Track All Quest ou des gars comme ça.
Speaker: Il prend des albums tous les trombos, les mecs.
Speaker: Il prend deux albums par an.
Speaker: Comment tu veux te renouveler toi-même?
Speaker: En fait, c'est ça.
Speaker: C'est eux-mêmes qui ne cessent pas le temps de se renouveler, de laisser leur oreille se reposer un peu pour repartir dans une autre vague.
Speaker: C'est l'industrie.
Speaker: Parce qu'eux, en fait, ils fonctionnent avec les streams.
Speaker: Ça veut dire que tu fais un morceau de cinq minutes.
Speaker: Donc, cinq minutes avec du texte et tout, ça prend du temps.
Speaker: il vaut mieux faire un morceau de deux minutes.
Speaker: Moi, tu en fais avec un morceau de cinq minutes, tu peux faire quatre textes, tu peux faire quatre morceaux.
Speaker: Et donc, ils préfèrent faire quatre morceaux de deux minutes et ça va être dans leur Spotify ou dans leur bibliothèque.
Speaker: Et du coup, à chaque fois que les gens vont cliquer, ils vont écouter, c'est de l'oseille.
Speaker: Donc, eux, ils ne vont plus penser en termes d'albums, ils pensent en termes de sons qui sont écoutables, qui sont cliquables.
Speaker: Comme l'industrie est passée dans ce mode-là,
Speaker: il n'y a plus de repères comme avant.
Speaker: c'est comme tu disais de toute façon si tu fais un morceau de 5 minutes aujourd'hui ils l'écouteront pas en entier ils l'écouteront pas en entier c'est que tu écoutes les morceaux de l'époque les morceaux ils duraient 4 minutes il y avait 3 couplets ah mais déjà 3ème couplet c'est fini déjà ça ça a été réduit ouais ouais donc effectivement ils vont faire des morceaux plus courts ils vont diffuser beaucoup plus ouais
Speaker: Moi je le vois surtout dans l'industrie française Aujourd'hui les jeunes qui font du Les nouveaux gens qui font du rap français Eux c'est clairement l'objectif C'est d'avoir le plus de morceaux possible Tu regardes un Jul par exemple Le mec il a combien d'albums Jul?
Speaker: Je crois qu'il a plus d'albums que Johnny Hallyday C'est clair Tu vois tu cliques tu cliques tu cliques Et c'est de l'oseille Et ils pensent comme ça
Speaker: Après, peut-être que c'est ma vision de vieux.
Speaker: Mais même moi, je suis DJ, c'est mon métier.
Speaker: Je fais des soirées, je fais des mariages, je fais des barmizas.
Speaker: Je fais des trucs qui ne sont pas forcément du hip-hop.
Speaker: Je te dis ça, pourquoi?
Speaker: Parce que l'expérience que j'ai, c'est quand tu laisses tourner un morceau.
Speaker: Un morceau de jeune, on va dire.
Speaker: Je laisse tourner le morceau.
Speaker: Après le premier couplet, si je n'ai pas changé de morceau, les gens se retournent vers moi.
Speaker: Je suis en train de mixer, j'ai mis le morceau, ils sont déjà prêts au prochain morceau.
Speaker: Donc si tu laisses le deuxième couplet, il y a tout le monde qui arrête de danser qui te regarde.
Speaker: Qu'est-ce qu'il fait le DJ?
Speaker: Du coup, tu es obligé de balancer parce qu'ils ont cette habitude de regarder une vidéo de 30 secondes, hop, une autre, hop, une autre, j'aime, j'aime pas.
Speaker: C'est pareil dans les soirées.
Speaker: Aujourd'hui, en tout cas, dans ce qui se fait aujourd'hui, afro, trap, machin, les trucs de jeunes d'aujourd'hui, tu ne peux pas laisser un morceau en entier.
Speaker: Ce n'est pas possible.
Speaker: Une fois qu'ils ont chanté le premier couplet, qu'ils ont chanté le refrain, il faut passer à autre chose.
Speaker: Ils consomment la musique comme ça et tout se passe comme ça.
Speaker: Alors que nous, notre génération, quand Michael sortait un nouvel album ou un clip,
Speaker: tout le monde était devant la télévision à attendre que le clip arrive.
Speaker: Tu vois ce que je veux dire?
Speaker: Et tu remettais en boucle.
Speaker: Tu l'avais enregistré, tu réécoutais en boucle.
Speaker: Quand il y avait un nouveau clip de Prince, tout le monde était devant sa télévision.
Speaker: On attendait le truc.
Speaker: Et le truc, il sortait, on regardait et ça devenait un classique.
Speaker: Et aujourd'hui, on peut encore jouer du kiss en soirée et tout le monde va danser.
Speaker: Tu vois?
Speaker: C'est ça.
Speaker: Tu vas jouer un Biggie, tout le monde va danser.
Speaker: C'est ça, c'est des classiques.
Speaker: Aujourd'hui, à partir de 2000, c'est quoi les classiques?
Speaker: Il y en a beaucoup moins?
Speaker: Il y en a quelques-uns qui vont percer, mais oui, tu n'as pas autant que ce que ça a pu être.
Speaker: Il n'y a que des bangers.
Speaker: Et si tu sors le mauvais bangers, tu es ringard, en fait.
Speaker: Pourquoi il met ce son-là?
Speaker: Il faut bien choisir tes bangers.
Speaker: C'est compliqué de faire des playlists.
Speaker: Il faut les actualiser toutes les semaines.
Speaker: Exactement.
Speaker: C'est ça, en fait.
Speaker: L'industrie du disque et la manière de consommer la musique des gens a influencé aussi nous-mêmes notre manière de mixer.
Speaker: on n'a pas le choix.
Speaker: Moi, je m'en suis aperçu, on n'a pas le choix.
Speaker: Donc, du coup, on a toujours tendance à réduire la durée des morceaux.
Speaker: Exact.
Speaker: Et quelque part, des fois, c'est un crève-cœur.
Speaker: Parce que je me dis, non, mais surtout quand tu repasses sur des styles annexes au hip-hop, soul, funk, house et tout.
Speaker: En fait, il y a des sons qui ont besoin de respirer pour s'installer.
Speaker: Et tu es tellement pris dans ton habitude de mixer, d'enchaîner rapidement que des fois tu ne laisses pas assez respirer ta musique.
Speaker: On est nous-mêmes piégés là-dedans.
Speaker: Je pense qu'il faut prendre son courage à deux mains.
Speaker: Je suis d'accord avec toi.
Speaker: Je vais raconter ma vie, mais il y a deux semaines, j'ai fait une soirée au BizArt.
Speaker: C'est une boîte parisienne qui est là depuis des années et des années.
Speaker: Il y a une soirée qui s'appelle la All to the New.
Speaker: C'est une soirée, c'est une fois par mois, d'un samedi du mois.
Speaker: Je fais ma promo.
Speaker: Et j'ai mixé là-bas avec mon pote JP.
Speaker: Et JP Mano, c'est un DJ de Paname.
Speaker: C'est un ancien.
Speaker: Il est connu, respecté et tout.
Speaker: Et lui, il me dit... C'est mon ami.
Speaker: On se connaît depuis des années.
Speaker: Et c'est la première fois qu'on a mixé ensemble.
Speaker: Et lui, il me dit... Par contre, moi, je mets les morceaux en entier.
Speaker: Il me dit... Moi, je suis contre le fait de mixer les morceaux rapidement.
Speaker: Je fais OK.
Speaker: Je te suis.
Speaker: Et donc, on a commencé la soirée.
Speaker: On a fait la soirée.
Speaker: en mettant les morceaux quasiment en entier.
Speaker: Après, peut-être que ça ne marche qu'avec ce style de musique, puisqu'on a fait hip-hop, R&B, Raga, une soirée à l'ancienne.
Speaker: Dis-toi, les gens, ça s'est très bien passé, en fait.
Speaker: Si dès le début, tu commences à laisser les morceaux rouler, les gens vont se mettre dans le mode, ils vont danser les morceaux, ils vont chanter les morceaux, ils vont entendre le refrain, tu fais ton petit mix.
Speaker: Et c'est possible, en fait.
Speaker: Je pense que c'est possible.
Speaker: Je suis d'accord avec toi, c'est possible.
Speaker: Il faut réinstaller ce genre de vibe.
Speaker: Il faut réinstaller, ouais, c'est ça.
Speaker: Je l'ai eu fait... Alors moi, je fais...
Speaker: Je ne fais pas de soirées ou très peu de soirées.
Speaker: Si c'est des soirées, c'est souvent des premières parties de concert.
Speaker: Donc, c'est encore un public différent, encore une façon de faire différente.
Speaker: Ce n'est pas des mix en club, en tout cas.
Speaker: Quand je fais mes émissions, la plupart du temps, les morceaux sont en entier.
Speaker: Après, quand je fais des émissions où je ne vais pas être trop sur de la news ou des trucs de ce type-là, je vais varier.
Speaker: C'est qu'en fait, certains morceaux, je vais les enchaîner plus vite.
Speaker: d'autres, je vais les laisser plus longtemps, en fonction du morceau, en fonction de la vibe du morceau.
Speaker: Parce qu'il y a des morceaux où je le sens, même moi que je mixe, si je le laisse trop longtemps, même moi, en fait, ce n'est pas qu'il va m'ennuyer, mais c'est que, ouais, en fait, cette partie-là est trop longue.
Speaker: Et donc, ce morceau-là, tu vas le raccourcir un peu pour avoir vraiment l'effet de « Ah, il est bien, tac!
Speaker: » et réenchaîner sur un autre.
Speaker: Et un autre qui, par contre, lui, peut s'écouter beaucoup plus longtemps.
Speaker: Après ça dépend J'essaye de varier comme ça Comme ça il y a un peu des deux Ça dépend de ton temps Parce que là je te parle d'une soirée Qui commence à 23h30 Et qui finit quasiment à 6h du mat Tu vois Donc si tu crames tous tes morceaux Tu les mets une minute par une minute Par une minute Au bout d'un moment t'as éclaté tous les hits Hip-hop
Speaker: de la génération.
Speaker: Il t'en faut 8000.
Speaker: Voilà, si tu joues une heure, effectivement, pendant que tu as une heure, moi, ça m'arrive.
Speaker: Des fois, j'ai envie de mettre tellement de son parce que j'ai envie de... tellement je suis enthousiaste que je bombarde, je bombarde, je bombarde parce que je sais que je n'ai pas beaucoup de temps.
Speaker: Mais quand tu as du temps, c'est là que tu peux justement installer un truc et il y a des moments où, oui, c'est une technique de DJ de balancer banger sur banger, mais tu ne fais pas toute la soirée.
Speaker: Il faut gérer.
Speaker: Donc oui, ça évolue.
Speaker: Comme on disait, ça évolue.
Speaker: Deux styles de musique, la façon de consommer la musique évolue différemment.
Speaker: Nous, en tant que DJ, on a influencé sur cette façon de consommer la musique.
Speaker: Et même pour ce podcast-là, d'ailleurs, on en a parlé.
Speaker: Il y a des podcasts qui durent deux heures, trois heures.
Speaker: J'ai vu, on s'est dit, on fait un format, on essaie de rester un peu plus court parce que justement...
Speaker: Peut-être que même ce genre de format, il y a des gens qui n'ont pas le temps de se poser deux heures pour écouter un podcast de deux heures.
Speaker: Finalement, un format plus court peut être plus pratique à écouter dans un trajet en voiture, un trajet en RER, un trajet en train ou même se poser une heure à la maison pour écouter ce truc-là.
Speaker: Tu l'as en entier.
Speaker: Ce n'est pas que les podcasts de 2h30 ne sont pas intéressants, mais c'est vrai que la façon de consommer aujourd'hui, il y a tellement… Et puis les vies des gens, en fait.
Speaker: On a tous des vies un peu à mille à l'heure.
Speaker: Donc, avoir le temps de faire tout ça, ce n'est pas forcément évident.
Speaker: Donc, permettre de trouver le créneau qui va bien…
Speaker: pour rester dans un format qui reste intéressant.
Speaker: D'ailleurs, on a combien de minutes?
Speaker: On est bon, on est bon.
Speaker: On est dans les temps.
Speaker: On va devoir conclure dans pas longtemps.
Speaker: On est bon.
Speaker: En tout cas, tout évolue.
Speaker: On parle du podcast et tout évolue parce que finalement, la consommation, c'est aussi lié à la vie des gens, au rythme de vie des gens.
Speaker: qui fait alors les réseaux sociaux influencent vachement sur comment consommer surtout la technologie la technologie les réseaux sociaux permettent enfin permettent poussent vachement ce mode de consommation éphémère rapide et autres mais voilà je le vois même dans la vie au quotidien se poser pour faire une émission enfin je pense que vous c'est pareil avoir le temps de préparer d'enregistrer l'émission de le faire enfin en plus moi je veux les faire en live donc il faut que je trouve le créneau où j'ai pas les gamins qui traînent tu vois
Speaker: C'est des rythmes qui font que, voilà.
Speaker: Dans ma façon de faire les émissions, maintenant j'ai aussi changé.
Speaker: Pendant longtemps, justement, ce que je disais, j'ai commencé à mixer en 2010 à peu près.
Speaker: En 2010, oui, j'ai commencé à avoir les platines, à mixer, à me mettre sérieusement dessus.
Speaker: Il y a eu des grosses périodes où je pouvais faire des émissions de deux heures avec que de la news, avec que des trucs.
Speaker: Je kiffais, j'adorais ça, je diguais, je diguais, je diguais, j'avais plein de morceaux, plein d'épisodes.
Speaker: Aujourd'hui, j'ai moins le temps d'aller consommer la musique, je n'ai pas envie d'être dans un rythme effréné, surtout que quand j'ai essayé de suivre un peu ce rythme-là, j'étais très déçu justement, ce que je disais tout à l'heure, sur la qualité globale de...
Speaker: de ce qu'on écoute, on a l'oreille qui est fatigué avec tout ce qui se passe.
Speaker: Donc finalement, maintenant les émissions, je fais une émission de news de temps en temps.
Speaker: Là, la prochaine que je vais faire, ça sera un peu de news et après je pense que ça sera un peu freestyle, je vais aller diguer dans leur disque qu'on va faire.
Speaker: Là, après, on va avoir des émissions spéciales pour les anniversaires et tout, mais j'essaie d'avoir des thèmes aussi réguliers sur mes émissions, sur mes émissions radio, on va dire, en tout cas, émissions en ligne.
Speaker: À cause de cette évolution de la musique qui fait que c'est de moins en moins intéressant à écouter, du coup, ça influence la façon de créer ces mix, de faire, et puis d'aller chercher d'autres...
Speaker: d'autres styles.
Speaker: Toi tu parlais tout à l'heure d'Aphrobeat et autres, j'ai commencé à m'enseigner, à écouter un petit peu, à voir ce que d'autres DJ font.
Speaker: Il y a de tout hein!
Speaker: Il y a des trucs très intéressants, très sympa finalement tu sors un peu du hip hop pour aller explorer d'autres.
Speaker: Comme disait Malfong tout à l'heure, toi t'es déjà influencé par tout le reste,
Speaker: Moi, je suis vraiment l'enfant du hip-hop de base.
Speaker: C'est vraiment le hip-hop de le départ qui m'a forgé et j'ai resté dans cette ligne-là.
Speaker: Et au fur et à mesure, je fais des explorations par-ci, par-là.
Speaker: Mais pendant longtemps, c'était de l'écoute quasi exclusive que de ça.
Speaker: Après, tu es un peu en prison.
Speaker: Tu ne fais que de la news.
Speaker: Au bout d'un moment, tu étais...
Speaker: t'es prisonné de ce qui sort.
Speaker: Donc, s'il n'y a rien de bon qui sort, forcément, t'auras pas des super morceaux dans ton mix.
Speaker: C'est exactement ça.
Speaker: J'avais eu la discussion avec DJ Aroncha, P.A.
Speaker: Son Am.
Speaker: Ils étaient un peu, avec Jason, ils étaient un peu enfermés avec leur émission, parce qu'ils faisaient que de la news underground.
Speaker: Et des fois, il y avait des morceaux qui n'étaient pas terribles, tu vois?
Speaker: Voilà.
Speaker: Et il faut qu'il garde le rythme parce que s'il ne gardait pas ce rythme-là, ça les conseille.
Speaker: Et en fait, il y a des périodes où je pense qu'il devait recevoir, parce qu'il les recevait, il m'a dit directement, on lui envoyait tous les sons, il recevait des trucs, je pense qu'il y a des fois, ils avaient de quoi faire une émission en se disant « putain, il y a même encore tout ça ».
Speaker: que je ne peux pas mettre dans l'émission et qui est vraiment bien.
Speaker: Et il devait y avoir des fois où c'est « bon, on les passe quand même parce qu'il faut remplir le créneau de deux heures qu'on avait prévu.
Speaker: » Ça, c'est un peu la mort de ta passion parce qu'être en prison, c'est chiant.
Speaker: Moi, le tout d'Amix, pour ceux qui connaissent, ça change de style tous les 15 jours.
Speaker: Pourquoi?
Speaker: Parce qu'en fait, c'est selon mon inspi
Speaker: et ça me permet de ne pas être prisonnier des nouveautés je peux faire des spécial news et puis je ne peux faire que du à l'ancienne et je mélange j'ai envie de mettre du rap français et du rap kainri je fais un peu comme j'ai envie parce que ça reste un kiff les émissions que je propose sur Gone Up c'est que du kiff en fait
Speaker: C'est ça, et puis ça dépend aussi de comment tu vois ta manière d'être DJ.
Speaker: Pour moi, être DJ, c'est avant tout celui qui prend la peine d'aller découvrir des nouvelles choses, des nouvelles versions, la petite version que tout le monde a oubliée.
Speaker: Toi, tu la ressors pour la mettre en avant.
Speaker: Ce taf-là, pour moi, c'est ça qui m'a toujours intéressé dans le taf de DJ.
Speaker: du coup ça tu peux pas être tributaire des nouveautés si tu veux faire vraiment ce taf là comme ça tu vois je pense qu'aujourd'hui il faut s'ouvrir en fait je pense que effectivement nano t'as raison on est dans une évolution de la musique
Speaker: Mais ça va ressurgir sur des bonnes choses à un moment donné.
Speaker: Moi, j'y crois.
Speaker: Je suis toujours plutôt positif.
Speaker: Et je me dis que les choses vont changer, les gens vont s'adapter.
Speaker: De tout ça, il va découler plein de choses intéressantes aussi.
Speaker: Et c'est déjà le cas, d'ailleurs.
Speaker: Moi, je trouve que c'est déjà le cas sur certains concepts.
Speaker: C'est déjà le cas, oui.
Speaker: Tout à fait.
Speaker: Même si je ne reviens pas la même chose qu'on a vécu dans les 90s,
Speaker: Des fois, je me dis qu'en fait, je crois que je n'ai jamais autant kiffé la musique qu'à l'heure actuelle.
Speaker: J'ai tellement de choses que j'aime bien.
Speaker: Alors, OK, ce n'est plus que du hip-hop, mais il y a vraiment de projets intéressants qui sortent tout le temps.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Oui.
Speaker: C'est pour ça, il faut rester ouvert.
Speaker: S'ouvrir à d'autres choses, rester ouvert sur ce qui se fait et sur ce qui va se faire.
Speaker: Il y a plein d'influences qui peuvent nous amener dessus.
Speaker: Et tout en gardant un esprit...
Speaker: Comme moi, j'ai mon esprit hip-hop qui reste central, mais il y a toujours des choses qui vont tourner autour avec des trucs qui vont être vraiment intéressants.
Speaker: Tu vois, si on parle de hip-hop, tu prends des jeunes qui sont dans le hip-hop, des danseurs ou quoi?
Speaker: Tu vas leur mettre une prod de maintenant, les prods que nous on kiffe en boom bap, et eux d'instinct vont dire « Ah, c'est à l'ancienne!
Speaker: » Si le son date de 2027, ça fait « Boom Boom Chak », il va dire « Ah, c'est à l'ancienne!
Speaker: » Et pourtant, le mec il est hip-hop, c'est un danseur, il fait des trucs, pop-lock, je ne sais pas quoi, il est dans le truc, il a la hype, mais tu lui sors une prod de 2027, mais ça fait « Boom Chak », il va dire « C'est à l'ancienne, c'est un son à l'ancienne! »
Speaker: Ah, c'est les anciens, tu vois?
Speaker: C'était déjà le cas à l'époque, en fait.
Speaker: Dans les 90s, moi, je me rappelle très bien quand il y a tous les sons, genre à la Mob Deep, etc., qui ont commencé à arriver, qui étaient sur des BPM complètement différents, vraiment plus lents que ce qu'il y avait eu quelques années avant.
Speaker: Il y a plein d'anciens qui disaient, putain, mais c'est quoi ça?
Speaker: Je me rappelle d'un vendeur à la FNAC
Speaker: Tu sais quoi, le premier album de Nas, donc il m'a dit qu'il considérait peut-être comme le meilleur album de rap de tous les temps.
Speaker: Il m'avait dit comme ça, il m'a dit « Ah, t'achètes ça?
Speaker: » Il fait « Ah, Nas!
Speaker: Ah bah c'est Nas, ça porte bien son nom!
Speaker: » Pour dire à quel point le gars était visionnaire!
Speaker: Il travaillait à la fête!
Speaker: Il se reconnaîtra!
Speaker: C'est parce que lui, il avait déjà peut-être 30-40 piges à l'époque et pour lui, le hip-hop c'était des trucs beaucoup plus pitchés, avec des BPM beaucoup plus rapides, des trucs plus agressifs, anciens et tout.
Speaker: Il ne comprenait pas cette nouvelle vibe!
Speaker: Moi quand j'étais jeune, les mecs me saoulaient avec leur funk!
Speaker: J'adore la funk.
Speaker: Quand j'avais entre 16 à 20 ans, je n'écoutais pas de funk parce que les anciens, quand je mettais des morceaux de peurin, ils disaient « Ah ouais, mais vous, dans le hip-hop, vous avez tout samplé, vous avez tout volé, vous n'avez rien inventé. »
Speaker: C'est ça.
Speaker: Et donc moi, aujourd'hui que je suis un ancien, quand les jeunes, ils me sortent des trucs, ça me fait chier de dire « Ouais, c'est pas de la musique, ouais, c'est quoi ce BPM?
Speaker: » Tu vois, je peux pas faire le vieux con que j'aimais pas quand moi j'étais jeune.
Speaker: À chaque époque, il y a son rythme, on va dire, et voilà.
Speaker: Il faut que c'est p. C'est ça, c'est l'évolution.
Speaker: Et d'ailleurs, il faut pas être comme ça, en disant « C'est nul, c'est ça, c'est juste que c'est des sonorités qui vont pas.
Speaker: » Après, tu peux avoir des côtés objectifs.
Speaker: sur le contenu des paroles, sur le niveau grammatical de certains.
Speaker: Tu vas passer sur BFM, attention.
Speaker: Tu peux avoir un avis par rapport à ça.
Speaker: Et pourtant, aujourd'hui, tu as des jeunes qui vont faire des trucs qui vont être très bons.
Speaker: Mais au niveau sonorité,
Speaker: Ok, c'est l'évolution.
Speaker: On n'aime pas parce qu'on a eu des générations et on a adhéré à certains styles, à certains trucs.
Speaker: Mais moi, ce que vous avez dit, ce que j'ai toujours refusé de faire, c'est ce que je veux faire avec mes enfants, c'est
Speaker: S'ils écoutent du hip-hop, je serais content, tu vois, de le même style que moi, mais je sais très bien qu'en tant que parent, tu fais écouter, tu fais découvrir.
Speaker: Mais si, au final, ils adhèrent à un style de musique et que c'est leur truc, c'est ça qu'ils aiment, si moi, je n'aime pas, je dirais moi, je n'aime pas, mais jamais je dirais c'est de la merde.
Speaker: Moi, ma musique, c'est bien et le reste, c'est de la merde.
Speaker: Parce que ce serait faux, en plus, de dire ça.
Speaker: Parce que c'est un a priori d'un seul point de vue d'une personne dans son coin qui ne peut pas permettre de porter un jugement sur toute une...
Speaker: partie de la musique.
Speaker: Après, comme je disais, tu peux avoir des points de vue objectifs en disant « je ne sais pas, je trouve ça trop répétitif, les paroles ne sont pas terribles.
Speaker: » On a écouté des artistes avec des paroles qui n'étaient pas ouf non plus.
Speaker: Donc, tu vois, il ne faut pas trop cracher dans la soupe non plus.
Speaker: On a eu des trucs, voilà.
Speaker: Mais c'est bien.
Speaker: ce que tu décrivais là sur les mecs qui écoutaient de la funk dans la série que Nas avait fait sur Netflix qui s'appelait The Get Down ouais sur le hip hop dans le Bronx t'as un des personnages comme ça qui est le grand frère je crois un des grands frères et tout c'est sur la tête sur la comment dire
Speaker: En gros, c'est sur Grand Master Flash, quoi, la série.
Speaker: Et t'as le grand frère qui est fan de Disco, t'es, Pantalon, Pas de Def, Shmiz, Tronco et tout, tu vois.
Speaker: Et lui, c'est Disco, genre, le reste, c'est quoi votre musique, vous faites des passe-passe, c'est de la merde, vas-y, moi, je sais Disco, Boulin Facette, c'est exactement le même truc, c'est vraiment les générations, chacun, en fonction de la génération suivante, avait son a priori sur ça, ouais.
Speaker: C'est ça, il ne faut pas oublier un truc quand même.
Speaker: Moi, je pense surtout que le hip-hop, et c'est la grande richesse de cette culture, c'est que c'est une culture justement, et c'est un état d'esprit, tu vois.
Speaker: Dans cette culture-là, il y a une musique qui s'appelle le rap.
Speaker: Exact.
Speaker: Ça, c'est un style musical, mais le hip-hop, c'est un état d'esprit, justement, d'ouverture sur d'autres cultures, d'aller sampler, d'aller récupérer des éléments à droite, à gauche.
Speaker: Et ça, mine de rien, je trouve que ça existe encore aujourd'hui.
Speaker: même dans les trucs assez flingués qui peuvent être mainstream ça va quand même choper des influences ailleurs et moi je pense qu'on peut avoir des bonnes surprises dans 10 ans tu vas avoir des gamins qui vont arriver qui vont aller découvrir des trucs que nous on kiffait à l'époque en se disant putain c'est quoi cette tuerie sauf qu'eux ils l'auront découvert comme ça avec une oreille différente et je pense qu'ils vont le recréer à leur manière en nous surprenant je suis sûr que ça arrivera
Speaker: Déjà, c'est déjà le cas.
Speaker: Ils samplent déjà des morceaux de rap ou des morceaux d'R&B des années 90-2000 pour en faire des nouveaux morceaux de trap ou d'afro-trap.
Speaker: Ils n'ont pas samplé le morceau de funk original ou le morceau de soul.
Speaker: Ils ont samplé le morceau de rap.
Speaker: Ils sont peut-être même pas au courant que c'est déjà samplé d'avant.
Speaker: Je pense que si, parce que maintenant...
Speaker: T'as vu, maintenant t'es au courant, je veux dire, avec internet, avec tout, tout le monde sait ce que c'est que le sample, tu vois.
Speaker: Tu parlais du sample dans les années 90, le sample c'est quoi le concept, c'est quoi un sampler, tu vois.
Speaker: Aujourd'hui je pense que n'importe quel beatmaker d'aujourd'hui, même de 20 piges, c'est quoi un sample, tu vois.
Speaker: C'est un truc culturel, c'est, voilà.
Speaker: Je vais même te faire une confession, parce qu'on est dans les confessions.
Speaker: Dans les années 90, il y a certains sons hip-hop qui avaient samplé des sons de soul.
Speaker: J'avais le son de soul, j'avais le son de hip-hop, et des fois, dans ma tête, je n'arrivais pas à faire la connexion en me disant « Ah, mais en fait, ce son-là de hip-hop, il vient de sampler ce son-là de soul, c'est le même truc. »
Speaker: Tu l'as vu qu'après, quoi.
Speaker: Tellement, on est à la rue.
Speaker: Je l'ai vu qu'après.
Speaker: J'ai compris une fois que j'ai commencé à regarder les crédits.
Speaker: Ah ouais, mais c'est un sample.
Speaker: OK.
Speaker: Mais c'était fou, tu vois.
Speaker: Ça veut dire qu'aujourd'hui, les jeunes, effectivement, ils ont plus ces questions-là à se poser.
Speaker: Ils connaissent ce que c'est avec le principe du sample.
Speaker: Et donc, effectivement, je pense qu'ils sont quand même au courant.
Speaker: Hum.
Speaker: En tout cas, plus que nous à l'époque.
Speaker: Moi, il y a des morceaux de... Pendant longtemps, pendant des années, il y avait des morceaux de rap.
Speaker: Moi, je ne savais pas que c'était un ensemble de Sulu de funk.
Speaker: Pareil.
Speaker: Et c'est plus tard, en grandissant, en cherchant, en diguant et tout, je disais, oh non!
Speaker: Ah ça, il l'a samplé en fait!
Speaker: Oh, il ne s'est pas foulé!
Speaker: Tu dis ça, tu vois?
Speaker: Mais bon, c'est comme ça, c'est comme ça.
Speaker: Ça, ça a été les fameuses discussions quand les Charlene Solo sont sortis avec tous les morceaux samplés par Reze où plein de mecs sont mis à se dire « Ah, mais le gars, il n'a rien fait, en fait.
Speaker: » Il a fait des boucles.
Speaker: Il fallait aller chercher.
Speaker: C'est déjà le génie de Diad d'aller chercher ça, quoi.
Speaker: C'est ça.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Yes!
Speaker: Ça, ça sera un autre sujet de discussion.
Speaker: Ouh là là, on en avait des nombreux.
Speaker: On a plein de thématiques sur ça.
Speaker: Je pense qu'on a déjà un bon niveau sur ce premier épisode.
Speaker: C'est ça.
Speaker: Bon niveau d'échange.
Speaker: Ça se peaufinera au fur et à mesure des épisodes et tout.
Speaker: Mais en tout cas, c'était cool.
Speaker: Ça...
Speaker: ça ressemble à ce que je souhaitais, tu vois, dans les échanges et tout, dans ce qu'on a dans la discussion.
Speaker: Donc, c'est nickel.
Speaker: Avant de conclure, moi, je voudrais juste faire une dédicace à deux personnes parce que j'ai dit dynastie, influence, machin, nanana.
Speaker: Mais bon, OK, il y a eu dynastie, mais bon, les gens qui m'ont mis quand même dans le scratch,
Speaker: Il y a un certain DJ AM.
Speaker: Voilà.
Speaker: Tout mon respect.
Speaker: Un gros big up.
Speaker: Et un certain DJ Moose.
Speaker: Tout mon respect aussi.
Speaker: C'est quand même ces gens-là qui m'ont mis vraiment le pied à l'étrier dans la technique.
Speaker: Je voulais rectifier.
Speaker: Voilà.
Speaker: On ne sait jamais.
Speaker: Tu vois.
Speaker: Yes, yes.
Speaker: Yes, voilà, merci à vous, conclue là-dessus.
Speaker: Prochain épisode, on verra le rythme des sorties, on ne va pas s'emballer, on va déjà tester le premier… Le pilote, le pilote.
Speaker: Exactement, exactement, voilà, le but c'est d'échanger, de parler de tout ce qu'on kiffe,
Speaker: Et puis, on se dit à très vite.
Speaker: Yeah.
Speaker: Très vite.
Speaker: Peace.
Speaker: Peace.
